VII. LE FOND ET LA FORME DU DISCOURS – Vinay

“Il faut en outre que l’expression ne soit ni plate, ni enflée, mais convenable” Aristote – Rhétorique [tomo 3, 1980]

“La convenance (τὸ πρέπον) est en toutes choses la qualité à respecter, c’est-à-dire qu’il faut s’exprimer de manière convenable: dire petitement les petites choses (τὰ μὲνμικρὰ μικρῶς), et les grandes choses avec grandeur (τὰ μεγᾶλα δὲ μεγάλως).” Démétrius de Phalère – Du style [1993]

“Tout ornement tire moins ses effets de sa propre nature que de la nature du sujet auquel on l’applique, et le plus important n’est pas ce que l’on dit, mais l’endroit où on le dit. Du reste, tout cet art de parler avec convenance ne concerne pas seulement l’élocution, mais touche aussi l’invention.” Quintilien – Institution oratoire [tomo 6, 1979]

J.-L. Ferri de Saint-Constant – Rudimens de la traduction, ou l’art de traduire le latin en français

“il y a uniformité dans l’essentiel de la pensée, et variété dans le tour de l’expression.” du Marsais

“De nos jours, cette conception des trois modifications possibles du discours est niée par tous ceux, partisans de l’indissociabilité du fond et de la forme, qui affirment qu’à toute modification de la forme correspond nécessairement toujours une modification du contenu.”

“Aussi fausse que soit, à mon sens, cette conception de l’indissociabilité du signe et de l’idée, il n’en est pas moins vrai que de tous les discours qu’un auteur aurait pu produire avec les mêmes idées ou, avec d’autres idées, en utilisant les mêmes termes, seul  est évidemment à traduire celui qui a été effectivement constitué.”

“on pourrait même dire que le meilleur traducteur est précisément celui qui s’accorde le moins de libertés à l’égard de son original.” Pourrait-on?

“L’Auteur conduit par une sorte d’instinct toujours libre, et par sa matiere qui lui présente des idées qu’il peut accepter ou rejeter à son gré, est maître absolu de ses pensées, et de ses expressions. Le Traducteur n’est maître de rien; il est obligé de se plier à toutes les variations de son Auteur avec une souplesse infinie.” Charles Batteux – De la construction oratoire [1763]

“Le traducteur est donc, si l’on veut, un écrivain, mais c’est un écrivain considérablement entravé.”

“Il y a des esprits, si je l’ose dire, inférieurs et subalternes. […] Ils sont plagiaires, traducteurs, compilateurs; ils ne pensent point, ils disent ce que les auteurs ont pensé.” La Bruyère – Les Caractères ou les moeurs de ce siècle [1688] / “Há caracteres, ousaria dizer, inferiores e subalternos […] eles são plagiadores, tradutores, compiladores; eles não pensam, eles só dizem o que os autores pensaram.” La Bruyére – Os caracteres ou os costumes deste século (1688)

“Il y a vingt ans que je m’occupe à faire des traductions. — Quoi ! Monsieur, dit le géomètre, il y a vingt ans que vous ne pensez pas? Vous parlez pour les autres, et ils pensent pour vous?” Montesquieu – Lettres persanes [1721] / “Faz 20 anos que me ocupo de fazer traduções. – O quê?! Amigo, diz o geômetra, faz 20 anos que você não pensa? Você fala pelos autores, e eles pensam por você?” Montesquieu – Cartas persas (1721)

“La foule des mauvais traducteurs a sans doute contribué à établir un injuste préjugé contre l’art de traduire. Mais ce qui a dû multiplier les mauvaises traductions, c’est que les hommes à talent ont dédaigné de traduire. Ils croiraient se dégrader et étouffer leurs talens, s’ils travaillaient à rendre dans leur langue les pensées des anciens. Ils voient que les grands peintres ne copient point, mais peignent de génie et d’après nature. Ils abandonnent à des écrivains subalternes et sans talent la traduction des grands modèles.” Jean-Louis Ferri de Saint-Constant – Rudiments de la traduction [1808]

“Un groupe de mots a été oublié, sans doute à cause de sa ressemblance avec son antécédent: comme si, dans une copie de peinture, à un certain endroit, le copiste avait laissé un blanc.”

“Mais parfois ce sont des phrases entières, voire des paragraphes entiers qui sont sautés par les traducteurs, alors que le lecteur a l’illusion d’avoir à faire à la version intégrale de l’oeuvre qu’il a en mains.”

“quand un homme fait du bruit, ce sont les femmes qui en sont la cause.” Cervantes

“Si on laisse de côté les effets de l’étourderie et de la censure, on doit malheureusement constater que les règles de l’art de traduire, telles qu’elles ont été fixées il y a plus deux siècles, ne sont pas toujours respectées par les traducteurs, même les plus attentifs et les plus honnêtes.”

VILA VELHA: “Dans son roman intitulé Die Leiden des jungen Werthers (1774), le jeune Goethe écrit: <Sie ist nicht von hier, und wohnt bei einer Tante im Hause.> Dans sa version des Souffrances du jeune Werther (1886), Joséphine Bachellery traduit: <Elle n’est pas de cette ville et demeure chez une vieille tante.> On peut lui reprocher deux adjonctions, celui du substantif cette ville et de celui de l’aduectif vieille, mais le retranchement du complément im Hause était une nécessité.”

Valéry Larbaud – Sous l’invocation de saint Jérôme

Um catadão inútil de erros feito por um rigorista.

“L’étoffement ne mérite son nom que s’il est absolument nécessaire pour la correction grammaticale ou phraséologique de la langue de traduction” Correção gramatical é meu zovo.

“J’ignore si une étude comparative a uamais été faite sur la différence de structure des propositions elliptiques en allemand et en français: si cela n’a pas été fait, il est évident que cette comparaison serait extrêmement instructive non seulement en ce qui concerne les phrases elliptiques, mais aussi pour ce qui est de la syntaxe comparée de deux langues en général.” Des problèmes sans fin!

“La faute qu’on appelle traditionnellement le barbarisme a le défaut de l’imprécision: désignant une forme inconnue de la langue de traduction, il peut aller de la simple faute d’orthographe à l’invention d’un néologisme critiquable pour sa laideur, son inconvenance ou son inutilité.”

“Dans le premier cas, les deux langues énoncent la même pensée dans un agencement grammatical et sémantique semblable et il peut alors y avoir une traduction directe de la langue originale dans la langue de traduction. Dans le second cas, les deux langues énoncent la même pensée dans un agencement grammatical et sémantique dissemblable et il ne peut alors y avoir qu’une traduction indirecte de la langue originale dans la langue de traduction.”

Anúncios

Deixe um comentário

Preencha os seus dados abaixo ou clique em um ícone para log in:

Logotipo do WordPress.com

Você está comentando utilizando sua conta WordPress.com. Sair /  Alterar )

Foto do Google+

Você está comentando utilizando sua conta Google+. Sair /  Alterar )

Imagem do Twitter

Você está comentando utilizando sua conta Twitter. Sair /  Alterar )

Foto do Facebook

Você está comentando utilizando sua conta Facebook. Sair /  Alterar )

Conectando a %s