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INTRODUCTION
PREMIÈRE PARTIE. AUTOMATISME TOTAL
1. LES PHÉNOMÈNES PSYCHOLOGIQUES ISOLÉS
1.1 DESCRIPTION DES PHÉNOMÈNES PROVOQUÉS PENDANT L’ÉTAT CATALEPTIQUE
1.2 INTERPRÉTATION MÉCANIQUE OU PHYSIQUE DE CES PHÉNOMÈNES
1.3 INTERPRETATIONS PSYCHOLOGIQUES. — LA CATALEPSIE ASSIMILÉE AU SOMNAMBULISME.
1.4 UNE FORME RUDIMENTAIRE DE LA CONSCIENCE. — LA SENSATION ET L’IMAGE ISOLÉES.
1.5 LA NATURE DE LA CONSCIENCE PENDANT LA CATALEPSIE
2. L’OUBLI ET LES DIVERSES EXISTENCES PSYCHOLOGIQUES SUCCESSIVES
2.1 LES DIFFÉRENTS CARACTÈRES QUI ONT ÉTÉ PROPOSÉS POUR RECONNAÎTRE LE SOMNAMBULISME
2.2 CARACTÈRES ESSENTIELS DU SOMNAMBULISME : L’OUBLI AU RÉVEIL ET LA MÉMOIRE ALTERNANTE
2.3 VARIÉTÉS ET COMPLICATIONS DE LA MÉMOIRE ALTERNANTE
2.4 ÉTUDE SUR UNE CONDITION PARTICULIÈRE DE LA MÉMOIRE ET DE L’OUBLI DES IMAGES
2.5 UNE CONDITION DE LA MÉMOIRE ET DE L’OUBLI POUR LES PHÉNOMÈNES COMPLEXES
2.6 INTERPRÉTATION DE L’OUBLI AU RÉVEIL APRÈS LE SOMNAMBULISME
2.7 LES DIVERSES EXISTENCES PSYCHOLOGIQUES SUCCESSIVES : MODIFICATIONS SPONTANÉES DE LA PERSONNALITÉ
2.8 LES DIVERSES EXISTENCES PSYCHOLOGIQUES SUCCESSIVES. — LES CHANGEMENTS DE PERSONNALITÉ DANS LES SOMNAMBULISMES ARTIFICIELS.
2.9 IMPORTANCE RELATIVE DES DIVERSES EXISTENCES SIMULTANÉES
2.10 L’ANESTHÉSIE ET LA PARALYSIE
2.11 LES PARALYSIES ET LES CONTRACTURES EXPLIQUÉES PAR LA DÉSAGRÉGATION PSYCHOLOGIQUE
2.12 CONCLUSION
3. LA SUGGESTION ET LE RÉTRÉCISSEMENT [RECOLHIMENTO] DU CHAMP DE LA CONSCIENCE
3.1 RÉSUMÉ HISTORIQUE DE LA THÉORIE DES SUGGESTIONS
3.2 DESCRIPTION DE QUELQUES PHÉNOMÈNES PSYCHOLOGIQUES PRODUITS PAR SUGGESTION
3.3 DIVERSES THÉORIES PSYCHOLOGIQUES SUR LA SUGGESTION
3.4 L’AMNÉSIE ET LA DISTRACTION
3.5 LE RÉTRÉCISSEMENT DU CHAMP DE LA CONSCIENCE
3.6 INTERPRÉTATION DES PHÉNOMÈNES DE SUGGESTION. – LE RÈGNE DES PERCEPTIONS.
3.7 CONCLUSION
DEUXIÈME PARTIE. AUTOMATISME PARTIEL
1. LES ACTES SUBCONSCIENTS
1.1 LES CATALEPSIES PARTIELLES
1.2 LA DISTRACTION ET LES ACTES SUBCONSCIENTS
1.3 LES SUGGESTIONS POSTHYPNOTIQUES. HISTORIQUE ET DESCRIPTION.
1.4 EXÉCUTION DES SUGGESTIONS PENDANT UN NOUVEL ÉTAT SOMNAMBULIQUE
1.5 EXÉCUTION SUBCONSCIENTE DES SUGGESTIONS POSTHYPNOTIQUES
1.6 CONCLUSION
2. LES ANESTHÉSIES ET LES EXISTENCES PSYCHOLOGIQUES SIMULTANÉES
2.1 LES ANESTHÉSIES SYSTÉMATISÉES – HISTORIQUE
2.2 PERSISTANCE DE LA SENSATION MALGRÉ L’ANESTHÉSIE SYSTÉMATISÉE
2.3 ÉLECTIVITÉ OU ESTHÉSIE SYSTÉMATISÉE
2.4 ANESTHÉSIE COMPLÈTE OU ANESTHÉSIE NATURELLE DES HYSTÉRIQUES
2.5 DIFFÉRENTES HYPOTHÈSES RELATIVES AUX PHÉNOMÈNES D’ANESTHÉSIE
2.6 LA DÉSAGRÉGATION PSYCHOLOGIQUE
2.7 LES EXISTENCES PSYCHOLOGIQUES SIMULTANÉES
2.8 LES EXISTENCES PSYCHOLOGIQUES SIMULTANÉES COMPARÉES AUX EXISTENCES PSYCHOLOGIQUES SUCCESSIVES
3. DIVERSES FORMES DE LA DÉSAGRÉGATION PSYCHOLOGIQUE
3.1 LA BAGUETTE DIVINATOIRE. – LE PENDULE EXPLORATEUR. – LA LECTURE DE PENSÉES.
3.2 RÉSUMÉ HISTORIQUE DU SPIRITISME
3.3 HYPOTHÈSES RELATIVES AU SPIRITISME
3.4 LE SPIRITISME ET LA DÉSAGRÉGATION PSYCHOLOGIQUE
3.5 COMPARAISON DES MÉDIUMS ET DES SOMNAMBULES
3.6 LA DUALITÉ CÉRÉBRALE COMME EXPLICATION DU SPIRITISME
3.7 DE LA FOLIE IMPULSIVE
3.8 LES IDÉES FIXES. – LES HALLUCINATIONS.
3.9 LES POSSESSIONS
4. LA FAIBLESSE ET LA FORCE MORALES
4.1 LA MISÈRE PSYCHOLOGIQUE
4.2 LES FORMES INFÉRIEURES DE L’ACTIVITÉ NORMALE
4.3 LE JUGEMENT ET LA VOLONTÉ
4.4 CONCLUSION
CONCLUSION (général)
APPENDICE
ÍNDICE DE OBRAS RECOMENDADAS, ORDENADAS PELA PRIORIDADE DA LEITURA
GLOSSAIRE (glossário francês)
INTRODUCTION
“C’est l’activité humaine dans ses formes les plus simples, les plus rudimentaires, qui fera l’objet de cette étude.”
“une poupée mécanique qui marche seule sera dite un automate, une pompe [bomba de ar] que l’on fait mouvoir à l’extérieur ne pourra pas en être un.” “Or, les premiers efforts de l’activité humaine ont précisément ces 2 caractères: ils sont provoqués et non pas crées par les impulsions extérieures; ils sortent du sujet lui-même, et cependant ils sont si réguliers qu’il ne peut être question à leur propos du libre arbitre réclamé par les facultés supérieures. Mais on ajoute ordinairement au mot automatique un autre sens que nous n’acceptons pas aussi volontiers. Une activité automatique est, pour quelques auteurs, non seulement une activité régulière et rigoureusement déterminée, mais encore une activité puremente mécanique et absolument sans conscience. Cette interprétations a été l’origine de confusions nombreuses, et beaucoup de philosophes se refusent à reconnaître dans l’esprit humain un automatisme, qui est cependant réel et sans lequel beaucoup de phénomènes sont inexplicables, parce qu’ils se figurent qu’admettre l’automatisme, c’est supprimer la conscience et réduire l’homme à un pur mécanisme d’élements étendus et insensibles. Nous croyons que l’on peut admettre simultanément et l’automatisme et la conscience, et par là donner satisfaction à ceux qui constatent dans l’homme une forme d’activité élémentaire tout à fait déterminée, comme celle d’un automate, et à ceux qui veulent conserver à l’homme, jusque dans ses actions les plus simples, la conscience et la sensibilité. En d’autres termes, il ne nous semble pas que, dans un être vivant, l’activité qui se manifeste au dehors par le mouvement puisse être séparée d’une certaine forme d’intelligence et de conscience qui l’accompagne au dedans, et notre but est de démontrer non seulement qu’il y a une activité humaine méritant le non d’automatique, mais encore qu’il est légitime de l’appeler un automatisme psychologique.
Les philosophes qui ont consideré l’activité comme un phénomène psychologique, mais qui ne l’ont examinée que dans ses manifestations les plus parfaites, l’ont séparée très nettement des autres phénomènes de l’esprit et l’ont considérée comme une faculté particulière distincte de l’intelligence et de la sensibilité.” Teoria do elo perdido : ver « solução » na conclusão.
“L’unité et la systématisation nous semblent être le terme et non le point de départ de la pensée, et l’automatisme que nous étudions se manifeste souvent par des sentiments et des actions multiple et indépendantes les unes des autres, avant de céder la place à la volonté une et personnelle.”
Lange, Histoire du matérialisme, 1877, II.
“Stuart Mill, quand il soutient contre Auguste Comte la légitimité d’une psychologie scientifique, ne répond pas que d’une manière embarrassée à cette difficulté” “Il faut admettre pour le moral ce grand principe universellement admis pour le physique depuis Claude Bernard, c’est que les lois de la maladie sont les mêmes que celles de la santé et qu’il n’y a dans celle-là que l’exagération ou la diminution de certains phénomènes qui se trouvaient déjà dans celle-ci. Si l’on connaissait bien les maladies mentales, il ne serait pas difficile d’étudier la psychologie normale.”
“On ne fait de véritables expériences psychologiques que si l’on modifie artificiellement l’état de la conscience d’une personne d’une manière déterminée et calculée d’avance. Moreau de Tours, l’un des plus philosophes parmi les aliénistes, prétendit arriver à ce résultat au moyen de l’ivresse procurée par le haschich.¹ Tout en partageant ce désir d’expérimentation psychologique que Moreau est l’un des premiers à exprimer, je n’apprécie guère le procédé qu’il a employé. (…) j’aí trouvé que la perturbation physique causée par cette sustance était bien grave et bien dangereuse pour un assez maigre résultat psychologique.”
¹ Leitura fortemente indicada, apesar das críticas tecidas por Pierre Janet ao longo da obra, precursora em toda a psiquiatria.
“Déjà Maine de Biran, l’un des précurseurs de la psychologie scientifique, dans ses nouvelles considérations sur le sommeil, les songes [daydreams] et le somnambulisme, insiste sur le parti que la psychologie pourrait tirer de l’étude de ces phénomènes”
“Nous ne discuterons pas ici la réalité du somnambulisme ni le danger de la simulation”
“Les sujets sur lesquels ces études ont été faite étaient presque tous, sauf des exceptions que nous signalerons, des femmes atteintes de maladies nerveuses plus ou moins graves, particulièrement de cette maladie très variable que l’on désigne sous le nom d’hystérie.”
“Il est nécessaire de les suivre pendant longtemps et avec beaucoup d’attention, <de les étudier non pas un instant mais à toutes les phases de leur maladie> (Despine)¹ pour savoir exactement dans quelles circonstances et dans quelles conditions on expérimente. En suite, en raison même de leur mobilité, ils subissent très facilement toutes les influences extérieures et se modifient très rapidemente suivant les livres qu’on leur laisse lire ou les paroles que l’on prononce imprudemment devant eux.” “Il est également impossible de constater aucun fait naturel, si on les interroge en public, si on indique à des personnes présentes les expériences que l’on fait et les résultats que l’on attend. Il faut les étudier souvent et il faut toujours expérimenter seul”
¹ « La famille Despine, que l’on trouve également écrit sous les formes d’Espine, de Lepine, de Lespine, de l’Espine, est une ancienne famille savoyarde de notables, originaire des Bauges, dont la filiation est prouvée depuis le XVIe siècle. » wiki
Este é o Despine mais famoso, Prosper Pierre (ver seção BIBLIOGRAFIA).
PREMIÈRE PARTIE. AUTOMATISME TOTAL
1. LES PHÉNOMÈNES PSYCHOLOGIQUES ISOLÉS
“Eh bien, l’expérience que rêvait Condillac et qu’il ne pouvait essayer, il nous est possible aujourd’hui de la réaliser presque complètament.” “C’est la maladie nerveuse désignée le plus souvent sous le nom de catalepsie qui nous procurera ces suppressions brusque et complètes, puis ces restaurations graduelles de la conscience dont nous voulons profiter pour nos expériences.”
“La catalepsie, dit Saint-Bourdin, un des premiers auteurs qui ait fait une étude précise de cette maladie, est une affection du cerveau, intermittente, apyrétique, caractérisé par la suspension de l’entendement et de la sensibilité et par l’aptitude des muscles à recevoir et à garder tous les degrés de la contraction qu’on leur donne.”
“Il nous importera peu de savoir si tel ou tel trouble de la parole ou de l’écriture est produit par une tumeur, un foyer de ramollissement, un agent toxique. Les roues d’une montre, a dit Buzzard, peuvent aussi bien être errêtées par un cheveu que par un grain de sable, et le désordre qui surgit alors reste toujours le même, quelle que soit la cause qui l’ait produit.”
Ballet
“Sans doute une personne atteinte de catalepsie n’aura pas la simplicité idéale de la statue de Condillac (…) Mais une expérience réele, quand même elle présenterait quelque obscurité, vaut 100x mieux qu’une théorie simple, mais imaginaire.”
1.1 DESCRIPTION DES PHÉNOMÈNES PROVOQUÉS PENDANT L’ÉTAT CATALEPTIQUE
“Nous avons seulement recueilli la description de 2 crises naturelles, l’une observée à Paris à l’hôpital de la Pitié par mon frère Jules Janet,¹ l’autre qui a été produite par un coup de foudre sur un sujet que je connaissais, mais que je n’ai pas pu voir à ce moment. J’ai pu observer plus fréquemment des catalepsies artificielles, mais sur 3 sujets seulement.
[¹ Seu nome não está em vermelho porque sua contribuição é inexpressiva perto da do próprio Pierre, e se deu maciçamente em forma de artigos para revistas científicas.]
On pouvait quelquefois provoquer la catalepsie chez Lucie [histérica, ver mais detalhes no ANEXO ao final] en lui montrant brusquement une vive lumière de magnésium, ou bien en luis comprimant légèrement les yeux pendant le somnambulisme. La catalepsie survenait naturellement à de certains moments pendant le somnambulisme provoqué de Rose ou de Léonie.”
“Jamais une personne normale ne reste plusieurs minutes sans aucun mouvement; quelques mouvements des mains, des paupières, des lèvres, quelques légers frémissements de la peau manifestent toujours l’activité de la pensée et le sentiment des choses extérieures.”
“Les yeux eux-mêmes tout grands ouverts, sans aucun clignement des paupières, conservent avec fixité la même direction. En un mot, les mouvements de la vie organique, battements du pouls et respiration subsistent seuls, et tous les mouvements qui dépendent de la vie de relation et qui expriment la conscience sont supprimés. Si l’on n’intervient pas et surtout si on s’abstient de toucher le sujet, cet état persiste sans aucune modification pendant un temps plus ou moins long: on a vu des catalepsies naturelles durer des journées et des catalepsies artificielles se prolonger pendant plusieurs heures. Chez les sujets que j’ai pu étudier, cet état ne dure jamais longtemps et ne se prolonge pas plus d’un quart d’heure; il se modifie naturellement et cesse de présenter ce caractère de l’absolue inertie morale.”
a. “La continuation, la persistance de toutes les modifications que l’on peut produire dans l’état du sujet. – Si l’on touche les membres, on s’aperçoit qu’ils sont extrêmement mobiles et pour ainsi dire légers, qu’ils n’offrent aucune résistance et que l’on peut très facilement les déplacer. Si on les abandonne dans une position nouvelle, ils ne retombent pas suivant les lois de la pesanteur, ils restent absolument immobiles à la place où on les a laissés. Les bras, les jambes, la tête, le tronc du sujet peuvent êtres mis dans toutes les positions même les plus étranges; aussi a-t-on comparé tout naturellement ces sujets à des mannequins de peintre que l’on plie dans tous les sens. Le visage même chez Léonie est susceptible d’être modifié de cette façon: ouvre-t-on la bouche, lève-t-on ou baisse-t-on les sourcils, la figure, comme un masque de cire, se laisse modeler et conserve son expression nouvelle; chez l’autres, les muscles de l’abdomen eux mêmes gardent l’empreinte de la main (Paul Richer, Hystéro-épilepsie).”
“au lieu de trembler, comme fait toujours et très rapidement le bras étendu d’un individu normal, les membres de ces personnes restent longtemps en l’air sans bouger; au lieu de produire una accélération et une modification du rythme respiratoire, comme cela arrive toujours chez l’homme normal, cette position fatigante du bras ne change en rien le mouvement lent de la poitrine. Ce n’est qu’au bout d’un temps assez long, une heure et plus, d’après certains auteurs, 20 ou 25 minutes, suivant les autres, que le bras commence à descendre à cause de la fatigue ou de l’usure musculaire, mais cette descente s’effectue très lentement et très réguliérement sans ces secousses et ces oscillations que l’on constate chez l’homme normal.”
« …Il luis parle, elle n’entend pas ; il la touche, elle ne paraît pas le sentir ; il lui lève un bras, le bras reste dans la position où il l’a mis; on dressa la malade debout, on pencha le col, on leva une jambe, tout garda la position donnée. »
« Chez d’autres malades, les corps est dans un tel état de rigidité que, si on les pousse, ils tombent sans changer d’attitude. » Chavo del 8.
b. « L’imitation ou la répétition.” “le sujet imite ordinairement avec sob bras gauche le mouvement que nous faisons avec le bras droit et ressemble à notre propre image dans un miroir. »
« écholalie ou parole en écho. »
c. « Généralisation ou expression des phénomènes. » « syncinésie »
d. « Association des états les uns avec les autres. » « Je mets les mains de Léonie dans l’attitude de la prière et la figure prend une expression extatique. »
« Si on fait entendre une musique gaie devant le sujet, il rit, puis se met à danser ; une musique triste le fait pleurer. »
« Si on lui met un crayon dans la main, elle fait le geste d’écrire, mais ne fait que des barres indéfiniment »
« Un cataleptique naturel, étudié par Forestier,¹ mangeait avec avidité (vorabat) tout ce qu’on lui mettait dans la bouche. »
¹ Não encontrado.
1.2 INTERPRÉTATION MÉCANIQUE OU PHYSIQUE DE CES PHÉNOMÈNES
« Ces femmes immobiles, pareilles à des statues, sans résistance d’aucune sorte et sans parole, pensent-elles encore, ont-elles encore quelque conscience qui les rapproche de nous ? Il est permis d’en douter et de se demander si la vie organique qui semble subsister seule ne suffirait pas pour expliquer tous les phénomènes constatés. C’est l’explication que l’on trouverait dans les ouvrages d’Haidenhain.¹ (…) C’est aussi à cette opinion que se rattacherait l’aliéniste anglais Maudsley. C’est enfin la doctrine que l’on trouve exprimée et défendue de la manière la plus complète dans les ouvrages du Dr. Despine. » « Comme notre but dans cet ouvrage, si nous ne sommes pas trop ambitieux, est précisément de démontrer le contraire, nous devons insister sur l’étude des opinions du Dr. Despine qui semblent arrêter notre travail dès le début. »
¹ Não encontrado!
« Prétendre qu’une personne qui parle, résoud des problèmes, manifeste spontanément des sympathies et des antipathies, agit à sa guise et résiste souvent à nos ordres, n’a pas plus de conscience qu’une poupée mécanique, c’est remonter bien en arrière de la célèbre théorie des animaux-machines de Descartes. Car la conscience d’une somnambule est bien plus évidente que la conscience d’un chien et personne ne doute aujourd’hui de la conscience d’un chien. Mais, appliquée aux états cataleptiques, cette théorie ne laisse pas d’avoir quelque force, et, comme il faut toujours mettre les théories que l’on veut discuter dans leur meilleur jour, c’est en nous plaçant à ce dernier point de vue que nous étudierons la thèse du Dr. Despine. Nous espérons montrer que, même dans ce dernier cas, ses arguments ne sont pas suffisamment démonstratifs et laissent le champ libre à d’autres suppositions. »
« La plupart des preuves sont tirées du fait de l’oubli qui caractérise les phénomènes du somnambulisme et surtout ceux de la catalepsie » « D’une pareille définition de la conscience il résulte que s’il y a des actes que le moi ne s’attribue pas à lui-même, qu’il ne reconnaît pas avoir faits, ces actes n’ont pas dû être conscients. »
« Or il n’est pas d’état après lequel cet oubli soit plus caractéristique qu’après l’état cataleptique. Des somnambules ont pu quelquefois conserver une partie des souvenirs de leurs actions; mais les cataleptiques se réveillent de leur accès convaincus qu’il ne s’est rien passé d’anormal. »
« Ce même caractère se retrouve chez les individus qui ont été soumis à des inhalations d’éther ou de chloroforme. Quelles que soient les paroles qu’ait prononcées le patient, ‘son moi, son être conscient n’avait point participé à tout ce qui s’était passé, car le malade, bientôt revenu à lui, affirmait n’avoir rien senti, ignorer complètement qu’il avait été opéré ou pansé, qu’il avait proféré les paroles et qu’il avait accompli les actes; les réactions violentes dont on lui parlait, ces divers phénomènes étaient donc purement automatiques.’ »
« Cet oubli serait inexplicable, dit Despine, quand il s’agit des somnambules. Soit, il faudra chercher les raisons de cet oubli, qui peut-être seront fort difficiles à trouver; mais, quand même on ne pourrait pas toujours l’expliquer, l’oubli d’une chose qui a été réellement consciente n’en est pas moins une chose possible et très souvent réelle. » Seria uma maravilha eu passar todo o meu expediente ‘inconsciente’, hehe!
« Si, comme le dit un auteur anglais, un lecteur du Times est tué brusquement après sa lecture, il n’aura certainement pas de mémoire, faut-il en conclure que toute sa lecture aura été sans conscience ? » HAHAHA !
« Mais admettons pour un moment, ce qui paraît inadmissible, que l’oubli soit une preuve suffisante de l’absolue inconscience, est-il bien certain qu’il n’existe aucune mémoire des phénomènes cataleptiques ? Il est vrai que, au moins pour les sujets que j’ai étudiés, il n’y a jamais de souvenir quand ils rentrent dans l’état que par convention on appelle état de veille ou état normal. Mais un certain souvenir se manifeste d’abord dans les catalepsies suivantes par l’habitude qu’acquiert rapidement le sujet de faire avec plus de perfection les actes qu’on lui fait faire plus souvent. Ensuite, et cela est plus important, il existe chez ces mêmes individus certains états psychologiques, certains somnambulismes, puisque c’est encore le nom convenu, où le sujet retrouve parfaitement le souvenir de la catalepsie. » « Il est vrai que cette mémoire ne se retrouve que dans des somnambulismes très profonds et si difficiles quelquefois à obtenir qu’on les a longtemps ignorés. Nous reprendrons plus tard l’étude de ces somnambulismes »
TÓPICO FRASAL DE TODO O LIVRO, DE CERTO MODO: « Ainsi donc le souvenir, s’il reparaissait dans l’état normal, serait une bonne preuve de la conscience; mais, puisqu’il reparaît dans un autre état, il n’est plus qu’une preuve de l’automatisme physique. Cela ne prouve-t-il pas que le souvenir n’est une preuve ni de la conscience ni de l’inconscience et qu’il faut chercher en dehors de la mémoire des indications sur l’état des cataleptiques. »
« ‘Un apoplectique frappé à mort, sans sortir du coma où il était plongé, prenait sa montre au chevet de son lit et faisait sonner l’heure avec l’air d’une profonde attention.’ Cette observation ne prouve pas grand’chose, car d’un côté cet individu, au moment où il fit cet acte, n’était pas encore mort, et avait peut-être (nul ne peut prouver le contraire) quelque reste de conscience et, d’autre part, comme il mourut peu de temps après, il ne put jamais dire s’il avait senti ou non ce qu’il faisait. Dans un chapitre très intéressant, l’auteur énumère tous les actes accomplis par une grenouille décapitée, un triton coupé en deux, par les tronçons [parte, segmento] de la mante religieuse, etc., et il montre sans cesse que ces actes ressemblent parfaitement à ceux que l’intelligence consciente commande dans d’autres cas par les mêmes appareils, mais qu’ils doivent être faits sans conscience maintenant, parce que l’organe nécessaire à la conscience a été enlevé. »
« ‘Ce pouvoir intelligent manifesté par le tronçon inférieur, ne saurait dériver d’un moi, d’un être se sentant être; autrement il y aurait 2 êtres séparés chez cet animal : un pour le tronçon supérieur, lequel peut agir avec intelligence, et l’autre pour le tronçon inférieur. Or, cela n’est pas admissible dans l’état actuel de la science.’ Nous répondrons : pourquoi donc cela est-il inadmissible ? L’unité absolue du moi est une conclusion métaphysique, vraie peut-être, mais qui doit résulter des faits et non pas s’imposer à eux. » Células têm alma ? He he he
« M. Despine insiste sur le caractère inconscient de l’habitude : ce n’est pas l’intelligence qui retient un morceau de musique et qui l’exécute consciemment; l’artiste doit avoir son morceau ‘dans les doigts, dans la bouche’. » « Je n’insisterai pas sur la description de ces actes inconscients empruntés à la vie normale : l’auteur en décrit les détails avec un véritable talent psychologique, d’autant plus curieux qu’il refuse à ces faits tout caractère psychologique. »
« Ainsi les phénomènes du souvenir, le réveil des idées sous l’influence de l’association sont incontestablement des résultats de l’habitude; ils s’accomplissent néanmoins avec conscience. » Excelente refutação involuntária da associação de palavras psicanalítica.
attention vs. conscience
(o velho estribilho)
« Il faudrait maintenant prouver que ces actes inconscients pour nous sont inconscients en eux-mêmes. »
« Buffon a attribué aux molécules organiques coordonnées dans le corps animal des espèces de sensations matérielles étrangères à la pensée et au moi. » « La discussion de toutes ces théories, peut-être aventureuses, serait inutile et nous entraînerait trop loin; mais leur énoncé suffît pour faire comprendre qu’un acte habituel ou même organique n’est pas nécessairement inconscient parce qu’il est ignoré de moi. »
TÃO ROTUNDO E AO MESMO TEMPO TÃO OBSCURO: « En réalité, nous ne connaissons jamais directement qu’une seule conscience, c’est la nôtre au moment où nous la sentons; toute autre conscience n’est connue que par une induction ou une supposition. Personne ne pourra jamais démontrer mathématiquement que la personne qui me parle n’est pas une poupée mécanique à langage articulé, et les cartésiens raisonnaient rigoureusement en disant d’un chien blessé ‘Cela crie et ne sent rien.’ » « Or, nous supposons ordinairement l’existence de la conscience d’après 2 signes, la parole et les actions intelligemment coordonnées. Le premier signe, la parole, est considéré comme le plus décisif, et cela est juste ; mais il n’est qu’un cas plus complexe et plus parfait du second, un ensemble de mouvements plus compliqués et plus intelligemment coordonnés que les autres »
« Les cataleptiques ne parlent pas, cela est vrai, et nous aurons plus tard à revenir sur ce fait important, mais ils agissent intelligemment. Si je mets sur le bras étendu d’une cataleptique un poids de 2 kilos, les muscles du bras et ceux de tout le corps se tendent pour que le bras supporte le poids sans fléchir. Si je lui mets dans les mains une aiguille, l’ensemble des mouvements se coordonne d’une autre manière que si je mets les mains en prière. »
« ‘Plusieurs actes fort compliqués, intelligents, atteignant un but parfaitement déterminé et varié suivant les circonstances, actes ressemblant exactement à ceux que le moi commande… peuvent être automatiques.’ Despine (c’est-à-dire ici inconscients). »
« L’homme, disait Maudsley, dans le même sens, ne serait pas une plus mauvaise machine intellectuelle sans la conscience qu’avec elle. » Herzen, Le cerveau et l’activité cérébrale, 1887.
« En un mot, la conscience n’est qu’un accessoire, un épiphénomène dont l’absence ne dérange rien. On a, je ne sais pourquoi, attribué cette théorie à M. Ribot, qui cependant, avec d’excellents arguments, avait protesté contre elle (Maladies de la personnalité). »
« Que veut-on dire quand on parle ‘des raisonnements de la moelle et de l’intelligence du cerveau’ ? Rien autre chose sinon qu’il y a une autre conscience que la nôtre dans la moelle ou dans le cerveau, car un raisonnement sans conscience n’a absolument aucun sens. » « Le fait de la conscience nous paraît au contraire fort important dans la série des phénomènes organiques : sa présence ou son absence, comme on le verra de plus en plus, modifie considérablement les choses. »
1.3 INTERPRETATIONS PSYCHOLOGIQUES. — LA CATALEPSIE ASSIMILÉE AU SOMNAMBULISME.
« Les actes accomplis pendant la catalepsie sont sous la dépendance des phénomènes psychologiques : voilà une proposition qui semble bien simple, mais qui est susceptible d’interprétations fort différentes. »
« Je ne parlerai pas d’une interprétation facile, qui fut de mode bien longtemps. Elle consistait à rattacher tous les faits qu’on ne comprenait pas à une simulation volontaire et parfaitement consciente. C’est une idée complètement fausse de croire qu’une maladie psychologique ou même imaginaire soit toujours une maladie simulée, et d’ailleurs la catalepsie est de tous les phénomènes anormaux celui qui peut le moins être simulé. Mais, sans rattacher la catalepsie à une intelligence complète calculant ses ruses, on peut l’expliquer par une demi-intelligence comprenant les pensées de l’opérateur, se rendant compte de ses actes, sans avoir la force de s’y opposer; en un mot, on peut rapprocher la catalepsie du somnambulisme et expliquer tous ces actes par la suggession. »
« Pour mettre un membre en catalepsie, il n’est pas nécessaire d’ouvrir les yeux du sujet, ni de le soumettre à une lumière vive ou à un bruit violent, comme cela se fait à la Salpêtrière; il suffit de lever ce membre, de le laisser quelque temps en l’air, au besoin d’affirmer que le membre ne peut plus être baissé; il reste en catalepsie suggestive : l’hypnotisé dont la volonté ou le pouvoir de résistance est affaibli conserve passivement l’attitude imprimée. »
Bernheim; cf. aussi Liébault.¹
¹ Bernheim e Liébault já foram muito citados em posts anteriores de psiquiatria, principalmente Ellenberger, por isso não estão nesta BIBLIOGRAFIA de Janet, com exceção de 2 obras de Bernheim mais adiante, citadas nominalmente no livro.
« La catalepsie et le somnambulisme ne sont que des degrés l’un de l’autre, cela est incontestable, et nous verrons entre eux bien des intermédiaires » « Tâchons donc de préciser le degré où s’arrête la conscience des cataleptiques. » « Une somnambule n’exécute pas toujours le même acte de la même manière; elle le fait tantôt vite, tantôt lentement, tantôt avec bonne humeur, tantôt en protestant, tantôt d’une façon, tantôt d’une autre. Rien n’égale au contraire la régularité des cataleptiques : point de changement de caractère, point d’impressions extérieures qui les distraie ou les modifie; leurs gestes, leurs pas sont toujours mathématiquement les mêmes ; Léonie fera toujours le même nombre de pas en face et à droite pour aller communier, et elle se heurtera contre un mur sans avancer plutôt que de tourner à gauche. Une somnambule qui sera toujours capable d’adapter ses actes aux circonstances montre donc une tout autre intelligence. »
« le sujet ne sait pas parler. Il ne s’agit pas de la parole articulée qu’il possède quand il répète les sons dans l’écholalie, il s’agit du langage comme signe de la pensée. » Car, sinon, le perroquet saurait parler !
« Rose, dans certains sommeils profonds, avait la bouche plus ou moins paralysée, mais elle me répondait par un signe de la main qui voulait dire ‘oui’, ou un autre qui voulait dire ‘non’. Quand elle a un moment de catalepsie pendant la crise hystérique ou pendant le somnambulisme, elle ne me répond plus du tout par aucun signe, quoiqu’elle n’ait rien de paralysé, qu’elle puisse parler en écho ou répéter des gestes. »
« Peu importe d’ailleurs que l’on désigne l’état que j’ai décrit sous le nom de premier somnambulisme ou état de suggestibilité complète ; la seule chose importante, c’est de bien comprendre les modifications psychologiques des sujets dans cet état, car il n’y a absolument que des différences psychologiques pour distinguer tous les états. »
« Cette conscience est capable de sensations, mais incapable d’idées; capable d’entendre, mais incapable de comprendre. Il ne faudrait pas en conclure que l’on peut parler au hasard devant les cataleptiques sans aucun danger pour les expériences futures; elles peuvent retenir les paroles même sans les comprendre et si, comme nous le verrons plus tard, ce souvenir se réveille dans un état ultérieur plus intelligent, il sera alors compris et aura sa puissance suggestive. »
« Il résulte de ce fait que, tout en paraissant extrêmement inerte et docile, le sujet est en réalité peu maniable et obéit beaucoup plus à ses propres inspirations qu’à celles de l’opérateur. Si je montre Léonie jouant la scène de la communion que j’ai décrite, on croira qu’elle obéit à un commandement donné par moi. En réalité, je n’avais point commandé ni même prévu ce qu’elle allait faire, et la 1e fois j’en ai été fort surpris. Je sais maintenant par expérience qu’en mettant les mains de ce sujet dans une certaine position, puis en le laissant quelques minutes, je vais amener la scène de la communion. » « si je voulais (…) lui faire embrasser un crucifix avant la communion, je n’y réussirais point. » « je suis donc simple spectateur plutôt qu’acteur. »
« Aujourd’hui qu’il est de mode d’expliquer tout par la suggestion, comme autrefois par la simulation, on pourrait dire que tous ces caractères psychologiques de la catalepsie ont été appris au sujet qui a été dressé dans ce sens. Il serait dangereux de pousser à l’extrême ce raisonnement, qui deviendrait vite lui aussi une sorte d’argument paresseux. Mais il est juste d’en tenir compte; car, bien souvent sans doute, dans les milieux où les sujets sont nombreux et s’imitent les uns les autres, certains états réels chez un sujet ont pu être artificiels chez le second. Mais, pour les cas dont il s’agit ici, nous remarquerons que les sujets ne se connaissaient nullement les uns les autres et qu’il ne faut pourtant pas supposer les opérateurs assez naïfs pour avoir suggéré sans le savoir tous ces caractères positifs et négatifs de la catalepsie. »
« Je faisais un jour quelques expériences avec Lucie et une personne étrangères était présente : cette dernière circonstance me déplaisait fort, car il ne faut conserver avec soi que les personnes indispensables habituées à l’attitude qu’il faut avoir pendant des expériences de ce genre. Cette personne étrangère me posait sans cesse des questions fort embarrassantes; car, selon mon habitude, je ne voulais pas répondre devant le sujet; cependant un mot malheureux m’échappa: ‘Qu’est-ce que la catalepsie ?’ demandait-on. ‘C’est un état où le sujet demeure immobile et laisse les membres dans la position où on les met.’ À peine avais-je dit ces mots que j’en eus du regret : ‘Désormais, pensai-je, il sera juste de dire qu’elle fait de la catalepsie suggesitive’, et je voulus vérifier de suite l’effet de mon imprudence. ‘Tenez, dis-je tout haut, quand je vais frapper dans mes mains, elle va tomber en catalepsie.’ Je frappe et voilà Lucie qui reste complètement immobile, les yeux grands ouverts : je soulève ses bras, ils restent en l’air, j’incline son corps, il demeure incliné. Etait-elle en catalepsie ? Il me fut facile de vérifier qu’aucun autre signe de la catalepsie, ni l’expression de la physionomie, ni l’imitation, ni l’écholalie ne pouvait être constaté, et surtout le sujet comprenait si bien la parole qu’il me suffît pour terminer l’affaire de lui dire : ‘C’est fini, tu n’es plus en catalepsie.’ Eh bien ! qu’on essaye d’arrêter une véritable attaque de catalepsie, comme Lucie elle-même en avait eu, mais très rarement, en disant simplement au sujet que c’est fini, et on verra quelle différence il y a entre cet état de docilité suggestive, forme du petit sommeil hypnotique, et l’accès cataleptique véritable, pendant lequel la pensée est ramenée à un état tout à fait rudimentaire et qui est une des formes de la grande attaque hystéro-épileptique. »
1.4 UNE FORME RUDIMENTAIRE DE LA CONSCIENCE. — LA SENSATION ET L’IMAGE ISOLÉES.
« Certains philosophes, à l’exemple des cartésiens, se sont représenté la conscience comme quelque chose d’invariable et d’immuable sans nuances et sans degrés. Pour Descartes, la pensée existait complète avec le doute, la réflexion, le raisonnement et le langage, ou bien n’existait pas du tout et se trouvait remplacée par le mécanisme pur et simple, par l’étendue et le mouvement. Leibniz au contraire, dans cette philosophie profonde, à laquelle aujourd’hui toutes les sciences physiques et morales semblent nous ramener, avait une toute autre conception de la conscience. Il admettait un nombre infini de degrés et certaines de ces formes lui semblaient tellement inférieures à la pensée normale ‘que les esprits humains étaient comme de petits dieux au prix d’elles’. C’est cette dernière théorie qu’il nous faut maintenant rappeler dans ses traits principaux, pour comprendre la possibilité des consciences inférieures et rudimentaires. Prenons la conscience humaine dans sa forme ordinaire et achevée et enlevons-lui successivement tous les perfectionnements qu’elle a acquis, mais qui ne lui sont pas essentiels. Tout le monde reconnaît qu’il faut séparer de la conscience vulgaire l’intelligence scientifique, cette faculté, qui existe chez tous les hommes à un degré plus ou moins élevé, d’expliquer et de comprendre les choses. »
« En effet, quand nous examinons les actions des autres hommes, nous sommes trop portés à leur prêter les idées et les raisonnements que nous faisons nous-mêmes pour interpréter leur conduite. Bien souvent nous croyons qu’un homme a agi avec intention, qu’il a calculé les conséquences de ses actions, qu’il a fait de ses idées un tout systématique relié par des rapports bien compris, tandis qu’en réalité cet individu a laissé ses pensées s’évoquer mécaniquement les unes les autres sans avoir saisi entre elles aucun rapport systématique. Il ne faut pas confondre la loi ou l’interprétation des faits de conscience telle que notre intelligence la trouve, ou croit la trouver, avec la conscience elle-même. Si les phénomènes de conscience présentés par un homme nous paraissent liés entre eux par des rapports de ressemblance, de différence ou de finalité, il ne faut pas en conclure qu’il y ait eu dans l’esprit de cet homme la conscience de la ressemblance, de la différence ou de la finalité. (Voir, à ce sujet, Rabier, Cours de philosophie, I, 74 et I, 254.)¹ C’est dans cette erreur que semblent tomber les philosophes anglais quand ils disent que toute conscience est la perception d’une différence. C’est aussi une exagération de ce genre que je reprocherais quelquefois aux travaux si intéressants de M. Paulhan, qui semble prêter à la conscience élémentaire les notions de finalité dont il se sert lui-même pour les interpréter. »
¹ Figura completamente apagada do conhecimento público!
« si nous sommes en présence des actes compliqués qu’accomplit Léonie quand je lui ai joint les mains, nous penserons, nous, qu’elle fait la communion et nous réunirons tous ces actes dans cette idée systématique que nous désignons par le mot ‘communion’; mais il n’est pas du tout prouvé qu’elle ait, elle, l’idée de la communion et qu’elle réunisse ses actions sous cette idée générale; il est bien plus vraisemblable qu’elle a des images qui s’évoquent les unes les autres, et rien de plus. »
« Il est certain, disait Reid,¹ qu’il n’y a point d’homme dans l’univers qui puisse concevoir ou croire que l’odeur existe en elle-même sans un esprit ou un sujet quelconque qui ait la faculté de sentir. »
¹ Em breve publicaremos uma obra completa do britânico Reid, traduzida do inglês, no Seclusão, nossa primeira tradução na íntegra. Schopenhauer também cita este desconhecido filósofo, situando-o acima de Hume na compreensão dos sentidos ou na descrição dos fenômenos (acepção schopenhaueriana); ou seja, ele é um precursor da fenomenologia.
TRECHO CONFUSO, ATÉ PORQUE, NESTE SENTIDO, REID DIFICILMENTE PODE SER CONSIDERADO UM FILÓSOFO METAFÍSICO, ESTANDO CONECTADO À TRADIÇÃO DO EMPIRISMO OU CETICISMO BRITÂNICO (MAS NO FINAL ENSAIAMOS UMA EXPLICAÇÃO): « Si on se place au point de vue métaphysique, comme ces auteurs, si on cherche l’origine, la cause de la sensation, peut-être pensera-t-on, comme eux, qu’il n’y a pas de sensation sans une âme pour la produire et la connaître. Mais, si on se place à un point de vue exclusivement psychologique, si on considère le moi non plus comme un être et une cause, mais comme une certaine idée qui accompagne la plupart des phénomènes psychologiques, on sera forcé de penser qu’il y a des sensations sans moi, qu’il peut y avoir des phénomènes de vision, quoique cependant personne ne dise : ‘Je vois’. » Mas isso precisamente é ser metafísico, i.e., pejorativamente: idealista no sentido mais abstruso, escolástico, etc. Janet está se referindo ao ‘eu’ consciente clássico; Reid já tem conhecimento do inconsciente; é apenas necessário observar que “metafísico” para um filósofo é uma nobre denominação (um verdadeiro filósofo), para um psicólogo é proibitiva. Ora, Reid é quem vem na esteira de Locke, Hume E KANT, podendo já se contrapor ao empiricismo britânico como escola de pensamento viciado e solipsista. Deste ponto de vista, é um renascimento da metafísica, ou seja, realmente empírico, e não inocuamente empírico, como dantes. Janet também revitaliza o empírico e entende a metafísica tanto quanto Reid, Schopenhauer e eu, mas “toma partido” pela psicologia experimental, isso se vê em toda sua obra (toma sempre o cuidado de ‘não se exceder em filosofia’, embora devesse, sinceramente, fazê-lo). Tanto é assim que ele reconhece “métodos experimentais” diversos, sendo crítico de Wundt (mais abaixo).
Buffon, Discours sur la nature des animaux, 1839.
« Maine de Biran distingue 3 degrés dans le développement de l’intelligence et il les appelle : la vie animale, la vie humaine et la vie de l’esprit. Nous n’avons pas à nous occuper ici de la troisième existence ou de la vie de l’esprit, mais nous devons signaler le caractère qui distingue la vie animale de la vie humaine. »
« des effets internes appelés sensations animales, modes généraux de plaisir ou de douleur qui constituent l’existence de l’animal, lequel, pour exister et pour sentir ainsi, à son titre propre d’animal, n’a pas besoin de savoir qu’il existe ou d’apercevoir qu’il sent, c’est-à-dire d’avoir la conscience, l’idée de sensation, d’être une personne, un moi constitué un, simple, identique, restant le même quand la sensation passe et varie »
M. de Biran, Anthropologie
E no entanto os animais estavam certos o tempo todo!
« Entre la conscience complète et le mécanisme cartésien, il y a place pour des êtres qui ont la sensation sans conscience, sans moi capable de l’apercevoir. » Ibid.
Mas não o contrário (« consciência pura »).
« L’affection est ce qui reste d’une sensation complète quand on en sépare l’individualité personnelle ou le moi et avec lui toute forme de temps et d’espace, pour me servir de l’expression des Kantiens, tout sentiment de causalité externe ou interne, ou, dans le langage de Locke, quand l’idée de sensation se trouve réduite à la simple sensation sans idée d’aucune espèce, ou enfin, dans le point de vue de Condillac, quand la statue devient sensation sans être encore rien de plus… [conceituação perfeita] Cet état affectif simple n’est pas une pure hypothèse; c’est un mode positif et complet dans son genre qui a formé dans l’origine notre existence tout entière et qui constitue celle d’une multitude d’êtres vivants de l’état desquels nous nous rapprochons toutes les fois que notre pensée intellectuelle s’affaiblit et se dégrade, que la pensée sommeille, que la volonté est nulle, [não grifo em verde porque discorde – embora não exista vontade nula, podemos dizer que o conceito é a esterilização de algo até sua pura racionalidade : este é o conceito filosófico de afecção – não é algo que possa ser sentido pelo indivíduo, mas é subjacente à nossa natureza] que le moi est comme absorbé dans les impressions sensibles, que la personne morale n’existe plus. [mera abstração, mas não que afecção caia no reino da hipótese: é um dado factual do Ser] »
M.B., Essai sur les fondements de la psychologie
« Il ne faut pas être trop étonné si ces passages de Maine de Biran s’appliquent exactement à l’état cataleptique. » Se a pessoa moral não mais existisse na catalepsia, como pôde Léonie ajoelhar-se fazendo mímica de prece? Não, não era uma prece real (sentimental), era repetição meramente vazia, mas ligada ao significado espiritual de uma prece, pois da religião e da moral jamais se subestima a importância (a não ser entre os Iluministas e seus derivados).
« Une sensation pour eux n’était rien si elle n’était pas jointe à la conscience de l’être qui l’éprouve. Cette discussion m’a fait voir combien j’étais encore loin de bien faire entendre mon point de vue. La théorie de Leibniz qui caractérise si bien cet état où la monade simplement vivante est réduite à des perceptions obscures, d’où elle s’élève aux aperceptions claires et à la conscience, [a-percepção : perceção sem linguagem ; percepção : descritível] me servirait d’introduction à l’exposition de ma doctrine qu’il me sera bien difficile de faire entendre. »
Id., Journal intime, 1877
« Qu’est-ce qu’une sensation qu’on ne sent pas ? Je demande à mon tour à quoi se rapporte cet on ? L’homme sent, il sait sa sensation parce qu’il est une personne identique permanente qui se distingue de ses sensations… L’animal ne sent pas, ne sait pas sa sensation parce qu’il n’est pas une personne constituée pour savoir ou apercevoir au dedans son existence individuelle. Il sent sans se savoir sentant, comme il vit sans se savoir vivant. »
O animal é o ser cândido: para ele, o domesticável, podemos mentir, sem medo de estarmos agindo mal: tudo vai ficar bem; pois para ele fica. E isso, como um bônus, alivia nossa angústia.
« Pendant la syncope, dit un auteur qui a pu étudier sur lui-même ce phénomène, c’est le néant psychique, absolu, l’absence totale de toute conscience, puis on commence à avoir un sentiment vague, illimité, infini, un sentiment d’existence en général sans aucune délimitation de sa propre individualité, sans la moindre trace d’une distinction quelconque entre le moi et le non-moi; on est alors une partie organique de la nature ayant conscience du fait de son existence, mais n’en ayant aucune du fait de son unité organique; on a, en deux mots, une conscience impersonnelle. »
Herzen, Le cerveau et l’activité cérébrale
« des sensations stupides »
1.5 LA NATURE DE LA CONSCIENCE PENDANT LA CATALEPSIE
« C’est précisément une conscience de ce genre, purement affective, réduite aux sensations et aux images, [o purement é decerto exagerado] sans aucune de ces liaisons, de ces idées de relation qui constituent la personnalité et les jugements, que nous croyons légitime de supposer pendant la catalepsie et les états analogues. » Eu diria que isso coaduna mais com a psicopatia aguda : tudo isso, inclusive com coordenação motora e funcionamento muscular normal, possibilitando atitudes como o homicídio.
« Ni le néant de la conscience et le pur mécanisme, ni la connaissance capable de comprendre et d’obéir ne nous paraissent ici vraisemblables; il s’agit au contraire d’une forme particulière de la conscience intermédiaire entre ces deux extrêmes. »
« Attendons encore quelques instants : si je parle maintenant et si je dis tout haut : ‘Lève le bras’, la bouche s’ouvre et répète comme un écho : ‘Lève le bras’. Quelques instants après cette période d’écholalie, le sujet ne répète plus les commandements, mais il les exécute, il lève le bras en réalité. Encore un moment et il me répond avec une vivacité croissante et une conscience qui semble de plus en plus complète. » Estado intermédio (na verdade o próprio histerismo e o sonambulismo são ‘estados intermédios’ sobrepostos entre si) entre a crise histérica e a sonambulia. Também chamado de estado de “síncope hipnótica”. « syncope hypnotique ou sommeil hystérique (peu importe le nom) »
« Je constatai en effet que chaque muscle pressé, même légèrement, se contractait immédiatement et isolément, puis se relâchait très vite. Il était possible d’étudier sur elle l’action isolée de tous les muscles du corps. C’était presque l’état léthargique décrit par M. Charcot, avec cette différence que la contraction musculaire ne persistait pas sous forme de contracture. » Critica o nome ‘letargia’, charcotiano, cuja acepção é de “death trance”: nem sequer guarda qualquer relação ou analogia próxima com a morte ou o rigor mortis.
« la léthargie naturelle présente bien quelquefois des contractures générales, mais ordinairement n’amène pas cette hyperexcitabilité neuromusculaire. »
Gilles de la Tourette, L’hypnotisme et les états analogues, 1887.
« La léthargie hypnotique me paraît être plutôt un degré de conscience élémentaire, une sensation musculaire si rudimentaire qu’elle reste tout à fait isolée et ne se généralise pas assez pour diriger le mouvement de tout un bras. Un troisième exemple sera plus net encore. Un caractère singulier de Léonie, c’est que tout changement d’état quel qu’il soit est toujours signalé par un soupir brusque, une sorte de petite convulsion respiratoire. » « J’avais cru utile autrefois de désigner cet état qui participait de la léthargie et de la catalepsie par un nom particulier. Mais cette nomenclature n’a pas en réalité grand avantage; on peut établir autant de degrés que l’on voudra dans ce réveil graduel de la conscience. »
« Chez Léonie, il y a 3 degrés de catalepsie avec les yeux fermés (…) Après ce dernier degré, les yeux s’ouvrent d’eux-mêmes, et il y a 4 formes de catalepsie avec les yeux ouverts. » Há quantas catalepsias se quiser que haja, é o que Janet diz no fundo.
1.6 NATURE DE LA CONSCIENCE PENDANT DES ÉTATS ANALOGUES À LA CATALEPSIE
« Lucie tourne toujours les yeux vers ses rideaux, et je me suis souvent demandé si elle aurait la même crise dans une chambre sans rideaux. Marie rêve d’incendie pendant sa crise, si elle survient pendant la nuit, et ne songe pas à l’incendie si la crise survient pendant le jour. C’est très probablement parce que la nuit elle voit une lampe allumée à peu de distance de son lit. Mais, dira-t-on, il est très difficile de transformer les poses d’une hystérique; elle semble ne pas vous sentir et ne pas vous voir. »
« il suffit de voir Léonie immobile, les mains jointes et les yeux levés au ciel pour comprendre ce que le moyen âge appelait une extatique. Les sainte Thérèse, les sainte Hildegarde, les Marie Chantai, les Catherine Emmerich et bien d’autres avaient tout simplement des attaques de catalepsie, pendant lesquelles les idées religieuses dominantes ou communiquées quelquefois au moment même de leur attaque donnaient à tout le corps une attitude harmonieuse et expressive. L’une prend la pose de l’Immaculée Conception; l’autre prend successivement toutes les attitudes représentées dans un chemin de la croix. L’étude la plus curieuse à ce point de vue est celle de Louise Lateau dont la description faite par le Dr. Lefèvre est résumée dans l’ouvrage du Dr. Despine. »
Luc Desages. De l’extase, 1866.
1.7 INTERPRÉTATION DES PHÉNOMÈNES PARTICULIERS DE LA CATALEPSIE
« Les forces physiques de la pesanteur tendraient à le faire tomber : il faut, en effet, une contraction délicatement systématisée de tous les muscles pour le maintenir. Qu’est-ce qui peut donner à ces contractions leur unité et leur persistance ? Je ne vois point d’autre réponse que celle-ci : c’est une sensation persistante. » « Cette sensation étant seule dans l’esprit n’a rencontré aucun phénomène antagoniste et réducteur, elle n’a pas disparu avec l’excitation productrice, elle a subsisté et elle dure encore. »
« Cette sensation kinesthésique eut-elle reproduire ou, dans le cas présent, maintenir l’attitude? C’est là ce qui est plus discuté. On établit d’ordinaire une grande distinction entre les phénomènes sensitifs et les phénomènes moteurs. La grande découverte de la différence entre les nerfs sensitifs et les nerfs moteurs amena la distinction moins certaine (si j’ose avoir une opinion sur ce sujet) des centres sensitifs et des centres moteurs, et celle-ci inspira le désir de trouver dans les phénomènes psychologiques une séparation analogue entre les phénomènes de sensibilité et les fonctions ou les phénomènes du mouvement. »
« On fit alors diverses suppositions : les uns, comme Wundt et M. Charcot, admirent qu’il y avait toujours une sensation de mouvement coïncidant avec l’émission de la force nerveuse et précédant tout mouvement; les autres, comme Bastian, considérant les sensations kinesthésiques comme absolument centripètes, venant exclusivement de l’extérieur, admirent ‘l’inconscience absolue de tous les courants centrifuges’ ou en général de tous les actes moteurs. Sans préjuger toutes les difficultés que soulève cette question et que nous rencontrerons peut-être plus tard, je crois que le phénomène cataleptique de la conservation des attitudes nous offre un cas simple ‘prérogatif’ où cette question des rapports entre la sensibilité et le mouvement est plus facile à étudier que dans aucun autre. »
« Pourquoi supposer 2 phénomènes qui se confondraient ? Nous devons nous représenter ici les choses de la manière la plus simple : l’excitation E produit la sensation kinesthésique SK, laquelle suffit pour produire à son tour le mouvement M. Il n’y a pas lieu de supposer d’autres intermédiaires. Dans ce cas simple, il n’y a plus lieu de soulever les difficultés dont parlait Bastian : nous n’avons pas à chercher si le phénomêne moteur a, oui ou non, une conscience distincte de celle du phénomène sensitif, puisque les 2 phénomènes ne forment qu’une seule et même chose. » « l’image kinesthésique, ne rencontrant aucun obstacle dans cet esprit qui est complètement vide, se prolonge tant que nous ne l’avons pas remplacée par une autre en déplaçant le bras. » « il n’y a pas de mouvement sans une sensation de mouvement et point de sensation ou même d’image de mouvement sans un mouvement. »
« Les actes produits par imitation et par répétition vont nous faire avancer un peu plus dans l’étude du même problème. Au lieu de lever le bras du sujet, je lui montre mon bras levé et il met le sien lui-même dans une position identique. Ici, les phénomènes sensitifs (voir un mouvement) et les phénomènes moteurs (lever le bras) ne se confondent pas comme précédemment, et il semble naturel de les séparer. » « l’excitation visuelle E’ produite par mon mouvement amènerait la sensation visuelle SV, celle-ci éveillerait par association l’image de la sensation kinesthésique SK, qui était tout à l’heure éveillée directement, et cette image, d’après la loi précédente, amènerait le mouvement M auquel elle correspond. » « Est-ce que la sensation visuelle SV ne pourrait pas produire directement le mouvement M sans l’intervention d’aucune image musculaire? » « Cette hypothèse est confirmée par les recherches sur les hystériques anesthésiques dont nous parlerons plus tard. À mon avis, il est impossible d’expliquer comment ces personnes peuvent souvent conserver tous leurs mouvements malgré la perte absolue des sensations et même des images kinesthésiques, si l’on n’admet pas que le mouvement peut être produit directement par des images visuelles ou auditives. »
« Il y a, au point de vue du langage, des visuels, des auditifs, des moteurs, c’est-à-dire des individus qui, pour se représenter des paroles, emploient des images visuelles, auditives, motrices d’articulations ou motrices graphiques. Ces représentations jouent un grand rôle dans la parole elle-même et il existe des individus qui parlent avec le sens auditif, c’est-à-dire chez qui l’image auditive d’un mot suffit pour en amener la prononciation. Nous pouvons étendre cette théorie célèbre à tous les mouvements et dire que certains mouvements du bras ou de la jambe peuvent accompagner immédiatement l’image visuelle de ce mouvement sans image kinesthésique intermédiaire. » Conforme com Saussure e com os estudos contemporâneos sobre libras e surdos-mudos e aquisição da linguagem. Só faltou dizer que o cego que cresceu cego tem mais apetência para a aquisição da linguagem que o surdo/meramente gestual de nascença.
« Il est probable que, dans l’enfance, nous commençons tous par être ‘des moteurs’ agissant et pensant au moyen des images du sens musculaire. Plus tard seulement des images visuelles et auditives d’abord associées aux images motrices deviendraient prédominantes et pourraient seules produire le mouvement. Ce serait une application de ‘cette coordination, de cette synthèse psychique’ dont M. Paulhan a montré la nécessité, ce serait ‘une systématisation préétablie’ des phénomènes psychiques et des phénomènes organiques qui permettrait à toute image de jouer le rôle d’une image motrice. »
« Il faut donc généraliser notre loi précédente et dire de toute sensation et de toute image ce que nous avons dit du sens kinesthésique. Une image de mouvement dans la conscience se manifeste toujours, à l’extérieur, pour un témoin étranger, par un mouvement réel, et d’autre part cette image tend à durer, à persévérer dans son être et par conséquent amène la continuation du mouvement, tant qu’elle n’a pas été remplacée par quelque image nouvelle. »
« Hamilton¹ avait déjà compris d’une manière intéressante l’association des idées quand il disait : ‘Sont suggérées les unes par les autres les pensées qui auparavant ont fait partie d’un même tout, d’un même acte de connaissance.’ M. Taine considère de même les associations comme des renaissances partielles de totalités qui tendent à se reformer complètement. »
¹ Não localizado.
« La connaissance véritable, le jugement, les idées générales ne doivent pas être mêlées à ces phénomènes automatiques de la pensée rudimentaire. » « Les émotions désignées par le langage sous le nom de peur, colère, amour, etc., sont peu nombreuses et peu précises; mais leurs variétés doivent être en réalité innombrables et correspondre chez chaque individu à un ensemble déterminé d’images et de mouvements. C’est l’une de ces émotions très précises que nous faisons naître chez les cataleptiques et qui amène leurs expressions et leurs actes associés. »
« L’automatisme ne crée pas de synthèses nouvelles, il n’est que la manifestation des synthèses qui ont déjà été organisées à un moment où l’esprit était plus puissant. » « Nous n’avons vu jusqu’ici que l’association automatique la plus simple, qui suffît pour expliquer tous les phénomènes présentés par les sujets dans les états que nous venons de décrire. »
« Une des meilleures expressions qui puissent caractériser cet état a été proposée par M. Ochorowicz. La catalepsie était, disait-il, un état de monoïdéisme. ‘Certains sujets, capables de présenter ces 2 phases opposés d’a-ïdeïe (syncope hypnotique) et de polyïdeïe (somnambulisme), ne passent pas directement, ou tout au moins peuvent ne pas passer directement, de l’une à l’autre; ils s’arrêtent plus ou moins longtemps dans la phase monoïdéïque . . . C’est un cerveau qui concentre toute son action sur une seule idée unique, dominante, qui n’est contrebalancée par aucune autre.’ »
A ANALOGIA CEREBRAL DE HERZEN: « Le cerveau peut être comparé à une salle fournie d’un nombre immense de becs de gaz, mais éclairé seulement par un nombre relativement petit et relativement constant de becs allumés qui ne sont pas toujours les mêmes, au contraire, qui changent à chaque instant. A mesure que les uns s’éteignent, d’autres se rallument. Jamais ils ne sont tous allumés, de temps en temps ils seront tous éteints. » Eu só repararia que sempre há algum bujão de gás ativo enquanto o ser está vivo, ainda que em coma, p.ex.
Vemos, num contínuo, como algumas idéias são arquétipos sempre corretos do espírito humano, embora expressos de maneiras distintas e até, na aparência, antitéticas: No princípio era o verbo (Deus) – No princípio era a ação (Goethe). Tudo isso é apenas o devir necessário do cristianismo desde os remotos escritos judaicos da era de ouro aos desdobramentos psicológicos da cultura européia. O mesmo, em menor escala, para ângulos distintos da análise do mesmo fenômeno numa mesma geração, sintetizando perfeitamente um fato: O homem é a medida de todas as coisas – Deus é a medida de todas as coisas.
2. L’OUBLI ET LES DIVERSES EXISTENCES PSYCHOLOGIQUES SUCCESSIVES
2.1 LES DIFFÉRENTS CARACTÈRES QUI ONT ÉTÉ PROPOSÉS POUR RECONNAÎTRE LE SOMNAMBULISME
« Cependant il est fort difficile de trouver un signe qui le caractérise d’une manière générale, et la plupart des caractères qui ont été ainsi désignés nous semblent insuffisants; en les passant en revue, nous verrons quelques caractères accessoires de cet état, mais il nous restera à en chercher le signe distinctif. »
« La plupart des anciens magnétiseurs considéraient l’insensibilité absolue de la peau comme étant la règle constante et le signe indubitable du somnambulisme. »
« Il n’y a pas de sommeil magnétique sans insensibilité complète du corps et des sens, de telle sorte que nous nous aiderons, pour la constatation du sommeil, de tout ce qui peut nous convaincre de cette insensibilité. »
Baragnon
« M. Dubois d’Amiens se plaint qu’on ne lui ait laissé faire pour vérifier le somnambulisme ‘qu’un simple tatouage à coups d’épingle sur la figure et sur les mains’. » « Eh bien, le procédé de M. Dubois n’aurait pas grand résultat si on l’appliquait aux somnambules que j’ai étudiées. La plupart de ces personnes, presque toutes, étaient déjà anesthésiques sur une partie plus ou moins considérable du corps avant tout sommeil hypnotique, dans leur état le plus normal. (…) au contraire, j’ai été amené, pour certaines d’entre elles et dans certains cas, à considérer le retour de la sensibilité comme une preuve du somnambulisme le plus profond. »
« l’absence complète de déglutition pendant certains états somnambuliques. » Baragnon
« Ce détail m’a frappé, car, chez une personne, chez Léonie, il est absolument constant. Elle n’a aucune déglutition pendant le somnambulisme et jamais je ne suis arrivé à lui faire avaler une goutte d’eau. » « Mais le phénomène, loin d’être caractéristique, est assez rare; la plupart des somnambules mangent et boivent sans aucune gêne dans leur sommeil. » « Rose n’était jamais aussi heureuse que lorsqu’elle déjeunait en somnambulisme. Il y a même des hystériques dysphagiques à l’état de veille, qui mangent assez facilement quand elles dorment, et c’est un détail qu’il est quelquefois utile de connaître. Mon frère a réussi à alimenter ainsi une femme hystérique qui, à cause de vomissements incoercibles, était près de mourir de faim. »
« La croyance populaire se représente, en général, les somnambules comme des personnes qui parlent en ayant les yeux fermés. Cette croyance résulte probablement de cette idée, en réalité assez fausse, que le somnambulisme est un sommeil : on répète aux somnambules qu’elles dorment, d’où elles concluent qu’elles doivent avoir les yeux fermés. » « C’est alors que M. Despine prétend que leur regard a toujours un caractère tout particulier et distinctif : les pupilles largement dilatées restent immobiles à l’action de la lumière; la conjonctive insensible ne sent pas le besoin d’être lubréfîée par les larmes, aussi le clignotement des paupières est supprimé ou fort rare. » « Il faut avouer que je n’aurais pas une pareille hardiesse ni une pareille conviction. § Sans doute, ce regard existe quelquefois, et M. Despine indique très bien dans quelle circonstance : lorsque la rétine est paralysée » « ce regard amaurotique [amaurose, a cegueira sem lesão física] a assez de ressemblance avec celui de l’individu qui est assez myope pour ne pouvoir distinguer aucun des objets environnants »
« D’après une opinion assez ancienne, que Maine de Biran lui-même a soutenue, le somnambule se conduirait toujours d’après ses rêves, d’après des hallucinations qui lui représentent les objets tels qu’il les connaît et non d’après de véritables sensations visuelles. » « J’ai envoyé plusieurs fois Lucie, en plein somnambulisme, parler à des personnes étrangères qui n’étaient pas prévenues et elle a toujours été prise pour une personne normale. »
« Sans doute, il y a, pour moi qui les connais bien, quelques traits caractéristiques et je n’aurais pas toujours besoin d’interroger leur sensibilité ou leur mémoire pour savoir dans quel état elles se trouvent : Marie est plus pâle en somnambulisme qu’à l’état de veille; Lucie, qui a plusieurs tics au visage quand elle est éveillée, a une figure calme et régulière dans le second état. Mais ce sont des signes individuels et de minime importance qui ne permettent pas de fonder une distinction scientifique. »
« En réalité, j’en suis maintenant convaincu, il n’y a pas de signe physique qui permette de reconnaitre si une femme est en somnambulisme ou si elle n’y est pas, et c’est s’avancer beaucoup que de prétendre reconnaître cet état au premier coup d’oeil. M. Despine soutenait que la psychologie n’a pas à s’occuper du somnambulisme et que la physiologie seule peut l’expliquer. Eh bien, loin de pouvoir l’expliquer, la physiologie ne peut même pas le reconnaître. »
À PROCURA DA ANALOGIA MAIS GROTESCA: « Le Dr. Carpenter parle de l’état de distraction du sujet hypnotisé. Il compare son état à la rêverie d’un poète devant un beau passage ou à la distraction d’un savant absorbé par la recherche d’un problème. [estado elogioso!] » « D’ailleurs Stanley-Hall (sic)¹ a pu dire au contraire que l’hypnose est une crampe [cãibra, depreciativo] de l’attention sur un objet. »
¹ Granville Stanley Hall (1846-1924), um dos maiores psicólogos americanos de todos os tempos.
« Léonie, quand on exige d’elle de l’attention pour des expériences délicates, demande de temps en temps un peu de récréation pour se reposer et pour s’amuser. »
« Bertrand, Braid¹ et surtout Bernheim ont cherché dans l’état de l’activité ou de la volonté la caractéristique du somnambulisme et ont constaté que le somnambule n’a pas de volonté personnelle, de spontanéité active et qu’il obéit à tous les ordres. »
¹ James Braid (1795-1860). Não confundir com o já citado Thomas Reid! A bibliografia deste polímata é complicada (muitos ensaios esparsos e reescritos), então faz-se recurso a um de seus sistematizadores póstumos, John Wilkinson. Idéia para o futuro (#offtopic): ESCREVER UM LIVRO COM MINIBIOGRAFIAS DE POLÍMATAS!
« rien n’est plus variable que l’état de la volonté dans le somnambulisme aussi bien que dans la veille. »
« Mais comment expliquer alors ces sujets qui, comme Rose, comme Lucie et bien d’autres, deviennent de plus en plus indépendants à mesure que le somnambulisme augmente de profondeur, et arrivent à un état où leur volonté est parfaitement normale, plus spontanée et plus indépendante qu’à l’état de veille ? »
2.2 CARACTÈRES ESSENTIELS DU SOMNAMBULISME : L’OUBLI AU RÉVEIL ET LA MÉMOIRE ALTERNANTE
« Or, dans toute la pathologie mentale, il n’y a pas de modification de la mémoire plus complexe et en même temps plus régulière que celle de la mémoire du somnambule. »
« On constate en effet régulièrement dans la pensée des individus qui, pour une raison ou pour une autre, ont eu des périodes de somnambulisme, 3 caractères ou 3 lois de la mémoire qui leur sont particuliers: 1º L’oubli complet pendant l’état de veille normale de tout ce qui s’est passé pendant le somnambulisme; 2° souvenir complet pendant un somnambulisme nouveau de tout ce qui s’est passé pendant les somnambulismes précédents; 3º souvenir complet pendant le somnambulisme de tout ce qui s’est passé pendant la veille. La troisième loi présente peut être plus d’exceptions et d’irrégularités que les 2 autres, aussi dans cette étude, qui a surtout pour but de donner une idée générale du somnambulisme, insisterons-nous un peu moins sur elle. Mais les deux premières, malgré la diversité que présentent toujours des phénomènes aussi complexes, sont si générales et si importantes qu’elles peuvent être considérées comme le signe caractéristique de l’état somnambulique. § Le phénomène de l’oubli, au réveil, de tout ce qui s’est passé pendant le somnambulisme est si curieux et si frappant qu’il a été constaté dès les premières études de ce genre. »
« Ce caractère seul est constant et distingue essentiellement le somnambulisme. » Deleuze, Histoire critique du magnétisme animal, 1819. Muito cedo para fazer uma história crítica do magnetismo animal! – será que este antepassado de Gilles é outro precursor? « Il est inutile de multiplier ces citations que l’on pourrait emprunter à tous les écrivains aussi bien anciens que récents. »
« Si elle est endormie au milieu d’un acte ou d’une conversation, elle continue presque toujours au réveil son action ou ses paroles comme s’il n’y avait rien eu d’anormal : le somnambulisme, quelle qu’ait été sa durée, semble n’avoir pas existé et les 2 moments de la veille paraissent se rejoindre. Rose est restée 4 ½ jours en somnambulisme (nous voulions essayer de guérir ainsi une paralysie des jambes qui avait résisté à tous les autres procédés et nous avons d’ailleurs parfaitement réussi); mais, pendant ces 4 jours, elle parle à plusieurs personnes et reçoit même des visites. Au réveil elle a tout oublié, se trompe sur le jour de la semaine et croit être 4 jours en arrière. Il en est ainsi pour toutes les somnambules que j’ai pu voir, que leur état anormal soit court ou prolongé, que les événements soient insignifiants ou graves, l’oubli est toujours complet et absolu, c’est une page entièrement effacée dans leur vie. »
« Une autre somnambule, N., que j’ai endormi 2 fois, à un an d’intervalle, retrouva dans le second somnambulisme le souvenir minutieux de tout ce qu’elle avait fait dans le premier et me rappela des détails que j’avais moi-même complètement oubliés. Tous ceux qui ont endormi plusieurs fois la même personne ont remarqué ce phénomène aussi banal que singulier. Le second état possède ordinairement en plus le souvenir complet des actes et des idées de la veille normale : le sujet, pendant le somnambulisme, peut raconter ce qu’il a fait ou senti pendant la journée et connaît encore les mêmes personnes. Une seule fois j’ai assisté à un somnambulisme de Rose, differant accidentellement des autres, pendant lequel elle ne me reconnaissait plus et paraissait avoir oublié la plupart des événements arrivés depuis son séjour à l’hôpital. »
« Considérer cet état de la mémoire comme le caractère essentiel du somnambulisme, n’est-ce pas se fier à un signe facilement simulable et difficile à bien constater. Nous répondrons d’abord que jusqu’à présent on n’en possède pas de meilleur, ensuite que ce critérium est plus sûr qu’on ne le suppose. Contrairement à l’opinion générale, je considère les phénomènes psychologiques comme bien plus difficiles à simuler que les phénomènes physiques, et je crois qu’il serait plus aisé de jouer même une crise d’épilepsie que de feindre la folie pendant plusieurs jours devant un aliéniste. Pour le sujet qui nous occupe, il suffît d’un petit nombre de renseignements et d’un peu d’habitude pour simuler une contracture; il faudrait beaucoup d’intelligence, d’attention et de mémoire pour ne jamais confondre les souvenirs acquis pendant le somnambulisme et les souvenirs acquis pendant la veille et n’être jamais pris en défaut. » « il faut vérifier leurs souvenirs par leur conversation même, sans avoir l’air de les interroger directement. »
« On connaît aussi le rêveur de Despine qui, toutes les nuits, se vole à lui-même des pièces d’or et va toujours les cacher au même endroit. »
« Rose avait la mauvaise habitude d’injurier régulièrement une servante de l’hôpital à la fm de ses crises. Elle ne s’en souvenait plus après son réveil, et ne pouvait y croire quand on le lui disait. Cependant, à la crise suivante, elle reprenait ses injures au même point et insistait en criant : ‘J’ai eu bien raison de dire ceci et cela, c’était bien vrai’, et elle répétait tous les détails du délire précédent. » Sem traço de ironia, posso conceber por que pode ser tão arraigada a impressão do fanático de que um demônio ocupa o corpo do doente/possuído, afinal seria mesmo uma explicação satisfatória!
« On trouverait dans le travail de M. Myers de bons exemples, trop longs pour être rapportés ici, où un songe [daydream] est évidemment le souvenir d’un autre songe oublié pendant la veille. Ce qui me paraît plus curieux à rappeler et plus utile pour éclaircir ces problèmes de la mémoire, c’est que l’on a constaté des faits analogues pendant l’ivresse de l’opium et l’ivresse de l’alcool. Les faits sont surtout nets quand il s’agit de l’alcool; chacun sait qu’un homme ivre oublie au réveil ce qu’il a fait pendant l’ivresse. » O interessante é pensar na continuidade duma história todas as vezes que volto à ebriedade: o Rafael “brigão” da sexta à noite, split-personality em doses homeopáticas. Relembra as ofensas a sua honra como se, no lugar de 3 semanas, meia hora se houvesse passado! Pobre do So…. Se bem que dono de bar conhece a ‘raça’ com que lida na lide diária… Não é este Rafael que terá de ir ao médico, ao chaveiro ou ao posto de polícia depois, se perder algum documento ou se machucar, então ele é completamente indiferente a esses desdobramentos – eis o perigo supremo! Até fala, ao contrário do tipo ideal do bêbado, de forma mais fluente e incisiva… Porém, a despeito de toda a teatralidade, mantém-se um pacifista, ironia das ironias… Meu traço mais característico, até quando sou outro!
« J’ai eu quelquefois l’occasion de faire une petite expérience bien simple : on propose à un individu… trop gai… un bon moyen de prouver qu’il est resté dans son état normal, on lui indique un chiffre et on le prie d’en garder le souvenir pour le répéter le lendemain. En général, si l’ivresse était sérieuse, il serait absolument incapable le lendemain, malgré ses efforts, de retrouver le chiffre qu’on lui a dit. Mais je n’ai pas vérifié le retour de la mémoire dans une ivresse consécutive. » Sempre pedimos que façam um 4; mas é a primeira vez que vejo pedirem que digam um 4!
« et nous ne tarderons pas à voir qu’il y a en effet d’autres traits encore qui rapprochent l’ivresse du somnambulisme. » É um embebedamento dirigido e com guia.
« Cette mémoire nécessaire à l’exécution de la suggestion se présente sous les formes les plus variées, tantôt complètement consciente, tantôt ignorée par le sujet, tantôt elle envahit l’esprit subitement comme une impulsion dont il ignore l’origine, tantôt elle se développe lentement. »
« Si un sujet exécute une suggestion avec conscience et mémoire au moment où il l’exécute, il ne tarde pas, quelques instants après, à perdre complètement le souvenir non seulement du commandement, mais même de son exécution. »
« Il y a cependant naturellement une certaine mémoire persistante après les sommeils hypnotiques très légers, qui d’ailleurs se rapprochent beaucoup de la veille. »
« Un sujet hypnotisé pour la première fois se souvenait de tout, non seulement des actions qu’il avait faites, mais encore des sentiments de surprise qu’il avait eus en les faisant. Il semblait qu’il y eût deux moi, l’un regardant les actions involontaires de l’autre sans penser qu’il fût utile de les faire cesser. »
Edmund Gurney
« Pourquoi ne pas dire qu’il y a eu chez ces personnes des phénomènes suggestifs à l’état de veille, qu’ils n’ont point changé d’état pour avoir leurs bras ou leurs paupières paralysées, qu’ils ont simplement présenté quelques phénomènes inconscients et que le souvenir des autres s’est conservé tout naturellement ? »
« Que, dans bien des cas, surtout lorsqu’il s’agit d’un somnambulisme peu profond, il y ait lieu de rapprocher à bien des points de vue le sommeil hypnotique du sommeil normal, cela est tout à fait incontestable, mais que l’identité soit absolue et que les modifications de la mémoire ne soient pas bien plus considérables dans le cas du sommeil hypnotique, c’est ce que les faits ne permettent pas d’admettre. »
« Quand on réveille le sujet brusquement au milieu de l’accomplissement d’un acte suggéré, il en garde le souvenir comme d’un rêve. » « Lorsqu’un sujet est endormi pour la première fois, il a d’ordinaire un sommeil léger et il peut être réveillé brusquement; lorsqu’il est endormi souvent, il prend un sommeil profond dont il ne peut plus être tiré facilement. Tout au début de mes études sur Lucie, je pouvais facilement répéter l’expérience précédente; au bout de quelque temps, je ne pus y parvenir; car il fallait au moins une minute pour la réveiller, ce qui interrompait complètement l’acte somnambulique et ne laissait pas persister le souvenir. » « Le réveil difficile accompagne toujours le somnambulisme profond. »
« Même pour ceux-ci, il faut faire une remarque importante : le souvenir ainsi obtenu par le réveil brusque n’est pas de longue durée : il existe au moment même du réveil et on peut le saisir si on interroge le sujet à ce moment ; mais il disparaît peu à peu et ne laisse bientôt plus aucune trace dans la conscience. »
« En réalité, les états psychologiques sont continus et le sujet ne saute pas de l’un dans l’autre. Il y a une période posthypnotique qui se prolonge quelquefois assez longtemps après le réveil, et il est tout naturel que le souvenir du somnambulisme persiste quelque temps pendant cette période. »
« Au moyen âge, paraît-il, on considérait l’oubli après le somnambulisme comme un signe de sorcellerie : les malheureuses somnambules, par peur du bûcher, dit Bertrand, se suggéraient à elles-mêmes la conservation du souvenir et y réussissaient quelquefois. » Motivo da morte: o viajante no tempo viajou no tempo… para a Idade Média; e por isso foi queimado na fogueira.
« Aussi conservons-nous le caractère de l’oubli au réveil comme le signe le plus important de l’état somnambulique et persistons-nous à croire que, s’il fait complètement défaut, il y a eu suggestibilité à l’état de veille et non point somnambulisme. »
2.3 VARIÉTÉS ET COMPLICATIONS DE LA MÉMOIRE ALTERNANTE
« Le docteur Herbert Mayo cite un cas de quintuple mémoire : l’état normal du sujet était interrompu par 4 variétés d’états morbides dont il ne conservait pas le souvenir au réveil, mais chacun de ses états présentait une forme de mémoire qui lui était propre. »
« À l’exemple de M. Azam, nous dirons donc maintenant état 1, état 2, état 3 du même sujet pour désigner les phases par lesquelles il passe, et pour désigner le sujet dans ces états nous dirons, ainsi que M. Jules Janet l’a très bien proposé, le prénom du sujet avec un numéro d’ordre correspondant à l’état dans lequel il se trouve : ainsi, Lucie 1, c’est le sujet Lucie en état de veille; Lucie 2, c’est le même sujet dans le second état qui est ici le somnambulisme ordinaire. La suite de notre travail fera voir de plus en plus combien l’emploi de ces notations est justifié. » Rafael 25
« [Rose:] le troisième et le quatrième se superposent comme les somnambulismes successifs de Lucie et de Léonie, le dernier état présentant le souvenir de tous les autres et de la vie tout entière. Mais, en dehors du somnambulisme, la vie de cette personne présente un grand nombre d’accidents hystériques très variés, des crises convulsives, des délires hystériques qui se prolongent quelquefois pendant des journées entières et dont elle ne garde aucun souvenir, en outre des amnésies, des oublis singuliers qui ont déjà été souvent décrits. Il lui arrive d’oublier complètement, sans que l’on sache pourquoi, des parties importantes de sa vie qui avaient cependant paru normales. Ainsi, un jour, après une crise, elle perd la mémoire des 3 semaines qui ont précédé. Eh bien, le souvenir de l’un ou de l’autre de ces états oubliés revient facilement, quand elle rentre dans certaines périodes déterminées de son somnambulisme artificiel. » « le deuxième somnambulisme de Rose serait un état psychologique analogue à son délire hystérique, et son quatrième somnambulisme serait un état analogue à ces périodes de la vie qui sont subitement oubliées. C’est là une hypothèse qui ne s’appuie, jusqu’à présent, que sur un caractère, celui de la mémoire, et que nos études vont justifier de plus en plus. »
« C’est grâce à la connaissance de ces divers états psychologiques des hystériques que l’on peut guérir leurs paralysies et leurs contractures, et il faudra entrer dans des études bien plus ardues, si on cherche un jour le véritable traitement moral de la folie qui est bien plus compliquée que l’hystérie. »
2.4 ÉTUDE SUR UNE CONDITION PARTICULIÈRE DE LA MÉMOIRE ET DE L’OUBLI DES IMAGES
« D’où viennent ces changements d’états psychologiques ? Pourquoi ces oublis et ces retours bizarres de la mémoire ? Toutes les hypothèses possibles ont été proposées et les passer toutes en revue serait parcourir toute l’histoire du magnétisme animal. La plupart de ces théories ayant été déjà résumées dans les ouvrages de Maury, de Despine, de Ribot, il nous suffira de citer les plus célèbres et de montrer combien elles tiennent peu compte des véritables éléments du problème. » « Il y a peut-être quelque chose de vrai dans cette théorie de la disparition du moi; mais en conclure que toute conscience est supprimée pendant le somnambulisme, cela nous semble vraiment paradoxal et inadmissible. »
« Toute hypothèse, disent les logiciens, comprend 3 parties : une observation fortuite, une suite d’idées et de raisonnements destinée à l’expliquer et des expériences instituées pour vérifier les conséquences de cette supposition. C’est cet ordre que nous suivrons dans l’exposition de nos recherches. »
« Le souvenir des 3 mois oubliés était totalement revenu, ainsi que je pus le vérifier. Mais dès que ce somnambulisme changea et que le sujet entra dans l’état de veille ou dans un autre somnambulisme, ces souvenirs disparurent de nouveau complètement. »
« Rose était totalement anesthésique et sa conscience ne percevait aucune sensation tactile ou musculaire. Dans ce somnambulisme particulier qui amenait le retour des souvenirs, Rose recouvrait subitement la sensibilité tactile et musculaire du côté droit et devenait hémi-anesthésique. » « En effet, elle avait reçu alors une petite blessure causée par un coup de couteau au bras droit et en avait beaucoup souffert. Or, en ce moment, quand elle est éveillée, elle est si insensible qu’elle ne souffre d’aucune blessure, même quand, dans ses crises, elle se fait de véritables plaies aux membres. »
« Cette observation fortuite m’amena tout naturellement à supposer qu’il devait y avoir une relation entre l’état de la sensibilité et l’état de la mémoire. Les souvenirs acquis par une certaine sensibilité semblaient ne pouvoir être remémorés ou reproduits que si cette sensibilité subsistait dans le même état. Pour discuter la valeur de cette hypothèse et pour l’appliquer à des cas nouveaux, il me semble nécessaire de distinguer 2 cas et d’étudier à part 2 espèces de mémoires. »
« Un individu, qui aurait complètement perdu un sens [tátil, imagino] et qui ne pourrait plus à aucun degré apprécier les sensations que ce sens procurait, aurait perdu en même temps toutes les images et par conséquent tous les souvenirs relatifs à ces sensations. Mais, dira-t-on, un homme devenu subitement aveugle par un accident conserve encore, quoiqu’il ne puisse plus rien voir, le souvenir des sensations visuelles. C’est que cet individu n’a perdu que l’oeil, organe extérieur de la vision et non pas la faculté psycho-physiologique de voir. S’il avait perdu les centres nerveux de la vision, la faculté même d’apprécier les sensations visuelles, il n’aurait plus le souvenir d’avoir vu et, comme un aveugle de naissance, il ne saurait plus ce que c’est que voir. Il y a des individus de ce genre; on peut montrer que les choses se passent ainsi dans les anesthésies hystériques. »
« Rose fut, à un moment, anesthésique totale et en même temps dyschromatopsique des deux yeux, c’est-à-dire qu’elle ne sentait le contact sur aucun point du corps et qu’elle ne distinguait aucune couleur ni par l’oeil droit, ni par l’oeil gauche; elle voyait tous les objets gris et blancs. » « si je lui suggérais un chatouillement, une douleur, une température anormale, elle ne sentait absolument rien. Au même moment, on pouvait éveiller par un mot toutes les hallucinations auditives, ce qui prouve qu’elle était très suggestible. Je l’ai interrogée sur ses rêves et elle m’a assuré voir les objets en rêve de la même manière que pendant la veille, gris et blancs, et ne jamais sentir aucun contact. »
« Inversement, quand on arrive, ce qui est quelquefois possible, à provoquer une hallucination malgré l’anesthésie du sujet, on fait réapparaître en même temps la sensibilité normale. Il faut aussi remarquer que, chez certains sujets dont l’anesthésie est peu profonde et d’origine récente, les suggestions peuvent réveiller les images sensibles, surtout par l’intermédiaire d’autres images qui ont été conservées. (Paul Richer) »
« Quand j’ai montré à Lucie qu’elle ne sentait aucune douleur ni aucun contact, elle m’a répondu : ‘Tant mieux.’ Quand je l’ai amenée à constater qu’elle ne savait jamais la position de ses bras sans les voir et qu’elle perdait ses jambes dans son lit, elle m’a répondu : ‘Mais c’est tout naturel, du moment que je ne les vois pas; tout le monde est comme cela.’ En un mot, elles ne peuvent pas faire de comparaison entre une sensation ancienne dont elles ont complètement perdu le souvenir et leur état présent, et elles ne souffrent pas plus de leur insensibilité que nous ne souffrons de ne pas entendre ‘l’harmonie des sphères célestes’. Quand une hystérique, comme Marie, se plaint d’être insensible, c’est qu’elle ne l’est pas totalement; quand l’insensibilité est complète, l’absence de souvenirs est aussi complète. »
« Après quelques tâtonnements, j’ai reconnu que l’on pouvait rendre momentanément à Rose la sensibilité d’une partie de son corps par 3 procédés : ou bien par l’application prolongée d’un fort aimant, ou par l’apphcation de plaques métalliques d’étain [estanho] ou de plomb, ou enfin et plus facilement encore au moyen d’un courant électrique de moyenne intensité (20 ou 30 éléments Trouvé). » « La suggestion se sert d’un état psychologique, elle ne le crée pas. Ici, sous l’influence d’un de ces trois agents, la sensibilité tactile réapparaissait dans le bras droit et alors on pouvait suggérer des hallucinations tactiles de ce membre, tandis que cela était impossible auparavant. »
« Inutile d’insister plus longtemps sur cette même personne, le phénomène est chez elle constant : ramenez par un procédé quelconque, électricité, plaques métalliques, somnambulisme, etc., un état particulier de sensibilité et vous ramenez en même temps tous les souvenirs élémentaires qui ont été acquis par cette même sensibilité à un moment quelconque. »
« En effet, le souvenir chez Marie persistait plus longtemps que la sensibilité. Fallait-il considérer comme fausses les expériences faites avec Rose ? Non, un fait n’est jamais faux, on l’oublie trop souvent; mais il peut dépendre de circonstances complexes et, si on ne le vérifie pas, c’est que l’on se place, sans le savoir, dans d’autres conditions. »
« Marie n’est pas sensible au courant électrique, je ne sais pourquoi; il faut nous servir des plaques de Burcq et, après quelques essais, des plaques de fer qui agissent très fortement. »
« L’activité sensorielle forme la base de la pensée; quand on l’éteint, la pensée disparait ou s’endort. »
Bastian, Le cerveau et la pensée
2.5 UNE CONDITION DE LA MÉMOIRE ET DE L’OUBLI POUR LES PHÉNOMÈNES COMPLEXES
« Après cette étude beaucoup trop rapide des conditions de rappel pour la mémoire élémentaire, passons à la mémoire complexe ou intellectuelle, c’est-à-dire la mémoire complète des idées et des actes. »
« Le langage est formé par un grand nombre d’images associées avec nos idées et nos mouvements, et ces images, ainsi que les médecins l’ont appris aux psychologues (Bastian), ne sont pas les mêmes chez tous les individus. Les uns, les plus nombreux peut-être, pensent par ces images motrices ou kinesthésiques dont nous avons déjà parlé et qui ont une tendance, lorsqu’elles sont isolées, à se traduire au dehors par le mouvement réel ou la parole réelle. Ces gens-là pensent en parlant tout haut ou tout bas, mais toujours par les images du mouvement de la parole. Les autres [nós, os superiores] pensent au moyen des images auditives ou visuelles, leur pensée est formée par une suite d’images de paroles entendues et non prononcées, ou par une suite d’images d’écritures, ou de signes vus et non entendus. Comment ces dernières personnes parlent-elles et agissent-elles ? leurs images visuelles et auditives vont-elles éveiller d’abord les images motrices plus ou moins faibles qui se traduisent par du mouvement ? Nous avons déjà discuté cette question et nous avons conclu qu’il en a été peut-être ainsi au début de la vie, mais que maintenant les choses se passent plus simplement. »
« On voit très bien, dans l’ouvrage de M. Ballet, [Langage intérieur, 1886] comment une même lésion produit des effets très différents sur l’intelligence et la mémoire, suivant qu’elle frappe des individus usant habituellementde telle ou telle catégorie d’images. La perte des images visuelles, pour un individu dont tous les souvenirs sont cristallisés autour des images motrices, n’a pas grande importance; elle supprimerait toute mémoire et toute parole chez un autre sujet qui se sert de ces images visuelles. Chez ce dernier, une nouvelle éducation plus ou moins facile peut grouper maintenant les idées et les actions autour d’une autre catégorie d’images, celles du sens musculaire par exemple ou du sens auditif, et cet homme, en apparence guéri, pourra de nouveau penser et agir. Mais il vivra entièrement de ces nouveaux souvenirs et ne pourra jamais retrouver les anciens, à moins que, par miracle, les anciennes images visuelles ne lui soient un jour rendues. Cette restitution des images perdues n’a pas lieu chez les malades aphasiques étudiés par M. Charcot, parce qu’une maladie cérébrale les a complètement détruites ; mais n’est-il pas possible que, chez d’autres sujets, ces images ne soient que momentanément supprimées et puissent être restaurées dans différentes conditions ? L’étude précédente sur la mémoire élémentaire nous a précisément montré que c’est ainsi que les choses se passent chez les hystériques et les somnambules. »
« Quiconque examinera avec attention la conduite de Lucie à l’état de veille reconnaîtra facilement qu’elle est <un type visuel> extrêmement net. Elle pense, elle parle et elle agit presque uniquement par le sens de la vue. » « Outre cette perte du sens tactile, Lucie a presque complètement perdu le sens de l’ouïe: elle n’entend parler que si la voix est forte et assez proche, elle ne perçoit pas le tic tac de ma montre, même si je l’applique contre son oreille. La vue, quoique très diminuée (acuité visuelle, un tiers, champ visuel restreinte 20°), est encore le meilleur sens qu’elle possède. Aussi s’en sert-elle continuellement; elle ne fait pas un mouvement, ne marche pas sans regarder sans cesse ses bras, ses jambes, le sol, etc. C’est ainsi d’ailleurs qu’un grand nombre d’hystériques peuvent conserver la faculté de coudre, de tricoter, d’écrire, sans avoir aucunement le sens musculaire. On s’y est souvent trompé et c’est pour cela que plusieurs auteurs déclarent l’anesthésie musculaire rare dans l’hystérie, tandis qu’elle est très fréquente. »
« Si on lui fermait les yeux entièrement, elle ne pourrait même plus parler, et elle dormirait. » « C’est pour cela qu’il ne faut jamais toucher les yeux d’une hystérique quand on fait une étude sur son état de veille. » « En un mot, Lucie 3 n’est plus une femme du type visuel, c’est une femme du type moteur. [mais próxima da infância] »
« Les malades de M. Charcot ont eu besoin pour effectuer un pareil changement d’une longue rééducation. Je répondrai : son éducation comme type moteur est déjà faite depuis longtemps, parce qu’elle est hystérique, c’est-à-dire le type de l’instabilité psychologique. Depuis 15 ans qu’elle est malade, elle a passé son temps à changer ses sens et a s’exercer à parler et à agir tantôt avec l’un tantôt avec l’autre. M. Charcot, dans sa classification des types de langage, a parlé du type indifférent qui, au même moment, se sert d’une image ou d’une autre. Je demande une petite place pour le type alternatif, qui se sert successivement d’un sens puis d’un autre.
Quelle preuve a-t-on que Lucie ait été déjà antérieurement une motrice, comme elle paraît être dans cet état qui est maintenant artificiel ? On en trouve une assez bonne dans l’état de ses souvenirs. Interrogeons-la maintenant en état de Lucie 3 : elle va nous raconter son enfance jusqu’à 9 ans que Lucie 1 a entièrement oubliée ; elle va nous parler de la grande peur qu’elle a eue un jour quand des hommes se sont cachés dans les rideaux [cortinas] et ont brusquement sauté sur elle, émotion qui formera la scène principale de toutes les crises hystériques. Elle va nous raconter ces crises mêmes et les mouvements qu’elle a faits et ses promenades dans la maison la nuit en somnambulisme naturel. Elle va surtout nous raconter cette année, qui a été si pénible pour elle, où pendant plusieurs mois on a voulu la tenir enfermée dans une chambre noire, parce qu’elle avait mal aux yeux, ne voyait pas clair et que le médecin, croyant avoir affaire à une lésion banale, la maintenait dans l’obscurité. Or, toutes ces histoires, Lucie, tout à l’heure ne pouvait pas nous les raconter et les ignorait absolument. Ne pouvons-nous pas supposer légitimement que, dans ces circonstances ignorées de Lucie 1, mais connues de Lucie 3, les souvenirs pour différentes raisons ne s’étaient pas associés aux images visuelles ? Tantôt elle se portait bien dans son enfance et pensait, peut-être comme tout le monde dans l’enfance, par les images musculaires, tantôt le sens musculaire fonctionnait seul comme pendant les crises, tantôt le sens visuel étant supprimé comme dans son attaque d’anesthésie oculaire, il fallait bien penser autrement, et les souvenirs s’étaient alors réunis autour d’autres images. »
« Les passes, je ne sais vraiment pas pourquoi, ont agi comme auraient fait des plaques métalliques (des plaques d’or pour elle [refinada!]), ou comme aurait agi l’électrisation par une machine statique, et lui ont rendu les sens perdus. » « Lucie va se retrouver la même qu’au début, va promener ses yeux de tous côtés et recommencer à penser avec ses images visuels. »
« La même démonstration serait interminable s’il fallait la répéter sur tous les sujets. On pourrait démontrer facilement, croyons-nous, que Léonie est visuelle à l’état de veille, auditive en somnambulisme ordinaire où elle a une ouïe hyperexcitée, et motrice ou tactile en état 3. » « Mais elle a au contraire une ouïe à peu près normale ; elle aime la musique, a été chanteuse dans un café concert et s’irrite quand elle entend chanter faux. Cette analyse des sens nous montre que c’est une auditive, ce qui est assez rare chez les hystériques à l’état de veille » « On parle bien avec le sens auditif, mais on ne marche pas, car les mouvements des jambes s’associent difficilement avec des images de l’ouïe ; aussi cette malheureuse devient-elle paraplégique dès quelle perd la sensibilité musculaire des membres inférieurs. Pour une hystérique il n’est pas bon d’être musicienne. Elle a appris tant bien que mal à remuer son bras gauche par des images visuelles et ne peut s’en servir qu’en le regardant; elle n’a de mouvements libres que ceux du bras droit par le sens musculaire conservé et ceux du langage par le sens auditif. »
« Il semble, je n’ose pas conclure avec certitude, que, retrouvant le sens visuel, elle entrait dans un état auquel elle n’était pas accoutumée et dans lequel elle ne savait pas user du langage. Comme elle ne savait pas, ainsi que faisait Lucie, remuer ses jambes au moyen des images visuelles, je ne pouvais pas non plus dans cet état détruire sa paraplégie. Dans un autre état somnambulique, que je n’obtins que beaucoup plus tard et avec mille difficultés, elle retrouvait le sens tactile et musculaire d’abord du côté droit, puis du côté gauche, et alors il lui suffisait d’un faible effort pour décontracturer ses jambes et se mettre à les remuer sur mon simple commandement. Elle était devenue motrice, ce qu’elle avait été probablement une grande partie de sa vie, car elle parlait alors très facilement, retrouvait tous les souvenirs en apparence perdus à l’état de veille et n’avait plus aucune paralysie. Lorsqu’on réveillait Rose, elle perdait de nouveau toutes ces sensibilités surajoutées, oubliait tout et malheureusement ne savait plus marcher. »
2.6 INTERPRÉTATION DE L’OUBLI AU RÉVEIL APRÈS LE SOMNAMBULISME
« Je suis convaincu que les appareils électriques seront prochainement le véritable instrument scientifique pour produire à volonté et régulièrement toutes les variétés du somnambulisme. »
« Une hystérique anesthésique, morphinée à la dose de 8 centigrammes par jours, vit ses douleurs disparaître et sa sensibilité normale se réveiller… L’abstinence ramena les symptômes hystériques. »
Benjamin Ball, La Morphinomanie
« Le somnambulisme est chez les hystériques un accroissement de l’esprit par une excitation quelconque et non une diminution. » Por isso os começos da psicanálise até poderiam realmente curar histéricas, ao menos, desde que o tratamento fosse bem-feito. Outra coisa é a pseudanálise posterior alegando ou tentando curar neuróticos, até psicóticos, ansiosos, depressivos, fóbicos, com tratamentos cretinos! Janet 1 x 0 fraudismo.
« Peut-être existe-t-il des somnambulismes différents. L’hypnotisation des sujets sains possédant déjà tous leurs sens et toutes les images ne peut guère, si elle est possible, que les diminuer et leur supprimer diverses sensations. » « En réalité, il n’y a ni 2, ni 3 mémoires indispensables; il peut s’en présenter un nombre quelconque et indéterminé. Rose a au moins 4 ou 5 somnambulismes différents, ayant chacun une mémoire particulière. Il y a des sujets, comme N…, qui sont tellement instables, qu’ils ne reprennent le même somnambulisme qu’en étant endormis par la même personne et de la même manière »
« Cependant, dans cette série d’états de sensibilité et de mémoire qui peuvent se produire suivant une même loi, on peut, comme font les mathématiciens dans leurs séries, distinguer des points intéressants. » « Mais surtout on s’attachera à distinguer comme capital le dernier somnambulisme. J’appelle ainsi l’état dans lequel le sujet a retrouvé l’intégrité absolue de toutes les sensibilités qui sont naturelles à l’homme bien portant, et par conséquent l’intégrité absolue de la mémoire, en un mot, l’état dans lequel le sujet n’a plus aucune anesthésie ni aucune amnésie. » « Mais il est quelquefois très difficile à obtenir, et les sujets y parviennent plus ou moins vite, quelquefois après un seul somnambulisme intermédiaire, comme Lucie ou Wittm… (dans l’étude de Jules Janet), ou bien après plusieurs intermédiaires, comme Rose, ou même ne l’atteignent pas complètement, comme Léonie, qui, dans le dernier somnambulisme que je puisse obtenir avec elle, a encore des anesthésies. »
« Tout le monde remarquera, comme j’en ai été frappé dès la première fois, que Lucie se sert du sens de la vue quand elle est éveillée et du sens du tact quand elle est endormie : cela est manifeste. Mais, chez d’autres sujets, les modifications seront beaucoup moins visibles »
« Le somnambulisme change ces images prédominantes, sans donner précisément des sensibilités nouvelles ; il relève de leur effacement certaines images particulières et en fait un centre nouveau autour duquel la pensée s’oriente d’une manière différente. Réveillés, ces sujets reprennent leur pensée habituelle, négligent par distraction ces images et par conséquent les souvenirs qui y sont liés; ils ne peuvent plus les retrouver, car ils sont incapables du petit effort qu’il faudrait faire pour modifier un peu la forme habituelle de leur pensée. »
« Un jeune homme H., qui avait un somnambulisme de ce genre, avait tout oublié au réveil, mais, peu à peu, dans le courant de la journée, il retrouvait un à un tous les souvenirs du somnambulisme : le lendemain il pouvait tout me raconter. »
« Ce qui produit l’oubli des rèves au réveil, c’est que l’orientation de l’esprit change soudainement. »
Paulhan
« J’ai essayé de préciser un peu plus cette explication générale des phénomènes de l’oubli et de l’adapter plus exactement aux faits que j’avais étudiés. Sans doute, les exemples que j’ai donnés sont insuffisants pour démontrer qu’il en est toujours ainsi, et nous n’avons pas toujours un moyen bien précis et bien sûr pour apprécier les différences dans les images qui amènent les différences dans les souvenirs. »
2.7 LES DIVERSES EXISTENCES PSYCHOLOGIQUES SUCCESSIVES : MODIFICATIONS SPONTANÉES DE LA PERSONNALITÉ
« Le jugement synthétise les faits différents, constate leur unité, et, à propos des différents phénomènes psychologiques éveillés par les impressions sensibles ou le jeu automatique de l’association, forme une idée nouvelle : celle de la personnalité. Nous n’avons pas, dans cette étude sur la partie automatique et non sur la partie active de l’esprit, à étudier ce jugement d’unité. »
« Dans le cours d’une longue vie, un homme peut être successivement plusieurs personnes si dissemblables que, si chacune des phases de cette vie pouvait s’incarner dans des individus distincts et si l’on réunissait ces divers individus, ils formeraient un groupe très hétérogène, se feraient mutuellement opposition, se mépriseraient les uns les autres et se sépareraient vite sans souci de se revoir jamais. »
Forster¹
¹ Não identificado.
« C’est moi qui ai tremblé devant ce péril imaginaire? C’est moi qui ai pu aimer cette coquette? C’est moi qui me suis dévoué à ces croyances? Mais c’est impossible et je ne me reconnais pas. »
« Heureusement, ces changements sont survenus peu à peu et ils n’ont porté en réalité que sur les phénomènes complexes et secondaires de notre esprit, nos croyances, nos ambitions, nos désirs. »
« Les hommes les plus sains d’esprit présentent presque toujours, dans leurs rêves, le premier signe, la première ébauche des changements beaucoup plus graves qui peuvent se produire dans la personnalité de certains malades. »
« Si je puis me décrire moi-même dans ces études expérimentales, je crois appartenir entièrement au ‘type moteur’ ; quand je suis éveillé, je ne pense qu’en parlant tout haut ou en écrivant, et ma pensée est toujours un geste à demi arrêté. La nuit, au contraire, je garde, ainsi que je l’ai souvent constaté, l’immobilité la plus absolue, je suis simple spectateur et non plus acteur »
« chez les hommes bien portants, cette tendance à la formation d’une mémoire et d’une personnalité secondaire dans le songe, reste rudimentaire. »
« Un de mes amis a remarqué que sa femme, qui souvent parle beaucoup et distinctement dans le sommeil, ne peut jamais se ressouvenir de ses rêves lorsque cela lui arrive ; mais qu’au contraire elle se les rappelle fort bien lorsqu’elle n’a pas parlé en dormant. »
Erasmus Darwin
O PORQUÊ DO PRIMEIRO PORRE SER TÃO DIFERENTE: « L’éther, le chloroforme ou simplement l’alcool, quand ils agissent pour la première fois, désagrègent simplement la pensée normale, empêchent les jugements d’unité de se former et ne laissent subsister dans le délire que des éléments psychologiques épars. Mais si ces empoisonnements se répètent, ces fragments de pensée se réunissent et forment une nouvelle synthèse psychologique, avec sa mémoire qui lui est propre, semblable à une vie somnambulique. »
« Les crises de ce genre sont, en général, d’assez courte durée : c’est que la personnalité n’y est pas assez complète, car la durée d’un état psychologique est ordinairement comme celle d’un être en raison de sa perfection. » « Aussi ce composé instable ne tarde pas à se défaire et le composé plus complet et plus ancien, qui formait la vie normale, réapparaît à son tour. Mais supposons que, par certains hasards, la rencontre des atomes intellectuels ait formé un composé plus complet et plus stable, la nouvelle vie psychologique, qui se forme peu à peu et qui est anormale pour le sujet, ressemble tout à fait à ce qui est la vie normale pour une autre personne. »
« Le sujet était ordinairement un visuel, il est maintenant un moteur ; cela aura sans doute des inconvénients plus tard, car, s’il revient au premier état, il ne se souviendra plus du second, mais maintenant il ressemble aux gens qui sont ordinairement moteurs et il ne s’en porte pas plus mal. C’est là ce qui se passe, croyons-nous, chez ces personnes devenues célèbres dans l’histoire de la science, Félida X, Louis V et bien d’autres. »
« La somnambule de Dufay,¹ quand elle tombe en état second, n’est plus myope comme en état premier, elle a un langage enfantin et parle nègre : ‘Moi pas bête maintenant’, dit-elle. »
¹ Não identificado.
« Tous ces personnages, comme on le sait aussi, changent de caractère et de conduite en même temps qu’ils changent de sens et de langage. Félida, qui est triste et qui pense au suicide dans son état prime, est gaie et courageuse dans l’état second ; elle est égoïste et froide dans la première existence, elle a plus d’affection et de dévouement dans la seconde. Louis V est tantôt doux, obéissant et timide, tantôt colère, insubordonné et arrogant, tantôt enfant et craintif, tantôt jeune homme emporté : à aucun point de vue il ne reste le même. »
2.8 LES DIVERSES EXISTENCES PSYCHOLOGIQUES SUCCESSIVES. — LES CHANGEMENTS DE PERSONNALITÉ DANS LES SOMNAMBULISMES ARTIFICIELS.
« il n’y a pas un seul phénomène constaté pendant le somnambulisme, anesthésie ou excitation sensorielle, paralysies, contractures, émotions ou faiblesse intellectuelle, etc., qui ne se retrouve fréquemment chez une autre personne pendant sa vie ordinaire. » « Un sujet qui est idiot, ou aveugle, ou intelligent en somnambulisme, ne l’est pas autrement que celui qui est idiot, aveugle ou intelligent pendant sa vie normale, seulement il ne l’est pas toute sa vie. »
« Mais cet état, que nous qualifions de somnambulisme chez Rose, est en ce moment la vie normale de Marie, qui depuis 1 mois est hémi-anesthésique gauche, et les caractères de cet état sont exactement les mêmes chez elle. Bien plus, Rose elle-même, il y a quelque temps, a passé 3 mois, comme nous l’avons vu, en hémi-anesthésie gauche. Elle était donc naturellement pendant ces 3 mois dans l’état qui est maintenant un somnambulisme. »
« l’hypnotisme est très rare chez les véritables épileptiques. »
« D’abord, la seconde personnalité qui vient de naître subira l’influence des idées et des manières de son magnétiseur comme un enfant subit l’influence de ses parents. »
« Pourquoi Léonie est-elle catholique pratiquante à l’état de veille et protestante convaincue en somnambulisme ? C’est tout simplement parce que son premier magnétiseur était protestant, il ne faut pas chercher là d’autre mystère. Pourquoi certains somnambules ont-ils sans cesse une attitude dramatique ? C’est parce qu’on les a exhibés sur des planches comme des bêtes curieuses et qu’ils ont appris à jouer un rôle et à simuler quoique étant réellement en somnambulisme. »
« M. Beaunis nous dit qu’il n’a jamais rencontré de mensonges de la part d’une somnambule. C’est qu’il a été bien heureux: il y a des somnambules qui mentent comme Lucie, ou qui sont l’honnêteté même comme Léonie, ainsi que, dans la vie normale, il y a des mauvais et des bons. »
« Les somnambules disent qu’ils dorment parce qu’on leur a dit qu’on les endormait et que, dans la pensée populaire, magnétiser veut dire endormir. Il est même mauvais de trop répéter cela au somnambule, car il finit par se croire obligé de dormir réellement et prend une expression abrutie qui n’est pas indispensable. »
« Souvent aussi les choses se passent autrement et, soit peu à peu par le progrès de la seconde existence, soit brusquement à la suite d’un changement trop fort, le sujet refuse de se reconnaître, se moque de son ancienne personnalité et prétend être une nouvelle personne. »
« Les somnambules parlent d’eux-mêmes à la troisième personne, dit Delenze, comme si leur individu dans l’état de veille et leur individu dans l’état de somnambulisme étaient 2 personnes différentes… Mlle. Adélaïde ne convenait jamais de l’identité d’Adélaïde avec Petite, nom qu’elle recevait et se donnait pendant sa manie (somnambulisme), etc. »
« Tous les écrivains du magnétisme animal ont d’ailleurs décrit ce fait, qui est aussi fréquent qu’il est curieux. »
« N’insistant pas sur cette singulière réponse qui n’est peut-être pas absurde, je lui demandais de quel nom il fallait l’appeler, elle voulut prendre le nom de ‘Nichette’. Ce petit nom ne doit pas faire sourire : aucun détail n’est insignifiant dans ces phénomènes délicats. C’était là le petit nom par lequel on désignait cette personne dans sa première enfance et elle le reprenait en somnambulisme. »
« M. le Dr. Gibert m’a raconté qu’une femme de 30 ans, endormie pour la première fois, parlait d’elle-même sous le nom de la petite Lilie. Pourquoi ce retour à l’enfance? Est-ce parce que les hystériques, ordinairement visuelles à l’état de veille, reprennent leur sens musculaire dans ces somnambulismes profonds et que ce sens a été probablement le plus utilisé dans l’enfance ? »
« Enfin, il peut arriver que tout changement d’état soit assez accentué pour produire l’illusion du dédoublement de la personnalité. Léonie, dès le premier somnambulisme que nous avons décrit, refuse son nom ordinaire et prend celui de Léontine auquel ses premiers magnétiseurs l’avaient habituée. »
« Ce nouveau personnage, Léonie 2, s’attribue toutes les sensations et toutes les actions, en un mot, tous les phénomènes psychologiques qui ont été conscients pendant le somnambulisme y et elle les réunit pour former l’histoire de sa vie déjà fort longue ; elle attribue au contraire à Léonie 1, c’est-à-dire à la personne normale pendant la veille, tous les phénomènes qui ont été conscients pendant la veille. » « Léonie, à l’état normal, a un mari et des enfants, Léonie 2, pendant le somnambulisme, attribue le mari à l’autre, mais s’attribue à elle les enfants. Ce choix était peut-être explicable, mais il ne semblait pas régulier. J’ai fini par apprendre que les magnétiseurs anciens, tout aussi audacieux que certains hypnotiseurs d’aujourd’hui, avaient provoqué le somnambulisme au moment des premiers accouchements, et que l’état second était revenu de lui-même au moment des derniers. Léonie 2 n’avait pas tort de s’attribuer les enfants, car c’était bien elle qui les avait eus »
« Cette séparation d’un même être en 3 personnes successives, qui se méprisent réciproquement quand elles peuvent se connaître, forme un spectacle des plus curieux et donne lieu à quantité d’incidents que je ne pourrais rapporter sans allonger indéfiniment mon livre. Léonie s’endort en chemin de fer et passe à l’état 2 ; au bout de quelque temps Léonie 2 veut redescendre pour aller chercher à la station précédente cette pauvre Léonie 1 ‘qui, dit-elle, y est restée et qu’il faut prévenir.’ Si je montre à Léonie 2 un portrait de Léonie 1 : ‘Pourquoi a-t-elle pris mon bonnet ?, s’écrie-t-elle, c’est quelqu’un qui s’est habillé comme moi.’ Quand elle vient au Havre, il faut que je dise bonjour successivement aux 3 personnages qui recommencent successivement la même émotion d’une manière bien amusante. Il est inutile d’insister sur ces anecdotes, on devine les situations singulières qui doivent résulter d’une semblable subdivision. »
« Sans doute certains sujets ne peuvent pas rester indéfiniment dans certains états somnambuliques. Léonie 1 ne pouvant absolument rien manger en état de Léonie 2, ne pourra pas y rester plus d’une journée, mais ce n’est pas parce que l’état est second qu’il ne peut pas durer, c’est parce qu’il ne contient pas certains éléments nécessaires à la vie. Il est dangereux, écrivent quelques auteurs, de laisser un sujet plus de 24h en somnambulisme, car il commence alors à se refroidir. Certainement, si vous laissez un sujet immobile, incapable de remuer et de manger, il doit se refroidir assez vite. Mais si, au contraire, on choisit un état somnambulique complet qui forme une seconde vie sans doute, mais une seconde vie régulière, analogue, comme nous l’avons dit, à la vie normale de telle ou telle autre personne, il n’y a pas de raison pour que le sujet n’y reste pas fort longtemps. »
« Le célèbre Abbé Faria prétend que certains de ses sujets sont restés endormis pendant des années et oubliaient à leur réveil tout ce qui s’était passé pendant cette longue période. Un magnétiseur nommé Chardel¹ endormit 2 jeunes filles pendant l’hiver et ne les réveilla que plusieurs mois après au milieu du printemps; elles furent bien surprises en se réveillant de voir des feuilles et des fleurs sur les arbres qu’elles se souvenaient d’avoir vus couverts de neige avant de s’endormir. »
¹ Frédéric Charles Chardel (1776-1849), sem obras relevantes.
« Ces récits ne doivent pas être mensongers, car la vérification en est assez facile à faire : j’ai maintenu moi-même Rose en somnambulisme pendant 4 jours et demi sans aucune difficulté, car elle se portait très bien pendant ce temps, mangeait et dormait beaucoup mieux que dans son état normal. »
« Pourrait-on laisser les sujets indéfiniment dans ce second état ? ce serait un moyen bien facile de guérir complètement l’hystérie. Malheureusement la chose me paraît fort difficile. Cet état a paru, au moins pour mes sujets, être une fatigue et les épuiser rapidement. Certaines, comme Léonie et Lucie, ont besoin de dormir fréquemment pendant quelques minutes pour se reposer, et les hystériques en général ne se maintiennent dans cet état d’intégrité sensorielle qu’au moyen d’excitations renouvelées de temps en temps, passes, courant électrique, etc. Il est probable que peu à peu les hystériques reprendraient leurs tares, leurs anesthésies habituelles et rentreraient dans leur état normal avec l’oubli de tout ce qui s’est passé pendant leur existence plus complète. »
« Est-ce une décadence ou un progrès pour un sujet de passer de l’une à l’autre ? Beaucoup d’auteurs se sont prononcés pour la seconde solution. » « Il y a un nombre infini de formes d’existences psychologiques, depuis celle qui ne contient qu’un seul fait isolé rudimentaire sans jugement et même sans personnalité jusqu’à la pensée de la monade supérieure dont parle Leibniz et qui représenterait en raccourci tout l’univers. » « Il est évident que Lucie 3, Rose 4 ou Léonie 3 sont supérieures et de beaucoup à Lucie 1, Rose 1, Léonie 1. Mais il s’agit là de femmes hystériques, et cette existence supérieure qu’on leur rend est simplement une existence normale, celle dont elles devraient jouir continuellement, si elles n’étaient pas malades. »
« Est-il possible d’aller au delà? Peut-on dépasser ces états somnambuliques chez ces sujets, ou donner à d’autres sujets sains, qui sont déjà naturellement en possession de cette forme d’existence, une autre forme d’existence supérieure ? C’est ce qu’ont pensé presque tous les anciens magnétiseurs quand ils étudiaient sur leurs sujets des sens nouveaux ou des facultés surnaturelles. C’est ce que pense M. Myers quand il parle de réadaptations nouvelles de notre personnalité en rapport avec de nouveaux besoins. C’est là une étude dans laquelle nous ne pouvons pas entrer; il nous suffît d’avoir montré à quel point elle touche notre sujet et comment elle est possible. »
3. LA SUGGESTION ET LE RÉTRÉCISSEMENT [RECOLHIMENTO] DU CHAMP DE LA CONSCIENCE
« On a donné le nom de suggestion à cette influence d’un homme sur un autre qui s’exerce sans l’intermédiaire du consentement volontaire. » « Après una revue historique rapide et forcément incomplète, qui a surtout pour but de montrer combien l’étude de la suggestion est ancienne, nous nous contenterons de rappeler par quelques exemples les faits les plus importants. »
3.1 RÉSUMÉ HISTORIQUE DE LA THÉORIE DES SUGGESTIONS
« Faire l’histoire de la suggestion à notre époque ce serait faire l’histoire complète de l’hypnotisme, que nous ne puvons avoir l’intention d’entreprendre. »
« Beaucoup de charlatans se sont couverts et essayent encore de se revêtir de ce nom de magnétiseurs, mais ce n’est pas une raison pour jeter un mépris général sur tous ceux qui ont été les véritables précurseurs de la psychologie expérimentale. »
« Rien ne serait plus facile, pour tous les faits sans exception qui ont été signalés dans les ouvrages d’hypnotisme moderne, que d’emprunter des exemples aux ouvrages publiés de 1850 à 1870. Mais, si les magnétiseurs connaissaient ces phénomènes, ils les expliquaient mal et faisaient intervenir inutilement un fluide mystérieux. » « Leurs théories de physiologie fantaisiste ne s’appliquaient guère qu’au premier fait, c’est-à-dire aux procédés à employer pour amener le sujet à l’état de suggestibilité, et quant à la suggestion elle-même, ils l’expliquaient par des lois uniquement psychiques. »
« Si on préfère des théories outrées dans lesquelles on rapporte à l’influence morale du magnétiseur (…) tous les phénomènes possibles, il est facile d’en trouver bien des exemples. Bertrand explique ainsi les croyances singulières des somnambules ; la prétendue vue du fluide, la prévision des maladies et même l’action des métaux. ‘Ce sont toujours les idées des magnétiseurs qui ont de l’influence sur les sensations des somnambules… les métaux, lorsque les magnétiseurs le veulent, ne doivent avoir aucun empire sur les personnes magnétisées, c’est l’idée qui les rend nuisibles.’ »
« les explications les plus nettement psychologiques des stigmates des convulsionnaires se trouvent complètement exposées dans les ouvrages de Charpignon. »
3.2 DESCRIPTION DE QUELQUES PHÉNOMÈNES PSYCHOLOGIQUES PRODUITS PAR SUGGESTION
1er Phénomènes d’apparence cataleptique. « L’individu cataleptique ne parle pas, ne comprend pas ce qu’il fait, semble n’avoir aucune idée ni de sa personnalité ni des actes qu’il exécute ; il a, comme disait Maine de Biran, la sensation et non l’idée de sa sensation. Les sujets dont nous parlons maintenant sont tout différents : ils parlent et comprennent la parole, ils ont une personnalité, ils se rendent compte de ce qu’ils font. »
2e Actes et hallucinations déterminés par la parole. « Le véritable intérêt de la suggestion se trouve dans les commandements que l’on peut donner par la parole. En effet, les paroles que l’on adresse à ces sujets, au lieu d’être répétées sans intelligence comme par les cataleptiques, sont comprises, et par leur sens déterminent toujours, sans le consentement de la personne, des actes et des hallucinations. (…) Aussitôt le sens des paroles compris, l’acte est exécuté. [malgré le pacient] »
« On lui fait entendre ainsi le son des cloches, des chants, des fanfares, on lui fait voir des fleurs, des oiseaux, sentir des odeurs, apprécier des goûts, soulever des fardeaux imaginaires, etc. »
« Léonie est capable de relire par hallucination des pages entières d’un livre qu’elle a lu autrefois, et elle distingue l’image avec tant de netteté qu’elle remarque encore des signes particuliers, comme les numéros des pages et les numéros des feuilles au bas de certaines pages »
« Au début de mes recherches sur le somnambulisme, n’étant qu’à demi convaincu de la puissance de ces commandements, je commis l’étourderie grave de faire voir à une somnambule un tigre entrant dans la chambre. Ses mouvements convulsifs de terreur et les cris épouvantables qu’elle poussa m’ont appris qu’il fallait être plus prudent, et depuis je ne montre plus à l’imagination de ces personnes que des belles fleurs et des petits oiseaux. » « Marie caresse doucement les petits oiseaux ; Lucie les saisisse vivement à 2 mains pour les embrasser ; Léonie, qui se souvient de la campagne, leur jette du grain à la volée (…) aucune femme ne peut voir une fleur par hallucination sans la porter à son nez, puis la mettre à son corsage. » Hahaha!
« D’après les observations de M. Féré, ‘l’état de la pupille varie avec la distance présumée de l’hallucination.’ »
« En un mot, il y a aussi bien mouvement à propos de la suggestion d’hallucination, que hallucination à propos de la suggestion de mouvement ; les 2 choses ne peuvent pas être séparées. »
3e Actes ou hallucinations avec point de repère [vue]. « Si je dis à Marie qu’elle verra un papillon traverser la chambre quand l’heure sonnera, ou qu’elle verra un oiseau sur l’appui de la fenêtre, le phénomène est identique » « À n’importe quel moment du somnambulisme, si Marie regarde du côté de la fenêtre, elle reverra son oiseau, et cette liaison peut persister indéfiniment (…) Si maintenant Marie ne voit plus l’appui de la fenêtre, elle ne verra plus l’oiseau (…) Enfin, si le point de repère varie d’une manière quelconque, grandit, diminue, se dédouble, etc., l’hallucination aura exactement le même sort. C’est là le phénomène qui a été si bien étudié par MM. Binet et Féré dans leurs expériences originales de la lorgnette, du miroir, du prisme. (…) En un mot, l’acte ou l’hallucination suggérés peuvent être rattachés à une certaine sensation qui sert de signal ou de point de repère et en dépendent alors absolument. »
« le champ de la représentation, plus étendu que le champ de la sensation, est formé par une synthèse des champs visuels. »
Binet¹
¹ Alfred Binet já possui muitas obras recomendadas no Seclusão.
« Si on précise l’endroit où l’objet doit se trouver en disant qu’il est à gauche, ou bien si on ferme l’oeil droit du sujet en laissant l’oeil gauche ouvert, on ne peut plus produire chez Marie aucune hallucination visuelle. M. Paul Richer a signalé ce fait l’un des premiers. » « Si, après avoir donné une hallucination à Marie au moment où elle a les 2 yeux ouverts, je lui ferme l’oeil droit, elle ne voit plus clair et ne distingue plus les points de repère auxquels son hallucination était rattachée ; elle a alors complètement perdu de vue l’oiseau ou la fleur que je lui montrais. Si, au contraire, on lui donne une hallucination quand elle a les yeux fermés, cette image ne se rattache à aucun point de repère et peut persister malgré la fermeture des yeux. »
« Il est possible de faire éprouver à un même sujet 2 hallucinations différentes simultanément, une à droite et l’autre à gauche ; ainsi, on lui fera sentir le goût du rhum sur le côté droit de la langue et le goût d’un sirop sur le côté gauche, on lui fera voir par un oeil une scène horrible et par l’autre un riant tableau champêtre. »
Bérillon, La dualité cérébrale, 1884
« Ces auteurs [além de Bérillon, Dumontpallier e Magnan] tirent de ce fait des conclusions qui me paraissent bien graves sur l’indépendance fonctionnelle des 2 hémisphères cérébraux. Sans préjuger de la théorie en elle-même, je crois qu’il faut renoncer à employer ce fait particulier comme moyen de démonstration. [Car] Les hallucinations simultanées et de nature différente sont faciles à reproduire pour les sens qui sont répandus sur une assez large surface et qui peuvent fournir au sujet plusieurs points de repère simultanés. [dos pés à cabeça! não só em longitude, mas em latitude, transversalidade, etc., por que não?] »
“Sur mon ordre, Marie a simultanément la sensation de chaleur au pouce de la main droite et de froid au petit doigt de la même main » Bem como vê duas ilusões antitéticas pelo mesmo olho.
« Les sujet ne trompe pas, comme on pourrait le croire, car il ne consent pas plus à cette suggestion qu’aux autres, c’est l’opérateur qui se trompe lui-même en ne tenant pas assez compte des lois psychologiques quand il s’occupe de phénomênes qui sont psychologiques. »
4e Actes et hallucinations complexes ou à développement automatique. « Au lieu de commander l’un après l’autre chaque mouvement ou chaque hallucination, il suffit, avec certains sujets, de leur indiquer une idée initiale qui, avec une apparente spontanéité, se développe dans leur esprit de toutes manières et se manifeste par une longue suite d’actes et d’hallucinations diverses. ‘Tu vas écrire une lettre,… tu vas chanter un air,’ dis-je à Lucie ou à Rose, et elles vont faire leurs préparatifs pour écrire, composent une lettre ou bien chantent indéfiniment toutes sortes de morceaux. »
« Une pièce d’or réelle produit chez ce sujet une contracture générale si elle est appliquée au front ; une pièce d’or imaginaire que l’on met dans sa main et qu’il s’applique lui-même au front produit le même résultat. L’ongle du pouce est hyperesthésié ; si on le frappe, le sujet a des petites convulsions et des contractures ; l’hallucination d’un oiseau sur sa main la fait pensar à un coup de bec imaginaire donné par l’oiseau sur son ongle et elle a une petite crise convulsive. (…) C’est là ce qui rend ces rêves mimés si amusants quand on a affaire à un sujet vif e assez intelligent. L’hallucination ‘d’un voyage’, comme elle disait, devenait chez Lucie une véritable comédie avec milles de péripéties inattendues. Non seulement elle éprouvait le mal de mer sur les bateaux, comme le sujet dont parle Richet, mais elle se figurait tomber dans l’eau, nageait sur le parquet et se relevait dans une île déserte en grelottant. Naturelement je lui ai fait faire les plus belles expéditions sur la lune, au crente de la terre, etc. : il me suffisait de lui donner un thème sur lequel son imagination brodait les complications les plus extravagantes. Je ne puis insister sur ces spectacles comiques ; ils sont toujours surprenants à voir, mais ils sont maintenant trop connus pour qu’on les décrive. »
« Léonie étant en somnambulisme, je la pique avec une épingle du côté droit (côté sensible), elle pousse un cri et la voilà qui se fâche contre sa main gauche »
« L’expérimentateur est sans cesse exposé à prendre une association d’idées de son sujet pour une loi générale de la psychologie. »
5e Hallucinations générales ou modification de toute la personnalité par suggestion. « Si on affirme au sujet qu’il recommence une période passée de sa vie, qu’il n’a plus que tel âge, ou simplement si on lui donne une attitude, une contracture, un état de sensibilité particulier qu’il avait à tel ou tel âge, on le voit prendre en même temps tous les caractères physiques et moraux qu’il avait à cette époque et revivre pour ainsi dire complètement une période écoulée de son existence. Le sujet sent, pense et parle comme il faisait à ce moment ; il croit voir et entendre ce qui existait alors, il n’a plus d’autres souvenirs que ceux qu’il pouvait avoir à cette époque. »
O ESTADO DE SUGESTÃO SERIA DIFERENTE DA PERSONALIDADE SECRETA AUTÔNOMA DO SONAMBULISMO: « Pendant un de ces changements de personnalité obtenus par suggestion lors du premier somnambulisme, le sujet ne garde aucun souvenir des autres changements. (…) étant princesse, il ne sait pas ce qu’est Léonie et ne veut même pas croire que ce soit une pauvre paysanne habitant sur ses terres ; il ne souvient pas non plus de l’état de somnambulisme ordinaire et du personnage de Léonie 2 » « elle ne sait plus mon nom ; si elle me parle, elle m’incorpore à son rêve et me donne un nom de fantaisie, Marquis de Lauzun » « quand elle est général, elle me prend pour un colonel et m’offre… une absinthe. » « Elle garde en outre, dans un de ces changements, le souvenir du changement exactement pareil qui a eu lieu autrefois. » « Quand l’hallucination est terminée, quand elle cesse d’être princesse, Léonie revient à son somnambulisme ordinaire sans passer par aucun intermédiaire, ni léthargie, ni catalepsie. (…) Léonie 2 de retour garde le souvenir du changement de personnalité [l’être princesse, comme s’il venait d’un rêve curieux] (…) Si quelquefois ce souvenir manque complètement dans le somnambulisme de Léonie 2, nous sommes certains de le retrouver dans le second somnambulisme, Léonie 3, qui se souvient de tout le reste de sa vie (…) Est-elle assez bête, cette pauvre Léonie ? dit-elle ; elle a cru être une princesse, c’est vous qui lui faites croire cela. »
« l’état de la mémoire a tant d’importance dans ces phénomènes que je crois pouvoir me servir de cette différence pour séparer ces 2 changements dans la notion de la personnalité sans en méconnaître les analogies. »
« il faudrait un volume de citations pour rappeler les guérisons miraculeuses des saints et des apôtres et les guérisons par des pilules de mie de pain baptisées de beaux noms. »
3.3 DIVERSES THÉORIES PSYCHOLOGIQUES SUR LA SUGGESTION
« quelques médecins et même quelques philosophes d’aujourd’hui n’hésitent pas à expliquer dans tous ses détails la physiologie des centres nerveux pendant l’hypnose. J’admire ce courage, mais je ne me sens pas capable de l’imiter et je m’en tiendrai aux études uniquement psychologiques qui ont été faites sur ce curieux phénomène. » Haha!
1e La suggestien considérée comme un fait psychologique normal. « Les auteurs qui recherchent attentivement ces faits dans la vie normale citent toujours la marche au pas, la rougeur des timides, le fou rire des jeunes filles¹ et le bâillement contagieux : mais il y a un abîme entre ces faits, tout réels qu’ils soient, et les hallucinations complexes ou les changements de personnalité par suggestion. »
¹ Interessante: risada involuntária, ataque ou crise de riso, risada histérica assim mesmo dicionarizada… E restrita ao sexo feminino tendo em vista se tratar ainda do século XIX, quando a moral exigia dos rapazes não se equiparar a costumes tidos pelos homens da sociedade como irritantes ou indignos, i.e., “coisa de mulher”.
“Cette doctrine, qui assimile trop le phénomène de la suggestion à l’automatisme normal, présente un autre inconvénient assez grave. Elle nous dispose à considérer la suggestion comme un fait primitif existant naturellement, indépendent de tout autre phénomène et capable au contraire d’expliquer tous les autres. Anesthésie, amnésie, changement de personnalité, somnambulisme, etc., tout devient un résultat de la suggestion. Quant à la suggestion elle-même qui explique tout, on n’en cherche pas l’origine, car elle est un fait naturel donné. »
« La suggestion ne peut ni se créer ni se détruire elle-même : pas plus qu’il n’est logique de croire que l’on peut suggérer à un individu d’être suggestible quand il ne l’est pas, on ne peut dire que l’on va suggérer à un malade de ne plus être suggestible quand il l’est. (…) La suggestion est, comme l’éducation, elle se sert de dispositions antérieures, elle ne les crée pas ; de même qu’il y a des animaux et même des hommes rebelles à l’éducation et qui ne peuvent être transformés par elle, il y a des hommes, et c’est heureusement la majorité, qui sont rebelles à la suggestion et qui ne la subissent qu’après une modification accidentelle et étrangère de leur organisme psychologique. »
« il y a lieu de chercher quel est l’état, le caractère anormal dont dépendent les phénomènes que nous avons énumérés. »
2e La suggestion expliquée par l’état somnambulique.
« L’automatisme ou l’aboulie caractérisent le somnambulisme au point de vue psychique comme au point de vue somatique. »
Richet
« Dans le somnambulisme, l’automatisme est absolue et le sujet ne conserve de spontanéité et de volonté que ce que veut bien lui en laisser son hypnotiseur. »
Beaunis
« Sans doute, il y a dans cette hypothèse qui rattache la suggestion à l’état de somnambulisme un certain degré de vérité qu’il ne faut pas nier… Mais, au point de vue théorique, cette assimilation entre les deux phénomènes me parait présenter des inconvenients et amener à une interprétation inexacte du somnambulisme. »
« la suggestibilité peut être très complète en dehors du somnambulisme artificiel ; elle peut être totalement absente dans un état somnambulique complet ; en un mot, elle ne varie pas en même temps et dans le même sens que cet état lui-même. » « Le somnambulisme naturel présente déjà quelques différences qui le séparent du somnambulisme hypnotique » « et je ne puis vraiment pas comprendre cette habitude de plusieurs auteurs d’assimiler l’état d’un sujet hypnotisé avec le sommeil véritable. »
« Il en est de même dans l’ivresse du haschich : je ne rapporterai pas mes propres observations, car je n’ai pu observer cette ivresse qu’une seule fois et dans de mauvaises conditions ; d’ailleurs, les descriptions de Moreau de Tours sont trop belles et trop précises pour que je ne les cite pas : ‘Livré à lui-même, le haschiché subira les influences de tout ce qui frappera ses yeux, ses oreilles : un mot, un geste, un son, le moindre bruit donnera à ses illusions un cachet déterminé ; quelques paroles font passer de la joie à la tristesse et toutes les idées précédemment si joyeuses deviennent lugubres’ » « mais cela ne se produit ainsi que lorsque le délire est très fort ; autrement les idées ne font que traverser l’esprit et ne s’y fixent pas. »
« On sait que certaines personnes sont suggestibles à l’état de veille sans avoir subi aucune modification de leur conscience »
« On s’y trompe bien souvent, et on croit avoir mis un individu en état de somnambulisme, alors qu’on ne l’a pas modifié le moins du monde. On constate simplement une docilité, une passivité que l’on attribue au prétendu somnambulisme, parce que l’on n’a pas recherché si elles n’existaient pas exactement semblables avant le sommeil. »
« La plupart des auteurs (cfr. Richer) insistent sur l’inertie des sujets, incapables de faire un mouvement spontané et qui par eux-mêmes ne pensent à rien. C’est qu’ils n’ont pas dépassé dans leurs étude cete première période du somnambulisme, cet état presque cataleptique dans lequel certains sujets demeurent assez longtemps. »
« Ce n’est donc ni dans la définition du somnambulisme ni dans les causes qui le provoquent, qu’il faut chercher l’explication de la suggestion et de son singulier pouvoir. »
3e L’hyperexcitabilité psychique. « J’aurais d’abord quelques réserves à faire que l’on trouvera peut-être bien abstraites et pour ainsi dire métaphysiques sur cette expression : ‘l’intensité des phénomènes psychologiques.’ Dans une discussion très remarquable à propos de la psycho-physique, un mathématicien anonyme, qui est en même temps un philosophe, faisait remarquer que les sensations ne peuvent ni s’égaliser ni s’additionner ; qu’en un mot 2 sensations, fussent-elles toutes 2 des minima, n’étaient pas comparables comme des unités mathémathiques. »
REMETE-TE A KANT : « Sans doute, les causes extérieures de nos sensations, le son, la température, etc., et même les effets de nos sensations dans le monde extérieur, mouvements, contractions musculaires, etc., sont mesurables et peuvent avoir des intensités différentes ; mais les sensations elles-mêmes, considérées par leur côté interne et vraiment seul réel, ont-elles des quantités correspondantes? Cela ne me parait pas évident. La température passe de 0º à 15º et de 15° à 30°, et ma sensation passe du froid au tiède et du tiède au chaud. Peut-on dire que ma sensation de chaud soit un multiple de ma sensation de froid ? »
« Avant de soutenir qu’une image est plus intense ou moins intense qu’une autre, il serait bon de nous prouver que les 2 images sont restées identiques en nature et qu’on ne prend pas une différence de qualité pour une différence de quantité. » Nem Pavlov poderá lhe ajudar!
SALTO QUÂNTICO (NÃO-QUANTITATIVO!): « il peut penser à un chien sans le voir, entendre parler d’une action sans l’exécuter; mais si on insiste, si on commande plus longtemps, l’idée devient hallucination et action. C’est qu’au début elle devait être faible et qu’elle est maintenant plus forte. Je pense au contraire que cette différence dans les résultats est due à ce que l’idée est maintenant toute différente. Les théories psychologiques qui assimilent à juste titre l’image et la sensation ne sont vraies que pour les phénomènes simples »
« L’idée d’un chien peut n’être qu’un rapport abstrait entre diverses images ou divers caractères; elle peut être un simple mot de nature différente suivant les personnes, ou n’être qu’une image très vague de couleur uniforme, en un mot quelque chose de très simple. La sensation réelle ou l’hallucination d’un chien est un ensemble d’images visuelles, tactiles, auditives même, très variées. Pour passer de l’une à l’autre, il faut, non pas renforcer, mais compléter l’image. »
« En un mot, considérez en fait les gens suggestibles et vous les trouverez faibles, hypo-excités, si l’on peut ainsi dire, et non hyperexcités. » « la suggestibilité serait plutôt une preuve de la faiblesse que de la force des phénomènes psychologiques. »
3.4 L’AMNÉSIE ET LA DISTRACTION
« C’est la théorie exprimée déjà à plusieurs reprises par M. Richet qui nous paraît avoir le plus de vraisemblance et à laquelle nos propres expériences nous poussent à nous rallier. » « elles ont d’abord perdu la notion de leur ancienne existence, puis elles vivent, parlent, pensent absolument comme le type qu’on leur a présenté. »
« pour entraver un sentiment, un autre plus fort doit prendre naissance. »
« une amnésie considérable accompagne toujours les actes accomplis par suggestion. »
ADMINISTRAÇÃO DA ENERGIA: « Il faut reconnaître, ici encore, l’existence d’une seconde espèce d’anesthésie moins connue, mais dont l’importance psychologique est très grande. Un individu qui a une sensibilité normale est capable non seulement d’exercer tous ses sens successivement, mais, en outre, dans une certaine mesure, d’apprécier diverses sensations simultanément. Placé dans une réunion de plusieurs personnes, il peut suivre une conversation particulière, et entendre cependant une question qu’on lui adresse derrière lui, voir une personne nouvelle qui entre et se retourner à propos. Ce sont là des choses fort simples dont les personnes au tempérament suggestible sont complètement incapables. Si elles regardent une personne et lui parlent, elles n’entendent plus et même ne voient plus les autres. »
« Que Léonie tricote ou qu’elle écrive, c’est toujours avec la même tension d’esprit apparente ; on peut ouvrir la porte, lui toucher les bras ou la figure, lui parler sans qu’elle s’en aperçoive. Chose plus singulière, elle a sous les seins et sur l’ongle du pouce des points hyperesthésiés et hystérogènes dont le simple frôlement provoque des cris de douleur et même des convulsions. Quand elle est ainsi occupée par un travail ou par une simple conversation, je puis frapper sur sa poitrine ou sur son pouce sans qu’elle dise mot. »
« C’est un état exagéré de distraction, qui n’est pas momentané et ne résulte pas d’une attention volontaire dirigée uniquement dans un sens ; c’est un état de distraction naturelle et perpétuelle qui empêche ces personnes d’apprécier aucune autre sensation en dehors de celle qui occupe actuellement leur esprit. » « Elle se figure que les gens sont sortis dès qu’elle cesse de leur parler, et, quand on la force à faire de nouveau attention à eux, elle dit: ‘Tiens, vous êtes donc rentré ?’ » « Elle commence par me dire qu’elle ne veut causer qu’avec moi et qu’elle ne me quittera pas. Je la fais causer avec une autre personne et je cesse de lui parler, alors elle m’oublie complètement et, quand cette personne sort, elle veut la suivre comme s’il n’y avait plus qu’elle au monde. Il n’est pas plus difficile de comprendre maintenant pourquoi Léonie, quand je lui parle d’une princesse, a oublié sa situation de paysanne »
« De même que l’anesthésie tactile générale enlève tous les souvenirs liés au sens tactile, de même cette anesthésie, variable et momentanée pour certains objets que cause la distraction, enlève momentanément tous les souvenirs qui sont liés à la sensation de ces objets. »
« On sait les sottises que nous pouvons commettre dans un instant de distraction ; eh bien, si l’on tient compte des conditions de sa production, un acte suggéré qu’exécute le sujet est l’idéal de la distraction. »
3.5 LE RÉTRÉCISSEMENT DU CHAMP DE LA CONSCIENCE
« Les phénomènes qui font l’objet de la physiologie, écrivait Herbert Spencer, se présentent sous la forme d’un nombre immense de séries réunies ensemble. Ceux qui font l’objet de la psychologie ne se présentent que sous la forme d’une simple série. »
SENHOR K: « Sans doute, nous avons bien l’idée de la coexistence et même la notion des objets disséminés dans l’espace; mais cette notion, loin d’être primitive, serait dérivée de la notion de succession et de l’idée du temps. » Dê um chute no bordão (sociologuês)!
« depuis Stuart Mill, l’école anglaise s’est attachée à démontrer que ‘le temps est père de l’espace’. Si l’on adopte entièrement cette opinion, comme semble le faire Taine qui regarde la conscience comme un centre inétendu, une sorte de point mathématique, on trouvera peut-être singulier de parler encore du nombre des phénomènes psychologiques dans la conscience à un moment donné »
RELATIVITÉ AVANT LA LETTRE : « ainsi que l’ont montré les beaux travaux de Wundt et de ses élèves sur la durée des phénomènes psychiques, ces phénomènes ne se succèdent pas toujours avec la même rapidité, et 2 individus pourraient encore, dans un temps donné, présenter une quantité très différente d’images mentales. »
« Il ne nous parait guère possible, malgré les démonstrations curieuses données par les psychologues anglais, de faire sortir la notion d’espace de la notion de temps et le rapport de coexistence du rapport de succession. L’idée d’espace, qui est une idée originale, dérive en réalité de la sensation d’étendue que nous procure la coexistence réelle d’un grand nombre de sensations simultanées du sens de la vue ou du sens tactile (Voir Rabier, Leçons de philosophie, I). [de novo citação de um Rabier que sequer podemos encontrar na internet…] D’autre part, l’observation de nous-même ne nous montre pas la conscience ainsi réduite à l’unité. Pendant que j’écris cette page et que je pense aux différentes opinions des philosophes sur l’étendue de la conscience, je vois mon papier, ma lumière, ma chambre et j’entends en même temps le bruit sourd d’un concert dans la maison voisine, ce qui ne laisse pas de me causer une impression désagréable. » « D’ailleurs est-il possible qu’il en soit autrement ? Un seul acte, celui d’écrire, ne demande-t-il pas plusieurs phénomènes conscients, la vue du papier, de la plume, des traits noirs, l’image sonore ou musculaire des mots, l’expression parlée des idées, etc. Si je n’avais en tête qu’une seule image, je l’exprimerais sans doute parfaitement, car elle serait traduite par tout mon corps, mais je ne bougerais plus, je ne penserais plus, je deviendrais une statue, comme les cataleptiques que nous avons étudiées. »
« Mais la vie ordinaire de la pensée ne tombe pas si bas et ne s’élève pas si haut : elle se maintient à une hauteur moyenne à laquelle les images présentées à l’esprit sont nombreuses et où leur systématisation est loin d’être complète. »
« ce petit groupe de phénomènes mieux connus que les autres, c’est la part de l’attention, de l’aperception, comme dirait Wundt après Leibniz, qui ne s’étend pas aussi loin que la conscience elle-même. » « Spencer nous fournit même un terme excellent, très précis et très utile que nous conserverons : l’aire ou le champ de la conscience. »
PONTO DE VISTA, PONTO DE MENTE: « Ne pourrait-on pas appeler de même champ de la conscience ou étendue maximum de la conscience, le nombre le plus grand de phénomènes simples ou relativement simples qui peuvent se présenter à la fois dans une même conscience, en réservant, comme le propose Wundt, le terme de ‘point de regard interne’ pour cette partie des phénomènes de la conscience vers laquelle est dirigée l’attention ? Il serait, je crois, de la plus haute importance pour la psychologie expérimentale de pouvoir déterminer, ne fût-ce que d’une manière approximative, le champ de la conscience, comme on mesure le champ visuel avec un campimètre ou un périmètre. Wundt est le seul, croyons-nous, qui ait essayé une détermination expérimentale de ce genre (Éléments de psychologie physiologique). Malheureusement, il se sert de procédés et de raisonnements qui ne nous paraissent ni bien clairs, ni bien certains, et il passe très vite sur cette question difficile. Sa conclusion est que ‘nous serons autorisés à considérer 12 représentations simples comme étant l’étendue maximum de la conscience’. »
O QUE É O NÚMERO, SENÃO UMA OUTRA ABSTRAÇÃO PARA TENTAR QUANTIFICAR ABSTRAÇÕES? “Le champ visuel binoculaire, qui n’est cependant qu’une petite partie du champ total de la conscience, renferme évidemment bien plus de 12 phénomènes visuels simultanés; la conscience, qui contient en outre les autres sensations et leurs images, doit en contenir bien davantage. Mais il y a ici une foule de questions à soulever sur le sens même des mots, sur l’idée que l’on se fait d’une représentation simple, qui font de ce problème l’un des plus délicats de la psychologie expérimentale”
« Une hystérique pense peu de choses, mais le peu qu’elle pense, elle ne le connaît pas mieux pour cela, car les sens qui lui restent sont diminués de toute façon et elle n’a que des notions fort confuses des objets même qu’elle regarde. L’anesthésie chez elle, même quand elle est momentanée et due à la distraction, est une perte sans compensation. »
« Les individus dont le champ de la conscience est restreint d’une manière anormale me paraissent former 2 groupes : ce sont des malades ou des enfants. » « l’hypnotisme, pour amener l’état somnambulique, doit déranger l’orientation actuelle de la pensée pour lui en substituer une autre. Or, les enfants, heureusement, n’ont pas d’ordinaire l’instabilité mentale et les anesthésie qui permettent ce bouleversement. Un somnambulisme véritable se produisant facilement chez un enfant me paraîtrait la marque d’une tare héréditaire et d’une névrose commençante. »
« Rien n’est plus curieux en effet que de voir des femmes de 30 ans, sérieuses et froides à l’état de veille, prendre, une fois en somnambulisme, des airs de bébés, gesticuler, jouer sans cesse, rire à tout propos, parler en zézayant, réclamer des petits noms comme Nichette ou Lili, et en réalité prendre toutes les allures de très jeunes enfants. »
3.6 INTERPRÉTATION DES PHÉNOMÈNES DE SUGGESTION. – LE RÈGNE DES PERCEPTIONS.
« Un médecin du XVIIIe siècle, précurseur à certains points de vue de Maine de Biran, Rey Régis,¹ disait déjà que le mouvement des membres peut être déterminé par 3 choses : par la volonté, par la pensée, par la passion. ‘Cette doctrine d’une détermination immédiate de la faculté motrice par la pensée sans l’intermédiaire de la volonté est une de celles par lesquelles Rey Régis se distingue de Maine de Biran et va rejoindre la psychologie anglaise de nos jours,’ ‘Penser, disait en effet Bain, c’est se retenir de parler et d’agir.’ Cela est juste pour nous qui pouvons nous retenir, mais, pour les individus que nous décrivons, penser c’est parler et agir. »
¹ Totalmente ignorado hoje.
« Quand le champ de la conscience est aussi restreint que possible et ne renferme plus qu’un seul phénomène à la fois, ce fait se présente sous forme de sensation ou d’image, et, en étudiant les actions des individus cataleptiques, nous ne pouvions voir que l’automatisme des images. Mais dès que le champ de la conscience est un peu plus étendu, chaque sensation ne reste plus isolée, elle est accompagnée de nombreuses images accessoires et interprétatives qui permettent la formation de l’idée du moi, de l’idée du monde extérieur et du langage (…) nous pouvons nous rendre compte de l’automatisme des perceptions. »
« Une perception, comme une émotion, mais avec un degré de complexité bien plus grand, est une synthèse, une réunion d’un très grand nombre d’images. (…) Nous savons déjà, par nos études sur les émotions et sur les mémoires, que de pareils systèmes sont durables et tendent à se conserver le plus longtemps possible. »
« il suffit de montrer : 1° comment cet automatisme des perceptions ressemble au mécanisme des sensations et des émotions, et 2° par quels traits, grâce à sa complexité plus grande, il en diffère. »
« Le développement automatique des perceptions amène un phénomène nouveau, celui de l’hallucination, qui semble demander une explication particulière. » « Si j’osais faire une semblable comparaison, je dirais que les cataleptiques ressemblent à ces canards sans cerveau que M. Richet a eu l’obligeance de me montrer dans son laboratoire. Au premier abord, les canards sans cerveau ne se distinguaient pas des autres, ils fuyaient en criant et en écartant les ailes comme leurs camarades; mais quand toute la bande était arrivée contre un mur, leur infériorité éclatait ; tandis que les canards au cerveau intact se dispersaient à droite et à gauche, les canards sans cerveau se heurtaient du bec contre la muraille et ne bougeaient plus. » « Malheureusement la plupart, à mon avis du moins, se contentent de quelques termes scientifiques récoltés au hasard et croient avoir tout dit quand ils ont parlé d’une crise de nerfs à 4 phases et d’une héroïne hémi-anesthésique. »
« M. Richet demandait à une somnambule l’heure où une chose était arrivée : ‘Attendez, disait-elle… je ne vois pas’ ; puis elle dit: ‘Je sais maintenant.’ Elle voyait devant elle un cadran dont les aiguilles marquaient l’heure. Une pensée qui se présente avec cette vivacité ne peut guère être hésitante et variable comme la nôtre. ‘Je l’ai vu, de mes propres yeux vu,’ disons-nous quand nous sommes certains »
« Tout fantôme interne renferme une conception affirmative » Taine
« Sainte Thérèse a décrit d’une manière bien précise cet état d’esprit qu’elle devait connaître : ‘Je connais, dit elle, des personnes dont l’esprit est si faible qu’elles s’imaginent voir tout ce qu’elles pensent. Cet état est bien dangereux.’ » (Grande ironia.)
« quand je veux modifier une conviction de Léonie, j’obtiens toujours cette réponse qui, au fond, est pleine de bon sens : ‘Je vois que cela est ainsi, pourquoi voulez-vous que je ne croie pas que cela est? vous croyez bien, vous, ce que vous voyez . . . Vous ne voyez pas la même chose que moi . . . que voulez-vous que j’y fasse ? c’est que vous ne savez pas voir, tant pis pour vous.’ N’est-ce pas ainsi que parlent les croyants dans les religions : ‘Vous ne comprenez pas cela . . . c’est que vous n’avez pas la foi, c’est un sens qui vous manque ; mais moi je sens, je vois… donc je crois.’ Et cette conviction pourra devenir l’origine de tous les dévouements et de tous les fanatismes. » « Le plus invraisemblable exemple que j’aie vu de cette crédulité est le suivant: une hystérique entend dire dans sa jeunesse, par un maladroit, que les femmes atteintes de sa maladie mouraient à la ménopause. Vingt ans plus tard, au moment des premières manifestations de l’âge critique, elle se prépare à mourir, étouffe et serait peut-être morte, si nous n’avions fini par découvrir son secret et par lui modifier, non sans peine, sa conviction. »
CRIANCINHAS PREGADORAS: « ‘On ne me guérira pas; ce n’est pas une maladie que j’ai, je suis ensorcelée par ce vieux sorcier que j’ai fâché contre moi ; il n’y a rien à faire.’ Je lui fis avouer cette singulière histoire; je parvins avec bien des difficultés à lui enlever cette conviction vraiment délirante, et je n’eus plus de peine à supprimer la paraplégie. Mais laissons de côté ces cas extrêmes où la crédulité a des conséquences dramatiques ; constatons d’une manière générale que les hystériques éveillées ou endormies, peu importe, sont comme les petits enfants, qu’elles n’ont point besoin de pratiques hypnotiques pour être convaincues et qu’elles croient tout ce qui frappe leur esprit. »
« aussitôt une idée conçue, il faut l’exécuter, et le mouvement est accompli comme par une décharge convulsive. » « Des exemples nombreux sont inutiles ; il faudrait citer toute la vie et toutes les actions, car on retrouve toujours ce même caractère de précipitation irraisonnée. » « L’insouciance des femmes hystériques est invraisemblable et elle se retrouve dans la conduite de tous les êtres faibles ou dégradés. »
« Un malheureux imagina de se jeter sous les roues d’une locomotive ; l’instantanéité de ce nouveau genre de suicide a aussitôt donné l’éveil à ceux qui aspirent à déserter la vie, et les imitateurs sont venus maculer de leur sang les roues de la lourde machine. » Legrand du Saulle
« et, pendant toute une période, les assassinats seront du même genre et les cadavres seront mutilés de la même manière. »
« Les maladies nerveuses acquises par imitation, le somnambulisme naturel produit par la lecture de l’histoire du somnambule Caselli, les épidémies démonopathiques, le mal des Andous en Belgique,¹ les possessions du monastère de Kérndrep, de Loudun, de Morzine, sont des faits trop connus pour que j’y insiste. »
¹ Descrito por Esquirol.
« Trois hystériques étaient dans la même salle de l’hôpital et, comme cela arrive souvent, ne s’aimaient guère et affectaient des manières toutes différentes, pendant leur état normal ; mais, quand elles étaient en crise, elles se copiaient si bien qu’elles avaient le même délire et prononçaient exactement les mêmes paroles. »
« L’ivresse du haschich ressemble d’ailleurs, dit M. Richet, à l’état hystérique et on y trouve la même exaggération du sentiment et la même impuissance de la volonté. Toutes les idées se traduisent sans que nous puissions les empêcher. »
« Il ne faut pas chercher à consoler une hystérique, comme l’on ferait pour une personne ordinaire, en lui parlant de l’objet de son chagrin et en lui montrant qu’il est futile. Non, si on parle de l’objet qui a causé leur colère ou leur désespoir, de quelque manière qu’on en parle, on augmente leurs cris et leurs larmes. Il faut tout simplement, sans aucun art des transitions, parler brusquement de tout autre chose : elles restent un moment interloquées, hésitantes; puis, en quelques secondes, se donnent tout entières au nouveau sujet et rient avec gaieté quand elles ont encore les larmes dans les yeux. » « Dès que sa figure s’attristait et qu’elle commençait à crier : ‘Oh! ma pauvre petite’, de suite, je lui parlais brusquement d’autre chose, elle se mettait à rire et c’était fini. »
« elle ne crie pas parce qu’elle souffre réellement, ici je crois qu’elle ne sentait rien, mais parce qu’elle doit souffrir. Une idée plus ou moins vague de la souffrance, peut-être avec une image hallucinatoire très faible d’une douleur ancienne, voilà tout ce qu’il y avait au-dessous de ces grands cris et de ce désespoir. »
« Un psychologue américain dont le nom est bien connu, M. William James, a soutenu une théorie très séduisante sur l’origine des émotions (What is an emotion). D’après lui, c’est un tort de dire avec le sens commun : Nous perdons notre fortune > nous sommes chagrins > nous pleurons. ‘Cet ordre n’est pas correct, le second état mental n’est pas immédiatement introduit par le premier, les manifestations physiques doivent être interposées entre eux. L’ordre rationnel est que nous nous sentons chagrins parce que nous pleurons, colères parce que nous frappons, etc.’ »
SÍNTESE PERFEITA DO AUTOMATISMO PSICOLÓGICO: « L’auteur en concluait qu’un individu totalement insensible ne devrait pas avoir conscience de ces changements organiques et par conséquent ne plus éprouver d’émotions, et il m’écrivit à ce sujet quand, dans mes premières études, j’avais signalé Lucie comme anesthésique totale. Je lui répondis que les hystériques me semblaient assez mal choisies pour vérifier cette théorie, d’abord parce que leur anesthésie n’était pas bien réelle, ensuite parce qu’elles étaient au contraire très émotionnables. Il m’a semblé depuis que ces observations étaient en réalité plus favorables à l’opinion de M. William James, mais d’une autre manière qu’il ne le croyait lui-même. L’émotion n’est pas supprimée chez l’hystérique par son anesthésie ; car, si elle ne sent pas les modifications de sa peau, elle voit ses propres mouvements et entend ses cris; mais elle semble être produite chez elle et entretenue par l’exagération même des manifestations. »
« Oh ! comme je crie bien, pourrait dire Lucie ; je dois être bien en colère, donc je le suis. »
« Sur une quinzaine de personnes que j’ai étudiées et qui, certes, n’étaient pas parfaites, je n’en ai guère rencontré qu’une, chez qui l’habitude du mensonge fût véritablement curieuse. Lorsque ce caractère existe, et, comme je viens de le dire, il se rencontre, il ne faut pas s’indigner, ce qui est ici parfaitement déplacé, il vaut mieux chercher à l’expliquer.
Beaucoup de psychologues, qui raisonnaient plus qu’ils n’observaient, ont soutenu que la véracité, l’habitude d’aimer et de dire la vérité, était une chose naturelle à l’homme qui se retrouvait constamment, lorsque l’esprit humain était observé dans toute sa candeur primitive, chez l’enfant et chez le sauvage. Je ne parlerai pas du sauvage que je ne connais pas, mais je remarquerai que les enfants, à moins d’être de petits prodiges, sont loin de dire toujours scrupuleusement la vérité, qu’ils embellissent leurs récits, et qu’ils savent mentir aussitôt qu’ils savent parler. »
« L’esprit de vérité et l’esprit scientifique sont 2 choses analogues, et celui qui ne comprend pas l’intérêt qu’il y a à savoir ce qui est, ne sent pas l’importance qu’il y a à dire ce qui est. » « Or, l’esprit de l’hystérique est justement, par la perte de plusieurs sens et par le rétrécissement de la conscience, un esprit rudimentaire ; elle ne comprend rien à la science et ne s’imagine pas que l’on puisse s’y intéresser; elle dit ce qui lui vient à l’esprit, sans autre préoccupation. »
« L’idée du bien, l’idée du devoir sont des rapports abstraits, des jugements, de véritables découvertes ; pour les concevoir, il faut réunir dans une même pensée un très grand nombre de termes en apparence étrangers : l’idée de l’acte présent, de ses conséquences futures même lointaines, la pensée des autres hommes, de leur ressemblance avec nous-mêmes, de leurs droits, etc. »
« Ils sont égoïstes, vaniteux, jaloux, car ce sont leurs principaux vices, mais ils ne peuvent pas être autrement; la force de leur esprit est devenue suffisante pour former l’idée de personnalité et diriger la conduite d’après cette idée ; mais elle ne peut s’élever au delà et donner aux actions des motifs plus généraux. La morale est comme la science »
3.7 CONCLUSION
« Parmi les auteurs qui, de nos jours, ont étudié le phénomène de la suggestion, il en est qui, entraînés par la discussion, semblent avoir élargi démesurément le sens de ce mot. Pour eux, toute action, toute pensée humaine, déterminée et régulière, semble être de la suggestion. Sans doute, ils se servaient surtout de cette expression pour faire comprendre que tous ces états réguliers, tous ces actes déterminés, étaient dus avant tout à des causes psychologiques et non à des causes physiques : en cela ils avaient complètement raison, et ils ont contribué à rendre à la conscience l’importance qu’elle doit avoir dans l’explication de la personne humaine. Mais, cela une fois admis, il faut pourtant constater que tous les phénomènes psychologiques ne sont pas identiques et qu’il n’y a aucun avantage à remplacer les anciens mots connus de mémoire, émotion, association des idées, par ce mot nouveau de suggestion, comme si tous ces phénomènes venaient d’être découverts. Pour nous, la suggestion désigne un automatisme d’un genre particulier, celui auquel donnent naissance le langage, et en général les perceptions. »
« Cette synthèse [linguagem + percepção] une fois faite, puisque nous n’avons pas à nous occuper, dans ce travail, de l’activité qui a présidé à sa formation, se conserve; lorsqu’un de ses termes est donné, la perception totale qui est commencée se complète et amène les autres images qui la constituent. Par des lois, sur lesquelles nous n’avons pas à revenir, ces images successives forment des hallucinations, des croyances et des actes. Cela était déjà contenu dans l’automatisme des sensations et dans celui de la mémoire, il est tout naturel que ce même caractère se retrouve dans l’automatisme des perceptions. »
« l’automatisme des perceptions, fondement de la suggestion, est le résultat d’une activité ancienne qui continue à agir de la même façon, mais qu’elle est en opposition avec l’activité actuelle de la pensée. Plus celle-ci se développe, plus elle est capable de faire des combinaisons nouvelles avec les éléments plus nombreux qui sont apportés à la conscience, plus l’automatisme est réduit. »
« Aussi ne pouvons-nous pas pousser plus loin notre étude dans la direction que nous avons suivie jusqu’à présent : en passant des phénomènes conscients les plus simples aux plus complexes, nous avons vu l’automatisme décroître de plus en plus. Il nous faut maintenant passer à un autre point de vue et voir si cette activité régulière et déterminée ne se dissimule pas et n’existe pas sous une autre forme quand elle paraît avoir disparu de la conscience. »
DEUXIÈME PARTIE. AUTOMATISME PARTIEL
1. LES ACTES SUBCONSCIENTS
« La psychologie ne peut pas se constituer si elle reste incomplète et si elle néglige des phénomènes dont la connaissance est nécessaire pour expliquer les problèmes qu’elle pose. » « Ce n’est donc pas une nouvelle recherche que nous entreprenons, c’est une application particulière de nos études précédentes à des circonstances nouvelles. »
1.1 LES CATALEPSIES PARTIELLES
« on entend par acte inconscient une action ayant tous les caractères d’un fait psychologique sauf un, c’est qu’elle est toujours ignorée par la personne même qui l’exécute au moment même où elle l’exécute. » « Nous ne considérons donc pas comme acte inconscient l’action qu’une personne oublie immédiatement après l’avoir faite, mais qu’elle connaissait et décrivait pendant qu’elle l’accomplissait. »
« C’est un cas analogue à ceux que nous avons longuement étudiés en parlant de la catalepsie, nous n’y reviendrons plus maintenant. Tantôt, au contraire, l’individu conserve la conscience claire de tous les autres phénomènes psychologiques, sauf d’un certain acte qu’il exécute sans le savoir. L’individu parle alors avec facilité, mais d’autres choses que de son action; nous pouvons alors vérifier, et il le peut lui-même, qu’il ignore entièrement l’action que ses mains accomplissent. C’est cette forme d’inconscience particulière qu’il nous semble maintenant très important de bien comprendre. »
« On connaît la doctrine des petites perceptions ou perceptions sourdes de Lebniz. »
« J’accorde aux cartésiens que l’âme pense toujours actuellement; mais je n’accorde point qu’elle s’aperçoit de toutes ses pensées, car nos grandes perceptions et nos grands appétits dont nous nous apercevons sont composés d’une infinité de petites perceptions et de petites inclinations dont on ne saurait s’apercevoir. Et c’est dans ces perceptions insensibles que se trouve la raison de ce qui se passe en nous, comme la raison de ce qui se passe dans les corps sensibles consiste dans les mouvements insensibles. »
« Ainsi, il est bon de faire distinction entre la perception qui est l’état intérieur de la monade représentant les choses externes [imediata, ‘irracional’] et l’aperception qui est la concience ou la connaissance réfléchie de cet état intérieur, [mediata] laquelle n’est point donnée à toutes les âmes ni toujours à la même âme. »
Principes de la natur et de la grâce
« En écartant ce qu’il y a d’absolu dans le système de Leibniz, on conçoit que les affections propres aux monades composantes ou éléments sensibles peuvent avoir lieu sans être représentées ou aperçues par la monade centrale qui fait le moi, ou le principe d’unité. »
Maine de Biran, sempre ele!
« Tous ces philosophes n’ont parlé des phénomènes inconscients que d’une manière théorique; ils ont montré que, d’après leurs systèmes, de pareils faits étaient possibles ; tout au plus ont-ils essayé d’interpréter dans ce sens quelques faits d’observation journalière. »
« Il arrive souvent que la bouche des orateurs prononce une suite de paroles indépendantes de leur volonté, en sorte qu’ils s’écoutent eux-mêmes comme les assistants et qu’ils n’ont connaissance de ce qu’ils disent qu’à mesure qu’ils le prononcent. »
Carré de Montgeron¹ apud Bérillon
¹ Jurista sem bibliografia conhecida
« Il faut le reconnaître, ce sont les adeptes d’une des plus curieuses superstitions de notre époque, les spirites, qui, en faisant tourner les tables vers 1850 et en interrogeant les esprits, ont le plus attiré l’attention sur les phénomènes inconscients. Ils les ont observés et même produits dans toutes leurs variétés ; mais la façon dont ils les expliquent est si étrange, leurs descriptions sont tellement altérées par leur enthousiasme religieux que l’on ne peut prendre leurs études sur l’inconscient comme le point de départ d’un travail. Il sera plus naturel de revenir à leurs descriptions quand nous aurons observé assez de choses pour pouvoir les comprendre et quelquefois les expliquer. Mais le problème soulevé par eux fut étudié avec plus de précision dans les travaux de Faraday et de Chevreul,(*) 1854, qui, les premiers, montrèrent l’intervention de véritables phénomènes psychologiques inconcients.
(*) Chevreul. Lettre à M. Ampère sur une classe particulière de mouvetnents musculaires. Revue des Deux-Mondes, 1833. De la baguette divinatoire, du pendule dit explorateur et des tables tournantes, au point de vue de l’histoire, de la critique et de la méthode expérimentale. 1854. »
« Les actes inconscients les plus simples de tous ont été désignés par Lasègue,(*) qui les signala le premier, sous le nom de catalepsies partielles, expression fort juste et que nous conserverons.
(*) Études médicales, II. »
« des somnambules gardent leur bras étendu sans paraitre s’en apercevoir (Liébault) »
« On voit donc que tous les phénomènes de la catalepsie peuvent exister partiellement, tandis que la conscience ordinaire du sujet semble, d’autre part, rester intacte. »
« Les mots conscience et inconscience sont pris tantôt dans un sens relatif et tantôt dans un sens absolu. On dira, par exemple, qu’un phénomène est inconscient pour exprimer l’idée que le moi n’en a pas conscience, mais sans affirmer par là que le phénomène n’est pas conscient en lui-même et pour son propre compte. La physiologie tend à établir qu’il s’accomplit ainsi, dans l’organisme humain, un nombre immense de faits de conscience qui sont, pour le moi, comme s’ils appartenaient à d’autres personnes et, même avec ce désavantage en plus, qu’ils ne se trouvent pas en rapport avec des facultés d’expression. »
Dumont,¹ Sensibilité
¹ Há um médico francês do XIX, Édouard Denis-Dumont, mas ele não escreveu essa obra. Este outro permanece ignoto.
« Les catalepsies partielles nous montrent le premier germe des consciences partielles que nous verrons grandir et se préciser dans nos autres études. »
1.2 LA DISTRACTION ET LES ACTES SUBCONSCIENTS
« nous sommes plutôt, comme nous le verrons, en présence d’un somnambulisme partiel, où les actes sont déterminés par des perceptions intelligentes. Le sujet ne répète pas les paroles, il les interprète et les exécute » « Ce genre d’écriture est connu sous le nom d’écriture automatique, expression assez juste si l’on veut dire qu’elle est le résultat du développement régulier de certains phénomènes psychologiques, mais par laquelle il ne faut pas entendre, je crois, que cette écriture n’est accompagnée d’aucune espèce de conscience. »
1.3 LES SUGGESTIONS POSTHYPNOTIQUES. HISTORIQUE ET DESCRIPTION.
« Puisque, dès cette époque (1823), la suggestion posthypnotique était ainsi connue et utilisée, il n’est pas surprenant que tous les écrivains postérieurs nous donnent des exemples très nets et très curieux de ce phénomène. »
« Cependant, tel était, à cette époque, le mépris puéril que l’on affectait pour le magnétisme animal que toutes ces descriptions psychologiques furent complètement oubliées et l’on crut véritablement à une découverte toute récente quand M. Richet publia en 1875 ses observations sur quelques suggestions exécutées après le réveil. On eut de la peine à croire qu’une femme, ayant oublié tout ce qu’on lui avait dit pendant le somnambulisme, pût cependant revenir au bout de 8 jours à l’heure dite sans savoir pourquoi. Mais, en 1823, Bertrand considérait déjà cette expérience comme banale. »
1.4 EXÉCUTION DES SUGGESTIONS PENDANT UN NOUVEL ÉTAT SOMNAMBULIQUE
« Son oeil droit (elle était alors complètement aveugle de l’oeil gauche) a, pendant la veille une acuité visuelle très faible, 1/8 du tableau de Wecker ; pendant le somnambulisme, si on lui fait ouvrir les yeux, l’acuité visuelle de l’oeil droit monte toujours sans aucune suggestion à ¼ ou 1/3. »
1.5 EXÉCUTION SUBCONSCIENTE DES SUGGESTIONS POSTHYPNOTIQUES
« J’admets que ces souvenirs ignorés, comme les appelle M. Richet, puissent se réveiller à une époque quelconque, suivant telle ou telle circonstance. Je comprendrais encore le retour même à une époque fixe de ces images et de ces actes qui en sont la suite, si l’opérateur les associait à l’apparition d’une sensation vive ; par exemple, ‘le jour où vous verrez M. un tel, vous l’embrasserez’, la vue de M. un tel devant servir de stimulant au réveil de l’idée. Mais ce que je ne comprends absolument pas, c’est le réveil à jour fixe sans aucun point de rattache que la numération du temps, par exemple, dans 13 jours. Treize jours ne représentent pas une sensation ; c’est une abstraction. Pour rendre compte de ces faits, il faut supposer une faculté inconsciente de mesurer le temps ; or, c’est là une faculté inconnue. »
Paul Janet
« l’intelligence peut travailler en dehors du moi et, puisqu’elle travaille, elle peut mesurer le temps ; c’est une opération évidemment plus simple que de trouver un nom, de faire des vers, de résoudre un problème de géométrie, toutes choses qu’elle peut accomplir sans que le moi y participe. »
Richet
« Nous avons ici, non pas une association, c’est-à-dire une pure possibilité persistant à l’état latent, mais de véritables phénomènes psychologiques, des remarques, des comptes, en un mot des jugements persistant pendant 13 jours dans la tète d’un individu, sans qu’il en ait conscience : un jugement inconscient est tout autre chose qu’une association latente. »
« La somnambule avait aussi dû compter, car je m’appliquais à faire les coups égaux et le 12e ne se distinguait pas des précédents; mais, au lieu de compter des jours, ce qui avait fait croire à une mesure de temps, elle avait compté des bruits. » « Le tout s’exécute presque sans erreur, sauf quand l’opération devient trop compliquée et ne pourrait plus être faite de tête. »
HAJA PAPEL: « L’écriture de ces lettres est intéressante ; elle est analogue à l’écriture normale de Lucie, mais non identique ; c’est une écriture penchée et très lâche ; les mots ont une tendance à s’allonger indéfiniment. M. Ch. Richet, à qui j’ai montré ces fragments d’écriture automatique, m’a appris que ce caractère était fréquent dans les écritures de médiums dont nous parlerons plus tard et que, dans leurs lettres, souvent un mot remplissait toute une ligne. »
« La formation d’une plaque rouge sur la peau en forme d’une étoile, qu’elle ait lieu après le réveil ou pendant le somnambulisme comme précédemment, ne peut également s’expliquer que par une pensée. Il ne suffit pas de dire que cette rougeur est due à l’excitation d’un nerf vaso-moteur, car il n’y a pas de nerf qui se distribue précisément à cet endroit sous forme d’une étoile à 6 branches. C’est une excitation partielle et systématique de plusieurs nerfs que je ne puis comprendre sans l’intervention d’une pensée qui coordonne ces excitations. Pendant le somnambulisme, le sujet exprimait directement cette pensée et nous disait : ‘J’ai tout le temps pensé à votre sinapisme.’ Maintenant qu’il est réveillé aussitôt après la suggestion, il semble n’y plus penser et n’a conscience de rien, mais quelque chose doit y penser en lui de la même manière quoique à son insu. On voit quelquefois cette pensée thérapeutique se manifester par des actes subconscients. »
1.6 CONCLUSION
« or, l’étude des actes est propre à révéler une conscience, mais non à l’expliquer. Il faut, pour comprendre cette nouvelle pensée, étudier les sensations ou les images qu’elle renferme et joindre à l’étude des actes subconscients celle des sensibilités subconscientes. »
2. LES ANESTHÉSIES ET LES EXISTENCES PSYCHOLOGIQUES SIMULTANÉES
2.1 LES ANESTHÉSIES SYSTÉMATISÉES – HISTORIQUE
« suggestion d’hallucination négative ou suggestion d’anesthésie systématisée. (…) En effet, grâce à la suggestion, on peut interdire une chose à une somnambule, aussi facilement que l’on peut lui en commander une, et, lorsque l’interdiction porte sur les sensations, elle peut produire une surdité ou une cécité artificielle, comme le commandement positif amenait une hallucination. »
« On profite souvent de l’heure du somnambulisme pour faire prendre au malade un remède pour lequel il a de la répugnance. J’ai vu une dame qui avait de l’horreur pour les sangsues s’en faire appliquer aux pieds pendant le somnambulisme et dire à son magnétiseur : ‘Défendez-moi maintenant de regarder mes pieds, quand je serai éveillée.’ En effet, elle ne s’est jamais doutée qu’on lui eût posé des sangsues. »
Deleuze, Instruction pratique
« On a vivement reproché à M. Bernheim le nom qu’il a choisi pour désigner ce fait. Ce n’est pas là une hallucination, dit-on, mais la suppression de la perception d’un objet déterminé qui laisse intacte la perception d’un autre objet… » « Sans doute, le fait en question se rapproche plutôt des anesthésies que des hallucinations, et il est, comme nous le verrons, de la même nature que les paralysies ; les 2 mots hallucination négative forment aussi une association assez incorrecte ; à moins d’appeler l’anesthésie générale une hallucination négative totale, ce qui n’est pas l’habitude, il semble plus naturel de désigner ce fait par l’expression d’anesthésie systématisée, que MM. Binet et Féré ont adoptée. »
« Si on a suggéré à une somnambule qu’une personne, M. X…, avait disparu, la somnambule ne peut plus le voir à quelque endroit de la chambre qu’il se tienne; mais si on ajoute un objet sur M. X…, un chapeau par exemple, comme il n’est pas compris dans la suggestion, ce chapeau reste visible et paraît alors se tenir en l’air. Au contraire, si M. X… tire un mouchoir de sa poche, ce mouchoir reste invisible comme lui. » « J’ai vu une fois une personne qui voyait l’objet à moitié, comme coupé en deux, quand il était tenu à la fois par la personne invisible et par une personne visible. »
« La personne ou l’objet que l’on a rendu invisible cache réellement les objets qu’il recouvre, mais la somnambule supplée à la vision de ces objets par une hallucination qui les remplace ; c’est d’ailleurs ce que nous faisons journellement pour les objets qui viennent se peindre sur la tache aveugle de la rétine. Cette hallucination peut aller fort loin : j’ai vu une fois un sujet, à qui j’avais suggéré de ne point voir la chambre, la remplacer par l’hallucination d’un autre appartement dont je n’avais pas parlé. »
« L’objet invisible doit être réellement perçu, car il produit quelquefois une image consécutive de couleur complémentaire qui, elle, est visible : fait-on disparaître un papier rouge, la somnambule ne le voit pas, mais, au bout de quelque temps, verra une couleur verdâtre à la même place. Je n’ai pas observé ce phénomène d’une manière assez nette, mais les conditions physiques et morales dont le somnambulisme dépend sont si complexes qu’il ne faut jamais s’étonner de ne pas rencontrer exactement les mêmes phénomènes que d’autres observateurs. »
« Il y a toujours un raisonnement inconscient qui précède, prépare et guide le phénomène d’anesthésie. »
Binet et Féré
« réveillée, la somnambule ne se souvient plus de ce qu’on lui a commandé, elle ne sait pas qu’il y a un objet qu’elle ne doit pas voir, ni quel est cet objet. »
« Il me semble qu’il y a quelque analogie entre cette question et l’un des problèmes que nous avons étudiés dans le chapitre précédent. »
2.2 PERSISTANCE DE LA SENSATION MALGRÉ L’ANESTHÉSIE SYSTÉMATISÉE
« Cet objet qui parait invisible est donc vu. Cela est vraisemblable ; mais nous savons, et nous ne sommes pas le seul à le constater, que le sujet est sincère quand il dit qu’il ne le voit pas. La vision de ces objets doit être du même genre, du même niveau que les actes subconscients dont nous parlions tout à l’heure. »
« Lucie ne voyait aucunement l’objet supprimé ; mais le groupe des phénomènes subconscients, que nous ne savons pas encore désigner autrement, répondait par l’écriture automatique qu’il les voyait parfaitement. »
« Cette répartition intelligente de l’anesthésie de manière à dessiner un cercle ou une étoile ne peut se faire que par une idée consciente. Pour me répondre correctement quand je l’interroge en piquant son bras, il faut que le sujet sache, même sans regarder, quand ma piqûre entre dans le cercle ; il faut donc qu’il la sente. Aussi ne serons-nous pas surpris que l’inconscient nous réponde par écriture automatique qu’il sent très bien ce que nous faisons et qu’il distingue une piqûre, un attouchement, un objet chaud ou froid même sur cette plaque anesthésiée.
Ayant ainsi déterminé l’existence d’une sorte de conscience nouvelle pendant les anesthésies systématisées, j’ai voulu examiner l’étendue de cette conscience, c’est-à-dire le nombre des phénomènes qu’elle pouvait contenir. »
« Ainsi tous les papiers ont été vus, et remis, mais les un l’ont été par Lucie et les autres par un personnage au-dessous d’elle qu’elle paraît ignorer, mais ni l’une ni l’autre ne les a vus tous. »
« J’avais remarqué que le personnage secondaire ne se servait pas des yeux pour écrire et qu’en général il ne voyait pas ; je lui suggère de se servir de ses yeux et de voir clair. C’est ce qui a lieu, mais aussitôt Lucie s’écrie : ‘Qu’y a-t-il donc, je ne vois plus’, et je suis obligé de la rendormir pour dissiper son trouble. »
« J’ai dit à Léonie de me faire un pied de nez ; au réveil, elle lève ses mains et les met au bout de son nez sans le savoir ; c’est un acte inconscient, soit, mais elle ne voit pas ses mains qui sont devant ses yeux. »
« Dans la suggestion d’anesthésie systématisée, la sensation n’est pas supprimée et ne peut pas l’être, elle est simplesment déplacée, elle est enlevée à la conscience normale, mais peut être retrouvée comme faisant partie d’un autre groupe de phénomênes, d’une sorte d’autre conscience. »
2.3 ÉLECTIVITÉ OU ESTHÉSIE SYSTÉMATISÉE
« Les somnambules sont toujours ou presque toujours électives, telle est l’observation qui a été faite sans cesse depuis l’époque de Mesmer et de Puységur. On entend par là que, dans cet état particulier du somnambulisme, les sujets ne ressentent pas toutes les sensations indifféremment, mais qu’ils semblent faire un choix parmi les différentes impressions qui tombent sur leurs sens, pour percevoir celles-ci et non point celles-là. La pluplart des sujets une fois endormis entendent très bien leur magnétiseur et causent avec lui, mais paraissent n’entendre aucune autre personne, aucun autre bruit, pas même celui d’un pistolet que l’on tire auprès d’eux, comme dans les expériences de Dupotet. »
« Un bouquet n’a d’odeur que s’il a reçu le souffle du magnétiseur. »
Baréty
« Ce lien entre le sujet et certaines personnes ou certains objets qui lui permet de les sentir à l’exclusion des autres, a reçu le nom de rapport magnétique »
« Léonie en premier somnambulisme ne présente guère ce caractère, elle entend et voit tout le monde ; elle le présente beaucoup plus fortement en 2e somnambulisme, car alors elle n’entend que moi et encore seulement quand je la touche. (…) Marie et Rose sont en général plus électives que Léonie; dès l’instant oú elles s’endorment, elles semblent perdre la notion du monde extérieur pour ne plus voir, entendre ou sentir que celui qui les a endormies. Marie garde seulement pour les autres personnes un peu de sensibilité tactile, si on peut l’appeler ainsi, car elle éprouve un sentiment de souffrance et de répugnance très marqué quand elle est touchée par une personne étrangère non en rapport avec elle. Rose ne sent jamais rien de semblable. Je ne parle pas ici de Lucie, qui était très peu élective et ne me distinguait des autres personnes que pour m’obéir. »
« Quand j’ai endormi fréquemment une personne, aucun autre observateur ne peut se substituer à moi, et je puis facilement la reprendre en ma possession, même si un autre a commencé le somnambulisme. »
« Dans quelques cas plus complexes, on peut établir ce rapport au moyen de la chaîne magnétique, comme disaient les anciens opérateurs. »
SONAMBULISMO NATURAL: « Qui ne connaît la description si souvent citée du somnambule Castelli, qui n’était éclairé que par sa chandelle à lui et qui se croyait dans l’obscurité, quand elle s’éteignait ? Il n’y a pas d’observation plus curieuse et plus complête, à ce point de vue, que celle de l’automate étudié par le Mesnet. »
« Ces phénomènes d’électivité ne diffèrent des anesthésies systématisées qu’en un point, c’est qu’ils sont ou paraissent être inverses. » « esthésie systematisée » « audition latente » etc. « Ainsi, un jeune homme, H…, qui, dans un somnambulisme, avait paru ne pas entendre 2 personnes qui s’efforçaient de lui parler, put me répéter plus tard, sur ma demande, tout ce qu’elles lui avaient dit, en remarquant que, sur le moment, il ne pouvait pas leur répondre. »
« Lucie, qui avait à un si haut degré l’écriture automatique, ne présentait pas d’électivité naturelle. »
2.4 ANESTHÉSIE COMPLÈTE OU ANESTHÉSIE NATURELLE DES HYSTÉRIQUES
(*) « L’anesthésie hystérique a été si complètament étudiée dans le dernier ouvrage de Pitres : Des anesthésies hystériques (1887), que je ne puis insistir que sur les faits particuliers qui justifient mon interprétation. »
« Il a quelquefois de l’électivité même dans ces anesthésies naturelles, et les malades qui ont en apparence complètement perdu toute sensibilité peuvent cependant reconnaître encore certains objets en particulier. »
« l’anesthésie complète, c’est-à-dire portant sur tous les objets extérieurs, est rarement générale, elle s’étend rarement à tout le corps et même à un organe sensoriel tout entier. L’anesthésie cutanée n’existe pas sur toute la peau, mais sur quelques parties seulement, souvent sur une moitié du corps, et alors le plus souvent sur la moitié gauche, mais parfois aussi sur des plaques irrégulières disséminées sur tous les membres et sur le tronc. L’anesthésie du goût, de l’odorat, même de la vue, est aussi rarement complète … elle s’étend irrégulièrement sur la rétine, tantôt rétrécissant concentriquement le champ visuel, tantôt le coupant par la moitié, tantôt formant des scotomes irréguliers, c’est-à-dire des taches d’insensibilité au milieu d’une rétine restée normale. »
« Voilà quelque chose qui n’est guère anatomique, mais qui rappelle singulièrement les carrés et les cercles que l’on pouvait par suggestion rendre insensibles sur la peau de Léonie. »
« Tous les observateurs qui se sont occupés de cette cécité partielle des hystériques qui semble leur enlever complètement un oeil, ont remarqué avec étonnement un fait bien singulier : les malades prétendent ne voir absolument rien par l’oeil gauche et être plongés dans la nuit la plus complète quand on ferme l’oeil droit ; mais si on leur laisse les 2 yeux ouverts, ils voient, sans s’en douter, aussi bien à gauche qu’à droite. »
« L’amblyopie [catarata negra no dicionário, mas suspeito que seja neste contexto a estrabismo convergente ou exotropia – estrabismo divergente –, pois não é fato orgânico!] hystérique se corrige d’elle-même, parce qu’il est dans sa nature d’exister seulement dans la vision monoculaire. »
Pitres
« Ce qui revient à dire : l’hystérique est aveugle de l’oeil gauche quand elle y fait attention et qu’elle croit ne voir que par cet oeil ; elle n’est plus aveugle du tout, quand elle n’y pense pas et quand elle croit voir tout de l’oeil droit.
La proposition de M. Pitres résumait bien les observations précédantes, mais je crois qu’il faut aller beaucoup plus loin et constater des faits nouveaux et plus graves. Je prétends que l’hystérique amaurotique [amaurose ou gota-serena, mesma coisa que ambliopia causada por atrofia do nervo ótico, ‘catarata histérica’ (a-fisiológica e portanto a-nevrálgica), neste caso em especial] y voit parfaitement de son oeil gauche, même quand l’oeil droit est fermé, que cette amblyopie n’existe même pas dans la vision monoculaire, et qu’en général les anesthésies hystériques mêmes les plus complètes ne suppriment aucune sensation. »
« S’il est un point admis en psychologie, c’est que la mémoire n’est que la conservation des sensations : toute sensation peut, pour différentes raisons, ne pas devenir un souvenir, mais tout souvenir a été une sensation consciente. » « Nous ne pénétrons jamais réellement la conscience d’une personne ; nous ne l’apprécions que d’après les signes extérieurs qu’elle nous en donne. »
2.5 DIFFÉRENTES HYPOTHÈSES RELATIVES AUX PHÉNOMÈNES D’ANESTHÉSIE
« On a usé et abusé de la simulation hystérique pour supprimer des problèmes qu’on ne comprenait pas, et cette hypothèse trop simple n’a ici aucun sens. » « Nous n’étudierons pas davantage les suppositions physiologiques ou anatomiques qui ont été faites, d’abord, parce qu’elles ne sont pas de notre competence, et ensuite, parce qu’elles ne nous semblent être qu’une manière détournée de présenter des hypothèses psychologiques. » « Ce parallèlisme entre les hypothèses anatomiques et psychologiques n’a rien qui doive surprendre, il serait même à souhaiter, pour le progrès des 2 sciences, qu’il fût poussé beaucoup plus loin. »
« l’anesthésie histérique … [na psiquiatria atual] est une lésion de la sensation brute.
Nous ne pouvons pas partager cette opinion. »
« Au point de vue expérimental, les faits sont en complète opposition avec cette théorie et nous montrent constamment que la sensation brute n’a pas été détruite. »
« une personne dont la rétine fatiguée ne distingue plus les rayons rouges, ne sent dans une couleur blanche que les rayons verts et la voit verte. C’est du moins l’explication que l’on donne des images consécutives de couleur complémentaire. Si l’anesthésie modifie les sensations comme la fatigue de la rétine, Lucie qui ne distingue plus le rouge doit donc voir aussi un papier blanc avec la couleur verte. Je lui montre du papier blanc, et elle le trouve absolument blanc, le rouge seul est invisible et sa disparition n’influence en rien les autres couleurs qui sont vues normalement (avec une certaine confusion pour quelques-unes due à une légère achromatopsie qui existait déjà avant l’expérience). »
« Ce n’est donc pas dans l’étude des sensations en elles-mêmes que l’on pourra trouver la raison de ces insensibilités ; il faut la chercher plus haut, dans le mécanisme de la perception élémentaire. »
« Ces phénomènes sont dus à une illusion de l’esprit…, la cécité des hystériques est une cécité psychique. »
Bernheim, De l’amaurose hystérique et de l’amaurose suggestive
« On mesure l’acuité visuelle en faisant lire des lettres petites, on mesure l’acuité du sens tactile en faisant distinguer des sensations tactiles rapprochées, c’est-à-dire presque semblables. »
« Mais Bernheim cherche à expliquer le phénomène dans un langage qui me semble manquer un peu de précision et de clarté : ‘L’image visuelle perçue, l’hystérique la neutralise inconsciemment avec son imagination… La cécité psychique est la cécité par l’imagination ; elle est due à la destruction de l’image par l’agent psychique.’ » Seria como a psicanálise explicaria o fenômeno. Nós, querendo ou não, no séc. XXI, estamos informados deste linguajar.
« Je ne comprends pas comment l’hystérique peut neutraliser inconsciemment avec son imagination les perceptions monoculaires et ne pas neutraliser inconsciemment aussi les perceptions binoculaires ou, tout au moins, la partie des perceptions binoculaires qui provient de l’oeil amblyopique. »
Pitres
« Bernheim répondrait sans doute, si je puis me permettre de parler pour lui, que l’hystérique ne neutralise pas les perceptions binoculaires, parce qu’elle ne se figure pas être aveugle des 2 yeux, mais seulement de l’oeil gauche, qu’elle ne neutralise pas non plus une partir de ces perceptions binoculaires, parce qu’elle ne sait pas que ces perceptions viennent de l’oeil gauche, parce qu’elle croit voir tout par l’oeil droit. Faites-lui remarquer, dans les expériences, que tel objet ne peut être vu que par l’oeil gauche, et elle ne le verra plus. »
« En outre, cette image n’a pas eu besoin d’être neutralisée, car elle n’a jamais été dans la conscience du sujet : on ne peut pas dire que Marie commence par voir mon dessin, puis cesse de le voir ; elle n’a pas de pareille négation à faire, car elle n’a jamais vu ce dessin. »
2.6 LA DÉSAGRÉGATION PSYCHOLOGIQUE
« Le fait, simple en apparence, qui se traduit par ces mots : ‘Je vois, je sens’, même sans parler des idées d’extériorité, de distance, de localisation, est déjà une perception complexe. »
« Nous pouvons, tout en n’attachant à ces représentations qu’une valeur purement symbolique, nous figurer notre perception consciente comme une opération à 2 temps : 1º existence simultanée d’un certain nombre de sensations conscientes tactiles comme T T’ T’’, musculaires comme M M’ M’’, visuelles comme V V’ V’’, auditives comme A A’ A’’. Ces sensations existent simultanément et isolément les unes des autres, comme une quantité de petites lumières qui s’allumeraient dans tous les coins d’une salle obscure. Ces phénomènes conscients primitifs, antérieurs à la perception peuvent être de différentes espèces, des sensations, des souvenirs, des images, et peuvent avoir différentes origines : les uns peuvent provenir d’une impression actuelle faite sur les sens, les autres être amenés par le jeu automatique de l’association à la suite d’autres phénomènes. »
« 2º Une opération de synthèse active et actuelle par laquelle ces sensations se rattachent les unes aux autres, s’agrègent, se fusionnent, se confondent dans un état unique auquel une sensation principale donne sa nuance, mais qui ne ressemble probablement d’une manière complète à aucun des éléments constituants ; ce phénomène nouveau, c’est la perception P. (…) Cette activité, qui synthétise ainsi à chaque moment de la vie les différents phénomènes psychologiques et qui forme notre perception personnelle, ne doit pas être confondue avec l’association automatique des idées. Celle-ci, comme nous l’avons déjà dit, n’est pas une activité actuelle, c’est le résultat d’une ancienne activité qui autrefois a synthétisé quelques phénomènes en une émotion ou une perception unique et qui leur a laissé une tendance à se produire de nouveau dans le même ordre. La perception dont nous parlons maintenant, c’est la synthèse au moment où elle se forme, au moment où elle réunit des phénomènes nouveaux en une unité à chaque instant nouvelle.
Nous n’avons pas à expliquer comment ces choses se passent ; nous avons seulement à constanter qu’elles se passent ainsi ou, si l’on préfère, à le supposer et à expliquer que cette hypothèse permet de comprendre les caractères précédants des anesthésies hystériques. »
« Chez un homme théorique, tel qu’il n’en existe probablement pas, toutes les sensations comprises dans la première opération T T’ T’’, etc., seraient réunies dans la perception P, et cet homme pourrait dire : ‘Je sens’, à propos de tous les phénomènes qui se passent en lui. (…) dans l’homme le mieux constituté il doit y avoir une foule de sensations produites par la première opération et qui échappent à la seconde. Je ne parle pas seulement des sensations qui échappent à l’attention volontaire et qui ne sont pas comprises ‘dans le point de regard’ le plus net ; je parle de sensations qui ne sont absolument pas rattachées à la personnalité et dont le moi ne reconnaît pas avoir conscience, car, en effet, il ne les contient pas. (…) La puissance de synthèse ne peut plus s’exercer, à chaque moment de la vie, que sur un nombre de phénomènes déterminé, sur 5 par exemple et non sur 12. Des 12 sensations supposées T T’ T’’ M M’ M’’ V V’ V’’ A A’ A’’, etc., le moi n’aura la perception que de 5, de T T’ M V A, par exemple. À propos de ces 5 sensations, il dira : ‘Je les ai senties, j’en ai eu conscience’ »

« Or, nous avons étudié avec soin un état particulier des hystériques et des névropathes en général que nous avons appelé le rétrécissement du champ de la conscience. Le caractère est précisément produit, dans notre hypothèse, par cette faiblesse de synthèse psychique poussée plus lois qu’à l’ordinaire, qui ne leur permet pas de réunir dans une même perception personnelle un grand nombre des phénomènes sensitifs qui se passent réellement en eux. »
P = perception personnelle
~P (não-P) – não-percepção, e não percepção impessoal!
« Quand les choses se passent ainsi, il y a bien à chaque moment des phénomènes ignorés et qui restent non perçus, comme M’ au premier moment, ou V au second ; mais, d’une part, ces phénomènes ignorés ne sont pas perpetuellement inconscients, ils ne le sont que momentanément, et, de l’autre, ces phénomènes, qui sont inconscients n’appartiennent pas toujours au même sens ; ils sont tantôt des sensations musculaires, tantôt des sensations visuelles. »
« rétrécissement du champ de la conscience par distraction, (I) par électivité ou esthésie systématisée, en un mot, dans toutes les anesthésies à limites variables. (II) »
« les hystériques sans anesthésies sont fort rares »
« L’electivité n’est ici qu’apparente, elle est due au développement automatique de telle ou telle sensation qui se répète plus fréquemment, qui s’associe plus facilement avec telle ou telle autre. »
« Mais les choses peuvent se passer d’une tout autre manière. Le faible pouvoir de synthèse peut s’exercer souvent dans un même sens, réunir dans la perception des sensations toujours d’une même espèce et perdre l’habitude de réunir les autres. Le sujet se sert plus des images visuelles et ne s’adresse que rarement aux images du toucher ; si sa puissance de synthèse diminue, s’il ne peut plus réunir que 3 images, il va renonce totalement à percevoir les sensations de telle ou telle espèce. Au début, il les perd momentanément, et il peut à la rigueur les retrouver ; mais bientôt les perceptions qui lui permettaient de connaître ces images ne se faisant pas, il ne peut plus, même s’il l’essaye, rattacher à la synthèse de la personnalité des sensations qu’il a laissé s’échapper. Il renonce ainsi, sans s’en rendre compte, tantôt aux sensations qui viennent d’une partie de la surface cutanée, tantôt aux sensations de tout un côté du corps, tantôt aux sensations d’un oeil ou d’une oreille. »
Potencial razão para eu mesmo ou para um míope de grau alto (sempre?) ter muito mais dificuldade em fixar e associar rostos a pessoas que qualquer outro dado abstrato ou a voz, por exemplo. Poderia dizer que o fato de eu digitar sem olhar o teclado mesmo de olhos fechados sem muitos erros de ortografia e que, no entanto, quando apago a luz começo a errar mais tem também a ver com o que Janet expôs? Afinal não parece ser um fenômeno visual, mas sensação exclusivamente motora. Mas o que muda com o “corte” da visão periférica, tatilmente? Pior ainda: coloque alguém atrás de mim, que eu saiba que está ali, de pé, e os erros se multiplicarão!
« Les hystériques perdent plus volontiers la sensibilité tactile, parce que c’est la moins importante, non pas psychologiquement, mais practiquement. »
Un seul oeil pour regarder le soleil.
« Si je suis à la droite de Marie et si je lui parle, les personnes qui s’approchent à gauche ne sont pas vues, quoiqu’elle ait les 2 yeux ouverts ; si je passe à sa gauche, en attirant son attention, elle continue à me voir de l’oeil gauche. L’anesthésie semblait avoir ici une limite fixe, mais, comme il n’y a entre ces diverses sortes d’anesthésie aucune séparation absolue, elle se comporte dans bien des cas comme une anesthésie systématisée à limite variable. C’est l’importance de la perception dominante qui fait changer la sensation et qui amène au jour, suivant les besoins, telle ou telle image, puisque aucune n’était réellement disparue. » « Les anesthésies complètes qui embrassent tout un organe ne différent donc des anesthésies systématisées que par le degré. »
« il y a 2 manières différentes de connaître un phénomène : la sensation impersonelle et la perception personnelle, la seule que le sujet puisse indiquer par son langage conscient. »
« l’anesthésie systématisée (ou même générale) est une lésion, un affaiblissement – non de la sensation, mais – de la faculté de synthétiser les sensation en perception personnelle, qui amène une véritable désagrégation des phénomènes psychologiques. »
2.7 LES EXISTENCES PSYCHOLOGIQUES SIMULTANÉES

P’ é a segunda personalidade dos pacientes de Janet.
“secondary self”, “normal self”
O artifício da escritura automática:
Janet: “M’entendez-vous?”
Lucie-2 : « Non. »
Janet : « Mais pour répondre il faut entendre. »
Lucie-2 : « Oui, absolument. »
Janet : « Alors, comment faites-vous ? »
Lucie-2 : « Je ne sais. »
Janet : « Il faut bien qu’il y ait quelqu’un qui m’entende ? »
Lucie-2 : « Oui. »
Janet : « Qui cela ? »
Lucie-2 : « Autre que Lucie. »
Janet : « Ah bien ! une autre personne. Voulez-vous que nous luis donnions un nom ? »
Lucie-2 : « Non. »
Janet : « Si, ce sera plus commode. »
Lucie-2 : « Eh bien, Adrienne.(*) »
Janet : « Alors, Adrienne, m’entendez-vous ? »
Adrienne : « Oui. »
(*) « Il y eut une petite difficulté à propos du nom de ce personnage, il changea 2 fois de nom. Je n’insiste pas sur ce détail insignifiant dont j’ai parlé ailleurs. Revue philosophique, 1886, II, 589. »
« Sans doute c’est moi qui ai suggéré le nom de ce personnage et lui ai donné ainsi une sorte d’individualité, mais on a vu combien il s’était développé spontanément. (…) d’ailleurs l’écriture automatique prend presque toujours un nom de ce genre, sans que l’on ait rien suggeré, comme je l’ai constaté dans des lettres automatiques écrites spontanément par Léonie.
Une fois baptisé, le personnage inconscient est plus déterminé et plus net, il montre mieux ses caractères psychologiques. Il nous fait voir qu’il a surtout connaissance de ces sensations négligées par le personnage primaire ou normal ; c’est lui qui me dit que je pince le bras, ou que je touche le petit doigt, tandis que Lucie a depuis bien longtemps perdu toute sensation tactile (…) Il use de ces sensations qu’on lui a abandonnées pour produire ses mouvements. »
« Lucie ne peut écrire que par des images visuelles, elle se baisse et suit sans cesse des yeux sa plume et son papier ; Adrienne, qui est la seconde personnalité simultanée, écrit sans regarder le papier, c’est qu’elle se sert des images kinesthésiques de l’écriture. »
« Adrienne, qui m’obéit fort bien et qui cause volontiers avec moi, ne se donne pas la peine de répondre à tout le monde. Qu’une autre personne examine en mon absence ce même sujet, comme cela est arrivé, elle ne constatera ni catalepsie partielle, ni actes subconscients par distraction, ni écriture automatique, et viendra me dire que Lucie est une personne normale très distraite et très anesthésique. »
« Si ces phénomènes sont très isolés, ils sont provoqués par tout expérimentateur, mais s’ils sont groupés en personnalité (ce qui arrive très fréquemment chez les hystériques fortement malades), ils manifestent des préférences et n’obéissent pas à tout le monde. (…) Il faut se souvenir de ce caractère d’électivité qui appartient au personnage subconscient et qui nous servira plus tard à mieux préciser sa nature. »
« J’ai eu des querelles bien amusantes avec ce personnage d’Adrienne si docile au début et qui, en grandissant, le devenait de moins en moins. Il me répondait souvent d’une manière impertinente et écrivait : ‘Non, non’, au lieu de faire ce que je lui commandais. » « Je fus forcé alors de causer avec le personnage normal, avec Lucie, qui, tout à fait ignorante du drame qui se passait au dedans d’elle-même, était de très bonne humeur. »
« Mon cher bon monsieur, je viens vous dire que Léonie tout vrai, tout vrai, me fait souffrir beaucoup, elle ne peut pas dormir, elle me fait bien du mal ; je vais la démolir, elle m’embête, je suis malade aussi et bien fatiguée. C’est la part de votre bien dévouée Léontine. »
« Léonie avait conservé un souvenir très exact de la première lettre ; elle pouvait m’en dire encore le contenu ; elle se souvenait de l’avoir cachetée dans l’enveloppe et même des détais de l’adresse qu’elle avait écrite avec peine ; mais elle n’avait pas le moindre souvenir de la seconde lettre [transcrita acima]. Je m’expliquais d’ailleurs cet oubli : ni la familiarité de la lettre, ni la liberté du style, ni les expressions employées, ni surtout la signature n’appartenaient à Léonie dans son état de veille. Tout cela appartenait au contraire au personnage inconscient qui s’était déjà manifesté à moi par bien d’autres actes. Je crus d’abord qu’il y avait eu une attaque de somnambulisme spontané entre le moment où elle terminait la première lettre et l’instant où elle cachetait l’enveloppe. Le personnage secondaire du somnambulisme qui savait l’intérêt que je prenais à Léonie et la façon dont je la guérissais souvent de ses accidents nerveux, aurait apparu un instant pour m’appeler à son aide ; le fait était déjà fort étrange. Mais depuis, ces lettres subconscientes et spontanées se sont multipliées et j’ai pu mieux étudier leur production. Fort heureusement, j’ai pu surprendre Léonie, une fois, au moment où elle accomplissait cette singulière opération. Elle était près d’une table et tenait encore le tricot auquel elle venait de travailler. Le visage était fort calme, les yeux regardaient en l’air avec un peu de fixité, mais elle ne semblait pas en attaque cataleptique ; elle chantait à demi-voix une ronde campagnarde, la main droite écrivait vivement et comme à la dérobée. Je commençai par lui enlever son papier à son insu et je lui parlai ; elle se retourne aussitôt bien éveillée, mais un peu surprise, car, dans son état de distraction, elle ne m’avait pas entendu entrer. » « Cette forme de phénomènes subconscients n’est pas aussi facile à étudier que les autres ; étant spontanée, elle ne peut être soumise à une experimentation régulière. »
« une lettre contenait le récit de l’enfance même de Léonie ; il montre du bon sens dans des remarques ordinairement justes. (…) La personne subconsciente s’aperçut un jour que la personne consciente, Léonie, déchirait les papiers qu’elle avait écrits quand elle les laissait à sa portée à la fin de la distraction. Que faire pour les conserver ? Profitant d’une distraction plus longue de Léonie, elle recommença sa lettre, puis elle alla la porter dans un album de photographies. Cet album, en effet, contenait autrefois une photographie de M. Gibert qui, par association d’idées, avait la propriété de mettre Léonie en catalepsie. Je prenais la précaution de faire retirer ce portrait quand Léonie était dans la maison ; mais l’album n’en conservait pas moins sur elle une sorte d’influence terrifiante. Le personnage secondaire était donc sûr que ses lettres mises dans l’album ne seraient pas touchées par Léonie. (…) Léonie distraite chantait ou rêvait à quelques pensées vagues, pendant que ses membres, obéissant à une volonté en quelque sorte étrangère, prenaient ainsi des précautions contre elle-même. »
« Nous avons insité sur ces développements d’une nouvelle existence psychologique, non plus alternante avec l’existence normale do sujet, mais absolument simultanée. La connaissance de ce fait est en effet indispensable pour comprendre la conduite des névropathes et celle des aliénés. » « Cette notion, importante, croyons-nous, dans l’étude de la psychologie pathologique, ne manque pas non plus d’une certaine gravité au point de vue philosophique. (…) Il faudra reculer plus encore la nature véritable de la personne métaphysique et considérer l’idée même de l’unité personnelle comme une apparence qui peut subir des modifications. Les systèmes philosophiques réussiront certainement à a’accommoder de ces faits nouveaux, car ils cherchent à expliquer la réalité des choses, et une expression de la vérité ne peut pas être en opposition avec une autre. » Nesses mesmos anos, a poucos km, na Alemanha, um célebre filósofo dizia “o ‘eu’ não existe, é um preconceito, o maior preconceito do homem, com efeito.”. Ao mesmo tempo, toda essa necessidade da compreensão global do sujeito como unidade informaria o existencialismo, a fenomenologia e a própria Gestalt como escola psicológica no século que se abria…
« dédoublement »
2.8 LES EXISTENCES PSYCHOLOGIQUES SIMULTANÉES COMPARÉES AUX EXISTENCES PSYCHOLOGIQUES SUCCESSIVES
« On avait eu le tort de parler de spiritisme devant Léonie pendant qu’elle était en somnambulisme. (…) la seconde personne pensait toujours aux esprits. »
« – Qu’avez-vous donc aujourd’hui ?
– Je ne vous entends pas, je suis trop loin.
– Et où êtes-vous ?
– Je suis à Alger sur une grande place, il faut me faire revenir.
(…) on connait ces voyages des comnambules par hallucination. (…)
– M’expliquerez-vous maintenant ce que vous faisiez à Alger ?
– Ce n’est pas ma faute ; c’est M. X… qui m’y a envoyée il y a 1 mois ; il a oublié de me faire revenir, il m’y a laissée… Tout à l’heure vous vouliez me commander, me faire lever le bras (c’était la suggestion que j’avais essayé de faire pendant la veille), j’étais trop loin, je ne pouvais pas obéir.
Vérification faite, cette singulière histoire était vraie : une autre personne avait endormi ce sujet dans l’intervalle de mes 2 études, avait provoqué différentes hallucinations, entre autres celle d’un voyage à Alger ; n’attachant pas assez d’importance à ces phénomènes, elle avait réveillé le sujet sans enlever l’hallucination. N., la personne éveillée, était restée en apparence normale ; mais le personnage subconscient qui était en elle conservait plus ou moins latente l’hallucination d’être à Alger. Et quand, sans somnambulisme préalable, je voulus lui faire des commandements, il entendit mais ne crut pas devoir obéir. »
« Léonie reste bien éveillée près de moi tant que je ne provoque pas de phénomènes de ce genre [muitas perguntas e exercícios de escrita automática] ; mais quand ceux-ci deviennent trop nombreux et trop compliqués, elle s’endort. Cette remarque assez importante nous explique un détail que nous avions noté, sans le comprendre, dans l’exécution des suggestions posthypnotiques. Tant qu’elles sont simples, Léonie les exécute à son insu, en parlant d’autre chose ; quand elles sont longues et compliquées, le sujet parle de moins en moins en les exécutant, finit par s’endormir et les exécute rapidement en plein somnambulisme. La suggestion posthypnotique s’exécute quelquefois dans un second somnambulisme, non pas que l’on ait suggéré au sujet de se rendormir, mais parce que le souvenir de cette suggestion et l’exécution elle-même forment une vie subconsciente si analogue au somnambulisme que, dans quelques cas, elle le produit complètement. »
« l’analogie entre les états que nous voulons comparer va se montrer encore d’une autre manière. Tous les auteurs ont remarqué que le sujet exécute au réveil les suggestions posthypnotiques sans savoir qui les lui a données, mais que, dans un nouveau somnambulisme, il retrouve ce souvenir. (Gilles de la Tourette) »
« Lucie ne retrouve dans ce premier somnambulisme [Lucie 2 ou Adrienne, porém com Lucie 1 totalmente inativa, isto é, dormindo, o que faculta a Lucie 2, por fim, se comunicar oralmente ; ao passo que se pode, com Lucie 1 acordada, pedir que Lucie 2 responda por escrito – quer dizer que a memória da Lucie 2 que se comunica por escrito é mais abrangente que a da Lucie 2 que aparece exclusivamente por sonambulismo em vez de por distração da nº 1¹] aucun souvenir de ses actes subconscients, Léonie, Rose ou Marie ne retrouvent dans ce même état que le souvenir d’un certain nombre d’actes de ce genre. »
¹ Quereria isso dizer que existe uma Lucie 2’ (P’’), ou uma “Lucie 1.5”?
« Quand les choses se présentent ainsi, il faut endormir davantage le sujet, car la persistance des actes subconscients ainsi que des anesthésies indique qu’il y a des somnambulismes plus profonds. » O sujeito não tem energia para se manter em “dois estados perceptivos” ao mesmo tempo, e elege sempre, se assim é sua inclinação, o inconsciente ou a consciência mais remota. Dessa forma Lucie, p.ex., não precisa dividir sua ‘atenção total’ (consciência + inconsciência acessível por Janet) entre 2 ordens diferentes de fenômenos; pode produzir muito mais escrita automática em sonambulismo.
« Léonie 3 est la premiére à se souvenir de certains actes et se les attribue. » « Lucie qui n’avait, dans le premier somnambulisme, [Lucie 1.5] absolument aucun souvenir des actes subconscients, ni du personnage d’Adrienne [Lucie 2 propriamente dita; é como se Lucie tivesse uma cisão dentro da cisão, 2a e 2b e não apenas uma Lucie 2; daí eu chamar Adrienne de Lucie 2 p.d. e a Lucie 2 sonambúlica de Lucie 1.5; me parece que Lucie 3 refaz a síntese, sabendo tudo de Lucie 1, de ambas as “Lucie 2” e também de si própria, claro], reprend ces souvenirs de la façon la plus complète dans son 2e somnambulisme. Il ne faut donc pas nier le rapport entre les existences successives et les existences simultanées, parce que le sujet ne retrouve pas, tout de suite, dans son 1er somnambulisme, le souvenir de certains actes subconscients »
« Quelquefois ces systèmes psychologiques subconscients, [paralelos ou alternados] formés à part de la perception personnelle, sont en petit nombre, 2 chez Lucie ou Léonie, 1 seul chez Marie, 3 ou 4 chez Rose ; quelquerfois ils sont, je crois, très nombreux. »
ESQUEMATIZANDO A COMPLEXIDADE DA SITUAÇÃO: « La vie consciente de Lucie semble se composer de 3 courants parallèles les uns sous les autres. Quand le sujet est réveillé, les 3 courants existent : le premier est la conscience normale du sujet qui nous parle, les 2 autres sont des groupes de sensations et d’actes plus ou moins associés entre eux, mais absolument ignorés par la personne qui nous parle. Quand le sujet est endormi en premier somnambulisme, le premier courant est interrompu et le second affleure, il se montre au grand jour et nous fait voir les souvenirs qu’il a acquis dans sa vie souterraine. Si nous passons au 2e somnambulisme, le second courant est interrompu à son tour, pour laisser subsister seul le troisième qui forme alors toute la vie consciente de l’individu, [felizmente minha explicação acima estava correta!] dans laquelle on ne voit plus ni anesthésies ni actes subconscients. Au réveil les courants supérieurs reparaissent en ordre inverse. »

2.9 IMPORTANCE RELATIVE DES DIVERSES EXISTENCES SIMULTANÉES
« que la vie subconsciente ressemble à la vie somnambulique, cela est évident ; qu’elle soit absolument identique au somnambulisme et puisse lui être assimilée, c’est ce qu’on ne peut admettre. Léonie 2, le personnage somnambulique, bavard, pétulant, enfantin, ne peut pas exister complet et tel quel au-dessous de Léonie 1, cette femme âgée, calme et silencieuse. Ce mélange amènerait un délire perpétuel. En outre, le personnage somnambulique qui a les sensibilités absentes viendrait toujours compléter le personnage normal et ne lui laisserait aucune paralysie visible. Voici à ce propos un détail que mon frère m’a raconté. Une hystérique ayant les jambes anesthésiques, Witt…, appuie ses pieds sur une boule d’eau chaude et, ne sentant rien, ne s’aperçoit pas que l’eau est trop chaude et lui brûle les pieds. Ce sujet renfermait cependant une 2e personnalité qui se manifestait parfaitement par des signes subconscients ou dans un somnambulisme profond et qui avait alors la sensibilité tactile. Quando on l’interrogea, ce 2e personnage prétendit avoir très bien senti la douleur aux pieds. ‘Eh bien, alors, pourquoi n’as-tu pas retiré les jambes ? – Je ne sais pas.’ Il est évident que le 2e personnage qui posséde la sensibilité tactile des jambes ne devait pas exister pendant la veille de la même manière qu’il existe maintenant en somnambulisme profond. En un mot, la 2e personnalité n’existe pas toujours de la même manière et les rapports ou les proportions entre les différentes existences psychologiques doivent être fort variables. » Como o caso de Lucie 2 e Lucie 1.5. Memória de que o pé doía, memória sutil de um passado em que a inação diante da dor era a única possibilidade.
« L’état de santé psychologique parfaite. La puissance de synthèse étant assez grande, tous le phénomènes psychologiques, quelle que soit leur origine, sont réunis dans une même perception personnelle, et par conséquent la 2e personnalité n’existe pas. Dans un pareil état, [théorique] il n’y aurait aucune distraction, aucune anesthésie, ni systématique ni générale, aucune suggestibilité et aucune possibilité de produire le somnambulisme, puisqu’on ne peut développer des phénomènes subconscients qui n’existent pas. Les hommes les plus normaux sont loin d’être toujours dans un pareil état de santé morale, et, quant à nos sujets, ils y parviennent bien rarement. »
« l’état de désagrégation » X « l’état hystérique »
« les phénomènes désagrégés restent encore incohérents, tellement isolés que, sauf pour quelques-uns qui amènent encore des réflexes très simples, ils n’ont, pour la pluplart, aucune action sur la conduite de l’individu, ils sont comme s’ils n’existaient pas. »
Normalmente a 2ª personalidade é « l’état dans lequel les spirites sont si heureux de voir leurs médiums, afin d’évoquer les esprits par l’intermédiaire des phénomènes désagrégés. ». = « somnovigil ; veille somnambulique » (Beaunis) – semi-hipnotismo? Voilà, c’est l’« hémi-somnambulisme », nome de Richet.
« somnambulisme véritable »

gráfico-resumo
« Il est facile d’observer un très grand nombre de variétés et de complications dans lesquelles les 2 personnages peuvent plus ou moins se connaître mutuellement et réagir l’un sur l’autre. Nous évitons d’entrer maintenant dans l’étude de ces complications. »
« Si nos sujets, après le réveil, ne conservent pas le souvenir de leur somnambulisme, c’est qu’ils ne reviennent pas à la santé parfaite et qu’ils gardent toujours des anesthésies et des distractions plus ou moins visible ; s’ils guérissaient radicalement, s’ils élargissaient leur champ de conscience jusqu’à embrasser définitivement, dans leur perception personnelle, toutes les images, ils devraient retrouver tous les souvenir qui en dépendent et se rappeller complètement même de leurs périodes de crise ou de somnambulisme. Je dois dire que je n’ai jamais constaté ce retour de la mémoire et que cette remarque est fondée sur l’examen d’une figure schématique et sur le raisonnement plus que sur l’expérience. » « jamais je n’ai vu ces personnes hystériques retrouver après leur guérison apparente le souvenir de leurs secondes existences. » « N’est-il pas possible qu’à 60 ans, l’hystérie, la désagrégation mentale qui existait à 20 ans, ait totalement disparu et que l’esprit entièrement reconstitué ait récupéré toutes les images, comme pendant un somnambulisme parfait. » « Les existences psychologiques simultanées, que nous avons été obligé d’admettre pour comprendre les anesthésies, sont dues à cette persistance plus ou moins complète de l’état somnambulique pendant la veille. »
2.10 L’ANESTHÉSIE ET LA PARALYSIE
SOBRE A EXISTÊNCIA DE UM REPOSITÓRIO, CHAMADO INCONSCIENTE, QUE GUARDA TODAS AS MEMÓRIAS ESQUECIDAS (muito antes da Pseudanálise): « C’est une théorie bien séduisante et à certains points de vue bien vraisemblable ; elle est admirablement exprimée dans saint Augustin et a été défendue avec beaucoup d’adresse par des philosophes contemporains, comme M. Bouillier (Ce que deviennent les idées in Revue philosophique, 1887) et M. Colsenet (La vie inconsciente de l’esprit). (…) Nous avons eu, en composant ce travail, la prétention, justifiée ou non, de faire un ouvrage de psychologie expérimentale et de nous écarter le moins possible des faits que nous avons pu, plus ou moins bien, observer nous-mêmes ; or nous n’avons pas constaté de faits qui se rattachent directement à cette hypothèse un peu transcendante. La grande différence entre une étude expérimentale et une théorie philosophique c’est que la première n’a pas besoin de pousser les idées jusqu’à leurs plus lointaines conséquences et qu’elle s’arrête au point où la base solide des observations et de l’expérience paraît se dérober. »
« Nous n’insisterons pas non plus sur ce fait, car nous avons assez étudié les conditions de la mémoire pour admettre sans examen nouveau que les diverses amnésies de ce genre s’expliquent de la même manière que les diverses anesthésies. »
« Mais on rencontre souvent dans les études de psychologie pathologique 2 phénomènes nouveaux et très importants : les paralysies et les contractures. Si ces faits peuvent être rattachés à cette théorie de la désagrégation psychologique que nous avons esquissée, ils lui apporteront une vérifications assez sérieuse ; nous devons donc leur consacrer une étude particulière.
En règle générale, toute anesthésie et toute amnésie amènent toujours à leur suite una paralysie : si j’ai oublié le nom ou la place d’un objet, je ne puis pas prononcer ce nom, ni faire le mouvement pour prendre l’objet à sa place. Une hystérique qui perd complètement le souvenir de toute espèce d’images verbale, ou qui perd toute sensibilité d’un membre, ne peut plus parler ou ne peut plus remuer ce membre. D’autre part, les paralysies et les contractures sont presque toujours, sauf dans des cas tout à fait exceptionnels, accompagnées par des anesthésies. ‘L’anesthésie tactile et musculaire accompagne toujours la paralysie hystérique’, disait Charcot. ‘Le malade,’ dit un autre auteur, ‘n’a conscience de son membre que comme d’un corps étranger dont le poids est gênant et se fait sentir dans la partie du thorax restée sensible’. (Berbez, Hystérie et traumatisme, 1887) De même les contractures sont en général indolentes et accompagnées d’une anesthésie profonde du muscle et presque toujours également de la peau qui le recouvre. (…) inversement, quand les anesthésies disparaissent, on voit les contractures céder et les membres paralysés recouvrer leurs mouvements. » « Une théorie, autrefois assez répandue et qui aujourd’hui n’est plus guère soutenue, semble s’opposer à l’assimilation que nous voulons faire ; car elle sépare absolument, comme 2 phénomènes différents et indépendants l’un de l’autre, les paralysies et les anesthésies. »
« Un épervier¹ à qui l’on coupe les nerfs sensitifs de la patte ne sent plus dans ce membre les attouchements ou les piqûres, disait Claude Bernard, mais il conserve la faculté de se tenir sur son perchoir² et de marcher. » D’une manière plus générale, on peut, par la section des racines sensitives, supprimer la sensibilité en laissant persister la motilité ; c’est l’ancienne expérience de Bell et de Magendie [Lei de Bell-Magendie sobre compartimentação nervocerebral sensório-motora – ambos não escreveram em parceria, foram descobertas simultâneas e independentes]. Donc, dit Joly (Sensibilité et mouvement), le mouvement existe sans la sensibilité. En aucune façon ; les lésions chirurgicales sont, à mon avis, un mauvais procédé d’expérimentation psychologique, car jusqu’à présent elles ne sont pas assez délicates et n’atteignent pas avec précision le fait que l’on veut supprimer. La section d’une racine sensitive supprime simplement la communication matérielle entre les impressions extérieures et la faculté de sensibilité de l’animal ; elle ne détruit absolument pas cette faculté. L’épervier de Claude Bernard est toujours capable de sentir les sensations relatives à sa patte et, par conséquent, il conserve la mémoire de toutes les images des sensations anciennes qui lui ont été transmises par ce nerf autrefois intact. Personne n’a jamais prétendu que le mouvement fût toujours produit par une sensation actuelle : nous pouvons écrire maintenant sans avoir des modèles d’écriture sous les yeux ; mais cela ne prouve pas que l’écriture ne soit pas un mouvement produit par des images d’anciennes sensations visuelles ou musculaires. (…) l’anesthésie dont l’auteur parle n’est produite que par des lésions anatomiques, hémorragies, tumeurs, etc., qui interrompent la conduction, mais ne suppriment point la faculté psycho-physiologique de la sensation et de l’image. Il n’y a pas de paralysie sans doute, mais c’est qu’il n’y a pas d’amnésie, parce que l’anesthésie n’est pas complète. »
¹ Accipiter nisus: gavião-da-europa.
² Apoiador do pássaro na gaiola.
« C’est uniquement dans les névroses que le psychologue peut étudier avec fruit les troubles de la sensibilité et du mouvement. (…) Voyons donc si, dans les névroses, il y a des troubles de la sensibilité sans troubles du mouvement. Cela est certain ; tous les observateurs, en effet, ont remarqué qu’il y a des hystériques absolument anesthésiques et qui remuent fort bien. L’observation célèbre de Deneaux¹ nous dispensera de description : ‘Elle mettait ses muscles en jeu sous l’influence de la volonté, mais elle n’avait pas conscience des mouvements qu’elle exécutait. Elle ne savait pas quelle était la position de son bras, il lui était impossible de dire s’il était étendu ou fléchi. Si on disait à la malade de porter la main à son oreille, elle exécutait immédiatement le mouvement ; mais lorsque ma main était interposée entre la sienne et son oreille elle n’en avait pas conscience….’ C’est là un bel exemple d’anesthésie tactile et musculaire complète sans paralysie. Beaucoup des sujets que j’ai étudiés, Marie surtout, donneraient lieu à une description absolument identique. »
¹ Médico ou anatomista caído no olvido.
« Les hystériques ne sentent pas leur bras remuer, mais elles le remuent cependant, parce qu’elles se représent l’image visuelle du mouvement de leur bras et que cette image visuelle, comme nous l’avons vu dans toutes les expériences relatives à l’imitation, suffit pour produire le mouvement effectif. »
« pour des femmes surtout, le mouvement des bras est beaucoup plus visible que le mouvement des jambes et laisse dans la mémoire des images visuelles bien plus nettes » O mesmo não ocorreria hoje, portanto.
« Les exceptions rentrent donc assez facilement dans la règle : s’il a des anesthésies musculaires qui ne soient pas accompagnées de paralysies, c’est que toute sensibilité relative au mouvement n’a pas été supprimée, que les sensations et les images visuelles sont intervenues pour remplacer celles qui étaient perdues, et on ne peut pas en conclure que le mouvement existe indépendamment des images sensorielles. »
« des paralysies sans anesthésie. (Dans toute cette discussion, d’ailleurs, nous ne faison aucune allusion aux paralysies et aux contractures dues à une cause organique, qui peuvent présenter de tout autres caractères.) » « Il faut encore ici, pour l’étude psychologique, rechercher des paralysies sans lésion et voir comment elles peuvent se produire malgré la conservation de la sensibilité. »
« On peut faire beaucoup d’expériences de ce genre, dire à un sujet que son bras est collé à la table, qu’il ne peut prendre un objet, etc. Bernheim remarque que, si on a dit, pendant le somnambulisme, que tel objet paralysait, cet effet se produit encore après le réveil, sans que le sujet sache pourquoi. (De la suggestion) » « immobilité apparente » « idée fixe subconsciente qui arrête le mouvement au moment où le sujet veut le produire et pourrait d’ailleurs le faire au moyen des images sensorielles qu’il a complètement conservées. »
« les études précédentes ne nous semblent pas avoir réussi à la séparer [la paralysie] de l’anesthésie. »
2.11 LES PARALYSIES ET LES CONTRACTURES EXPLIQUÉES PAR LA DÉSAGRÉGATION PSYCHOLOGIQUE
« paralysie totale … contracture totale … plus simple et … les plus fréquentes »
« paralysie complète … le membre retombe toujours inerte, obéissant aux lois de la pesanteur … contracture générale, un membre, et quelquefois le corps entier, prend une position fixe, invariable, déterminée par la position et la force relative des différents muscles. » « Cette attitude des membres dans la contracture générale a été souvent décrite à propos des attaques de tétanos ou de certaines crises d’épilepsie : la jambe, p.ex., sera dans l’extension forcée, parce que les muscles extenseurs prédominent sur les fléchisseurs, le poing sera fermé, légèrement tourné en dedans, le corps courbé en arrière légèrement en arc, etc. »
« paralysie ou contracture partielles … un même nerf » « C’est dans cette classe qu’il faut ranger les griffes cubitales, médianes et radiales qui ont été si souvent décrites. »
« un troisième groupe d’anesthésies … systematisées. Il est facile de constater qu’il y a des paralysies et des contractures exactement correspondantes. § Les anciens magnétiseurs avaient déjà remarqué que l’on peut défendre à un sujet de faire un certain mouvement, de prononcer tel mot, ou d’écrire telle lettre. ‘Les paralysies systématiques consistent dans la perte de mouvements spéciaux, de mouvements adaptés. Le sujet qui en est atteint ne perd pas complètement l’usage de son membre ; il est seulement incapable de s’en servir pour exécuter un acte determiné et cet acte seul’ (Binet et Féré, Magnétisme animal) Il est facile de comprendre combien un sujet qui peut faire de son bras tous les mouvements possibles, sauf ceux qui sont nécessaires pour écrire un A, ressemble au sujet qui peut avec son oeil voir tous les objets, sauf une seule personne désignée. Il y a même, quoique ce soit un fait moins connu, des contractures systématisées, c’est-à-dire des contractures dans lesquelles tous les muscles du bras ou de la main ne sont pas contracté au plus haut degré, mais dans lesquelles quelques-uns seulement sont contractés et les uns plus, les autres moins, de manière à donner au membre une attitude également rigide, mais expressive. Les bras, p.ex., pourront rester contracturés dans la posture de la menace ou dans celle de la prière. Les paralysies et les contractures peuvent donc présenter toutes les modifications que présentaient les anesthésies et être classés de la même manière. »
« La suggestion posthypnotique amenait des insensibilités partielles et des anesthésies systématiques ; elle produira des paralysies et des contractures du même genre. »
« Je fais, par ce procédé, écrire l’alphabet, Lucie [1] ne le sait plus. Je demande au personnage subconscient [Lucie 2] l’orthographe d’un mot, ‘chapeau, maison, etc.’, il l’écrit correctement ; mais si on le demande à Lucie [1] à ce même moment, elle cherche et prétend l’avoir oubliée. Bien mieux si, avec quelques précautions, on arrête cette écriture automatique, sans détruire l’état d’hémisomnambulisme qui subsiste alors, on constate que Lucie a, en ce moment, totalement perdu la faculté d’écrire consciemment et qu’elle ne peut s’exprimer que par la parole. »
« Les contractures hystériques sont beaucoup plus fréquentes que les paralysies, car les muscles anesthésiques ont une tendance curieuse à se contracturer sans cesse sous la plus légère influence, le massage, la pression circulaire, l’approche d’un aimant, etc. »
« Une femme de 26 ans, évidemment hystérique, a une querelle avec son mari et lève le poing pour le frapper : comme par une punition céleste, le bras droit reste contracturé dans la position du coup de poing. Elle vint au bout de 3 jours demander assistance, car la contracture n’avait pas cédé : M. le Dr. Gibert eu l’obligeance de me la montrer. J’ai d’abord essayé les expériences avec l’aimant qui, je dois le dire, n’eut aucune influence sur cette paysanne très ignorante des théories du transfert. Mais elle fut très émotionnée, pleurait et ne comprenait plus rien à ce qu’on lui disait. Je profitai de son émotion pour lui faire des suggestions à l’état de veille ; par un mot, je fis passer la contracture de droite à gauche, de gauche à droite et enfin je la fis disparaître. »
« En réalité, ces 2 choses, l’oubli et la paralysie, ne sont qu’un seul et même phénomène considéré de 2 côtés différents, comme l’image et le mouvement. » « [en un mot,] c’est une désagrégation »
« Il faut admettre que ces images existent encore et font simplement partie d’un autre groupe plus ou moins coordonné de phénomènes psychologie [P e P’], afin de comprendre comment le mouvement des membres paralysés se conserve et a lieu, quand on le désire, à l’insu du sujet lui-même. »
2.12 CONCLUSION
« Les choses se passent comme si les phénomènes psychologiques élémentaires étaient aussi réels et aussi nombreux que chez les individus les plus normaux, mais ne pouvaient pas, à cause d’une faiblesse particulière de la faculté de synthèse, se réunir en une seule perception, en une seule conscience personnelle »
3. DIVERSES FORMES DE LA DÉSAGRÉGATION PSYCHOLOGIQUE
3.1 LA BAGUETTE DIVINATOIRE. – LE PENDULE EXPLORATEUR. – LA LECTURE DE PENSÉES.
« Une des pratiques les plus anciennes et les plus simples pour ces révélations mystérieuses est l’usage de la baguette divinatoire. C’est une baguette, ordinairement de coudrier, qui a la forme d’une fourche [uma forquilha de madeira] et qui servait autrefois dans les campagnes pour découvrir les sources, les métaux cachés et mêmes les traces des criminels. Le devin, car ce n’est qu’une personne privilégiée qui peut se servir de cet instrument, prend dans ses 2 mains les 2 branches de la fourche et s’avance sur le terrain qu’il doit explorer, en ayant soin de ne pas bouger volontairement les bras. Si, sur un point du parcours, la baguette oscille, s’incline jusqu’à tordre les poignets du devin qui ne peut résister, c’est là qu’il faut fouiller pour trouver les sources ou les trésors. Le fameux Jacques Aymar conduisit même ainsi les magistrats sur la piste de 2 criminels depuis Lyon jusqu’à Toulon.(*)
(*) Gasparin, Des tables tournantes, 1855, II. – De Mirville, Des esprits et de leurs manifestations fluidiques, 1963, I. »
« Un anneau suspendu au bout d’un fil plonge dans un verre : la sybille tient l’extrémité de ce pendule explorateur et lui pose des questions auxquelles il doit répondre par les mouvements ou les battements de l’anneau contre le verre. Ce petit jeu mérite quelque célébrité, car il a provoqué les premières recherches de M. Chevreul et il a été le point de départ des études expérimentales sur les phénomènes subconscients de l’esprit humain. »
« willing game, le jeu du vouloir, appelé en France la lecture des pensées ou le cumberlandisme, du nom de celui qui l’a introduit il y a quelques années. J’emprunte la description du cumberlandisme à des auteurs qui en ont fait une étude minutieuse et qui nous indiquent les termes usuels qui le caractérisent. (…) un membre de la société qui doit jouer le rôle de thought reader ou de percipient, devin, quitte la salle ; les autres personnes qui restent choisissent quelque action simples qu’il doit accomplir ou cachent quelque objet qu’il doit trouver ; le devin est alors ramené et un ou plusieurs willers, conducteurs, lui touchent légèrement la main ou l’épaule. Dans ces conditions, l’action choisie est souvent assez vite accomplie ou bien l’objet est retrouvé. Le willer affirme cependant et avec une parfaite bonne foi qu’il n’a donné aucune impulsion directrice.(*)
(*) Myers, Gurney & Podmore, Phantasms of the living, 1886, I. »
“Quoique des séances de ce genre, surtout lorsqu’elles sont publiques, laissent toujours quelque doute et ne puissent pas être rapportées avec autant de confiance que des expériences personnelles, je crois que, dans ce cas, les mesures de précaution contre des supercheries possibles étaient assez bien prises. Dans cette séance de mentévisme, comme il disait, Osip Feldmann arrivait, non pas toujours, mais assez souvent, à exécuter l’acte auquel on pensait en lui serrant fortement le poignet. Il réussissait mieux les expériences compliquées que les plus simples, celles qui comportaient beaucoup de mouvements que celles qui devaient être faites sur place. Il réussissait également mieux avec certaines personnes qu’avec d’autres : ainsi, j’essayai en vain de le diriger, il ne comprit rien à ce que je pensai, tandis qu’il comprenait très bien plusieurs de mes amis. Il parvenait même à comprendre une personne qui ne le touchait pas, mais se contentait de le suivre partout en restant à un mètre de distance : cette expérience est déjà décrite en Angleterre. (…) Au lieu de se faire tenir directement par la personne qui avait choisi l’action à accomplir et qui jouait le rôle de willer, il interposait entre elle et lui une 3e personne totalement ignorante de ce qu’il y avait à faire et dont le rôle consistait uniquement à tenir d’un côté le poignet du devin et de l’autre la main du willer sans penser elle-même à rien de précis. »
« En Angleterre, où l’on a, pour toutes ces questions, une curiosité intelligente et active, plusieurs observateurs ont entrepris, afin d’étudier la baguette divinatoire, une série d’expériences longues et coûteuses que l’on n’aurait jamais songé à faire en France. On trouverait le compte rendu de ces expériences dans les articles de MM. Sollas et Edw. Pease¹ »
¹ Bibliografia não-encontrada.
« Lorsque je tenais le pendule à la main, un mouvement musculaire de mon bras, quoique insensible pour moi, fit sortir le pendule de l’état de repos et les oscillations une fois commencées furent bientôt augmentées par l’influence que la vue exerça pour me mettre dans cet état particulier de disposition ou de tendance au mouvement… »
Chevreul
« J’ai remarqué, écrit un observateur anglais, que si un objet a été d’abord caché dans un endroit, puis déplacé pour être mis dans un autre, la personne qui me conduit ne manque pas de me mener d’abord à la première place, puis elle m’entraîne à la véritable. »
« Plusieurs personnes à qui j’ai fait tenir le pendule de Ch. furent stupéfaites et effrayées de voir l’anneau m’obéir et osciller dans le sens que j’indiquais. Le mouvement est cependant réel [et involontaire, et inconscient] »
« Não pisque! » E então a pessoa pisca nervosamente.
Círculos de língua traçados pela boca, serão mesmo circulares?
“Pour pouvoir reproduire cette expérience, il faut appartenir au type visuel et avoir habituellement des mouvements déterminés par des images visuelles. C’est pourquoi plusieurs personnes, qui agissent d’ordinaire autrement, ne peuvent pas mettre le pendule en mouvement par ce procédé. »
« Mais (…) pourquoi ces individus font-ils ces mouvements sans le savoir ? Un mouvement automatique déterminé par une image n’est pas forcément un mouvement ignoré. Quand nous bâillons en voyant bâiller quelqu’un, nous savons bien ce que nous faisons. Le mouvement est provoqué par l’image visuelle ou auditive [e eis que bocejo!] » E provavelmente quando reler bocejarei de novo. Dito e efeito… E você que me lê?
« J’ai cru observer que les individus qui appartiennent au type moteur ou musculaire ne sont pas, comme on pourrait le penser, les meilleurs sujets pour ce genre d’expériences. Habitués à se servir de leurs sensations musculaires et à y faire attention, ils ne laissent pas passer inaperçus ces mouvements involontaires de leur main et les arrêtent dès leur début. »
Nós, os auditivos e visuais, precisamos de muitos estímulos para correr, por exemplo. Aí ignoramos a dor.
« on peut donc dire que, dans toutes les expériences que nous avons rappelées, il y a au moins un commencement de désagrégation psychologique avec sensations et mouvements subconscients. »
« Entre les doigts d’une hystérique anesthésique, le pendule fait merveille et exécute tous les mouvements possibles, parce que l’anesthésie musculaire est déjà complète et que ces sensations ne viennent pas gêner le mouvement produit par les images visuelles ou auditives. »
« La communication entre les 2 personalités est ici le son de la parole, comme entre des personnes normales. » O Rafael do sonho, do banho, das caminhadas (o cantante, o fumante).
“Il faut aller plus loin que M. Chevreul et, après avoir admis des actes sans volonté, il faut parler des pensées sans conscience ou en dehors de notre conscience, si l’on veut se débarrasser des innombrables petits diables de M. de Mirville. »
3.2 RÉSUMÉ HISTORIQUE DU SPIRITISME
« Il y a des années que les chefs du spiritisme connaissent ces faits de désagrégation psychologique que nous venons de décrire. Il semble que toute science doive passer par une période de superstition bizarre : l’astronomie et la chimie ont commencé par être l’astrologie et l’alchimie. La psychologie expérimentale aura commencé par être le magnétisme animal et le spiritisme : ne l’oublions pas et ne nous moquons pas de nos ancêtres. » Discurso ok para o fim do séc. XIX. Mas se vemos espíritas (e muito mais estúpidos que os espíritas franceses daquele tempo) a nossa frente, evidentemente que devemos cair na gargalhada (um dos poucos prazeres restantes nesse mundo tão insosso)! O espiritismo não é respeitável sequer como religião – não se trata aqui de rir do que é « pseudo » ou « proto » científico, mas de algo bem mais profundo… Não rio de quem lê horóscopos e professa fé na deusa Astarte (por exemplo). Há nisso um quê de dignidade indefinível. Kardecistas, porém?! Não, que a tolerância com malucos de branco escapados de camisas-de-força tenha seus limites, meus caros!
« Les ouvrages des spirites, comme ceux des magnétiseurs, peuvent se diviser en 2 groupes. Les uns qui exposent une quantité de théories plus ou moins banales ou fantastiques pour expliquer un petit nombre de faits à peine décrits : ceux-là sont en général complètement illisibles. Les autres, tout en parlant encore beaucoup trop des esprits et de leur hiérarchie, insistent davantage sur les faits observés et les descriptions des séances ; ils sont intéressants et plus agréables à lire que l’on ne croirait.
Après avoir commencé, non sans effroi, la lecture des gros volumes de M. de Mirville, l’étude de la Revue spirite, celle des théories de Gasparin ou de Chevillard sur le spiritisme, j’ai fini par y prendre un certain plaisir. On trouve de tout dans ces ouvrages, qui sont quelquefois écrits avec une verve et un enthousiasme presque communicatifs. Tantôt ce sont des histoires délicieuses, comme celle de ce bon M. Bénézet et de son guéridon [mesa de centro; incrivelmente sonante com guérison] qui interrompt sa conversation pour courir après des papillons, celle de ces esprits malins et peu convenables qui se dissimulent sur les chaises et mordent les personnes… quand elles s’asseoient, et surtout le récit des mésaventures de ce pauvre M. X… qui fuit devant la révolte de son mobilier et se cache derrière un canapé resté fidèle ; tantôt ce sont des recherches d’érudition absolument dépourvues de critique, il est vrai, mais quelquefois bien curieuses ; tantôt ce sont des observations psychologiques très intéressantes et très fines et qui sont loin d’être inutiles pour les observateurs de nos jours. Il est fâcheux que les dimensions de cet ouvrage ne me permettent pas d’insister suffisamment sur ces différents auteurs. Nous ne pouvons que rechercher les faits les plus fréquemment observés par des écrivains opposés les uns aux autres et, par conséquent, les plus vraisemblables, et les extraire de toutes ces réflexions, ces discussions, ces théories qui les étouffent. Une science naissante donne beaucoup plus de place aux systèmes qu’aux faits ; c’est justement l’inverse qui a lieu dans une science un peu plus avancée. » Dá o que pensar. Mas não poderia ser o contrário? Vejamos a sociologia: tão fértil e ligada a coisas ainda reais antes das sistematizações que a tornam estéril e mero apêndice estatístico hoje, sem vida.
« On connaît, dans ses grands traits, l’histoire du spiritisme, et je ne puis entrer ici dans des détails qui formeraient tout un volume. On sait que, vers 1848, 2 jeunes filles américaines, misses Fox,(*) ont eu le singulier honneur d’entendre les premières des coups mystérieux que rien ne pouvait expliquer : elles les attribuèrent tout naturellement à l’âme d’un individu décédé dans la maison, et, avec un courage au-dessus de tout éloge, engagèrent la conversation avec ce personnage. D’après une convention établie par ces demoiselles, un coup signifiait ‘oui’ et deux coups signifiaient ‘non’. M. de Mirville semble réclamer le mérite de cette invention pour un des témoins dans l’affaire du presbytère de Cideville.(**) C’est une question de priorité à débattre entre la France et l’Amérique. Je ne crois pas, cependant, que la question ait grande importance, car un passage d’Ammien Marcellin assure qu’au IVe siècle de notre ère, les chefs d’une conspiration contre l’empereur Valence interrogèrent des tables magiques d’une façon à peu près analogue.(***) Le procédé serait donc fort ancien. En tout cas, c’est en Amérique [la terre des fous], de Mirville en convient lui-même, que, grâce aux misses Fox et au juge Edmonds, l’épidémie spirit fit ses premiers progrès. Ce dernier fut surtout stupéfait de la connaissance que les esprits qu’il interrogeait avaient de ses propres pensées.
(*) Sur l’histoire des misses Fox, Cf. Bersot : Mesmer. Le magnétisme et les tables tournantes, 4e éd. 1879, 119.
(**) De Mirville, Pneumatologie. Des esprits et de leurs manifestations diverses. Mémoires adressés aux académies, 4 vols. [!] in-8, 4e éd., 1863, I, 328.
(***) Lafontaine, Art de magnétiser, 27. »
O mais provável é que os indígenas exterminados pelo colonizador britânico tenham lançado uma grande maldição nessa terra desértica de bens e de idéias.
Deus morreu, mas a mesa sobreviveu. I am… I am… I AM!
« Bientôt les dames pussèrent de grands cris, car la table tremblait sous leur main et se mettait à tourner. » « on commanda à la table : ‘danse’, et elle dansa »
« L’épidémie ne tarda pas à passer en France : quoique certains auteurs prétendent qu’il eut des tentatives de ce genre dès 1842, ce n’est vraiment qu’en 1853 que l’on trouve des expériences bien authentiques à Bourges,(*) à Strasbourg, à Paris. Le succès fut complet et ne tarda pas à dépasser même celui des Allemands. [mais românticos que os românticos!] Sous la pression des mains rangées autour d’elle avec méthode, la table ne se contenta plus de tourner et de danser, elle imita les diverses batteries du tambour, la petite guerre avec feux de file ou de peloton, la canonnade, puis le grincement de la scie, les coups de marteaux, le rythme de différents airs » Mesa Napoleão. Memórias: Quinta série e brincadeira do compasso… – Não sabíamos, na sala, que as “bics” que terminaram voando pela janela eram resultado de nossas contrações musculares inconscientes…
(*) « Allan Kardec, Le livre des médiums, 19e éd. [puta que pariu…]. »
OS FINS JUSTIFICAM OS MÉDIUMS : « On ne tarda pas à remarquer, en effet, que les 10 ou 12 personnes réunies autour de la table ne jouaient pas toutes un rôle également important. La plupart pouvaient se retirer sans inconvénient, sans que les mouvements de la table fussent arrêtés ou modifiés. Quelques-unes, au contraire, semblaient indispensables, car, si elles se retiraient, tous les phénomènes étaient supprimés et la table ne bougeait plus. On désigna sous le nom de médiums ces personnes dont la présence, dont l’intermédiaire était nécessaire pour obtenir les mouvements et les réponses des tables parlantes. »
METÁFORA DA REVOLUÇÃO INDUSTRIAL: « Grâce à ces progrès, les opérations deviennent plus simples et plus régulières : au lieu d’une douzaine de personnes debout autour d’une table, écoutant et comptant le nombre des bruits qu’elle produit dans son mouvement, il n’y a plus que le médium, la main appuyée sur une petite planchette mobile, ou même, dans la plupart des cas, tenant directement un crayon. » Chaplin bem podia ter gravado mais um filme, O GRANDE CHARLATÃO.
E como em toda revolução industrial, seguem sucessivas especializações do especialista: “Les médiums, ces individus essentiels et privilégiés, n’ont pas, tous, les mêmes pouvoirs et se rangent en catégories innombrables que nous ne pouvons énumérer toutes : les médiums à effets physiques ou les médiums typtologues, comme les misses Fox en Amérique, provoquent, par leur seule présence, des bruits dans les murs ou sous les tables ; les médiums mécaniques se servent d’une planchette, d’une toupie, d’une corbeille à bec, etc. ; les médiums gesticulants répondent aux questions par des mouvements involontaires de la tête, du corps, de la main, ou bien en promenant les doigts sur les lettres d’un alphabet avec une extrême vitesse ; les médiums écrivants tiennent le crayon eux-mêmes, et écrivent à l’endroit ou à l’envers, [ALLAN ATRAVÉS DO ESPELHO] ou se servent de l’écriture spéculaire,(*) ou obtiennent des écritures diversement transformées ; les médiums dessinateurs laissent leur main errer au hasard et sont tout surpris de voir ‘la maison habitée par Mozart dans la planète Jupiter toute en notes de musique’.(*) (…) Il y a des médiums pantomimes ‘qui imitent, sans pouvoir s’en rendre compte, la figure, la voix, la tournure des personnes qu’ils n’ont jamais vues, et jouent des scènes de la vie de ces personnes d’une telle façon qu’on ne peut s’empêcher de reconnaître l’individu qu’ils représentent’. » + os ‘inventores’ de línguas (hoje fazendo carreira nas neo-pentecostais) + médiums auditivos e visuais, etc.
(*) « Gibier, Le spiritisme ou fakirisme occidental, 1887. »
O SUMO ÓBVIO: « Ce qui distingue l’école spirite, dite américaine, écrit la Revue spirite, c’est la prédominance de la partie phénoménale ; dans l’école européenne on remarque au contraire la prédominance de la partie philosophique. » É como dizer que um espiritismo que fosse desenvolvido por cavalos de competição contaria com percursos com obstáculos! O americano inventa Arquivo X; o tipo europeu inventa o Black Lodge… Eu me comunicaria com Zaratustra, não com alienígenas imbecis que gostam de se envolver com a Casa Branca, é evidente!
« Ce fut l’oeuvre d’un certain M. Rival, ancien vendeur de contre-marques, [cunhas de moeda] parait-il,(*) qui rédigea, sous le nom d’Allan Kardec, le code et l’évangile du spiritisme.
(*) Gilles de la Tourette, Hypnotisme. »
« Il est absolument inutile de résumer ici ce système philosophique qui n’a d’ailleurs aucune espèce d’intêrêt ; cette étude a été faite dans le petit livre de M. Tissandier qui examine moins les faits que les théories du spiritisme. (Des sciences occultes et du spiritisme, 1866.) Il suffit de savoir que cette doctrine est un mélange des idées religieuses courantes et d’un spiritualisme banal, [hahahaha] qu’elle soutient naturellement la doctrine de l’immortalité des âmes et la complète par une théorie vague de réincarnation analogue à la transmigration et à la métempsychose des anciens. » A História se repete como farsa.
Perispírito, o éter desses lunáticos.
« D’innombrables sociétés se formèrent dans lesquelles on conversait facilement avec l’âme de son arrière-grand-père ou avec l’esprit de Socrate. »
« Il ne faudrait pas, je crois, confondre complètement ce spiritisme d’aujourd’hui avec celui que existait autrefois et qui provoquait l’enthousiasme d’Allan Kardec et les terreurs religieuses de Mirville : ce sont 2 choses très différentes. Les quelques croyants sincères qui subsistent encore défendent péniblement les doctrines du maître contre des sectes et des religions nouvelles, l’occultisme ou la théosophie, beaucoup plus ambitieuses et plus compliquées que cette modeste conversation avec les âmes des trépassés. » Trespassados como Aquele pela lança de Longino. Às vezes tenho a impressão que o Brasil é o lixão do mundo, ou diria jardim fértil do mundo: aqui, tudo floresce.
3.3 HYPOTHÈSES RELATIVES AU SPIRITISME
“Le movement qui a provoqué la fondation d’une cinquantaine de journaux différents en Europe, qui a inspiré les croyances d’un nombre considerable de personne est loin d’être insignifiant. Il est trop général et trop persistant pour être dû à une simple plaisanterie locale et passagère.”
“La crédulité exagérée qui consisterait à prendre au sérieux toutes les balivernes [nonsense, folly] qui encombrent les revues de ce genre serait plus ridicule encore que le scepticisme”
“Que le médium agisse au moyen de son bras et écrive comme tout le monde, ou qu’il manifeste sa pensée par le mouvement du crayon placé loin de lui, cela est très different au point de vue physique; mais au point de vue psychologique, cela ne modifie pas la nature de la pensée qui se manifeste et les problèmes qui nous intéressent restent exactement les mêmes. Je me hâte d’ajouter que ces phénomènes réservés sont infiniment rares et que je serais fort embarrassé pour en parler, car, malgré toute ma curiosité, je n’ai jamais vu rien qui y ressemblât. Les 9/10 au moins des personnes qui se sont occupés de spiritisme avoueront, si elles sont sincères, que ce ne sont pas ces phénomènes d’écriture directe ou de soulèvements sans contact qui ont déterminé leurs convictions, car elles ne les connaissent aussi que de reputation. Contentons-nous d’étudier le problème d’un phénomène physique dont l’existence est encore au moins problématique.
Un premier effort pour expliquer le mouvement des tables tournantes fut fait dès les débuts de leurs succès par quelques physiciens. M. l’abbé Moigno¹ s’efforce de prouver, dans le Cosmos du 8 juillet 1854, que les tables ne tournent que parce qu’on les pousse. Il cite plusieurs expériences ingénieuses imaginées par M. Strombo [a.k.a. Dimitrios Stroumpos], professeur de physique à l’université d’Athènes, qui mettent cette impulsion en évidence. Si, p.ex., on recouvre la surface de la table d’une couche de tale très mobile, les doigts des expérimentateurs glissent sur la table et ne parviennent pas à lui communiquer le mouvement. Les appareils de Babinet et de Faraday, les couches de papier successives qui tournaient sous la pression dans le sens du mouvement de la table, l’aiguille indicatrice qui prévenait les assistants de leurs moindres mouvements, sont trop connus pour que j’y insiste; ces procédés mettaient en évidence le mouvement des expérimentateurs et des médiums. Mais, répondrons-nous avec M. de Mirville, il n’est pas nécessaire d’inventer tant d’appareils pour nous prouver que la main du médium remue, nous nous em doutions bien un peu; les meilleurs médiums sont ceux qui n’ont point besoin de tables et qui tiennent eux-mêmes le crayon, et tout le monde peut voir les mouvements de leur main. Ce qu’il faut nous expliquer, c’est de quelle manière ce mouvement peut être involontaire et inconscient, tout en restant cependant intelligent.”
¹ Citarei alguns livros fora do tema na bibliografia complementar.
Guldenstubbe, La réalité des esprits, 1873
“J’ai vu John Stuart Mill passer le long de Cheapside l’après-midi, lorsque cette rue est pleine de monde, et circuler sans peine sur le trottoir étroit sans coudoyer personne ni se heurter aux becs de gaz, et lui-même m’a assuré que son esprit était tout occupé de son système de logique, dont il avait médité la plus grande partie en allant chaque jour de Kesington aux bureaux de la compagnie des Indes, et qu’il avait si peu conscience de ce qui se passait autour de lui qu’il ne reconnaissait pas ses meilleurs amis…”
Carpenter, Revue scientifique, 1878.
“Nous bâillons quand nous voyons bâiller, nous rougissons quand nous voyons rougir, donc il est tout simple qu’un sujet ramasse des fleurs quand on le lui commande et qu’une flamme imaginaire lui brûle la peau. Sans doute il y a une légère analogie entre la marche involontaire du logicien distrait et l’écriture automatique des mediums; mais quelle difference, quell hiatus entre les 2 phénomènes. Les actes involontaires que l’on allègue sont habituels, de simples répétitions, sans originalité et sans intelligence; l’écriture automatique au contraire, il ne faut pas l’oublier, est fort intelligente.”
“On admet en Belgique que, pour aller plus vite, la table parlera avec ses 3 pieds: pour cela, on divise l’alphabet en 3 groupes de lettres: 1o de A à H, 2o de I à P; 3o de Q à Z; on numérote les lettres dans chaque groupe, A est désigné par un coup, B par 2, etc., I de nouveau par 1, J par 2, etc. Mais chaque pied correspond à un de ces groups et ne s’occupe pas des autres. Ainsi, si le premier pied frappé 3 coups, c’est un C., la troisième lettre du premier groupe, si le deuxième pied frappe un coup, c’est un I, la première lettre du 2e groupe, et ainsi de suite.”
Gasparin
“Comment peut-on comparer un calcul de ce genre à l’acte automatique de se gratter ou de cligner des yeux? Les communications écrites de cette manière sont très loin, comme nous le verrons, d’être des oeuvres de genie, mais encore sont-elles incomparablement plus qu’un simple réflexe mécanique.”
Myers, Automatic writing, 1885.
“It is time to go to sleep, go to bed.”
E por que raios um livro só sobre os médiuns e outro sobre os espíritos? Grr.
NÉON, A COLECIONADORA DE PARTES HUMANAS: “Le médium sait si peu ce que sa main écrit qu’il ne peut pas se relire et qu’il est obligé de faire appel à d’autres personnes pour comprendre ce que contient son message; ou bien, ce qui est plus curieux encore, il est obligé de prier l’esprit de répéter et d’écrire plus lisiblement, ce que ce dernier fait d’ailleurs avec assez de bonne volonté; ou bien encore, le médium se trompe em lisant le message, il lit par exemple J. Celen au lieu de Helen, et l’esprit est obligé de le reprendre et de rectifier.”
“L’histoire de l’esprit qui s’intitule lui-même Clelia forme réellement um document psychologique dont on ne saurait exagérer l’importance.”
ESCRITOR AUTOMÁTICO (MÉDIUM):“What is man?”
ESCRITA (INCONSCIENTE): “Tefi Hasl Esble Lies”
MÉD.: “How shall I believe?”
INC.: “neb 16 vbliy ev 86 e earf ee”
MÉD.: “Is this an anagram?”
INC.: “Yes”
“Ce n’est que le lendemain et après bien des efforts que le médium put disposer les lettres de manière à leur donner un sens à peu près intelligible: ‘Life is the less able’ ‘believe by fear even 1866’”
“Wundt, après avoir assisté à une séance de spiritisme, se plaint vivement de la dégénérescence qui a atteint, après leur mort, l’esprit des plus grands personnages, car ils ne tiennent plus que des propos de dements et de gâteux.” Cf. Wundt, Spiritisme (artigo), 1879.
“his quos durus amor crudeli tabe peredit”
“Illa solo fixos oculos aversa tenebat…” Dido
“Chez des protestants, les tables n’ont plus peur de l’eau bénite, n’ont plus de respect pour les scapulaires et annoncent avant 10 ans la chute de la papauté.” “Chez ceux qui croient à l’ancienne magie noire, les esprits obéissent aux formules magiques et tremblent devant les triangles sacrés. Il est vrai, comme l’a vérifié Morin,¹ que l’on peut, au lieu de réciter les formules fatales, déclamer des ver d’Horace et que l’on obtient le même succès.”
¹ Figura não-identificada.
3.4 LE SPIRITISME ET LA DÉSAGRÉGATION PSYCHOLOGIQUE
“Tout est dit…”
Frase de um moralista francês, século XVII
(s/ autor), Seconde lettre de gros Jean à son évêque au sujet des tables parlantes, des possessions et autres diableries. Paris, Ledoyen, 1855. (93 páginas)
“Quelques citations nous permettront de résumer la théorie psychologique contenue dans cette petite brochure: ‘Incitées par le monde extérieur, ou fécondant les matériaux déjà conquis, nos facultes intellectuelles forment en nous des idées ou des pensées; la conscience ou sens intime nous en donne connaissance; notre volonté ou faculté de réagir sur nous-mêmes fournit en même temps à la conscience l’idée de notre personnalité, l’idée du moi. Reste à établir le lien. Par ce mouvement de la volonté sur l’intelligence qu’on appelle l’attention, l’idée ou pensée est affirmée dans ses relations avec le moi, rapportée, unie à lui. Voilà ce qui se pase dans l’état ordinaire normal…’”
“Le phénomène qui nous occupe (les tables parlantes) n’est autre chose en effet que cette suspension plus ou moin complète, plus ou moins prolongée, de l’action de la volonté sur l’organisme, sur la sensibilité, sur l’intelligence conservant toute leur activité, et les divers degrés de cette disjonction comme les formes diferentes qu’elle revêt, se succèdent fort naturellement les unes aux autres… Dans les expériences des tables parlantes, la jeune fille entend la question et forme bien la réponse dans son esprit où doit être préalablement déposée la connaissance du mode convenu pour traduire, au moyen des mouvements de la table, toutes les idées et pensées possible: tels sont les premiers éléments du phénomène: mais ici se présentent plusieurs états ou degrés différents du même êtat.”
“La volonté ayant commencé à faire scission avec l’intelligence, la jeune personne n’a qu’une demi-connaissance de la réponse qui est plus complète, plus étendue ou même exprimée en d’autres termes; l’esprit, en un mot, est dans une situation semi-anormale.”
“La jeune fille sait la réponse qui se forme dans son intelligence, mais elle la connaît en elle comme si elle ne venait pas d’elle; l’attention la recueille, mais sans établir de lien entre cette pensé et le moi (ce degré me paraît correspondre aux possessions et aux folies impulsives dont nous parlerons plus loin).”
“Que faut-il pour que la plume soit remplacée par la parole? que l’impulsion se communique à d’autres nerfs… Cela est accompagné ordinairement d’um grave désordre de l’innervation: il n’y a rien d’étonnant à cela.”
“Chez nos paisibles writing médiums, la pensée ordinaire persiste calme, mais quand la crise physique revêtait un caractère violent, oh! alors la division interne était complète, absolue, persistante; bien plus, la seconde personallité exaltée, ardente, effrénée, étouffait l’autre pour un moment anéantie et, sous les noms de Jupiter ou d’Apollon, possédait seule toute l’intelligence et tout l’organisme de la prêtresse en délire. Deus, ecce Deus…” “Tel est le somnambulisme ou sybilisme parfait…”
“sybilisme… [parce que] d’après son mode de manifestation le plus élevé et celui sans aucun doute qui a joué dans le monde le rôle le plus important, puisque, transformé en institution publique, il a été pendant des siècles la base et la sanction des religions.”
* * *
« On me pardonnera, je l’espere, cette longue citation en raison de son importance et de la difficulté de se procurer la brochure : il faut reconnaître que, sous son titre bizarre, se trouve trés bien résumé tout ce que quelques auteurs contemporains et moi-même nous croyions avoir découvert en étudiant l’écriture automatique et le somnambulisme. »
« D’où proviennent les bruits entendus dans les tables ou dans les murs et répondant à des questions ? Est-ce d’un mouvement des orteils, de cette contraction du tendon péronier supposées par Jobert de Lamballe et qui a fait tant de bruit à l’Académie ? Est-ce d’une contraction de l’estomac et d’une véritable ventriloquie, comme Gros Jean le suppose, ou bien d’une autre action physique particulière encore inconnue ? Sont-ils produits par des mouvements automatiques du médium lui-même, ou bien, comme cela me paraît probable dans certains cas, au milieu de l’obscurité réclamée par les spirites, par des actions subconscientes de quelqu’un des assistant, qui trompe les autres et se trompe lui-même, et qui devient compère [cúmplice] sans le savoir ? Cela importe peu (…) ‘la parole involontaire des intestins n’est pas plus miraculeuse que la parole involontaire de la bouche’. »
« Quoique l’ouvrage que nous venons d’analyser ait été écrit en 1855, il ne fut pas compris et n’eut aucune influence, ni sur les spirites, ce qui est naturel, ni sur les psychologues, ce qui est plus étonnant ; les uns continuèrent à admirer, les autres à railler les tables parlantes, sans que leur étude avançât autrement. »
« Littré, dans sa Philosophie positive, 1878, et Dagonet dans les Annales médico-psychologiques, 1881, font allusion à des théories du même genre pour expliquer les discours des convulsionnaires des Cévennes. »
« Il faut arriver jusqu’à ces denières annés pour trouver, dans un article de M. Ch. Richet, l’expression précise d’une théorie du spiritisme, comparable à celle que nous venons de lire : ‘Supposons, dit-il, qu’il y ait chez quelques individus un état d’hémi-somnambulisme tel qu’une partie de l’encéphale produise des pensées, reçoive des perceptions, sans que le moi en soit averti. La conscience de cet individu persiste dans son intégrité apparente : toutefois des opérations très compliquées vont s’accomplir en dehors de la conscience, sans que le moi volontaire et conscient paraisse ressentir une modification quelconque.’ (La suggestion mentale et le calcul des probabilitiés, 1884) »
Baron du Prel, Philosophie der mystick
Hellenbach, Geburt und Tod
« Nous n’exposerons pas ici les théories de Myers sur le spiritisme, elles sont plus développées que les précédentes, et entrent davantage dans le détail des phénomènes. Nous préférons exposer d’abord, d’une manière générale, comment nous rattachons ces faits aux études que nous venons de faire dans cet ouvrage, pour revenir ensuite sur les points de débat qui séparent notre interprétation de celle de Myers. »
« Tandis que ces auteurs partaient de l’étude du spiritisme pour arriver à la théorie des personnalités multiples et à l’étude de l’hypnotisme, nous nous trouvions les rejoindre quoique en étant parti d’un point de départ tout opposé. Cette rencontre nous porte à croire, ce qui nous paraît facile à démontrer, que les phénomènes observés par les spirites sont exactement identiques à ceux du somnambulisme naturel ou artificiel et que nous avons le droit d’appliquer littéralement à cette question nouvelle les théories et les conclusions auxquelles nous sommes parvenus dans le chapitre précédent. »
3.5 COMPARAISON DES MÉDIUMS ET DES SOMNAMBULES
« presque toujours les médiums sont des névropathes, quand ce ne sont pas franchement des hystériques. Le mouvement des tables ne commence que lorsque des femme ou des enfants, c’est-à-dire des personnes prédisposées aux accidents nerveux, viennent y mettre les mains (Baragnon, Magnétisme animal) »
« Quand les esprits se fâchent, les médiums sont plongés subitement dans un état de perturbation nerveuse ou de raideur tétanique… »
Mirville
« Rien n’est plus décisif, à ce point de vue, qu’une observation de Charcot sur plusieurs jeunes gens d’une même famille qui deviennent tous hystériques à la suite des pratiques du spiritisme. Cette coïncidence entre la crise de nerfs et l’acte d’écrire inconsciemment se retrouve chez nos sujets. »
« Si les médiums ne présentent pas d’accidents nerveux au moment où ils évoquent les esprits, ils ne restent pas cependant toujours indemnes, et ils terminent souvent d’une manière fatale leur brillante carrière. Tôt ou tard beaucoup d’entre eux tombent dans ‘la subjugation’, comme dit Allan Kardec avec un heureux euphémisme, c’est-à-dire qu’ils finissent tout simplement par la folie. (Maudsley, Pathologie de l’esprit, 1883) »
« la médiumnité est un symptôme et non pas une cause. »
« Les médiums sont des somnambules incomplets » Perrier, magnetizador.
« Voilà qui est parfait, mais ces auteurs n’expliquent pas comment tout cela est possible, comment l’existence somnambulique peut se continuer sous la veille en une seconde personnalité. »
« Ah ! c’est embêtant d’être mort ! (Le vaillant Achille a déjà dit cela quand il venait boire le sang noir des victimes, décidément les médiums spirites n’ont pas l’esprit inventif.) »
« Eh bien, essayons cette combinaison ingénieuse. Pendant que Lucie est en somanmbulisme, je lui suggère qu’elle n’est plus elle-même, mais qu’elle est un petit garçon de 7 ans nommé Joseph, scène de comédie qui est connue et sur laquelle je passe. Sans défaire l’hallucination, je la réveille brusquement, et la voici que ne se souvient de rien et qui semble dans son état normal ; quelque temps après, je lui mets un crayon dans la main et je la distrais en lui parlant d’autre chose. La main écrit lentement et péniblement sans que Lucie s’en aperçoive, et quand je lui prends le papier, voici la lettre que je lis : ‘Cher grand-papa, à l’occasion du jour de l’an, je te souhaite une santé parfaite et je te promets d’être bien sage. Ton petit enfant, Joseph.’ Nous n’étions pas au jour de l’an et je ne sais pas pourquoi elle à écrit cela, peut-être parce que, dans sa pensée, une lettre d’un enfant de 7 ans éveillait l’idée des souhaits de bonne année ; mais n’est-il pas manifeste que l’hallucination s’est conservée dans la 2e personnalité. Un autre jour, je la mets encore en somnambulisme ; pour voir des transformations de caractère et pour profiter de son érdution littéraire, je la transforme en Agnès de Molière et lui fais jouer le rôle de la candeur naïve ; je lui demande cette fois d’écrire une lettre sur un sujet que je lui indique ; mais, avant qu’elle ait commencé, je la réveille. La lettre fut écrite inconsciemment pendant la veille, manifesta le même caractère et fut signée de ce nom d’Agnès. Encore un exemple : je la change cette fois en Napoléon avant de la réveiller ; la main écrivit automatiquement un ordre à un général quelconque de rallier les troupes pour une grande bataille et signa avec un grand paraphe Napoléon. Je demande encore : en quoi l’histoire de Mme Hugo d’Alésy diffère-t-elle de celle de Lucie ? Jusqu’à preuve du contraire, je suis disposé à croire que les 2 phénomènes sont absolument les mêmes, et que, par conséquent, ils doivent s’expliquer de la même manière par la désagrégation de la perception personnelle et par la formation de plusieurs personnalités qui tantôt se succèdent et tantôt se développent simultanément. »
3.6 LA DUALITÉ CÉRÉBRALE COMME EXPLICATION DU SPIRITISME
« Cette division du cerveau en 2 parties a déjà donné lieu à bien des hypothèses. Depuis La Mettrie¹ qui dit que Pascal avait un cerveau fou et un cerveau intelligent, depuis Gaétan de Launay,¹ qui considère les rêves faits sur le côté droit comme absurdes et ceux faits sur le côté gauche comme logiques,(*) il y a eu bien des anatomistes et des physiologistes qui ont rapporté à cette dualité tous les phénomènes compliqués et embarrasants de l’esprit humain.
¹ Muitas obras. Não é relevante para o tema aqui exposto.
(*) Cf. Bérillon, La dualité cérébrale et l’indépendance fonctionnelle des deux hémisphères cérébraux, 1884. »
« Mais Myers, quand il revient à cette théorie, à propos du spiritisme, l’expose avec des arguments qui sont plus nettement psychologiques et qui, par conséquent, demandent ici une discussion. »
« Le médium qui écrit de cette manière ne sent pas sa propre main qui écrit, il ressemble à un individu atteint de cécité verbale¹ qui ne peut lire l’écriture. »
Myers, Multiplex personality, 1887.
¹ Cegueira verbal!!!
« C’est que le message est mal écrit ; il m’arrive à moi aussi de ne pas pouvoir lire ma propre écriture, et je ne suis pas atteint de cécité verbale. »
« Enfin remarquons que l’écriture en miroir n’est pas si difficile qu’on le croit généralement. Après 2 ou 3 essais de quelques instants, je suis arrivé à écrire de cette façon assez rapidement. »
« Les arguments de Myers ne nous semblent pas suffisants pour que l’on puisse assimiler l’écriture automatique des médiums aux troubles de l’agraphie produits par une lésion localisée d’un hémisphère. » « Léonie et Lucie ont 3 personnalités et non 2 ; Rose en a 4 au moins bien distinctes ; faut-il supposer qu’elles ont 3 ou 4 cerveaux ? »
« Les médiums, quand ils sont parfaits, sont des types de la division la plus complète dans laquelle les 2 personnalités s’ignorent complètement et se développent indépendamment l’une de l’autre. »
3.7 DE LA FOLIE IMPULSIVE
« bien des malheureux sont naturellement et pendant toute leur vie sous la domination d’une idée fixe de ce genre et se sentent pousées par une puissance invincible à un acte qui leur fait horreur. »
« Laissons de côté les actes commis brusquement par certains épileptiques pendant une éclipse momentanée de la conscience. (…) Les impulsions qui nous intéressent le plus sont celles qui ont lieu pendant la veille du malade, pendant qu’il est capable de perception et de réflexion. Il peut les constater, et sent qu’il se laisse entraîner comme par une force étrangère.
Les actes les plus simples de ce genre seront des mouvements nerveux, des tics, des grimaces saccadées de la face, tu tronc, des extrémites, mouvements que le sujet déclare accomplir malgré lui, mais qu’il connaît et auxquels il pourrait à la rigueur résister. »
« il est juste, en effet, de distinguer la choréee vulgaire ou gesticulatoire, qui se rapproche des simples tics, de la grande chorée rhythmique, qui en diffère en ce que les mouvements irrésistibles ne sont pas faits au hasard, mais paraissent ordonnés et avoir un but déterminé. Mirville les décrit très bien, quoique en les rapportant, comme toujours, au diable. »
« certaines expressions, dit M. Luys,¹ semblent se figer en permanence sur la physionomie, les traits de terreur persistèrent 8 mois après l’accident qui les avait causés. » Odium pater. Senti-lhe tanto ódio que desfigurou meu rosto!
¹ “Jules Bernard Luys (1828-1897), neurologista, neuro-anatomista e psiquiatra francês. Devem-se numerosos átrlas do sistema nervoso central ilustrados por fotografias. Seu nome caracteriza ainda hoje a descrição pioneira do centro sub-talâmico (corpo de Luys), realizada em 1865.”
“Toutes ces folies choréïques, disait Maudsley (op. cit.), sont caractérisées par leur caractère automatique, chaque centre nerveux semble agir pour son propre compte. Ce sont bien des impulsions pendant la veille et la durée de la conscience normale, mais l’individu qui les sent semble ne pas y résister.
Mais, dans d’autres cas qui sont plus dramatiques, l’individu qui a conscience de son impulsion peut y résister plus ou moins longtemps et ne succombe qu’après une lutte désespérée. Ce sont des désir violents et subits qui leur traversent l’esprit et qui les poussent à accomplir une action absurde ou criminelle. »
« L’acte est accompli, alors ils respirent, se calment, se réjouissent, non pas de l’acte qu’ils ont fait et qui leur est toujours en horreur, mais du soulagement qu’ils éprouvent à ne plus sentir cette horrible torture et à reprendre la libre disposition de leur esprit. On trouverait, dans tous les ouvrages sur l’aliénation, des exemples innombrables de cette maladie morale vraiment cruelle ; M. Jean Saury¹ a résumé, dans son dernier livre sur ‘les dégénérés’, les formes les plus typiques et les plus fréquentes que prennent les impulsions. »
¹ O enésimo polímata citado, do século XVIII! Também padre e astrônomo, entre outras ocupações.
« Tandis que le fou véritable s’abandonne à son délire et s’y complaît, l’impulsif le repousse comme quelque chose d’étranger. »
« Un malheureux jeune homme de 17 ans, D…, est fils de père et mère aliénés tous les deux et qui tous 2 ont terminé leur vie par le suicide. Il a eu, jusqu’à ces derniers temps, une existence relativement calme, quoique troublée de temps en temps par des accidents nerveux. Il eut ainsi de violente accès de mélancolie durant lesquels il se cache, s’isole et reste à pleurer sans aucune raison sur son sort. Il se demande avec angoisse comment il gagnera son pain, comment il apprendra son métier, etc. ; en même temps il se raisonne lui-même, constate que ces inquiétudes n’ont pas de raison d’être, et cependant il recommence à gémir ; à d’autres moments, il a des bouffées de chaleur à la face et des tremblements choréiques de la jambe gauche qui durent des nuits entières. Une fois, ces tremblements convulsifs se sont généralisés à tous les membres, jusqu’à faire croire (tout à fait à faux, à mon avis) à une crise d’épilepsie. Il a presque constamment, depuis quelques années, la terreur d’être seul, et cependant il déteste la société, aussi ne sait-il que faire, et se met-il encore à gémir. Il a une agoraphobie intense, et quand il faut traverser une place, il supplie une personne de l’accompagner ou bien suit les gens à la trace, en ayant une peur affreuse qu’on ne le renvoie. Voici le dernier accident plus tragique qui l’a amené à l’hôpital : Un soir il sent une des ses crises d’angoisse qui commence, ne peut arriver à manger ni à boire, passe la nuit éveillé à gémir ; la jambe gauche tremble et se secoue continuellement. Cependant il fait un effort le matin pour se rendre à son ouvrage habituel et, comme il est garçon coiffeur, [cabeleireiro] se met en devoir de raser [raspar, fazer a barba de] un client. À peine tient-il le rasoir [navalha] en main, que la sueur lui vient à la face, que ses tremblements augmentent et gagnent les bras. Une pensée horrible lui traverse l’esprit, il désire, il veut couper la gorge [cortar a garganta] de cet individu qu’il est en train de raser. Épouvanté de cet acte, il résiste avec une sorte de rage et s’accroche à la chaise pour ne pas tomber. Il essaie encore de lever [largar] son rasoir, mais l’impulsion revenant plus terrible, il se sauve dans sa chambre en poussant de grands cris. On court après lui et on n’a que le temps de le saisir au moment où il allait se couper la gorge à lui-même. (…) il est persuadé que tôt ou tard il se tuera [se suicidará] comme ont fait ses parents, et cette idée ne contribue pas peu à l’attrister. » Um dos relatos mais pesados de todo o livro.
« Il en est ainsi dans bien des suggestions exécutées soi-disant avec conscience ; le sujet continue avec bonne volonté un acte qu’il n’a pas commencé lui-même, il en prend même la responsabilité et il invente des raisons pour l’expliquer ; mais l’acte n’en était pas moins un phénomêne subconscient soumis aux lois de la désagrégation psychologique. » « Si l’on distrait le sujet pendant qu’il exécute l’acte, il ne s’apercevra de rien et les choses seront très régulières ; si on ne le distrait pas, il va employer sa petite force de perception à regarder ses propres actes et il pourra les accepter ou leur résister. »
PEDIDOS IMORAIS (COMO « PICK-POCKET »: “Elle faisait 3 pas dans la direction de la personne que je lui avais indiquée, puis s’arrêtait net et s’en retournait ; elle avançait de nouveau de 3 pas et s’arrêtait encore. Elle frappait du pied, grinçait des dents, prenait un ouvrage pour faire autre chose, puis se levait pour recommencer. (…) Pendant un instant de distraction, les jambes marchaient pour faire l’acte que la 2e personnalité voulait exécuter. Lucie, qui n’était pas assez distraite, s’apercevait de ce mouvement et se disait en trépignant : ‘Ah ça, qu’est-ce que je vais faire là ?’ (…) Cette lutte entre les 2 consciences dura plus de 20 minutes, avant que l’acte fût exécuté entièrement dans un moment de distraction plus durable ; tandis que, au contraire, la suggestion aurait été exécutée immédiatement, si j’avais pris quelques précautions pour éviter cette conscience en retour et pour empêcher Lucie de se préocuper de ses actes subconscients. »
« quand vous lisez un livre ou que vous entendez un discours peu récréatif, vous pouvez rester quelque temps dans un état d’indifférence, mais, si vous sentez quelque bâillement involontaire, alors vous ne doutez plus, vous êtes avertis authentiquement de votre ennui et la conscience que vous en avez l’augmente. »
Joly, Sensibilité et mouvement, Revue Philosophique, 1886. Bem sartriano. Ou devemos dizer, já que é um escrito do séc. XIX: Sartre é que é bem janetiano, digo, jolyano?
« Qu’est-ce qu’ils pensent d’eux-mêmes en se voyant ainsi agir d’une façon bizarre ? Ils emploient toujours le même mot pour désigner leur état. ‘Mais qu’est’ce que tu as donc ?’ dis-je à Lucie dans une circonstance analogue à celle que j’ai décrite. – ‘C’est drôle comme j’ai envie de faire cela, et c’est pourtant si bête.’ » A vontade, mestra suprema.
« il est dominé, il est esclave, son corps est une machine obéissant à une volonté qui n’est pas la sienne. »
Leuret
« – J’avais une peur affreuse de couper la gorge a l’homme que je rasais, me disait ce malheureux D…
– Pourquoi aviez-vous peur de faire cela ? lui demandai-je.
– Je voyais bien ma main qui se levait pour frapper, je n’ai eu que le temps de me sauver.
Le malade ne comprend pas que l’idée et, par suite, l’acte de couper la gorge a été suggéré, par l’attouchement du rasoir, à un groupe de phénomènes dont il ne soupçonne pas l’existence en lui. Il n’a vu que le résultat de la suggestion, le mouvement du bras, et c’est pour cela qu’il interprète en disant ‘J’avais une envie affreuse de lui couper la gorge.’ »
« une forme intéressante d’acte désagrégé incomplet »
3.8 LES IDÉES FIXES. – LES HALLUCINATIONS.
São diferentes do sub-capítulo anterior por não “forçarem” o paciente à comissão de um ato tresloucado.
“L’un entend une voix qui lui répète : ‘Ne bouge pas ou tu es perdu’, et il reste alors immobile dans une apparente stupeur. (Ellis, Aliénation mentale)¹ Une autre entend une voix qui lui commande de jeter 10 francs dans la Seine. (Ball, d’après Paulhan, Revue philosophique, 88) Tantôt ces idées semblent rester plus abstraites, sans prendre la forme d’une hallucination de l’ouïe. (Ribot, Psychologie de l’attention) » « idée de persécution » « ou tout simplement une idée insignifiante et absurde » « Ces malheureux n’acceptent pas leur idée fixe comme faisant partie de leur pensée, comme nous faison dans nos rêves pour les idées les plus absurdes, ils résistent à ces idées et ils ont conscience de l’absurdité de leur état. »
¹ Ellis desconhecido. Havelock Ellis foi um grande psicólogo, fora do movimento da psiquiatria dinâmica per se.
« Si je pouvais penser comme vous, disait l’un, je serais heureux, mais je suis accablé par des idées sinistres auxquelles je ne puis m’empêcher de croire, j’aimerais mieux être fou complètement que d’avoir conservé mon intelligence sur la plupart des sujets… »
Pinel, De la monomanie
« Le problème est le même que pour les impulsions motrices : le phénomène anormal n’est pas intégré dans la personnalité, il est étranger au moi qui voudrait le repousser, il semble appartenir à un autre groupe psychique, comme les phénomènes désagrégés, et cependant il est conscient, tandis que ces faits de désagrégation étaient inconscients. »
« LÉONIE : Oh ! qui donc me parle ainsi ? cela me fait peur.
JANET : Personne ne vous parle, je suis seul avec vous.
L. : Mais si, là à gauche.
Et la voici qui se lève et veut ouvrir une armoire placée à sa gauche pour voir si quelqu’un y est caché.
J. : Qu’entendez-vous donc ?
L. : J’entends à gauche une voix qui répéte ‘Assez, assez, tiens-toi donc tranquille, tu nous ennuies.’
Certes la vois qui parlait ainsi était dans son droit, mais je n’avais rien suggéré de pareil et ne pensais guère à provoquer à ce moment une hallucination de l’ouïe. Un autre jour, le même sujet, pendant le premier somnambulisme, était bien calme, mais refusait obstinément de répondre à ce que je luis demandais. Elle entendit encore à gauche la même voix qui lui dit : ‘Allons, sois donc sage, il faut dire.’ Ces paroles provenaient évidemment, on connaît assez ce sujet pour le deviner, du personnage inférieur qui existait au-dessous de cette couche de conscience. [Léonie 2] »
« Mais comment, d’après les théories de la désagrégation que nous avons exposées, est-il possible que les idées du 2e personnage subconscient deviennent des hallucinations de l’ouïe pour le premier ? »
« Reproduisons le fait expérimentalement ? pendant un état somanmbulique profond, je charge Léonie 3 de dire quelque chose à l’autre, par exemple de lui dire ‘Bonjour’, puis je la réveille. L’hallucination se produit de même et Léonie demande encore : ‘Qui donc dit <Bonjour> ?’ Mais cette fois, moi aussi j’ai entendu le mot ‘Bonjour’, car la bouche l’a parfaitement prononcé, quoique tout bas. Ces hallucinations d’origine subconsciente étaient dues, dans ce cas, à l’audition d’une véritable parole automatique analogue à l’écriture automatique »
« Enfin les dégénérés, dont parle Saury, ont très souvent des impulsions à dire des jurons et des obscénités malgré eux, comme les médiums avaient des dispositions à en écrire. »
« Un malade parle lui-même tout haut et prétend ensuite que c’est une voix qu’il entend ; si on lui tient les lèvres fermées, il entend encore la voix, mais on sent les lèvres remuer sous les doigts. »
Moreau de Tours, Haschich
« Comment ces phénomènes peuvent-ils à la fois se rattacher l’un à l’autre par association et cependant être désagrégés ? »
« Je commande à Léonie pendant qu’elle est distraite et qu’elle cause avec une autre personne, et je murmure tout bas que cette personne a un bel habit vert. Léonie n’a pas entendu ce que je disais (phénomène subconscient désagrégé appartenant au 2e champ de conscience), et cependant elle pousse un cri et dit : ‘Oh ! comme votre habit est drôle, il est tout vert, ja ne l’avais pas remarqué’ (phénomène conscient appartenant au 1er champ de conscience). » Cf. Binet, Les altérations de la conscience chez les hystériques, Revue philosophique, 1889, I.
« l’association automatique des idées est une chose, et … la synthèse qui forme la perception personnelle à chaque moment de la vie et l’idée du moi en est une autre. Celle-ci peut être détruite, tandis que celle-là subsiste. » « L’association des idées est la manifestation d’une synthèse élémentaire qui a déjà été effectuée autrefois et qui a rattaché les phénomènes les uns aux autres une fois pour toutes. La perception personnelle est formée par l’activité synthétique actuelle qui, par un effort continuel répété à chaque instant, ramène à l’unité du moi tous les phénomènes qui se produisent, quelle que soit leur origine. » Pode ser que hoje eu não seja um eu, mas eu eu já fui.
« Cette force de synthèse peut être aujourd’hui affaiblie, rendre le sujet incapable de percevoir telle sensation auditive ou telle sensation tactile et cependant, par un automatisme d’origine ancienne qui n’a pas été détruit, cette sensation non perçue peut amener d’autres images faisant partie de celles que le sujet perçoit encore. »
3.9 LES POSSESSIONS
« un perpétuel état de terreur ou de tristesse »
« Avoir son corps dans l’attitude de la terreur, c’est sentir l’émotion de la terreur, et, si cette attitude est déterminée par une idée subconsciente, le malade n’aura dans la conscience que l’émotion seule sans savoir pourquoi il és ému. »
« Je pleure et je ne sais pourquoi, cela me rend triste sans raison et c’est ridicule » Léonie. « c’est la 2e personne qui est désolée d’être partie du Havre et qui provoque les larmes. »
« (Marie) La scène se terminait par plusieurs vomissements de sang après lesquels tout rentrait à peu près dans l’ordre. Après une ou 2 journées de repos, M. se calmait et ne se souvenait de rien. » « des poses de terreur »
« Elle resta ainsi 7 mois à l’hôpital sans que les diverses médications et l’hydrothérapie qui furent essayées eussent amené la moindre modification. D’ailleurs les suggestions thérapeutiques, en particulier, les suggestions relatives aux règles, n’avaient que de mauvais effets et augmentaient le délire. » « Je songeai alors à la mettre dans un somnambulisme profond, capable, comme on l’a vu, de ramener des souvenirs en apparence oubliés, et je pus ainsi retrouver la mémoire exacte d’une scène qui n’avait jamais été connue que très incomplètement. »
« À l’age de 13 ans, elle avait été réglée pour la première fois, mais, par suite d’une idée enfantine ou d’un propos entendu et mal compris, elle se mit en tête qu’il y avait à cela quelque honte et chercha le moyen d’arrêter l’écoulement le plus tôt possible. Vingt heures à peu près après le début, elle sortit en cachette [esconderijo] et alla se plonger dans un grand baquet [banheira] d’eau froide. Le succès fut complet, les règles furent arrêtées subitement, et, malgré un grand frisson qui survint, elle put rentrer chez elle. Elle fut malade assez longtemps et eut plusieurs jours de délire. Cependant tout se calma et les menstrues ne reparurent plus pendant 5 ans. Quand elles ont réapparu, elles ont amené les troubles que j’ai observés. Or, si l’on compare l’arrêt subit, le frisson, les douleurs qu’elle fait en somnambulisme et qui, d’ailleurs, a été confirmé indirectement, on arrive à cette conclusion : Tous les mois, la scène du bain froid se répète, amène le même arrêt des règles et un délire qui est, il est vrai, beaucoup plus fort qu’autrefois, jusqu’à ce qu’une hémorrhagie supplémentaire ait lieu par l’estomac. Mais, dans sa conscience normale, elle ne sait rien de tout cela et ne comprend même pas que le frisson est amené par l’hallucination du froid ; il est donc vraisemblable que cette scène se passe au-dessous de cette conscience et amène tous les autres troubles par contre-coup. »
« Il fallut la ramener par suggestion à l’âge de 13 ans, la remettre dans les conditions initiales du délire, et alors la convaincre que les règles avaient duré 3 jours et n’avaient été interrompues par aucun accident fâcheux. Eh bien, ceci fait, l’époque suivante arriva à sa date et se prolongea pendant 3 jours, sans amener aucune souffrance, aucune convulsion ni aucun délire. »
« les crises de terreur étaient la répétition d’une émotion que cette jeune fille avait éprouvée en voyant, quand elle avait 16 ans, une vieille femme se tuer en tombant d’un escalier, le sang dont elle parlait toujours dans ses crises était un souvenir de cette scène ; quant à l’image de l’incendie, elle survenait probablement par association d’idées, car elle ne se rattache à rien de précis. »
« Enfin je voulais étudier la cécité d’oeil gauche, mais Marie s’y opposait lorsqu’elle était éveillée, en disant qu’elle était ainsi depuis sa naissance. Il fut facile de vérifier, au moyen du somnambulisme, qu’elle se trompait : si on la change en petit enfant de 5 ans suivant les procédés connus, elle reprend la sensibilité qu’elle avait à cet âge et l’on constate qu’elle y voit alors très bien des 2 yeux. C’est donc à l’âge de 6 ans que la cécité a commencé. (…) un incident futile. On l’avait forcée, malgré ses cris, à coucher avec un enfant de son âge qui avait de la gourme [impetigo] sur tout le côté gauche de la face. »
« Je la ramène [em hipnose, artificialmente] avec l’enfant dont elle a horreur, je lui fais croire que l’enfant est très gentil et n’a pas la gourme, elle n’en est qu’à demi-convaincue. Après 2 répétitions de la scène, j’obtiens gain de cause et elle caresse sans crainte l’enfant imaginaire. La sensibilité du côté gauche réapparait sans difficulté et, quand je la réveille, Marie voit clair de l’oeil gauche. »
« j’ai trouvé cette histoire intéressante pour montrer l’importance des idées fixes subconscientes et le rôle qu’elles jouent dans certaines maladies physiques aussi bien que dans les maladies morales. »
« N’est-il pas raisonnable quand il se dit possédé par un esprit, persécuté par un démon qui habite au dedans de lui-même ? Comment douterait-il, quand cette 2e personnalité, empruntant son nom aux superstitions dominantes, se déclare elle-même Astaroth, Léviathan ou Belzébuth ? La croyance à la possession n’est que la traduction populaire d’une vérite psychologique. »
« Certaines femmes sont même assez fières de ce détraquement de leur personnalité et se plaisent à consulter, sur toutes les affaires de la vie, ‘la petite affaire qu’elles croient avoir au coeur ou à l’estomac et qui leur donne de bons conseils’. (Deleuze, Mémoire sur la faculté de prévision, 1836) »
O SÓCRATES DOS TEMPOS PÓS-PSIQUIÁTRICOS: « Un sujet ne répondait jamais aux questions, disait Charpignon, sans dire : ‘Je vais consulter l’autre…, c’est le génie chargé de me guider et de m’éclairer.’ »
Paul Richer, La grande hystérie, (op. cit.) para histórias de loucura coletiva como a do convento de Loudun, em que todos os monges sentiam-se possuídos e assombrados por espíritos malignos. + Bérillon, Dualité cérébrale, p. 102 (ib., o depoimento do padre Surin) + Regnard, La sorcellerie, 1887.
“Quelquefois il y a plusieurs esprits dans une même personne, les uns bons, les autres mauvais, qui se disputent entre eux : ‘Un enfant est possédé par 2 esprits, l’un mauvais, l’autre bon ; dans ses crises, sa bouche changeant de ton, parlait successivement pour l’un et pour l’autre.’ (Maudsley) »
« Nous n’avons pas cherché dans ce chapitre des lois nouvelles, nous avons simplement constaté des applications nombreuses, et quelquefois compliquées, de lois anciennes. »
4. LA FAIBLESSE ET LA FORCE MORALES
4.1 LA MISÈRE PSYCHOLOGIQUE
« Les sujets hypnotisables, ainsi que les médiums spirites, puisque nous savons qu’ils sont identiques, sont-ils des malades ou des gens bien portants ? Cette question a donné lieu aux controverses les plus vives et les plus embarrassantes. (…) Pour ceux-là, un somnambulisme est une crise d’hystérie; pour les autres, c’est une forme du sommeil naturel. (…) nous essayerons seulement, sans parler d’une manière générale, de montrer à quelle position intermédiaire nos propres observations nous ont amené. »
« Il est même difficile de comprendre comment certains auteurs ont pu penser que les manifestations hystériques rendaient les expériences difficiles. » « A mon avis, les plus belles études sur les somnambulismes ou existences successives, sur les suggestions, sur les actes subconscients ou existences simultanées, sont faites sur des hystériques, et afin de fournir des exemples nets et faciles à étudier je n’ai guère cité dans cet ouvrage que des expériences accomplies avec ces malades. »
« Le meilleur signe du retour à la santé parfaite c’est la cessation de l’aptitude au somnambulisme. »
Despine
« Lors de mes premières études sur Lucie, j’ignorais absolument cette loi ; je cherchais, dans l’intérêt du sujet et pour la commodité même de mes expériences, à faire disparaître les symptômes hystériques, mais je comptais bien conserver le somnambulisme. Aussi ai-je été fort désappointé quand il a fallu constater que mes expériences devenaient impossibles, car le sujet n’avait plus d’actes subconscients et ne pouvait plus être hypnotisé. (…) 18 mois plus tard, elle vint se plaindre de quelques troubles nerveux, migraines, cauchemars, etc. : l’anesthésie était revenue et elle fut hypnotisée en un instant. »
« Trois hystériques qui avaient, comme je le savais, des crises fort différentes les unes des autres, avaient été réunies dans la même salle. Je fus tout étonné de voir qu’elles avaient confondu leurs symptômes et qu’elles avaient maintenant toutes les 3 la même crise, avec les mêmes mouvements et le même délire, les mêmes invectives contre le même individu. »
« L’ivresse de l’alcool, comme nous en avons montré un exemple curieux, rend un homme plus suggestible et plus automatique qu’une somnambule. Les études de Moreau de Tours sur l’ivresse du haschich sont encore plus précises sur ce point. (…) Les époques menstruelles, comme je l’ai constaté chez Lucie et chez Marie, rendent de nouveau hypnotisables et suggestibles des personnes qui ne l’étaient plus. Enfin, les impulsions et les idées fixes sont bien des formes de désagrégation mentale et de suggestion, et elles se présentent chez une foule d’individus qui ne sont pas des névropathes, au sens précis du mot. »
« Que l’on fasse une expérience simple, que l’on prenne une vingtaine de personnes, des hommes de préférence, de 30 à 40 ans, bien portants au physique et au moral, n’ayant aucune hérédité, ni aucun antécédent névropathique, [isso está cada vez mais difícil] et que, sans procédés fatigants qui commencent par les rendre malades, on essaye de provoquer chez eux le somnambulisme caractéristique ou l’écriture automatique. Si on obtient ces phénomênes sur la moitié seulement de ces personnes, nous nous rendrons très volontiers et nous reconnaîtrons que le somnambulisme est normal. »
« Ce n’est pas l’hystérie qui constitue un terrain favorable à l’hypnotisme, mais c’est la sensibilité hypnotique qui constitue un terrain favorable pour l’hystérie et pour d’autres maladies. »
Ochorowicz, Suggestion mentale
« En quoi consiste cet état maladif : il est assez difficile de le déterminer exactement ; nous ne pouvons en avoir qu’une notion approximative par le raisonnement et par l’observation. »
« On s’apercevait que, de temps en temps, elle interrompait son discours et en commençait un autre, sans se souvenir de ce qui avait été en question auparavant. »
Saint-Bourdin, Catalepsie, descrevendo a Síndrome de Edson
« la désagrégation n’est pas une excitation, c’est une dépression et une faiblesse. C’est une illusion naturelle, en entendant un fou crier et une hystérique babiller, que de les croire excités. » (Polêmica com Moreau de Tours)
« On sait que les hystériques, comme les anémiques, ne mangent pas et n’assimilent [no sentido psicológico] pas ; comme dans ces cercles vicieux pathologiques qui sont fréquents, c’est là à la fois le principe et la conséquence de leur mal. » Daí deriva o quadro de misère psychologique ou miséria psicológica (descrito também por Durkheim quase à mesma época), conquanto ele a chamaria de miséria neurastênica.
« la force morale de l’individu n’est pas en rapport avec son âge, avec le nombre de sensations qu’il éprouve et le nombre d’images que sa mémoire renferme, c’est un esprit d’enfant dans un corps de femme. »
« L’hystérique a des sens subtils qui s’exercent sans cesse et une riche mémoire, ou vivent indéfiniment toutes les images du passé et tous les systèmes psychologiques, organisés autrefois, mais elle n’a qu’un pouvoir ordonnateur actuel analogue à celui de l’enfant et de l’idiot : aussi ne sait-elle que faire de sa fortune. » Diferente também de Bread, aqui não vejo uma analogia com a “economia diária” do sujeito nervoso ou neuropata, mas algo mais grave: com minhas limitações fisiológicas, ou herdadas psiquicamente, ou seja, produto de pais decadentes, o meu grau superior de intelecção e meu talento… tudo isso é posto em xeque, é deitado a perder, porque eu não tenho os meios, eu não tenho o corpo físico necessário, para suportar e administrar tamanho poder/saber. Fui longe demais, até mais longe do que minha linhagem me permitiria normalmente, então começo a ratear depois do grande amadurecimento dos 18-22 anos. Em suma, vivo adoecido, sábio e estagnado ao mesmo tempo, sem poder sair desse quadro congelado – e o que é duplamente mais torturante, ciente dele eu mesmo! Não tenho o cinismo dos carreiristas nem a energia de sobra demandada do artista para triunfar em uma sociedade que nega a subsistência via arte o tempo todo – limbo infernal.
« c’est le même administrateur très médiocre, à la tête d’une grande usine, qui oublie ses fonctions et qui laisse les employés et les machines s’amuser et s’affoler sans surveillance. (…) Le même état de misère psychologique, durant sans cesse, permet au jeu automatique des éléments de prendre toutes les formes. Un autre fait caractéristique, c’est qu’il est très facile de modifier artificiellement la nature des accidents ou la forme que l’automatisme prend à tel ou tel moment, car, en raison de sa faiblesse, l’esprit du sujet est d’une plasticité extraordinaire.
Supprimer l’existence personnelle que le sujet a en ce moment et la remplacer par une autre, ce n’est pas une chose bien difficile, puisque cette forme d’existence n’est qu’une centralisation très instable d’un petit nombre d’éléments pris presque au hasard au milieu d’un grand nombre d’autres qui ne demandent qu’à agir et à se manifester. »
« …la fatigue causée par une fixation prolongée seront de bonnes occasions, pour les autres éléments jusqu’alors incohérents, de se centraliser un peu à leur tour et de prendre l’avantage » Poderíamos aplicar o mesmo raciocínio à mania?
« on peut aussi … exciter un des éléments de cet état nouveau qui existe au-dessous de la conscience actuelle. Il suffisait de parler de vipère à Louis V…, ou de grenouilles à une malade du Dr. Pitres, pour amener la crise d’hystérie ; il suffit de mettre les bras de Lucie dans la posture de la terreur pour provoquer la grande crise d’hystéro-épilepesie. » A visão e audição do Pai Mau: gatilho do modo “sobrevivendo na trincheira”. PTSD.
« le point de départ des accidents … [de] l’état de misère psychologique » F. leu Janet e o perverteu. Achou sua mina de ouro (pseudanálise).
PONTO DE VISTA PESSIMISTA SOBRE A POSSIBILIDADE DA CURA: « …Très souvent à l’hérédité; ce n’est pas seulement en psychologie que la richesse et la pauvreté seraient héréditaires. Peut-être à un état d’affaiblissement physique survenu accidentellement, comme dans la convalescence de certaines maladies. Peut-être à d’autres causes morales que nous ne connaissons pas. Sauf des cas très rares, il ne me semble pas que l’on puisse arriver à guérir par suggestion l’état même de misère psychologique qui est une condition essentielle de l’exécution des suggestions. Mais les progrès de la médecine et de la psychologie unies désormais permettront peut-être de mieux comprendre et de mieux traiter cet état maladif. [É aqui em que não avançamos nada.] »
« Cet état, au lieu d’être constitutionnel et permanent, peut être accidentel et passager. Une femme peut être normalement forte et sensée et tomber, à certains moments, dans un état de faiblesse irritable avec la distraction, les anesthésies systématisées et la suggestibilité caractéristiques. Un homme, qui d’ordinaire résisterait à toute idée fausse, peut prendre un esprit étroit et suggestible, dans un état de fatigue, de sommeil ou d’ivresse. L’épuisement consécutif à de grands efforts d’attention, à des travaux intellectuels prolongés, a souvent ce résultat. » A morte de um pai abusivo já foi a cura de alguém?! Bêbado de livros…
« Une des causes les plus curieuses et les plus fréquentes d’une misère psychologique momentanée, c’est aussi l’émotion, dont la nature est encore si mal connue. »
« Hack-Tuke [Le corps et l’esprit] cite à plusieurs reprises des individus qui sont devenus aveugles ou sourds à la suite d’une forte émotion. »
« C’est en vain que les circonstances fâcheuses disparaissent et que l’esprit essaye de reprendre sa puissance accoutumée, l’idée fixe, comme un virus malsain, a été semée en lui et se développe à un endroit de sa personne qu’il ne peut plus atteindre, elle agit subconsciemment, trouble l’esprit conscient et provoque tous les accidents de l’hystérie ou de la folie. »
« On a amené a l’hôpital une jeune fille de 17 ans qui a commencé des crises de terreur parce qu’elle a été suivie la nuit dans les rues par un inconnu au moment de ses époques ; c’est au même moment que Marie a fait les sottises qui ont laissé une si forte marque sur sa vie ; les exemples de ce genre sont innombrables. »
« C’est pour cela que les idées fixes de ces malheureux sont rattachées à leur profession, aux livres qu’ils ont l’occasion de lire, aux paroles qu’ils entendent dans leurs moments de faiblesse. » Terrível…
« C’est l’actualité qui décide des formes de la folie, parce que ce sont les circonstances actuelles qui les provoquent, mais ces idées ne créent ni la folie ni la prédisposition à la folie, elles n’expliquent pas cet état nerveux, cette hyperesthésie physique et morale que l’hérédité a déposée au fond de leur être et qui finit tôt ou tard par emporter et la raison et la conscience. »
Moreau de Tours, Psychologie morbide
« L’idée fixe ne survient pas sans raison, c’est le résultat d’une modification profonde, radicale de toute l’intelligence. [2008…] C’est une faute énorme de psychologie que de la confondre avec l’erreur… Le fou ne se trompe pas, il agit dans uns sphère intellectuelle différente de la nôtre qu’on ne peut pas plus redresser, que la veille ne peut redresser les rêves… Les idées fixes sont les partie détachées d’un état de rêve qui se poursuit dans la veille… C’est un rêve partiel… »
ibid.
« …c’est l’idée principale d’un rêve qui survit au rêve qui l’a engendrée. » Há algo especial em eu ter tido o « sonho perfeito » justo ao terminar a UnB e no intervalo de poucos dias entre a diplomação e a entrada em exercício na escola… Com a morte dele.
« Vous ne modifiez pas de la même manière un aliéné, [comparado ao histérico] parce que vous ne l’étudiez d’ordinaire que dans la période où son délire est organisé et quand l’intelligence est revennue à un état d’équilibre stable qu’on ne peut déranger. »
« Ainsi, j’aurais essayé d’enivrer una 2e fois le malade d’Érasme [Erasmus] Darwin [avô de Charles Darwin], afin de rechercher si l’on ne pourrait pas, dans une nouvelle ivresse, avoir plus de pouvoir sur l’idée fixe. On pourrait aussi attendre quelquefois des états périodiques qui ramèneraient les conditions initiales du délire. Mais on comprend que, de toutes manières, on se trouve en présence de toutes autres difficultés. Je persiste cependant à croire que la psychologie pathologique, qui fait depuis quelques années ses premiers pas, réserve des secours inattendus pour le soulagement des aliénés. » Maldito século XX, maldita psicanálise! Destruiu todas as esperanças e experiências de uma ciência em seu berço!
E a miséria psicológica nada mais é que epifenômeno derradeiro de uma miséria social e cultural profunda!
4.2 LES FORMES INFÉRIEURES DE L’ACTIVITÉ NORMALE
« Recherchons rapidement dans la vie normale les faits analogues à ceux que nous avons étudiés et qui semblent être soumis aux mêmes lois. »
« Pas plus que le somnambule suggestible, le rêveur ne s’étonne, ne doute de ce qu’il pense ; [mais ou menos…] il subit sans résistance l’automatisme des éléments auxquels son ésprit est reduit. Un léger bruit, une lueur, un pli du drap, un état du corps provoquent la suggestion ; la disposition des organes de telle ou telle manière propre à exprimer une émotion ou une passion, donne au rêve sa direction générale, et tout se passe comme dans un automatisme régulier. Nous avons également, même pendant la veille normale, des phénomènes psychologique qui nous échappent entièrement. »
Análise, no homem «normal», e em vigília, do(a)(s):
– distração;
– instinto;
– hábito;
– paixão.
Distração
« Nous disons qu’un homme est distrait quand il ne voit pas ou n’entend pas une chose qu’il devrait voir ou entendre, et ensuite quand il accomplit sans le savoir des actes qu’il n’aurait pas consenti à accomplir s’il les avait connus complètement.
Un homme préocuppé chassera une mouche de son front sans la sentir, répondra à des questions qu’il n’a pas entendues, ou, comme Biren, duc de Courlande, qui avait l’habitude de porter à sa bouche des morceaux de parchemin, [!] détruira un important traité de commerce sans le voir. (Garnier, Facultées de l’âme, I) Qui n’a entendu parler des exploits de ces personnages qui, lorsqu’ils parlent à table, versent de l’eau indéfiniment jusqu’à inonder les convives ou continuent à mettre du sucre dans leur tasse jusqu’à la remplir ? les anecdotes de ce genre sont innombrables. »
« Journée de misère et d’abattement extrême, écrit Maine de Biran dans ce journal si curieux où il fait sur lui-même des études de psychologie expérimentale, j’ai dîné chez le chancelier, je me suis trouvé dans un état de trouble, d’embarras, de surdité momentanée… Je suis comme un somnambule au milieu de ce monde gai et léger, mécontent des autres parce que je le suis de moi-même. »
Finalmente: « Mais la même distraction pourra être due à une concentration excessive de la pensée, d’un autre côté, à une grande puissance d’attention qui sans retrécir la pensée véritablement déplace le champ de la conscience. »
« je vois trop au dedans pour bien voir au dehors. »
Instintos
« On entend dans le bruit des cloches des paroles scandées, on voit les personnages auxquels on pense, ou bien on fait des gestes brusques et l’on parle tout haut. Tout ces réflexes psychiques ont été étudié ailleurs quand ils étaient isolés et grossis, il suffit de rappeler qu’ils jouent aussi un rôle considérable dans l’attitude et la physionomie de l’homme le plus normal [ou genial]. (…) les actes instinctifs qui sont assez rares chez l’homme, tandis qu’ils jouent un rôle important chez l’animal. »
Lemoine, Habitude et instinct
Espinas, L’évolution mentale chez les animaux
Hábito, costume ou memória
« Les phénomènes conscients ne sont pas supprimés, car nous pouvons retrouver la conscience des choses que nous conservons dans le souvenir, ou que nous faisons par habitude, mais elle est négligée, comme si ces phénomènes suffisamment exercés pouvaient être sans inconvénient livrés à eux-mêmes. » Exemplo: fumar e jogar o cigarro fora. “Quando foi que o fiz? Nem me dei conta!”
O homem distraído se diz: traiu!
“pour trouver l’orthographe d’un mot que nous ignorons, nous laissons notre plume [ou mãos no teclado] écrire automatiquement, à peu près comme le médium interroge son esprit. »
« Je me rappelle, écrit Erasme Darwin, avoir vu cette jeune et jolie actrice qui répétait sa partie de chant, en s’accompagnant du forte-piano sous les yeux de son maître, avec beaucoup de goût et de délicatesse ; j’aperçus sur sa figure une émotion dont je ne pus définir la cause ; à la fin, elle fondit en larmes ; je vis alors que, pendant tout les temps qu’elle avait employé à chanter, elle avait contemplé son serin qu’elle aimait beaucoup, qui paraissait souffrir et qui, dans ce moment, tomba mort dans sa cage. » Mesmo princípio de aprender a ler e entender a leitura e ouvir a música e apreciar a música simultaneamente, para não dizer do escrever (se bem que consigo me absorver bem mais, ou melhor, não consigo deixar de me absorver quase exageradamente no ato da escrita, sem atenção flutuante…). Agora entendo o talento musical de tocar guitarra e cantar ao mesmo tempo, por exemplo! Nada extraordinário para um grande guitarrista e/ou cantor que já ensaiou o suficiente!
Paixão
“La plus curieuse manifestation de l’automatisme psychologique chez l’homme normal est la passion qui ressemble, beaucoup plus qu’on ne se le figure généralement, à la suggestion et à l’impulsion et qui, pendant un moment, rabaisse notre orgueil en nous mettant au niveau des fous. (…) Tout le monde sait que la passion ne dépend pas de la volonté et ne commence pas quand nous voulons; pour prendre un exemple, il ne suffit pas de le vouloir pour devenir amoureux. » Minha incapacidade após certos anos: denota fraqueza, i.e., miséria psíquica/psicológica? Ou controle do incontrolável (imponderável)?!
“De même, c’est en vain qu’on s’exciterait soi-même à l’ambition ou à la jalousie ; on aurait beau déclarer ces passions utiles ou nécessaires, on ne pourrait pas les éprouver. »
« la passion ne peut commencer en nous qu’à certains moments, lorsque nous sommes dans une situation particulière. On dit ordinairement que l’amour est une passion à laquelle l’homme est toujours exposé et qui peut le surprendre à un moment quelconque de sa vie, depuis 15 ans [haha!] jusqu’à 75 [haha!]. Cela ne me parait pas exact et l’homme n’est pas toute sa vie, à tout moment, susceptible de devenir amoureux. Lorsqu’un homme est bien portant au physique et au moral, qu’il a la possession facile et complète de toutes ses idées, il peut s’exposer aux circonstances les plus capables de faire naître en lui une passion, mais il ne l’éprouvera pas. Les désirs seront raisonnés et volontaires, n’entraînant l’homme que jusqu’où il veut bien aller et disparaissant dès qu’il veut en être débarrassé. Au contraire, qu’un homme soit malade au moral, [também não exageremos tanto!] que, par suite de fatigue physique ou de travaux intellectuels excessifs, ou bien après de violentes secousses et des chagrins prolongés, il soit épuisé, triste, distrait, timide, incapable de réunir ses idées, déprimé en un mot, et il va tomber amoureux ou prendre le germe d’une passion quelconque à la première et à la plus futile occasion. » Nem para isso eu servi por vários anos – o que explicaria? Que eu não estava no fundo do poço como acreditava?! Sobre algumas paixões colegiais, concordo, no entanto!
“Les romanciers, quand ils sont psychologues, l’ont bien compris : ce n’est pas dans un instant de gaieté, [pode sim acontecer] de hardiesse et de santé morale que commence l’amour, c’est dans un instant de tristesse, de langueur et de faiblesse. Il suffit alors de la moindre chose ; la vue d’un visage quelconque, un geste, [hmm] un mot qui nous aurait l’instant précédent laissés tout à fait indifférents, nous frappe et devient le point de départ d’une longue maladie amoureuse.¹ Bien mieux, un objet, qui n’avait fait en nous aucune impression, dans un instant où notre esprit mieux portant n’était pas inoculable, a laissé un souvenir insignifiant qui réapparaît dans un moment de réceptivité morbide. Cela suffit, le germe est maintenant semé dans un terrain favourable, il va se développer et grandir. »
¹ Chamar de doença é já defeito ou conseqüência da única doença nisso tudo: o Romantismo europeu.
“Il y a d’abord, comme dans toute maladie virulente, une période d’incubation ; l’idée nouvelle passe et repasse dans les rêveries vagues de la conscience affaiblie, puis semble, pendant quelques jours, disparaître et laisser l’esprit se rétablir de son trouble passager. Mais elle a accompli un travail souterrain, elle est devenue assez puissante pour ébranler le corps et provoquer des mouvements dont l’origine n’est pas dans la conscience personnelle. Quelle est la surprise d’un homme d’esprit quand il se retrouve piteusement sous les fenêtres de sa belle où ses pas errant l’ont transporté sans qu’il s’en doute, quand au milieu de son travail il entend sa bouche murmurer sans cesse un nom toujours le même ! »
« Tel est la passion réele, non pas idéalisée par des descriptions fantaisistes, mais ramenée à ses caractères psychologiques essentiels. »
« Si l’on peut parler d’une autre passion bien plus minime, la passion du tabac chez un fumeur, nous trouvons dans un article de M. Delboeuf une confession qui a toute la valeur d’un document psychologique : ‘Le pot à tabac est à quelque distance de moi à sa place habituelle, je le sens qui m’attire. Tout à coup je me lève et me dirige inconsciemment vers lui. Je m’aperçois de ma faiblesse, je me rassieds et reprends ma lecture. Voilà que machinalement ma main plonge dans me poche et en tire le cahier à cigarettes. Irrité contre moi, je remets violemment le cahier à sa place,’ etc. » Delboeuf, Le sentiment de l’effort, Revue Philosophique, 1882, II, p. 516.
j’ai fu mer
fui mer
fut, chère
« On aura beau nous démontrer d’une manière irréfutable que cet amour est absurde, que cette frayeur est ridicule, nous en serons convaincus, mais nous serons toujours amoureux et effrayés. La passion se guérit quelquefois par sa satisfaction, quand l’idée fixe a amené définitivement l’acte auquel elle correspond, et disparaît par épuisement ; elle peut aussi se guérir par une secousse nouvelle qui bouleverse encore les couches de la conscience et nous permet de reprendre possession des idées émancipées. » Águas em que se banha duas vezes, Hera & Clito ?
« Nous n’avons vraiment pas besoin de prendre du haschisch comme faisait Moreau de Tours pour savoir par nous-mêmes ce qu’est la folie : qui donc peut se vanter de n’avoir jamais été fou ? »
« la lutte ‘des 2 hommes’ qui se partagent notre coeur et conscience a été décrite dans toutes les religions et dans toutes les philosophies. »
« Que la peinture est un art sublime, pensait mon âme, heureux celui que le spectacle de la nature a touché…… Pendant que mon âme faisait ces réflexions, l’autre allait son train, et Dieu sait où elle allait ! — Au lieu de se rendre à la cour, comme elle en avait reçu l’ordre, elle dériva tellement sur la gauche, qu’au moment où mon âme la rattrapa, elle était à la porte de Mademoiselle de Hautcastel, à un demi-mille du palais royal. Je laisse à penser au lecteur ce qui serait arrivé, si elle était entré toute seule chez une aussi belle dame….. Je donne ordinairement à ma bête [segund’alma, a paixão] le soin des apprêts de mon déjeuner ; c’est elle qui fait griller mon pain et le coupe en tranches. Elle fait à merveille le café et le prend même très souvent sans que mon âme s’en mêle, à moins que celle-ci ne s’amuse à la voir travailler…… J’avais couché mes pincettes sur la braise pour faire griller mon pain ; et, quelque temps après, tandis que mon âme voyageait, voilà qu’une souche enflammée roule sur le foyer. — Ma pauvre bête porta la main aux pincettes et je me brûlai les doigts. (…) là, ma main s’était emparée machinalement du portrait de Mme de Hautcastel et l’autre, s’amusait à ôter la poussière qui le couvrait. Cette occupation lui donnait un plaisir tranquille, et ce plaisir se faisait sentir à mon âme, quoiqu’elle fût perdue dans les vastes pleines du ciel…….. Toute la figure parut renaître et sortir du néant. Mon âme se précipita du ciel comme une étoile tombante ; elle trouva l’autre dans une extase ravissante et parvint à l’augmenter en la partageant… (…) C’est un parfait honnête homme que M. Joannetti (son domestique). Il est accoutumé aux fréquents voyages de mon âme, et ne rit jamais des inconséquences de l’autre ; il la dirige même quelquefois lorsqu’elle est seule : en sorte qu’on pourrait dire alors qu’elle est conduite par 2 âmes. Lorsqu’elle s’habille, p.ex., il m’avertit par un signe qu’elle est sur le point de mettre ses bas à l’envers, ou son habit avant sa veste. Mon âme s’est souvent amusée à voir le pauvre Joannetti courir après la folle sous les berceaux de la citadelle, pour l’avertir qu’elle avait oublié son chapeau, une autrefois son mouchoir ou son épée. » Spencer, Psychologie, I.
A BELA & A FERA: SOLIPSISMO!
« Décrire davantage ces phénomènes serait renouveler des études déjà faites »
4.3 LE JUGEMENT ET LA VOLONTÉ
« Il est fort difficile, je ne dis même pas d’expliquer la nature de la volonté, mais même de reconnaître et de décrire un acte volontaire, car les psychologues sont loin d’être d’accord sur les signes qui le caractérisent. »
« C’est dans le même sens que beaucoup de physiologistes, comme Bastian, disent qu’un acte volontaire est simplement précédé par l’idée ou la représentation du genre de mouvement à exécuter. » « Si on admet cette définition, tous les mouvements possibles exécutés par un être vivant seront des mouvements volontaires : ainsi que toutes nos études l’ont démontré, il n’y a pas d’action même chez les somnambules, même chez les cataleptiques, qui ne soit précédée ou mieux accompagnée par la représentation qui amène l’action et les mouvements. »
« L’hésitation provient simplement de la lutte de plusieurs idées qui s’opposent les unes aux autres avant que la plus forte n’ait triomphé, et cette lutte peut exister dans les actions mécaniques comme dans les autres. »
« la théorie bien connue du sentiment de l’effort » « après les études de M. William James (The feeling of effort), qui ne me semblent pas avoir été réfutées, je ne crois pas qu’il y ait encore lieu de discuter cette théorie. Le sentiment particulier dont parle Rey Régis est un ensemble de sensations musculaires qui existent dans tous les mouvements volontaires ou non, mais qui sont toutes particulières quand nous portons nous-mêmes le poids de notre bras et surtout quand nous le chargeons d’un objet. »
« L’acte volontaire ne pouvant pas s’intercaler entre l’idée et le mouvement qui sont toujours indissolublement unis, c’est dans l’idée elle-même, dans le phénomène intellectuel proprement dit qu’il faut le chercher. »
« les jugements ou idées de rapports sont, dans l’intelligence, des phénomènes différents des sensations, des images et des perceptions, qui ne sont que des groupes d’images associées entre elles. » (sempre a velha distinção a priori x experiência)
« L’idée de ressemblance, p.ex., n’est pas une sensation, ni una image, car elle n’est ni rouge, ni bleue, ni chaude, ni sonore ; elle n’est pas non plus un groupe d’images, car une addition de ce genre formerait une image nouvelle et la ressemblance ne peut en aucune façon être représentée. » « La ressemblance à laquelle je pense en voyant Pierre et Paul n’est identique ni à Pierre ni à Paul »
« le jugement esthétique n’est pas identique à une mosaïque de sensations agréables juxtaposées. Que l’on appelle ces phénomènes nouveaux des réflexions, comme fait Maine de Biran, ou des aperceptions, comme les nomme Wundt après Leibniz, ou simplement des jugements, peu importe, pourvu qu’on ne les confonde pas avec des phénomênes psychologiques tout différents. »
« Je ne fais que répéter les conclusions brillamment soutenues par plusieurs auteurs et en particulier par M. Rabier. » Como alguém tão brilhante pôde recair tanto no esquecimento? Não me parece um autor original!
« nous jugeons [que l’acte est] en plus … utile ou nécessaire. »
« Au lieu d’agir semblablement dans les cas semblables, disait M. Fouillée, par un pur automatisme sans aucune conscience de la similitude comme la bête, il agira semblablement dans les cas semblables avec conscience de la similitude, c’est-à-dire avec un sentiment de la ressemblance assez fort pour être réfléchi et aperçu. »
« les paroles sont déterminées par les images visuelles ou auditives du mot ‘ressemblance’ et non par l’idée de rapport qu’il exprime. »
« …synthétisent d’une manière nouvelle… »
« ‘L’effort volontaire’ consisterait justement dans cette systématisation »
« La faiblesse de synthèse que nous avions reconnue chez les malades ne leur permet même pas complètement les synthèses élémentaires qui forment les perceptions personnelles » + « synthèses plus élevées »
« Les auteurs qui ont fait une étude si complète sur le mécanisme par lequel l’attention se développe et se conserve n’ont peut-être pas insisté suffisamment sur ce rôle du jugement dans l’attention : car c’est son intervention qui, à notre avis, caractérise la véritable attention volontaire. » « l’activité volontaire tend à faire régner l’unité dans notre esprit et tend à rendre réel l’idéal des philosophes, l’âme une et identique. »
Todo julgamento ou juízo é moral e transcendental. (resumo das próximas páginas)
“Il n’y a rien de plus libre, je ne dis pas d’une manière absolue ce qui ne signifie rien, mais relativement à la raison et à la science humaine, que ce qui ne peut pas être prévu, que ce dont la prévision est incompréhensible pour nous. » A liberdade está nos olhos de quem vê. Obviamente, como o mundo é humano, somos livres. Se houvesse um “terceiro olho cósmico e neutro”, isto é, um tipo de vida fora da vida, perceber-nos-ia como mero fatum.
« Une grande découverte scientifique qui bouleverserait la science ne peut pas être prévue par la science actuelle, puisque, par définition, elle en est la négation. (…) C’est (…) au moins dans sa forme et dans la nouvelle synthèse imposée aux éléments, une véritable création ex nihilo. » Voilà! Homem, o amigo do Nada. O nada, e o tudo, por ser o nada!
“C’est une illusion des esprits faibles que de croire sentir au fond de leur coeur des idées sublimes qu’ils ne peuvent réaliser. » Nem todos podem ser Goethe. Aliás, ninguém a não ser Goethe!
4.4 CONCLUSION
“Toute l’histoire de la folie, comme l’a soutenu Baillarger et après lui beaucoup d’aliénistes, n’est que la description de l’automatisme psychologique livré à lui-même »
« Les hommes ordinaires oscillent entre ces 2 extrêmes [genialidade e idiotia ou automatismo puro; o universal-no-individual contra o objetivo-e-onipresente-despersonalizado]”
CONCLUSION (général)
« Au début des travaux de psychologie, les philosophes insistérent sur une remarque, juste en général, nécessaire peut-être, la séparation radicale de l’esprit et du corps. Cette conception, qui avait sa raison d’être, fut très utile à un certain moment et contribua puissamment à fonder les études de psychologie ; mais elle avait aussi ses exagérations et ses dangers. Les inconvénients de cette hypothèse se manifestèrent d’abord dans la métaphysique, et la difficulté d’expliquer l’action réciproque de l’âme et du corps força les philosophes à construire les systèmes les plus bizarres. (…) la philosophie modifia peu à peu sa conception primitive et, sous l’influence de Leibniz, puis sous celle de Kant, rapprocha singulièrement les 2 natures quelle avait crues inconciliables. Ce mouvement est tout naturel et se rattache parfaitement aux lois générales de l’intelligence. Pour comprendre les choses, il faut commencer par les séparer : la discrimination est le premier pas de la science ; mais, séparer, ce n’est pas comprendre, il faut ensuite réunir, synthétiser les termes différentes qu’on a distingués et établir cette unité dans la diversité, qui est propremente l’oeuvre de l’esprit humain. »
« Les théories de la faculté motrice, de l’effort musculaire, et même de la volonté me paraissent, dans la science, des suppositions absolument parallèles aux fameuses hypothèses du médiateur plastique, des causes occasionnelles ou de l’harmonie préetablie, dans la métaphysique. Ces intermédiaires cependant ne furent pas suffisants et, de plus en plus, on constate le rôle de l’activité et même du mouvement dans la pensée, et réciproquement le rôle de la pensée dans le mouvement. »
« Une théorie de l’intelligence pure, indépendante de l’organisme et du mouvement, n’est plus possible aujourd’hui, et bientôt une théorie de l’organisme purement mécanique sans intervention de la conscience sera également insoutenable. [Confirmado.] On ne peut plus considérer la psychologie et la physiologie comme indépendantes, on ne peut plus faire de l’une un appendice insignifiant de l’autre ; il faut avouer qu’il y a, entre ces 2 sciences, des rapports particuliers qui n’existent entre aucune autre, et qu’en se plaçant à des points de vue différents, elles font toutes 2 descriptions parallèles d’une seule et même chose. »
« Qui s’avisera de faire la théorie psychologique de la digestion ou la théorie physiologique du syllogisme ? » « La connaissance de l’homme, cela est certain, ne serait complète, dans une science idéale, que si chaque loi psychologique trouvait son pendant dans une loi physiologique. » « Dans l’étude qui nous occupe (…) il semble qu’aujourd’hui ce soit, pour un moment, la psychologie qui ait la prééminence, et les physiologistes eux-mêmes, ou doit le remarque comme un fait important, n’ont cru pouvoir expliquer les actes des somnambules qu’ils observaient qu’en faisant appel à des lois psychologiques. » A neurociência COM TODA A CERTEZA não é a resposta. Estamos mal…
« Cette création se répète pour chaque être nouveau qui réussit à former une conscience de ce genre, car, à proprement parler, la conscience de cet être qui vient de naître n’existait pas dans le monde et semble sortir du néant. La conscience est donc bien par elle-même, dès ses débuts, une activité de synthèse. »
NÃO HÁ ALFA OU ORIGO : « De même que la physiologie trouve l’organisation dans tous les éléments du corps organisé, la psychologie trouve déjà une organisation et une synthèse dans tous les éléments de la conscience auxquels elle peut remonter. »
APPENDICE
Alguns dos pacientes (provavelmente em grande parte apenas mulheres) citados na obra:
« Be. Jeune femme de 25. Père bien portant, mère nerveuse irritable sans accidents précis, un oncle maternel aliéné. (…) [Depois de crises histéricas aos 15, conseguiu a guérison.] Aujourd’hui, elle est bien portante [adoro a expressão!] et ne présente aucune espèce d’anesthésie ; au contraire, quand on examine chacun de ses sens séparément, elle a partout une sensibilité extrêmement fine. Le seul caractère anormal c’est une distraction très forte, un rétrécissement du champ de la conscience très visible et qui l’empêche de suivre 2 choses à la fois. »
« Blanche. Jeune fille de 18. Mère bien portante, père nerveux, bizarre, un tante maternelle aliénée. Elle est la dernière de 15 enfants dont 9 sont morts en bas âge, tous avant 3 ans, et dont les survivants sont assez bien portants. (…) [‘demi-epilética já aos 3; inteligência baixa, bulímica; cleptomaníaca em relação a comidas; come até o limite do estômago. Continua, em idade adulta, tendo convulsões análogas à epilepsia, mais raras, restritas ao eixo esquerdo. Sensibilidade só do lado direito. Progrediu pouco nos estudos.] »
“D. Jeune homme de 17 ans, cas de folie impulsive dont l’observation a été rapportée plus haut. » O BARBEIRO
« G. Jeune fille agée de 17. (…) [Histérica. Histórico dos pais desconhecido.]”
…
Não há pacientes com os dois pais sadios. Revelador.
“Léonie. F. 45. [Pai e avô epiléticos. Outros alienados na família paterna. Submeteu-se a tratamentos com magnetizadores na vida pregressa. Demi-histérica. Recidiva de crises violentas à menopausa. Anestesia total do lado esquerdo. Merecedora, segundo Janet, de uma biografia – mas foi tratada por uma década por outro médico.]”
“Lucie. F, 20. [Pai histero-epilético. Ataques na infância. Cegueira histérica temporária aos 9. Na idade adulta, as crises duram mais tempo, cerca de 5 horas. Anestésica total, diminuição da visão e audição. Hipnose suprimiu as crises temporariamente; em seguida vários outros sintomas associados. Quase recentemente saudável, por 18 meses. Recidiva parcial: pesadelos intensos e sonambulismo natural. Cura total por fim, durante mais 12 meses. Crises espaçadas e leves, tratáveis, até última atualização.]”
“Marie. Jeune fille de 19. Mère nerveuse irritable, aucun renseignement sur le père. [Crises de cólera desde a infância, seguidas de falta de ar. Aos 6 anos perdeu a visão do olhos esquerdo; retardou a segunda menstruação após menarca traumática, o que gerou histeria e crises de delírio anos depois. Atualmente dá sinais de recuperação total.]”
“Rose. Femme de 32, appartenant à une famille dont presque tous les membres du côté maternel, grand-père maternel, mère, tante, neveux, sont des hystériques convulsifs ; son frère aussi (…) [Paciente histérica do tipo mais grave na idade adulta. Anestesia e contrações crônicas. Cegueira histérica aos 15. Grandes períodos de crise, sucedidos de grande letargia. Menarca aos 20. Teve 8 filhos, todos mortos em tenra idade, antes de completar 1 ano de vida. Daltonismo ‘adquirido’, pois não era daltônica de nascença. Recuperava movimento das pernas após sessões de hipnose. Acessos cataléticos em hipnose. Contrações curadas a duras penas. Sintomas de histeria persistentes. Alta do hospital por 3 meses, depois recaída em paraplegia (insensibilidade das pernas) e retorno também das contrações.]”
« V. Femme de 28. Parents n’ayant présenté aucun accident nerveux. (…) [Aos 15 anos começou a padecer de crises de sonambulismo em que recitava um livro de história da França. Delírios. Dez anos de saúde. Aos 26 teve uma grande crise histérica após um acontecimento desestabilizador do emocional. Volta da recitação da história da França. 1 ano depois teve um ataque catalético ocasionado por um raio. À idade atual, angina, necessidade de se manter deitada. Após cura da angina, paralisia das pernas. Anestesia foi se alastrando para todo o corpo. Dores uterinas. Causa fisiológica descartada. Hipnose inútil contra a paralisia dos membros inferiores. Segunda personalidade recalcitrante. Depois de artifícios de Janet, ‘alucinada’, foi ‘convencida’, em hipnose, que podia movimentar as pernas. De repente recuperou toda a sensibilidade corpórea e cessaram dores uterinas. Um ano sem sintomas de histeria.] »
ÍNDICE DE OBRAS RECOMENDADAS, ORDENADAS PELA PRIORIDADE DA LEITURA E POR CATEGORIA
1. PSICOLOGIA & PSIQUIATRIA DINÂMICA (inclui os antecessores: padres, magnetizadores, etc.):
MYERS, F.W.H. Phantasms of the living, 1886, em 2 vols. (talvez as duas “obras” abaixo sejam apenas artigos deste livro maior!)
____. Automatic writing
____. Multiplex personality (a atual desordem de múltiplas personalidades, DID em inglês)
[sem autor] Seconde lettre de gros Jean à son évêque au sujet des tables parlantes, des possessions et autres diableries. Paris, Ledoyen, 1855 [vários parágrafos citados por J.]
MOREAU, Jacques-Joseph. Psychologie morbide. (artigo ou livro – Moreau de Tours foi o fundador dos Annales médico-psychologiques)
MAINE DE BIRAN. Essai sur les fondements de la psychologie
____. Du Hachisch et de l’aliénation mentale (disponível em archive.org/)
RIBOT, Théodule-Armand Constant. Psychologie de l’attention (Atenção para não confundir com o pintor Théodule Ribot! Aquele de que aqui se trata é o fundador da Revue philosophique e, de modo geral, da psicologia na França.)
WUNDT. Éléments de psychologie physiologique
SPENCER, H. Principles of Psychology, 2 vols.
AZAM, E. Hypnotisme, double conscience et altérations de la personnalité : le cas Félida X
RIBOT. Maladies de la personnalité
MAINE DE BIRAN. Sur la décomposition de la pensée
BALLET, Gilbert. Langage intérieur et les Diverses Formes de l’Aphasie, 1886
GILLES DE LA TOURETTE, Georges. L’hypnotisme et les états analogues du point de vue médico-légal, 1887 (melhor fonte para estudar seriamente o espiritismo)
FOUILLEÉ. La psychologie des idées-forces
CHEVREUL. De la baguette divinatoire, du pendule dit explorateur et des tables tournantes, au point de vue de l’histoire, de la critique et de la méthode expérimentale
MAURY, Alfred. Le Sommeil et les rêves
DESPINE, Prosper Pierre. Théorie physiologique de l’hallucination (1881)
____. De La Contagion Morale: Faits Démontrant Son Existence (1870)
DESAGES, Luc. De l’extase
LEFEBVRE DE LOUVAIN. Louise Lateau de Bois d’Haine. Sa vie. Ses extases. Ses stigmates, 1870
DELBOEUF. « Le sentiment de l’effort » (artigo)
JAMES, W. What is an emotion
____. The feelinf of effort
JOLY. Sensibilité et mouvement
HACK-TUKE, Le corps et l’esprit
BAILLARGER. Recherches sur les maladies mentales, 2 volumes, 1890
BASTIAN, Adolf. Beiträge zur vergleichenden Psychologie, 1868
DESPINE. Étude scientifique sur le somnambulisme, sur les phénomènes qu’il présente et sur son action thérapeutique dans certaines maladies nerveuses, 1880
LASÈGUE. Études médicales
BÉRILLON. La dualité cérébrale
HERZEN. Le cerveau et l’activité cérébrale, 1887
BASTIAN. Die Lehre vom Denken « La science de la pensée », 3 vols.
____. Le cerveau et la pensée
LUYS. Études de physiologie et de pathologie cérébrales
RICHER, Paul. Études cliniques sur l’hystéro-épilepsie ou grande hystérie (1881) [não confundir com Charles RICHET]
SAINT-BOURDIN. Traité de la Catalepsie, 1841
BUZZARD, Thomas. Clinical Lectures on Diseases of the Nervous System (pioneiro da neurologia, epilepsia e Mal de Parkinson!)
BINET. « Les altérations de la conscience chez les hystériques » (artigo)
BINET & FÉRÉ. Le magnétisme animal
CHARPIGNON. Physiologie, médecine et métaphysique du magnétisme
DELEUZE, J.P.F.. Mémoire sur la faculté de prévision (https://archive.org/details/b29344517)
____. Instruction pratique ou Introduction pratique sur le magnétisme animal, 1836
BERTRAND, A.J.F. Du magnétisme en France et des jugements qu’en ont porté les sociétés savantes, 1826 (tradução inglesa de 2004 – um dos primeiros estudiosos do mesmerismo)
____. Traité du somnambulisme et des différentes modifications qu’il présente, 1823
DAGONET. Annales médico-psychologiques
BERNHEIM. De la suggestion
RICHET. La suggestion mentale et le calcul des probabilitiés
BAIN, Alexander. Physiological Expression in Psychology (ver mais livros de Bain nas seções abaixo)
____. Mental and moral science: A compendium of psychology and ethics (archive.org)
BARAGNON. Magnétisme animal
LAFONTAINE. Art de magnétiser
GIBIER, Le spiritisme ou fakirisme occidental
CARPENTER. Mesmerism, Spiritualism, etc, Historically and Scientifically Considered
BERSOT. Mesmer. Le magnétisme et les tables tournantes
GASPARIN. Des tables tournantes
BEAUNIS, Étienne. Le somnambulisme provoqué: études physiologiques et psychologiques
CARPENTER. Principles of Mental Physiology, with their Applications to the Training and Discipline of the Mind, and the Study of its Morbid Conditions.
OCHOROWICZ. De la suggestion mentale
MAUDSLEY, Henry. Responsibility in Mental Disease, D. Appleton and Co., 1896 (disponível em archive.org/)
____. Pathologie de l’esprit
FARIA. De la cause du sommeil lucide
LEGRAND DU SAULLE. Le délire des persécutions
REGNARD. Les maladies épidémiques de l’esprit : sorcellerie, magnétisme, morphinisme, délire des grandeurs
PITRES. Des anesthésies hystériques
BERNHEIM. De l’amaurose hystérique et de l’amaurose suggestive
BARÉTY, Alexandre. Le magnétisme animal, étudié sous le nom de force neurique, rayonnante et circulante : dans ses propriétés physiques, physiologiques et thérapeutiques (archive.org)
MESNET, Urbain-Antoine-Ernest. O sonambulismo e a fascinação (já pelo fato de ter encontrado a bibliografia somente em português deve ser um livro dificílimo de achar)
WILKINSON, J.J.G. On Hypnotism (sobre a obra de James Braid)
BALL, B. La Morphinomanie
DUMONTPALLIER. Note sur l’analgésie thérapeutique locale déterminée par l’irritation de la région similaire du côté opposé du corps
MAGNAN, Valentin. De l’alcoolisme, des diverses formes de délire alcoolique et de leur traitement
BERNARD, Claude. Leçons de physiologie expérimentale appliquée à la médecine, 2 vols., 1855-56
GARNIER, Faculté de l’âme
LEMOINE. Habitude et instinct
SAURY. L’Hydroscope et le ventriloque, ouvrage dans lequel on explique d’une manière naturelle à la portée de tout le monde comment un jeune Provençal voit à travers la terre et par quel artifice ceux qu’on nomme ventriloques peuvent parler de manière que la voix paraisse venir du côté qu’ils veulent
LEURET. Du traitement des idées ou conceptions délirantes
RICHET, Charles. L’homme et l’Intelligence : fragments de psychologie et de physiologie
BERBEZ. Hystérie et traumatisme
MAGENDIE. Précis élémentaire de physiologie (2 vols.)
PINEL. De la monomanie
2. HISTÓRIA
DELEUZE, J.P.F. Histoire critique du magnétisme animal, 1813 (1819) (disponível em https://archive.org/details/histoirecritique01dele), em 2 volumes.
LANGE, Friedrich Albert. Geschichte des Materialismus und Kritik seiner Bedeutung in der Gegenwart. (History of Materialism and Critique of its Present Significance.), 1866 (Incluso no google drive, ver outras obras de Lange abaixo. Além disso, o curioso filósofo Fouillée tem um livro só sobre ele e Nietzsche.)
3. FILOSOFIA
LEIBNIZ. Principes de la natur et de la grâce
CONDILLAC, Étienne. Traité des sensations
BAIN, Alexander. Mental science: a compendium of psychology, and the history of philosophy, designed as a text-book for high-schools and colleges
____. The Emotions and the Will
____. The Senses and the Intellect
____. Pleasure and Pain
COLSENET. La vie inconsciente de l’esprit
BOUILLIER, Francisque. Théorie de la raison impersonnelle (1844)
LITTRÉ. Philosophie positive
PAULHAN, Fréderic. L’activité mentale et les éléments de l’esprit
4. BIOLOGIA & PROTO-ANTROPOLOGIA
MAINE DE BIRAN. Anthropologie
ESPINAS. L’évolution mentale chez les animaux
BUFFON. Discours sur la nature des animaux
____. Histoire naturelle (15 vols.)
5. BIOGRAFIAS & AUTOBIOGRAFIAS
MAINE DE BIRAN. Journal intime
6. PEDAGOGIA
DARWIN, E. A plan for the conduct of female education in boarding schools
BAIN, A. Education as a Science, 1884
7. SOCIOLOGIA
BAIN, A. Review of Herbert Spencer’s Principles of Sociology
8. FÍSICO-QUÍMICA
FARADAY, Michael. Experimental Researches in Chemistry and Physics (archive.org)
STROUMPOS. Scientific Paradoxes
9. OFTALMOLOGIA
DE WECKER, Louis. Échelle métrique pour mesurer l’acuité visuelle, 1877
10. CIÊNCIAS OCULTAS
DE MIRVILLE. Des esprits et de leurs manifestations fluidiques
DUPOTET. La magie dévoilée et la science occulte, 1852
TISSANDIER. Des sciences occultes et du spiritisme
GULDENSTUBBE. La réalité des esprits
BARON DU PREL. Philosophie der mystick
HELLENBACH, Geburt und Tod
11. PSEUDO-RELIGIÃO
Para quem tiver a cara e a coragem… Pois seria o último livro de toda essa bibliografia que eu leria… Recomendaria, no lugar, Gilles de la Tourette mais acima.
KARDEC. Livro dos médiums
12. SUGESTÕES EXTERNAS BASEADAS NA BIBLIOGRAFIA CITADA POR JANET (autores em ordem alfabética; dentro de cada autor, a ordem é a de relevância do tema):
BAIN. Elements of chemistry and electricity: in two parts (mais um polímata semi-tardio!)
____. Astronomy
____. Is There Such a Thing As Pure Malevolence?
BALL. Du délire des persécutions, ou Maladie de Lasègue
BALLET. Swedenborg; histoire d’un visionnaire aux XVIIIe siècle, 1897.
____. Psychoses et affections nerveuses, 1897.
____. Traité de pathologie mentale, 1903.
BALLET, G. & PROUST, A. L’Hygiène du neurasthénique (The Treatment of Neurasthenia)
BASTIAN. Die Vorgeschichte der Ethnologie
____. Kulturhistorische Studien unter Rückbeziehung auf den Buddhismus, 1900.
____. Der Buddhismus in seiner Psychologie, 1882.
____. Die Denkschöpfung umgebender Welt aus kosmogonischen Vorstellungen
____. Religionsphilosophische Probleme auf dem Forschungsfelde buddhistischer Psychologie und der vergleichenden Mythologie
____. Kontroversen in der Ethnologie
____. Die Völkerkunde und der Völkerverkehr
____. Allgemeine Grundzüge der Ethnologie
____. Ethnische Elementargedanken in der Lehre vom Menschen
____. Die Probleme humanistischer Fragestellungen und deren Beantwortungsweise unter den Zeichen der Zeit, 1901.
____. Vorgeschichtliche Schöpfungslieder
____. Die Seele indischer und hellenistischer Philosophie in den Gespenstern moderner Geisterseherei
____. In Sachen des Spiritismus
____. Wie das Volk denkt
____. Zur Mythologie und Psychologie der Nigritier in Guinea
____. Die samoanische Schöpfungssage und Anschließendes aus der Südsee
____. Über Klima und Acclimatisation
____. Das Geschichtsdrama am Kap der guten Hoffnung aus der Vogelperspektive
BUCHHEIT. Adolf Bastian and his universal archive of humanity. The origins of German anthropology (artigo sobre Adolf Bastian – procurar)
BUZZARD. With the Turkish Army in the Crimea and Asia Minor: A personal narrative. John Murray, London, 1915.
CARPENTER, W.B. (1839) Principles of General and Comparative Physiology, Intended as an Introduction to the Study of Human Physiology and as a Study Guide to the Persuit of Natural History.
CONDILLAC. Traité des animaux, une critique de l’Histoire naturelle de Buffon de 1749, 1755.
____. Le Commerce et le gouvernement considérés relativement l’un à l’autre, 1776. (grande polímata! suas obras completas dão 30 tomos…)
DESPINE. Psychologie naturelle. Étude sur les facultés intellectuelles et morales dans leur état normal et dans leurs manifestations anormales chez les aliénés et chez les criminels, F. Savy, 1868.
____. La Science du cœur humain, ou la Psychologie des sentiments et des passions, d’après les œuvres de Molière, F.Savy, 1884.
____. De la Folie au point de vue philosophique, ou plus spécialement psychologique, étudiée chez le malade et chez l’homme en santé, Savy, 1875.
____. Le Démon alcool, ses effets désastreux sur le moral, sur l’intelligence et sur le physique, moyens d’y porter remède, Savy, 1871.
____. Du Rôle de la science dans la question pénitentiaire, quelles sont les lumières dont la science peut éclairer cette question. (1878)
DESPINE, Charles-Humbert-Antoine (mais conhecido como Despine père). De l’emploi du magnétisme animal et des eaux minérales dans le traitement des maladies nerveuses : suivi d’une observation très curieuse de guérison de névropathie, 1840.
DICTIONNAIRE DE L’ETHNOLOGIE ET DE L’ANTHROPOLOGIE, 1991 (2008).
DUBOIS D’AMIENS & BURDIN. Histoire académique du magnétisme animal (1841).
EMMERICK, Anna Katharina & BRENTANO, Clemens. La Douloureuse Passion de Jésus-Christ – éditions F.X. de Guibert, Paris – 2004 (ISBN 2-86839-942-8). (Cette réédition récente, qui correspond à la première œuvre publiée, la seule du vivant de C. Brentano, a été adaptée par Lina Murr Nehmé.)
FARADAY. Diary (faradaysdiary.com – amostra em PDF dos 7 volumes)
____. The Correspondence of Michael Faraday (4 vols. – último volume editado em 1999)
____. The letters of Faraday and Schoenbein 1836–1862. With notes, comments and references to contemporary letters – edição digital em https://dfg-viewer.de/show/?set[mets]=https%3A//digital.ub.uni-duesseldorf.de%2Foai%2F%3Fverb%3DGetRecord%26metadataPrefix%3Dmets%26identifier%3D1334720
FOUILLEÉ. Note sur Nietzsche et Lange : « le retour éternel »
____. Critique des systèmes de morale contemporains : morale évolutionniste, morale positive, morale indépendante, morale kantienne et néo kantienne, morale pessimiste, morale spiritualiste, morale esthétique et mystique, morale théologique, 1899.
____. La France au point de vue moral
GIBERT, Camille-Melchior. Manuel des maladies vénériennes
GILLES DE LA TOURETTE. L’épilogue d’un procès célèbre (Affaire Eyraud – Bompard), Aux bureaux du Progrès médical (disponível em https://www.biusante.parisdescartes.fr/histoire/medica/resultats/index.php?do=livre&cote=51443×06)
MAINE DE BIRAN. Œuvres de Maine de Biran (ed. Pierre Tisserand) (em 9 vols.)
MAURY, Alfred. Histoire des grandes forêts de la Gaule et de l’ancienne France (1850) « une 3e édition corrigée parut en 1867 sous le titre Les Forêts de la Gaule et de l’ancienne France »
MAYO. Philosophy of Living, 1851.
____. Powers of the Roots of the Nerves in Health and in Disease, 1837.
____. Observations on Injuries and Diseases of the Rectum, 1833.
____. The Cold Water Cure, 1845.
MOIGNO, François-Napeoléon-Marie. Optique moléculaire
____. Leçons de mécanique analytique
____. Traité de télégraphie électrique
LANGE. Über den Zusammenhang der Erziehungssysteme mit den herrschenden Weltanschauungen verschiedener Zeitalter. (On the Connection Between the Educational Systems with the Dominant World Views of Different Eras.), 1855.
____. Die Leibesübungen. Eine Darstellung des Werdens und Wesens der Turnkunst in ihrer pädagogischen und kulturhistorischen Bedeutung. (Physical Exercise: A Presentation of the History and Essence of Gymnastics in its Pedagogical and Cultural-Historical Significance.), 1863.
____. Die Grundlegung der mathematischen Psychologie. Ein Versuch zur Nachweisung des fundamentalen Fehlers bei Herbart und Drobisch. (Foundations of Mathematical Psychology. Attempt at a Demonstration of the Fundamental Error of Herbart and Drobisch.), 1865.
RIBOT. La Philosophie de Schopenhauer (1874)
____. Les Maladies de la volonté (1909)
____. La Psychologie allemande contemporaine : école expérimentale (1879)
____. La Psychologie anglaise contemporaine (1870)
____. Psychologie des grands calculateurs et des joueurs d’échecs (1894)
RICHER. Les Démoniaques dans l’art, with Jean-Martin Charcot (1887) (DV) (déjà vu – recomendação antiga!)
____. Les Difformes et les malades dans l’art, with Jean-Martin Charcot (1889)
____. Physiologie artistique de l’homme en mouvement (1895) (Artistic Anatomy, translated and edited by Robert Beverly Hale, 1971)
____. Introduction à l’étude de la figure humaine (1902)
____. Nouvelle anatomie artistique. Les animaux (1910) (New Artistic Anatomy: Female Morphology, translated and edited by Allana M. Benham, 2015) [que equiparem o animal à mulher… em 2015!… não posso crer nos meus olhos!]
RICHET, Charles. L’Anaphylaxie (tese ganhadora do prêmio Nobel; também foi tradutor de Gurney, outra bibliografia citada; ver ainda o trabalho no tópico 1, em psicologia.)
____. La Sélection humaine (e do mesmo autor, no entreguerras, um tratado eugenista)
SAURY. Précis d’astronomie à la portée des jeunes gens de l’un et de l’autre sexe et de tous ceux qui veulent s’initier dans cette science en peu de temps et sans beaucoup de peine
____. Histoire naturelle du globe ou Géographie physique
____. Abrégé du cours complet de mathématiques
STANLEY HALL. Study of Dolls (https://archive.org/details/StudyOfDolls)
____. Morale, the supreme standard of life and conduct (https://archive.org/details/moralesupremesta00halliala)
____. Founders of modern psychology (https://archive.org/details/foundersofmodern00hall)
____. The contents of children’s minds on entering school (https://archive.org/details/contentsofchildr00hall)
____. Adolescence: its psychology and its relations to physiology, anthropology, sociology, sex, crime, religion and education (https://archive.org/details/adolescenceitsps01hall/page/n3/mode/2up)
____. Youth; its education, regimen, and hygiene (https://archive.org/details/youthitseducatio00hall)
____. Senescence, the last half of life (https://archive.org/details/senescencelastha00halliala)
STANLEY HALL & AMY B. Studies in Spiritism (https://archive.org/details/cu31924028952153)
TAINE, H. Le Positivisme anglais : étude sur Stuart Mill, éditions Germer Baillière, coll. « Bibliothèque de philosophie contemporaine » (1864)
TERESA DE ÁVILA. Castillo interior ou Las moradas
GLOSSAIRE (glossário francês):
baliverne: sem-sentido, besteirol
baquet: banheira
cadran: face (geralmente do relógio)
compère: cúmplice
contremarque: cunha de moeda
coudre: costurar
crampe: cãibra
épervier: gavião-da-europa
étain: estanho
fou rire: ataque de riso
fourche: forquilha, instrumento agrícola dentado
gourme: impetigo
parchemin: diploma, certificado, pergaminho
paresseux: indolente (perezoso)
perchoir: apoiador, pódio, palco
pied de nez: tocar o nariz com a ponta do dedo polegar
point de répère: ponto de vista
raser: raspar, fazer a barba
rasoir: navalha
rétrecissement: recuo, recolhimento, retração
rideaux: cortinas (riddles, a verdade por trás de enigmas)
saturnisme: intoxicação pelo chumbo
serin: canário
songe (subst.): delírio em vigília
zézayer: cecear
