L’ENCYCLOPÉDIE – AC – Acte & Acteur

ACTE. “On prétend que cette division d’une piece en plusieurs actes, n’a été introduite par les Modernes, que pour donner à l’intrigue plus de probabilité, & la rendre plus intéressante: car le spectateur à qui dans l’acte précédent on a insinué quelque chose de ce qui est supposé se passer dans l’entre-acte, ne fait encore que s’en douter, & est agréablement surpris, lorsque dans l’acte suivant, il apprend les suites de l’action qui s’est passée, & dont il n’avoit qu’un simple soupçon.

Les Poëtes Grecs ne connoissoient point ces sortes de divisions; il est vrai que l’action paroît de tems en tems interrompue sur le théatre, & que les Acteurs occupés hors de la scene, ou gardant le silence, font place aux chants du choeur; ce qui produit des intermedes, mais non pas absolument des actes dans le goût des Modernes, parce que les chants du choeur se trouvent liés d’intérêt à l’action principale avec laquelle ils ont toûjours un rapport marqué. Si dans les nouvelles éditions leurs tragédies se trouvent divisées en cinq actes, c’est aux éditeurs & aux commentateurs, qu’il faut attribuer ces divisions, & nullement aux originaux; car de tous les Anciens qui ont cité des passages de comédies ou de tragédies Greques, aucun ne les a désignés par l’acte d’où ils sont tirés, & Aristote n’en fait nulle mention dans sa Poëtique. Il est vrai pourtant qu’ils considéroient leurs pieces comme consistant en plusieurs parties ou divisions, qu’ils appelloient Protase, Epitase, Catastase, & Catastrophe; mais il n’y avoit pas sur le théatre d’interruptions réelles qui marquassent ces divisions.

Ce sont les Romains qui les premiers ont introduit dans les pieces de théatre cette division par actes. Donat, dans l’argument de l’Andrienne, remarque pourtant qu’il n’étoit pas facile de l’appercevoir dans leurs premiers Poëtes dramatiques: mais du tems d’Horace l’usage en étoit établi; il avoit même passé en loi.

Neuve minor, neu sit quinto productior actu Fabula, quoe posci vult & spectata reponi.

Selon l’Abbé d’Aubignac, cette division est fondée sur l’expérience; car on a reconnu 1°. que toute tragédie devoit avoir une certaine longueur; 2°. qu’elle devoit être divisée en plusieurs parties ou actes. On a ensuite fixé la longueur de chaque acte; il a été facile après cela d’en déterminer le nombre. On a vû, par exemple, qu’une tragédie devoit être environ de 1500 ou 1600 vers partagés en plusieurs actes; que chaque acte devoit être environ de 300 vers: on en a conclu que la tragédie devoit avoir cinq actes” “En effet, il n’est pas essentiel à une tragédie d’avoir 1500 ou 1600 vers. On en trouve dans les Anciens qui n’en ont que 1000, & dans les Modernes qui vont jusqu’à 2000.”

ACTEUR. “Sophocle ajoûta un troisieme Acteur, & les Grecs se bornerent à ce nombre; c’est-à-dire, qu’on regarda comme une regle du poëme dramatique de n’admettre jamais sur la scene plus de trois interlocuteurs à la fois: regle qu’Horace a exprimée dans ce vers,

Nec quarta loqui Persona laboret.

Les anciens Acteurs déclamoient sous le masque, & étoient obligés de pousser extrèmement leur voix pour se faire entendre à un peuple innombrable qui remplissoit les amphitéatres: ils étoient accompagnés d’un Joueur de flûte qui préludoit, leur donnoit le ton, & joiioit pendant qu’ils déclamoient.

Autant les Acteurs étoient en honneur à Athenes, où on les chargeoit quelquefois d’Ambassades & de Négociations, autant étoient-ils méprisés à Rome: non seulement ils n’avoient pas rang parmi les citoyens, mais même lorsque quelque citoyen montoit sur le théatre, il étoit chassé de sa tribu, & privé du droit de suffrage par les Censeurs. C’est ce que dit expressément Scipion dans Ciceron cité par Saint Augu. liv. II. de la cité de Dieu, c. XIII. cum artem ludicram scenamque totam probro ducerent, genus id hominum, non modo honore reliquorum civium, sed etiam tribu moveri notatione censoriâ voluerunt; & l’exemple de Roscius dont Ciceron faisoit tant de cas, ne prouve point le contraire. L’Orateur estime à la verité les talens du Comédien; mais il fait encore plus de cas de ses vertus, qui le distinguoient tellement de ceux de sa profession, qu’elles sembloient devoir l’exclurre du théatre. Nous avons à cet égard à peu près les mêmes idées que les Romains: & les Anglois paroissent avoir en partie adopté celles des Grecs. (G)”

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