L’ENCYCLOPÉDIE – AM – Âme

ÂME. “Il ne peut y avoir que deux manieres d’envisager l’ame, ou comme une qualité, ou comme une substance. Ceux qui pensoient qu’elle n’étoit qu’une pure qualité, comme Epicure, Dicéarchus, Aristoxène, Asclepiade & Galien, croyoient & devoient nécessairement croire qu’elle étoit anéantie à la mort. Mais la plus grande partie des Philosophes ont pensé que l’ame étoit une substance. Tous ceux qui étoient de cette opinion ont soutenu unanimement qu’elle n’étoit qu’une partie séparée d’un tout, que Dieu étoit ce tout, & que l’ame devoit enfin s’y réunir par voie de réfusion.” “Ceux qui soûtenoient qu’il n’y avoit qu’une seule substance universelle étoient de vrais athées: leurs sentimens & ceux des Spinosistes modernes sont les mêmes; & Spinosa sans doute a puisé ses erreurs dans cette source corrompue de l’antiquité. Ceux qui soûtenoient qu’il y avoit dans la nature deux substances générales, Dieu & la matiere, concluoient en conséquence de cet axiome fameux, de rien rien, que l’une & l’autre étoient éternelles: ceux-ci formoient la classe des Philosophes Théistes & Déistes, approchant plus ou moins suivant leurs différentes subdivisions, de ce qu’on appelle le Spinosisme. Il faut remarquer que tous les sentimens des anciens sur la nature de Dieu tenoient beaucoup de ce systeme absurde. La seule barriere qui soit entr’eux & Spinosa, c’est que ce Philosophe ainsi que Straton, destituoit & privoit de la connoissance & de la raison cette force répandue dans le monde, qui selon lui en vivifioit les parties & entretenoit leur liaison, au lieu que les Philosophes Théistes donnoient de la raison & de l’intelligence à cette ame du monde. La divinité de Spinosa n’étoit qu’une nature aveugle, qui n’avoit ni vie ni sentiment, & qui néanmoins avoit produit tous ces beaux ouvrages, & y avoit mis sans le savoir une symmétrie & une subordination qui paroissent évidemment l’esset d’une intelligence très-éclairée, qui choisit & (sic?) ses fins & ses moyens.” “Voyez l’article de l’immatérialisme, où nous prouvons que les anciens Philosophes n’avoient eu aucune teinture de la véritable spiritualité.”

Humanus autem animus decerptus est, mente divina, cum alio nullo nisi cum ipso Deo comparari potest.” « On ne rencontre rien, dans la nature terrestre, qui ait la faculté de se ressouvenir & de penser, qui puisse se rappeller le passé, considérer le présent, & prévoir l’avenir. Ces facultés sont divines; & l’on ne trouvera point d’où l’homme peut les avoir, si ce n’est de Dieu. Ainsi ce quelque chose qui sent, qui goûte, qui veut, est céleste & divin, & par cette raison il doit être nécessairement éternel » Cícero

Celles qui s’étoient souillées par des vices ou par des crimes, passoient par une succession de corps différens, pour se purifier avant que de retourner à leur substance primitive. C’étoit-là les deux especes de métempsycoses naturelles, dont faisoient réellement profession ces deux écoles de Philosophie [Platônicos e Pitagóricos].” “les 4 grandes sectes de l’ancienne Philosophie; savoir les Pythagoriciens, les Platoniciens, les Péripatéticiens, & les Stoïciens

« Pourquoi donc l’ame, que vous dites être immortelle, être Dieu, est-elle malade dans les malades, imbécille dans les enfans, caduque dans les vieillards? ô folie, démence, infatuation! » Arnobe (?)

Après avoir parlé des ames sensitives, & déclaré qu’elles étoient mortelles, Aristote ajoûte que l’esprit ou l’intelligence existe de tout tems, & qu’elle est de nature divine: mais il fait une seconde distinction; il trouve que l’esprit est actif ou passif, & que de ces deux sortes d’esprit le premier est immortel & éternel, le second corruptible. Les plus savans Commentateurs de ce Philosophe ont regardé ce passage comme inintelligible, & ils se sont imaginés que cette obscurité provenoit des formes & des qualités qui infectent sa philosophie, & qui confondent ensemble les substances corporelles & incorporelles. (…) Aristote tire ici une conclusion contre son existence particuliere & distincte dans un état futur [e funda o Existencialismo, por assim dizer]: sentiment qui a été embrassé par tous les Philosophes, mais qu’ils n’ont pas tous avoüé aussi ouvertement.”

A ansiedade vai passar como a vontade, fique à vontade. Prolixo ansioso. Ânsia de vômito e sêmen, de engolir e ruminar, de introjetar, de ser invadido e libertar. Embraçar o embaraçado. Um ébrio médio, um Baco baço. Coceira no ventre, o baixo. Venta e molda o barro. Muda o endereço do bairro dos deuses. Sede nectarina da existência e dos assopros.

Peu de tems après la naissance du Christianisme, les Philosophes étant puissamment attaqués par les écrivains chrétiens, altérerent leur philosophie & leur religion, en rendant leur philosophie plus religieuse, & leur religion plus philosophique. Parmi les rafinemens du paganisme, l’opinion qui faisoit de l’ame une partie de la substance divine, fut adoucie. Les Platoniciens la bornerent [confinerent] à l’amedes brutes. Toute puissance irrationnelle, dit Porphire, retourne par réfusion dans l’ame du tout. Et l’on doit remarquer que ce n’est seulement qu’alors que les Philosophes commencerent à croire réellement & sincerement le dogme des peines & des récompenses d’une autre vie. Mais les plus sages d’entre-eux n’eurent pas plûtôt abandonné l’opinion de l’ame universelle, que les Gnostiques, les Manichéens & les Priscilliens s’en emparerent: ils la transmirent aux Arabes, de qui les athées de ces derniers siecles, & notamment Spinosa, l’ont empruntée. § On demandera peut-être d’où les Grecs ont tiré cette opinion si étrange de l’ame universelle du monde; opinion aussi détestable que l’athéisme même, & que M. Bayle trouve avec raison plus absurde que le système des atomes de Démocrite & d’Epicure. On s’est imaginé qu’ils avoient tiré cette opinion d’Egypte. La nature seule de cette opinion fait suffisamment voir qu’elle n’est point Egyptienne: elle est trop rafinée, trop subtile, trop métaphysique, trop systématique: l’ancienne philosophie des Barbares (sous ce nom les Grecs entendoient les Egyptiens comme les autres nations) consistoit seulement en maximes détachées, transmises des maîtres aux disciples par la tradition, où rien ne ressentoit la spéculation, & où l’on ne trouvoit ni les rafinemens ni les subtilités qui naissent des systèmes & des hypothèses. Ce caractere simple ne régnoit nulle part plus qu’en Egypte. Leurs Sages n’étoient point des sophistes scholastiques & sédentaires, comme ceux des Grecs; ils s’occupoient entierement des affaires publiques de la religion & du gouvernement; & en conséquence de ce caractere, ils ne poussoient les Sciences que jusqu’où elles étoient nécessaires pour les usages de la vie. Cette sagesse si vantée des Egyptiens, dont il est parlé dans les saintes Écritures, consistoit essentiellement dans les arts du gouvernement, dans les talens de la législature, & dans la police de la société civile. § Le caractere des premiers Grecs, disciples des Égyptiens, confirme cette vérité; savoir, que les Egyptiens ne philosophoient ni sur des hypothèses, ni d’une maniere systématique. Les premiers Sages de la Grece, conformément à lusage des Égyptiens leurs maîtres, produisoient leur philosophie par maximes détachées & indépendantes, telle certainement qu’ils l’avoient trouvée, & qu’on la leur avoit enseignée. Dans ces anciens tems le Philosophe & le Théologien, le Législateur & le Poëte, étoient tous réunis dans la même personne: il n’y avoit ni diversité de sectes, ni succession d’écoles: toutes ces choses sont des inventions Greques § (…) Le plus beau principe de la Physique des Grecs eut deux auteurs, Démocrite & Séneque: le principe le plus vicieux de leur Métaphysique eut de même deux auteurs, Phérécide le Syrien, & Thalès le Milésien, Philosophes contemporains. § Phérécide le Syrien, dit Cicéron, fut le premier qui soûtint que les ames des hommes étoient sempiternelles; opinion que Pythagore son disciple accrédita beaucoup. § Quelques personnes, dit Diogene Laërce, prétendent que Thalès fut le premier qui soûtint que les ames des hommes étoient sempiternelles. Thalès, dit encore Plutarque, fut le premier qui enseigna que l’ame est une nature éternellement mouvante, ou se mouvant par elle-même.” “l’immortalité de l’ame étoit une chose que l’on avoit crue de tout tems? Homere l’enseigne, Hérodote rapporte que les Égyptiens l’avoient enseignée depuis les tems les plus reculés: c’est sur cette opinion qu’étoit fondée la pratique si ancienne de déifier les morts.”

O CÍRCULO CONTRA O TRIÂNGULO: “Suidas nous dit que Phérécide n’eut de maître que lui-même.” E eu digo que sou deus. “Le grand secret des mystères & le premier des mysteres qui furent inventés en Égypte, consistoit dans le dogme de l’unité de Dieu: c’étoit-là le mystère que l’on apprenoit aux Rois, aux Magistrats & à un petit nombre chois d’hommes sages & vertueux; & en cela même cette pratique avoit pour objet l’utilité de la société. (…) tout est Dieu: ce qui les a entraînés dans toutes les erreurs & les absurdités de notre spinosisme. Les Orientaux d’aujourd’hui ont aussi tiré originairement leur réligion d’Égypte, quoiqu’elle soit infectée du spinosisme le plus grossier: mais ils ne sont tombés dans cet égarement que par le laps de tems, & par l’effet d’une spéculation rafinée, nullement originaire d’Égypte. Ils en ont contracté le goût par la communication des Arabes-Mahométans, grands partisans de la Philosophie des Grecs, & en particulier de leur opinion sur la nature de l’ame.

Anima velut surculus quidam ex matrice Adami in propaginem deducta, & genitalibus semine foveis commodata. Pullulabit tam intellectu quam & sensu.” Tertullien

M. Leibnitz a sur l’origine des ames un sentiment qui lui est particulier. Le voici: il croit que les ames ne sauroient commencer que par la création, ni finir que par l’annihilation; & comme la formation des corps organiques animés ne lui paroit explicable dans l’ordre, que lorsqu’on suppose une préformation déjà organique; il en infere que ce que nous appellons génération d’un animal, n’est qu’une transformation & augmentation: ainsi puisque le même corps étoit déjà organisé, il est à croire, ajoûte-t-il, qu’il étoit déjà animé, & qu’il avoit la même ame.”

Encore aujourd’hui il y a peu d’hommes en Orient qui aient une connoissance parfaite de la spiritualité.”

PERSEGUIÇÃO INTELECTUAL: “Spinosa ayant une fois posé pour principe qu’il n’y a qu’une substance dans l’univers, s’est vû forcé par la suite de ses principes à détruire la spiritualité de l’ame. Il ne trouve entre elle & le corps d’autre différence que celle qu’y mettent les modifications diverses, modifications qui sortent néanmoins d’une même source, & possedent un même sujet. Comme il est un de ceux qui paroît avoir le plus étudié cette matiere, qu’il me soit permis de donner ici un précis de son système & des raisons sur lesquelles il prétend l’appuyer. Ce Philosophe prétend donc qu’il y a une ame universelle répandue dans toute la matiere, & surtout dans l’air, de laquelle toutes les ames particulieres sont tirées; que cette ame universélle est composée d’une matiere déliée & propre au mouvement, telle qu’est celle du feu; que cette matiere est toûjours prête à s’unir aux sujets disposés à recevoir la vie, comme la matiere de la flamme est prête à s’attacher aux choses combustibles qui sont dans la disposition d’être embrasées.” “Ainsi les corps ne sont que des modifications qui peuvent exister ou non exister sans faire aucun tort à la substance; ils caractérisent & déterminent la matiere ou la substance, à peu près comme les passions caractérisent & déterminent un homme indifférent à être mû ou à rester tranquille. En conséquence, la matiere n’est ni corporelle ni incorporelle; sans doute, parce qu’il n’y a qu’une seule substance dans l’univers, corporelle en ce qui est corps, incorporelle en ce qui ne l’est point. (…) Aussi Pythagore & Platon conviennent-ils l’un & l’autre, que Dieu existoit avant qu’il y eût des corps, mais non avant qu’il y eût de la matiere, l’idée de la matiere ne demandant point l’existence actuelle du corps.” “Mais si par substance Spinosa entend une substance idéale métaphysique & arbitraire, il ne dit rien; car ce qu’il dit ne signifie autre chose, sinon qu’il ne peut y avoir dans l’univers deux essences différentes qui aient une même essence? Qui en doute? C’est à la faveur d’une équivoque aussi grossiere qu’il soûtient qu’il n’y a qu’une seule substance dans l’univers.”

Ce seroit une extravagance de dire que l’esprit de l’homme fût un point mathématique, puisque le point mathématique n’existe que dans l’imagination. Ce n’est pas aussi un point physique ou un atome. Outre qu’un atome indivisible répugne par lui-même, cette ridicule pensée n’est jamais tombée dans l’esprit d’aucun homme, non pas même d’aucun Épicurien.”

Spinosa pose comme un principe de sa Philosophie, que l’esprit n’a aucune faculté de penser ni de vouloir: mais seulement il avoüe qu’il a telle ou telle pensée, telle ou telle volonté. Ainsi par l’entendement, il n’entend autre chose que les idées actuelles qui surviennent à l’homme. Il faut avoir un grand penchant à adopter l’absurdité, pour recevoir une philosophie si ridicule.” APENAS CHAUVINISMO: “Cet absurde système a été embrassé par Hobbes: écoutons-le expliquer la nature & l’origine des sensations.”

PRÉ-SAUSSUREANOS: “quand on entend dire Dieu, l’Arabe reçoit le même mouvement d’air à la prononciation de ce mot François; le tympan de son oreille, les petits os qu’on nomme l’enclume & le marteau, reçoivent de ce mouvement d’air la même secousse & le même tremblement qui se fait dans l’oreille & dans la tête d’une personne qui entend le François. Par conséquent tous ces petits corps qu’on suppose composer l’esprit humain, sont remués de la même maniere, & reçoivent les mêmes impressions dans la tête d’un Arabe que dans celle d’un François; par conséquent encore un Arabe attacheroit au mot de Dieu la même idée que le François, parce que les petits corps subtils & agités qui composent l’esprit humain, selon Epicure & les Athées, ne sont pas d’une autre nature chez les Arabes que chez les François. Pourquoi donc l’esprit de l’Arabe ne se forme-t-il à la prononciation du mot Dieu aucune autre idée que celle d’un son, & que l’esprit d’un François joint à l’idée de ce son celle d’un être tout parfait, Créateur du ciel & de la terre? Voici un détroit pour les Athées & pour ceux qui nient la spiritualité de l’ame, d’où ils ne pourront se tirer, puisque jamais ils ne pourront rendre raison de cette différence qui se rencontre entre l’esprit de l’Arabe & celui du François. § (…) comme l’Arabe qui ne sait pas la langue Françoise ignore cette convention, il ne reçoit que la seule idée du son, sans y en joindre aucune autre. Cette vérité est constante, & il n’en faut pas davantage pour détruire les principes d’Epicure, d’Hobbes, & de Spinosa; car je voudrois bien savoir quelle seroit la partie contractante dans cette convention; à ce mot Dieu, je joindrai l’idée d’un être tout parfait; ce ne sera pas ce corps sensible & palpable, chacun en convient; ce ne sera pas aussi cet amas de corps subtils & agités, qui sont l’esprit humain, selon le sentiment de ces Philosophes, parce que ces esprits reçoivent toutes les impressions de l’objet, sans pouvoir rien faire au-delà: or ces impressions étoient les mêmes, & parfaitement semblables, lorsque l’Arabe entendoit prononcer ce mot Dieu, sans savoir pourtant ce qu’il signifioit. Il faut donc nécessairement qu’il y ait quelqu’autre cause que ces petits corps avec laquelle on convienne qu’à ce mot Dieu l’ame se représentera l’être tout parfait, de la même maniere qu’on peut convenir avec le Gouverneur d’une place assiégée, qu’à la décharge de 20 ou 30 volées de canon, il doit assûrer les habitans qu’ils seront bien-tôt secourus.”

1e. quand on a les yeux ouverts, en pensant fortement à quelque chose, il arrive très-souvent qu’on n’apperçoit pas les objets qui sont devant soi, quoiqu’ils envoyent à nos yeux les mêmes especes & les mêmes rayons, que lorsqu’on y fait plus d’attention. De sorte qu’outre tout ce qui se passe dans l’oeil & dans le cerveau, il faut qu’il y ait encore quelque chose qui considere & qui examine ces impressions de l’objet, pour le voir & pour le connoître.”

Precursores de uma longa discussão que não leva a nada: “Le néant, le pur néant, quoiqu’il ne puisse produire aucune impression, parce qu’il ne peut agir, ne laisse pas d’être l’objet de la pensée, de même que ce qui existe. L’esprit, par sa propre vertu & par la faculté qu’il a de penser, tire le néant de l’abysme pour le confronter avec l’être, & pour reconnoître que ces deux idées du néant & de l’étre se détruisent réciproquement.”

la question de la matérialité de l’ame, portée au tribunal de la raison, sera décidée en faveur de M. Locke.”

La question de l’immortalité de l’ame est nécessairement liée avec la spiritualité de l’ame. Nous ne connoissons de destruction que par l’altération ou la séparation des parties d’un tout; or nous ne voyons point de parties dans l’ame: bien plus nous voyons positivement que c’est une substance parfaitement une & qui n’a point de parties. Pherécide le Syrien est le premier qui au rapport de Cicéron & de S. Augustin, répandit dans la Grèce le dogme de l’immortalité de l’ame. Mais ni l’un ni l’autre ne nous détaillent les preuves dont il se servoit, & de quelles preuves pouvoit se servir un Philosophe qui, quoique rempli de bon sens, confondoit les substances spirituelles avec les matérielles, ce qui est esprit avec ce qui est corps. On sait seulement que Pythagore n’entendit point parler de ce dogme dans tous les voyages qu’il fit en Égypte & en Assyrie, & qu’il le reçut de Phérécide, touché principalement de ce qu’il avoit de neuf & d’extraordinaire. L’Orateur Romain ajoûte que Platon étant venu en Italie pour converser avec les disciples de Pythagore approuva tout ce qu’ils disoient de l’immortalité de l’ame, & en donna même une sorte de démonstration qui fut alors très applaudie: mais il faut avoüer que rien n’est plus frêle que cette démonstration, & qu’elle part d’un principe suspect. En effet, pour connoître quelle espece d’immortalité il attribuoit à l’ame, il ne faut que considérer la nature des argumens qu’il emploie pour la prouver. Les argumens qui lui sont particuliers & pour lesquels il est si fameux ne sont que des argumens métaphysiques tirés de la nature & des qualités de l’ame, & qui par conséquent ne prouvent que sa permanence, & certainement il la croyoit; mais il y a de la différence entre la permanence de l’ame pure & simple, & la permanence de l’ame accompagnée de châtimens & de récompenses. Les preuves morales sont les seules qui puissent prouver un état futur & proprement nommé de peines & de récompenses. Or Platon, loin d’insister sur ce genre de preuves, n’en allegue point d’autres, comme on peut le voir dans le douzieme livre de ses lois, que l’autorité de la tradition & de la religion. Je tiens tout cela pour vrai, dit-il, parce que je l’ai oüi dire. Par là il fait assez voir qu’il en abandonne la vérité, & qu’il n’en réclame que l’inutilité. 2e. L’opinion de Platon sur la métempsycose a donné lieu de le regarder comme le plus grand défenseur des peines & des récompenses d’une autre vie. A l’opinion de Pythagore qui croyoit la transmigration des ames purement naturelle & nécessaire, il ajoûta que cette transmigration étoit destinée à purifier les ames qui ne pouvoient point à cause des souillures qu’elles avoient contractées ici bas, remonter au lieu d’où elles étoient descendues, ni se rejoindre à la substance universelle dont elles avoient été séparées; & que par conséquent les ames pures & sans tache ne subissoient point la métempsycose. Cette idée étoit aussi singuliere à Platon que la métempsycose physique l’étoit à Pythagore. Elle semble renfermer quelque sorte de dispensation morale que n’avoit point celle de son maître; & elle en différoit même en ce qu’elle n’y assujettissoit pas tout le monde sans distinction, ni pour un tems égal. Mais pour faire voir néanmoins combien ces deux Philosophes s’accordoient pour rejetter l’idée des peines & des récompenses d’une autre vie, il suffira de se rappeller ce que nous avons dit au commencement de cet article de leur sentiment sur l’origine de l’ame. Des gens qui étoient persuadés que l’ame n’étoit immortelle que parce qu’ils la croyoient une portion de la divinité elle-même, un être éternel, incréé aussi bien qu’incorruptible; des gens qui supposoient que l’ame, après un certain nombre de révolutions, se réunissoit à la substance universelle où elle étoit absorbée, confondue & privée de son existence propre & personnelle: ces gens-là, dis-je, ne croyoient pas sans doute l’ame immortelle dans le sens que nous le croyons: autant valoit-il pour les ames être absolument détruites & anéanties, que d’être ainsi englouties dans l’ame universelle, & d’être privées de tout sentiment propre & personnel. Or nous avons prouvé au commencement de cet article, que la réfusion de toutes les ames dans l’ame universelle étoit le dogme constant des 4 principales sectes de Philosophes qui florissoient dans la Grèce.”

qu’il y a trois juges dans les enfers: il parle du Styx, du Cocyte & de l’Achéron, &c. & il y insiste avec tant de force, que l’on peut & que l’on doit même croire qu’il a voulu persuader les lecteurs auxquels il avoit destiné les ouvrages où il en parle, comme le Phédon, le Gorgias, sa République, &c. Mais qui peut s’imaginer qu’il ait été lui-même persuadé de toutes ces idées chimériques? Si Platon, le plus subtil de tous les Philosophes, eût crû aux peines & aux récompenses d’une autre vie, il l’eût au moins laissé entrevoir comme il l’a fait à l’égard de l’éternité de l’ame, dont il étoit intimement persuadé; c’est ce qu’on voit dans son Epinomis, lorsqu’il parle de la condition de l’homme de bien après sa mort: « J’assûre, dit-il, très-fermement, en badinant comme sérieusement, que lorsque la mort terminera sa carrière, il sera à sa dissolution dépouillé des sens dont il avoit l’usage ici-bas; ce n’est qu’alors qu’il participera à une condition simple & unique; & sa diversité étant résolue dans l’unité, il sera heureux, sage & fortuné ». (…) n’est pas sans dessein que Platon est obscur dans ce passage. Comme il croyoit que l’ame se réunissoit finalement à la substance universelle & unique de la nature dont elle avoit été séparée, & qu’elle s’y confondoit, sans conserver une existence distincte, il est assez sensible que Platon insinue ici secrètement, que lorsqu’il badinoit, il enseignoit alors que l’homme de bien avoit dans l’autre vie une existence distincte, particulière, & personnellement heureuse, conformément à l’opinion populaire sur la vie future; mais que lorsqu’il parloit sérieusement, il ne croyoit pas que cette existence fût particulière & distincte: il croyoit au contraire que c’étoit une vie commune, sans aucune sensation personnelle, une résolution de l’ame dans la substance universelle. J’ajoûterai seulement ici, pour confirmer ce que je viens de dire, que Platon dans son Timée s’explique plus ouvertement, & qu’il y avoue que les tourmens des enfers sont des opinions fabuleuses.

En effet, les Anciens les plus éclairés ont regardé ce que ce Philosophe dit des peines & des récompenses d’une autre vie comme choses d’un genre exotérique, c’est-à-dire, comme des opinions destinées pour le peuple, & dont il ne croyoit rien lui-même. Lorsque Chrysippe, fameux Stoïcien, blâme Platon de s’être servi mal-à-propos des terreurs d’une vie future pour détourner les hommes de l’injustice, il suppose lui-même que Platon n’y ajoûtoit aucune foi; il ne le reprend pas d’avoir crû ces opinions, mais de s’être imaginé que ces terreurs puériles pouvoient être utiles au progrès de la vertu. Strabon fait voir qu’il est du même sentiment, lorsqu’en parlant des Brachmanes des Indes, il dit qu’ils ont à la manière de Platon, inventé des fables concernant l’immortalité de l’ame & le jugement futur. Celse avoue que ce que Platon dit d’un état futur & des demeures fortunées destinées à la vertu, n’est qu’une allégorie.

Aristote s’explique sans détour, & de la manière la plus dogmatique contre les peines & les récompenses d’une autre vie: « La mort, dit-il, est de toutes les choses la plus terrible, c’est la fin de notre existence; & après elle l’homme n’a ni bien à espérer, ni mal à craindre. »

Epictète, vrai Stoïcien s’il y en eut jamais, dit en parlant de la mort: « Vous n’allez point dans un lieu de peines: vous retournez à la source dont vous êtes sortis, à une douce réunion avec vos élémens primitifs; il n’y a ni enfer, ni Achéron, ni Cocyte, ni Phlégéton. ». Séneque dans sa consolation à Marcia, fille du fameux Stoïcien Crémutius Cordus, reconnoît & avoue les mêmes principes avec aussi peu de tour qu’Epictète: « Songez que les morts ne ressentent aucun mal; la terreur des enfers est une fable; les morts n’ont à craindre ni ténebres, ni prison, ni torrent de feu, ni fleuve d’oubli; il n’y a après la mort ni tribunaux, ni coupables, il regne une liberté vague sans tyrans. Les Poëtes donnant carriere à leur imagination, ont voulu nous épouvanter par de vaines frayeurs: mais la mort est la fin de toute douleur, le terme de tous les maux; elle nous remet dans la même tranquillité où nous étions avant que de naître ».”

Les Newtoniens peuvent-ils supposer que l’attraction soit une cause réelle, quand même il ne surviendroit jamais aucun phénomene qui ne suivît la loi inverse du quarré des distances?”

Falando assim até parece fácil: “Mais de quelque manière que l’on conçoive ce qui pense en nous, il est constant que les fonctions en sont dépendantes de l’organisation, & de l’état actuel de notre corps pendant que nous vivons. Cette dépendance mutuelle du corps & de ce qui pense dans l’homme, est ce qu’on appelle l’union du corps avec l’ame; union que la saine Philosophie & la révélation nous apprennent être uniquement l’effet de la volonté libre du Créateur. Du moins n’avons-nous nulle idée immédiate de dépendance, d’union, ni de rapport entre ces deux choses, corps & pensée. Cette union est donc un fait que nous ne pouvons révoquer en doute, mais dont les détails nous sont absolument inconnus.”

On a des expériences de destruction d’autres parties du cerveau, telles que les nates & testes, sans que les fonctions de l’ame aient été détruites. Il en faut dire autant des corps cannelés; c’est M. Petit qui a chassé l’ame des corps cannelés, malgré leur structure singulière. Où est donc le sensorium commune? où est cette partie, dont la blessure ou la destruction emporte nécessairement la cessation ou l’interruption des fonctions spirituelles, tandis que les autres parties peuvent être altérées ou détruites, sans que le sujet cesse de raisonner ou de sentir? M. de la Peyronie fait passer en revûe toutes les parties du cerveau, excepté le corps calleux; & il leur donne l’exclusion par une foule de maladies très-marquées & très-dangereuses qui les ont attaquées, sans interrompre les fonctions de l’ame: c’est donc, selon lui, le corps calleux qui est le lieu du cerveau qu’habite l’ame. Oui, c’est selon M. de la Peyronie, le corps calleux qui est ce siége de l’ame, qu’entre les Philosophes les uns ont supposé être partout, & que les autres ont cherché en tant d’endroits particuliers” “Voilà donc l’ame installée dans le corps calleux, jusqu’à ce qu’il survienne quelqu’expérience qui l’en déplace, & qui réduise les Physiologistes dans le cas de ne savoir plus où la mettre. En attendant, considérons combien ses fonctions tiennent à peu de chose; une fibre dérangée; une goutte de sang extravasé; une légere inflammation; une chûte; une contusion: & adieu le jugement, la raison, & toute cette pénétration dont les hommes sont si vains: toute cette vanité dépend d’un filet bien ou mal placé, sain ou mal sain.”

La nature des alimens influe tellement sur la constitution du corps, & cette constitution sur les fonctions de l’ame, que cette seule réflexion seroit bien capable d’effrayer les mères qui donnent leurs enfans à nourrir à des inconnues.”

A HISTORINHA DA BOA CRENTE: “Une jeune fille que ses dispositions naturelles, ou la sévérité de l’éducation, avoit jettée dans une dévotion outrée, tomba dans une espece de mélancholie religieuse. La crainte mal raisonnée qu’on lui avoit inspirée du souverain-Être, avoit rempli son esprit d’idées noires; & la suppression de ses règles fut une suite de la terreur & des alarmes habituelles dans lesquelles elle vivoit. L’on employa inutilement contre cet accident es emmenagogues les plus efficaces & les mieux choisis [plantas aplicadas na pélvis para estimular o sangramento no útero]; la suppression dura; elle occasionna des effets si fâcheux, que la vie devint bientôt insupportable à la jeune malade; & elle étoit dans cet état, lorsqu’elle eut le bonheur de faire connoissance avec un Ecclésiatique d’un caractere doux & liant, & d’un esprit raisonnable, qui, partie par la douceur de sa conversation, partie par la force de ses raisons, vint à bout de bannir les frayeurs dont elle étoit obsédée, à la réconcilier avec la vie, & à lui donner des idées plus saines de la Divinité; & à peine l’esprit fut-il guéri, que la suppression cessa, que l’embonpoint revint, & que la malade joüit d’une très-bonne santé, quoique sa manière de vivre fût exactement la même dans les deux états opposés. Mais, comme l’esprit n’est pas moins sujet à des rechûtes que le corps, cette fille étant retombée dans ses premieres frayeurs superstitieuses, son corps retomba dans le même dérangement, & la maladie fut accompagnée des mêmes symptomes qu’auparavant. L’Écclésiastique suivit, pour la tirer de-là, la même voie qu’il avoit employée; elle lui réussit, les règles reparurent, & la santé revint. Pendant quelques années, la vie de cette jeune personne fut une alternative de superstition & de maladie, de religion & de santé. Quand la superstition dominoit, les règles cessoient, & la santé disparoissoit; lorsque la religion & le bon sens reprenoient le dessus, les humeurs suivoient leur cours ordinaire, & la santé revenoit.”

O MÚSICO AFICIONADO: “La fièvre & le délire étoient toûjours suspendus pendant les concerts, & la Musique étoit devenue si nécessaire au malade, que la nuit il faisoit chanter & même danser une parente qui le veilloit, & à qui son affliction ne permettoit guère d’avoir pour son malade la complaisance qu’il en exigeoit. Une nuit entr’autres qu’il n’avoit auprès de lui que sa garde, qui ne savoit qu’un misérable vaudeville, il fut obligé de s’en contenter, & en ressentit quelques effets. Enfin 10 jours de Musique le guérirent entierement, sans autre secours qu’une saignée du pié, qui fut la seconde qu’on lui fit, & qui fut suivie d’une grande évacuation.” The discmanman. “Il n’y a pas d’apparence qu’un Peintre pût être guéri de même par des tableaux; la Peinture n’a pas le même pouvoir sur les esprits, & elle ne porteroit pas la même impression à l’ame.” Sessões continuadas de recitação de poemas e muito thrash metal inoculado diretamente na veia…

ÂME des Bêtes (Métaph.). “La question qui concerne l’ame des bêtes étoit un sujet assez digne d’inquiéter les anciens Philosophes; il ne paroît pourtant pas qu’ils se soient fort tourmentés sur cette matiere, ni que partagés entr’eux sur tant de points différens, ils se soient fait de la nature de cette ame un prétexte de querelle. Ils ont tous donné dans l’opinion commune, que les brutes sentent & connoissent, attribuant seulement à ce principe de connoissance plus ou moins de dignité, plus ou moins de conformité avec l’ame humaine; & peut-être, se contentant d’envelopper diversement, sous les savantes ténebres de leur style énigmatique, ce préjugé grossier, mais trop naturel aux hommes, que la matiere est capable de penser. Mais quand les Philosophes anciens ont laissé en paix certains préjugés populaires, les modernes y signalent leur hardiesse [neste contexto, provavelmente afobação cairia bem]. Descartes suivi d’un parti nombreux, est le premier Philosophe qui ait osé traiter les bêtes de pures machines [e é incrível como esta reificação do universo era tratada como um avanço nos últimos esplendores do Progressismo, neste século tão secular! O quanto não devemos voltar a beber dos gregos e glorificar neo-filósofos que humanizem as coisas, hoje em dia, desintoxicando nossa NÃO-ALMA desta bobajada mecanicista toda!]: car à peine Gomesius Pereira, qui le dit quelque tems avant lui, mérite-t’il qu’on parle ici de lui; puisqu’il tomba dans cette hypothèse par un pur hasard, & que selon la judicieuse réflexion de M. Bayle, il n’avoit point tiré cette opinion de ses véritables principes. Aussi ne lui fit-on l’honneur ni de la redouter, ni de la suivre, pas même de s’en souvenir; & ce qui peut arriver de plus triste à un novateur, il ne fit point de secte.”

Peter Bayle – The Dictionary Historical and Critical [já baixado] (orig. 1737 – 2ª edição crítica de Des Maizeaux – 4º tomo, letras M-R) (dicionário muito bem-detalhado de personalidades). A seguir, trechos: “If it be a strange doctrine we ought not to wonder at it; for of all physical objects, none is more abstruse and perplexing than the souls of beasts.” O que começou mal, termina mal. O homem, ao se inventar a alma, pensa primeiro na sua. Depois, quimera das quimeras, inventa uma alma para os bichos. Se ainda não decidiu o quão espiritualizada é a natureza e o quão coisa é ou está ele mesmo, que homem poderia acertar o palpite sobre os animais, remexendo e atiçando ígneos híbridos com vara curtíssima? Um coelho alucinado não é menos humano que um homem dormindo.

Seek the clown Descartes in thyself!

Todos nós somos de origem obscura (uterina). África-mãe-nação.

INTRANSIGENTE: Desde que me entendo por em transe, gente!

On peut observer en passant que la Philosophie de Descartes, quoiqu’en aient pû dire ses envieux, tendoit toute à l’avantage de la religion” Papagaiam isso o tempo inteiro.

Heureusement depuis Descartes, on s’est apperçû d’un troisieme parti qu’il y avoit à prendre; & c’est depuis ce tems que le ridicule du système des automates s’est développé. On en a l’obligation aux idées plus justes qu’on s’est faites, depuis quelque tems, du monde intellectuel. On a compris que ce monde doit être beaucoup plus étendu qu’on ne croyoit, & qu’il renferme bien d’autres habitans que les Anges, & les ames humaines; ample ressource pour les Physiciens, partout où le méchanisme demeure court, en particulier quand il s’agit d’expliquer les mouvemens des brutes.”

Un musicien, un joüeur de luth, un danseur, exécutent les mouvemens les plus variés & les plus ordonnés tout ensemble, d’une maniere très-exacte, sans faire la moindre attention à chacun de ces mouvemens en particulier: il n’intervient qu’un seul acte de la volonté, par où il se détermine à chanter, ou joüer un tel air, & donne le premier branle aux esprits animaux; tout le reste suit régulierement sans qu’il y pense.” Eu, AnimaRobô

Rien ne donne une plus juste idée des automates Cartésiens, que la comparaison employée par M. Regis, de quelques machines hydrauliques que l’on voit dans les grottes & dans les fontaines de certaines maisons des Grands, où la seule force de l’eau déterminée par la disposition des tuyaux, & par quelque pression extérieure, remue diverses machines. Il compare les tuyaux des fontaines aux nerfs; les muscles, les tendons, &c. sont les autres ressorts qui appartiennent à la machine; les esprits sont l’eau qui les remue; le coeur est comme la source; & les cavités du cerveau sont les regards. Les objets extérieurs, qui par leur présence agissent sur les organes des sens des bêtes, sont comme les étrangers qui entrant dans la grotte, selon qu’ils mettent le pié sur certains carreaux disposés pour cela, font remuer certaines figures; s’ils s’approchent d’une Diane, elle fuit & se plonge dans la fontaine; s’ils avancent davantage, un Neptune s’approche, & vient les menacer avec son trident. On peut encore comparer les bêtes dans ce système, à ces orgues qui joüent différens airs, par le seul mouvement des eaux: il y aura de même, disent les Cartésiens, une organisation particuliere dans les bêtes, que le Créateur y aura produite, & qu’il aura diversement réglée dans les diverses especes d’animaux, mais toûjours proportionnément aux objets, toûjours par rapport au grand but de la conservation de l’individu & de l’espece.

On sait jusqu’où est allée l’industrie des hommes dans certaines machines: leurs effets sont inconcevables, & paroissent tenir du miracle dans l’esprit de ceux qui ne sont pas versés dans la méchanique. Rassemblez ici toutes les merveilles dont vous ayez jamais oüi parler en ce genre, des statues qui marchent, des mouches artificielles qui volent & qui bourdonnent; des araignées de même fabrique qui filent leur toile; des oiseaux qui chantent; une tête d’or qui parle; un Pan qui joue de la flûte: on n’auroit jamais fait l’énumération, même à s’en tenir aux généralités de chaque espece, de toutes ces inventions de l’art qui copie si agréablement la nature. Les ouvrages célebres de Vulcain, ces trépiés qui se promenoient d’eux-mêmes dans l’assemblée des Dieux; ces esclaves d’or, qui sembloient avoir appris l’art de leur maître, qui travailloient auprès de lui, sont une sorte de merveilleux qui ne passe point la vraissemblance; & les Dieux qui l’admiroient si fort, avoient moins de lumieres apparemment que les Méchaniciens de nos jours. Voici donc comme nos Philosophes Cartésiens raisonnent. Réunissez tout l’art & tous les mouvemens surprenans de ces différentes machines dans une seule, ce ne sera encore que l’art humain (…) le corps de l’animal est incontestablement une machine composée de ressorts infiniment plus déliés que ne seroient ceux de la machine artificielle” BioTech is GodZilla

Si les bêtes sont de pures machines, Dieu nous trompe; cet argument est le coup fatal à l’hypothese des machines.”

Esplêndida reviravolta: ”Avoüons-le d’abord; si Dieu peut faire une machine, qui par la seule disposition de ses ressorts exécute toutes les actions surprenantes que l’on admire dans un chien ou dans un singe, il peut former d’autres machines qui imiteront parfaitement toutes les actions des hommes: l’un & l’autre est également possible à Dieu; & il n’y aura dans ce dernier cas qu’une plus grande dépense d’art; une organisation plus fine, plus de ressorts combinés, seront toute la différence. Dieu dans son entendement infini renfermant les idées de toutes les combinaisons, de tous les rapports possibles de figures, d’impressions & de déterminations de mouvement, & son pouvoir égalant son intelligence, il paroît clair qu’il n’y a de différence dans ces deux suppositions, que celle des degrés du plus & du moins, qui ne changent rien dans le pays des possibilités. Je ne vois pas par où les Cartésiens peuvent échapper à cette conséquence, & quelles disparités essentielles ils peuvent trouver entre le cas du méchanisme des bêtes qu’ils défendent, & le cas imaginaire qui transformeroit tous les hommes en automates, & qui réduiroit un Cartésien à n’être pas bien sûr qu’il y ait d’autres intelligences au monde que Dieu & son propre esprit.”

Vous Cartésien, m’alléguez l’idée vague d’un méchanisme possible, mais inconnu & inexplicable pour vous & pour moi: voilà, dites-vous, la source des phénomenes que vous offrent les bêtes. Et moi j’ai l’idée claire d’une autre cause; j’ai l’idée d’un principe sensitif: je vois que ce principe a des rapports très-distincts avec tous les phénomenes en question, & qu’il explique & réunit universellement tous ces phénomenes. Je vois que mon ame en qualité de principe sensitif, produit mille actions & remue mon corps en mille manieres, toutes pareilles à celles dont les bêtes remuent le leur dans des circonstances semblables. Posez un tel principe dans les bêtes, je vois la raison & la cause de tous les mouvemens qu’elles font pour la conservation de leur machine: je vois pourquoi le chien retire sa patte quand le feu le brûle; pourquoi il crie quand on le frappe, &c. ôtez ce principe, je n’apperçois plus de raison, ni de cause unique & simple de tout cela. J’en conclus qu’il y a dans les bêtes un principe de sentiment, puisque Dieu n’est point trompeur, & qu’il seroit trompeur au cas que les bêtes fussent de pures machines; puisqu’il me représenteroit une multitude de phénomenes, d’où résulte nécessairement dans mon esprit l’idée d’une cause qui ne seroit point: donc les raisons qui nous montrent directement l’existence d’une ame intelligente dans chaque homme, nous assûrent aussi celle d’un principe immatériel dans les bêtes.”

pourquoi ces yeux, ces oreilles, ces narines, ce cerveau? c’est, dites-vous, afin de régler les mouvemens de l’automate sur les impressions diverses des corps extérieurs: le but de tout cela, c’est la conservation même de la machine. Mais encore, je vous prie, à quoi bon dans l’univers des machines qui se conservent elles-mêmes? (…) Nierez-vous que les différentes parties du corps animal soient faites par le Créateur pour l’usage que l’expérience indique? Si vous le niez, vous donnez gain de cause aux athées.” “Cette machine doit être faite pour quelque fin distincte d’elle; car elle n’est point pour elle-même, non plus que les roues de l’horloge ne sont point faites pour l’horloge.”

qui nous empêcheroit de supposer dans l’échelle des intelligences, au-dessous de l’ame humaine, une espece d’esprit plus borné qu’elle, & qui ne lui ressembleroit pourtant que par la faculté de sentir; un esprit qui n’auroit que cette faculté sans avoir l’autre, qui ne seroit capable que d’idées indistinctes, ou de perceptions confuses? Cet esprit ayant des bornes beaucoup plus étroites que l’ame humaine, en sera essentiellement ou spécifiquement distinct.”

Si l’ame des bêtes est immatérielle, dit-on, si c’est un esprit comme notre hypothèse le suppose, elle est donc immortelle, & vous devez nécessairement lui accorder le privilége de l’immortalité, comme un apanage inséparable de la spiritualité de sa nature. Soit que vous admettiez cette conséquence, soit que vous preniez le parti de la nier, vous vous jettez dans un terrible embarras. L’immortalité de l’ame des bêtes est une opinion trop choquante & trop ridicule aux yeux de la raison même, quand elle ne seroit pas proscrite par une autorité supérieure, pour l’oser soûtenir sérieusement. Vous voilà donc réduit à nier la conséquence, & à soûtenir que tout être immatériel n’est pas immortel: mais dès lors vous anéantissez une des plus grandes preuves que la raison fournisse pour l’immortalité de l’ame. Voici comme l’on a coûtume de prouver ce dogme: l’ame ne meurt pas avec le corps, parce qu’elle n’est pas corps, parce qu’elle n’est pas divisible comme lui, parce qu’elle n’est pas un tout tel que le corps humain, qui puisse périr par le dérangement ou la séparation des parties qui le composent. Cet argument n’est solide qu’au cas que le principe sur lequel il roule le soit aussi; savoir, que tout ce qui est immatériel est immortel, & qu’aucune substance n’est anéantie: mais ce principe sera réfuté par l’exemple des bêtes; donc la spiritualité de l’ame des bêtes ruine les preuves de l’immortalité de l’ame humaine.” Não acredito que depois de São Tomás de Aquino e suas enciclopédias escolásticas ainda haja tanto o que discutir!

Ainsi, quoique l’ame des bêtes soit spirituelle, & qu’elle meure avec le corps, cela n’obscurcit nullement le dogme de l’immortalité de nos ames, puisque ce sont là deux vérités de fait dont la certitude a pour fondement commun le témoignage divin. Ce n’est pas que la raison ne se joigne à la révélation pour établir l’immortalité de nos ames: mais elle tire ses preuves d’ailleurs que de la spiritualité.”

E qual é o problema de levar meu cãozinho para o paraíso comigo?

Si les brutes ne sont pas de pures machines, si elles sentent, si elles connoissent, elles sont susceptibles de la douleur comme du plaisir; elles sont sujettes à un déluge de maux, qu’elles souffrent sans qu’il y ait de leur faute, & sans l’avoir mérité, puisqu’elles sont innocentes, & qu’elles n’ont jamais violé l’ordre qu’elles ne connoissent point. Où est en ce cas la bonté, où est l’équité du Créateur? Où est la vérité de ce principe, qu’on doit regarder comme une loi éternelle de l’ordre? Sous un Dieu juste, on ne peut être misérable sans l’avoir mérité. Mais ce qu’il y a de pis dans leur condition, c’est qu’elles souffrent dans cette vie sans aucun dédommagement dans une autre, puisque leur ame meurt avec le corps; & c’est ce qui double la difficulté. Le Pere Malebranche a fort bien poussé cette objection dans sa défense contre les accusations de M. de la Ville. § Je répons d’abord que ce principe de S. Augustin, savoir, que sous un Dieu juste on ne peut être misérable sans l’avoir mérité n’est fait que pour les créatures raisonnables, & qu’on ne sauroit en faire qu’à elles seules d’application juste.”

Eu e meus apaniguados mereceríamos nós essa dorzinha de pedra nos rins ou de bexiga apertada?

que sous un Dieu bon aucune créature ne peut être nécessitée à souffrir sans l’avoir mérité: mais loin que ce principe soit évident, je crois être en droit de soûtenir qu’il est faux. L’ame des brutes est susceptible de sensations, & n’est susceptible que de cela: elle est donc capable d’être heureuse en quelque degré. (…) Qu’emporte donc la juste idée d’un Dieu bon? c’est que quand il agit il tende toûjours au bien, & produise un bien; c’est qu’il n’y ait aucune créature sortie de ses mains qui ne gagne à exister plûtôt que d’y perdre: or telle est la condition des bêtes; qui pourroit pénétrer leur intérieur, y trouveroit une compensation des douleurs & des plaisirs, qui tourneroit toute à la gloire de la bonté divine; on y verroit que dans celles qui souffrent inégalement, il y a proportion, inégalité, ou de plaisirs ou de durée; & que le degré de douleur qui pourroit rendre leur existence malheureuse, est précisément ce qui la détruit: en un mot, si l’on déduisoit la somme des maux, on trouveroit toûjours au bout du calcul un résidu de bienfaits purs, dont elles sont uniquement redevables à la bonté divine; on verroit que la sagesse divine a sû ménager les choses, en sorte que dans tout individu sensitif, le degré du mal qu’il souffre, sans lui enlever tout l’avantage de son existence, tourne d’ailleurs au profit de l’univers.” [Esse raciocínio seria genial se aplicado à enantiodromia do próprio ser humano – mas que falta de tato clássico!]

O gato não sabe que é charmoso e elegante, que inútil cega beleza, que não se aproveita! Poderia a mulher?… Poderia eu?… Pingos conscienciosos.

Est-il juste que l’ame d’un poulet souffre & meure afin que le corps de l’homme soit nourri? que l’ame du cheval endure mille peines & mille fatigues durant si long-tems, pour fournir à l’homme l’avantage de voyager commodément? Dans cette multitude d’ames qui s’anéantissent tous les jours pour les besoins passagers des corps vivans, peut-on reconnoître cette équitable & sage subordination qu’un Dieu bon & juste doit nécessairement observer? Je réponds à cela que l’argument seroit victorieux, si les ames des brutes se rapportoient aux corps & se terminoient à ce rapport; car certainement tout être spirituel est au-dessus de la matiere. Mais, remarquez-le bien, ce n’est point au corps, comme corps, que se termine l’usage que le Créateur tire de cette ame spirituelle, c’est au bonheur des êtres intelligens. Si le cheval me porte, & si le poulet me nourrit, ce sont bien là des effets qui le rapportent directement à mon corps: mais ils se terminent à mon ame, parce que mon ame seule en recueille l’utilité.”

Tudo isso pertence à Genealogia do Fascismo: “Pour l’anéantissement, ce n’est point un mal pour une créature qui ne refléchit point sur son existence, qui est incapable d’en prévoir la fin, & de comparer, pour ainsi dire, l’être avec le non-être, quoique pour elle l’existence soit un bien, parce qu’elle sent. La mort, à l’égard d’une ame sensitive, n’est que la soustraction d’un bien qui n’étoit pas dû [A Mosca Filosófica!]; ce n’est point un mal qui empoisonne les dons du Créateur & qui rende la créature malheureuse. Ainsi, quoique ces ames & ces vies innombrables que Dieu tire chaque jour du néant soient des preuves de la bonté divine, leur destruction journalière ne blesse point cet attribut: elles se rapportent au monde dont elles font partie; elles doivent servir à l’utilité des êtres qui le composent; il suffit que cette utilité n’exclue point la leur propre, & qu’elles soient heureuses en quelque mesure, en contribuant au bonheur d’autrui. Vous trouverez ce système plus développé & plus étendu dans le traité de l’essai philosophique sur l’ame des bêtes de M. Bouillet [Dispenso, obrigado.]”

Confrontando novamente o Ultra-existencialismo/solipsismo de uma alma antiga (2009): “Il n’est pas possible que les hommes avec qui je vis soient autant d’automates ou de perroquets instruits à mon insu. J’apperçois dans leur extérieur des tons & des mouvemens qui paroissent indiquer une ame: je vois régner un certain fil d’idées qui suppose la raison: je vois de la liaison dans les raisonnemens qu’ils me font, plus ou moins d’esprit dans les ouvrages qu’ils composent. Sur ces apparences ainsi rassemblées, je prononce hardiment qu’ils pensent en effet. Peut-tre que Dieu pourroit produire un automate en tout semblable au corps humain, lequel par les seules lois du méchanisme, parleroit, feroit des discours suivis, écriroit des livres très-bien raisonnés. Mais ce qui me rassûre contre toute erreur c’est la véracité de Dieu.” “Je vois un chien accourir quand je l’appelle, me caresser quand je le flatte, trembler & fuir quand je le menace, m’obéir quand je lui commande, & donner toutes les marques extérieures de divers sentimens de joie, de tristesse, de douleur, de crainte, de desir, des passions de l’amour & de la haine; je conclus aussitôt qu’un chien a dans lui-même un principe de connoissance & de sentiment, quel qu’il soit.”

Il vaudroit encore mieux s’en tenir aux machines de Descartes, si l’on n’avoit à leur opposer que la forme substantielle des Péripatéticiens, qui n’est ni esprit ni matiere. Cette substance mitoyenne est une chimere, un être de raison dont nous n’avons ni idée ni sentiment. Est-ce donc que les bêtes auroient une ame spirituelle comme l’homme? Mais si cela est ainsi, leur ame sera donc immortelle & libre; elles seront capables de mériter ou de démériter, dignes de récompense ou de châtiment; il leur faudra un paradis & un enfer. Les bêtes seront donc une espece d’hommes, ou les hommes une espece de bêtes; toutes conséquences insoûtenables dans les principes de la religion.” “puisqu’il est prouvé par plusieurs passages de l’Écriture, que les démons ne souffrent point encore les peines de l’enfer, & qu’ils n’y seront livrés qu’au jour du jugement dernier, quel meilleur usage la justice divine pouvoit-elle faire de tant de légions d’esprits réprouvés, que d’en faire servir une partie à animer des millions de bêtes de toute espece, lesquelles remplissent l’univers, & font admirer la sagesse & la toute-puissance du Créateur? (…) Une dégradation si honteuse pour ces esprits superbes, puisqu’elle les réduit à n’être que des bêtes, est pour eux un premier effet de la vengeance divine, qui n’attend que le dernier jour pour se déployer sur eux d’une maniere bien plus terrible.” “Les bêtes sont naturellement vicieuses: les bêtes carnacieres & les oiseaux de proie sont cruels; beaucoup d’insectes de la même espece se dévorent les uns les autres; les chats sont perfides & ingrats; les singes sont malfaisans; les chiens sont envieux; toutes sont jalouses & vindicatives à l’excès, sans parler de beaucoup d’autres vices que nous leur connoissons. Il faut dire de deux choses l’une: ou que Dieu a pris plaisir à former les bêtes aussi vicieuses qu’elles sont, & à nous donner dans elles des modeles de tout ce qu’il y a de plus honteux; ou qu’elles ont comme l’homme un péché d’origine qui a perverti leur premiere nature.” “Pythagore enseignoit autrefois, qu’au moment de notre mort nos ames passent dans un corps soit d’homme, soit de bête, pour recommencer une nouvelle vie, & toûjours ainsi successivement jusqu’à la fin des siecles. Ce système qui est insoûtenable par rapport aux hommes, & qui est d’ailleurs proscrit par la religion, convient admirablement bien aux bêtes, selon le P. Bougeant, & ne choque ni la religion, ni la raison. Les démons destinés de Dieu à être des bêtes, survivent nécessairement à leur corps, & cesseroient de remplir leur destination, si lorsque leur premier corps est détruit, ils ne passoient aussitôt dans un autre pour recommencer à vivre sous une autre forme.”

ConFABULANDO: “Si les bêtes ont de la connoissance & du sentiment, elles doivent conséquemment avoir entre-elles pour leurs besoins mutuels, un langage intelligible. La chose est possible, il ne faut qu’examiner si elle est nécessaire. Toutes les bêtes ont de la connoissance, c’est un principe avoüé; & nous ne voyons pas que l’Auteur de la nature ait pû leur donner cette connoissance pour d’autres fins que de les rendre capables de pourvoir à leurs besoins, à leur conservation, à tout ce qui leur est propre & convenable dans leur condition, & la forme de vie qu’il leur a prescrite. Ajoûtons à ce principe, que beaucoup d’especes de bêtes sont faites pour vivre en société, & les autres pour vivre du moins en ménage, pour ainsi dire, d’un mâle avec une femelle, & en famille avec leurs petits jusqu’à ce qu’ils soient élevés. Or, si l’on suppose qu’elles n’ont point entr’elles un langage, quel qu’il soit, pour s’entendre les unes les autres, on ne conçoit plus comment leur société pourroit subsister: comment les castors, par exemple, s’aideroient-ils les uns les autres pour se bâtir un domicile, s’ils n’avoient un langage très-net & aussi intelligible pour eux que nos langues le sont pour nous? (…) si la nature les a faites capables d’entendre une langue étrangere, comment leur auroit-elle refusé la faculté d’entendre & de parler une langue naturelle? car les bêtes nous parlent & nous entendent fort bien.” HAHA!

Une hirondelle ne fait pas le printemps.” Proverbe!

Quelque difficile qu’il soit d’expliquer leur langage & d’en donner le dictionnaire, le Père Bougeant a osé le tenter. Ce qu’on peut assurer, c’est que leur langage doit être fort borné, puisqu’il ne s’étend pas au-delà des besoins de la vie (…) Point d’idées abstraites par conséquent, point de raisonnemens métaphysiques, point de recherches curieuses sur tous les objets qui les environnent, point d’autre science que celle de se bien porter, de se bien conserver, d’éviter tout ce qui leur nuit, & de se procurer du bien. (…) Comme la chose qui les touche le plus est le desir de multiplier leur espece, ou du moins d’en prendre les moyens, toute leur conversation roule ordinairement sur ce point. On peut dire que le Pere Bougeant a décrit avec beaucoup de vivacité leurs amours, & que le dictionnaire qu’il donne de leurs phrases tendres & voluptueuses, vaut bien ce de l’Opéra. Voilà ce qui a révolté dans un Jésuite condamné par état à ne jamais abandonner son pinceau aux mains de l’amour. La galanterie n’est pardonnable dans un ouvrage philosophique, que lorsque l’Auteur de l’ouvrage est homme du monde; encore bien des personnes l’y trouvent-elles déplacée. En prétendant ne donner aux raisonnemens qu’un tour léger & propre à intéresser par une sorte de badinage, souvent on tombe dans le ridicule; & toûjours on cause du scandale, si l’on est d’un état qui ne permet pas à l’imagination de se livrer à ses saillies. Il paroît qu’on a censuré trop durement notre Jesuite sur ce qu’il dit, que les bêtes sont animées par des diables. Il est aise de voir qu’il n’a jamais regardé ce système que comme une imagination bisarre & presque folle. Le titre d’amusement [Amusement philosophique] qu’il donne à son livre, & les plaisanteries dont il l’égaye, font assez voir qu’il ne le croyoit pas appuyé sur des fondemens assez solides pour opérer une vraie persuasion.”

Âme des Plantes (Jardinage.) Les Physiciens ont toûjours été peu d’accord sur le lieu où réside l’ame des plantes; les uns la placent dans la plante, ou dans la graine avant d’être semée; les autres dans les pepins ou dans le noyau des fruits.” Haverá briófitas no Céu? Coitada da planta, está sobrevivendo em estado vegetativo somente!

on restraint à l’homme, comme à l’être le plus parfait, les trois qualités de l’ame, savoir de végétative, de sensitive, & de raisonnable.”

Âme de Saturne. Ame de Saturne, anima Saturni, selon quelques Alchimistes, est la partie du plomb la plus parfaite, qui tend à la perfection des métaux parfaits; laquelle partie est selon quelques-uns, la partie teignante [? – régnante?].”

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L’ENCYCLOPÉDIE – AM – compilado (1)

* AMANUS, s. m. (Myth.) Dieu des anciens Perses. C’étoit, à ce qu’on croit, ou le soleil ou le feu perpétuel qui en étoit une image. Tous les jours les Mages alloient dans son temple chanter leurs hymnes pendant une heure devant le feu sacré, tenant de la vervaine en main [planta medicinal], & la tête couronnée de tiares dont les bandelettes [bandagens] leur tomboient sur les joues.”

Não há fogo sagrado que não seja apagado por um temporal.

AMAUTAS, s. m. (Hist. mod.) Philosophes du Pérou sous le regne des Incas. On croit que ce fut l’Inca Roca qui fonda le premier des écoles à Cusco, afin que les Amautas y enseignassent les Sciences aux Princes & aux Gentils-hommes; car il croyoit que la science ne devoit être que pour la Noblesse. Le devoir des Amautas étoit d’apprendre à leurs disciples les cérémonies & les préceptes de leur religion; la raison, le fondement & l’explication des lois; la politique & l’Art Militaire; l’Histoire & la Chronologie; la Poësie même, la Philosophie, la Musique & l’Astrologie. Les Amautas composoient des comédies & des tragédies qu’ils représentoient devant leurs Rois & les Seigneurs de la Cour aux fêtes solemnelles. Les sujets de leurs tragédies étoient des actions militaires, les triomphes de leurs Rois ou d’autres hommes illustres. Dans les comédies ils parloient de l’agriculture, des affaires domestiques, & des divers évenemens de la vie humaine. On n’y remarquoit rien d’obscene ni de rampant; tout au contraire y étoit grave, sententieux, conforme aux bonnes moeurs & à la vertu. Les acteurs étoient des personnes qualifiées; & quand la piece étoit joüée, ils venoient reprendre leur place dans l’assemblée, chacun selon sa dignité. Ceux qui avoient le mieux réussi dans leur rôle recevoient pour prix des joyaux ou d’autres présens considérables. La poësie des Amautas étoit composée de grands & de petits vers où ils observoient la mesure des syllabes. On dit néanmoins qu’au tems de la conquête des Espagnols ils n’avoient pas encore l’usage de l’écriture, & qu’ils se servoient de signes ou d’instrumens sensibles pour exprimer ce qu’ils entendoient dans les Sciences qu’ils enseignoient. Garcilasso de la Vega, Hist. des Incas, liv. II. & IV.

AMAZONE, s. f. (Hist. anc.) femme courageuse & hardie, capable de grands exploits.

Amazone, dans un sens plus particulier, est le nom d’une nation ancienne de femmes guerrieres, qui, dit-on, fonderent un Empire dans l’Asie mineure, près du Thermodon, le long des côtes de la mer Noire.

Il n’y avoit point d’hommes parmi elles; pour la propagation de leur espece, elles alloient chercher des étrangers; elles tuoient tous les enfans mâles qui leur naissoient, & retranchoient aux filles la mammelle droite pour les rendre plus propres à tirer de l’arc. C’est de cette circonstance qu’elles furent appellées Amazones, mot composé d’<A> privatif, & de MAO, mammelle, comme qui diroit sans mammelle, ou privées d’une mammelle.

Não havia homens entre elas; para a propagação da espécie elas procuravam estrangeiros; elas matavam todas as crianças macho que lhes nasciam, e decepavam nas mulheres a mama direita para torná-las mais aptas no exercício do tiro de arco. Provém dessa circunstância o chamarem-nas Amazonas, palavra composta do ‘A’ privativo, e de MAO, mama, como que dizendo sem mamas, ou privadas de uma das mamas.

Les Auteurs ne sont pas tous d’accord qu’il y ait eu réellement une nation d’Amazones. Strabon, Paléphate, & plusieurs autres le nient formellement: mais Hérodote, Pausanias, Diodore de Sicile, Trogue Pompée, Justin, Pline, Pomponius Mela, Plutarque, & plusieurs autres, l’assurent positivement. Hippocrate dit qu’il y avoit une loi chez elles, qui condamnoit les filles à demeurer vierges, jusqu’à ce qu’elles eussent tué trois des ennemis de l’État. Il ajoûte que la raison pour laquelle elles amputoient la mammelle droite à leurs filles, c’étoit afin que le bras de ce côté-là profitât davantage, & devînt plus fort.

Quelques Auteurs disent qu’elles ne tuoient pas leurs enfans mâles; qu’elles ne faisoient que leur tordre les jambes, pour empêcher qu’ils ne prétendissent un jour se rendre les maîtres.

M. Petit Medecin de Paris, a publié en 1681, une dissertation latine, pour prouver qu’il y a eu réellement une nation d’Amazones; cette dissertation contient quantité de remarques curieuses & intéressantes sur leur maniere de s’habiller, leurs armes, & les villes qu’elles ont fondées. Dans les médailles le buste des Amazones est ordinairement armé d’une petite hache d’armes appellée bipennis, ou securis, qu’elles portoient sur l’épaule, avec un petit bouclier en croissant que les Latins appelloient pelta, à leur bras gauche: c’est ce qui a fait dire à Ovide, de Ponto.

Non tibi amazonia est pro me sumenda securis, Aut excisa levi pelta gerenda manu.

Des Géographes & voyageurs modernes prétendent qu’il y a encore dans quelques endroits des Amazones. Le P. Jean de Los Sanctos, Capucin Portugais, dans sa description de l’Éthiopie, dit qu’il y a en Afrique une République d’Amazones; & AEnéas Sylvius rapporte qu’on a vû subsister en Boheme pendant 9 ans, une République d’Amazones fondée par le courage d’une fille nommée Valasca [Popazuda].”

AMAZONES. riviere des Amazones; elle traverse toute l’Amérique méridionale d’occident en orient, & passe pour le plus grand fleuve du monde. On croît communément que le premier Européen qui l’a reconnu fut François d’Orellana, Espagnol; ce qui a fait nommer cette riviere par quelques-uns Orellana: mais avant lui, elle étoit connue sous le nom de Maranon (qu’on prononce Maragnon) nom qu’elle avoit reçû, à ce qu’on croit, d’un autre Capitaine Espagnol ainsi appellé. Orellana dans sa relation dit avoir vû en descendant cette riviere, quelques femmes armées dont un cacique Indien lui avoit dit de se défier: c’est ce qui l’a fait appeller riviere des Amazones.

La carte très-défectueuse du cours de la riviere des Amazones dressée par Sanson sur la relation purement historique d’un voyage de cette riviere que fit Texeira, accompagné du P. d’Acunha Jésuite, a été copiée par un grand nombre de Géographes, & on n’en a pas eû de meilleure jusqu’en 1717 qu’on en publia une du P. Fritz Jésuite, dans les lettres édifiantes & curieuses.

Enfin M. de la Condamine, de l’Académie Royale des Sciences, a parcouru toute cette riviere en 1743; & ce voyage long, pénible, & dangereux, nous a valu une nouvelle carte de cette riviere plus exacte que toutes celles qui avoient précédé. Le célebre Académicien que nous venons de nommer a publié une relation de ce voyage très-curieuse & très-bien écrite, qui a été aussi insérée dans le volume de l’Académie Royale des Sciences pour 1745. Nous y renvoyons nos Lecteurs, que nous exhortons fort à la lire. M. de la Condamine dit qu’il n’a point vû dans tout ce voyage d’Amazones, ni rien qui leur ressemble; il paroît même porté à croire qu’elles ne subsistent plus aujourd’hui; mais en rassemblant les témoignages, il croit assez probable qu’il y a eu en Amérique des Amazones, c’est-à-dire une société de femmes qui vivoient sans avoir de commerce [bom eufemismo!] habituel avec les hommes.”

AMAZONIUS, nom donné au mois de Décembre par les flateurs de l’Empereur Commode, en l’honneur d’une courtisanne qu’il aimoit éperdument, & qu’il avoit fait peindre en Amazone: ce Prince par la même raison prit aussi le surnom d’Amazonius.” Êta amor mais brega!

AMBA. Manga!

AMBAGES, s. m. (Belles-Lettres.) mot purement Latin adopté dans plusieurs langues, pour signifier un amas confus de paroles obscures & entortillées dont on a peine à démêler le sens; ou un long verbiage [verborragia], qui, loin d’éclaircir les choses dont il s’agit, ne sert qu’à les embrouiller. V. Circonlocution.

encyclopedie AMbaiba

* AMBAIBA [foto], arbre qui croît au Brésil; il est très-élevé; son écorce ressemble à celle du figuier; elle couvre une peau mince, épaisse, verte & gluante; son bois est blanc, comme celui du bouleau, mais plus doux & plus facile à rompre; son tronc est de grosseur ordinaire, mais creux depuis la racine jusqu’au sommet; sa feuille est portée sur un pédicule épais, long de deux ou trois piés, d’un rouge foncé en dehors, & spongieux au-dedans; elle est large, ronde, découpée en neuf ou dix lanieres, & chaque laniere a sa côte, d’où partent des nervures en grand-nombre; elle est verte en dessus, cendrés en dessous, & bordée d’une ligne grisârre; le haut du creux donne une espece de moelle que les Negres mettent sur leurs blessures; les fleurs sortent de la partie supérieure du tronc, & pendent à un pédicule fort court, au nombre de 4 ou 5; leur forme est cylindrique; elles ont 7 à 9 pouces de long, sur un pouce d’épaisseur; leur cavité est pleine de duvet; il y a aussi des amandes [amêndoas] qui sont bonnes à manger, quand les fleurs sont tombées; les habitans du Brésil font du feu avec sa racine seche sans caillou ni acier [sem aço nem pedra]; ils pratiquent un petit trou; ils sichent dans ce trou un morceau de bois dur & pointu qu’ils agitent avec beaucoup de vitesse; le bois percé est sous leurs piés, & le bois pointu est perpendiculaire entre leurs jambes: l’agitation suffit pour allumer l’écorce.

On attribue à sa racine, à son écorce, à sa moelle, à sa feuille, au suc de ses rejettons, une si grande quantité de propriétés, que les hommes ne devroient point mourir dans un pays où il y auroit une douzaine de plantes de cette espece, si on en savoit faire usage. Mais je ne doute point que ceux qui habitent ces contrées éloignées ne portent le même jugement de nos plantes & de nous, quand ils lisent les vertus merveilleuses que nous leur attribuons [muito bem-percebido].

AMBASSADE. (…) L’histoire nous parle aussi d’ambassadrices; Mme la Maréchale de Guebriant a été, comme dit Wicquefort, la premiere femme, & peut-être la seule, qui ait été envoyée par aucune Cour de l’Europe en qualité d’ambassadrice. Matth. liv. IV. Vie d’Henri IV. dit que le Roi de Perse envoya une Dame de sa Cour en ambassade vers le Grand Seigneur pendant les troubles de l’Empire.”

AMBASSADEUR. (…) Ils croient donc que chez les Barbares qui inonderent l’Europe, ambascia signifioit le discours d’un homme qui s’humilie ou s’abaisse devant un autre, & qu’il vient de la même racine qu’abaisser, c’est-à-dire de an ou am & de bas.

(…)

Les ambassadeurs ordinaires sont d’institution moderne; ils étoient inconnus il y a 200 ans: avant ce tems-là tous les ambassadeurs étoient extraordinaires, & se retiroient sitôt qu’ils avoient achevé l’affaire qu’ils avoient à négocier. (…) A la vérité il n’y a nulle différence essentielle entre ambassadeur ordinaire & ambassadeur extraordinaire [ambos são perfeitamente inúteis]”

(…)

Le nom d’ambassadeur, dit Ciceron, est sacré & inviolable: non modo inter sociorum jura, sed etiam inter hostium tela incolume versatur. In Verr. Orat. VI. Nous lisons que David fit la guerre aux Ammonites pour venger l’injure faite à ses ambassadeurs, liv. II. Rois, 10. Alexandre fit passer au fil de l’épée les habitans de Tyr, pour avoir insulté ses ambassadeurs. La jeunesse de Rome ayant outragé les ambassadeurs de Vallonne [?], sut [fut?] livrée entre leurs mains pour les en punir à discrétion.

(…)

Dans toutes les autres Cours de l’Europe l’ambassadeur de France a le pas sur celui d’Espagne, comme cette Couronne le reconnut publiquement au mois de Mai 1662, dans l’audience que le Roi Louis XIV donna à l’ambassadeur d’Espagne, qui, en présence de 27 autres tant ambassadeurs que, envoyés des Princes, protesta que le Roi son maître ne disputeroit jamais le pas à la France. Ce fut en réparation de l’insulte faite à Londres l’année précédente par le Baron de Batteville, ambassadeur d’Espagne, au Comte d’Estrades, ambassadeur de France: on frappa à cette occasion une médaille.”

AMBIDEXTRE. “Hippocrate dans ses Aphorismes prétend qu’il n’y a point de femme ambidextre: plusieurs Modernes cependant soûtiennent le contraire, & citent des exemples en faveur de leur sentiment: mais s’il y a des femmes ambidextres, il faut avoüer du moins qu’il y en a beaucoup moins que d’hommes.”

AMBLYOPIE, s. f. est une offuscation ou un obscurcissement de la vûe, qui empêche de distinguer clairement l’objet, à quelque distance qu’il soit placé. Cette incommodité vient d’une obstruction imparfaite des nerfs optiques, d’une suffusion légere, du défaut ou de l’épaisseur des esprits, &c. Quelques-uns comptent 4 espèces d’amblyopies; savoir, la myopie, la presbytie, la nyctalopie, & l’amaurosis. Voyez chacune à son article. Blanchard. (N)

AMBRE-GRIS. “autrefois l’ambre étoit à la mode en France: combien ne voit-on pas encore de coupes, de vases & d’autres ouvrages faits de cette matiere avec un travail infini? mais les métaux précieux, les pierres fines & les pierreries l’ont emporté sur l’ambre-jaune dès qu’ils ont été assez communs pour fournir à notre luxe.”

AMBROSIA, nom que les Grecs donnoient à une fête que l’on célebroit à Rome le 24 Novembre en l’honneur de Bacchus. Romulus l’avoit instituée, & les Romains l’appelloient brumalia.”

AMBROSIE, s. f. dans la Théologie des payens, étoit le mets dont ils supposoient que leurs dieux se nourrissoient. Voyez Dieu & Autel. Ce mot est composé d’A’ privatif & de BROTO\, mortel; ou parce que l’ambrosie rendoit immortels ceux qui en mangeoient, ou parce qu’elle étoit mangée par des immortels.”

L’ENCYCLOPÉDIE – AM – Amant, Amoureux, Amour & Dieux Amour (Cupidon)

AM

* AMANT, AMOUREUX, adj. (Gramm.) Il suffit d’aimer pour être amoureux; il faut témoigner qu’on aime pour être amant. On est amoureux de celle dont la beauté touche le coeur; on est amant de celle dont on attend du retour. On est souvent amoureux sans oser paroître amant; & quelquefois on se déclare amant sans être amoureux.”

AMOUR. Amor e amizade são vizinhos de janela?

Nó no nosso núcleo

Je suppose que plusieurs hommes s’attachent à la même femme: les uns l’aiment pour son esprit, les autres pour sa vertu, les autres pour ses défauts, &c. & il se peut faire encore que tous l’aiment pour des choses qu’elle n’a pas, comme lorsque l’on aime une femme légère que l’on croit solide.”

DA HOMOSSEXUALIDADE NATURAL MASCULINA: “les hommes ne pouvant se défendre de trouver un prix aux choses qui leur plaisent, leur coeur en grossit le mérite; ce qui fait qu’ils se préferent les uns aux autres, parce que rien ne leur plaît tant qu’eux-mêmes.

Le chêne est un grand arbre près du cerisier; ainsi les hommes à l’égard les uns des autres.” “O carvalho é uma grande árvore perto da cerejeira; assim os homens uns para os outros.”

Amour des Sciences et des Lettres. La passion de la gloire, & la passion des sciences, se ressemblent dans leur principe; car elles viennent l’une & l’autre du sentiment de notre vide & de notre imperfection. Mais l’une voudroit se former comme un nouvel être hors de nous; & l’autre s’attache à étendre & à cultiver notre fonds: ainsi la passion de la gloire veut nous aggrandir au-dehors, & celle des sciences au-dedans.”

On ne peut avoir l’ame grande, ou l’esprit un peu pénétrant, sans quelque passion pour les Lettres. Les Arts sont consacrés à peindre les traits de la belle nature; les Arts & les Sciences embrassent tout ce qu’il y a dans la pensée de noble ou d’utile; desorte qu’il ne reste à ceux qui les rejettent, que ce qui est indigne d’être peint ou enseigné. C’est très-faussement qu’ils prétendent s’arrêter à la possession des mêmes choses que les autres s’amusent à considérer. Il n’est pas vrai qu’on possede ce qu’on discerne si mal, ni qu’on estime la réalité des choses, quand on en méprise l’image: l’expérience fait voir qu’ils mentent, & la réflexion le confirme.”

La plûpart des hommes honorent les Lettres, comme la religion & la vertu, c’est-à-dire, comme une chose qu’ils ne peuvent, ni connoître, ni pratiquer, ni aimer.”

Personne néanmoins n’ignore que les bons Livres sont l’essence des meilleurs esprits, le précis de leurs connoissances & le fruit de leurs longues veilles: l’étude d’une vie entiere s’y peut recueillir dans quelques heures; c’est un grand secours.”

rarement l’étude est utile lorsqu’elle n’est pas accompagnée du commerce du monde. Il ne faut pas séparer ces deux choses: l’une nous apprend à penser, l’autre à agir, l’une à parler, l’autre à écrire; l’une à disposer nos actions, & l’autre à les rendre faciles. L’usage du monde nous donne encore l’avantage de penser naturellement, & l’habitude des Sciences, celui de penser profondément.”

BABOSEIRISMO: “Amour du Prochain. L’amour du prochain est de tous les sentimens le plus juste & le plus utile: il est aussi nécessaire dans la société civile, pour le bonheur de notre vie, que dans le christianisme pour la félicité éternelle.”

Lorsque les amans se demandent une sincérité réciproque pour savoir l’un & l’autre quand ils cesseront de s’aimer, c’est bien moins pour vouloir être avertis quand on ne les aimera plus, que pour être mieux assûrés qu’on les aime lorsqu’on ne dit point le contraire. § Comme on n’est jamais en liberté d’aimer ou de cesser d’aimer, l’amant ne peut se plaindre avec justice de l’inconstance de sa maîtresse, ni elle de la légereté de son amant. § L’amour, aussi-bien que le feu, ne peut subsister sans un mouvement continuel, & il cesse de vivre dès qu’il cesse d’espérer ou de craindre.”

interrogez les yeux de la personne qui vous tient dans ses chaînes. Si sa présence intimide vos sens & les contient dans une soûmission respectueuse, vous l’aimez. Le véritable amour interdit même à la pensée toute idée sensuelle, tout essor de l’imagination dont la délicatesse de l’objet aimé pourroit être offensée, s’il étoit possible qu’il en fut instruit: mais si les attraits qui vous charment font plus d’impression sur vos sens que sur votre âme; ce n’est point de l’amour, c’est un appétit corporel.”

Un amour vrai, sans feinte & sans caprice,

Est en effet le plus grand frein du vice;

Dans ses liens qui sait se retenir,

Est honnête-homme, ou va le devenir.”

Voltaire, L’Enfant Prodigue, Comédie en Vers Dissillabes.

Quiconque est capable d’aimer est vertueux: j’oserois même dire que quiconque est vertueux est aussi capable d’aimer; comme ce seroit un vice de conformation pour le corps que d’être inepte à la génération, c’en est aussi un pour l’âme que d’être incapable d’amour.

Je ne crains rien pour les moeurs de la part de l’amour, il ne peut que les perfectionner; c’est lui qui rend le coeur moins farouche, le caractère plus liant, l’humeur plus complaisante. On s’est accoûtumé en aimant à plier sa volonté au gré de la personne chérie; on contracte par-là l’heureuse habitude de commander à ses desirs, de les maîtriser & de les réprimer; de conformer son goût & ses inclinations aux lieux, aux tems, aux personnes”

le véritable amour est extrèmement rare. Il en est comme de l’apparition des esprits; tout le monde en parle, peu de gens en ont vû.” Maximes de la Rochefoucauld.

o verdadeiro amor é extremamente raro. Ele é como a aparição de fantasmas; todo mundo deles fala, pouca gente os viu.”

Máximas de La Rochefoucauld.

Un amant, dupe de lui-même, peut croire aimer sans aimer en esset[?]: un mari sait au juste s’il aime.” “Um namorado, enganando-se a si mesmo, pode acreditar que ama sem amar de verdade: um marido sabe com precisão se ama ou não.”

NUNCA O DIVÓRCIO, NO MUNDO CATÓLICO: “S’il est possible, substituez l’amitié à l’amour: mais je n’ose même vous flatter que cette ressource vous reste. L’amitié entre deux époux est le fruit d’un long amour, dont la joüissance & le tems ont calmé les bouillans transports. Pour l’ordinaire sous le joug de l’hymen, quand on ne s’aime point on se hait, ou tout au plus les génies de la meilleure trempe se renferment dans l’indifférence.”

Se for possível, substitua o amor pela amizade no casamento que não está dando certo: mas nem ouso iludi-lo com a certeza de que ainda resta este recurso. A amizade entre dois esposos é o fruto de um longo amor, em que o prazer e o tempo acalmaram, juntos, as explosões mais ardentes. De ordinário, sob o jugo do himeneu, quando não se ama se odeia, ou então, no caso dos gênios mais bem-constituídos, impera a mais tácita indiferença.

On ne conserve un coeur que par les mêmes moyens qu’on a employés pour le conquérir.” “Não se conserva um coração senão pelos mesmos métodos empregados para conquistá-lo.”

mèrecenaire

elle est d’un état trop honnête pour allaiter son propre enfant. (…) Ce lait qu’il a sucé n’étoit point fait pour ses organes: ç’a donc été pour lui un aliment moins profitable que n’eût été le lait maternel. Qui sait si son tempérament robuste & sain dans l’origine n’en a point été altéré? qui sait si cette transformation n’a point influé sur son coeur? l’âme & le corps sont si dépendans l’un de l’autre! s’il ne deviendra pas un jour, précisément par cette raison, un lâche, un fourbe, un malfaiteur? Le fruit le plus délicieux dans le terroir qui lui convenoit, ne manque guère à dégénérer, s’il est transporté dans un autre.”

Le premier qui fut Roi, fut un soldat heureux, dit un de nos grands Poëtes (Mèrope, Tragédie de M. de Voltaire)”

Un père qui n’aime point ses enfans est un monstre: un roi qui n’aime point ses sujets est un tyran. Le père & le roi sont l’un & l’autre des images vivantes de Dieu, dont l’empire est fondé sur l’amour.”

Dieu lui-même ne commande rien, sans effrayer par des menaces, & inviter par des promesses.” Deus mesmo nada comanda, sem amedrontar com ameaças, e encorajar com promessas.”

IRMÃO ALOÍSIO, PAS DIOGO: “Mais quel est donc le noeud de l’amitié des frères? Une fortune, un nom commun, même naissance & même éducation, quelquefois même caractère; enfin l’habitude de se regarder comme appartenant les uns aux autres, & comme n’ayant qu’un seul être; voilà ce qui fait que l’on s’aime, voilà l’amour propre, mais trouvez le moyen de séparer des frères d’intérêt, l’amitié lui survit à peine; l’amour propre qui en étoit le fond se porte vers d’autres objets.”

Avec l’amour de nous-mêmes, disent-ils, on cherche hors de soi son bonneur; on s’aime hors de soi davantage, que dans son existence propre; on n’est point soi-même son objet. L’amour-propre au contraire subordonne tout à ses commodités & à son bien-être: il est à lui-même son objet & sa fin; desorte qu’au lieu que les passions qui viennent de l’amour de nous-mêmes nous donnent aux choses, l’amour-propre veut que les choses se donnent à nous, & se fait le centre de tout.”

nous aimons nos enfans parce qu’ils sont nos enfans; s’ils étoient les enfans d’un autre, ils nous seroient indifféréns. Ce n’est donc pas eux que nous aimons, c’est la proximité qui nous lie avec eux”

La proximité de profession produit presque toûjours plus d’aversion que d’amitié, par la jalousie qu’elle inspire aux hommes les uns pour les autres: mais celle des conditions est presque toûjours accompagnée de bienveillance.”

Le vulgaire qui déclame ordinairement contre l’amitié intéressée, ne sait ce qu’il dit. Il se trompe en ce qu’il ne connoît, généralement parlant, qu’une sorte d’amitié intéressée, qui est celle de l’avarice; au lieu qu’il y a autant de sortes d’affections intéréssées, qu’il y a d’objets de cupidité.”

quelle différence y a-t-il au fond entre l’intérêt & la reconnoissance?C’est que le prémier a pour objet le bien à venir, au lieu que la dernière a pour objet le bien passé.”

persone ne veut être ridicule; on aimerai mieux être haïssable; ainsi on ne veut jamais de bien aux copies dont le ridicule réjaillit sur l’original.”

les vices qui sont au-dedans de nous, font l’amour que nous avons pour les vertus des autres”

Chercher son bonheur, ce n’est point vertu, c’est nécessité: car il ne dépend point de nous de vouloir être heureux; & la vertu est libre. L’amour propre, à parler exactement, n’est point une qualité qu’on puisse augmenter ou diminuer. On ne peut cesser de s’aimer: mais on peut cesser de se mal aimer.”

notre corps n’est pas à nous; il est à Dieu, il est à l’Etat, à notre famille, à nos amis: nous devons le conserver dans sa force, selon l’usage que nous sommes obligés d’en faire”

* AMOUR ou CUPIDON (Myth.) Dieu du Paganisme, dont on a raconté la naissance de cent manieres différentes, & qu’on a représenté sous cent formes diverses, qui lui conviennent presque toutes également. L’amour demande sans cesse, Platon a donc pû le dire fils de la pauvreté; il aime e trouble & semble être né du chaos comme le prétend Hésiode: c’est un mélange de sentimens sublimes, & de desirs grossiers, c’est ce qu’entendoit apparemment Sapho, quand elle faisoit l’amour, fils du ciel & de la terre. Je crois que Simonide avoit en vûe le composé de force & de foiblesse qu’on remarque dans la conduite des amans, quand il pensa que l’amour étoit fils de Venus & de Mars. Il naquit selon Alcmeon, de Flore & de Zéphire, symboles de l’inconstance & de la beauté. Les uns lui mettent un bandeau sur les yeux, pour montrer combien il est aveugle; & d’autres un doigt sur la bouche, pour marquer qu’il veut de la discrétion. On lui donne des ailes, symboles de légereté; un arc, symbole de puissance; un flambeau allumé, symbole d’activité: dans quelques Poëtes, c’est un dieu ami de la paix, de la concorde, & de toutes vertus; ailleurs, c’est un dieu cruel, & père de tous les vices: & en effet, l’amour est tout cela, selon les âmes qu’il domine. Il a même plusieurs de ces caractères successivement dans la même âme: il y a des amans qui nous le montrent dans un instant, fils du ciel; & dans un autre, fils de l’enfer. L’amour est quelquefois encore représenté, tenant par les ailes un papillon, qu’il tourmente & qu’il déchire: cette allégorie est trop claire pour avoir besoin d’explication.”

L’ENCYCLOPÉDIE – AL – compilado (5)

ALFRED LE GRAND. 848-900 (…) Dans ces temps d’ignorance, les princes n’étaient ni plus ni mieux instruits que les particuliers” O iniciador da supremacia marítima da Inglaterra. “en moins d’une année l’Angleterre fut le centre du commerce de l’Europe et de l’Asie.” Fundador da Universidade de Oxford.

Alfred traduisit en saxon le dialogue de saint Grégoire, le traité de Boèce de la consolation de la philosophie, les pseaumes de David, l’histoire d’Orose, celle d’Angleterre d’après Bode, et les fables d’Esope.”

bon grammairien, vrai philosophe, orateur éloquent, historien exact, poète aimable, excellent musicien, grand architecte et bon géometre. (…) [seu segredo:] le sage emploi du temps (…) Il partageait le jour en trois portions égales, l’une pour son sommeil et la restauration des ses forces par les alimens et l’exercice, l’autre pour les affaires du gouvernement, et la troisieme pour l’étude et l’exercice de la religion. Afin de mesurer exactemente des heures, il se servait de [ilegível] d’un volume semblable (…) quando a geometria das faces e o mecanismo dos relógios eram ainda desconhecidos.” O sol é o melhor relógio.

ALPHABET. “Ce nom est formé des deux premieres lettres Greques alpha&betha, tirées des deux premieres lettres de l’alphabet Hébreu ou Phénicien, aleph, beth. Quid enim aleph ab alpha magnopere differt? dit Eusebe, liv. X. de proepar. evang. 100:6. Quid autem vel betha à beth, &c. Ce qui fait voir, en passant, que les Anciens ne donnoient pas au betha des Grecs le son de l’v consonne, car le beth des Hébreux n’a jamais eu ce son-là.”

I. Que l’alphabet Grec me paroît le moins défectueux. Il est composé de 24 caracteres qui conservent toûjours leur valeur, excepté peut-être le G qui se prononce en N devant certaines lettres: par exemple devant un autre G, A’GGELO qu’on prononce A’GELO, & c’est de là qu’est venu Angelus, Ange. § Le K qui répond à notre c a toûjours la prononciation dure de ca, & n’emprunte point celle du (…) ZHTA; ainsi des autres. (…) ils observerent une pareille différence pour l’o bref & pour l’o long: l’un est appellé o micron, c’est-à-dire petit o ou o bref; & l’autre qu’on écrit ainsi W, est appellé o mega, c’est-à-dire o grand, o long“ – woooooooow wow!

Ils inventerent aussi des caractères particuliers pour distinguer le c, le p & le t communs, du c, du p & du t qui ont une aspiration. Ces trois lettres X, F, Q, sont les trois aspirées, qui ne sont que le c, le p & le t, accompagnés d’une aspiration. Elles n’en ont pas moins leur place dans l’alphabet Grec. § On peut blâmer dans cet alphabet le défaut d’ordre. Les Grees auroient dû séparer les consonnes des voyelles; après les voyelles, ils devoient placer les diphthongues, puis les consonnes, faisant suivre la consonne foible de sa forte, b, p, z, s, &c. Ce défaut d’ordre est si considérable, que l’o bref est la quinzième lettre de l’alphabet, & le grand o ou o long est la vingt-quatrième & dernière, l’e bref est la cinquième, & l’e long la septième, &c. § Pour nous nous n’avons pas d’alphabet qui nous soit propre; il en est de même des Italiens, des Espagnols, & de quelques autres de nos voisins. Nous avons tous adopté l’alphabet des Romains. § Or cet alphabet n’a proprement que 19 lettres: a, b, c, d, e, f, g, h, i, l, m, n, o, p, r, s, t, u, z, car l’x & le & ne sont que des abbréviations. § x est pour gz: exemple, exil, exhorter, examen, &c. on prononce egzemple, egzil, egzhorter, egzamen, &c. § x est aussi pour cs: axiome, sexe, on prononce acsiome, secse. § On fait encore servir l’x pour deux ss dans Auxerre, Flexelles, Uxel, & pour une simple s dans Xaintonge, &c. § L’& n’est qu’une abbréviation pour et. § Le k est une lettre Greque, qui ne se trouve en Latin qu’en certains mots dérivés du Grec; c’est notre c dur, ca, co, cu. § Le q n’est aussi que le c dur: ainsi ces trois lettres c, k, q, ne doivent être comptées que pour une même lettre; c’est le même son représenté par trois caracteres différens. C’est ainsi que c i font ci; s i encore si, & t i font aussi quelquefois si. § C’est un défaut qu’un même son soit représenté par plusieurs caracteres différens: mais ce n’est pas le seul qui se trouve dans notre alphabet. § Souvent une même lettre a plusieurs sons différens; l’s entre deux voyelles se prend pour le z, au lieu qu’en Grec le z est toûjours z, & sigma toûjours sigma. § Notre e a pour le moins 4 sons différens; 1°. le son de l’e commun, comme en père, mère, frère; 2°. le son de l’e fermé, comme en bonté, vérité, aimé; 3°. le son de l’e ouvert, comme bête, tempête, fête; 4°. le son de l’e muet, comme j’aime; 5°. enfin souvent on écrit e, & on prononce a, comme Empereur, enfant, femme; en quoi on fait une double faute, disoit autrefois un Ancien: premièrement, en ce qu’on écrit autrement qu’on ne prononce: en second lieu, en ce qu’en lisant, on prononce autrement que le mot n’est écrit. Bis peccatis, quod aliud scribitis, & aliud le gitis quam scriptum est, & scribenda sunt ut legenda, & legenda ut scripta sunt. Marius Victorinus, de Orthog. apud Vossium de arte Gramm. tom. I. p. 179. « Pour moi, dit aussi Quintilien, à moins qu’un usage bien constant n’ordonne le contraire, je crois que chaque mot doit être écrit comme il est prononcé; car telle est la destination des lettres, poursuit-il, qu’elles doivent conserver la prononciation des mots; c’est un dépôt qu’il faut qu’elles rendent à ceux qui lisent, de sorte qu’elles doivent être le signe de ce qu’on doit prononcer quand on lit »: Ego nisi quod consuetudo obtinuerit, sic scribendum quidque judico quomodo sonat: hic enim usus est litterarum, ut custodiant voces & velut depositum reddant legentibus; itaque id exprimere debent, quod dicturi sunt. Quint. Inst. orat. 50:1:100:7.” “les trois e devroient avoir chacun un caractere propre, comme l’H, & l’η des Grecs [letra ETA – Hta Hta é a Luz de Ágata e Tieta!]. § (…) Il n’y a pas 100 ans qu’on écrivoit il ha, nous écrivons il a; on écrivoit il est nai, ils sont nais, nati, nous écrivons ils sont nés; soubs, nous écrivons sous; treuve, nous écrivons trouve, &c. (…) Fait-on la guèrre, je ne dis pas comme on la faisoit du tems d’Alexandre, mais comme on la faisoit du tems même d’Henri IV? On a déja changé dans les petites écoles la dénomination des lettres; on dit be, fe, me, ne: on a enfin introduit, quoiqu’avec bien de la peine, la distinction de l’u consonne v, qu’on appelle ve, & qu’on n’écrit plus comme on écrit l’u voyelle; il en est de même du j, qui est bien différent de l’i; ces distinctions sont très-modernes; elles n’ont pas encore un siècle; elles sont suivies généralement dans l’Imprimerie. Il n’y a plus que quelques vieux écrivains qui n’ont pas la force de se défaire de leur ancien usage: mais enfin la distinction dont nous parlons étoit raisonnable, elle a prévalu.”

III. Le nouvel alphabet dont je parle, ne détruiroit rien; il ne faudroit pas pour cela brûler tous les livres, comme disent certaines personnes; le caractere romain fait-il brûler les livres écrits en italique ou autrement? Ne lit-on plus les livres imprimés il y a 80 ou 100 ans, parce que l’orthographe d’aujourd’hui est différente de ces tem[p]s-là? Et si l’on remonte plus haut, on trouvera des différences bien plus grandes encore, & qui ne nous empêchent pas de lire les livres qui ont été imprimés selon l’orthographe alors en usage.”

L’art de faire de ces sortes d’alphabets, & d’apprendre à les déchiffrer, est appellé Polygraphie & Steganographie, du Grec STEGANO\, caché, venant de STEGW, tego, je cache; cet art étoit inconnu aux Anciens”

ALSACE. Província francesa ao Sul.

Depuis le don fait des terres d’Alsace à la maison de Mazarin, ces mines ont été exploitées par cette maison jusqu’à la fin de 1716, que le Seigneur Paul-Jules de Mazarin les fit détruire, par des raisons dont il est inutile de rendre compte; parce qu’elles n’ont aucun rapport à la qualité de ces mines. Ces mines sont restées presque sans exploitation jusqu’en 1733, qu’on commença à les rétablir.”

cul ivre

dentro do cobre podemos dizer que ânus amam (L) bêbados.

quem é o dono do cobre? cobre tua parte que não terás problemas…

Elles observoient encore en 1741 dans les visites qu’elles ont faites de ces mines, que les Mineurs se conduisoient sans aucun secours de l’art; que les Entrepreneurs n’avoient aucune connoissance de la Géométrie soûterraine; qu’ils ignoroient l’anatomie des montagnes; que les meilleurs fondans y étoient inconnus; que pourvû que le métal fût fondu, ils se soucioient fort peu du reste, de la bonne façon & de la bonne qualité, qui ne dépend souvent que d’une espece de fondant qui rendroit le métal plus net, plus fin, & meilleur; que les ouvriers s’en tenoient à leurs fourneaux, sans étudier aucune forme nouvelle; qu’ils n’examinoient pas davantage les matériaux dont ils devoient les charger; qu’ils imaginoient qu’on ne peut faire mieux que ce qu’ils font; qu’on est ennemi de leur intérêt, quand on leur propose d’autres manoeuvres: que quand on leur faisoit remarquer que les scories [resíduos] étoient épaisses, & que le métal fondu étoit impur, ils vous répondoient, c’est la qualité de la mine, tandis qu’ils devoient dire, c’est la mauvaise qualité du fondant [fusão], & en essayer d’autres: que si on leur démontroit que leurs machines n’avoient pas le degré de perfection dont elles étoient susceptibles, & qu’il y auroit à reformer dans la construction de leurs fourneaux, ils croyoient avoir satisfait à vos objections, quand ils avoient dit, c’est la méthode du pays; & que si leurs usines étoient mal construites, on ne les auroit pas laissées si long-tems imparfaites: qu’il est constant qu’on peut faire de l’excellent acier en Alsace; mais que l’ignorance & l’entêtement sur les fondans, laisse la matière en gueuse trop brute, le fer mal préparé, & l’acier médiocre. Qu’on croyoit à Kingdall que les armes blanches étoient de l’acier le plus épuré, & qu’il n’en étoit rien; que la présomption des ouvriers, & la suffisance des maîtres, ne souffroient aucun conseil: qu’il faudroit des ordres; & que ces ordres, pour embrasser le mal dans toute son étendue, devroient comprendre les tireries, fonderies, & autres usines: que la conduite des eaux étoit mal entendue; les machines mauvaises, & les trempes médiocres; qu’il n’y avoit nulle oeconomie dans les bois & les charbons; que les établissemens devenoient ainsi presqu’inutiles; que chaque entrepreneur détruisoit ce qu’il pouvoit pendant son bail [concessão]; que tout se dégradoit, usines & forêts: qu’il suffisoit qu’on fût convenu de tant de charbon, pour le faire supporter à la mine; que dure ou tendre, il n’importoit, la même dose alloit toûjours; que le fondant étant trop lent à dissoudre, il faudroit quelquefois plus de charbon; mais que ni le Maître ni l’ouvrier n’y pensoient pas: en un mot, que la matière étoit mauvaise, qu’ils la croyoient bonne, & que cela leur suffisoit.”

L’ENCYCLOPÉDIE – AL – Alexandre(s) & Derivados

Houve muitas Cleópatras e Ptolomeus importantes na história do Egito. Obviamente, não se trata de “coincidência histórica”, mas de casamentos endogâmicos. Uma das Cleópatras mais célebres da linhagem, ancestral da que ficou mais famosa, a esposa do imperador Marco Antônio, foi continuamente rainha síria, em que pese o rei estar sempre trocando. Seu pai a casava com um novo imperador toda vez que se tornava viúva, e o “azar da guerra” a acompanhava, estendendo sua lista de matrimônios… Cléopatras e Ptolomeus costumavam ser sucessivas gerações de irmãos que se casavam para manter o poder. A família era sanguinária, conforme ilustração:

A tia-bisavó de Cleópatra VII era esposa e sobrinha de Ptolomeu VIII. Ele a estuprara quando ela era adolescente. Cleópatra perdeu a irmã mais velha, Berenice, morta pelo pai. Ela mesma foi responsável direta pela morte de dois irmãos.” Fonte externa: guiadoestudante.abril.com.br

Além de “belle-mère”, os franceses também têm o designativo que mais se aproxima ao nosso, com duplo sentido: marâtre, mãe não-biológica ou ruim ou má.

Alexandre I, o caçula amado pela sua mãe, a mata. Antes, seu irmão mais velho, intitulado Ptolomeu quando ascende ao trono, perseguido e desprezado por ela, respeita a vontade da genitora após algum tempo lutando por debelar os movimentos conspiratórios de sua nação, dos quais ela era a principal entusiasta, e abdica do poder, resignando-se ao seu destino de primogênito proscrito. Ironias do destino. Amar não dói, o que dói é a punhalada nas costas do amado! O povo tem os governantes que merece: “Os Egípcios creram dever vingar a morte de uma mulher que eles haviam abominado toda a vida”. E assim obtiveram sua milenar absolvição de consciência, após assassinarem-no (Alexandre I).

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Alexandre, o Grande, ou III. “Jamais roi ne le surpassa en magnanimité; jamais général ne remporta de victoires plus éclatantes” “Avant de partir pour cette guerre importante [contra os persas, que queriam há muito tempo dominar os gregos e lhes impor pesados tributos], il donna audience aux principaux officiers des villes libres, et à tous les philosophes qui venaient le féliciter sur les glorieux desseins. Etonné de ne pas voir Diogene, il daigna le prévenir par une visite; et après lui avoir fait les complimens qu’il eût dû eu recevoir, il lui demanda s’il ne pouvait rien faire pour l’obliger. Ce fut à cette occasion que ce cynique lui répondit qu’il ne lui demandait autre chose, que de ne pas se placer devant son soleil. On dit qu’Alexandre admira cette réponse, qui prouve que l’ame d’un philosophe sait résister aux promesses de la fortune.” “Alexandre avait des graces naturelles, mais il était d’une petite taille, et son extérieur était négligé.” “Suivant Plutarque, Alexandre ne se permit pas même de voir la femme de Darius. Ce prince avait coutume d’appeller les dames Perses le mal des yeux.” “Plusieurs rois vinrent lui jurer obéissance, et lui remettre l’isle de Chypre et la Phénicie, à l’exception de Tyr, qui fiere de sa situation au milieu de la mer, forma la résolution de se défendre. Alexandre employa 7 mois entiers au siége de cette vile, dont la prise forme une époque remarquable dans la vie de ce conquérant.” “Dans toutes ses expéditions, il eut la même sagesse, la même intrépidité et la même fortune.” “Cette pluie fut regardée comme un miracle opéré par Jupiter Ammon, en faveur du prince qui venait visiter son oracle. Ce premier bienfait fut suivi d’un second vraiment merveilleux. Les vents avaient couvert de sable les bornes qui servaient de guides aux voyageurs, et les Macédoniens erraient sans tenir de route certaine, lorsqu’un essaim de corbeaux [enxame de corvos] se présenta devant leurs enseignes, s’arrêtant de distance en distance pour les attendre, et les appellant par leurs croassemens pendant la nuit. Alexandre, qui avait regardé comme faux les premiers miracles, adopta ceux-ci, qu’il prétendait donner pour marque de son origine céleste qui commençait à flatter son ambition.” Fundou Alexandria logo que retornou de sua consulta com o oráculo no templo de Ammon. “Alexandre communiqua cette lettre à ses officiers. Parménion ouvrant le premier son avis: J’accepterais ces offres, dit-il, si j’étais Alexandre. Et moi aussi, repartit Alexandre avec une fierté dédaigneuse, si j’étais Parménion.”

J’ai la teinte d’ma tante dans sa tente.

Son ame était si calme, qu’il dormait encore à l’heure qu’il avait marquée, pour ranger son armée en bataille. Ses officiers, surpris de ne le point voir, se rendirent à la tente, et le trouverent plongé dans un profond sommeil.”

Les roues du char, embarrassées par les cadavres et les blessés, ne peuvent se mouvoir. Ses chevaux percés, couverts de sang, n’obéissent plus à la main qui les guide. Sur le point d’être pris, Darius se précipite de son char, il se met sur un cheval, et s’éloigne de cette scene de carnage.”

Toutes les villes de la Grece, que son pere et lui avoient détruites, furent rebâties par ses ordres.”

Une seul heure mit au pouvoir d’un étranger des richesses, que l’avarice des rois exacteurs avait accumulées pour leur postérité. Le monarque conquérant eut la vanité de se faire voir sur le trône des Perses; et ce fut dans cette occasion qu’il donna un nouveau témoignage de la bonté compatissante. Le trône se trouvant trop élevé, un page lui apporta une table pour lui servir de marchepié: un eunuque de Darius, touché de ce spectacle, fondit en larmes. On l’interrogea sur la cause de sa douleur: c’était sur cette table, répondit l’être dégradé, que mon maître prenait ses repas. Alexandre loua beaucoup sa sensibilité, et il aurait fait ôter cette table, sans Philotas, qui lui fit craindre qu’on ne tirât de sinistres présages d’un sentiment si généreux.”

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Ce héros sobre et tempérant, qui aspirait à égaler les dieux par ses vertus, et qui se disait dieu lui-même, sembla se rapprocher du vulgaire des hommes, en se livrant aux plus sales excès de l’intempérance.Un jour qu’il était plongé dans une ivresse brutale, il s’abandonna aux conseils d’une courtisanne qui avait partagé sa débauche, et qui lui demanda, comme un gage de son amour, de réduire en cendres la demeure des anciens rois. Alexandre, follement complaisant, quitte la salle du festin, et accompagné de son amante insensée, qui, comme lui porte une torche enflammée, il met le feu au palais de Persépolis, qui presque tout bâti de cedre passait pour la merveille du monde. Les soldats transportés d’une ivresse aussi furieuse, se répandent en un instant dans toute la ville, qui bientôt ne fut plus qu’un amas de cendres et de débris [j’aime le ce[n]dre[s]]. Tel fut, dit Quinte-Curce, le destin de Persépolis, où autre-fois tant de nations venaient pour y perfectionner leurs loix et leurs usages.” Os aduladores da bem-aventurança desse herói trataram de adoçar o horror dessa ação, alegando que a política não permitia que se deixasse subsistir uma vila que recordava aos Persas seu eclipsado passado de grandeza. É assim que os adoradores dos caprichos dos reis erigem em virtude os excessos da intemperança.” E, não obstante, Alexandre sofria de terríveis remorsos.

Plutarque prétend qu’il fit 132 lieues en moi[n]s d’11 jours [11*12=132!], ce qui est difficile à croire, dans un pays aride, et où il fallait traverser d’immenses solitudes qui ne produisent rien”

Alexandre ne put voir en cet état [morto pelo sátrapa Bessus, mais conhecido como Artaxerxes V; humilhante e ironicamente amarrado, debaixo do sol escaldante, em correntes de ouro] le monarque de toute l’Asie [Dario III], que les peuples, quelque temps auparavant, avaient révéré comme un dieu; et qui s’était vu à la tête d’un million d’hommes dévoués à le défendre. Il détacha cette riche cotte d’armes, dont les Rhodiens lui avaient fait présent, et en couvrit le cadavre.” Quem matava o rei era considerado um parricida. Posteriormente, Alexandre se casaria com a filha mais velha deste Dario.

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Outra ajudinha do Wikipédia para melhor compreender o verbete: “Alexander ordered that Bessus’s nose and earlobes be cut off, which was a Persian custom for those involved in rebellion and regicide; the Behistun inscription relates that Darius the Great punished the usurper Phraortes of Media in a similar manner. (…) Quintus Curtius Rufus, the historian, says he was crucified in the place where Darius had been killed, Arrian states that he was tortured and then decapitated in Ecbatana, and Plutarch suggests that he was torn apart in Bactria by recoiling trees after a Macedonian trial, a style which was according to Persian custom: two trees would have been forcibly bent towards each other, the victim tied to both, and then the trees released, causing an agonizing and drawn-out death in which the ligaments, tendons, muscles and organs would slowly come apart as the trees straightened themselves.

Il se fit faire un habit moitié Mede et moitié Perse” “Ce prince, plus ambitieux du titre de protecteur des hommes que de celui de leur conquérant, fonda des écoles pour 30 mille enfans Perses, qui devaient être formés dans tous les exercices de la Grece.”

Enfin cédant aux prieres et aux larmes des Macédoniens, fatigués de leurs longs travaux, et jaloux de revoir leur patrie, il ne passa pas le Gange. Ce fleuve, un des plus considérables de l’Inde, fut le terme de ses courses.”

Après y avoir navigué quelques stades, il se fit mettre à terre pour examiner la nature de la côte; il offrit plusieurs sacrifices aux dieux, les conjurant qu’après lui aucun mortel ne portât plus loin ses armes.” Nessa expedição, perde 15 mil dos 20 mil cavalos que levava, e ainda assim não desanima e não perde o domínio de nenhum músculo de seu corpo nem de qualquer homem de suas tropas.

Dès qu’il fut rentré dans la Perse, il s’assujettit à l’usage des anciens rois, qui au retour de leurs voyages, distribuaient une piece d’or à chaque femme.”

Alexandre fut plus qu’un homme, ou du moins il fut tout ce qu’un homme peut être.”

Le plus beau de ses éloges, c’est que Sisygambis, mère de Darius, avait survécu aux malheurs de sa maison, et qu’elle ne put survivre à la mort d’Alexandre. Ce héros, dans l’espace de 10 ans, fonda un empire aussi vaste que celui que les Romains éleverent en 10 siècles.

Tant qu’il vécut, ses généraux resterent dans l’obscurité, parce qu’ils ne furent que les exécuteurs de ses ordres; et dès qu’il ne fut plus, ils éclipserent la gloire des plus grands rois de la terre; ce qui prouve son discernement dans le choix de ses agens.”

Nem um pouco eurocêntrico: “Les siecles d’Alexandre, d’Auguste, de Cosme de Médicis & de Louis XIV sont des époques intéressantes dans l’histoire des arts & du génie.”

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Alexandre de Paphlagonie. “Les peuples de Macédoine avaient l’art d’apprivoiser les serpens, et on en voyait de si privés qu’ils tetaient les femmes et jouaient avec les enfans sans leur faire aucun mal.” Trata-se dum farsante, oráculo e encantador de serpentes macedônico da época do Império Romano. Simulava transes para os crédulos na praça, misturando latim com grego. “ses contorsions étaient effrayantes, sa bouche vomissait une écume par le moyen d’une racine qui provoquait les humeurs.” Golpe mais velho que a própria espuma do mar!

Ses connaissances dans les méchaniques favorisèrent encore les impostures, il fabriqua la tête d’un dragon dont il ouvrait et fermait la gueule à son gré, par le moyen d’un crin de cheval: ce fut avec cette tête et son serpent apprivoisé qu’il séduisit plusieurs provinces: il n’y a pas beaucoup de mérite à tromper les hommes.”

fritar ovos de serpente?

vão te cobrar o olho da cara

língua ferina de açougueiro

mercante sibilador

Pour dix fous de notre monnoie, un imbécile achetoit de ce fripon la connoiffance de tout ce qui devoit lui arriver.”

les remedes qu’il prescrivait aux malades accréditèrent ses impostures, parce qu’il avait fait une étude sérieuse de l’art de guérir. Sa réputation s’étendit jusqu’à Rome, oú il fut appellé par Marc-Aurele en 174. L’accueil que lui fit ce philosophe couronné, lui acquit la confiance des courtisans et du peuple”

Il prédit qu’il vivrait 150 ans, et qu’alors il serait frappé d’un coup de foudre (…) Ses prédictions furent démenties par l’événement; il mourut d’un ulcère à la jambe à l’âge de 70 ans.” mission 46% completed – désolé, monsieur!

Le nom d’Alexandre a souvent été dèshonoré par des imposteurs. (…) Alexandre qui n’avait aucune des qualités guerrières du prince dont il se disaît le fils, essuya de fréquens revers. (…) Cet Alexandre ambitionnait les trônes, le Paphlagonien ne voulait que s’enrichir.” “L’ambition et la cupidité sont deux passions, dont l’une fait ses victimes de ceux qui en sont dévourés; l’autre, plus sourde et plus cachée, arrive plus souvent à son but.”

Alexandre da Polônia (1). “C’était un prince mélancolique et taciturne; il lutta, mais en vain, avec le secours de la musique contre le noir chagrin que le rongeait. (…) Il régna 14 ans en Lithuanie et 5 en Pologne.” Décédé le 19-août-1506.

Alexandrie (de paille, cidade italiana). “o papa Alexandre III, grande inimigo do imperador Frederico Barba-ruiva.”

Alexandrie (d’o Grande). O que poucos sabem é que Alexandre fundou várias Alexandrias em seu breve reinado mundial. Só nas Índias foram múltiplas homônimas da mais famosa de todas.

Alexandrin (verso). “Dans le vers alexandrin masculin, le second hémistiche n’a non plus que 6 syllabes qui se comptent, dont la dernière ne peut être une syllabe muette. Dans le vers alexandrin féminin, le second hémistiche a 7 syllabes, dont la derniere est toujours une syllabe muette.” “On dit que notre vers alexandrin a été ainsi nommé, ou d’un poème français de la vie d’Alexandre, composé dans cette mesure par Alexandre de Paris, Lambert Licor, Jean le Nivelais, et autres anciens poètes, ou d’un poème latin intitulé l’Alexandriade, & traduit par les deux premiers de ces poètes, en grands vers, en vers alexandrins, en vers héroïques; car toutes ces dénominations sont synonymes, & désignent indistinctement la sorte de vers que nous venons de définir.” “dans nos poèmes héroïques les vers sont rimés 2 à 2; et rien de plus fatiguant pour l’oreille que ce retour périodique de 2 finales consonnantes, répété mille et mille fois.”

* * *

Quantos “o Grande” neste mundo sem fim nem fidelidade!

L’ENCYCLOPÉDIE – AL – compilado (3)

ALGEBRE. “il faut observer que les Arabes ne se servent jamais du mot algebre seul pour exprimer ce que nous entendons aujourd’hui par ce mot; mais ils ajoutent toujours le mot macabelah, qui signifie opposition et comparaison; ainsi algebra-almacabelah est ce que nous appellons propremente algebre. (…) Les anciens auteurs Italiens lui donnent le nom de regula rei & census, c’est-à-dire, la regle de la racine & du quarré: chez eux la racine s’appelle res, et le quarré, census.”

Elle soulage la mémoire et l’imagination en diminuant beaucoup les efforts qu’elles seraient obligées de faire, pour retenir les différentes choses nécessaires à la découverte de la vérité sur laquelle on travaille, et que l’on veut conserver presentes à l’esprit: c’est pourquoi quelques auteurs appellent cette science géométrie métaphysique.”

Diophante est le premier et le seul auteur parmi les Grecs qui ait traité de l’algebre. On croit que cet art a été fort cultivé par les Arabes: on dit même que les Arabes l’avaient reçu des Perses, et les Perses des Indiens. On ajoute que les Arabes l’apparterent en Espagne; d’où, suivant l’opinion de quelques-uns, il passa en Anglaterre avant que Diophante y fût connu.”

Luc Paciolo, ou Lucas à Burgo, cordelier, est le premier dans l’Europe qui mit écrit sur ce sujet: son livre, écrit en Italien, fut imprimé à Venise en 1494. Il était, dit-on, disciple d’un Léonard de Pise et de quelques autres dont il avait appris cette méthode: mais nous n’avons aucun de leurs écrits. Selon Paciolo, l’algebre vient originairement des Arabes: il ne fait aucune mention de Diophante; ce qui ferait croire que cet auteur n’était pas encore connu en Europe. Son algebre ne va pas plus loin que les équations simples et quarrées; encore son travail sur ces dernieres équations est-il fort imparfait, comme on le peut voir par le detail que donne sur ce sujet M. l’abbé de Gua, dans un excellent mémoire imprimé parmi deux de l’académie des sciences de Paris en 1741.”

Viete ne considera donc point les racines réelles négatives, non plus que les racines impossibles, que Bombelli avait introduites dans le calcul; et ce ne fut que par des voies indirectes qu’il vint à bout de déterminer, lorsqu’il en eu besoin, le nombre des racines réelles positives.”

Il n’est presqu’aucune science qui n’ait dû au grand Descartes quelque degré de perfection: mais l’algebre et l’analyse lui sont encore plus redevables que toutes les autres. Vraisemblablement il n’avait point lu ce que Viete avait découvert dans ces deux sciences, et il les poussa beaucoup plus loin.” “C’est lui qui a introduit dans l’algebre les exposans, et qui a donné les príncipes élémentaires de leurs calculs” “Voyez le commencement de sa Géométrie.” “enfin, l’application de l’analyse et de la géométrie à la physique, dont on n’avait point vu jusqu’alors d’aussi grand exemple.”

la détermination du nombre des racines vraies ou fausses, c’est-à-dire positives ou négatives” “Quoique Newton fût né dans un temps où l’analyse paraissait déja presque parfaite; cependant un si grand génie ne pouvait manquer de trouver à y ajouter encore.” “A cela il faut joindre l’application des fractions au calcul des exposans; l’expression en suites infinies des puissances entieres ou fractionnaires, positives ou négatives d’un binome quelconque; l’excellente regle connue sous le nom de Regle du parallélogramme; (…) methodus differentialis.

Je me suis contenté dans cet article de donner l’idée générale de l’algebre, telle à-peu-près qu’on la donne communément; et j’y ai joint, d’après M. l’abbé de Gua, l’histoire de ses progrès. Les savans trouveront à l’article ARITHMÉTIQUE UNIVERSELLE, des réflexions plus profondes sur cette science, et à l’art.” Pomposo.

Obs.: em Francês, número irracional é “nombre sourd”.

ALK. O popular pingüim, pingouin, provindo do Norueguês! Depois convertido para “auk” (termo compartilhado pelos anglo-saxões). “La forme de son bec est des plus singulières; il est si comprimé, si applati par les cotés, qu’il ressemble à un triangle; de sorte qu’il parait avoir presqu’autant de hauteur ou de profoundeur que de longueur. (…) Les aîles sont composées de 28 plumes et la queue de 12, qui sont pointues, et d’autant plus longues, qu’elles sont plus proches du milieu § En general cet oiseau est noir en dessus et blanc en dessous; mais on voit outre cela quelques mélanges.”

ALLEGRO. “designa, do lento ao rápido, o terceiro dos quatro principais graus de movimento estabelecidos na Música Italiana. Adjetivo que significa contente; e é também a expressão de um movimento alegre e animado, o mais vivo de todos depois do presto. Vide Mouvement. O diminutivo allegretto indica uma agitação mais moderada, um pouco menos de vivacidade na medida.”

#offtopic Não deixa de ser irônico e paradoxal que antes se prefira o amanhã que o hoje.

ALLEMANDE, s. f. (Musique.) est une sorte de piece de Musique, dont la mesure est à 4 tems, & se bat gravement. Il paroît par son nom que ce caractere d’air nous est venu d’Allemagne: mais il est vieilli, & à peine les Musiciens s’en servent-ils aujourd’hui; ceux qui l’employent encore lui donnent un mouvement plus gai.”

ALLIGATOR, s. m. espece de crocodile des Indes Occidentales; il a jusqu’à 18 piés de long, & sa grosseur est proportionnée à sa longueur. Il est amphibie.[!]”

ALLURE, s. f. c’est la maniere de marcher des bêtes. Ce mot s’applique en Morale à la conduite, & se prend en mauvaise part.”

ALLURES, s. f. plur. (Manége.) train, marche d’un cheval. Les allures du cheval sont le pas, l’entre-pas, le trot, l’amble, le galop, le traquenard, & le train rompu.”

L’ENCYCLOPÉDIE – AL – Alcoran & Ali

AL

Soa engraçado como a “linguagem neutra” do período “soltava informações” (modernidade pura!). Veja o exemplo abaixo:

ALCORÃO [ALCORAN], s.m. Teologia, é o livro da lei maometana, ou o livro das pretensas revelações e da doutrina do falso profeta Maomé. Veja o verbete MAOMETISMO.”

A opinião comum entre nós é que Maomé o compôs com a ajuda de Batyras, herético jacobita; de Sergius, monge nestoriano; e de alguns judeus.”

dogmas mal-concebidos e mal-refletidos”

Segunda a enciclopédia o “Livro” árabe é extremamente confuso, e utilizaram-se da desculpa de que ele foi “inspirado” durante 23 anos para justificar o caos e as contradições internas que reinam em suas páginas, desde aquele período.

A maioria das suratas ou capítulos têm títulos ridículos, como da vaca, das formigas, das moscas, e elas não tratam de forma alguma daquilo que seus títulos anunciam.” “são 77.629 palavras e 323.015 letras.[!]” “O número de comentários sobre o Alcorão é tão imenso que só dos títulos [dessas obras] se poderia fazer um grosso volume.”

P. Maracci, grande crítico do maometismo, passa de 1649 a 1689 traduzindo o Alcorão para o latim. (Suas definições de perder tempo foram atualizadas…)

ALI. Primo e genro de Maomé. “Lorsque Mahomet eut formé le dessein de déclarer son apostolat, Ali âgé de 9 ans fut choisi par cet imposteur pour être son lieutenant ou son vizir. (…) cette dignité n’imposait point d’obligations qui exigeussent des lumieres et de l’expérience. C’est a cet âge que le couer susceptible de toutes sortes d’impressions est ouvert à la séduction. Ali naturellement complaisant et docile, fut bientôt subjugué par le ton imposant du prophete.” “il tient auprès moi le même rang qu’Aaron tenait auprès Moyse: je suis la ville où la veritable science est renfermé, et Ali en est la porte.”

La religion qui devrait adoucir les moeurs, lui avait inspiré une férocité brutale dans la guerre” “les trophées les plus chers à son Coeur, étaient les têtes de ses ennemis tombées sous les coups.” “l’emploi de bourreau [torturador], loin d’être ignominieux, était alors chez les Arabes un ministere de gloire et de noblesse, parce qu’il ne s’exerçait que contre les ennemis de Dieu.”

À la mort de Mahomet, les droits de la naissance, les talens militaires et le mérite personnel appellaient Ali au califat, et comme il n’avait point désigné de successeur, il semble qu’on devait suivre l’ordre de la nature. (…) La même faction qui avait déféré cette dignité à Abu-Becre, y éleva après sa mort le farouche Omar, qui né pour la guerre, la fit toujours par ses lieutenans. Ali privé pour la seconde fois du califat, souffrit cette injustice sans murmurer, et même il aida de ses conseils l’usurpateur, qui lui fut redevable de ses prospérités jusqu’au moment qu’il fut assassiné. (…) Othman lui fit encore préféré. Son regne fut orageux, l’esprit de revolte se répandit dans les provinces. Othman assiégé dans son palais par les rebelles, implora le secours d’Ali qui fut assez génereux pour oublier qu’il avait été offensé. (…) et le calife fut assassiné.” Tempos muito tranqüilos estes do estabelecimento do maometismo, afinal!

Après la mort d’Othman, tous les suffrages se réunirent en faveus d’Ali, don’t l’ambition éteinte rejetta une dignité qu’il avait autrefois sollicitée. Il protesta qu’il aimait mieux la qualité de vizir que le titre de calife, dont il redoutait les obligations. Mais il fallut ceder aux empressemens de l’armée et du peuple qui le proclamait successeur du prophete. (…) Toute la Syrie se declara pour Mohavia, chef de la famille des Ommiades. Ayesha fit soulever la Mecque, sous pretexte de venger le meurtre d’Othman, dont Ali était reconnu innocent. Le feu de la guerre civile s’allume dans toutes les provinces. On negocie sans fruit, et chaque parti prend la resólution de décider la querele par les armes. Ayesha, à la tête d’une armée nombreuse, s’avance vers Basra; les peuples se rangent en foule sous les drapeaux d’une femme ambitieuse qu’on appelle la mère des fideles, et qui prétendait venger la religion outragée par le meurtre d’Othman. Elle était portée dans une litiere, d’où elle exhortait les soldats à imiter l’exemple de courage qu’elle allait leur donner. Basra fut emportée dès le premier assaut, et les trésors d’Ali furent la proie du vainqueur.”

Mohavia qui lui était inférieur en talens et en courage, était secondé par des géneraux d’une capacité et d’une valeur reconnues, qui lui inspiraient une confiance présomptueuse. (…) L’armée d’Ali était de 90.000 hommes, et son concurrent en comptait 120.000 sous ses drapeaux. Il y eut un combat sanglant qui ne fut point décisif (…) il proposa à Mohavia de terminer leur différent par un combat singulier qui ne fut point accepté. (…) Mohavia plus fécond en artifices que son rival, ordonna à ses soldats d’attacher un alcoran au bout de leurs lances, et de marcher à l’ennemi en criant: voici le livre qui doit décider de tous nos différens: ce livre defend à vous et à moi de répandre le sang musulman. Ce stratagême eut le plus heureux succès. Les soldats d’Ali saisis d’un respect superstitieux, refusent de combattre, et menacent même de livrer leur calife, s’il ne fait sonner la rettraite. Ali consterné de se voir arracher une victoire certaine, est obligé de ceder aux murmurateurs.

et ce furent ces excommunications qui répandirent la semence des haïnes qui se sont perpétuées jusqu’à ce jour entre les Turcs et les Persans. Les musulmans divisés se préparent à soutenir leurs doitrs par les armes. 60.000 renouvellerent leur serment de fidélité à Ali; mais les Kharegites qui jusqu’alors lui avaient été le plus affectionnés, l’abandonnerent sous pretexte qu’il avait souscrit à un traité honteux, et qu’il avait laissé au jugement des hommes une cause qui ne devait être citée qu’au tribunal de Dieu même. (…) Après leur défaite toute l’Arabie se rangea sous l’obéissance d’Ali.”

La Syrie et l’Arabie furent inondées du sang de leurs habitans. Le spectacle de tant de calamites affligeait les véritables musulmans: 3 Kharegites, touchés du malheur de leur patrie, crurent devoir couper la racine du mal en exterminant Ali, Mohavia et Amru, qu’ils refusaient de reconnâitre pour imams.“

Uma mosquita na mesquita.

Tant que Fatime, fille cherie du prophete, vécut, il n’eut point d’autres femmes. Époux tendre et constant, il réunit sur elle toutes ses affections, et il en eut trois fils. Après sa mort il donna libre cours à ses penchans, et il usa du privilège de la polygamie. Il eut de ces différens mariage (sic) 15 fils, et 18 filles.Mr. Catrali

Ils publient qu’il reparaîtra bientôt sur la terre accompagné d’Élie, pour faire regner la justice et pour extirper les vices. Les plus outrès de ses adorateurs sont les Gholaïtes, qui l’élevant au-dessus de la condition humaine, assurent qu’il participe à l’essence divine. Le Juïf Abdallah, déserteur de la foi de ses pères, fut le fondateur de cette secte extravagante. Il n’abordait jamais Ali, sans lui dire: tu es celui qui est, c’est-à-dire, tu es Dieu. Les disciples de cet insensé sont partagés en deux sectes. Les uns soutiennent qu’il est Dieu, ou un être extraordinaire qui ressemble à Dieu; d’autres pretendant que Dieu s’est incarné dans Mahomet, Ali et ses enfants, qui ont surpassé

tous les autres hommes en sainteté.

Le schism qui partage l’empire musulman en shiites et en sonnites, prit naissance sous le califat d’Ali. Les premiers restreignent leur foi à tout ce qui est contenu dans l’alcoran; les autres admettent les traditions que furent insérées dans ce livre par les compagnons de Mahomet.” “Un juif et un chrétien leur sont moins odieux qu’un musulman qui ne pense pas comme eux.” “Sa foi brûlante lui mérita le nom de mortada, qui signifie bien-aimé de Dieu.” “Il était naturellement eloquente et poète; mais les soins de l’empire ne lui permirent point de cultiver ces talens. Je finis en observant que ses sectateurs se distinguent des autres musulmans par la forme de leurs turbans at par la façon dont ils traînent leurs cheveux. (T.N.)”