L’ENCYCLOPÉDIE – AN – An(née)

AN

AN. O ETERNO RETORNO BABILÔNICO DE TODAS AS COISAS

Ainsi le tems dans lequel les étoiles fixes font leur révolution est nommé la grande année. Cette année est de 25.920 de nos années vulgaires; car on a remarqué que la section commune de l’écliptique & de l’équateur, n’est pas fixe & immobile dans le ciel étoilé; mais que les étoiles s’en éloignent en s’avançant peu-à-peu au-delà de cette section, d’environ 50 secondes par an. On a donc imaginé que toute la sphere des étoiles fixes faisoit une révolution périodique autour des poles de l’écliptique, & parcouroit 50 secondes en un an; ce qui fait 25.920 ans pour la révolution entiere. On a appellé grande année ce long espace de tems, qui surpasse quatre à cinq fois celui que l’on compte vulgairement depuis le commencement du monde.”

Ce sont les Égyptiens, si on en croit Hérodote, qui ont les premiers fixé l’année, & qui l’ont fait de 360 jours, qu’ils séparerent en douze mois (…) Nous lisons même dans Diodore de Sicile, Liv. I, dans la vie de Numa par Plutarque, & dans Pline, Liv. VII, ch. 48 que l’année Égyptienne étoit dans les premiers tems fort différente de celle que nous appellons aujourd’hui de ce nom.”

Kepler, par exemple, faisoit l’année de 365 jours 5 heures 48 min 57 sec 39 tierces. Riccioli de 365 jours 5 heures 48 min. Tycho de 365 jours 5 heures 48 min. M. Euler a publié dans le premier tome des Mémoires François de l’Académie de Berlin, p. 37, une table par laquelle on voit combien les Astronomes sont peu d’accord sur la grandeur de l’année solaire.”

L’année civile commune est celle qu’on a fixée à 365 jours; elle est composée de 7 mois de 31 jours; savoir, Janvier, Mars, Mai, Juillet, Août, Octobre, Décembre; de 4 de 30 jours, Avril, Juin, Septembre & Novembre, & d’un de 28 jours, qui est Février. Il y a apparence que cette distribution bisarre a été faite pour conserver, autant qu’il étoit possible, l’égalité entre les mois, & en même tems pour qu’ils fussent tous à peu près de la grandeur des mois lunaires, dont les uns sont de 30 jours & les autres de 29. Une autre raison qui a pû y engager, c’est que le soleil met plus de tems à aller de l’équinoxe du printems à l’équinoxe d’automne, que de celui d’automne à celui du printems; desorte que du premier Mars au premier Septembre, il y a quatre jours de plus que du premier Septembre au premier Mars: mais quelque motif qu’on ait eu pour faire cette distribution, on peut en général supposer l’année commune de 5 mois de 31 jours, & de 7 mois de 30 jours [=365].”

L’addition de ce jour intercalaire, tous les quatre ans, a été faite par Jules César, qui, voulant que les saisons pussent toûjours revenir dans le même tems de l”année, joignit à la quatrieme année les six heures négligées dans chacune des années précédentes. Il plaça le jour entier formé par ces quatre fractions après le 24e de Février, qui étoit le 6e des Calendes de Mars. § Or comme ce jour ainsi répété étoit appellé en conséquence bis sexto calendas, l’année où ce jour étoit ajoûté, fût aussi appellée bis sextus, d’où est venu bissextile. § Le jour intercalaire n’est plus aujourd’hui regardé comme la répétition du 24 Février, mais il est ajoûté à la fin de ce mois, & en est le 29.

Or il y a deux especes de mois lunaires; savoir, le mois périodique, qui est de 27 jours 7 heures 43 min 5 sec, c’est à peu près le tems que la lune employe à faire sa révolution autour de la terre: 2°. le mois synodique, qui est le tems que cette planète employe à retourner vers le soleil à chaque conjonction; ce tems qui est l’intervalle de deux nouvelles lunes est de 29 jours 12 heures 44 minutes 33 sec.”

L’ancienne année romaine étoit l’année lunaire. Dans sa premiere institution par Romulus, elle étoit seulement composée de 10 mois. Le premier, celui de Mars, contenoit 31 jours; le second, celui d’Avril, 30. 3°. Mai 31; 4°. Juin 30; 5°. Quintilis ou Juillet 31; 6°. Sextilis ou Août 30; 7°. Septembre 30; 8°. Octobre 31; 9°. Novembre 30; 10°. Decembre 30; le tout faisant 304 jours.”

Numa Pompilius corrigea cette forme irrégulière de l’année, & fit 2 mois de ces jours surnuméraires. Le premier fut le mois de Janvier; le second celui de Février. L’année fut ainsi composée par Numa de 12 mois, 1°. Janvier 29 jours, 2°. Février 28, 3°. Mars 31, 4°. Avril 29, 5°. Mai 31, 6°. Juin 29, 7°. Juillet 31, 8°. Août 29, 9°. Septembre 29, 10°. Octobre 31, 11°. Novembre 29, 12°. Decembre 29; le tout faisant 355 jours. Ainsi cette année surpassoit l’année civile lunaire d’un jour, & l’année astronomique lunaire de 15 heures 11 minutes 24 secondes: mais elle étoit plus courte que l’année solaire de 11 jours, ensorte que son commencement étoit encore vague, par rapport à la situation du soleil.”

au lieu d’ajoûter 23 jours à chaque 8e année [1 ano a mais a cada ~130 anos!], on n’en ajoûta que 15; & on chargea les grands Pontifes de veiller au soin du calendrier. Mais les grands Pontifes ne s’acquittant point de ce devoir, laissèrent tout retomber dans la plus grande confusion. Telle fut l’année romaine jusqu’au tems de la réformation de Jules César.” Nisso ainda somos Césares…“elle surpassoit par conséquent la vraie année solaire d’environ 11 minutes, ce qui en 131 ans produisoit un jour d’erreur. L’année romaine étoit encore dans cet état d’imperfection, lorsque le Pape Grégoire XIII y fit une réformation, dont nous parlerons un peu plus bas.

Jules Cesar à qui l’on est redevable de la forme de l’année Julienne, avoit fait venir d’Égypte Sosigènes fameux Mathématicien, tant pour fixer la longueur de l’année, que pour en rétablir le commencement, qui avoit été entierement dérangé de 67 jours, par la négligence des Pontifes. § Afin donc de le remettre au solstice d’hyver, Sosigènes fut obligé de prolonger la premiere année jusqu’à 15 mois ou 445 jours [!]; & cette année s’appella en conséquence l’année de confusion, annus confusionis. § L’année établie par Jules Cesar a été suivie par toutes les nations chrétiennes jusqu’au milieu du XVIe siècle, & continue même encore de l’être par l’Angleterre. Les Astronomes & les Chronologistes de cette nation comptent de la même maniere que le peuple, & cela sans aucun danger, parce qu’une erreur qui est connue n’en est plus une.

L’année Grégorienne (…), les dernieres années de 3 siècles consécutifs doivent être communes; & la derniere du 4e siècle seulement est comptée pour bissextile.”

Or quoique cette erreur de 11 minutes qui setrouve dans l’année Julienne soit fort petite, cependant elle étoit devenue si considérable en s’accumulant depuis le tems de Jules Cesar, qu’elle avoit monté à 70 jours, ce qui avoit considérablement dérangé l’équinoxe. Car du tems du Concile de Nicée, lorsqu’il fut question de fixer les termes du tems auquel on doit célébrer la Pâque, l’équinoxe du Printems se trouvoit au 21 de Mars. Mais cet équinoxe ayant continuellement anticipé, on s’est apperçû l’an 1582 lorsqu’on proposa de réformer le calendrier de Jules Cesar, que le soleil entroit déjà dans l’équateur dès le 11 Mars; c’est-à-dire, 10 jours plûtôt que du tems du Concile de Nicée. Pour remédier à cet inconvénient, qui pouvoit aller encore plus loin, le Pape Grégoire XIII fit venir les plus habiles Astronomes de son tems, & concerta avec eux la correction qu’il falloit faire, afin que l’équinoxe tombât au même jour que dans le tems du Concile de Nicée; & comme il s’étoit glissé une erreur de 10 jours depuis ce tems-là, on retrancha ces 10 jours de l’année 1582, dans laquelle on fit cette correction; & au lieu du 5 d’Octobre de cette année, on compta tout de suite le 15.” Com menos tempo ainda, irmão! – PICUINHAS CALENDARIALES: “La France, l’Espagne, les pays Catholiques d’Allemagne, & l’Italie, en un mot, tous les pays qui sont sous l’obéissance du Pape, reçûrent cette réforme dès son origine: mais les Protestans la rejetterent d’abord.” “En l’an 1700, l’erreur des 10 jours avoit augmenté encore & étoit devenue de 11; c’est ce qui détermina les protestans d’Allemagne à accepter la réformation Grégorienne, aussi-bien que les Danois & les Hollandois. Mais les peuples de la Grande-Bretagne & la plûpart de ceux du Nord de l’Europe, ont conservé jusqu’ici [sabe-se lá que ano do séc XVIII!] l’ancienne forme du calendrier Julien.” Quer dizer que tem alguns idiotas perdidos em outra data?! Ou a globalização parametrizou tudo?

Au reste il ne faut pas croire que l’année Grégorienne soit parfaite; car dans 4 siècles l’année Julienne avance de 3 jours, 1h & 22 minutes. Or comme dans le calendrier Grégorien on ne compte que les 3 jours, & qu’on néglige la fraction d’1h & 22 minutes, cette erreur au bout de 72 siècles produira un jour de mécompte.” [!!!]

L’année Égyptienne appellée aussi l’année de Nabonassar, est l’année solaire de 365 jours divisée en 12 mois de 30 jours, auxquels sont ajoûtés 5 jours intercalaires à la fin: les noms de ces mois sont ceux-ci. 1°. Thot, 2°. Paophi, 3°. Athyr, 4°. Chojac, 5°. Tybi, 6°. Mecheir, 7°. Phatmenoth, 8°. Pharmuthi, 9°. Pachon, 10°. Pauni, 11°. Epiphi, 12°. Mesori; & de plus H’MERAI E’PAGOMEIAI, ou les 5 jours intercalaires.” “Cette briéveté des premieres années Égyptiennes, est ce qui fait, suivant les mêmes Auteurs, que les Égyptiens supposoient le monde si ancien, & que dans l’Histoire de leurs Rois, on en trouve qui ont vécu jusqu’à 1000 & 1200 ans. Quant à Hérodote, il garde un profond silence sur ce point; il dit seulement que les années Égyptiennes étoient de 12 mois, ainsi que nous l’avons déja remarqué. D’ailleurs l’Écriture nous apprend que dès le tems du déluge l’année étoit composée de 12 mois. Par conséquent Cham, & son fils Misraim, fondateur de la Monarchie Égyptienne, ont dû avoir gardé cet usage, & il n’est pas probable que leurs descendans y ayent dérogé.”

S. Augustin, de Civit. Dei, 50:15:14, fait voir que les années des patriarches rapportées dans l’Écriture sont les mêmes que les nôtres; & qu’il n’est pas vrai, comme beaucoup de gens se le sont imaginés, que 10 de ces années n’en valoient qu’une d’à présent.” Trouxa.

Les grecs: “L’ordre de leurs mois étoit celui-ci, 1°. *E’XAOMAIWN de 29 jours; 2°. *METAGEI=TNIWN, 30 jours; 3°. *BOHDROMIWN 29; 4°. *MAIMAXHRWN 30; 5°. *PUANEYIWN 29; 6°. *POSEIDEWN 30; 7°. *GAMHLIWN 29; 8°. *ANEHRIWN 30; 9°. *E’LAFHOLIWN 29; 10°. *MENUXIWN 30; 11°. *QARGHLIWN, 29; 12°. *SXIRRWFORIWN, 30.”

The pagans pay the price with guns. But roses they do not pray. Nor prey.

Sabat ou Schebeth: também o “mês de novembro” dos hebreus antigos. No calendário judeu moderno, Schebeth se transformou em “maio”, i.e., o 5º dos 12. Sempre com 30 dias, nos dois casos.

Golius, dans ses notes sur Alfergan, pp. 27&suiv. est entré dans un grand détail sur la forme ancienne & nouvelle de l’année Persienne, laquelle a été suivie de la plûpart des auteurs Orientaux. Il nous apprend particulierement, que sous le Sultan Gelaluddaulé Melicxa, vers le milieu du XIe siècle, on entreprit de corriger la grandeur de l’année & d’établir une nouvelle époque; il fut donc reglé que de 4 ans en 4 ans, on ajoûteroit un jour à l’année commune, laquelle seroit par conséquent de 366 jours. Mais parce qu’on avoit reconnu que l’année solaire n’étoit pas exactement de 365 jours 6 heures, il fut ordonné qu’alternativement (après 7 ou 8 intercalations) on intercaleroit la 5e, & non pas la 4e année; d’où il paroît que ces peuples connoissoient déja fort exactement la grandeur de l’année, puisque selon cette forme, l’année Persienne seroit de 365 jours 5 heures 49 minutes 31 secondes, ce qui differe à peine de l’année Grégorienne, que les Européens ou Occidentaux se sont avisés de rechercher plus de 500 ans après les Asiatiques ou Orientaux. Or depuis la mort de Jezdagirde, le dernier des Rois de Perse, lequel fut tué par les Sarrasins, l’année Persienne [o ano que passa com você dormindo no escuro!] étoit de 365 jours, sans qu’on se souciât d’y admettre aucune intercalation; & il paroît que plus anciennement, après 120 années écoulées, le premier jour de l’an, qui avoit rétrogradé très-sensiblement, étoit remis au même lieu qu’auparavant, en ajoûtant un mois de plus à l’année, qui devenoit pour lors de 13 mois.”

será que o jabuti gosta da jabuticaba?

L’année Sabbatique, chez les anciens Juifs, se disoit de chaque 7e année. Durant cette année, les Juifs laissoient toûjours reposer leurs terres.”

Le jour de l’an, ou le jour auquel l’année commence, a toûjours été très-différent chez les différentes Nations. § Chez les Romains, le premier & le dernier jour de l’an étoient consacrés à Janus; & c’est par cette raison qu’on le représentoit avec deux visages.”

L’année civile ou légale, en Angleterre, commence le jour de l’Annonciation, c’est-à-dire le 25 Mars; quoique l’année chronologique commence le jour de la Circoncision, c’est-à- dire le premier jour de Janvier, ainsi que l’année des autres Nations de l’Europe. Guillaume le Conquérant ayant été couronné le premier de Janvier, donna occasion aux Anglois de commencer à compter l’année de ce jour – là pour l’histoire” “Dans la partie de l’année qui est entre ces 2 termes, on met ordinairement les deux dates à-la-fois, les deux derniers chiffres étant écrits l’un sur l’autre à la maniere des fractions; par exemple, 1724/5 est la date pour tout le tems entre le premier Janvier 1725 & le 25 Mars de la même année.Bizarro é pouco.

Les Chinois, & la plûpart des Indiens commencent leur année avec la 1e lune de Mars. Les Brachmanes avec la nouvelle lune d’Avril, auquel jour ils célebrent une fête appellée Samwat saradi pauduga, c’est-à-dire, la fête du nouvel an.” Eu sabia!

Preciso descobrir qual é o período de descanso do meu calendário.

Les Grecs commencent l’année le premier Septembre, & datent du commencement du monde.” Que moral!

ces années [da criação do mundo!], suivant Scaliger, sont au nombre de 5.676.”

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L’ENCYCLOPÉDIE – AM – compilado (3)

AMPHITHÉATRE, s. m. Ce terme est composé de A’MFI\, & de QEATRON, théatre; & théatre vient de QEAOMAI, regarder, contempler; ainsi amphithéatre signifie proprement un lieu d’où les spectateurs rangés circulairement voyoient également bien. Aussi les Latins le nommoient-ils visorium. C’étoit un bâtiment spacieux, rond, plus ordinairement ovale, dont l’espace du milieu étoit environné de siéges élevés les uns au-dessus des autres, avec des portiques en-dedans & en-dehors. Cassiodore dit que ce bâtiment étoit fait de deux théatres conjoints. Le nom de cavea qu’on lui donnoit quelquefois, & qui fut le premier nom des théatres, n’exprimoit que le dedans, ou ce creux formé par les gradins, en cone tronqué, dont la surface la plus petite, celle qui étoit au-dessous du premier rang de gradins & du podium, s’appelloit l’arene, parce qu’avant que de commencer les jeux de l’amphithéatre, on y répandoit du sable; nous disons encore aujourd’hui, l’arene de Nîmes, les arenes de Tintiniac. Au lieu de sable, Caligula fit répandre dans le cirque de la chrysocolle; Néron ajoûta à la chrysocolle du cinabre broyé.

Dans les commencemens, les amphithéatres n’étoient que de bois. Celui que Statilius Taurus fit construire à Rome dans le champ de Mars, sous l’empire d’Auguste, fut le premier de pierre. L’amphithéatre de Statilius Taurus fut brûlé & rétabli sous Néron. Vespasien en bâtit un plus grand & plus superbe, qui fut souvent brûlé & relevé: il en reste encore aujourd’hui une grande partie. (…) Parmi les amphithéatres entiers ou à demi-détruits, qui subsistent, il n’y en a point de comparable au colisée. Il pouvoit contenir, dit Victor, 87.000 spectateurs. Le fond ou l’enceinte la plus basse étoit ovale. Autour de cette enceinte étoient des loges ou voûtes, qui renfermoient les bêtes qui devoient combattre; ces loges s’appelloient caveoe.” Quem disse que só nós derrubamos obras públicas para sair construindo novos Maracanãs sem a mínima necessidade?

Au dessus des loges appellées caveoe, dont les portes étoient prises dans un mur qui entouroit l’arene, & sur ce mur, étoit pratiquée une avance en forme de quai, qu’on appelloit podium. Rien ne ressemble tant au podium qu’une longue tribune, ou qu’un grand peristyle circulaire. Ce podium étoit orné de colonnes & de balustrades. C’étoit la place des Sénateurs, des Magistrats, des Empereurs, de l’Editeur du spectacle, & des vestales [vestais, donzelas], qui avoient aussi le privilége du podium. Quoiqu’il fût élevé de 12 à 15 piés, cette hauteur n’auroit pas suffi pour garantir des éléphans, des lions, des léopards, des panthères, & autres bêtes féroces. C’est pourquoi le devant en étoit garni de rets, de treillis, de gros troncs de bois ronds & mobiles qui tournoient verticalement, sous l’effort des bêtes qui vouloient y monter: quelques-unes cependant franchirent ces obstacles; & ce fut pour prevenir cet accident à l’avenir, qu’on pratiqua des fossés ou euripes tout autour de l’arene, pour écarter les bêtes du podium.”

Chaque ville avoit le sien, mais tout est détruit; les matériaux ont été employés à d’autres bâtimens; & ces sortes d’édifices étoient si méprisés dans les siècles barbares, qu’il n’y a que la difficulté de la démolition, qui en ait garanti quelques-uns.”

Mais l’usage des amphithéatres n’étoit pas borné à l’Italie; il y en avoit dans les Gaules, on en voit des restes à Fréjus & à Arles. Il en subsiste un presqu’entier à Nîmes. Celui de Nîmes est d’ordre dorique à deux rangs de colonnes, sans compter un autre ordre plus petit qui le termine par le haut. Il y a des restes d’amphithéatres à Saintes; ceux d’Autun donnent une haute idée de cet édifice; la face extérieure étoit à quatre étages, comme celle du Colisée, ou de l’amphithéatre de Vespasien.”

C’est sur l’arene des amphithéatres que se faisoient les combats de gladiateurs & les combats des bêtes; elles combattoient ou contre d’autres de la même espece, ou contre des bêtes de différente espece, ou enfin contre des hommes. Les hommes exposés aux bêtes étoient ou des criminels condamnés au supplice, ou des gens qui se loüoient pour de l’argent, ou d’autres qui s’y offroient par ostentation d’adresse ou de force. Si le criminel vainquoit la bête, il étoit renvoyé absous. C’étoit encore dans les amphithéatres que se faisoient quelquefois les naumachies & autres jeux, qu’on trouvera décrits à leurs articles.

L’amphithéatre parmi nous, c’est la partie du fond d’une petite salle de spectacle, ronde ou quarrée, opposée au théatre, à sa hauteur, & renfermant des banquettes paralleles, & placées les unes devant les autres, auxquelles on arrive par un espace ou une allée vide qui les traverse depuis le haut de l’amphithéatre jusqu’en bas; les banquettes du fond sont plus élevées que celles de devant d’environ un pied & demi, en supposant la profondeur de tout l’espace de 18 piés.”

AMPHITRITE, (Myth.) fille de l’Océan & de Doris, qui consentit à épouser Neptune, à la persuasion d’un dauphin, qui pour sa récompense fut placé parmi les astres. Spanheim dit qu’on la représentoit moitié femme & moitié poisson. § Il y avoit aussi deux Néréides du même nom.”

AMPHORITES. On y accordoit un boeuf, pour récompense, au Poëte qui avoit le mieux célebré Bacchus en vers dithyrambiques.

AMPLIFICATION. Rhétorique (…) La définition que nous avons donnée de l’amplification, est celle d’Isocrate & même d’Aristote; & à ne la considérer que dans ce sens, elle seroit plûtôt l’art d’un Sophiste & d’un Déclamateur, que celui d’un véritable Orateur. Aussi Cicéron la définit-il une argumentation véhémente; une affirmation énergique qui persuade en remuant les passions. Quintilien & les autres maîtres d’éloquence font de l’amplification l’âme du discours: Longin en parle comme d’un des principaux moyens qui contribuent au sublime, mais il blâme ceux qui la définissent un discours qui grossit les objets, parce que ce caractère convient au sublime & au pathétique, dont il distingue l’amplification en ce que le sublime consiste uniquement dans l’élevation des sentimens & des mots, & l’amplification dans la multitude des uns & des autres. Le sublime peut se trouver dans une pensée unique, & l’amplification dépend du grand nombre. Ainsi ce mot de l’Écriture, en parlant d’Alexandre, siluit terra in conspectu ejus, est un trait sublime; pourroit-on dire que c’est une amplification?”

Cicéron lui-même, dans un âge plus mûr, condamna cette longue amplification qu’il avoit faite sur le supplice des parricides dans son oraison pour Roscius d’Amerie, qui lui attira cependant de grands applaudissemens. Il impute au caractere bouillant de la jeunesse l’affectation qu’il eut alors de s’étendre avec complaisance sur des lieux communs qui n’alloient pas directement à la justification de sa partie.”

< out of context > Esse estádio possui um estádio de largura!

Tudo que tem forma de dinheiro hispânico pode ser pulado pelo Mario. Ã? Plata-forma.

tema do campo de pomar < /out of context >

AMPUTATION. “Les fracas d’os considérables, par coups de fusils, éclats de bombe & de grenade, & autres corps contondans, exigent l’amputation” “J’ai fait avec succès plusieurs amputations dans la partie attaquée d’inflammation, qui sépare la partie saine de la gangrenée. (…) On sait aussi qu’il ne se fait jamais de suppuration sans fièvre, & que la fièvre est causée par l’inflammation: la fièvre sera donc plus violente si l’on coupe le membre dans la partie saine, puisque sans calmer celle que produisoit l’inflammation qui séparoit le sain du gangrené, on en excite encore une nouvelle.” “Si l’on doit couper le bras ou la cuisse, le Chirurgien se mettra extérieurement, & si c’est la jambe ou l’avant bras, il se placera à la partie interne, parce que dans cette situation, il sciera plus facilement les os.” “Lorsque le membre est fracturé en plusieurs pièces, il doit être sur une planche ou dans une espece de caisse; sans cette précaution, le moindre mouvement causeroit au malade des douleurs très-aiguës, aussi cruelles que l’opération. On peut mettre immédiatement au-dessus du lieu où l’on va faire l’incision une ligature circulaire un peu serrée; elle sert à affermir les chairs & diriger l’incision. Il faut avoir soin de retrousser la peau & les chairs avant l’application de cette ligature.” “il est inutile de poser fortement les 4 doigts de la main gauche sur le dos du coûteau; car ce n’est point en appuyant que les instrumens tranchans sont capables de couper, mais en sciant pour ainsi dire.” “Lorsqu’il y a deux os, il faut faire ensorte de finir par le plus solide, de crainte d’occasionner des tiraillemens & des dilacérations par la secousse de l’os le plus foible: ainsi à la jambe on fait les premieres impressions sur le tibia, on scie ensuite les os conjointement, & on finit par le tibia. A l’avant-bras on finit par le cubitus. L’aide qui soutient doit appuyer fortement le péroné contre le tibia, ou le radius contre le cubitus, lorsqu’on scie ces parties.”

On sait que plusieurs personnes sont mortes après la guérison parfaite d’une amputation, par l’abondance du sang, qui ne leur étoit point nécessaire, ayant alors moins de parties à nourrir. La suppuration peut empêcher cette formation surabondante des liqueurs, & les accidens subits qu’elle occasionneroit comme on le voit quelquefois dans les amputations de cuisse, où les malades sont tourmentés de coliques violentes qui ne cedent qu’aux saignées, parce qu’elles sont l’effet de l’engorgement des vaisseaux mésentériques produit par l’obstacle que le sang trouve à sa circulation dans le membre amputé.”

Em Português:

AMPUTAÇÃO. “As fraturas de ossos consideráveis, por tiros de fuzil, explosões de bomba e de granada, e outros artefatos contundentes, exigem a amputação.” “Eu realizei com sucesso várias amputações através da parte atacada de inflamação, que separa a parte sã da gangrenada. (…) Sabe-se ainda que não se faz jamais a supuração sem febre, e que a febre é causada pela inflamação: a febre será então mais violenta se se cortar o membro na parte sã, já que sem acalmar aquela que produzia a inflamação que separava o saudável da gangrena, produzir-se-á, ainda mais, uma nova febre.” “Se se deve cortar o braço ou a canela, o cirurgião deverá se posicionar exteriormente, e se for a coxa ou o ante-braço, se posicionará na parte interna, uma vez que, dessa posição, serrará mais facilmente os ossos.” “Quando o membro está fraturado em vários pedaços, deve ser posicionado sobre uma prancha ou numa espécie de caixa; sem essa precaução, o menor movimento causaria ao paciente dores superagudas, tão cruéis quanto a operação em si. Pode-se colocar imediatamente sobre o lugar onde será feita a incisão uma ligadura circular mais ou menos apertada; ela serve para compactar os tecidos carnudos e guiar a incisão. É necessário o cuidado de erguer a pele e os músculos antes da aplicação dessa ligadura.” “É inútil deixar os quatro dedos da mão esquerda para fazer força sobre o verso do bisturi; não é apoiando-os que os instrumentos cortantes são capazes de cortar, mas apenas serrando mesmo, por assim dizer.” “Quando houver dois ossos, deve-se terminar pelo mais sólido, para não ocasionar contraturas e dilacerações devido ao tremor do osso mais fraco: no caso da perna, começa-se o trabalho pela tíbia, serra-se os ossos da perna conjuntamente, e encerra-se a operação pela tíbia. No ante-braço, termina-se pelo cúbito. O enfermeiro que sustenta o membro deverá apoiar fortemente o perônio contra a tíbia, ou o rádio contra o cúbito, enquanto serram-se as partes.”

“Sabe-se que diversas pessoas morrem mesmo depois da recuperação perfeita de uma amputação, devido à abundância de sangue, que não lhes era mais necessária, já que há menos partes do corpo a ser irrigadas pelo fluido. A supuração pode impedir essa formação superabundante do líquido, e os acidentes súbitos que esta última ocasionaria, verificados principalmente nas amputações de perna, em que as vítimas são atormentadas por violentas cólicas que não cessam senão com sangrias, posto que são o efeito do entupimento dos vasos mesentéricos [intestinais], produzido em decorrência da impossibilidade do sangue de circular nas regiões inferiores, recém-amputadas.”

O quanto destes procedimentos ainda é atual?

AMULETE. s. m. (Divinat.) image ou figure qu’on porte pendue au cou ou sur soi, comme un préservatif contre les maladies & les enchantemens. Les Grecs appelloient ces sortes de préservatifs TERIA’PA, PERIAMATA, A’POTROWAIA, A’SAENTA, FULAKHRIA. Les Latins leur donnoient les noms de probra, servatoria, amolimenta, quia mala amoliri dicebantur, parce qu’on prétendoit qu’ils avoient la vertu d’écarter les maux; & amoleta, d’où nous avons fait amulete. Les Romains les appelloient aussi phylacteria, phylacteres, & étoient dans cette persuasion que les athletes qui en portoient, ou remportoient la victoire sur leurs antagonistes, ou empêchoient l’effet des charmes que ceux-ci pouvoient porter sur eux.

Les Juifs attribuoient aussi les mêmes vertus à ces phylacteres ou bandes de parchemin qu’ils affectoient de porter, par une fausse interprétation du précepte qui leur odonnoit d’avoir continuellement la loi de Dieu devant les yeux”

Les Chrétiens n’ont pas été exempts de ces superstitions, puisque S. Jean Chrysostôme reproche à ceux de son tems de se servir de charmes, de ligatures, & de porter sur eux des pièces d’or qui représentoient Alexandre le grand, & qu’on regardoit comme des préservatifs. Quid vero diceret aliquis de his qui carminibus & ligaturis utuntur, & de circumligantibus aurea Alexandri Macedonis numismata capiti vel pedibus? Homil. 25. ad pop. Antioch.

Les Arabes aussi bien que les Turcs ont beaucoup de foi aux talismans & aux amuletes. Les Negres les appellent des gris-gris; ces derniers sont des passages de l’Alcoran, écrits en petits caracteres sur du papier ou du parchemin. Quelquefois au lieu de ces passages, les Mahométans portent de certaines pierres auxquelles ils attribuent de grandes vertus.”

On trouve des livres d’anciens Medecins qui contiennent plusieurs descriptions de ces remedes, qui sont encore pratiqués aujourd’hui par des empiriques, des femmes, ou d’autres personnes [mulheres ou pessoas; isto é, bichos e humanos, nesta ordem] crédules & superstitieuses. (G)”

AMYGDALES, en Anatomie, est le nom de deux glandes du gosier, appellées en Latin tonsilloe.” “Elles ont chacune une grande sinuosité ovale qui s’ouvre dans le gosier, & dans laquelle répondent des conduits plus petits, qui versent dans le gosier, dans le larynx, & dans l’oesophage, une liqueur mucilagineuse & onctueuse, pour humecter & lubrifier ces parties.” “Lorsque les muscles des demi-arcades agissent, ils compriment les amygdales; & comme elles sont fort sujettes à s’enflammer, elles occasionnent souvent ce qu’on appelle mal de gorge.”

Pour y parvenir, il faut entretenir la fluidité dans cette humeur, par les remèdes incisifs atténuans, les béchiques expectorans, les emplâtres résolutives & fondantes, telles que le diachylon gommé & autres.”

Trechos em Português:

Elas possuem, cada uma, uma grande sinuosidade oval que se abre dentro da garganta, e dentro da qual respondem conduítes minúsculos que transportam pela garganta, atravessando ainda a laringe e o esôfago, um líquido mucilaginoso e untuoso, responsável pela lubrificação e umidificação destas regiões.” “Quando agem os músculos das demi-arcades [tradução pendente – ?], eles comprimem as amígdalas; e como elas são muito sujeitas à inflamação, ocasionam o que se chama amiúde dor de garganta.”

L’ENCYCLOPÉDIE – AM – compilado (2)

AMÉRIQUE, ou le Nouveau-monde, ou les Indes occidentales, est une des 4 parties du monde, baignée de l’océan, découverte par Christophe Colomb, Génois, en 1491, & appellée Amérique d’Améric-Vespuce Florentin, qui aborda en 1497, à la partie du continent située au sud de la ligne; elle est principalement sous la domination des Espagnols, des François, des Anglois, des Portugais & des Hollandois. Elle est divisée en septentrionale & en méridionale par le golfe de Mexique & par le détroit de Panama. L’Amérique septentrionale connue s’étend depuis le 11e degré de latitude jusqu’au 75e. Ses contrées principales sont le Mexique, la Californie, la Loüisiane, la Virginie, le Canada, Terre-neuve, les îles de Cuba, Saint-Domingue, & les Antilles. L’Amérique méridionale s’étend depuis le 12e degré septentrional, jusqu’au 60e degré méridional; ses contrées sont Terre-ferme, le Pérou, le Paraguai, le Chili, la Terre Magellanique, le Brésil, & le pays des Amazones.” [!!!]

gingembre

AMETHYSTE, s. f. (Hist. nat.) amethystus, pierre précieuse de couleur violette, ou de couleur violette pourprée. On a fait dériver son nom de sa couleur, en disant qu’elle ressembloit à la couleur qu’a le vin, lorsqu’il est mêlé d’eau. Les Auteurs qui ont traité des Pierres précieuses, ont donné plusieurs dénominations des couleurs de l’amethyste; ils disent que les plus belles sont de couleur violette, tirant sur la couleur de rose pourprée, de couleur colombine, ou de fleur de pensée; & qu’elles ont un mélange de rouge, de violet, de gris de lin, &c. Il est bien difficile de trouver des termes pour exprimer les teintes d’une couleur ou les nuances de plusieurs couleurs. Je crois même qu’il est impossible de parvenir par ce moyen à donner une idée juste de la couleur d’une pierre précieuse. C’est pourquoi il vaut mieux donner un objet de comparaison qui exprime la couleur de l’amethyste. On le trouvera dans le spectre solaire que donne le prisme par la refraction des rayons de la lumière. L’espace de ce spectre auquel M. Newton a donné le nom de violet représente la couleur de l’amethyste la plus commune, qui est simplement violette. Si on fait tomber l’extrémité inférieure d’un spectre sur l’extrémité supérieure d’un autre spectre; on mêlera du rouge avec du violet, & on verra la couleur de l’amethyste pourprée. Ce moyen de reconnoître les couleurs de l’amethyste, est certainement le plus sûr.”

AMITIÉ. “Le commerce que nous pouvons avoir avec les hommes, regarde ou l’esprit ou le coeur: le pur commerce de l’esprit s’appelle simplement connoissance; le commerce où le coeur s’intéresse par l’agrément qu’il en tire, est amitié. Je ne vois point de notion plus exacte & plus propre à développer tout ce qu’est en soi l’amitié, & même toutes ses propriétés.” Commercé: palavra tornada infecta dali a menos de 100 anos…

L’amitié suppose la charité, au moins la charité naturelle: mais elle ajoûte une habitude de liaison particuliere, qui fait entre deux personnes un agrément de commerce mutuel. § C’est l’insuffisance de notre être qui fait naître l’amitié, & c’est l’insuffisance de l’amitié même qui la détruit.”

Lorsqu’on entrevoit de loin quelque bien, il fixe d’abord les desirs; lorsqu’on l’atteint, on en sent le néant. (…) on se néglige, on deviant difficile, on exige bientôt comme un tribut les complaisances qu’on avoit d’abord reçûes comme un don. C’est le caractere des hommes de s’approprier peu à peu jusqu’aux graces qu’on leur fait; une longue possession accoûtume naturellement à regarder comme siennes les choses qu’on tient d’autrui: l’habitude persuade qu’on a un droit naturel sur la volonté des amis; on voudroit s’en former un titre pour les gouverner: lorsque ces prétensions sont réciproques, comme il arrive souvent, l’amour propre s’irrite, crie des deux côtés, & produit de l’aigreur, des froideurs, des explications amères, & la rupture.

On se trouve aussi quelquefois des défauts qu’on s’étoit cachés; où l’on tombe dans des passions qui dégoûtent de l’amitié, comme les maladies violentes dégoûtent des plus doux plaisirs. Aussi les hommes extrèmes, capables de donner les plus fortes preuves de dévouement, ne sont pas les plus capables d’une constante amitié: on ne la trouve nulle part si vive & si solide, que dans les esprits timides & sérieux, dont l’ame modérée connoît la vertu; le sentiment doux & paisible de l’amitié soulage leur coeur, détend leur esprit, l’élargit, les rend plus confians & plus vifs, se mêle à leurs amusemens, à leurs affaires, & à leurs plaisirs mystérieux: c’est l’ame de toute leur vie.

Les jeunes gens neufs à tout, sont très-sensibles à l’amitié: mais la vivacité de leurs passions les distrait & les rend volages [voláteis]. La sensibilité & la confiance sont usées dans les vieillards: mais le besoin les rapproche, & la raison est leur lien. Les uns aiment plus tendrement, les autres plus solidement.”

Un ami avec qui l’on n’aura eû d’autre engagement que de simples amusemens de Littérature trouve étrange qu’on n’expose pas son crédit pour lui; l’amitié n’étoit point d’un caractere qui exigeât cette démarche.”

Un Monarque ne peut-il donc avoir des amis? faut-il que pour les avoir, il les cherche en d’autres Monarques, ou qu’il donne à ses autres amis un caractere qui aille de pair avec le pouvoir souverain? Voici le véritable sens de la maxime recûe. § C’est que par rapport aux choses qui forment l’amitié, il doit se trouver entre les deux amis, une liberté de sentiment & de langage aussi grande, que si l’un des deux n’étoit point supérieur, ni l’autre inférieur.

L’amitié ne met pas plus d’égalité que le rapport du sang; la parenté entre des parens d’un rang fort différent ne permet pas certaine familiarité”

Les Anciens ont divinisé l’amitié; mais il ne paroît pas qu’elle ait eu comme les autres Divinités des temples & des autels de pierre, & je n’en suis pas trop fâché. Quoique le tems ne nous ait conservé aucune de ses représentations, Lilio Geraldi prétend dans son ouvrage des Dieux du Paganisme, qu’on la sculptoit sous la figure d’une jeune femme, la tête nue, vêtue d’un habit grossier, & la poitrine découverte jusqu’à l’endroit du coeur, où elle portoit la main; embrassant de l’autre côté un ormeau sec. Cette derniere idée me paroît sublime.”

AMPHIBIE, sub. pris adjectiv. (Hist. nat.) animal qui vit alternativement sur la terre & dans l’eau, c’est-à-dire dans l’air & dans l’eau, comme le castor, le veau de mer, &c.” “Le castor, le loutre, le rat d’eau, l’hippopotame, le crocodile, un grand lésard d’Amérique, le cordyle, la tortue d’eau, la grenouille, le crapaud d’eau, la salamandre d’eau appellée tac ou tassot, le serpent d’eau, &c. Gesner regardoit aussi comme amphibies les oiseaux qui cherchent leur nourriture dans l’eau. Nomenclator aquatilium animantium

AMPHIBOLOGIE. “celui qui compose s’entend, & par cela seul il croit qu’il sera entendu: mais celui qui lit n’est pas dans la même disposition d’esprit; il faut que l’arrangement des mots le force à ne pouvoir donner à la phrase que le sens que celui qui a écrit a voulu lui faire entendre.”

L’ENCYCLOPÉDIE – AM – Amen, Amenthes, Amida

AMEN. mot hébreu, usité dans l’Eglise à la fin de toutes les prieres solemnelles dont il est la conclusion; il signifie fiat [faça-se]; c’est-à-dire, ainsi-soit, ainsi-soit-il. Les Hébreux avoient 4 sortes d’amen; l’un entr’autres qu’ils appelloient l’amen juste, devoit être accompagné de beaucoup d’attention & de devotion; c’est l’amen entendu dans le sens que nous venons de l’interpréter, lequel a passé dans toutes les langues sans aucune altération.

Quelques Auteurs prétendent que le mot amen n’est qu’un composé des lettres initiales de ces mots, adonaï melech neeman, Dominus rex fidelis, expression usitée parmi les Juifs, quand ils vouloient donner du poids & de l’autorité à ce qu’ils disoient. En effet, pour exprimer en abregé les mots, adonaï, melech, neeman, les Rabbins ne se servent que des lettres initiales, qui jointes ensemble forment réellement le mot amen.

(…)

PARA SER SINCERO…

La racine du mot amen est le verbe aman, lequel au passif signifie être vrai, fidele, constant, &c. d’où a été fait le nom amen qui signifie vrai; puis du nom amen on a fait une espece d’adverbe affirmatif, qui placé à la fin d’une phrase ou d’une proposition, signifie qu’on y acquiesce, qu’elle est vraie, qu’on en souhaite l’accomplissement, &c. Ainsi, dans le passage que nous venons de citer du Deutéronome, Moyse ordonnoit aux Levites de crier à haute voix au peuple: maudit celui qui taille ou jette en fonte aucune image, &c. & le peuple devoit répondre amen; c’est-à-dire, our, qu’il le soit, je le souhaite, j’y consens. Mais au commencement d’une phrase, comme il se trouve dans plusieurs passages du Nouveau-Testament, il signifie vraiment, véritablement. Quand il est répété deux fois, comme il l’est toûjours dans S. Jean, il a l’effet d’un superlatif, conformément au génie de la langue Hébraïque, & des 2 langues dont elle est la mère, la Chaldaïque & la Syriaque. C’est en ce sens qu’on doit entendre ces paroles: amen, amen, dico vobis. Les Evangélistes ont conservé le mot hébreu amen dans leur grec, excepté S. Luc qui l’exprime quelquefois par A’LHQW=, véritablement, ou NAI\, certainement. (G)”

…E a celeuma da alma continua no verbete AMENTHES, onde ficará claro, mais uma vez, que os Modernos podem compreender tudo, menos qualquer vírgula dos Antigos! “Ils n’ont imaginé que ce moyen [Mundo subterrâneo para alojar as almas, dos animais aos Faraós, reputado como criação egípcia. Num primeiro momento, não havia o que hoje chamamos de Céu e Inferno, ou seja, a divisão moral entre bons e maus na vida carnal, como castigo ou recompensa pelos seus atos temporais – castigo ou recompensa estes dentro do tempo, como não poderiam deixar de ser, ou seja, a pura loucura!] ou la métempsycose, pour accorder la Providence avec la distribution inégale des biens & des maux dans ce monde. La Philosophie les avoit suggérés l’un & l’autre aux sages, & la révélation nous a appris quel est celui des deux que nous devions regarder comme le vrai. Nous ne pouvons donc plus avoir d’incertitude sur notre existence future, ni sur la nature des biens ou des maux qui nous attendent après la mort. La parole de Dieu qui s’est expliqué positivement sur ces objets importans, ne laisse aucun lieu aux hypothèses. Mais je suis bien étonné que parmi les anciens Philosophes que cette lumiere n’eclairoit pas, il ne s’en soit trouvé aucun, du moins que je connoisse, qui ait songé à ajoûter aux tourmens du Tartare & aux plaisirs de l’Élisée, la seule broderie [bordado, costura, decoração, emenda, adorno] qui leur manquât; c’est que les méchans entendroient dans le Tartare, & les bons dans l’Élisée, ceux-ci tout le bien, & ceux-là tout le mal qu’on diroit ou qu’on penseroit d’eux, quand ils ne seroient plus. Cette idée m’est venue plusieurs fois à la vûe de la statue équestre de Henri IV. J’étois fâché que ce grand Monarque n’entendît pas où il étoit [na pose da estátua ou na sua vida?], l’éloge que je faisois de lui dans mon coeur. Cet éloge eût été si doux pour lui! car je n’étois plus son sujet. [declaração, principiando no vermelho, arrogante e enigmática de não se sabe qual co-autor da maudite encyclopédie!]”

Para elucidar um pouco mais: Henrique IV é o inaugurador da dinastia Bourbon. Parece ser a sina desse tron(c)o real ser degolado ou passar perto de sê-lo. Desistiu do Protestantismo para ser reconhecido por todas as facções católicas como chefe-mor da França de então (transição XVI-XVII). Publicador do Édito de Nantes. “Considered a usurper by some Catholics and a traitor by some Protestants, Henry became target of at least 12 assassination attempts [a diferença com relação, vamos dizer, a Hitler é que ele realmente acabou morrendo assassinado, depois de tudo!]. An unpopular king immediately after his accession, Henry’s popularity greatly improved after his death” Sua estátua foi esculpida 4 anos após sua morte, mas foi depredada à Revolução Francesa. “Henry IV’s popularity continued when the first edition of his biography, Histoire du Roy Henry le Grand, was published in Amsterdam in 1661. It was written by Hardouin de Péréfixe de Beaumont, successively bishop of Rhodez and archbishop of Paris, primarily for the edification of Louis XIV, grandson of Henry IV. A translation into English was made by James Dauncey for another grandson, King Charles II of England.” Sem saber quem escreveu o verbete e qual era exatamente sua relação com o “Bom Rei”, fica difícil aventar qualquer interpretação para suas digressões tão pessoais…

Nenhum Pequeno Rei E[dwar(f)]do gostaria de falar comigo a não ser num sonho de uma noite de (Um dia) verão, ambientada no Japão, concordam?!

Qual é o seu [co]gnome?

AMIDA, s. m. (Hist. mod.) faux Dieu adoré par les Japonois. Il a plusieurs temples dans l’empire du Japon, dont le principal est à Jedo. Sa statue composée d’un corps d’homme avec une tête de chien comme l’Anubis des Anciens, est montée sur un cheval à sept têtes proche de la ville de Meaco. On voit un autre temple dédié à cette idole, qui y est représentée sous la figure d’un jeune homme qui porte sur sa tête une couronne environnée de rayons d’or. Il est accompagné de mille autres idoles qui sont rangées aux deux côtés de ce temple. Les Japonois ont une si grande confiance dans leur idole Amida, qu’ils se persuadent de joüir d’un bonheur éternel, pourvû qu’ils puissent souvent invoquer ou prononcer son nom. Ils croyent même qu’il suffit pour se sauver, de repéter fréquemment les paroles suivantes: Nami, Amida, buth, c’est-à-dire heureux Amida, sauvez-nous. On garde une des figures de cette idole à Rome dans le cabinet de Kirker, comme on le peut voir dans le Mus. Coll. Rom. Soc. Jesu, Amft. 1678. (G)” BUDA

L’ENCYCLOPÉDIE – AM – Âme

ÂME. “Il ne peut y avoir que deux manieres d’envisager l’ame, ou comme une qualité, ou comme une substance. Ceux qui pensoient qu’elle n’étoit qu’une pure qualité, comme Epicure, Dicéarchus, Aristoxène, Asclepiade & Galien, croyoient & devoient nécessairement croire qu’elle étoit anéantie à la mort. Mais la plus grande partie des Philosophes ont pensé que l’ame étoit une substance. Tous ceux qui étoient de cette opinion ont soutenu unanimement qu’elle n’étoit qu’une partie séparée d’un tout, que Dieu étoit ce tout, & que l’ame devoit enfin s’y réunir par voie de réfusion.” “Ceux qui soûtenoient qu’il n’y avoit qu’une seule substance universelle étoient de vrais athées: leurs sentimens & ceux des Spinosistes modernes sont les mêmes; & Spinosa sans doute a puisé ses erreurs dans cette source corrompue de l’antiquité. Ceux qui soûtenoient qu’il y avoit dans la nature deux substances générales, Dieu & la matiere, concluoient en conséquence de cet axiome fameux, de rien rien, que l’une & l’autre étoient éternelles: ceux-ci formoient la classe des Philosophes Théistes & Déistes, approchant plus ou moins suivant leurs différentes subdivisions, de ce qu’on appelle le Spinosisme. Il faut remarquer que tous les sentimens des anciens sur la nature de Dieu tenoient beaucoup de ce systeme absurde. La seule barriere qui soit entr’eux & Spinosa, c’est que ce Philosophe ainsi que Straton, destituoit & privoit de la connoissance & de la raison cette force répandue dans le monde, qui selon lui en vivifioit les parties & entretenoit leur liaison, au lieu que les Philosophes Théistes donnoient de la raison & de l’intelligence à cette ame du monde. La divinité de Spinosa n’étoit qu’une nature aveugle, qui n’avoit ni vie ni sentiment, & qui néanmoins avoit produit tous ces beaux ouvrages, & y avoit mis sans le savoir une symmétrie & une subordination qui paroissent évidemment l’esset d’une intelligence très-éclairée, qui choisit & (sic?) ses fins & ses moyens.” “Voyez l’article de l’immatérialisme, où nous prouvons que les anciens Philosophes n’avoient eu aucune teinture de la véritable spiritualité.”

Humanus autem animus decerptus est, mente divina, cum alio nullo nisi cum ipso Deo comparari potest.” « On ne rencontre rien, dans la nature terrestre, qui ait la faculté de se ressouvenir & de penser, qui puisse se rappeller le passé, considérer le présent, & prévoir l’avenir. Ces facultés sont divines; & l’on ne trouvera point d’où l’homme peut les avoir, si ce n’est de Dieu. Ainsi ce quelque chose qui sent, qui goûte, qui veut, est céleste & divin, & par cette raison il doit être nécessairement éternel » Cícero

Celles qui s’étoient souillées par des vices ou par des crimes, passoient par une succession de corps différens, pour se purifier avant que de retourner à leur substance primitive. C’étoit-là les deux especes de métempsycoses naturelles, dont faisoient réellement profession ces deux écoles de Philosophie [Platônicos e Pitagóricos].” “les 4 grandes sectes de l’ancienne Philosophie; savoir les Pythagoriciens, les Platoniciens, les Péripatéticiens, & les Stoïciens

« Pourquoi donc l’ame, que vous dites être immortelle, être Dieu, est-elle malade dans les malades, imbécille dans les enfans, caduque dans les vieillards? ô folie, démence, infatuation! » Arnobe (?)

Après avoir parlé des ames sensitives, & déclaré qu’elles étoient mortelles, Aristote ajoûte que l’esprit ou l’intelligence existe de tout tems, & qu’elle est de nature divine: mais il fait une seconde distinction; il trouve que l’esprit est actif ou passif, & que de ces deux sortes d’esprit le premier est immortel & éternel, le second corruptible. Les plus savans Commentateurs de ce Philosophe ont regardé ce passage comme inintelligible, & ils se sont imaginés que cette obscurité provenoit des formes & des qualités qui infectent sa philosophie, & qui confondent ensemble les substances corporelles & incorporelles. (…) Aristote tire ici une conclusion contre son existence particuliere & distincte dans un état futur [e funda o Existencialismo, por assim dizer]: sentiment qui a été embrassé par tous les Philosophes, mais qu’ils n’ont pas tous avoüé aussi ouvertement.”

A ansiedade vai passar como a vontade, fique à vontade. Prolixo ansioso. Ânsia de vômito e sêmen, de engolir e ruminar, de introjetar, de ser invadido e libertar. Embraçar o embaraçado. Um ébrio médio, um Baco baço. Coceira no ventre, o baixo. Venta e molda o barro. Muda o endereço do bairro dos deuses. Sede nectarina da existência e dos assopros.

Peu de tems après la naissance du Christianisme, les Philosophes étant puissamment attaqués par les écrivains chrétiens, altérerent leur philosophie & leur religion, en rendant leur philosophie plus religieuse, & leur religion plus philosophique. Parmi les rafinemens du paganisme, l’opinion qui faisoit de l’ame une partie de la substance divine, fut adoucie. Les Platoniciens la bornerent [confinerent] à l’amedes brutes. Toute puissance irrationnelle, dit Porphire, retourne par réfusion dans l’ame du tout. Et l’on doit remarquer que ce n’est seulement qu’alors que les Philosophes commencerent à croire réellement & sincerement le dogme des peines & des récompenses d’une autre vie. Mais les plus sages d’entre-eux n’eurent pas plûtôt abandonné l’opinion de l’ame universelle, que les Gnostiques, les Manichéens & les Priscilliens s’en emparerent: ils la transmirent aux Arabes, de qui les athées de ces derniers siecles, & notamment Spinosa, l’ont empruntée. § On demandera peut-être d’où les Grecs ont tiré cette opinion si étrange de l’ame universelle du monde; opinion aussi détestable que l’athéisme même, & que M. Bayle trouve avec raison plus absurde que le système des atomes de Démocrite & d’Epicure. On s’est imaginé qu’ils avoient tiré cette opinion d’Egypte. La nature seule de cette opinion fait suffisamment voir qu’elle n’est point Egyptienne: elle est trop rafinée, trop subtile, trop métaphysique, trop systématique: l’ancienne philosophie des Barbares (sous ce nom les Grecs entendoient les Egyptiens comme les autres nations) consistoit seulement en maximes détachées, transmises des maîtres aux disciples par la tradition, où rien ne ressentoit la spéculation, & où l’on ne trouvoit ni les rafinemens ni les subtilités qui naissent des systèmes & des hypothèses. Ce caractere simple ne régnoit nulle part plus qu’en Egypte. Leurs Sages n’étoient point des sophistes scholastiques & sédentaires, comme ceux des Grecs; ils s’occupoient entierement des affaires publiques de la religion & du gouvernement; & en conséquence de ce caractere, ils ne poussoient les Sciences que jusqu’où elles étoient nécessaires pour les usages de la vie. Cette sagesse si vantée des Egyptiens, dont il est parlé dans les saintes Écritures, consistoit essentiellement dans les arts du gouvernement, dans les talens de la législature, & dans la police de la société civile. § Le caractere des premiers Grecs, disciples des Égyptiens, confirme cette vérité; savoir, que les Egyptiens ne philosophoient ni sur des hypothèses, ni d’une maniere systématique. Les premiers Sages de la Grece, conformément à lusage des Égyptiens leurs maîtres, produisoient leur philosophie par maximes détachées & indépendantes, telle certainement qu’ils l’avoient trouvée, & qu’on la leur avoit enseignée. Dans ces anciens tems le Philosophe & le Théologien, le Législateur & le Poëte, étoient tous réunis dans la même personne: il n’y avoit ni diversité de sectes, ni succession d’écoles: toutes ces choses sont des inventions Greques § (…) Le plus beau principe de la Physique des Grecs eut deux auteurs, Démocrite & Séneque: le principe le plus vicieux de leur Métaphysique eut de même deux auteurs, Phérécide le Syrien, & Thalès le Milésien, Philosophes contemporains. § Phérécide le Syrien, dit Cicéron, fut le premier qui soûtint que les ames des hommes étoient sempiternelles; opinion que Pythagore son disciple accrédita beaucoup. § Quelques personnes, dit Diogene Laërce, prétendent que Thalès fut le premier qui soûtint que les ames des hommes étoient sempiternelles. Thalès, dit encore Plutarque, fut le premier qui enseigna que l’ame est une nature éternellement mouvante, ou se mouvant par elle-même.” “l’immortalité de l’ame étoit une chose que l’on avoit crue de tout tems? Homere l’enseigne, Hérodote rapporte que les Égyptiens l’avoient enseignée depuis les tems les plus reculés: c’est sur cette opinion qu’étoit fondée la pratique si ancienne de déifier les morts.”

O CÍRCULO CONTRA O TRIÂNGULO: “Suidas nous dit que Phérécide n’eut de maître que lui-même.” E eu digo que sou deus. “Le grand secret des mystères & le premier des mysteres qui furent inventés en Égypte, consistoit dans le dogme de l’unité de Dieu: c’étoit-là le mystère que l’on apprenoit aux Rois, aux Magistrats & à un petit nombre chois d’hommes sages & vertueux; & en cela même cette pratique avoit pour objet l’utilité de la société. (…) tout est Dieu: ce qui les a entraînés dans toutes les erreurs & les absurdités de notre spinosisme. Les Orientaux d’aujourd’hui ont aussi tiré originairement leur réligion d’Égypte, quoiqu’elle soit infectée du spinosisme le plus grossier: mais ils ne sont tombés dans cet égarement que par le laps de tems, & par l’effet d’une spéculation rafinée, nullement originaire d’Égypte. Ils en ont contracté le goût par la communication des Arabes-Mahométans, grands partisans de la Philosophie des Grecs, & en particulier de leur opinion sur la nature de l’ame.

Anima velut surculus quidam ex matrice Adami in propaginem deducta, & genitalibus semine foveis commodata. Pullulabit tam intellectu quam & sensu.” Tertullien

M. Leibnitz a sur l’origine des ames un sentiment qui lui est particulier. Le voici: il croit que les ames ne sauroient commencer que par la création, ni finir que par l’annihilation; & comme la formation des corps organiques animés ne lui paroit explicable dans l’ordre, que lorsqu’on suppose une préformation déjà organique; il en infere que ce que nous appellons génération d’un animal, n’est qu’une transformation & augmentation: ainsi puisque le même corps étoit déjà organisé, il est à croire, ajoûte-t-il, qu’il étoit déjà animé, & qu’il avoit la même ame.”

Encore aujourd’hui il y a peu d’hommes en Orient qui aient une connoissance parfaite de la spiritualité.”

PERSEGUIÇÃO INTELECTUAL: “Spinosa ayant une fois posé pour principe qu’il n’y a qu’une substance dans l’univers, s’est vû forcé par la suite de ses principes à détruire la spiritualité de l’ame. Il ne trouve entre elle & le corps d’autre différence que celle qu’y mettent les modifications diverses, modifications qui sortent néanmoins d’une même source, & possedent un même sujet. Comme il est un de ceux qui paroît avoir le plus étudié cette matiere, qu’il me soit permis de donner ici un précis de son système & des raisons sur lesquelles il prétend l’appuyer. Ce Philosophe prétend donc qu’il y a une ame universelle répandue dans toute la matiere, & surtout dans l’air, de laquelle toutes les ames particulieres sont tirées; que cette ame universélle est composée d’une matiere déliée & propre au mouvement, telle qu’est celle du feu; que cette matiere est toûjours prête à s’unir aux sujets disposés à recevoir la vie, comme la matiere de la flamme est prête à s’attacher aux choses combustibles qui sont dans la disposition d’être embrasées.” “Ainsi les corps ne sont que des modifications qui peuvent exister ou non exister sans faire aucun tort à la substance; ils caractérisent & déterminent la matiere ou la substance, à peu près comme les passions caractérisent & déterminent un homme indifférent à être mû ou à rester tranquille. En conséquence, la matiere n’est ni corporelle ni incorporelle; sans doute, parce qu’il n’y a qu’une seule substance dans l’univers, corporelle en ce qui est corps, incorporelle en ce qui ne l’est point. (…) Aussi Pythagore & Platon conviennent-ils l’un & l’autre, que Dieu existoit avant qu’il y eût des corps, mais non avant qu’il y eût de la matiere, l’idée de la matiere ne demandant point l’existence actuelle du corps.” “Mais si par substance Spinosa entend une substance idéale métaphysique & arbitraire, il ne dit rien; car ce qu’il dit ne signifie autre chose, sinon qu’il ne peut y avoir dans l’univers deux essences différentes qui aient une même essence? Qui en doute? C’est à la faveur d’une équivoque aussi grossiere qu’il soûtient qu’il n’y a qu’une seule substance dans l’univers.”

Ce seroit une extravagance de dire que l’esprit de l’homme fût un point mathématique, puisque le point mathématique n’existe que dans l’imagination. Ce n’est pas aussi un point physique ou un atome. Outre qu’un atome indivisible répugne par lui-même, cette ridicule pensée n’est jamais tombée dans l’esprit d’aucun homme, non pas même d’aucun Épicurien.”

Spinosa pose comme un principe de sa Philosophie, que l’esprit n’a aucune faculté de penser ni de vouloir: mais seulement il avoüe qu’il a telle ou telle pensée, telle ou telle volonté. Ainsi par l’entendement, il n’entend autre chose que les idées actuelles qui surviennent à l’homme. Il faut avoir un grand penchant à adopter l’absurdité, pour recevoir une philosophie si ridicule.” APENAS CHAUVINISMO: “Cet absurde système a été embrassé par Hobbes: écoutons-le expliquer la nature & l’origine des sensations.”

PRÉ-SAUSSUREANOS: “quand on entend dire Dieu, l’Arabe reçoit le même mouvement d’air à la prononciation de ce mot François; le tympan de son oreille, les petits os qu’on nomme l’enclume & le marteau, reçoivent de ce mouvement d’air la même secousse & le même tremblement qui se fait dans l’oreille & dans la tête d’une personne qui entend le François. Par conséquent tous ces petits corps qu’on suppose composer l’esprit humain, sont remués de la même maniere, & reçoivent les mêmes impressions dans la tête d’un Arabe que dans celle d’un François; par conséquent encore un Arabe attacheroit au mot de Dieu la même idée que le François, parce que les petits corps subtils & agités qui composent l’esprit humain, selon Epicure & les Athées, ne sont pas d’une autre nature chez les Arabes que chez les François. Pourquoi donc l’esprit de l’Arabe ne se forme-t-il à la prononciation du mot Dieu aucune autre idée que celle d’un son, & que l’esprit d’un François joint à l’idée de ce son celle d’un être tout parfait, Créateur du ciel & de la terre? Voici un détroit pour les Athées & pour ceux qui nient la spiritualité de l’ame, d’où ils ne pourront se tirer, puisque jamais ils ne pourront rendre raison de cette différence qui se rencontre entre l’esprit de l’Arabe & celui du François. § (…) comme l’Arabe qui ne sait pas la langue Françoise ignore cette convention, il ne reçoit que la seule idée du son, sans y en joindre aucune autre. Cette vérité est constante, & il n’en faut pas davantage pour détruire les principes d’Epicure, d’Hobbes, & de Spinosa; car je voudrois bien savoir quelle seroit la partie contractante dans cette convention; à ce mot Dieu, je joindrai l’idée d’un être tout parfait; ce ne sera pas ce corps sensible & palpable, chacun en convient; ce ne sera pas aussi cet amas de corps subtils & agités, qui sont l’esprit humain, selon le sentiment de ces Philosophes, parce que ces esprits reçoivent toutes les impressions de l’objet, sans pouvoir rien faire au-delà: or ces impressions étoient les mêmes, & parfaitement semblables, lorsque l’Arabe entendoit prononcer ce mot Dieu, sans savoir pourtant ce qu’il signifioit. Il faut donc nécessairement qu’il y ait quelqu’autre cause que ces petits corps avec laquelle on convienne qu’à ce mot Dieu l’ame se représentera l’être tout parfait, de la même maniere qu’on peut convenir avec le Gouverneur d’une place assiégée, qu’à la décharge de 20 ou 30 volées de canon, il doit assûrer les habitans qu’ils seront bien-tôt secourus.”

1e. quand on a les yeux ouverts, en pensant fortement à quelque chose, il arrive très-souvent qu’on n’apperçoit pas les objets qui sont devant soi, quoiqu’ils envoyent à nos yeux les mêmes especes & les mêmes rayons, que lorsqu’on y fait plus d’attention. De sorte qu’outre tout ce qui se passe dans l’oeil & dans le cerveau, il faut qu’il y ait encore quelque chose qui considere & qui examine ces impressions de l’objet, pour le voir & pour le connoître.”

Precursores de uma longa discussão que não leva a nada: “Le néant, le pur néant, quoiqu’il ne puisse produire aucune impression, parce qu’il ne peut agir, ne laisse pas d’être l’objet de la pensée, de même que ce qui existe. L’esprit, par sa propre vertu & par la faculté qu’il a de penser, tire le néant de l’abysme pour le confronter avec l’être, & pour reconnoître que ces deux idées du néant & de l’étre se détruisent réciproquement.”

la question de la matérialité de l’ame, portée au tribunal de la raison, sera décidée en faveur de M. Locke.”

La question de l’immortalité de l’ame est nécessairement liée avec la spiritualité de l’ame. Nous ne connoissons de destruction que par l’altération ou la séparation des parties d’un tout; or nous ne voyons point de parties dans l’ame: bien plus nous voyons positivement que c’est une substance parfaitement une & qui n’a point de parties. Pherécide le Syrien est le premier qui au rapport de Cicéron & de S. Augustin, répandit dans la Grèce le dogme de l’immortalité de l’ame. Mais ni l’un ni l’autre ne nous détaillent les preuves dont il se servoit, & de quelles preuves pouvoit se servir un Philosophe qui, quoique rempli de bon sens, confondoit les substances spirituelles avec les matérielles, ce qui est esprit avec ce qui est corps. On sait seulement que Pythagore n’entendit point parler de ce dogme dans tous les voyages qu’il fit en Égypte & en Assyrie, & qu’il le reçut de Phérécide, touché principalement de ce qu’il avoit de neuf & d’extraordinaire. L’Orateur Romain ajoûte que Platon étant venu en Italie pour converser avec les disciples de Pythagore approuva tout ce qu’ils disoient de l’immortalité de l’ame, & en donna même une sorte de démonstration qui fut alors très applaudie: mais il faut avoüer que rien n’est plus frêle que cette démonstration, & qu’elle part d’un principe suspect. En effet, pour connoître quelle espece d’immortalité il attribuoit à l’ame, il ne faut que considérer la nature des argumens qu’il emploie pour la prouver. Les argumens qui lui sont particuliers & pour lesquels il est si fameux ne sont que des argumens métaphysiques tirés de la nature & des qualités de l’ame, & qui par conséquent ne prouvent que sa permanence, & certainement il la croyoit; mais il y a de la différence entre la permanence de l’ame pure & simple, & la permanence de l’ame accompagnée de châtimens & de récompenses. Les preuves morales sont les seules qui puissent prouver un état futur & proprement nommé de peines & de récompenses. Or Platon, loin d’insister sur ce genre de preuves, n’en allegue point d’autres, comme on peut le voir dans le douzieme livre de ses lois, que l’autorité de la tradition & de la religion. Je tiens tout cela pour vrai, dit-il, parce que je l’ai oüi dire. Par là il fait assez voir qu’il en abandonne la vérité, & qu’il n’en réclame que l’inutilité. 2e. L’opinion de Platon sur la métempsycose a donné lieu de le regarder comme le plus grand défenseur des peines & des récompenses d’une autre vie. A l’opinion de Pythagore qui croyoit la transmigration des ames purement naturelle & nécessaire, il ajoûta que cette transmigration étoit destinée à purifier les ames qui ne pouvoient point à cause des souillures qu’elles avoient contractées ici bas, remonter au lieu d’où elles étoient descendues, ni se rejoindre à la substance universelle dont elles avoient été séparées; & que par conséquent les ames pures & sans tache ne subissoient point la métempsycose. Cette idée étoit aussi singuliere à Platon que la métempsycose physique l’étoit à Pythagore. Elle semble renfermer quelque sorte de dispensation morale que n’avoit point celle de son maître; & elle en différoit même en ce qu’elle n’y assujettissoit pas tout le monde sans distinction, ni pour un tems égal. Mais pour faire voir néanmoins combien ces deux Philosophes s’accordoient pour rejetter l’idée des peines & des récompenses d’une autre vie, il suffira de se rappeller ce que nous avons dit au commencement de cet article de leur sentiment sur l’origine de l’ame. Des gens qui étoient persuadés que l’ame n’étoit immortelle que parce qu’ils la croyoient une portion de la divinité elle-même, un être éternel, incréé aussi bien qu’incorruptible; des gens qui supposoient que l’ame, après un certain nombre de révolutions, se réunissoit à la substance universelle où elle étoit absorbée, confondue & privée de son existence propre & personnelle: ces gens-là, dis-je, ne croyoient pas sans doute l’ame immortelle dans le sens que nous le croyons: autant valoit-il pour les ames être absolument détruites & anéanties, que d’être ainsi englouties dans l’ame universelle, & d’être privées de tout sentiment propre & personnel. Or nous avons prouvé au commencement de cet article, que la réfusion de toutes les ames dans l’ame universelle étoit le dogme constant des 4 principales sectes de Philosophes qui florissoient dans la Grèce.”

qu’il y a trois juges dans les enfers: il parle du Styx, du Cocyte & de l’Achéron, &c. & il y insiste avec tant de force, que l’on peut & que l’on doit même croire qu’il a voulu persuader les lecteurs auxquels il avoit destiné les ouvrages où il en parle, comme le Phédon, le Gorgias, sa République, &c. Mais qui peut s’imaginer qu’il ait été lui-même persuadé de toutes ces idées chimériques? Si Platon, le plus subtil de tous les Philosophes, eût crû aux peines & aux récompenses d’une autre vie, il l’eût au moins laissé entrevoir comme il l’a fait à l’égard de l’éternité de l’ame, dont il étoit intimement persuadé; c’est ce qu’on voit dans son Epinomis, lorsqu’il parle de la condition de l’homme de bien après sa mort: « J’assûre, dit-il, très-fermement, en badinant comme sérieusement, que lorsque la mort terminera sa carrière, il sera à sa dissolution dépouillé des sens dont il avoit l’usage ici-bas; ce n’est qu’alors qu’il participera à une condition simple & unique; & sa diversité étant résolue dans l’unité, il sera heureux, sage & fortuné ». (…) n’est pas sans dessein que Platon est obscur dans ce passage. Comme il croyoit que l’ame se réunissoit finalement à la substance universelle & unique de la nature dont elle avoit été séparée, & qu’elle s’y confondoit, sans conserver une existence distincte, il est assez sensible que Platon insinue ici secrètement, que lorsqu’il badinoit, il enseignoit alors que l’homme de bien avoit dans l’autre vie une existence distincte, particulière, & personnellement heureuse, conformément à l’opinion populaire sur la vie future; mais que lorsqu’il parloit sérieusement, il ne croyoit pas que cette existence fût particulière & distincte: il croyoit au contraire que c’étoit une vie commune, sans aucune sensation personnelle, une résolution de l’ame dans la substance universelle. J’ajoûterai seulement ici, pour confirmer ce que je viens de dire, que Platon dans son Timée s’explique plus ouvertement, & qu’il y avoue que les tourmens des enfers sont des opinions fabuleuses.

En effet, les Anciens les plus éclairés ont regardé ce que ce Philosophe dit des peines & des récompenses d’une autre vie comme choses d’un genre exotérique, c’est-à-dire, comme des opinions destinées pour le peuple, & dont il ne croyoit rien lui-même. Lorsque Chrysippe, fameux Stoïcien, blâme Platon de s’être servi mal-à-propos des terreurs d’une vie future pour détourner les hommes de l’injustice, il suppose lui-même que Platon n’y ajoûtoit aucune foi; il ne le reprend pas d’avoir crû ces opinions, mais de s’être imaginé que ces terreurs puériles pouvoient être utiles au progrès de la vertu. Strabon fait voir qu’il est du même sentiment, lorsqu’en parlant des Brachmanes des Indes, il dit qu’ils ont à la manière de Platon, inventé des fables concernant l’immortalité de l’ame & le jugement futur. Celse avoue que ce que Platon dit d’un état futur & des demeures fortunées destinées à la vertu, n’est qu’une allégorie.

Aristote s’explique sans détour, & de la manière la plus dogmatique contre les peines & les récompenses d’une autre vie: « La mort, dit-il, est de toutes les choses la plus terrible, c’est la fin de notre existence; & après elle l’homme n’a ni bien à espérer, ni mal à craindre. »

Epictète, vrai Stoïcien s’il y en eut jamais, dit en parlant de la mort: « Vous n’allez point dans un lieu de peines: vous retournez à la source dont vous êtes sortis, à une douce réunion avec vos élémens primitifs; il n’y a ni enfer, ni Achéron, ni Cocyte, ni Phlégéton. ». Séneque dans sa consolation à Marcia, fille du fameux Stoïcien Crémutius Cordus, reconnoît & avoue les mêmes principes avec aussi peu de tour qu’Epictète: « Songez que les morts ne ressentent aucun mal; la terreur des enfers est une fable; les morts n’ont à craindre ni ténebres, ni prison, ni torrent de feu, ni fleuve d’oubli; il n’y a après la mort ni tribunaux, ni coupables, il regne une liberté vague sans tyrans. Les Poëtes donnant carriere à leur imagination, ont voulu nous épouvanter par de vaines frayeurs: mais la mort est la fin de toute douleur, le terme de tous les maux; elle nous remet dans la même tranquillité où nous étions avant que de naître ».”

Les Newtoniens peuvent-ils supposer que l’attraction soit une cause réelle, quand même il ne surviendroit jamais aucun phénomene qui ne suivît la loi inverse du quarré des distances?”

Falando assim até parece fácil: “Mais de quelque manière que l’on conçoive ce qui pense en nous, il est constant que les fonctions en sont dépendantes de l’organisation, & de l’état actuel de notre corps pendant que nous vivons. Cette dépendance mutuelle du corps & de ce qui pense dans l’homme, est ce qu’on appelle l’union du corps avec l’ame; union que la saine Philosophie & la révélation nous apprennent être uniquement l’effet de la volonté libre du Créateur. Du moins n’avons-nous nulle idée immédiate de dépendance, d’union, ni de rapport entre ces deux choses, corps & pensée. Cette union est donc un fait que nous ne pouvons révoquer en doute, mais dont les détails nous sont absolument inconnus.”

On a des expériences de destruction d’autres parties du cerveau, telles que les nates & testes, sans que les fonctions de l’ame aient été détruites. Il en faut dire autant des corps cannelés; c’est M. Petit qui a chassé l’ame des corps cannelés, malgré leur structure singulière. Où est donc le sensorium commune? où est cette partie, dont la blessure ou la destruction emporte nécessairement la cessation ou l’interruption des fonctions spirituelles, tandis que les autres parties peuvent être altérées ou détruites, sans que le sujet cesse de raisonner ou de sentir? M. de la Peyronie fait passer en revûe toutes les parties du cerveau, excepté le corps calleux; & il leur donne l’exclusion par une foule de maladies très-marquées & très-dangereuses qui les ont attaquées, sans interrompre les fonctions de l’ame: c’est donc, selon lui, le corps calleux qui est le lieu du cerveau qu’habite l’ame. Oui, c’est selon M. de la Peyronie, le corps calleux qui est ce siége de l’ame, qu’entre les Philosophes les uns ont supposé être partout, & que les autres ont cherché en tant d’endroits particuliers” “Voilà donc l’ame installée dans le corps calleux, jusqu’à ce qu’il survienne quelqu’expérience qui l’en déplace, & qui réduise les Physiologistes dans le cas de ne savoir plus où la mettre. En attendant, considérons combien ses fonctions tiennent à peu de chose; une fibre dérangée; une goutte de sang extravasé; une légere inflammation; une chûte; une contusion: & adieu le jugement, la raison, & toute cette pénétration dont les hommes sont si vains: toute cette vanité dépend d’un filet bien ou mal placé, sain ou mal sain.”

La nature des alimens influe tellement sur la constitution du corps, & cette constitution sur les fonctions de l’ame, que cette seule réflexion seroit bien capable d’effrayer les mères qui donnent leurs enfans à nourrir à des inconnues.”

A HISTORINHA DA BOA CRENTE: “Une jeune fille que ses dispositions naturelles, ou la sévérité de l’éducation, avoit jettée dans une dévotion outrée, tomba dans une espece de mélancholie religieuse. La crainte mal raisonnée qu’on lui avoit inspirée du souverain-Être, avoit rempli son esprit d’idées noires; & la suppression de ses règles fut une suite de la terreur & des alarmes habituelles dans lesquelles elle vivoit. L’on employa inutilement contre cet accident es emmenagogues les plus efficaces & les mieux choisis [plantas aplicadas na pélvis para estimular o sangramento no útero]; la suppression dura; elle occasionna des effets si fâcheux, que la vie devint bientôt insupportable à la jeune malade; & elle étoit dans cet état, lorsqu’elle eut le bonheur de faire connoissance avec un Ecclésiatique d’un caractere doux & liant, & d’un esprit raisonnable, qui, partie par la douceur de sa conversation, partie par la force de ses raisons, vint à bout de bannir les frayeurs dont elle étoit obsédée, à la réconcilier avec la vie, & à lui donner des idées plus saines de la Divinité; & à peine l’esprit fut-il guéri, que la suppression cessa, que l’embonpoint revint, & que la malade joüit d’une très-bonne santé, quoique sa manière de vivre fût exactement la même dans les deux états opposés. Mais, comme l’esprit n’est pas moins sujet à des rechûtes que le corps, cette fille étant retombée dans ses premieres frayeurs superstitieuses, son corps retomba dans le même dérangement, & la maladie fut accompagnée des mêmes symptomes qu’auparavant. L’Écclésiastique suivit, pour la tirer de-là, la même voie qu’il avoit employée; elle lui réussit, les règles reparurent, & la santé revint. Pendant quelques années, la vie de cette jeune personne fut une alternative de superstition & de maladie, de religion & de santé. Quand la superstition dominoit, les règles cessoient, & la santé disparoissoit; lorsque la religion & le bon sens reprenoient le dessus, les humeurs suivoient leur cours ordinaire, & la santé revenoit.”

O MÚSICO AFICIONADO: “La fièvre & le délire étoient toûjours suspendus pendant les concerts, & la Musique étoit devenue si nécessaire au malade, que la nuit il faisoit chanter & même danser une parente qui le veilloit, & à qui son affliction ne permettoit guère d’avoir pour son malade la complaisance qu’il en exigeoit. Une nuit entr’autres qu’il n’avoit auprès de lui que sa garde, qui ne savoit qu’un misérable vaudeville, il fut obligé de s’en contenter, & en ressentit quelques effets. Enfin 10 jours de Musique le guérirent entierement, sans autre secours qu’une saignée du pié, qui fut la seconde qu’on lui fit, & qui fut suivie d’une grande évacuation.” The discmanman. “Il n’y a pas d’apparence qu’un Peintre pût être guéri de même par des tableaux; la Peinture n’a pas le même pouvoir sur les esprits, & elle ne porteroit pas la même impression à l’ame.” Sessões continuadas de recitação de poemas e muito thrash metal inoculado diretamente na veia…

ÂME des Bêtes (Métaph.). “La question qui concerne l’ame des bêtes étoit un sujet assez digne d’inquiéter les anciens Philosophes; il ne paroît pourtant pas qu’ils se soient fort tourmentés sur cette matiere, ni que partagés entr’eux sur tant de points différens, ils se soient fait de la nature de cette ame un prétexte de querelle. Ils ont tous donné dans l’opinion commune, que les brutes sentent & connoissent, attribuant seulement à ce principe de connoissance plus ou moins de dignité, plus ou moins de conformité avec l’ame humaine; & peut-être, se contentant d’envelopper diversement, sous les savantes ténebres de leur style énigmatique, ce préjugé grossier, mais trop naturel aux hommes, que la matiere est capable de penser. Mais quand les Philosophes anciens ont laissé en paix certains préjugés populaires, les modernes y signalent leur hardiesse [neste contexto, provavelmente afobação cairia bem]. Descartes suivi d’un parti nombreux, est le premier Philosophe qui ait osé traiter les bêtes de pures machines [e é incrível como esta reificação do universo era tratada como um avanço nos últimos esplendores do Progressismo, neste século tão secular! O quanto não devemos voltar a beber dos gregos e glorificar neo-filósofos que humanizem as coisas, hoje em dia, desintoxicando nossa NÃO-ALMA desta bobajada mecanicista toda!]: car à peine Gomesius Pereira, qui le dit quelque tems avant lui, mérite-t’il qu’on parle ici de lui; puisqu’il tomba dans cette hypothèse par un pur hasard, & que selon la judicieuse réflexion de M. Bayle, il n’avoit point tiré cette opinion de ses véritables principes. Aussi ne lui fit-on l’honneur ni de la redouter, ni de la suivre, pas même de s’en souvenir; & ce qui peut arriver de plus triste à un novateur, il ne fit point de secte.”

Peter Bayle – The Dictionary Historical and Critical [já baixado] (orig. 1737 – 2ª edição crítica de Des Maizeaux – 4º tomo, letras M-R) (dicionário muito bem-detalhado de personalidades). A seguir, trechos: “If it be a strange doctrine we ought not to wonder at it; for of all physical objects, none is more abstruse and perplexing than the souls of beasts.” O que começou mal, termina mal. O homem, ao se inventar a alma, pensa primeiro na sua. Depois, quimera das quimeras, inventa uma alma para os bichos. Se ainda não decidiu o quão espiritualizada é a natureza e o quão coisa é ou está ele mesmo, que homem poderia acertar o palpite sobre os animais, remexendo e atiçando ígneos híbridos com vara curtíssima? Um coelho alucinado não é menos humano que um homem dormindo.

Seek the clown Descartes in thyself!

Todos nós somos de origem obscura (uterina). África-mãe-nação.

INTRANSIGENTE: Desde que me entendo por em transe, gente!

On peut observer en passant que la Philosophie de Descartes, quoiqu’en aient pû dire ses envieux, tendoit toute à l’avantage de la religion” Papagaiam isso o tempo inteiro.

Heureusement depuis Descartes, on s’est apperçû d’un troisieme parti qu’il y avoit à prendre; & c’est depuis ce tems que le ridicule du système des automates s’est développé. On en a l’obligation aux idées plus justes qu’on s’est faites, depuis quelque tems, du monde intellectuel. On a compris que ce monde doit être beaucoup plus étendu qu’on ne croyoit, & qu’il renferme bien d’autres habitans que les Anges, & les ames humaines; ample ressource pour les Physiciens, partout où le méchanisme demeure court, en particulier quand il s’agit d’expliquer les mouvemens des brutes.”

Un musicien, un joüeur de luth, un danseur, exécutent les mouvemens les plus variés & les plus ordonnés tout ensemble, d’une maniere très-exacte, sans faire la moindre attention à chacun de ces mouvemens en particulier: il n’intervient qu’un seul acte de la volonté, par où il se détermine à chanter, ou joüer un tel air, & donne le premier branle aux esprits animaux; tout le reste suit régulierement sans qu’il y pense.” Eu, AnimaRobô

Rien ne donne une plus juste idée des automates Cartésiens, que la comparaison employée par M. Regis, de quelques machines hydrauliques que l’on voit dans les grottes & dans les fontaines de certaines maisons des Grands, où la seule force de l’eau déterminée par la disposition des tuyaux, & par quelque pression extérieure, remue diverses machines. Il compare les tuyaux des fontaines aux nerfs; les muscles, les tendons, &c. sont les autres ressorts qui appartiennent à la machine; les esprits sont l’eau qui les remue; le coeur est comme la source; & les cavités du cerveau sont les regards. Les objets extérieurs, qui par leur présence agissent sur les organes des sens des bêtes, sont comme les étrangers qui entrant dans la grotte, selon qu’ils mettent le pié sur certains carreaux disposés pour cela, font remuer certaines figures; s’ils s’approchent d’une Diane, elle fuit & se plonge dans la fontaine; s’ils avancent davantage, un Neptune s’approche, & vient les menacer avec son trident. On peut encore comparer les bêtes dans ce système, à ces orgues qui joüent différens airs, par le seul mouvement des eaux: il y aura de même, disent les Cartésiens, une organisation particuliere dans les bêtes, que le Créateur y aura produite, & qu’il aura diversement réglée dans les diverses especes d’animaux, mais toûjours proportionnément aux objets, toûjours par rapport au grand but de la conservation de l’individu & de l’espece.

On sait jusqu’où est allée l’industrie des hommes dans certaines machines: leurs effets sont inconcevables, & paroissent tenir du miracle dans l’esprit de ceux qui ne sont pas versés dans la méchanique. Rassemblez ici toutes les merveilles dont vous ayez jamais oüi parler en ce genre, des statues qui marchent, des mouches artificielles qui volent & qui bourdonnent; des araignées de même fabrique qui filent leur toile; des oiseaux qui chantent; une tête d’or qui parle; un Pan qui joue de la flûte: on n’auroit jamais fait l’énumération, même à s’en tenir aux généralités de chaque espece, de toutes ces inventions de l’art qui copie si agréablement la nature. Les ouvrages célebres de Vulcain, ces trépiés qui se promenoient d’eux-mêmes dans l’assemblée des Dieux; ces esclaves d’or, qui sembloient avoir appris l’art de leur maître, qui travailloient auprès de lui, sont une sorte de merveilleux qui ne passe point la vraissemblance; & les Dieux qui l’admiroient si fort, avoient moins de lumieres apparemment que les Méchaniciens de nos jours. Voici donc comme nos Philosophes Cartésiens raisonnent. Réunissez tout l’art & tous les mouvemens surprenans de ces différentes machines dans une seule, ce ne sera encore que l’art humain (…) le corps de l’animal est incontestablement une machine composée de ressorts infiniment plus déliés que ne seroient ceux de la machine artificielle” BioTech is GodZilla

Si les bêtes sont de pures machines, Dieu nous trompe; cet argument est le coup fatal à l’hypothese des machines.”

Esplêndida reviravolta: ”Avoüons-le d’abord; si Dieu peut faire une machine, qui par la seule disposition de ses ressorts exécute toutes les actions surprenantes que l’on admire dans un chien ou dans un singe, il peut former d’autres machines qui imiteront parfaitement toutes les actions des hommes: l’un & l’autre est également possible à Dieu; & il n’y aura dans ce dernier cas qu’une plus grande dépense d’art; une organisation plus fine, plus de ressorts combinés, seront toute la différence. Dieu dans son entendement infini renfermant les idées de toutes les combinaisons, de tous les rapports possibles de figures, d’impressions & de déterminations de mouvement, & son pouvoir égalant son intelligence, il paroît clair qu’il n’y a de différence dans ces deux suppositions, que celle des degrés du plus & du moins, qui ne changent rien dans le pays des possibilités. Je ne vois pas par où les Cartésiens peuvent échapper à cette conséquence, & quelles disparités essentielles ils peuvent trouver entre le cas du méchanisme des bêtes qu’ils défendent, & le cas imaginaire qui transformeroit tous les hommes en automates, & qui réduiroit un Cartésien à n’être pas bien sûr qu’il y ait d’autres intelligences au monde que Dieu & son propre esprit.”

Vous Cartésien, m’alléguez l’idée vague d’un méchanisme possible, mais inconnu & inexplicable pour vous & pour moi: voilà, dites-vous, la source des phénomenes que vous offrent les bêtes. Et moi j’ai l’idée claire d’une autre cause; j’ai l’idée d’un principe sensitif: je vois que ce principe a des rapports très-distincts avec tous les phénomenes en question, & qu’il explique & réunit universellement tous ces phénomenes. Je vois que mon ame en qualité de principe sensitif, produit mille actions & remue mon corps en mille manieres, toutes pareilles à celles dont les bêtes remuent le leur dans des circonstances semblables. Posez un tel principe dans les bêtes, je vois la raison & la cause de tous les mouvemens qu’elles font pour la conservation de leur machine: je vois pourquoi le chien retire sa patte quand le feu le brûle; pourquoi il crie quand on le frappe, &c. ôtez ce principe, je n’apperçois plus de raison, ni de cause unique & simple de tout cela. J’en conclus qu’il y a dans les bêtes un principe de sentiment, puisque Dieu n’est point trompeur, & qu’il seroit trompeur au cas que les bêtes fussent de pures machines; puisqu’il me représenteroit une multitude de phénomenes, d’où résulte nécessairement dans mon esprit l’idée d’une cause qui ne seroit point: donc les raisons qui nous montrent directement l’existence d’une ame intelligente dans chaque homme, nous assûrent aussi celle d’un principe immatériel dans les bêtes.”

pourquoi ces yeux, ces oreilles, ces narines, ce cerveau? c’est, dites-vous, afin de régler les mouvemens de l’automate sur les impressions diverses des corps extérieurs: le but de tout cela, c’est la conservation même de la machine. Mais encore, je vous prie, à quoi bon dans l’univers des machines qui se conservent elles-mêmes? (…) Nierez-vous que les différentes parties du corps animal soient faites par le Créateur pour l’usage que l’expérience indique? Si vous le niez, vous donnez gain de cause aux athées.” “Cette machine doit être faite pour quelque fin distincte d’elle; car elle n’est point pour elle-même, non plus que les roues de l’horloge ne sont point faites pour l’horloge.”

qui nous empêcheroit de supposer dans l’échelle des intelligences, au-dessous de l’ame humaine, une espece d’esprit plus borné qu’elle, & qui ne lui ressembleroit pourtant que par la faculté de sentir; un esprit qui n’auroit que cette faculté sans avoir l’autre, qui ne seroit capable que d’idées indistinctes, ou de perceptions confuses? Cet esprit ayant des bornes beaucoup plus étroites que l’ame humaine, en sera essentiellement ou spécifiquement distinct.”

Si l’ame des bêtes est immatérielle, dit-on, si c’est un esprit comme notre hypothèse le suppose, elle est donc immortelle, & vous devez nécessairement lui accorder le privilége de l’immortalité, comme un apanage inséparable de la spiritualité de sa nature. Soit que vous admettiez cette conséquence, soit que vous preniez le parti de la nier, vous vous jettez dans un terrible embarras. L’immortalité de l’ame des bêtes est une opinion trop choquante & trop ridicule aux yeux de la raison même, quand elle ne seroit pas proscrite par une autorité supérieure, pour l’oser soûtenir sérieusement. Vous voilà donc réduit à nier la conséquence, & à soûtenir que tout être immatériel n’est pas immortel: mais dès lors vous anéantissez une des plus grandes preuves que la raison fournisse pour l’immortalité de l’ame. Voici comme l’on a coûtume de prouver ce dogme: l’ame ne meurt pas avec le corps, parce qu’elle n’est pas corps, parce qu’elle n’est pas divisible comme lui, parce qu’elle n’est pas un tout tel que le corps humain, qui puisse périr par le dérangement ou la séparation des parties qui le composent. Cet argument n’est solide qu’au cas que le principe sur lequel il roule le soit aussi; savoir, que tout ce qui est immatériel est immortel, & qu’aucune substance n’est anéantie: mais ce principe sera réfuté par l’exemple des bêtes; donc la spiritualité de l’ame des bêtes ruine les preuves de l’immortalité de l’ame humaine.” Não acredito que depois de São Tomás de Aquino e suas enciclopédias escolásticas ainda haja tanto o que discutir!

Ainsi, quoique l’ame des bêtes soit spirituelle, & qu’elle meure avec le corps, cela n’obscurcit nullement le dogme de l’immortalité de nos ames, puisque ce sont là deux vérités de fait dont la certitude a pour fondement commun le témoignage divin. Ce n’est pas que la raison ne se joigne à la révélation pour établir l’immortalité de nos ames: mais elle tire ses preuves d’ailleurs que de la spiritualité.”

E qual é o problema de levar meu cãozinho para o paraíso comigo?

Si les brutes ne sont pas de pures machines, si elles sentent, si elles connoissent, elles sont susceptibles de la douleur comme du plaisir; elles sont sujettes à un déluge de maux, qu’elles souffrent sans qu’il y ait de leur faute, & sans l’avoir mérité, puisqu’elles sont innocentes, & qu’elles n’ont jamais violé l’ordre qu’elles ne connoissent point. Où est en ce cas la bonté, où est l’équité du Créateur? Où est la vérité de ce principe, qu’on doit regarder comme une loi éternelle de l’ordre? Sous un Dieu juste, on ne peut être misérable sans l’avoir mérité. Mais ce qu’il y a de pis dans leur condition, c’est qu’elles souffrent dans cette vie sans aucun dédommagement dans une autre, puisque leur ame meurt avec le corps; & c’est ce qui double la difficulté. Le Pere Malebranche a fort bien poussé cette objection dans sa défense contre les accusations de M. de la Ville. § Je répons d’abord que ce principe de S. Augustin, savoir, que sous un Dieu juste on ne peut être misérable sans l’avoir mérité n’est fait que pour les créatures raisonnables, & qu’on ne sauroit en faire qu’à elles seules d’application juste.”

Eu e meus apaniguados mereceríamos nós essa dorzinha de pedra nos rins ou de bexiga apertada?

que sous un Dieu bon aucune créature ne peut être nécessitée à souffrir sans l’avoir mérité: mais loin que ce principe soit évident, je crois être en droit de soûtenir qu’il est faux. L’ame des brutes est susceptible de sensations, & n’est susceptible que de cela: elle est donc capable d’être heureuse en quelque degré. (…) Qu’emporte donc la juste idée d’un Dieu bon? c’est que quand il agit il tende toûjours au bien, & produise un bien; c’est qu’il n’y ait aucune créature sortie de ses mains qui ne gagne à exister plûtôt que d’y perdre: or telle est la condition des bêtes; qui pourroit pénétrer leur intérieur, y trouveroit une compensation des douleurs & des plaisirs, qui tourneroit toute à la gloire de la bonté divine; on y verroit que dans celles qui souffrent inégalement, il y a proportion, inégalité, ou de plaisirs ou de durée; & que le degré de douleur qui pourroit rendre leur existence malheureuse, est précisément ce qui la détruit: en un mot, si l’on déduisoit la somme des maux, on trouveroit toûjours au bout du calcul un résidu de bienfaits purs, dont elles sont uniquement redevables à la bonté divine; on verroit que la sagesse divine a sû ménager les choses, en sorte que dans tout individu sensitif, le degré du mal qu’il souffre, sans lui enlever tout l’avantage de son existence, tourne d’ailleurs au profit de l’univers.” [Esse raciocínio seria genial se aplicado à enantiodromia do próprio ser humano – mas que falta de tato clássico!]

O gato não sabe que é charmoso e elegante, que inútil cega beleza, que não se aproveita! Poderia a mulher?… Poderia eu?… Pingos conscienciosos.

Est-il juste que l’ame d’un poulet souffre & meure afin que le corps de l’homme soit nourri? que l’ame du cheval endure mille peines & mille fatigues durant si long-tems, pour fournir à l’homme l’avantage de voyager commodément? Dans cette multitude d’ames qui s’anéantissent tous les jours pour les besoins passagers des corps vivans, peut-on reconnoître cette équitable & sage subordination qu’un Dieu bon & juste doit nécessairement observer? Je réponds à cela que l’argument seroit victorieux, si les ames des brutes se rapportoient aux corps & se terminoient à ce rapport; car certainement tout être spirituel est au-dessus de la matiere. Mais, remarquez-le bien, ce n’est point au corps, comme corps, que se termine l’usage que le Créateur tire de cette ame spirituelle, c’est au bonheur des êtres intelligens. Si le cheval me porte, & si le poulet me nourrit, ce sont bien là des effets qui le rapportent directement à mon corps: mais ils se terminent à mon ame, parce que mon ame seule en recueille l’utilité.”

Tudo isso pertence à Genealogia do Fascismo: “Pour l’anéantissement, ce n’est point un mal pour une créature qui ne refléchit point sur son existence, qui est incapable d’en prévoir la fin, & de comparer, pour ainsi dire, l’être avec le non-être, quoique pour elle l’existence soit un bien, parce qu’elle sent. La mort, à l’égard d’une ame sensitive, n’est que la soustraction d’un bien qui n’étoit pas dû [A Mosca Filosófica!]; ce n’est point un mal qui empoisonne les dons du Créateur & qui rende la créature malheureuse. Ainsi, quoique ces ames & ces vies innombrables que Dieu tire chaque jour du néant soient des preuves de la bonté divine, leur destruction journalière ne blesse point cet attribut: elles se rapportent au monde dont elles font partie; elles doivent servir à l’utilité des êtres qui le composent; il suffit que cette utilité n’exclue point la leur propre, & qu’elles soient heureuses en quelque mesure, en contribuant au bonheur d’autrui. Vous trouverez ce système plus développé & plus étendu dans le traité de l’essai philosophique sur l’ame des bêtes de M. Bouillet [Dispenso, obrigado.]”

Confrontando novamente o Ultra-existencialismo/solipsismo de uma alma antiga (2009): “Il n’est pas possible que les hommes avec qui je vis soient autant d’automates ou de perroquets instruits à mon insu. J’apperçois dans leur extérieur des tons & des mouvemens qui paroissent indiquer une ame: je vois régner un certain fil d’idées qui suppose la raison: je vois de la liaison dans les raisonnemens qu’ils me font, plus ou moins d’esprit dans les ouvrages qu’ils composent. Sur ces apparences ainsi rassemblées, je prononce hardiment qu’ils pensent en effet. Peut-tre que Dieu pourroit produire un automate en tout semblable au corps humain, lequel par les seules lois du méchanisme, parleroit, feroit des discours suivis, écriroit des livres très-bien raisonnés. Mais ce qui me rassûre contre toute erreur c’est la véracité de Dieu.” “Je vois un chien accourir quand je l’appelle, me caresser quand je le flatte, trembler & fuir quand je le menace, m’obéir quand je lui commande, & donner toutes les marques extérieures de divers sentimens de joie, de tristesse, de douleur, de crainte, de desir, des passions de l’amour & de la haine; je conclus aussitôt qu’un chien a dans lui-même un principe de connoissance & de sentiment, quel qu’il soit.”

Il vaudroit encore mieux s’en tenir aux machines de Descartes, si l’on n’avoit à leur opposer que la forme substantielle des Péripatéticiens, qui n’est ni esprit ni matiere. Cette substance mitoyenne est une chimere, un être de raison dont nous n’avons ni idée ni sentiment. Est-ce donc que les bêtes auroient une ame spirituelle comme l’homme? Mais si cela est ainsi, leur ame sera donc immortelle & libre; elles seront capables de mériter ou de démériter, dignes de récompense ou de châtiment; il leur faudra un paradis & un enfer. Les bêtes seront donc une espece d’hommes, ou les hommes une espece de bêtes; toutes conséquences insoûtenables dans les principes de la religion.” “puisqu’il est prouvé par plusieurs passages de l’Écriture, que les démons ne souffrent point encore les peines de l’enfer, & qu’ils n’y seront livrés qu’au jour du jugement dernier, quel meilleur usage la justice divine pouvoit-elle faire de tant de légions d’esprits réprouvés, que d’en faire servir une partie à animer des millions de bêtes de toute espece, lesquelles remplissent l’univers, & font admirer la sagesse & la toute-puissance du Créateur? (…) Une dégradation si honteuse pour ces esprits superbes, puisqu’elle les réduit à n’être que des bêtes, est pour eux un premier effet de la vengeance divine, qui n’attend que le dernier jour pour se déployer sur eux d’une maniere bien plus terrible.” “Les bêtes sont naturellement vicieuses: les bêtes carnacieres & les oiseaux de proie sont cruels; beaucoup d’insectes de la même espece se dévorent les uns les autres; les chats sont perfides & ingrats; les singes sont malfaisans; les chiens sont envieux; toutes sont jalouses & vindicatives à l’excès, sans parler de beaucoup d’autres vices que nous leur connoissons. Il faut dire de deux choses l’une: ou que Dieu a pris plaisir à former les bêtes aussi vicieuses qu’elles sont, & à nous donner dans elles des modeles de tout ce qu’il y a de plus honteux; ou qu’elles ont comme l’homme un péché d’origine qui a perverti leur premiere nature.” “Pythagore enseignoit autrefois, qu’au moment de notre mort nos ames passent dans un corps soit d’homme, soit de bête, pour recommencer une nouvelle vie, & toûjours ainsi successivement jusqu’à la fin des siecles. Ce système qui est insoûtenable par rapport aux hommes, & qui est d’ailleurs proscrit par la religion, convient admirablement bien aux bêtes, selon le P. Bougeant, & ne choque ni la religion, ni la raison. Les démons destinés de Dieu à être des bêtes, survivent nécessairement à leur corps, & cesseroient de remplir leur destination, si lorsque leur premier corps est détruit, ils ne passoient aussitôt dans un autre pour recommencer à vivre sous une autre forme.”

ConFABULANDO: “Si les bêtes ont de la connoissance & du sentiment, elles doivent conséquemment avoir entre-elles pour leurs besoins mutuels, un langage intelligible. La chose est possible, il ne faut qu’examiner si elle est nécessaire. Toutes les bêtes ont de la connoissance, c’est un principe avoüé; & nous ne voyons pas que l’Auteur de la nature ait pû leur donner cette connoissance pour d’autres fins que de les rendre capables de pourvoir à leurs besoins, à leur conservation, à tout ce qui leur est propre & convenable dans leur condition, & la forme de vie qu’il leur a prescrite. Ajoûtons à ce principe, que beaucoup d’especes de bêtes sont faites pour vivre en société, & les autres pour vivre du moins en ménage, pour ainsi dire, d’un mâle avec une femelle, & en famille avec leurs petits jusqu’à ce qu’ils soient élevés. Or, si l’on suppose qu’elles n’ont point entr’elles un langage, quel qu’il soit, pour s’entendre les unes les autres, on ne conçoit plus comment leur société pourroit subsister: comment les castors, par exemple, s’aideroient-ils les uns les autres pour se bâtir un domicile, s’ils n’avoient un langage très-net & aussi intelligible pour eux que nos langues le sont pour nous? (…) si la nature les a faites capables d’entendre une langue étrangere, comment leur auroit-elle refusé la faculté d’entendre & de parler une langue naturelle? car les bêtes nous parlent & nous entendent fort bien.” HAHA!

Une hirondelle ne fait pas le printemps.” Proverbe!

Quelque difficile qu’il soit d’expliquer leur langage & d’en donner le dictionnaire, le Père Bougeant a osé le tenter. Ce qu’on peut assurer, c’est que leur langage doit être fort borné, puisqu’il ne s’étend pas au-delà des besoins de la vie (…) Point d’idées abstraites par conséquent, point de raisonnemens métaphysiques, point de recherches curieuses sur tous les objets qui les environnent, point d’autre science que celle de se bien porter, de se bien conserver, d’éviter tout ce qui leur nuit, & de se procurer du bien. (…) Comme la chose qui les touche le plus est le desir de multiplier leur espece, ou du moins d’en prendre les moyens, toute leur conversation roule ordinairement sur ce point. On peut dire que le Pere Bougeant a décrit avec beaucoup de vivacité leurs amours, & que le dictionnaire qu’il donne de leurs phrases tendres & voluptueuses, vaut bien ce de l’Opéra. Voilà ce qui a révolté dans un Jésuite condamné par état à ne jamais abandonner son pinceau aux mains de l’amour. La galanterie n’est pardonnable dans un ouvrage philosophique, que lorsque l’Auteur de l’ouvrage est homme du monde; encore bien des personnes l’y trouvent-elles déplacée. En prétendant ne donner aux raisonnemens qu’un tour léger & propre à intéresser par une sorte de badinage, souvent on tombe dans le ridicule; & toûjours on cause du scandale, si l’on est d’un état qui ne permet pas à l’imagination de se livrer à ses saillies. Il paroît qu’on a censuré trop durement notre Jesuite sur ce qu’il dit, que les bêtes sont animées par des diables. Il est aise de voir qu’il n’a jamais regardé ce système que comme une imagination bisarre & presque folle. Le titre d’amusement [Amusement philosophique] qu’il donne à son livre, & les plaisanteries dont il l’égaye, font assez voir qu’il ne le croyoit pas appuyé sur des fondemens assez solides pour opérer une vraie persuasion.”

Âme des Plantes (Jardinage.) Les Physiciens ont toûjours été peu d’accord sur le lieu où réside l’ame des plantes; les uns la placent dans la plante, ou dans la graine avant d’être semée; les autres dans les pepins ou dans le noyau des fruits.” Haverá briófitas no Céu? Coitada da planta, está sobrevivendo em estado vegetativo somente!

on restraint à l’homme, comme à l’être le plus parfait, les trois qualités de l’ame, savoir de végétative, de sensitive, & de raisonnable.”

Âme de Saturne. Ame de Saturne, anima Saturni, selon quelques Alchimistes, est la partie du plomb la plus parfaite, qui tend à la perfection des métaux parfaits; laquelle partie est selon quelques-uns, la partie teignante [? – régnante?].”

L’ENCYCLOPÉDIE – AM – compilado (1)

* AMANUS, s. m. (Myth.) Dieu des anciens Perses. C’étoit, à ce qu’on croit, ou le soleil ou le feu perpétuel qui en étoit une image. Tous les jours les Mages alloient dans son temple chanter leurs hymnes pendant une heure devant le feu sacré, tenant de la vervaine en main [planta medicinal], & la tête couronnée de tiares dont les bandelettes [bandagens] leur tomboient sur les joues.”

Não há fogo sagrado que não seja apagado por um temporal.

AMAUTAS, s. m. (Hist. mod.) Philosophes du Pérou sous le regne des Incas. On croit que ce fut l’Inca Roca qui fonda le premier des écoles à Cusco, afin que les Amautas y enseignassent les Sciences aux Princes & aux Gentils-hommes; car il croyoit que la science ne devoit être que pour la Noblesse. Le devoir des Amautas étoit d’apprendre à leurs disciples les cérémonies & les préceptes de leur religion; la raison, le fondement & l’explication des lois; la politique & l’Art Militaire; l’Histoire & la Chronologie; la Poësie même, la Philosophie, la Musique & l’Astrologie. Les Amautas composoient des comédies & des tragédies qu’ils représentoient devant leurs Rois & les Seigneurs de la Cour aux fêtes solemnelles. Les sujets de leurs tragédies étoient des actions militaires, les triomphes de leurs Rois ou d’autres hommes illustres. Dans les comédies ils parloient de l’agriculture, des affaires domestiques, & des divers évenemens de la vie humaine. On n’y remarquoit rien d’obscene ni de rampant; tout au contraire y étoit grave, sententieux, conforme aux bonnes moeurs & à la vertu. Les acteurs étoient des personnes qualifiées; & quand la piece étoit joüée, ils venoient reprendre leur place dans l’assemblée, chacun selon sa dignité. Ceux qui avoient le mieux réussi dans leur rôle recevoient pour prix des joyaux ou d’autres présens considérables. La poësie des Amautas étoit composée de grands & de petits vers où ils observoient la mesure des syllabes. On dit néanmoins qu’au tems de la conquête des Espagnols ils n’avoient pas encore l’usage de l’écriture, & qu’ils se servoient de signes ou d’instrumens sensibles pour exprimer ce qu’ils entendoient dans les Sciences qu’ils enseignoient. Garcilasso de la Vega, Hist. des Incas, liv. II. & IV.

AMAZONE, s. f. (Hist. anc.) femme courageuse & hardie, capable de grands exploits.

Amazone, dans un sens plus particulier, est le nom d’une nation ancienne de femmes guerrieres, qui, dit-on, fonderent un Empire dans l’Asie mineure, près du Thermodon, le long des côtes de la mer Noire.

Il n’y avoit point d’hommes parmi elles; pour la propagation de leur espece, elles alloient chercher des étrangers; elles tuoient tous les enfans mâles qui leur naissoient, & retranchoient aux filles la mammelle droite pour les rendre plus propres à tirer de l’arc. C’est de cette circonstance qu’elles furent appellées Amazones, mot composé d’<A> privatif, & de MAO, mammelle, comme qui diroit sans mammelle, ou privées d’une mammelle.

Não havia homens entre elas; para a propagação da espécie elas procuravam estrangeiros; elas matavam todas as crianças macho que lhes nasciam, e decepavam nas mulheres a mama direita para torná-las mais aptas no exercício do tiro de arco. Provém dessa circunstância o chamarem-nas Amazonas, palavra composta do ‘A’ privativo, e de MAO, mama, como que dizendo sem mamas, ou privadas de uma das mamas.

Les Auteurs ne sont pas tous d’accord qu’il y ait eu réellement une nation d’Amazones. Strabon, Paléphate, & plusieurs autres le nient formellement: mais Hérodote, Pausanias, Diodore de Sicile, Trogue Pompée, Justin, Pline, Pomponius Mela, Plutarque, & plusieurs autres, l’assurent positivement. Hippocrate dit qu’il y avoit une loi chez elles, qui condamnoit les filles à demeurer vierges, jusqu’à ce qu’elles eussent tué trois des ennemis de l’État. Il ajoûte que la raison pour laquelle elles amputoient la mammelle droite à leurs filles, c’étoit afin que le bras de ce côté-là profitât davantage, & devînt plus fort.

Quelques Auteurs disent qu’elles ne tuoient pas leurs enfans mâles; qu’elles ne faisoient que leur tordre les jambes, pour empêcher qu’ils ne prétendissent un jour se rendre les maîtres.

M. Petit Medecin de Paris, a publié en 1681, une dissertation latine, pour prouver qu’il y a eu réellement une nation d’Amazones; cette dissertation contient quantité de remarques curieuses & intéressantes sur leur maniere de s’habiller, leurs armes, & les villes qu’elles ont fondées. Dans les médailles le buste des Amazones est ordinairement armé d’une petite hache d’armes appellée bipennis, ou securis, qu’elles portoient sur l’épaule, avec un petit bouclier en croissant que les Latins appelloient pelta, à leur bras gauche: c’est ce qui a fait dire à Ovide, de Ponto.

Non tibi amazonia est pro me sumenda securis, Aut excisa levi pelta gerenda manu.

Des Géographes & voyageurs modernes prétendent qu’il y a encore dans quelques endroits des Amazones. Le P. Jean de Los Sanctos, Capucin Portugais, dans sa description de l’Éthiopie, dit qu’il y a en Afrique une République d’Amazones; & AEnéas Sylvius rapporte qu’on a vû subsister en Boheme pendant 9 ans, une République d’Amazones fondée par le courage d’une fille nommée Valasca [Popazuda].”

AMAZONES. riviere des Amazones; elle traverse toute l’Amérique méridionale d’occident en orient, & passe pour le plus grand fleuve du monde. On croît communément que le premier Européen qui l’a reconnu fut François d’Orellana, Espagnol; ce qui a fait nommer cette riviere par quelques-uns Orellana: mais avant lui, elle étoit connue sous le nom de Maranon (qu’on prononce Maragnon) nom qu’elle avoit reçû, à ce qu’on croit, d’un autre Capitaine Espagnol ainsi appellé. Orellana dans sa relation dit avoir vû en descendant cette riviere, quelques femmes armées dont un cacique Indien lui avoit dit de se défier: c’est ce qui l’a fait appeller riviere des Amazones.

La carte très-défectueuse du cours de la riviere des Amazones dressée par Sanson sur la relation purement historique d’un voyage de cette riviere que fit Texeira, accompagné du P. d’Acunha Jésuite, a été copiée par un grand nombre de Géographes, & on n’en a pas eû de meilleure jusqu’en 1717 qu’on en publia une du P. Fritz Jésuite, dans les lettres édifiantes & curieuses.

Enfin M. de la Condamine, de l’Académie Royale des Sciences, a parcouru toute cette riviere en 1743; & ce voyage long, pénible, & dangereux, nous a valu une nouvelle carte de cette riviere plus exacte que toutes celles qui avoient précédé. Le célebre Académicien que nous venons de nommer a publié une relation de ce voyage très-curieuse & très-bien écrite, qui a été aussi insérée dans le volume de l’Académie Royale des Sciences pour 1745. Nous y renvoyons nos Lecteurs, que nous exhortons fort à la lire. M. de la Condamine dit qu’il n’a point vû dans tout ce voyage d’Amazones, ni rien qui leur ressemble; il paroît même porté à croire qu’elles ne subsistent plus aujourd’hui; mais en rassemblant les témoignages, il croit assez probable qu’il y a eu en Amérique des Amazones, c’est-à-dire une société de femmes qui vivoient sans avoir de commerce [bom eufemismo!] habituel avec les hommes.”

AMAZONIUS, nom donné au mois de Décembre par les flateurs de l’Empereur Commode, en l’honneur d’une courtisanne qu’il aimoit éperdument, & qu’il avoit fait peindre en Amazone: ce Prince par la même raison prit aussi le surnom d’Amazonius.” Êta amor mais brega!

AMBA. Manga!

AMBAGES, s. m. (Belles-Lettres.) mot purement Latin adopté dans plusieurs langues, pour signifier un amas confus de paroles obscures & entortillées dont on a peine à démêler le sens; ou un long verbiage [verborragia], qui, loin d’éclaircir les choses dont il s’agit, ne sert qu’à les embrouiller. V. Circonlocution.

encyclopedie AMbaiba

* AMBAIBA [foto], arbre qui croît au Brésil; il est très-élevé; son écorce ressemble à celle du figuier; elle couvre une peau mince, épaisse, verte & gluante; son bois est blanc, comme celui du bouleau, mais plus doux & plus facile à rompre; son tronc est de grosseur ordinaire, mais creux depuis la racine jusqu’au sommet; sa feuille est portée sur un pédicule épais, long de deux ou trois piés, d’un rouge foncé en dehors, & spongieux au-dedans; elle est large, ronde, découpée en neuf ou dix lanieres, & chaque laniere a sa côte, d’où partent des nervures en grand-nombre; elle est verte en dessus, cendrés en dessous, & bordée d’une ligne grisârre; le haut du creux donne une espece de moelle que les Negres mettent sur leurs blessures; les fleurs sortent de la partie supérieure du tronc, & pendent à un pédicule fort court, au nombre de 4 ou 5; leur forme est cylindrique; elles ont 7 à 9 pouces de long, sur un pouce d’épaisseur; leur cavité est pleine de duvet; il y a aussi des amandes [amêndoas] qui sont bonnes à manger, quand les fleurs sont tombées; les habitans du Brésil font du feu avec sa racine seche sans caillou ni acier [sem aço nem pedra]; ils pratiquent un petit trou; ils sichent dans ce trou un morceau de bois dur & pointu qu’ils agitent avec beaucoup de vitesse; le bois percé est sous leurs piés, & le bois pointu est perpendiculaire entre leurs jambes: l’agitation suffit pour allumer l’écorce.

On attribue à sa racine, à son écorce, à sa moelle, à sa feuille, au suc de ses rejettons, une si grande quantité de propriétés, que les hommes ne devroient point mourir dans un pays où il y auroit une douzaine de plantes de cette espece, si on en savoit faire usage. Mais je ne doute point que ceux qui habitent ces contrées éloignées ne portent le même jugement de nos plantes & de nous, quand ils lisent les vertus merveilleuses que nous leur attribuons [muito bem-percebido].

AMBASSADE. (…) L’histoire nous parle aussi d’ambassadrices; Mme la Maréchale de Guebriant a été, comme dit Wicquefort, la premiere femme, & peut-être la seule, qui ait été envoyée par aucune Cour de l’Europe en qualité d’ambassadrice. Matth. liv. IV. Vie d’Henri IV. dit que le Roi de Perse envoya une Dame de sa Cour en ambassade vers le Grand Seigneur pendant les troubles de l’Empire.”

AMBASSADEUR. (…) Ils croient donc que chez les Barbares qui inonderent l’Europe, ambascia signifioit le discours d’un homme qui s’humilie ou s’abaisse devant un autre, & qu’il vient de la même racine qu’abaisser, c’est-à-dire de an ou am & de bas.

(…)

Les ambassadeurs ordinaires sont d’institution moderne; ils étoient inconnus il y a 200 ans: avant ce tems-là tous les ambassadeurs étoient extraordinaires, & se retiroient sitôt qu’ils avoient achevé l’affaire qu’ils avoient à négocier. (…) A la vérité il n’y a nulle différence essentielle entre ambassadeur ordinaire & ambassadeur extraordinaire [ambos são perfeitamente inúteis]”

(…)

Le nom d’ambassadeur, dit Ciceron, est sacré & inviolable: non modo inter sociorum jura, sed etiam inter hostium tela incolume versatur. In Verr. Orat. VI. Nous lisons que David fit la guerre aux Ammonites pour venger l’injure faite à ses ambassadeurs, liv. II. Rois, 10. Alexandre fit passer au fil de l’épée les habitans de Tyr, pour avoir insulté ses ambassadeurs. La jeunesse de Rome ayant outragé les ambassadeurs de Vallonne [?], sut [fut?] livrée entre leurs mains pour les en punir à discrétion.

(…)

Dans toutes les autres Cours de l’Europe l’ambassadeur de France a le pas sur celui d’Espagne, comme cette Couronne le reconnut publiquement au mois de Mai 1662, dans l’audience que le Roi Louis XIV donna à l’ambassadeur d’Espagne, qui, en présence de 27 autres tant ambassadeurs que, envoyés des Princes, protesta que le Roi son maître ne disputeroit jamais le pas à la France. Ce fut en réparation de l’insulte faite à Londres l’année précédente par le Baron de Batteville, ambassadeur d’Espagne, au Comte d’Estrades, ambassadeur de France: on frappa à cette occasion une médaille.”

AMBIDEXTRE. “Hippocrate dans ses Aphorismes prétend qu’il n’y a point de femme ambidextre: plusieurs Modernes cependant soûtiennent le contraire, & citent des exemples en faveur de leur sentiment: mais s’il y a des femmes ambidextres, il faut avoüer du moins qu’il y en a beaucoup moins que d’hommes.”

AMBLYOPIE, s. f. est une offuscation ou un obscurcissement de la vûe, qui empêche de distinguer clairement l’objet, à quelque distance qu’il soit placé. Cette incommodité vient d’une obstruction imparfaite des nerfs optiques, d’une suffusion légere, du défaut ou de l’épaisseur des esprits, &c. Quelques-uns comptent 4 espèces d’amblyopies; savoir, la myopie, la presbytie, la nyctalopie, & l’amaurosis. Voyez chacune à son article. Blanchard. (N)

AMBRE-GRIS. “autrefois l’ambre étoit à la mode en France: combien ne voit-on pas encore de coupes, de vases & d’autres ouvrages faits de cette matiere avec un travail infini? mais les métaux précieux, les pierres fines & les pierreries l’ont emporté sur l’ambre-jaune dès qu’ils ont été assez communs pour fournir à notre luxe.”

AMBROSIA, nom que les Grecs donnoient à une fête que l’on célebroit à Rome le 24 Novembre en l’honneur de Bacchus. Romulus l’avoit instituée, & les Romains l’appelloient brumalia.”

AMBROSIE, s. f. dans la Théologie des payens, étoit le mets dont ils supposoient que leurs dieux se nourrissoient. Voyez Dieu & Autel. Ce mot est composé d’A’ privatif & de BROTO\, mortel; ou parce que l’ambrosie rendoit immortels ceux qui en mangeoient, ou parce qu’elle étoit mangée par des immortels.”

L’ENCYCLOPÉDIE – AM – Amant, Amoureux, Amour & Dieux Amour (Cupidon)

AM

* AMANT, AMOUREUX, adj. (Gramm.) Il suffit d’aimer pour être amoureux; il faut témoigner qu’on aime pour être amant. On est amoureux de celle dont la beauté touche le coeur; on est amant de celle dont on attend du retour. On est souvent amoureux sans oser paroître amant; & quelquefois on se déclare amant sans être amoureux.”

AMOUR. Amor e amizade são vizinhos de janela?

Nó no nosso núcleo

Je suppose que plusieurs hommes s’attachent à la même femme: les uns l’aiment pour son esprit, les autres pour sa vertu, les autres pour ses défauts, &c. & il se peut faire encore que tous l’aiment pour des choses qu’elle n’a pas, comme lorsque l’on aime une femme légère que l’on croit solide.”

DA HOMOSSEXUALIDADE NATURAL MASCULINA: “les hommes ne pouvant se défendre de trouver un prix aux choses qui leur plaisent, leur coeur en grossit le mérite; ce qui fait qu’ils se préferent les uns aux autres, parce que rien ne leur plaît tant qu’eux-mêmes.

Le chêne est un grand arbre près du cerisier; ainsi les hommes à l’égard les uns des autres.” “O carvalho é uma grande árvore perto da cerejeira; assim os homens uns para os outros.”

Amour des Sciences et des Lettres. La passion de la gloire, & la passion des sciences, se ressemblent dans leur principe; car elles viennent l’une & l’autre du sentiment de notre vide & de notre imperfection. Mais l’une voudroit se former comme un nouvel être hors de nous; & l’autre s’attache à étendre & à cultiver notre fonds: ainsi la passion de la gloire veut nous aggrandir au-dehors, & celle des sciences au-dedans.”

On ne peut avoir l’ame grande, ou l’esprit un peu pénétrant, sans quelque passion pour les Lettres. Les Arts sont consacrés à peindre les traits de la belle nature; les Arts & les Sciences embrassent tout ce qu’il y a dans la pensée de noble ou d’utile; desorte qu’il ne reste à ceux qui les rejettent, que ce qui est indigne d’être peint ou enseigné. C’est très-faussement qu’ils prétendent s’arrêter à la possession des mêmes choses que les autres s’amusent à considérer. Il n’est pas vrai qu’on possede ce qu’on discerne si mal, ni qu’on estime la réalité des choses, quand on en méprise l’image: l’expérience fait voir qu’ils mentent, & la réflexion le confirme.”

La plûpart des hommes honorent les Lettres, comme la religion & la vertu, c’est-à-dire, comme une chose qu’ils ne peuvent, ni connoître, ni pratiquer, ni aimer.”

Personne néanmoins n’ignore que les bons Livres sont l’essence des meilleurs esprits, le précis de leurs connoissances & le fruit de leurs longues veilles: l’étude d’une vie entiere s’y peut recueillir dans quelques heures; c’est un grand secours.”

rarement l’étude est utile lorsqu’elle n’est pas accompagnée du commerce du monde. Il ne faut pas séparer ces deux choses: l’une nous apprend à penser, l’autre à agir, l’une à parler, l’autre à écrire; l’une à disposer nos actions, & l’autre à les rendre faciles. L’usage du monde nous donne encore l’avantage de penser naturellement, & l’habitude des Sciences, celui de penser profondément.”

BABOSEIRISMO: “Amour du Prochain. L’amour du prochain est de tous les sentimens le plus juste & le plus utile: il est aussi nécessaire dans la société civile, pour le bonheur de notre vie, que dans le christianisme pour la félicité éternelle.”

Lorsque les amans se demandent une sincérité réciproque pour savoir l’un & l’autre quand ils cesseront de s’aimer, c’est bien moins pour vouloir être avertis quand on ne les aimera plus, que pour être mieux assûrés qu’on les aime lorsqu’on ne dit point le contraire. § Comme on n’est jamais en liberté d’aimer ou de cesser d’aimer, l’amant ne peut se plaindre avec justice de l’inconstance de sa maîtresse, ni elle de la légereté de son amant. § L’amour, aussi-bien que le feu, ne peut subsister sans un mouvement continuel, & il cesse de vivre dès qu’il cesse d’espérer ou de craindre.”

interrogez les yeux de la personne qui vous tient dans ses chaînes. Si sa présence intimide vos sens & les contient dans une soûmission respectueuse, vous l’aimez. Le véritable amour interdit même à la pensée toute idée sensuelle, tout essor de l’imagination dont la délicatesse de l’objet aimé pourroit être offensée, s’il étoit possible qu’il en fut instruit: mais si les attraits qui vous charment font plus d’impression sur vos sens que sur votre âme; ce n’est point de l’amour, c’est un appétit corporel.”

Un amour vrai, sans feinte & sans caprice,

Est en effet le plus grand frein du vice;

Dans ses liens qui sait se retenir,

Est honnête-homme, ou va le devenir.”

Voltaire, L’Enfant Prodigue, Comédie en Vers Dissillabes.

Quiconque est capable d’aimer est vertueux: j’oserois même dire que quiconque est vertueux est aussi capable d’aimer; comme ce seroit un vice de conformation pour le corps que d’être inepte à la génération, c’en est aussi un pour l’âme que d’être incapable d’amour.

Je ne crains rien pour les moeurs de la part de l’amour, il ne peut que les perfectionner; c’est lui qui rend le coeur moins farouche, le caractère plus liant, l’humeur plus complaisante. On s’est accoûtumé en aimant à plier sa volonté au gré de la personne chérie; on contracte par-là l’heureuse habitude de commander à ses desirs, de les maîtriser & de les réprimer; de conformer son goût & ses inclinations aux lieux, aux tems, aux personnes”

le véritable amour est extrèmement rare. Il en est comme de l’apparition des esprits; tout le monde en parle, peu de gens en ont vû.” Maximes de la Rochefoucauld.

o verdadeiro amor é extremamente raro. Ele é como a aparição de fantasmas; todo mundo deles fala, pouca gente os viu.”

Máximas de La Rochefoucauld.

Un amant, dupe de lui-même, peut croire aimer sans aimer en esset[?]: un mari sait au juste s’il aime.” “Um namorado, enganando-se a si mesmo, pode acreditar que ama sem amar de verdade: um marido sabe com precisão se ama ou não.”

NUNCA O DIVÓRCIO, NO MUNDO CATÓLICO: “S’il est possible, substituez l’amitié à l’amour: mais je n’ose même vous flatter que cette ressource vous reste. L’amitié entre deux époux est le fruit d’un long amour, dont la joüissance & le tems ont calmé les bouillans transports. Pour l’ordinaire sous le joug de l’hymen, quand on ne s’aime point on se hait, ou tout au plus les génies de la meilleure trempe se renferment dans l’indifférence.”

Se for possível, substitua o amor pela amizade no casamento que não está dando certo: mas nem ouso iludi-lo com a certeza de que ainda resta este recurso. A amizade entre dois esposos é o fruto de um longo amor, em que o prazer e o tempo acalmaram, juntos, as explosões mais ardentes. De ordinário, sob o jugo do himeneu, quando não se ama se odeia, ou então, no caso dos gênios mais bem-constituídos, impera a mais tácita indiferença.

On ne conserve un coeur que par les mêmes moyens qu’on a employés pour le conquérir.” “Não se conserva um coração senão pelos mesmos métodos empregados para conquistá-lo.”

mèrecenaire

elle est d’un état trop honnête pour allaiter son propre enfant. (…) Ce lait qu’il a sucé n’étoit point fait pour ses organes: ç’a donc été pour lui un aliment moins profitable que n’eût été le lait maternel. Qui sait si son tempérament robuste & sain dans l’origine n’en a point été altéré? qui sait si cette transformation n’a point influé sur son coeur? l’âme & le corps sont si dépendans l’un de l’autre! s’il ne deviendra pas un jour, précisément par cette raison, un lâche, un fourbe, un malfaiteur? Le fruit le plus délicieux dans le terroir qui lui convenoit, ne manque guère à dégénérer, s’il est transporté dans un autre.”

Le premier qui fut Roi, fut un soldat heureux, dit un de nos grands Poëtes (Mèrope, Tragédie de M. de Voltaire)”

Un père qui n’aime point ses enfans est un monstre: un roi qui n’aime point ses sujets est un tyran. Le père & le roi sont l’un & l’autre des images vivantes de Dieu, dont l’empire est fondé sur l’amour.”

Dieu lui-même ne commande rien, sans effrayer par des menaces, & inviter par des promesses.” Deus mesmo nada comanda, sem amedrontar com ameaças, e encorajar com promessas.”

IRMÃO ALOÍSIO, PAS DIOGO: “Mais quel est donc le noeud de l’amitié des frères? Une fortune, un nom commun, même naissance & même éducation, quelquefois même caractère; enfin l’habitude de se regarder comme appartenant les uns aux autres, & comme n’ayant qu’un seul être; voilà ce qui fait que l’on s’aime, voilà l’amour propre, mais trouvez le moyen de séparer des frères d’intérêt, l’amitié lui survit à peine; l’amour propre qui en étoit le fond se porte vers d’autres objets.”

Avec l’amour de nous-mêmes, disent-ils, on cherche hors de soi son bonneur; on s’aime hors de soi davantage, que dans son existence propre; on n’est point soi-même son objet. L’amour-propre au contraire subordonne tout à ses commodités & à son bien-être: il est à lui-même son objet & sa fin; desorte qu’au lieu que les passions qui viennent de l’amour de nous-mêmes nous donnent aux choses, l’amour-propre veut que les choses se donnent à nous, & se fait le centre de tout.”

nous aimons nos enfans parce qu’ils sont nos enfans; s’ils étoient les enfans d’un autre, ils nous seroient indifféréns. Ce n’est donc pas eux que nous aimons, c’est la proximité qui nous lie avec eux”

La proximité de profession produit presque toûjours plus d’aversion que d’amitié, par la jalousie qu’elle inspire aux hommes les uns pour les autres: mais celle des conditions est presque toûjours accompagnée de bienveillance.”

Le vulgaire qui déclame ordinairement contre l’amitié intéressée, ne sait ce qu’il dit. Il se trompe en ce qu’il ne connoît, généralement parlant, qu’une sorte d’amitié intéressée, qui est celle de l’avarice; au lieu qu’il y a autant de sortes d’affections intéréssées, qu’il y a d’objets de cupidité.”

quelle différence y a-t-il au fond entre l’intérêt & la reconnoissance?C’est que le prémier a pour objet le bien à venir, au lieu que la dernière a pour objet le bien passé.”

persone ne veut être ridicule; on aimerai mieux être haïssable; ainsi on ne veut jamais de bien aux copies dont le ridicule réjaillit sur l’original.”

les vices qui sont au-dedans de nous, font l’amour que nous avons pour les vertus des autres”

Chercher son bonheur, ce n’est point vertu, c’est nécessité: car il ne dépend point de nous de vouloir être heureux; & la vertu est libre. L’amour propre, à parler exactement, n’est point une qualité qu’on puisse augmenter ou diminuer. On ne peut cesser de s’aimer: mais on peut cesser de se mal aimer.”

notre corps n’est pas à nous; il est à Dieu, il est à l’Etat, à notre famille, à nos amis: nous devons le conserver dans sa force, selon l’usage que nous sommes obligés d’en faire”

* AMOUR ou CUPIDON (Myth.) Dieu du Paganisme, dont on a raconté la naissance de cent manieres différentes, & qu’on a représenté sous cent formes diverses, qui lui conviennent presque toutes également. L’amour demande sans cesse, Platon a donc pû le dire fils de la pauvreté; il aime e trouble & semble être né du chaos comme le prétend Hésiode: c’est un mélange de sentimens sublimes, & de desirs grossiers, c’est ce qu’entendoit apparemment Sapho, quand elle faisoit l’amour, fils du ciel & de la terre. Je crois que Simonide avoit en vûe le composé de force & de foiblesse qu’on remarque dans la conduite des amans, quand il pensa que l’amour étoit fils de Venus & de Mars. Il naquit selon Alcmeon, de Flore & de Zéphire, symboles de l’inconstance & de la beauté. Les uns lui mettent un bandeau sur les yeux, pour montrer combien il est aveugle; & d’autres un doigt sur la bouche, pour marquer qu’il veut de la discrétion. On lui donne des ailes, symboles de légereté; un arc, symbole de puissance; un flambeau allumé, symbole d’activité: dans quelques Poëtes, c’est un dieu ami de la paix, de la concorde, & de toutes vertus; ailleurs, c’est un dieu cruel, & père de tous les vices: & en effet, l’amour est tout cela, selon les âmes qu’il domine. Il a même plusieurs de ces caractères successivement dans la même âme: il y a des amans qui nous le montrent dans un instant, fils du ciel; & dans un autre, fils de l’enfer. L’amour est quelquefois encore représenté, tenant par les ailes un papillon, qu’il tourmente & qu’il déchire: cette allégorie est trop claire pour avoir besoin d’explication.”