L’ENCYCLOPÉDIE – AD

Ad

* ADAD ou ADOD, s. m. (Myth.) divinité des Assyriens, que les uns prennent pour le soleil, d’autres pour cet Adad qui fut étouffé par Azael qui lui succéda, & qui fut adoré ainsi qu’Adad par les Syriens, & surtout à Damas, au rapport de Josephe. Antiq. Judaïq.

ADAM. “Ce n’est pas précisément comme nom propre, mais comme nom appellatif, que nous plaçons dans ce Dictionnaire le nom d’Adam, qui désigne tout homme en général, & répond au grec A’NTRWPO; qui répond au Grec PURRO\, & au Latin rufus [rubro; vermelho], à cause de la couleur roussâtre de la terre, dont, selon les Interpretes, Adam avoit été tiré.”

Il faut nécessairement en revenir à ce double état de félicité & de misère, de foiblesse & de grandeur, pour concevoir comment l’homme, même dans l’état présent, est un composé si étrange de vices & de vertus, si vivement porté vers le souverain bien, si souvent entraîné vers le mal, & suet à tant de maux qui paroissent à la raison seule les châtimens d’un crime commis anciennement. Les Payens même avoient entrevû les ombres de cette vérité, & elle est la base fondamentale de leur métempsycose, & la clé unique de tout le système du Christianisme.”

S. Augustin est le premier qui les ait développés à fond, & prouvé solidement l’un & l’autre dans ses écrits contre les Manichéens & les Pélagiens; persuadé que pour combattre avec succès ces deux Sectes opposées, il ne pouvoit trop insister sur l’extrème différence de ces deux états, relevant contre les Manichéens le pouvoir du libre arbitre dans l’homme innocent, & après sa chûte, la force toute-puissante de la grace pour combattre les maximes des Pélagiens”

On demande, 1°, combien de tems Adam & Eve demeurerent dans le jardin de délices. Quelques-uns les y laissent plusieurs années, d’autres quelques jours, d’autres seulement quelques heures. Dom Calmet pense qu’ils y pûrent demeurer 10 ou 12 jours, & qu’ils en sortirent vierges.

2°. Plusieurs auteurs Juifs ont prétendu que l’homme & la femme avoient été créés ensemble & collés par les épaules ayant quatre piés, quatre mains & deux têtes semblables en tout, hors le sexe, & que Dieu, leur ayant envoyé un profond sommeil, les sépara & en forma deux personnes: idée qui a beaucoup de rapport aux Androgynes de Platon. Voyez Androgyne. Eugubin [Agostino Steuco, italiano do séc. XVI, dono de antiquário e contra-reformista], in Cosmopoeia, veut qu’ils aient été unis, non par le dos, mais par les côtés; ensorte que Dieu, selon l’Écriture, tira la femme du côté d’Adam: mais cette opinion ne s’accorde pas avec le texte de Moyse, dans lequel on trouveroit encore moins de traces de la vision extravagante de la fameuse Antoinette Bourignon [misticista do séc. XVII], qui prétendoit q’Adam avoit été créé hermaphrodite, & qu’avant sa chûte il avoit engendré seul le corps de Jesus-Christ.

JOÃO E O PÉ-DE-ADÃO: “3°. On n’a pas moins débité de fables sur la beauté & la taille d’Adam. On a avancé qu’il étoit le plus bel homme qui ait jamais été, & que Dieu, pour le former, se revêtit d’un corps humain parfaitement beau. D’autres ont dit qu’il étoit le plus grand géant qui eût jamais été, & ont prétendu prouver cette opinion par ces paroles de la Vulgate, Josué, ch. XIV: Nomen Hebron ante vocabatur Cariath-Arbé, Adam maximus ibi inter Enachim situs est; mais dans le passage le mot Adam n’est pas le nom propre du premier homme, mais un nom appellatif qui a rapport à arbé; ensorte que le sens de ce passage est: cet homme (Arbé) étoit le plus grand ou le père des Enachims. Sur ce fondement, & d’autres semblables, les Rabbins ont enseigné que le premier homme étoit d’une taille si prodigieuse, qu’il s’étendoit d’un bout du monde jusqu’à l’autre, & qu’il passa des isles Atlantiques dans notre continent sans avoir au milieu de l’Océan de l’eau plus haut que la ceinture: mais que depuis son péché Dieu appesantit sa main sur lui, & le réduisit à la mesure de 100 aunes [medida francesa antiga =~ 73m]. D’autres lui laissent la hauteur de 900 coudées, c’est-à-dire, de plus de 1.300 piés [circa 400m], & disent que ce fut à la prière des Anges effrayés de la première hauteur d’Adam, que Dieu le réduisit à celle-ci.”

Ísis e o Pé-d’Aquiles

C’est sans fondement qu’on lui attribue l’invention des lettres hébraïques, le Pseaume XCI & quelques ouvrages supposés par les Gnostiques & d’autres Novateurs.”

ADAMITES ou ADAMIENS. “ils prirent le nom d’Adamites, parce qu’ils prétendoient avoir été rétablis dans l’état de nature innocente, être tels qu’Adam au moment de sa création, & par conséquent devoir imiter sa nudité. Ils détestoient le mariage, soûtenant que l’union conjugale n’auroit jamais eu lieu sur la terre sans le péché, & regardoient la joüissance des femmes en commun comme un privilége de leur prétendu rétablissement dans la Justice originelle. Quelqu’incompatibles que fussent ces dogmes infames avec une vie chaste, quelques-uns d’eux ne laissoient pas que de se vanter d’être continens, & assûroient que si quelqu’un des leurs tomboit dans le péché de la chair, ils le chassoient de leur assemblée, comme Adam & Eve avoient été chassés du Paradis terrestre pour avoir mangé du fruit défendu; qu’ils se regardoient comme Adam & Eve, & leur Temple comme le Paradis. Ce Temple après tout n’étoit qu’un soûterrain, une caverne obscure, ou un poële dans lequel ils entroient tout nuds, hommes & femmes [mangá Berserk!]; & là tout leur étoit permis, jusqu’à l’adultère & à l’inceste, dès que l’ancien ou le chef de leur société avoit prononcé ces paroles de la Genese 1:22: Crescite & multiplicamini. Théodoret ajoûte que, pour commettre de pareilles actions, ils n’avoient pas même d’égard à l’honnêteté publique, & imitoient l’impudence des Cyniques du paganisme. Tertullien assûre qu’ils nioient avec Valentin l’unité de Dieu, la nécessité de la prière, & jaitoient le martyre de folie & d’extravagance. Saint Clément d’Alexandrie dit qu’ils se vantoient d’avoir des livres secrets de Zoroastre, ce qui a fait conjecturer à M. de Tillemont qu’ils étoient adonnés à la magie. Epiph. hoers. 52. Théodoret, liv. I. hicar. fabular. Tertull. contr. Prax. c. 3. & in Scorpiac. c. 15. Clem. Alex. Strom. lib. 1. Tillemont, ome Il. page 280.

Tels furent les anciens Adamites. Leur secte obscure & détestée ne subsista pas apparemment longtems, puisque Saint Epiphane doute qu’il y en eût encore, lorsqu’il écrivoit: mais elle fut renouvellée dans le XIIe siècle par un certain Tandème connu encore sous le nom de Tanchelin, qui sema ses erreurs à Anvers sous le regne de l’Empereur Henri V. Les principales étoient qu’il n’y avoit point de distinction entre les Prêtres & les laïcs, & que la fornication & l’adultere étoient des actions saintes & méritoires. Accompagné de 3000 scélérats armés, il accrédita cette doctrine par son éloquence & par ses exemples; sa secte lui survécut peu, & fut éteinte par le zele de Saint Norbert.

D’autres Adamites reparurent encore dans le XIVe siecle sous le nom de Turlupins & de pauvres Frères, dans le Dauphiné & la Savoie. Ils soûtenoient que l’homme arrivé à un certain état de perfection, étoit affranchi de la loi des passions, & que bien loin que la liberté de l’homme sage consistât à n’être pas soûmis à leur empire, elle consistoit au contraire à secouer [romper] le joug des Lois divines. Ils alloient tous nuds, & commettoient en plein jour les actions les plus brutales. Le Roi Charles V secondé par le zele de Jacques de Mora, Dominicain & Inquisiteur à Bourges, en fit périr plusieurs par les flammes [que interessante contraste…]; on brûla aussi quelques-uns de leurs livres à Paris dans la Place du marché aux pourceaux, hors la rue Saint Honoré.”

Picard trompoit les peuples par ses prestiges, & se qualifioit fils de Dieu: il prétendoit que comme un nouvel Adam il avoit été envoyé dans le monde pour y rétablir la loi de nature, qu’il faisoit surtout consister dans la nudité de toutes les parties du corps, & dans la communauté des femmes. Il ordonnoit à ses disciples d’aller nuds par les rues & les places publiques, moins réservé à cet égard que les anciens Adamites, qui ne se permettoient cette licence que dans leurs assemblées. Quelques Anabaptistes tenterent en Hollande d’augmenter le nombre des sectateurs de Picard: mais la séverité du Gouvernement les eut bientôt dissipés. Cette secte a aussi trouvé des partisans en Pologne & en Angleterre: ils s’assemblent la nuit; & l’on prétend qu’une des maximes fondamentales de leur société est contenue dans ce vers,

Jura, perjura, secretum prodere noli.

Quelques Savans sont dans l’opinion que l’origine des Adamites remonte beaucoup plus haut que l’établissement du Christianisme: ils se fondent sur ce que Maacha mère d’Asa, Roi de Juda, étoit grande Prêtresse de Priape, & que dans les sacrifices nocturnes que les femmes faisoient à cette idole obscène, elles paroissoient toutes nues. Le motif des Adamites n’étoit pas le même que celui des adorateurs de Priape; & l’on a vû par leur Théologie qu’ils n’avoient pris du Paganisme que l’esprit de débauche, & non le culte de Priape. Voyez Priape. (G)”

* ADARGATIS ou ADERGATIS ou ATERGATIS, (Myth.) divinité des Syriens, femme du dieu Adad. Selden prétend qu’Adargatis vient de Dagon par corruption. C’est presqu’ici le cas de l’épigramme: Mais il faut avouer aussi qu’en venant de-là jusqu’ici elle a bien changé sur la roue. On la prend pour la Derecto des Babyloniens & la Venus des Grecs.”

* ADONAÏ, s. m. (Théol.) est, parmi les Hébreux, un des noms de Dieu, & signifie Seigneur. Les Massoretes ont mis sous le nom que l’on lit aujourd’hui Jehova, les points qui conviennent aux consonnes du mot Adonaï, parce qu’il étoit défendu chez les Juifs de prononcer le nom propre de Dieu, & qu’il n’y avoit que le Grand-Prêtre qui eût ce privilége, lorsqu’il entroit dans le Sanctuaire. Les Grecs ont aussi mis le mot Adonaï à tous les endroits où se trouve le nom de Dieu. Le mot Adonaï est dérivé d’une racine qui signifie base & fondement, & convient à Dieu, en ce qu’il est le soûtien de toutes les créatures, & qu’il les gouverne. Les Grecs l’ont traduit par XURIO, & les Latins par Dominus. Il s’est dit aussi quelquefois des hommes, comme dans ce verser du Pseaume 104. Constituit eum Dominum doms suoe, en parlant des honneurs auxquels Pharaon éleva Joseph, où le texte hébreu porte: Adonaï. Genebrard, le Clerc, Cappel, de nomine Dei Tetragramm. (G)”

* ADONÉE, (Myth.) nom que les Arabes donnoient au Soleil & à Bacchus, qu’ils adoroient. Ils offroient au premier tous les jours de l’encens & des parfums.”

ADOPTIENS, s. m. pl. (Théolog.) hérétiques du huitieme siecle, qui prétendoient que Jesus-Christ, en tant qu’Homme, n’étoit pas fils propre ou fils naturel de Dieu, mais seulement son fils adoptif.”

* ADRAMELECH, s. m. (Myth.) faux Dieu des Sépharraïmites, peuples que les Rois d’Assyrie envoyerent dans la Terre-sainte après que Salmanazar eut détruit le Royaume d’Israël. Les adorateurs d’Adramelech faisoient brûler leurs enfans en son honneur. On dit qu’il étoit représenté sous la forme d’un mulet [mula], d’autres disent sous celle d’un paon [pavão].”

* ADRASTÉE ou ADRASTIE, s. f. (Myth.) Divinité autrement appellée Nemesis, fille de Jupiter & de la Nécessité, ou, selon Hésiode, de la Nuit: c’étoit la vangeresse des crimes. Elle examinoit les coupables du haut de la sphere de la lune où les Egyptiens l’avoient reléguée.”

ADULTÈRE. “Les anciens Romains n’avoient point de loi formelle contre l’adultere; l’accusation & la peine en étoient arbitraires. L’Empereur Auguste fut le premier qui en fit une, qu’il eut le malheur de voir exécuter dans la personne de ses propres enfans: ce fut la loi Julia, qui portoit peine de mort contre les coupables: mais, quoiqu’en vertu de cette loi, l’accusation du crime d’adultere fût publique & permise à tout le monde, il est certain néanmoins que l’adultere a toûjours été consideré plûtôt comme un crime domestique & privé, que comme un crime public; ensorte qu’on permettoit rarement aux étrangers d’en poursuivre la vengeance, surtout si le mariage étoit paisible, & que le mari ne se plaignît point.

A présent, dans la plûpart des contrées de l’Europe, l’adultere n’est point réputé crime public; il n’y a que le mari seul qui puisse accuser sa femme: le Ministère public même ne le pourroit pas, à moins qu’il n’y eùt un grand scandale”

Lycurgue punissoit un homme convaincu d’adultere comme un parricide; les Locriens lui crevoient les yeux; & la plûpart des peuples orientaux punissent ce crime très-séverement.” “En Espagne on punissoit le coupable par le retranchement des parties qui avoient été l’instrument du crime.” “En Pologne, avant que le Christianisme y fût établi, on punissoit l’adultere & la fornication d’une façon bien singuliere. On conduisoit le criminel dans la place publique; là on l’attachoit avec un crochet [gancho] par les testicules, lui laissant un rasoir [lâmina] à sa portée; de sorte qu’il falloit de toute nécessité qu’il se mutilât lui-même pour se dégager; à moins qu’il n’aimât mieux périr dans cet état.”

Les lois concernant l’adultere sont à présent bien mitigées. Toute la peine qu’on inflige à la femme convaincue d’adultere, c’est de la priver de sa dot & de toutes ses conventions matrimoniales, & de la reléguer dans un monastere. On ne la fouette [chicoteia] même pas, de peur que si le mari se trouvoit disposé à la reprendre, cet affront public ne l’en détournât.”

Il y eut un tems où les Lacédemoniens, loin de punir l’adultere, le permettoient, ou au moins le toléroient, à ce que nous dit Plutarque.

L’adultere rend le mariage illicite entre les deux coupables, & forme ce que les Theologiens appellent impedimentum criminis.”

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