“l’utopie de la traduction automatique.”
“Nida illustre assez bien cet itinéraire: parti de la grammaire transformationnelle (1964), il en vient aux analyses componentielles, sémiques, pour peu à peu intégrer les dimensions sociales et culturelles (avec Taber, 1969). La linguistique contrastive elle-même a connu des evolutions: tantôt héritière d’une tradition pure et dure, tantôt aliant au-delà de la proposition (Vinay-Darbelnet, 1958; Guillemin-Flescher, 1981), se mettant parfois dans un cadre théorique précis – cf. par exemple la systématique comparée de Garnier (1985) appliquant la psychomécanique du langage due à G. Guillaume.”
“Linguistique et traduction: quel est désormais le sens de cet ordre des mots? Qu’implique la conjonction «et»? La coordination? La subordination? La complementarité? L’inclusion?”
Um tradutólogo, um lingüista pós-estruturalista e um tradutor freela entram num bar…
“La linguistique s’est élargie pour devenir sciences du langage. Le passage d’un générique singulier au pluriel n’est pas un accident. Il ne s’agit pas d’un domaine monolithique ni statique: les écoles et tendances y foisonnent dorénavant et surtout les objets d’analyse, les methodologies, les présupposés… y sont divers. On ne peut que s’étonner des lors que certains en traductologie aient jeté le bébé avec l’eau du bain, contestant la légitimité sinon la nécessité de la composante linguistique dans l’approche de la traduction, en se bloquant sur un état daté de la recherche linguistique (réduite au formalisme des années 60).”
“Le tournant dit culturel en traductologie (années 80) n’a pas rendu obsoletes toutes ces reflexions théoriques, méthodologiques, didactiques. Chomskyenne, fonctionnelle (avec le cercle de Prague), systémique (avec Halliday), pragmatique, textuelle, cognitive (cf. Tabakowska, 1993), «la» linguistique ne cesse de renouveler nos perceptions de la traduction. Il est dommage que traducteurs et traductologues ne fassent guère de remarques sur l’hétérogénéité structurée des langues, sur les variations textuelles, sur les enjeux culturels et identitaires de la communication verbale, alors méme qu’ils sont confrontés aux tensions interlinguistiques, interculturels et que leurs observations pourraient souvent enrichir, parfois contrecarrer, les hypotheses, les descriptions, les explications – élaborées à partir de corpus majoritairement monolingues.”
“Depuis Aristote… jusqu’aux etiquettes socio-commerciales d’aujourd’hui, chercheurs, auteurs de textes (y compris les traducteurs), usagers ont eu besoin de catégoriser textes et discours. Les études littéraires, rhétoriques, en folkloristique, en bibliothéconomie, et plus récemment en langues de specialité ont eu recours à diverses typologies pour organiser la masse des productions écrites et orales. On ne peut guère présentement mème résumer les débats sur les critères, la pertinence des regroupements proposes ni les polémiques sur les rapports éventuels entre types, genres, registres (cf. Trosborg, 1997). On admettra ici qu’un manuel d’entretien, un mode d’emploi, une lettre d’affaires, un roman policier, un article de presse, une pièce radiophonique, une page d’Internet… créent des attentes: ce sont des «genres» définis a priori, des pré-textes en quelque sorte qui orientent notre reception, tandis que les «types» (savant, polémique, vulgarisateur, didactique, informatif, argumentatif, etc.) sont dégagés a posteriori, suite à notre lecture, à partir de certains signes linguistiques. Genres et types, déterminés par des conventions, des traditions, des normes déterminent à leur tour des contraintes de production et d’interprétation. Un juriste qui plaiderait en vers se ferait sanctionner par l’Ordre des avocats; un scientifique qui voudrait publier dans une revue un exposé rédigé comme une recette de cuisine se heurterait au Comité de lecture.”
“Un éditorial (genre) est argumentatif en franęais mais plutôt informatif en finnois (c.-à-d. ne donnant pas une prise de position de la rédaction). En traduction aussi, on a tenté de classifier les textes habituellement à traduire – soit pour des raisons théoriques, soit à des fins d’enseignement. Divers paramètres ont été également utilises (cf. Hurtado Alibir, 1996)”
“en général, on a alors des tripartitions entre textes expressifs, informatifs et opératifs (par ex. Reiss, 1976; Newmark, 1981) ou des distictions binaires (traduction littéraire vs traduction pragmatique / Delisle, 1980)”
Tradução arrojada e tradução covarde, tout se resume en ça!
Tradução de famosinho ou quase-apócrifa.
Eu sou meu próprio cliente.
“Un ensemble de recherches actuelles, centrées sur des corpus de textes traduits, confirme que la traduction induit une langue hybride, qui n’est pas la resultante d’interférences, de calques… Ces traits sont spécifiques parce qu’ils ne sont pas ordinairement presents en quantité dans les textes rédigés directement en langue d’arrivée. C’est dire qu’un professionnel écrivant puis traduisant dans sa langue recourra à des tournures particulières différentes, préférera certaines constructions à d’autres, utilisera plus fréquemment des marques à la place d’autres, etc. De telles occurrences autorisent à penser que, texte de mediation, la traduction «se sent» nécessairement, sans qu’il s’agisse là d’un jugement de valeur equivalent à «mauvais». L’analyse empirique de divers corpus, notamment à Manchester, depuis 1993 (avec M. Baker, S. Laviosa et autres), confirme que ces traits traductionnels apparaissent indépendamment des langues de départ. Il y a là un riche paradigme avec données informatisées nombreuses, méthodes rigoreuses empruntant à la linguistique – tissant un nouveau lien entre traductologie et sciences de langage.”
“Le bitexte ou banque de données bitextuelles (textes-sources alignés de façon juxtalinéaire ou en parallèle avec leur(s) traduction(s)) devrait aussi faciliter la mise en oeuvre de projets de traduction <assistée par ordinateur>¹ basés sur des productions authentiques et non plus exclusivement sur des calculs formels.”
¹ A única ajuda do computador é na caligrafia, mon ami.
TRABALHO SISÍFICO: “Comprendre en vue de traduire n’a pas les mèmes exigences que comprendre pour extraire une information par exemple. En outre, la comprehension n’est pas une phase autonome dans le processus traductionnel (malgré certains modeles qui découpent ce processus en étapes bien tranchées): la reformulation en langue d’arrivée pour un public donné, exige parfois de réinterpréter son texte ou un paragraphe. Linguistes, logiciens, psycholinguistes, sémioticiens, neurolinguistes, cogniticiens se sont penchés, à des titres divers et pour des visées variables, sur la lecture (compréhension, calcul de sens, interpretation). En traductologie et en pédagogie de la traduction, la compréhension n’a pas encore donné lieu à beaucoup de travaux empiriques, expérimentaux (cf. Dancette, 1995). Le plus souvent, on a des affirmations non-démontrées, des répétitions de presupposés (du genre: il y a «un» sens, stable, caché dans le texte, immuable), ou encore référence à une philosophie du sens (herméneutique de Gadamer par ex., ou citations de Heidegger): la traduction consisterait à rendre «tout le sens». Avec un tel postulat, la formation des traducteurs ne marque aucune avancée. Très souvent aussi, la compréhension se réduit à la consignation de fautes de sens!”
Análise do Discurso é mais ou menos o resíduo do que não coube em nenhuma das disciplinas negritadas ou simplesmente citadas acima!
OBRAS REFERENCIADAS EM VERMELHO POR DATA DE PUBLICAÇÃO (& OUTRAS):
Baker , M. (1992), In other words, London-New York: Routledge.
Dancette, J. (1995), Parcours de traduction: étude expérimentale du processus de compréhension, Lille: P.U. de Lille.
Delisle, J. (1980), L’analyse du discours comme méthode de traduction, Ottawa: University of Ottawa Press.
Garnier , G. (1985), Linguistique et traduction. Caen: Paradigme.
Guillemin-Flescher , J. (1981), Syntaxe comparée du français et de l’anglais: problèmes de traduction, Paris: Ophrys.
Hurtado Albir (sic?), A. (1996), La traduction: classification et éléments d’analyse, Meta 41 (3), 366-377.
Koptjevskaja-Tamm, M. (1989), Linguistic translation theory in Soviet Union (1950-1980’s), Stockholm: TÖI – Université de Stockholm.
Newmark, P. (1981), Approaches to Translation, Oxford: Pergamon Press.
Nida, E. (1964), Towards a Science o f Translating: With Special Reference to Principles and Procedures Involved in Bible Translating, Leiden: E.J. Brill.
Nida, E. et Taber , C. (1969), The Theory and Practice of Translation, Leiden: E.J. Brill. Ver resumo conciso do 8º vol. da obra em https://seclusao.art.blog/2019/07/13/como-traduzir-a-biblia-the-theory-and-practice-of-translation-vol-viii-nida-eugene-taber-charles-1969-1982/.
Reiss, K. (1976), Texttyp und Übersetzungsmethode. Der Operative Text, Kronberg: Scriptor.
Tabakowska, E. (1993), Cognitive Linguistics and Poetics of Translation, Tübingen: Gunter Narr.
Trosborg, A. (ed.) (1997), Text Typology and Translation, Amsterdam: J. Benjamins.
Van Dijk, T. (ed.) (1985), Handbook of Discourse Analysis (4 volumes), London: Academic Press.
Vinay, J. P. et Darbelnet , J. (1958), Stylistique comparée du français et de l’anglais: méthode de traduction, Paris: Didier. (upcoming no Seclusão!)
