ÂME. “Il ne peut y avoir que deux manieres d’envisager l’ame, ou comme une qualité, ou comme une substance. Ceux qui pensoient qu’elle n’étoit qu’une pure qualité, comme Epicure, Dicéarchus, Aristoxène, Asclepiade & Galien, croyoient & devoient nécessairement croire qu’elle étoit anéantie à la mort. Mais la plus grande partie des Philosophes ont pensé que l’ame étoit une substance. Tous ceux qui étoient de cette opinion ont soutenu unanimement qu’elle n’étoit qu’une partie séparée d’un tout, que Dieu étoit ce tout, & que l’ame devoit enfin s’y réunir par voie de réfusion.” “Ceux qui soûtenoient qu’il n’y avoit qu’une seule substance universelle étoient de vrais athées: leurs sentimens & ceux des Spinosistes modernes sont les mêmes; & Spinosa sans doute a puisé ses erreurs dans cette source corrompue de l’antiquité. Ceux qui soûtenoient qu’il y avoit dans la nature deux substances générales, Dieu & la matiere, concluoient en conséquence de cet axiome fameux, de rien rien, que l’une & l’autre étoient éternelles: ceux-ci formoient la classe des Philosophes Théistes & Déistes, approchant plus ou moins suivant leurs différentes subdivisions, de ce qu’on appelle le Spinosisme. Il faut remarquer que tous les sentimens des anciens sur la nature de Dieu tenoient beaucoup de ce systeme absurde. La seule barriere qui soit entr’eux & Spinosa, c’est que ce Philosophe ainsi que Straton, destituoit & privoit de la connoissance & de la raison cette force répandue dans le monde, qui selon lui en vivifioit les parties & entretenoit leur liaison, au lieu que les Philosophes Théistes donnoient de la raison & de l’intelligence à cette ame du monde. La divinité de Spinosa n’étoit qu’une nature aveugle, qui n’avoit ni vie ni sentiment, & qui néanmoins avoit produit tous ces beaux ouvrages, & y avoit mis sans le savoir une symmétrie & une subordination qui paroissent évidemment l’esset d’une intelligence très-éclairée, qui choisit & (sic?) ses fins & ses moyens.” “Voyez l’article de l’immatérialisme, où nous prouvons que les anciens Philosophes n’avoient eu aucune teinture de la véritable spiritualité.”
“Humanus autem animus decerptus est, mente divina, cum alio nullo nisi cum ipso Deo comparari potest.” « On ne rencontre rien, dans la nature terrestre, qui ait la faculté de se ressouvenir & de penser, qui puisse se rappeller le passé, considérer le présent, & prévoir l’avenir. Ces facultés sont divines; & l’on ne trouvera point d’où l’homme peut les avoir, si ce n’est de Dieu. Ainsi ce quelque chose qui sent, qui goûte, qui veut, est céleste & divin, & par cette raison il doit être nécessairement éternel » Cícero
“Celles qui s’étoient souillées par des vices ou par des crimes, passoient par une succession de corps différens, pour se purifier avant que de retourner à leur substance primitive. C’étoit-là les deux especes de métempsycoses naturelles, dont faisoient réellement profession ces deux écoles de Philosophie [Platônicos e Pitagóricos].” “les 4 grandes sectes de l’ancienne Philosophie; savoir les Pythagoriciens, les Platoniciens, les Péripatéticiens, & les Stoïciens”
« Pourquoi donc l’ame, que vous dites être immortelle, être Dieu, est-elle malade dans les malades, imbécille dans les enfans, caduque dans les vieillards? ô folie, démence, infatuation! » Arnobe (?)
“Après avoir parlé des ames sensitives, & déclaré qu’elles étoient mortelles, Aristote ajoûte que l’esprit ou l’intelligence existe de tout tems, & qu’elle est de nature divine: mais il fait une seconde distinction; il trouve que l’esprit est actif ou passif, & que de ces deux sortes d’esprit le premier est immortel & éternel, le second corruptible. Les plus savans Commentateurs de ce Philosophe ont regardé ce passage comme inintelligible, & ils se sont imaginés que cette obscurité provenoit des formes & des qualités qui infectent sa philosophie, & qui confondent ensemble les substances corporelles & incorporelles. (…) Aristote tire ici une conclusion contre son existence particuliere & distincte dans un état futur [e funda o Existencialismo, por assim dizer]: sentiment qui a été embrassé par tous les Philosophes, mais qu’ils n’ont pas tous avoüé aussi ouvertement.”
A ansiedade vai passar como a vontade, fique à vontade. Prolixo ansioso. Ânsia de vômito e sêmen, de engolir e ruminar, de introjetar, de ser invadido e libertar. Embraçar o embaraçado. Um ébrio médio, um Baco baço. Coceira no ventre, o baixo. Venta e molda o barro. Muda o endereço do bairro dos deuses. Sede nectarina da existência e dos assopros.
“Peu de tems après la naissance du Christianisme, les Philosophes étant puissamment attaqués par les écrivains chrétiens, altérerent leur philosophie & leur religion, en rendant leur philosophie plus religieuse, & leur religion plus philosophique. Parmi les rafinemens du paganisme, l’opinion qui faisoit de l’ame une partie de la substance divine, fut adoucie. Les Platoniciens la bornerent [confinerent] à l’amedes brutes. Toute puissance irrationnelle, dit Porphire, retourne par réfusion dans l’ame du tout. Et l’on doit remarquer que ce n’est seulement qu’alors que les Philosophes commencerent à croire réellement & sincerement le dogme des peines & des récompenses d’une autre vie. Mais les plus sages d’entre-eux n’eurent pas plûtôt abandonné l’opinion de l’ame universelle, que les Gnostiques, les Manichéens & les Priscilliens s’en emparerent: ils la transmirent aux Arabes, de qui les athées de ces derniers siecles, & notamment Spinosa, l’ont empruntée. § On demandera peut-être d’où les Grecs ont tiré cette opinion si étrange de l’ame universelle du monde; opinion aussi détestable que l’athéisme même, & que M. Bayle trouve avec raison plus absurde que le système des atomes de Démocrite & d’Epicure. On s’est imaginé qu’ils avoient tiré cette opinion d’Egypte. La nature seule de cette opinion fait suffisamment voir qu’elle n’est point Egyptienne: elle est trop rafinée, trop subtile, trop métaphysique, trop systématique: l’ancienne philosophie des Barbares (sous ce nom les Grecs entendoient les Egyptiens comme les autres nations) consistoit seulement en maximes détachées, transmises des maîtres aux disciples par la tradition, où rien ne ressentoit la spéculation, & où l’on ne trouvoit ni les rafinemens ni les subtilités qui naissent des systèmes & des hypothèses. Ce caractere simple ne régnoit nulle part plus qu’en Egypte. Leurs Sages n’étoient point des sophistes scholastiques & sédentaires, comme ceux des Grecs; ils s’occupoient entierement des affaires publiques de la religion & du gouvernement; & en conséquence de ce caractere, ils ne poussoient les Sciences que jusqu’où elles étoient nécessaires pour les usages de la vie. Cette sagesse si vantée des Egyptiens, dont il est parlé dans les saintes Écritures, consistoit essentiellement dans les arts du gouvernement, dans les talens de la législature, & dans la police de la société civile. § Le caractere des premiers Grecs, disciples des Égyptiens, confirme cette vérité; savoir, que les Egyptiens ne philosophoient ni sur des hypothèses, ni d’une maniere systématique. Les premiers Sages de la Grece, conformément à lusage des Égyptiens leurs maîtres, produisoient leur philosophie par maximes détachées & indépendantes, telle certainement qu’ils l’avoient trouvée, & qu’on la leur avoit enseignée. Dans ces anciens tems le Philosophe & le Théologien, le Législateur & le Poëte, étoient tous réunis dans la même personne: il n’y avoit ni diversité de sectes, ni succession d’écoles: toutes ces choses sont des inventions Greques § (…) Le plus beau principe de la Physique des Grecs eut deux auteurs, Démocrite & Séneque: le principe le plus vicieux de leur Métaphysique eut de même deux auteurs, Phérécide le Syrien, & Thalès le Milésien, Philosophes contemporains. § Phérécide le Syrien, dit Cicéron, fut le premier qui soûtint que les ames des hommes étoient sempiternelles; opinion que Pythagore son disciple accrédita beaucoup. § Quelques personnes, dit Diogene Laërce, prétendent que Thalès fut le premier qui soûtint que les ames des hommes étoient sempiternelles. Thalès, dit encore Plutarque, fut le premier qui enseigna que l’ame est une nature éternellement mouvante, ou se mouvant par elle-même.” “l’immortalité de l’ame étoit une chose que l’on avoit crue de tout tems? Homere l’enseigne, Hérodote rapporte que les Égyptiens l’avoient enseignée depuis les tems les plus reculés: c’est sur cette opinion qu’étoit fondée la pratique si ancienne de déifier les morts.”
O CÍRCULO CONTRA O TRIÂNGULO: “Suidas nous dit que Phérécide n’eut de maître que lui-même.” E eu digo que sou deus. “Le grand secret des mystères & le premier des mysteres qui furent inventés en Égypte, consistoit dans le dogme de l’unité de Dieu: c’étoit-là le mystère que l’on apprenoit aux Rois, aux Magistrats & à un petit nombre chois d’hommes sages & vertueux; & en cela même cette pratique avoit pour objet l’utilité de la société. (…) tout est Dieu: ce qui les a entraînés dans toutes les erreurs & les absurdités de notre spinosisme. Les Orientaux d’aujourd’hui ont aussi tiré originairement leur réligion d’Égypte, quoiqu’elle soit infectée du spinosisme le plus grossier: mais ils ne sont tombés dans cet égarement que par le laps de tems, & par l’effet d’une spéculation rafinée, nullement originaire d’Égypte. Ils en ont contracté le goût par la communication des Arabes-Mahométans, grands partisans de la Philosophie des Grecs, & en particulier de leur opinion sur la nature de l’ame.”
“Anima velut surculus quidam ex matrice Adami in propaginem deducta, & genitalibus semine foveis commodata. Pullulabit tam intellectu quam & sensu.” Tertullien
“M. Leibnitz a sur l’origine des ames un sentiment qui lui est particulier. Le voici: il croit que les ames ne sauroient commencer que par la création, ni finir que par l’annihilation; & comme la formation des corps organiques animés ne lui paroit explicable dans l’ordre, que lorsqu’on suppose une préformation déjà organique; il en infere que ce que nous appellons génération d’un animal, n’est qu’une transformation & augmentation: ainsi puisque le même corps étoit déjà organisé, il est à croire, ajoûte-t-il, qu’il étoit déjà animé, & qu’il avoit la même ame.”
“Encore aujourd’hui il y a peu d’hommes en Orient qui aient une connoissance parfaite de la spiritualité.”
PERSEGUIÇÃO INTELECTUAL: “Spinosa ayant une fois posé pour principe qu’il n’y a qu’une substance dans l’univers, s’est vû forcé par la suite de ses principes à détruire la spiritualité de l’ame. Il ne trouve entre elle & le corps d’autre différence que celle qu’y mettent les modifications diverses, modifications qui sortent néanmoins d’une même source, & possedent un même sujet. Comme il est un de ceux qui paroît avoir le plus étudié cette matiere, qu’il me soit permis de donner ici un précis de son système & des raisons sur lesquelles il prétend l’appuyer. Ce Philosophe prétend donc qu’il y a une ame universelle répandue dans toute la matiere, & surtout dans l’air, de laquelle toutes les ames particulieres sont tirées; que cette ame universélle est composée d’une matiere déliée & propre au mouvement, telle qu’est celle du feu; que cette matiere est toûjours prête à s’unir aux sujets disposés à recevoir la vie, comme la matiere de la flamme est prête à s’attacher aux choses combustibles qui sont dans la disposition d’être embrasées.” “Ainsi les corps ne sont que des modifications qui peuvent exister ou non exister sans faire aucun tort à la substance; ils caractérisent & déterminent la matiere ou la substance, à peu près comme les passions caractérisent & déterminent un homme indifférent à être mû ou à rester tranquille. En conséquence, la matiere n’est ni corporelle ni incorporelle; sans doute, parce qu’il n’y a qu’une seule substance dans l’univers, corporelle en ce qui est corps, incorporelle en ce qui ne l’est point. (…) Aussi Pythagore & Platon conviennent-ils l’un & l’autre, que Dieu existoit avant qu’il y eût des corps, mais non avant qu’il y eût de la matiere, l’idée de la matiere ne demandant point l’existence actuelle du corps.” “Mais si par substance Spinosa entend une substance idéale métaphysique & arbitraire, il ne dit rien; car ce qu’il dit ne signifie autre chose, sinon qu’il ne peut y avoir dans l’univers deux essences différentes qui aient une même essence? Qui en doute? C’est à la faveur d’une équivoque aussi grossiere qu’il soûtient qu’il n’y a qu’une seule substance dans l’univers.”
“Ce seroit une extravagance de dire que l’esprit de l’homme fût un point mathématique, puisque le point mathématique n’existe que dans l’imagination. Ce n’est pas aussi un point physique ou un atome. Outre qu’un atome indivisible répugne par lui-même, cette ridicule pensée n’est jamais tombée dans l’esprit d’aucun homme, non pas même d’aucun Épicurien.”
“Spinosa pose comme un principe de sa Philosophie, que l’esprit n’a aucune faculté de penser ni de vouloir: mais seulement il avoüe qu’il a telle ou telle pensée, telle ou telle volonté. Ainsi par l’entendement, il n’entend autre chose que les idées actuelles qui surviennent à l’homme. Il faut avoir un grand penchant à adopter l’absurdité, pour recevoir une philosophie si ridicule.” APENAS CHAUVINISMO: “Cet absurde système a été embrassé par Hobbes: écoutons-le expliquer la nature & l’origine des sensations.”
PRÉ-SAUSSUREANOS: “quand on entend dire Dieu, l’Arabe reçoit le même mouvement d’air à la prononciation de ce mot François; le tympan de son oreille, les petits os qu’on nomme l’enclume & le marteau, reçoivent de ce mouvement d’air la même secousse & le même tremblement qui se fait dans l’oreille & dans la tête d’une personne qui entend le François. Par conséquent tous ces petits corps qu’on suppose composer l’esprit humain, sont remués de la même maniere, & reçoivent les mêmes impressions dans la tête d’un Arabe que dans celle d’un François; par conséquent encore un Arabe attacheroit au mot de Dieu la même idée que le François, parce que les petits corps subtils & agités qui composent l’esprit humain, selon Epicure & les Athées, ne sont pas d’une autre nature chez les Arabes que chez les François. Pourquoi donc l’esprit de l’Arabe ne se forme-t-il à la prononciation du mot Dieu aucune autre idée que celle d’un son, & que l’esprit d’un François joint à l’idée de ce son celle d’un être tout parfait, Créateur du ciel & de la terre? Voici un détroit pour les Athées & pour ceux qui nient la spiritualité de l’ame, d’où ils ne pourront se tirer, puisque jamais ils ne pourront rendre raison de cette différence qui se rencontre entre l’esprit de l’Arabe & celui du François. § (…) comme l’Arabe qui ne sait pas la langue Françoise ignore cette convention, il ne reçoit que la seule idée du son, sans y en joindre aucune autre. Cette vérité est constante, & il n’en faut pas davantage pour détruire les principes d’Epicure, d’Hobbes, & de Spinosa; car je voudrois bien savoir quelle seroit la partie contractante dans cette convention; à ce mot Dieu, je joindrai l’idée d’un être tout parfait; ce ne sera pas ce corps sensible & palpable, chacun en convient; ce ne sera pas aussi cet amas de corps subtils & agités, qui sont l’esprit humain, selon le sentiment de ces Philosophes, parce que ces esprits reçoivent toutes les impressions de l’objet, sans pouvoir rien faire au-delà: or ces impressions étoient les mêmes, & parfaitement semblables, lorsque l’Arabe entendoit prononcer ce mot Dieu, sans savoir pourtant ce qu’il signifioit. Il faut donc nécessairement qu’il y ait quelqu’autre cause que ces petits corps avec laquelle on convienne qu’à ce mot Dieu l’ame se représentera l’être tout parfait, de la même maniere qu’on peut convenir avec le Gouverneur d’une place assiégée, qu’à la décharge de 20 ou 30 volées de canon, il doit assûrer les habitans qu’ils seront bien-tôt secourus.”
“1e. quand on a les yeux ouverts, en pensant fortement à quelque chose, il arrive très-souvent qu’on n’apperçoit pas les objets qui sont devant soi, quoiqu’ils envoyent à nos yeux les mêmes especes & les mêmes rayons, que lorsqu’on y fait plus d’attention. De sorte qu’outre tout ce qui se passe dans l’oeil & dans le cerveau, il faut qu’il y ait encore quelque chose qui considere & qui examine ces impressions de l’objet, pour le voir & pour le connoître.”
Precursores de uma longa discussão que não leva a nada: “Le néant, le pur néant, quoiqu’il ne puisse produire aucune impression, parce qu’il ne peut agir, ne laisse pas d’être l’objet de la pensée, de même que ce qui existe. L’esprit, par sa propre vertu & par la faculté qu’il a de penser, tire le néant de l’abysme pour le confronter avec l’être, & pour reconnoître que ces deux idées du néant & de l’étre se détruisent réciproquement.”
“la question de la matérialité de l’ame, portée au tribunal de la raison, sera décidée en faveur de M. Locke.”
“La question de l’immortalité de l’ame est nécessairement liée avec la spiritualité de l’ame. Nous ne connoissons de destruction que par l’altération ou la séparation des parties d’un tout; or nous ne voyons point de parties dans l’ame: bien plus nous voyons positivement que c’est une substance parfaitement une & qui n’a point de parties. Pherécide le Syrien est le premier qui au rapport de Cicéron & de S. Augustin, répandit dans la Grèce le dogme de l’immortalité de l’ame. Mais ni l’un ni l’autre ne nous détaillent les preuves dont il se servoit, & de quelles preuves pouvoit se servir un Philosophe qui, quoique rempli de bon sens, confondoit les substances spirituelles avec les matérielles, ce qui est esprit avec ce qui est corps. On sait seulement que Pythagore n’entendit point parler de ce dogme dans tous les voyages qu’il fit en Égypte & en Assyrie, & qu’il le reçut de Phérécide, touché principalement de ce qu’il avoit de neuf & d’extraordinaire. L’Orateur Romain ajoûte que Platon étant venu en Italie pour converser avec les disciples de Pythagore approuva tout ce qu’ils disoient de l’immortalité de l’ame, & en donna même une sorte de démonstration qui fut alors très applaudie: mais il faut avoüer que rien n’est plus frêle que cette démonstration, & qu’elle part d’un principe suspect. En effet, pour connoître quelle espece d’immortalité il attribuoit à l’ame, il ne faut que considérer la nature des argumens qu’il emploie pour la prouver. Les argumens qui lui sont particuliers & pour lesquels il est si fameux ne sont que des argumens métaphysiques tirés de la nature & des qualités de l’ame, & qui par conséquent ne prouvent que sa permanence, & certainement il la croyoit; mais il y a de la différence entre la permanence de l’ame pure & simple, & la permanence de l’ame accompagnée de châtimens & de récompenses. Les preuves morales sont les seules qui puissent prouver un état futur & proprement nommé de peines & de récompenses. Or Platon, loin d’insister sur ce genre de preuves, n’en allegue point d’autres, comme on peut le voir dans le douzieme livre de ses lois, que l’autorité de la tradition & de la religion. Je tiens tout cela pour vrai, dit-il, parce que je l’ai oüi dire. Par là il fait assez voir qu’il en abandonne la vérité, & qu’il n’en réclame que l’inutilité. 2e. L’opinion de Platon sur la métempsycose a donné lieu de le regarder comme le plus grand défenseur des peines & des récompenses d’une autre vie. A l’opinion de Pythagore qui croyoit la transmigration des ames purement naturelle & nécessaire, il ajoûta que cette transmigration étoit destinée à purifier les ames qui ne pouvoient point à cause des souillures qu’elles avoient contractées ici bas, remonter au lieu d’où elles étoient descendues, ni se rejoindre à la substance universelle dont elles avoient été séparées; & que par conséquent les ames pures & sans tache ne subissoient point la métempsycose. Cette idée étoit aussi singuliere à Platon que la métempsycose physique l’étoit à Pythagore. Elle semble renfermer quelque sorte de dispensation morale que n’avoit point celle de son maître; & elle en différoit même en ce qu’elle n’y assujettissoit pas tout le monde sans distinction, ni pour un tems égal. Mais pour faire voir néanmoins combien ces deux Philosophes s’accordoient pour rejetter l’idée des peines & des récompenses d’une autre vie, il suffira de se rappeller ce que nous avons dit au commencement de cet article de leur sentiment sur l’origine de l’ame. Des gens qui étoient persuadés que l’ame n’étoit immortelle que parce qu’ils la croyoient une portion de la divinité elle-même, un être éternel, incréé aussi bien qu’incorruptible; des gens qui supposoient que l’ame, après un certain nombre de révolutions, se réunissoit à la substance universelle où elle étoit absorbée, confondue & privée de son existence propre & personnelle: ces gens-là, dis-je, ne croyoient pas sans doute l’ame immortelle dans le sens que nous le croyons: autant valoit-il pour les ames être absolument détruites & anéanties, que d’être ainsi englouties dans l’ame universelle, & d’être privées de tout sentiment propre & personnel. Or nous avons prouvé au commencement de cet article, que la réfusion de toutes les ames dans l’ame universelle étoit le dogme constant des 4 principales sectes de Philosophes qui florissoient dans la Grèce.”
“qu’il y a trois juges dans les enfers: il parle du Styx, du Cocyte & de l’Achéron, &c. & il y insiste avec tant de force, que l’on peut & que l’on doit même croire qu’il a voulu persuader les lecteurs auxquels il avoit destiné les ouvrages où il en parle, comme le Phédon, le Gorgias, sa République, &c. Mais qui peut s’imaginer qu’il ait été lui-même persuadé de toutes ces idées chimériques? Si Platon, le plus subtil de tous les Philosophes, eût crû aux peines & aux récompenses d’une autre vie, il l’eût au moins laissé entrevoir comme il l’a fait à l’égard de l’éternité de l’ame, dont il étoit intimement persuadé; c’est ce qu’on voit dans son Epinomis, lorsqu’il parle de la condition de l’homme de bien après sa mort: « J’assûre, dit-il, très-fermement, en badinant comme sérieusement, que lorsque la mort terminera sa carrière, il sera à sa dissolution dépouillé des sens dont il avoit l’usage ici-bas; ce n’est qu’alors qu’il participera à une condition simple & unique; & sa diversité étant résolue dans l’unité, il sera heureux, sage & fortuné ». (…) n’est pas sans dessein que Platon est obscur dans ce passage. Comme il croyoit que l’ame se réunissoit finalement à la substance universelle & unique de la nature dont elle avoit été séparée, & qu’elle s’y confondoit, sans conserver une existence distincte, il est assez sensible que Platon insinue ici secrètement, que lorsqu’il badinoit, il enseignoit alors que l’homme de bien avoit dans l’autre vie une existence distincte, particulière, & personnellement heureuse, conformément à l’opinion populaire sur la vie future; mais que lorsqu’il parloit sérieusement, il ne croyoit pas que cette existence fût particulière & distincte: il croyoit au contraire que c’étoit une vie commune, sans aucune sensation personnelle, une résolution de l’ame dans la substance universelle. J’ajoûterai seulement ici, pour confirmer ce que je viens de dire, que Platon dans son Timée s’explique plus ouvertement, & qu’il y avoue que les tourmens des enfers sont des opinions fabuleuses.
En effet, les Anciens les plus éclairés ont regardé ce que ce Philosophe dit des peines & des récompenses d’une autre vie comme choses d’un genre exotérique, c’est-à-dire, comme des opinions destinées pour le peuple, & dont il ne croyoit rien lui-même. Lorsque Chrysippe, fameux Stoïcien, blâme Platon de s’être servi mal-à-propos des terreurs d’une vie future pour détourner les hommes de l’injustice, il suppose lui-même que Platon n’y ajoûtoit aucune foi; il ne le reprend pas d’avoir crû ces opinions, mais de s’être imaginé que ces terreurs puériles pouvoient être utiles au progrès de la vertu. Strabon fait voir qu’il est du même sentiment, lorsqu’en parlant des Brachmanes des Indes, il dit qu’ils ont à la manière de Platon, inventé des fables concernant l’immortalité de l’ame & le jugement futur. Celse avoue que ce que Platon dit d’un état futur & des demeures fortunées destinées à la vertu, n’est qu’une allégorie.”
“Aristote s’explique sans détour, & de la manière la plus dogmatique contre les peines & les récompenses d’une autre vie: « La mort, dit-il, est de toutes les choses la plus terrible, c’est la fin de notre existence; & après elle l’homme n’a ni bien à espérer, ni mal à craindre. »
Epictète, vrai Stoïcien s’il y en eut jamais, dit en parlant de la mort: « Vous n’allez point dans un lieu de peines: vous retournez à la source dont vous êtes sortis, à une douce réunion avec vos élémens primitifs; il n’y a ni enfer, ni Achéron, ni Cocyte, ni Phlégéton. ». Séneque dans sa consolation à Marcia, fille du fameux Stoïcien Crémutius Cordus, reconnoît & avoue les mêmes principes avec aussi peu de tour qu’Epictète: « Songez que les morts ne ressentent aucun mal; la terreur des enfers est une fable; les morts n’ont à craindre ni ténebres, ni prison, ni torrent de feu, ni fleuve d’oubli; il n’y a après la mort ni tribunaux, ni coupables, il regne une liberté vague sans tyrans. Les Poëtes donnant carriere à leur imagination, ont voulu nous épouvanter par de vaines frayeurs: mais la mort est la fin de toute douleur, le terme de tous les maux; elle nous remet dans la même tranquillité où nous étions avant que de naître ».”
“Les Newtoniens peuvent-ils supposer que l’attraction soit une cause réelle, quand même il ne surviendroit jamais aucun phénomene qui ne suivît la loi inverse du quarré des distances?”
Falando assim até parece fácil: “Mais de quelque manière que l’on conçoive ce qui pense en nous, il est constant que les fonctions en sont dépendantes de l’organisation, & de l’état actuel de notre corps pendant que nous vivons. Cette dépendance mutuelle du corps & de ce qui pense dans l’homme, est ce qu’on appelle l’union du corps avec l’ame; union que la saine Philosophie & la révélation nous apprennent être uniquement l’effet de la volonté libre du Créateur. Du moins n’avons-nous nulle idée immédiate de dépendance, d’union, ni de rapport entre ces deux choses, corps & pensée. Cette union est donc un fait que nous ne pouvons révoquer en doute, mais dont les détails nous sont absolument inconnus.”
“On a des expériences de destruction d’autres parties du cerveau, telles que les nates & testes, sans que les fonctions de l’ame aient été détruites. Il en faut dire autant des corps cannelés; c’est M. Petit qui a chassé l’ame des corps cannelés, malgré leur structure singulière. Où est donc le sensorium commune? où est cette partie, dont la blessure ou la destruction emporte nécessairement la cessation ou l’interruption des fonctions spirituelles, tandis que les autres parties peuvent être altérées ou détruites, sans que le sujet cesse de raisonner ou de sentir? M. de la Peyronie fait passer en revûe toutes les parties du cerveau, excepté le corps calleux; & il leur donne l’exclusion par une foule de maladies très-marquées & très-dangereuses qui les ont attaquées, sans interrompre les fonctions de l’ame: c’est donc, selon lui, le corps calleux qui est le lieu du cerveau qu’habite l’ame. Oui, c’est selon M. de la Peyronie, le corps calleux qui est ce siége de l’ame, qu’entre les Philosophes les uns ont supposé être partout, & que les autres ont cherché en tant d’endroits particuliers” “Voilà donc l’ame installée dans le corps calleux, jusqu’à ce qu’il survienne quelqu’expérience qui l’en déplace, & qui réduise les Physiologistes dans le cas de ne savoir plus où la mettre. En attendant, considérons combien ses fonctions tiennent à peu de chose; une fibre dérangée; une goutte de sang extravasé; une légere inflammation; une chûte; une contusion: & adieu le jugement, la raison, & toute cette pénétration dont les hommes sont si vains: toute cette vanité dépend d’un filet bien ou mal placé, sain ou mal sain.”
“La nature des alimens influe tellement sur la constitution du corps, & cette constitution sur les fonctions de l’ame, que cette seule réflexion seroit bien capable d’effrayer les mères qui donnent leurs enfans à nourrir à des inconnues.”
A HISTORINHA DA BOA CRENTE: “Une jeune fille que ses dispositions naturelles, ou la sévérité de l’éducation, avoit jettée dans une dévotion outrée, tomba dans une espece de mélancholie religieuse. La crainte mal raisonnée qu’on lui avoit inspirée du souverain-Être, avoit rempli son esprit d’idées noires; & la suppression de ses règles fut une suite de la terreur & des alarmes habituelles dans lesquelles elle vivoit. L’on employa inutilement contre cet accident es emmenagogues les plus efficaces & les mieux choisis [plantas aplicadas na pélvis para estimular o sangramento no útero]; la suppression dura; elle occasionna des effets si fâcheux, que la vie devint bientôt insupportable à la jeune malade; & elle étoit dans cet état, lorsqu’elle eut le bonheur de faire connoissance avec un Ecclésiatique d’un caractere doux & liant, & d’un esprit raisonnable, qui, partie par la douceur de sa conversation, partie par la force de ses raisons, vint à bout de bannir les frayeurs dont elle étoit obsédée, à la réconcilier avec la vie, & à lui donner des idées plus saines de la Divinité; & à peine l’esprit fut-il guéri, que la suppression cessa, que l’embonpoint revint, & que la malade joüit d’une très-bonne santé, quoique sa manière de vivre fût exactement la même dans les deux états opposés. Mais, comme l’esprit n’est pas moins sujet à des rechûtes que le corps, cette fille étant retombée dans ses premieres frayeurs superstitieuses, son corps retomba dans le même dérangement, & la maladie fut accompagnée des mêmes symptomes qu’auparavant. L’Écclésiastique suivit, pour la tirer de-là, la même voie qu’il avoit employée; elle lui réussit, les règles reparurent, & la santé revint. Pendant quelques années, la vie de cette jeune personne fut une alternative de superstition & de maladie, de religion & de santé. Quand la superstition dominoit, les règles cessoient, & la santé disparoissoit; lorsque la religion & le bon sens reprenoient le dessus, les humeurs suivoient leur cours ordinaire, & la santé revenoit.”
O MÚSICO AFICIONADO: “La fièvre & le délire étoient toûjours suspendus pendant les concerts, & la Musique étoit devenue si nécessaire au malade, que la nuit il faisoit chanter & même danser une parente qui le veilloit, & à qui son affliction ne permettoit guère d’avoir pour son malade la complaisance qu’il en exigeoit. Une nuit entr’autres qu’il n’avoit auprès de lui que sa garde, qui ne savoit qu’un misérable vaudeville, il fut obligé de s’en contenter, & en ressentit quelques effets. Enfin 10 jours de Musique le guérirent entierement, sans autre secours qu’une saignée du pié, qui fut la seconde qu’on lui fit, & qui fut suivie d’une grande évacuation.” The discmanman. “Il n’y a pas d’apparence qu’un Peintre pût être guéri de même par des tableaux; la Peinture n’a pas le même pouvoir sur les esprits, & elle ne porteroit pas la même impression à l’ame.” Sessões continuadas de recitação de poemas e muito thrash metal inoculado diretamente na veia…
ÂME des Bêtes (Métaph.). “La question qui concerne l’ame des bêtes étoit un sujet assez digne d’inquiéter les anciens Philosophes; il ne paroît pourtant pas qu’ils se soient fort tourmentés sur cette matiere, ni que partagés entr’eux sur tant de points différens, ils se soient fait de la nature de cette ame un prétexte de querelle. Ils ont tous donné dans l’opinion commune, que les brutes sentent & connoissent, attribuant seulement à ce principe de connoissance plus ou moins de dignité, plus ou moins de conformité avec l’ame humaine; & peut-être, se contentant d’envelopper diversement, sous les savantes ténebres de leur style énigmatique, ce préjugé grossier, mais trop naturel aux hommes, que la matiere est capable de penser. Mais quand les Philosophes anciens ont laissé en paix certains préjugés populaires, les modernes y signalent leur hardiesse [neste contexto, provavelmente afobação cairia bem]. Descartes suivi d’un parti nombreux, est le premier Philosophe qui ait osé traiter les bêtes de pures machines [e é incrível como esta reificação do universo era tratada como um avanço nos últimos esplendores do Progressismo, neste século tão secular! O quanto não devemos voltar a beber dos gregos e glorificar neo-filósofos que humanizem as coisas, hoje em dia, desintoxicando nossa NÃO-ALMA desta bobajada mecanicista toda!]: car à peine Gomesius Pereira, qui le dit quelque tems avant lui, mérite-t’il qu’on parle ici de lui; puisqu’il tomba dans cette hypothèse par un pur hasard, & que selon la judicieuse réflexion de M. Bayle, il n’avoit point tiré cette opinion de ses véritables principes. Aussi ne lui fit-on l’honneur ni de la redouter, ni de la suivre, pas même de s’en souvenir; & ce qui peut arriver de plus triste à un novateur, il ne fit point de secte.”
Peter Bayle – The Dictionary Historical and Critical [já baixado] (orig. 1737 – 2ª edição crítica de Des Maizeaux – 4º tomo, letras M-R) (dicionário muito bem-detalhado de personalidades). A seguir, trechos: “If it be a strange doctrine we ought not to wonder at it; for of all physical objects, none is more abstruse and perplexing than the souls of beasts.” O que começou mal, termina mal. O homem, ao se inventar a alma, pensa primeiro na sua. Depois, quimera das quimeras, inventa uma alma para os bichos. Se ainda não decidiu o quão espiritualizada é a natureza e o quão coisa é ou está ele mesmo, que homem poderia acertar o palpite sobre os animais, remexendo e atiçando ígneos híbridos com vara curtíssima? Um coelho alucinado não é menos humano que um homem dormindo.
Seek the clown Descartes in thyself!
Todos nós somos de origem obscura (uterina). África-mãe-nação.
INTRANSIGENTE: Desde que me entendo por em transe, gente!
“On peut observer en passant que la Philosophie de Descartes, quoiqu’en aient pû dire ses envieux, tendoit toute à l’avantage de la religion” Papagaiam isso o tempo inteiro.
“Heureusement depuis Descartes, on s’est apperçû d’un troisieme parti qu’il y avoit à prendre; & c’est depuis ce tems que le ridicule du système des automates s’est développé. On en a l’obligation aux idées plus justes qu’on s’est faites, depuis quelque tems, du monde intellectuel. On a compris que ce monde doit être beaucoup plus étendu qu’on ne croyoit, & qu’il renferme bien d’autres habitans que les Anges, & les ames humaines; ample ressource pour les Physiciens, partout où le méchanisme demeure court, en particulier quand il s’agit d’expliquer les mouvemens des brutes.”
“Un musicien, un joüeur de luth, un danseur, exécutent les mouvemens les plus variés & les plus ordonnés tout ensemble, d’une maniere très-exacte, sans faire la moindre attention à chacun de ces mouvemens en particulier: il n’intervient qu’un seul acte de la volonté, par où il se détermine à chanter, ou joüer un tel air, & donne le premier branle aux esprits animaux; tout le reste suit régulierement sans qu’il y pense.” Eu, AnimaRobô
“Rien ne donne une plus juste idée des automates Cartésiens, que la comparaison employée par M. Regis, de quelques machines hydrauliques que l’on voit dans les grottes & dans les fontaines de certaines maisons des Grands, où la seule force de l’eau déterminée par la disposition des tuyaux, & par quelque pression extérieure, remue diverses machines. Il compare les tuyaux des fontaines aux nerfs; les muscles, les tendons, &c. sont les autres ressorts qui appartiennent à la machine; les esprits sont l’eau qui les remue; le coeur est comme la source; & les cavités du cerveau sont les regards. Les objets extérieurs, qui par leur présence agissent sur les organes des sens des bêtes, sont comme les étrangers qui entrant dans la grotte, selon qu’ils mettent le pié sur certains carreaux disposés pour cela, font remuer certaines figures; s’ils s’approchent d’une Diane, elle fuit & se plonge dans la fontaine; s’ils avancent davantage, un Neptune s’approche, & vient les menacer avec son trident. On peut encore comparer les bêtes dans ce système, à ces orgues qui joüent différens airs, par le seul mouvement des eaux: il y aura de même, disent les Cartésiens, une organisation particuliere dans les bêtes, que le Créateur y aura produite, & qu’il aura diversement réglée dans les diverses especes d’animaux, mais toûjours proportionnément aux objets, toûjours par rapport au grand but de la conservation de l’individu & de l’espece.”
“On sait jusqu’où est allée l’industrie des hommes dans certaines machines: leurs effets sont inconcevables, & paroissent tenir du miracle dans l’esprit de ceux qui ne sont pas versés dans la méchanique. Rassemblez ici toutes les merveilles dont vous ayez jamais oüi parler en ce genre, des statues qui marchent, des mouches artificielles qui volent & qui bourdonnent; des araignées de même fabrique qui filent leur toile; des oiseaux qui chantent; une tête d’or qui parle; un Pan qui joue de la flûte: on n’auroit jamais fait l’énumération, même à s’en tenir aux généralités de chaque espece, de toutes ces inventions de l’art qui copie si agréablement la nature. Les ouvrages célebres de Vulcain, ces trépiés qui se promenoient d’eux-mêmes dans l’assemblée des Dieux; ces esclaves d’or, qui sembloient avoir appris l’art de leur maître, qui travailloient auprès de lui, sont une sorte de merveilleux qui ne passe point la vraissemblance; & les Dieux qui l’admiroient si fort, avoient moins de lumieres apparemment que les Méchaniciens de nos jours. Voici donc comme nos Philosophes Cartésiens raisonnent. Réunissez tout l’art & tous les mouvemens surprenans de ces différentes machines dans une seule, ce ne sera encore que l’art humain (…) le corps de l’animal est incontestablement une machine composée de ressorts infiniment plus déliés que ne seroient ceux de la machine artificielle” BioTech is GodZilla
“Si les bêtes sont de pures machines, Dieu nous trompe; cet argument est le coup fatal à l’hypothese des machines.”
Esplêndida reviravolta: ”Avoüons-le d’abord; si Dieu peut faire une machine, qui par la seule disposition de ses ressorts exécute toutes les actions surprenantes que l’on admire dans un chien ou dans un singe, il peut former d’autres machines qui imiteront parfaitement toutes les actions des hommes: l’un & l’autre est également possible à Dieu; & il n’y aura dans ce dernier cas qu’une plus grande dépense d’art; une organisation plus fine, plus de ressorts combinés, seront toute la différence. Dieu dans son entendement infini renfermant les idées de toutes les combinaisons, de tous les rapports possibles de figures, d’impressions & de déterminations de mouvement, & son pouvoir égalant son intelligence, il paroît clair qu’il n’y a de différence dans ces deux suppositions, que celle des degrés du plus & du moins, qui ne changent rien dans le pays des possibilités. Je ne vois pas par où les Cartésiens peuvent échapper à cette conséquence, & quelles disparités essentielles ils peuvent trouver entre le cas du méchanisme des bêtes qu’ils défendent, & le cas imaginaire qui transformeroit tous les hommes en automates, & qui réduiroit un Cartésien à n’être pas bien sûr qu’il y ait d’autres intelligences au monde que Dieu & son propre esprit.”
“Vous Cartésien, m’alléguez l’idée vague d’un méchanisme possible, mais inconnu & inexplicable pour vous & pour moi: voilà, dites-vous, la source des phénomenes que vous offrent les bêtes. Et moi j’ai l’idée claire d’une autre cause; j’ai l’idée d’un principe sensitif: je vois que ce principe a des rapports très-distincts avec tous les phénomenes en question, & qu’il explique & réunit universellement tous ces phénomenes. Je vois que mon ame en qualité de principe sensitif, produit mille actions & remue mon corps en mille manieres, toutes pareilles à celles dont les bêtes remuent le leur dans des circonstances semblables. Posez un tel principe dans les bêtes, je vois la raison & la cause de tous les mouvemens qu’elles font pour la conservation de leur machine: je vois pourquoi le chien retire sa patte quand le feu le brûle; pourquoi il crie quand on le frappe, &c. ôtez ce principe, je n’apperçois plus de raison, ni de cause unique & simple de tout cela. J’en conclus qu’il y a dans les bêtes un principe de sentiment, puisque Dieu n’est point trompeur, & qu’il seroit trompeur au cas que les bêtes fussent de pures machines; puisqu’il me représenteroit une multitude de phénomenes, d’où résulte nécessairement dans mon esprit l’idée d’une cause qui ne seroit point: donc les raisons qui nous montrent directement l’existence d’une ame intelligente dans chaque homme, nous assûrent aussi celle d’un principe immatériel dans les bêtes.”
“pourquoi ces yeux, ces oreilles, ces narines, ce cerveau? c’est, dites-vous, afin de régler les mouvemens de l’automate sur les impressions diverses des corps extérieurs: le but de tout cela, c’est la conservation même de la machine. Mais encore, je vous prie, à quoi bon dans l’univers des machines qui se conservent elles-mêmes? (…) Nierez-vous que les différentes parties du corps animal soient faites par le Créateur pour l’usage que l’expérience indique? Si vous le niez, vous donnez gain de cause aux athées.” “Cette machine doit être faite pour quelque fin distincte d’elle; car elle n’est point pour elle-même, non plus que les roues de l’horloge ne sont point faites pour l’horloge.”
“qui nous empêcheroit de supposer dans l’échelle des intelligences, au-dessous de l’ame humaine, une espece d’esprit plus borné qu’elle, & qui ne lui ressembleroit pourtant que par la faculté de sentir; un esprit qui n’auroit que cette faculté sans avoir l’autre, qui ne seroit capable que d’idées indistinctes, ou de perceptions confuses? Cet esprit ayant des bornes beaucoup plus étroites que l’ame humaine, en sera essentiellement ou spécifiquement distinct.”
“Si l’ame des bêtes est immatérielle, dit-on, si c’est un esprit comme notre hypothèse le suppose, elle est donc immortelle, & vous devez nécessairement lui accorder le privilége de l’immortalité, comme un apanage inséparable de la spiritualité de sa nature. Soit que vous admettiez cette conséquence, soit que vous preniez le parti de la nier, vous vous jettez dans un terrible embarras. L’immortalité de l’ame des bêtes est une opinion trop choquante & trop ridicule aux yeux de la raison même, quand elle ne seroit pas proscrite par une autorité supérieure, pour l’oser soûtenir sérieusement. Vous voilà donc réduit à nier la conséquence, & à soûtenir que tout être immatériel n’est pas immortel: mais dès lors vous anéantissez une des plus grandes preuves que la raison fournisse pour l’immortalité de l’ame. Voici comme l’on a coûtume de prouver ce dogme: l’ame ne meurt pas avec le corps, parce qu’elle n’est pas corps, parce qu’elle n’est pas divisible comme lui, parce qu’elle n’est pas un tout tel que le corps humain, qui puisse périr par le dérangement ou la séparation des parties qui le composent. Cet argument n’est solide qu’au cas que le principe sur lequel il roule le soit aussi; savoir, que tout ce qui est immatériel est immortel, & qu’aucune substance n’est anéantie: mais ce principe sera réfuté par l’exemple des bêtes; donc la spiritualité de l’ame des bêtes ruine les preuves de l’immortalité de l’ame humaine.” Não acredito que depois de São Tomás de Aquino e suas enciclopédias escolásticas ainda haja tanto o que discutir!
“Ainsi, quoique l’ame des bêtes soit spirituelle, & qu’elle meure avec le corps, cela n’obscurcit nullement le dogme de l’immortalité de nos ames, puisque ce sont là deux vérités de fait dont la certitude a pour fondement commun le témoignage divin. Ce n’est pas que la raison ne se joigne à la révélation pour établir l’immortalité de nos ames: mais elle tire ses preuves d’ailleurs que de la spiritualité.”
E qual é o problema de levar meu cãozinho para o paraíso comigo?
“Si les brutes ne sont pas de pures machines, si elles sentent, si elles connoissent, elles sont susceptibles de la douleur comme du plaisir; elles sont sujettes à un déluge de maux, qu’elles souffrent sans qu’il y ait de leur faute, & sans l’avoir mérité, puisqu’elles sont innocentes, & qu’elles n’ont jamais violé l’ordre qu’elles ne connoissent point. Où est en ce cas la bonté, où est l’équité du Créateur? Où est la vérité de ce principe, qu’on doit regarder comme une loi éternelle de l’ordre? Sous un Dieu juste, on ne peut être misérable sans l’avoir mérité. Mais ce qu’il y a de pis dans leur condition, c’est qu’elles souffrent dans cette vie sans aucun dédommagement dans une autre, puisque leur ame meurt avec le corps; & c’est ce qui double la difficulté. Le Pere Malebranche a fort bien poussé cette objection dans sa défense contre les accusations de M. de la Ville. § Je répons d’abord que ce principe de S. Augustin, savoir, que sous un Dieu juste on ne peut être misérable sans l’avoir mérité n’est fait que pour les créatures raisonnables, & qu’on ne sauroit en faire qu’à elles seules d’application juste.”
Eu e meus apaniguados mereceríamos nós essa dorzinha de pedra nos rins ou de bexiga apertada?
“que sous un Dieu bon aucune créature ne peut être nécessitée à souffrir sans l’avoir mérité: mais loin que ce principe soit évident, je crois être en droit de soûtenir qu’il est faux. L’ame des brutes est susceptible de sensations, & n’est susceptible que de cela: elle est donc capable d’être heureuse en quelque degré. (…) Qu’emporte donc la juste idée d’un Dieu bon? c’est que quand il agit il tende toûjours au bien, & produise un bien; c’est qu’il n’y ait aucune créature sortie de ses mains qui ne gagne à exister plûtôt que d’y perdre: or telle est la condition des bêtes; qui pourroit pénétrer leur intérieur, y trouveroit une compensation des douleurs & des plaisirs, qui tourneroit toute à la gloire de la bonté divine; on y verroit que dans celles qui souffrent inégalement, il y a proportion, inégalité, ou de plaisirs ou de durée; & que le degré de douleur qui pourroit rendre leur existence malheureuse, est précisément ce qui la détruit: en un mot, si l’on déduisoit la somme des maux, on trouveroit toûjours au bout du calcul un résidu de bienfaits purs, dont elles sont uniquement redevables à la bonté divine; on verroit que la sagesse divine a sû ménager les choses, en sorte que dans tout individu sensitif, le degré du mal qu’il souffre, sans lui enlever tout l’avantage de son existence, tourne d’ailleurs au profit de l’univers.” [Esse raciocínio seria genial se aplicado à enantiodromia do próprio ser humano – mas que falta de tato clássico!]
O gato não sabe que é charmoso e elegante, que inútil cega beleza, que não se aproveita! Poderia a mulher?… Poderia eu?… Pingos conscienciosos.
“Est-il juste que l’ame d’un poulet souffre & meure afin que le corps de l’homme soit nourri? que l’ame du cheval endure mille peines & mille fatigues durant si long-tems, pour fournir à l’homme l’avantage de voyager commodément? Dans cette multitude d’ames qui s’anéantissent tous les jours pour les besoins passagers des corps vivans, peut-on reconnoître cette équitable & sage subordination qu’un Dieu bon & juste doit nécessairement observer? Je réponds à cela que l’argument seroit victorieux, si les ames des brutes se rapportoient aux corps & se terminoient à ce rapport; car certainement tout être spirituel est au-dessus de la matiere. Mais, remarquez-le bien, ce n’est point au corps, comme corps, que se termine l’usage que le Créateur tire de cette ame spirituelle, c’est au bonheur des êtres intelligens. Si le cheval me porte, & si le poulet me nourrit, ce sont bien là des effets qui le rapportent directement à mon corps: mais ils se terminent à mon ame, parce que mon ame seule en recueille l’utilité.”
Tudo isso pertence à Genealogia do Fascismo: “Pour l’anéantissement, ce n’est point un mal pour une créature qui ne refléchit point sur son existence, qui est incapable d’en prévoir la fin, & de comparer, pour ainsi dire, l’être avec le non-être, quoique pour elle l’existence soit un bien, parce qu’elle sent. La mort, à l’égard d’une ame sensitive, n’est que la soustraction d’un bien qui n’étoit pas dû [A Mosca Filosófica!]; ce n’est point un mal qui empoisonne les dons du Créateur & qui rende la créature malheureuse. Ainsi, quoique ces ames & ces vies innombrables que Dieu tire chaque jour du néant soient des preuves de la bonté divine, leur destruction journalière ne blesse point cet attribut: elles se rapportent au monde dont elles font partie; elles doivent servir à l’utilité des êtres qui le composent; il suffit que cette utilité n’exclue point la leur propre, & qu’elles soient heureuses en quelque mesure, en contribuant au bonheur d’autrui. Vous trouverez ce système plus développé & plus étendu dans le traité de l’essai philosophique sur l’ame des bêtes de M. Bouillet [Dispenso, obrigado.]”
Confrontando novamente o Ultra-existencialismo/solipsismo de uma alma antiga (2009): “Il n’est pas possible que les hommes avec qui je vis soient autant d’automates ou de perroquets instruits à mon insu. J’apperçois dans leur extérieur des tons & des mouvemens qui paroissent indiquer une ame: je vois régner un certain fil d’idées qui suppose la raison: je vois de la liaison dans les raisonnemens qu’ils me font, plus ou moins d’esprit dans les ouvrages qu’ils composent. Sur ces apparences ainsi rassemblées, je prononce hardiment qu’ils pensent en effet. Peut-tre que Dieu pourroit produire un automate en tout semblable au corps humain, lequel par les seules lois du méchanisme, parleroit, feroit des discours suivis, écriroit des livres très-bien raisonnés. Mais ce qui me rassûre contre toute erreur c’est la véracité de Dieu.” “Je vois un chien accourir quand je l’appelle, me caresser quand je le flatte, trembler & fuir quand je le menace, m’obéir quand je lui commande, & donner toutes les marques extérieures de divers sentimens de joie, de tristesse, de douleur, de crainte, de desir, des passions de l’amour & de la haine; je conclus aussitôt qu’un chien a dans lui-même un principe de connoissance & de sentiment, quel qu’il soit.”
“Il vaudroit encore mieux s’en tenir aux machines de Descartes, si l’on n’avoit à leur opposer que la forme substantielle des Péripatéticiens, qui n’est ni esprit ni matiere. Cette substance mitoyenne est une chimere, un être de raison dont nous n’avons ni idée ni sentiment. Est-ce donc que les bêtes auroient une ame spirituelle comme l’homme? Mais si cela est ainsi, leur ame sera donc immortelle & libre; elles seront capables de mériter ou de démériter, dignes de récompense ou de châtiment; il leur faudra un paradis & un enfer. Les bêtes seront donc une espece d’hommes, ou les hommes une espece de bêtes; toutes conséquences insoûtenables dans les principes de la religion.” “puisqu’il est prouvé par plusieurs passages de l’Écriture, que les démons ne souffrent point encore les peines de l’enfer, & qu’ils n’y seront livrés qu’au jour du jugement dernier, quel meilleur usage la justice divine pouvoit-elle faire de tant de légions d’esprits réprouvés, que d’en faire servir une partie à animer des millions de bêtes de toute espece, lesquelles remplissent l’univers, & font admirer la sagesse & la toute-puissance du Créateur? (…) Une dégradation si honteuse pour ces esprits superbes, puisqu’elle les réduit à n’être que des bêtes, est pour eux un premier effet de la vengeance divine, qui n’attend que le dernier jour pour se déployer sur eux d’une maniere bien plus terrible.” “Les bêtes sont naturellement vicieuses: les bêtes carnacieres & les oiseaux de proie sont cruels; beaucoup d’insectes de la même espece se dévorent les uns les autres; les chats sont perfides & ingrats; les singes sont malfaisans; les chiens sont envieux; toutes sont jalouses & vindicatives à l’excès, sans parler de beaucoup d’autres vices que nous leur connoissons. Il faut dire de deux choses l’une: ou que Dieu a pris plaisir à former les bêtes aussi vicieuses qu’elles sont, & à nous donner dans elles des modeles de tout ce qu’il y a de plus honteux; ou qu’elles ont comme l’homme un péché d’origine qui a perverti leur premiere nature.” “Pythagore enseignoit autrefois, qu’au moment de notre mort nos ames passent dans un corps soit d’homme, soit de bête, pour recommencer une nouvelle vie, & toûjours ainsi successivement jusqu’à la fin des siecles. Ce système qui est insoûtenable par rapport aux hommes, & qui est d’ailleurs proscrit par la religion, convient admirablement bien aux bêtes, selon le P. Bougeant, & ne choque ni la religion, ni la raison. Les démons destinés de Dieu à être des bêtes, survivent nécessairement à leur corps, & cesseroient de remplir leur destination, si lorsque leur premier corps est détruit, ils ne passoient aussitôt dans un autre pour recommencer à vivre sous une autre forme.”
ConFABULANDO: “Si les bêtes ont de la connoissance & du sentiment, elles doivent conséquemment avoir entre-elles pour leurs besoins mutuels, un langage intelligible. La chose est possible, il ne faut qu’examiner si elle est nécessaire. Toutes les bêtes ont de la connoissance, c’est un principe avoüé; & nous ne voyons pas que l’Auteur de la nature ait pû leur donner cette connoissance pour d’autres fins que de les rendre capables de pourvoir à leurs besoins, à leur conservation, à tout ce qui leur est propre & convenable dans leur condition, & la forme de vie qu’il leur a prescrite. Ajoûtons à ce principe, que beaucoup d’especes de bêtes sont faites pour vivre en société, & les autres pour vivre du moins en ménage, pour ainsi dire, d’un mâle avec une femelle, & en famille avec leurs petits jusqu’à ce qu’ils soient élevés. Or, si l’on suppose qu’elles n’ont point entr’elles un langage, quel qu’il soit, pour s’entendre les unes les autres, on ne conçoit plus comment leur société pourroit subsister: comment les castors, par exemple, s’aideroient-ils les uns les autres pour se bâtir un domicile, s’ils n’avoient un langage très-net & aussi intelligible pour eux que nos langues le sont pour nous? (…) si la nature les a faites capables d’entendre une langue étrangere, comment leur auroit-elle refusé la faculté d’entendre & de parler une langue naturelle? car les bêtes nous parlent & nous entendent fort bien.” HAHA!
“Une hirondelle ne fait pas le printemps.” Proverbe!
“Quelque difficile qu’il soit d’expliquer leur langage & d’en donner le dictionnaire, le Père Bougeant a osé le tenter. Ce qu’on peut assurer, c’est que leur langage doit être fort borné, puisqu’il ne s’étend pas au-delà des besoins de la vie (…) Point d’idées abstraites par conséquent, point de raisonnemens métaphysiques, point de recherches curieuses sur tous les objets qui les environnent, point d’autre science que celle de se bien porter, de se bien conserver, d’éviter tout ce qui leur nuit, & de se procurer du bien. (…) Comme la chose qui les touche le plus est le desir de multiplier leur espece, ou du moins d’en prendre les moyens, toute leur conversation roule ordinairement sur ce point. On peut dire que le Pere Bougeant a décrit avec beaucoup de vivacité leurs amours, & que le dictionnaire qu’il donne de leurs phrases tendres & voluptueuses, vaut bien ce de l’Opéra. Voilà ce qui a révolté dans un Jésuite condamné par état à ne jamais abandonner son pinceau aux mains de l’amour. La galanterie n’est pardonnable dans un ouvrage philosophique, que lorsque l’Auteur de l’ouvrage est homme du monde; encore bien des personnes l’y trouvent-elles déplacée. En prétendant ne donner aux raisonnemens qu’un tour léger & propre à intéresser par une sorte de badinage, souvent on tombe dans le ridicule; & toûjours on cause du scandale, si l’on est d’un état qui ne permet pas à l’imagination de se livrer à ses saillies. Il paroît qu’on a censuré trop durement notre Jesuite sur ce qu’il dit, que les bêtes sont animées par des diables. Il est aise de voir qu’il n’a jamais regardé ce système que comme une imagination bisarre & presque folle. Le titre d’amusement [Amusement philosophique] qu’il donne à son livre, & les plaisanteries dont il l’égaye, font assez voir qu’il ne le croyoit pas appuyé sur des fondemens assez solides pour opérer une vraie persuasion.”
“Âme des Plantes (Jardinage.) Les Physiciens ont toûjours été peu d’accord sur le lieu où réside l’ame des plantes; les uns la placent dans la plante, ou dans la graine avant d’être semée; les autres dans les pepins ou dans le noyau des fruits.” Haverá briófitas no Céu? Coitada da planta, está sobrevivendo em estado vegetativo somente!
“on restraint à l’homme, comme à l’être le plus parfait, les trois qualités de l’ame, savoir de végétative, de sensitive, & de raisonnable.”
“Âme de Saturne. Ame de Saturne, anima Saturni, selon quelques Alchimistes, est la partie du plomb la plus parfaite, qui tend à la perfection des métaux parfaits; laquelle partie est selon quelques-uns, la partie teignante [? – régnante?].”
