MORT À CREDIT

Louis-Ferdinand Céline

04/09/15 a 01/06/16

DIC:

charogne: bastardo(a); puta; carcaça apodrecida (do animal).

jour du certificat: dia da diplomação (teste oral)

paris à paris: apostas em Paris

gonzesse: mina; guria; talvez fedelha ou com conotação pior.

s’astiquer: masturbar-se

picoler: beber

canícula (port./esp/franc.): período mais quente do ano

bite: rola

cerf-volant: pipa

pelle-bêche: forquilha

ferme: farm; firm.

menottes: algemas

boiter: mancar

Mon tourment à moi c’est le sommeil. Si j’avais dormi toujours j’aurais jamais écrit une ligne.”

Je me méfie d’elle. J’ai des raisons fort sérieuses. Où que tu l’as mise ma belle oeuvre? que j l’attaque comme ça de but en blanc. J’en avais au moins des centaines de raisons pour la suspecter…” “La mère Vitreuve tape mes romans.”

Je suis la terreur des vagins… J’ai enculé ma grande soeur… Je me suis fiancé douze fois!”

Le Capital et ses lois, elle les avait compris, Mireille…”

Ré!… fa!… sol dièse!… mi!… Merde! Il en finira jamais! Ça doit être l’élève qui recommence… (…) Non! Ré, do, mi! ré bémol!… C’est l’élève qui se remet en difficulté… Il escalade des doubles croches…”

Elle pique des colères terribles si seulement je me mets à tousser, parce que mon père c’était un costaud de la caisse [robusto dos “pulmões”], il avait les poumons solides…”

Dans la grande transe, il se poussait au carmin, il se gonflait de partout, ses yeux roulaient comme d’un dragon. C’était atroce à regarder. On avait peur ma mère et moi. Et puis il cassait une assiette et puis on allait se coucher…” “Il pétait un solide coup. C’était la détente. Elle pétait aussi un petit coup à la sympathie, et puis elle s’enfuyait mutine [bagunçadamente, rebelde], au fond de la cuisine.”

Quand il montait me voir papa, le vent lui ébouriffait les moustaches. C’est ça mon premier souvenir.”

Ma mère était pas cuisinière, elle faisait tout de même une ratatouille. Quand c’était pas <panade aux oeufs> [sopa de pão com ovos] c’était sûrement <macaroni>.”

C’était ma chambre, c’est là aussi que mon père pouvait dessiner quand il revenait de livraisons. Il fignolait les aquarelles et puis quand il avait fini, il faisait souvent mine de descendre pour me surprendre à me branler. Il se planquait dans l’escalier. J’étais plus agile que lui. Il m’a surpris qu’une seule fois.” Meus pais nunca me pegaram me masturbando, pelo menos até hoje, aos 27. Quem sabe se não vai acontecer? No ritmo atual, faço uma vez por dia. Mas é raro qe não seja em “total segurança”. (01/10/15)

Mamãe vai sofrer, isso é certo. De minha parte, não prefiro ninguém. Pelos desaforos e baboseiras, acho-os iguais… Ela bate menos forte, mas mais vezes. Aquele que eu mais preferiria que matasse o outro? Eu creio que seja ainda minha mamãe o meu papai. Não me deixarão ver. <Vai pro teu quarto, pequeno bastardo!… Vai te deitar! Faz tua reza!…> Ele muge, ele encoleriza, ele explode, ele vai bombardear o prato de comida. Depois do prato principal não resta mais nada…” Oito de cada 10 verbos, adjetivos, substantivos são gírias. Complicadíssima e vagarosa a tradução!

La table il la catapulte d’un seul grand coup de pompe…”

Grand-mère, elle se rendait bien compte que j’avais besoin de m’amuser, que c’était pas sain de rester toujours dans la boutique. D’entendre mon père l’énergumène beugler ses sottises, ça lui donnait mal au coeur. Elle s’est acheté un petit chien pour que je puisse un peu me distraire en attendant les clients. J’ai voulu lui faire comme mon père. Je lui foutais des vaches coups de pompes quand on était seuls. Il partait gémir sous un meuble. Il se couchait pour demander pardon. Il faisait comme moi exactement.” “<T’as aimé ça?> qu’elle me demandait Caroline. Je répondais rien, j’aime pas les questions intimes.”

Eu fazia caquinha como uma ave entre duas tempestades…”

Grand-mère, elle riait pas beaucoup, mais elle voulait bien que je m’amuse… C’était pas drôle à la maison… Elle se rendait bien compte… Ça c’était du plaisir pas cher…”

Mon père me dérouille à fond, à pleins coups de bottes, il me fonce dans les côtes, il me marche dessus, il me déculotte.”

Le dimanche matin, c’est elle qui venait nous chercher pour qu’on parte ensemble au cimetière. Le nôtre c’était le Père-Lachaise, la 43e division. Mon père il y entrait jamais. Il avait horreur des tombeaux. Il dépassait pas le Rond-Point en face la Roquette. Il lisait là son journal, il attendait qu’on redescende.” Cemitério francês muito célebre, também descrito em Balzac.

Cemiterestaurante

Mes frères se tiennent comme des bagnards [presidiários]! Ma soeur vend son cul en Russie! Mon fils a déjà tous les vices! Je suis joli! Ah! je suis fadé!…”

Il laissait pas mon père finir… Ratiociner ses bêtises… Il nous embrassait tour à tour… Il était bien content de nous revoir…”

Meu estômago tanto queima que já posso fritar batatas em mim!

Il voudrait vomir ses deux yeux… Il fait des efforts pour ça… Il s’arc-boute à la mâture… Il essaye qu’ils lui sortent des trous…”

Ele se cala para melhor gritar.

J’en prends plein les dents, des haricots, de la tomate… moi qu’avais plus rien à vomir!…” “Je lui repasse à sa toute belle tout un écheveau parfait de nouilles… avec le jus de la tomate… Un cidre de trois jours…”

Des cadavres seraient pas plus timides.”

O culcou diz as horas de cagar e de ter torcicolo.

Escouta aqui, vai tomar no cul

Ele auscultou o pescouço do paciente.

Ex-cou ça pra não dar o cul, mademoiselle!

Ex-cul-ursão ex-cou-lar

Cum-padre

O pai que goza

depois o cu arde (cumadre)

La pluie d’Angleterre c’est un Océan suspendu… On se noie peu à peu…” “On reconnaissait plus notre route tellement déjà les orages l’avaient bouleversée…”

Afoga-se pouco a pouco no mar de desilusões chamado mundo.

“— (…) Mais Londres, vous y êtes pas allés? qu’a demande M. Lérosite, le marchand de lunettes du 37, qu’était tout à fait puéril, qui recevait ses verres de là-bas…

Si! mais seulement aux environs… Nous avons vu le principal!… C’est le Port! C’est la seule chose au fond qui compte!”

J’ai repris des beignes à la volée pour vouloir jouer au lieu d’apprendre. Je comprenais pas grand-chose en classe. Mon père, il a redécouvert que j’étais vraiment un crétin. La mer ça m’avait fait grandir, mais rendu encore plus inerte. Je me perdais dans la distraction. Il a repiqué des crises terribles.”

Je reprenais mon arithmétique… C’est lui qui me faisait répéter… Alors j’avais plus rien à dire, il m’en foutait la berlue, tellement qu’il s’embarbouillait dans ses propres explications. Je m’y prenais moi tout de travers… Je comprenais déjà pas grand-chose… J’abandonnais la partie… Il considérait mes lacunes… Il me trouvait indécrottable [incorrigível]… Moi je le trouvais con comme la lune… Il se refoutait à râler à propos de mes « divisions ».”

eu estúpido gordo como a lua

Il m’a posé deux questions à propos des plantes… Ça je ne savais pas du

tout… Il s’est répondu à lui-même. J’étais bien confus. Alors il m’a demandé la distance entre le Soleil et la Lune et puis la Terre et l’autre côté… Je n’osais pas trop m’avancer. Il a fallu qu’il me repêche. Sur la question des saisons je savais un petit peu mieux. J’ai marmonné des choses vagues… Vrai il était pas exigeant… Il finissait tout à ma place.”

« Ah! Comment? qu’il m’a repoussé… Ah! le cochon!… le petit sagouin [filhote de porco]!… Mais il est tout rempli de merde!… Ah! Clémence! Clémence!… Emmène-le là-haut, je t’en prie!… Je vais encore me mettre en colère! Il est écoeurant [repugnante]!… »

Quand on le croyait encore loin, il était à un fil de vous… Il était bossu. Il se flanquait derrière les clientes…” “« Ferdinand! qu’il m’interpellait, vous êtes assommant! vous faites ici, à vous tout seul, plus de raffut qu’une ligne d’omnibus! »… Il exagérait.”

« Sortirez-vous? petit rossard [malicioso]! Hein! C’est ça que vous appelez du travail?… À vous branler dans tous les coins!… C’est ainsi que vous apprendrez? N’est-ce pas? Les côtes en long! La queue en l’air!… Voilà le programme de la jeunesse!… »

À force de renifler tant de poussière, les crottes dans son nez devenaient du mastic. Elles s’en allaient plus… C’était sa forte distraction de les décrocher, de les bouffer ensuite gentiment. Comme on se mouchait dans les doigts, parmi le cirage, les crottes et les matricules, on en devenait parfaitement nègre.”

et puis on causait aussi des trente-six façons de regarder le cul des clientes dès qu’elles sont un peu assises.”

cou col cul cule mete a culher

né nez caga iz

Y en avait des bien vicelardes parmi les « coursières »… Elles se mettaient quelquefois le pied en l’air exprès sur un escabeau pour qu’on vise la motte. Elles se trissaient en ricanant [rir galhofando]… Une comme je passais, elle m’a montré ses jarretelles… Elle me faisait des bruits de suçons [chupão]… Je suis remonté là-haut pour lui dire au petit André… On se questionnait tous les deux… Comment qu’elle devait être sa craque? si elle jutait [gozava] fort? en jaune? en rouge? Si ça brûlait [queimava]? Et comment étaient les cuisses [coxas]? On faisait des bruits nous aussi avec la langue et la salive, on imitait le truc de baiser…”

La vraie haine, elle vient du fond, elle vient de la jeunesse, perdue au boulot sans défense. Alors celle-là qu’on en crève. Y en aura encore si profond qu’il en restera tout de même partout.”

« Ferdinand! Encore une fois! Tu vois même pas ce que tu manges! Tu avales tout ça sans mâcher! Tu engloutis tout comme un chien! Regarde-moi un peu ta mine! T’es transparent! T’es verdâtre!… Comment veux-tu que ça te profite! On fait pour toi tout ce qu’on peut! mais tu la gâches ta nourriture! »

André, il faisait semblant de pas me voir, il s’apportait exprès là-haut Les Belles Aventures Illustrées. Il les lisait pour lui seul. Il les étalait sur les planches… Si je lui causais, même au plus fort de ma voix… il faisait semblant de pas m’entendre. Il frottait ses chiffres à la brosse. Tout ce que je pouvais dire ou faire ça lui semblait louche [suspeito]. Dans son estime j’étais un traître [traíra]. Si jamais il perdait sa place, il me l’avait souvent raconté, sa tante lui foutrait une telle danse, qu’il s’en irait à l’hôpital… Voilà! C’était convenu depuis toujours…” “Il me répondait rien encore, il continuait de marmonner dans ses images… Il se lisait tout haut. Je me rapproche… Je regarde aussi ce que ça racontait… C’était l’histoire du Roi Krogold… Je la connaissais bien moi l’histoire… Depuis toujours… Depuis la Grand-mère Caroline… On apprenait là-dedans à lire… Il avait qu’un vieux numéro, un seul exemplaire…”

O dia seguinte ao “dia do exagero nos exercícios físicos”: até as extremidades dos dedos, as unhas, tudo, parece latejar de dor à infinitésima potência. Não sei como me agüento, ainda, de pé, e com humor!

Une fois la surprise passée, mon père a rebattu la campagne… Il a recommencé l’inventaire de tous mes défauts, un par un… Il recherchait les vices embusqués au fond de ma nature comme autant de phénomènes… Il poussait des cris diaboliques… Il repassait par les transes… Il se voyait persécuté par un carnaval de monstres… Il déconnait à pleine bourre… Il en avait pour tous les goûts… Des juifs… des intrigants… les Arrivistes… Et puis surtout des Francs-Maçons… Je ne sais pas ce qu’ils venaient faire par là… Il traquait partout des dadas… Il se démenait si fort dans le déluge, qu’il finissait par m’oublier…” “Après tout, il se lavait les mains!… Comme Ponce Pilate!… qu’il disait… Il se déchargeait la conscience…”

Um livro familiar, em dois sentidos: “On n’avait qu’une chose de commun, dans la famille, au Passage, c’était l’angoisse de la croûte. On l’avait énormément. Depuis les premiers soupirs, moi je l’ai sentie… Ils me l’avaient refilée tout de suite… On en était tous possédés, tous, à la maison.” O apego à casa era a única coisa que mantinha os três juntos, fosse o barco furado ou não, fosse aquilo um hospício ou o paraíso.

Moi, mon plaisir dans l’existence, le seul, à vraiment parler, c’est d’être plus rapide que « les singes » dans la question de la balance… Je renifle le coup vache d’avance… Je me gafe à très longue distance… Je le sens le boulot dès qu’il craque… Déjà j’en ai un autre petit qui pousse dans l’autre poche. Le patron c’est tout la charogne, ça pense qu’à vous débrayer…”

Tu as l’as dans tes mains!

bijuterista, obviamente aquele que faz deliciosos bijus

Mais un bijoutier c’est terrible sur la question de la confiance. Ça tremble tout le temps pour ses joyaux! Ça n’en dort plus qu’on le cambriole! qu’on l’étrangle et qu’on l’incendie!… Ah!…”

“Avec des parents comme les miens si méticuleux, si maniaques pour faire honneur à leurs affaires, j’avais un sacré répondant!… Je pouvais aller me présenter devant n’importe quel patron!… Le plus hanté… le plus loucheur… avec moi, il était tranquille! Jamais aussi loin qu’on se souvienne, dans toute la famille, on n’avait connu un voleur, pas un seul!”

Nous ne sommes pas riches ni l’un ni l’autre, mais nous n’avons pas un sou de dettes…”

« C’est plus difficile de le caser, que de liquider toute la boutique!… et pourtant, ça tu le sais, Clémence, c’est un tintouin bien infernal! »

On retournait le ciel et la terre… mais la résurrection venait pas…”

J’ai cavalé vers l’Odéon, dans les pourtours du théâtre, les derniers joailliers parnassiens. Ils crevaient même plus de famine, ils digéraient la poussière.”

Sur les trente-cinq francs du mois, mes parents m’en laissaient quinze… Ils disparaissaient en transports. Sans le faire exprès, par force des choses, je devenais assez dispendieux… En principe c’est évident j’aurais dû aller à pied… mais alors c’était les chaussures!…”

Seulement à force de rien gagner, de rien vendre, de marcher toujours avec une collection si lourde, je maigrissais de plus en plus… Sauf des biceps bien entendu. Je grandissais encore des pieds. Je grandissais de l’âme… de partout… Je devenais sublime…”

En remontant dans les étages, il reluquait dans toutes les serrures [ele espionava por todos os buraco de fechadura]… C’était sa grande distraction.”

Il m’a montré le système pour regarder par les gogs, pour voir les gonzesses pisser, sur notre palier même, deux trous dans le montant de la porte. (…) et Mme. Gorloge aussi, c’était même elle la plus salope, d’après ce qu’il avait remarqué, la façon qu’elle retroussait ses jupes… § Il était voyeur par instinct. Il paraît qu’elle avait des cuisses comme des monuments, des énormes piliers, et puis alors du poil au cul, tellement que ça remontait la fourrure, ça lui recouvrait tout le nombril [umbigo]…[!!!]”

On pouvait faire tout ce qu’on voulait du moment qu’on lui demandait rien. Il nous prévenait franchement lui-même: « Faites donc comme si j’étais pas là! »”

Il me montre alors sur la carte, d’où qu’il vient lui… Du bout du monde… et même d’un peu plus loin encore, à gauche dans la marge… C’était le mandarin en vacances…”

Dès que le patron a mis les bouts, le petit Robert, il se tenait plus. Il voulait à toute force les voir, Antoine et la patronne en train de s’emmancher. Il disait que ça arriverait, que c’était fatal… Il était voyeur par nature.”

Comme ça, vers la seconde semaine, la patronne a changé subitement de manière. Elle qu’était plutôt distante, qui me causait presque jamais tant que Gorloge était par là, d’un seul coup, elle devint aimable, engageante et personnelle. Je trouvais d’abord que c’était louche. Enfin tout de même j’ai pas tiqué. J’ai réfléchi que c’était peut-être parce que je devenais plus utile?… Parce que je ramenais des petits boulots?… Et cependant ça donnait pas de pèze [dinheiro]… Il rentrait pas une seule facture…”

C’était de la folie, dans un sens… Tout le monde avait perdu la boule, c’était l’effet de la canicule [verão ou seca; equinócio] et de la liberté.”

Antoine tout de suite, il l’a basculée à genoux, la grosse môme… Il était extrêmement brutal… Elle avait comme ça le cul en l’air… Il lui farfouillait la fente… Il trouvait pas la craquouse… Il déchirait les volants… Il déchirait tout… Et puis il s’est raccroché. Il a sorti son polard… Il s’est foutu à la bourrer… Et c’était pas du simili… Jamais je l’aurais cru si sauvage. J’en revenais pas… Il grognait comme un cochon. Elle poussait des râles aussi… Et des beaucoup plus aigus à chaque fois qu’il fonçait… C’est vrai ce que Robert m’avait dit à propos de ses fesses, à elle… Maintenant on les voyait bien… Toutes rouges… énormes, écarlates!…”

Le pantalon en fin volant, il était plus que des loques… C’était tout mouillé autour… Antoine il venait buter dur en plein dans les miches… chaque fois ça claquait… Ils s’agitaient comme des sauvages…”

« Antoine! Antoine! j’en peux plus!… Je t’en supplie, laisse-moi, mon amour!… Fais attention!… Me fais pas un môme!… Je suis toute trempée!… » Elle réclamait, c’était du mou!… « Ça va! Ça va! ma charogne! boucle ta gueule! Ouvre ton panier!… » Il l’écoutait pas, il la requinquait à bout de bite avec trois grandes baffes dans le buffet… Ça résonnait dur… Elle en suffoquait la garce… Elle faisait un bruit comme une forge… Je me demandais s’il allait pas la tuer?… La finir sur place?…”

Antoine d’ailleurs, il se dégonflait, il allait plus si fort au cul, il s’essoufflait [esgotava] pour des riens… Il s’y reprenait en dix fois… Il se vautrait entre les fesses… Il la faisait toujours mettre à genoux… Il lui calait le bide à présent avec l’édredon. Il lui remontait haut la tête sur les oreillers [almofadas]… C’était une drôle de position… Il lui empoignait les tiffes… Elle poussait de vaches soupirs…” “Elle gueulait plus fort qu’un âne!… Il dérapait à toutes les prises… Il y arrivait plus… Il saute alors du pageot, il pique tout droit dans la cuisine… Comme on était nous sur le poêle, il nous voit pas heureusement, tellement qu’il était passionné… Il passe à côté, il se met à farfouiller dans le placard, comme ça à poil, en chaussons… Il cherchait le pot de beurre…”

Il lui a beurré le cul en plein, les bords, tout lentement, soigneusement à fond, comme un ouvrier de la chose… Elle reluisait déjà, la tante!… Il a pas eu de mal… Il l’a mise à fond d’autorité… c’est rentré tout seul… Ils ont pris un pied terrible… Ils poussaient des petits cris stridents. Ils se sont écroulés sur le flanc. Ils se sont raplatis… Ils se sont foutus à ronfler…”

« Ah! le petit salopiaud, il paraît que tu regardes dans les trous, hein?… Ah! dis-moi donc que c’est pas vrai?… »

« Je vais le dire à ta maman, moi. Oh! là! là! le petit cochon!… Chéri petit cochon!… »

« Touche! Touche donc là! » qu’elle me fait… Je lui mets la main dans les cuisses…

« Va qu’elle insiste… Va! gros chouchou!… Va profond! vas-y… Appelle-moi Louison! Ta Louison! mon petit dégueulasse! Appelle-moi, dis!… »

« Oui, Louison! »… que je fais…”

C’est elle qui me maltraite, qui me tarabuste… Je glisse moi dans la marmelade… J’ose pas trop renifler… J’ai peur de lui faire du mal… Elle se secoue comme un prunier…

« Mords un peu, mon chien joli!… Mords dedans! Va! » qu’elle me stimule… Elle s’en fout des crampes de ruer! Elle pousse des petits cris-cris… Ça cocotte la merde et l’oeuf dans le fond, là où je plonge… Je suis étranglé par mon col… le celluloïd… Elle me tire des décombres… Je remonte au jour… J’ai comme un enduit sur les châsses, je suis visqueux jusqu’aux sourcils…

« Va! déshabille-toi! qu’elle me commande, enlève-moi tout ça! Que je voye ton beau corps mignon! Vite! Vite! Tu vas voir, mon petit coquin! T’es donc puceau [virgem]? Dis, mon trésor? Tu vas voir comme je vais bien t’aimer!… Oh! le gros petit dégueulasse [o grande nojentinho]… il regardera plus par les trous!… »”

Je savais que j’avais de la merde au cul et les pieds bien noirs… Je me sentais moi-même…”

J’avais le gland perdu… (…) Elle voulait encore que j’en mette… Elle n’implorait pas pitié comme à l’autre enflure… Au contraire, elle me faisait pas grâce d’un seul coup de bélier…”

Enfonce-toi bien mon gros chouchou! Enfonce-la, va! Bien au fond! Hein! T’en as, dis, une grosse belle bite?… Ah! Ah! comme tu me crèves, gros salaud… Crève-moi bien! Crève-moi! Tu vas la manger ma merde? Dis-moi oui! Oh! Oh!… Ah! tu me défonces bien… Ma petite vache!… Mon grand petit fumier!…

C’est bon comme ça! Dis? » Et hop! Je lui foutais un coup de labour… J’en pouvais plus!… Je renâclais… Elle me sifflait dans la musette… J’en avais plein le blaze, en même temps que ses liches… de l’ail… du roquefort… Ils avaient bouffé de la saucisse…”

Elle me saute sur le gland en goulue… Elle pompe tout… Elle se régale!… Elle aime ça la sauce… « Oh! qu’il est bon ton petit foutre! » qu’elle s’exclame en plus.”

« Je vais t’enculer petit misérable! »… qu’elle me fait mutine. Elle me fout deux doigts dans l’oignon. Elle me force, c’est la fête!… La salope en finira pas de la manière qu’elle est remontée!…”

Je me tâte la poche… Je faisais ce geste-là sans savoir… Une inspiration… Je touche encore… Je trouve plus la bosse… Je tâte l’autre… C’est du même! Je l’ai plus!… Mon écrin il est barré! Je recherche de plus en plus fort… Je tripote toutes mes doublures… Ma culotte… Envers… Endroit… Pas d’erreur!… J’entre dans les chiots… Je me déshabille totalement…”

Ma mère elle me trouvait bizarre, à voir ma mine, ele se demandait quelle maladie je pouvais couver?… J’avais la peur dans toutes les tripes… J’aurais voulu disparaître… maigrir tellement qu’il me reste rien… Mon père, il faisait des remarques caustiques. « T’es pas amoureux par hasard?… Ça serait pas des fois le printemps?… T’as pas des boutons au derrière?… » Dans un petit coin il m’a demandé: « T’as pas attrapé la chaude-pisse [gonorréia]…? » Je savais plus comment me poser, me mettre de coin ou d’équerre…”

Je voulais plus rentrer chez Gorloge… Je préférais encore mes parents… C’était aussi épouvantable… mais c’était tout de même plus près… Juste à côté du square Louvois… C’est curieux quand même quand on n’a plus pour respirer que des endroits tous bien horribles…”

Ça me fascinait qu’il tourne bleu… ou jaune après coup. Il me recouvrait d’une telle furie, que je sentais plus rien…” “Ce fut tout de même un coup terrible. Je suis resté longtemps dans ma chambre, cinq ou six jours sans sortir. Ils me forçaient à descendre manger… Elle m’appelait une dizaine de fois. Elle montait me chercher à la fin. Moi, je voulais plus rien du tout, je voulais surtout plus parler. Mon père, il se causait tout seul. Il s’en allait en monologues. Il vitupérait, il arrêtait pas… Tout le bataclan des maléfices… Le Destin… Les Juifs… La Poisse [Azar]… L’Exposition… La Providence… Les Francs-Maçons…” “Il recommençait lui, Ponce Pilate, il éclaboussait tout l’étage, il se lavait les mains de mon ordure, à plein jet, à toute pression. Il faisait des phrases entières latines. Ça lui revenait aux grands moments. Comme ça, dans la petite cuisine, tout debout, il me jetait l’anathème, il déclamait à l’antique. Il s’interrompait pour des pauses, pour m’expliquer entretemps, parce que j’avais pas d’instruction, le sens des « humanités »…” “J’étais méprisé de partout, même par la morale des Romains, par Cicéron, par tout l’Empire et les Anciens… Il savait tout ça mon papa… Il avait plus un seul doute… Il en hurlait comme un putois… Ma mère arrêtait pas de chialer…”

Mais moi si j’étais à votre place! mais moi je pisserais sur le monde! Sur le Monde entier! Vous m’entendez bien! Vous êtes mou [mole] Monsieur! c’est tout ce que je peux voir!”

L’univers, pour lui, n’était plus qu’un énorme acide… Il avait plus qu’à essayer de devenir tout « bicarbonate »…”

Je m’en fous bien des papiers! Bordel de bon Dieu de Nom de Dieu de merde!”

“— Ton mari n’ira pas loin! S’il continue à se bouleverser de cette façon-là… Il maigrit chaque jour un peu plus… Tout le monde le remarque dans le Passage… Tout le monde en cause…”

“— Mourir, moi? Ah! là! là! La mort? Oh! mais je ne demande que ça moi! Mourir! Vite! Ah! là! là! Alors tu parles comme je m’en fous! Mais c’est ce que je désire moi la mort!… Ah! Nom de Dieu!…” Il avait pas pensé à ça… La mort! Nom de Dieu… Sa mort!… Le voilà reparti en belle transe… Il se donne tout entier! Il se requinque!… Il se relance vers l’évier… Il veut boire un coup. Ta ra! Vlac!!!… Il dérape!… Il carambole!… Il va glisser des quatre fers… Il plonge dans le buffet… Il rebondit dans la crédence… Il braille à tous les échos… Il s’est bigorné la trompe… Il veut se rattraper… Tout le bazar nous flanche sur la gueule… Toute la vaisselle, les instruments, le lampadaire… C’est une cascade… une avalanche… On reste écrasés dessous… On se voit plus les uns les autres… Ma mère crie dans les décombres… « Papa! Papa! Où es-tu?… Réponds-moi, papa!… »”

C’est plus une vie que nous endurons!… Nous n’avons pas mérité ça!… Tu m’entends n’est-ce pas? Mon petit? Ce n’est pas des reproches que je t’adresse… Mais c’est pour que tu te rendes bien compte… Que tu te fasses pas d’illusions, que tu comprennes bien tout le mal que nous avons dans l’existence… Puisque tu vas t’en aller pendant plusieurs mois. Tu nous as compliqué les choses, tu sais, Ferdinand! Je peux bien te le dire, te l’avouer!… Je suis pour toi pleine d’indulgence… Je suis ta mère après tout!… Ça m’est difficile de te juger… Mais les étrangers, les patrons, eux autres qui t’ont eu chez eux tous les jours… Ils ont pas les mêmes faiblesses…”

< Madame, qu’il me fait, je vois à qui je cause… Votre garçon, pour moi, c’est bien simple… Vous êtes comme tant d’autres mères… Vous l’avez gâté! Pourri! Voilà tout! On croit bien faire, on se décarcasse! On fait le malheur de ses enfants! > Je te répète mot pour mot ses propres paroles… < Absolument sans le vouloir, vous n’en ferez qu’un petit jouisseur! un paresseux! un égoïste!… >”

C’est que vraiment tu n’as pas de coeur… C’est ça au fond de toutes les choses… Je me demande souvent de qui tu peux tenir. Je me demande maintenant d’où ça te vient? Sûrement pas de ton père ni de moi-même… Il a du coeur lui ton père… Il en a plutôt trop, le pauvre homme!… Et moi, je crois que tu m’as bien vue comme j’étais avec ma mère?… C’est jamais le coeur qui m’a manqué… Nous avons été faibles avec toi… Nous étions trop occupés, nous n’avons pas voulu voir clair… Nous avons cru que ça s’arrangerait… Tu as fini à la fin par manquer même de probité!… Quelle terrible abomination!… Nous en sommes un peu fautifs!…”

Ça n’a vraiment pas d’importance… Ce qu’il faut c’est décourager le monde qu’il s’occupe de vous… Le reste c’est du vice.”

Dès qu’on était dans la foule, on devenait timides, furtifs… Même mon père, qui gueulait si fort au Passage, dehors, il perdait là tous ses moyens… Il se ratatinait. C’est à la maison seulement qu’il remuait la foudre et les tonnerres. À l’extérieur, il rougissait qu’on le remarque…”

Mange et mâche surtout lentement… Tu te détruiras l’estomac… Prends ton sirop contre les vers… Perds l’habitude de te toucher…”

le canari qui picore « L’Avenir » dans la boîte” Seria o bem-te-vi?

Ah! un coup de bourrasque! On le retrouve!… un vrai gentleman, redingote… Il montre la Lune pour deux pennies… Pour trois pièces il vous donne Saturne…”

C’est bien agréable une langue dont on ne comprend rien… C’est comme un brouillard [neblina] aussi qui vadrouille [passeia] dans les idées… C’est bon, y a pas vraiment meilleur… C’est admirable tant que les mots ne sortent pas du rêve…”

La môme qui trifouillait la sauce, je peux pas dire qu’elle était jolie… Il lui manquait deux dents de devant… Elle arrêtait pas de rigoler… (…) Elle me souriait toujours… Elle avait pas vingt piges la môme et des petits nénés insolents… et la taille de guêpe [marimbondo]… et un pétard [cu] comme je les aime, tendu, musclé, bien fendu…”

Je lui ai montré ma monnaie… Elle m’a servi des fritures assez pour gaver une famille. Elle m’a pris qu’une petite pièce… Nous étions en sympathie…”

Elle redouble de courtoisie, d’aménité, d’entreprise… Son trou de sourire il me dégoûte d’abord!… Je lui montre que je vais faire un tour du côté des bars… M’amuser!… Je lui laisse ma valise en échange, ma couverture… Je les pose à côté de son pliant… Je lui fais signe qu’elle me les conserve…”

J’ai un sursaut dans la mémoire… Où je l’ai mise ma couverture? Je me souviens de la môme Graillon… Je passe d’une baraque à une autre… Enfin je la retrouve la mignonnette. Elle m’attendait justement. Elle avait déjà tout bouclé, toutes les marmites, sa grande fourchette, replié tout son bataclan… Elle avait plus qu’à s’en aller…” “Falô, docinho! Vá cagar inseto!” “elle me sort la queue en plein vent… Je bandais déjà plus… (…) Ela levantava a saia, ele fazia a dança do selvagem…” “Ainda não era uma hora! Ela queria tudo! Merda! Ela corria atrás de mim… Ela se tornou desagradável! Ela me recaptura… Ela tenta me morder! uns gemidos violentos! É uma rapariga que amava o estrangeiro…” “Eu preferia chegar logo ao dormitório da escola que transar com a Gwendoline.”

« Demain, Ferdinand! Demain… Je ne vous parlerai plus qu’anglais! Eh? What?… » Ça le faisait même rire d’avance…

« Attendez-moi un moment! Wait! Môment! Ah! vous voyez! Déjà! Ferdinand! Déjà!… »

Il faisait le rigolo…”

Even some Nazis thought Céline’s antisemitic pronouncements were so extreme as to be counter-productive.” excerto Wikipédia

Dans de tels climats si ravagés, si rigoureux, on prend des appétits farouches… Ça fait devenir les mômes costauds, des vrais mastards! Avec une croûte suffisante!”

Pendant qu’ils disaient la prière, j’avais des sensations dangereuses… Comme on était agenouillés, je la touchais presque moi, Nora. je lui soufflais dans le cou, dans les mèches. J’avais des fortes tentations… C’était un moment critique, je me retenais de faire des sottises… je me demande ce qu’elle aurait pu dire si j’avais osé?… Je me branlais en pensant à elle, le soir au dortoir, très tard, encore après tous les autres, et le matin j’avais encore des « revenez-y »…”

tous ces mômes avec leurs grimaces… J’avais plus l’âge ni la patience. Je trouvais plus ça possible l’école… Tout ce qu’ils fabriquent, tout ce qu’ils récitent… c’est pas écoutable en somme… à côté de ce qui nous attend… de la manière qu’on vous arrange après qu’on en est sorti… Si j’avais voulu jaspiner, je les aurais moi, incendiées en trois mots, trois gestes, toutes ces fausses branlures.”

Si je m’étais mis à leur causer, j’aurais raconté forcément comment c’était les vrais « business… »! les choses exactes de l’existence, les apprentissages… Moi je les aurais vite affranchis ces mirmidons à la gomme! Ils savaient rien ces petits… Ils soupçonnaient pas… Ils comprenaient que le football, c’est pas suffisant… Et puis se regarder la bite…”

C’était trop froid pour savonner. Et la pluie n’arrêtait plus. À partir du mois de décembre ce fut vraiment du déluge. On voyait plus rien de la ville, ni du port, ni du fleuve au loin… Toujours le brouillard, un coton énorme…”

Nora [nascida pra casar!], la patronne, je la regardais furtivement, je l’entendais comme une chanson… Sa voix, c’était comme le reste, un sortilege de douceur… Ce qui m’occupait dans son anglais c’était la musique, comme ça venait danser autour, au milieu des flammes. Je vivais enveloppé aussi moi, un peu comme Jonkind en somme, dans l’ahurissement [estupefação].”

Une question me revenait souvent, comment qu’elle l’avait épousé l’autre petit véreux? le raton sur sa badine? ça paraissait impossible! Quel trumeau! quel afur! quelle bobinette! en pipe il ferait peur! il ferait pas vingt sous! Enfin c’était son affaire!…”

Je m’en convulsais, moi, des souvenirs! Je m’en écorchais le trou du cul!…”

Qu’elle serait encore bien plus radieuse et splendide cent dix mille fois [um milhão de vezes], j’y ferais pas le moindre gringue! pas une saucisse! pas un soupir! Qu’elle se trancherait toute la conasse, qu’elle se la mettrait toute en lanières, pour me plaire, qu’elle se la roulerait autour du cou, comme des serpentins fragiles, qu’elle se couperait trois doigts de la main pour me les filer dans l’oignon, qu’elle s’achèterait une moule tout en or! J’y causerais pas! jamais quand même!… Pas la moindre bise…”

Il inscrivait des phrases entières sur le tableau noir, en lettres capitales… Bien faciles à déchiffrer… et puis en dessous la traduction… Les mômes rabâchaient tous ensemble, des quantités de fois… en choeur… en mesure… J’ouvrais alors la gueule toute grande, je faisais semblant que ça venait… J’attendais que ça sorte… Rien sortait… Pas une syllabe… Je rebouclais tout… C’était fini la tentative… J’étais tranquille pour vingt-quatre heures…”

Plus qu’ils [colombins; pigeons; pombos] étaient devenus bouseux, hermétiques, capitonnés par la merde, plus qu’ils étaient heureux, contents… Ils déliraient de bonheur à travers leurs croûtes de glace”

Fallait pas qu’il s’approche des buts… Dès qu’il voyait le ballon rentrer, il se connaissait plus, il se précipitait dans les goals, emporté par sa folie, il bondissait sur la baudruche, il l’arrachait au gardien… Avant qu’on ait pu le retenir il était sauvé avec… Il était vraiment possédé dans ces moments-là… Il courait plus vite que tout le monde… Hurray! Hurray! Hurray!… qu’il arrêtait pas de gueuler, comme ça jusqu’en bas de la colline, c’était coton pour le rejoindre, il dévalait jusqu’à la ville.”

Pendant trois mois j’ai pas mouffeté; j’ai pas dit hip! ni yep! ni youf!… J’ai pas dit yes… J’ai pas dit no… J’ai pas dit rien!… C’était héroïque… Je causais à personne. Je m’en trouvais joliment bien…”

Par le retour du courrier, j’ai reçu alors moi-même trois lettres bien compactes, que je peux qualifier d’ignobles… blindées, gavées, débordantes de mille menaces, jurons horribles, insultes grecques et puis latines, mises en demeure comminatoires… représailles, divers anathèmes, infinis chagrins… Il qualifiait ma conduite d’infernale! Apocalyptique!… Me revoilà découragé!… Il m’envoie un ultimatum, de me plonger séance tenante dans l’étude de la langue anglaise, au nom des terribles principes, de tous les sacrifices extrêmes… des deux cent mille privations, des souffrances infectes endurées, entièrement pour mon salut! Il en était tout déconcerté, tout ému, tout bafouillard, le sale andouille Merrywin d’avoir provoqué ce déluge…”

Je distrayais tout le monde en classe… Je claquais tout le temps mon pupitre… J’allais regarder à la fenêtre, les brouillards et le mouvement du port… Je faisais des travaux personnels avec des marrons et des noix, je constituais des combats navals… des grands voiliers en allumettes… J’empêchais les autres d’apprendre…”

je détestais pas l’intonation anglaise… C’est agréable, c’est élégant, c’est flexible… C’est une espèce de musique, ça vient comme d’une autre planète… J’étais pas doué pour apprendre… J’avais pas de mal à résister… Papa le répétait toujours que j’étais stupide et opaque… C’était donc pas une surprise… Ça me convenait mon isolement, de mieux en mieux…” “eu não detestava a entonação inglesa… É agradável, é elegante, é flexível… É uma espécie de música, vem como dum outro planeta… Não tinha nascido pra aprender… Não tinha nada que me impedisse… Papai o repetia sempre que eu era estúpido e opaco… Não era pois uma surpresa… Isso convinha, esse meu isolamento, de mais em mais…”

J’aurais voulu là, l’embrasser… ça me dévorait atrocement… Je passais par-derrière… Je me fascinais sur sa taille, les mouvements, les ondulations…” “Dans l’église, Nora elle me faisait l’effet d’être encore plus belle que dehors, moi je trouvais du moins. Avec les orgues, et les demi-teintes des vitraux, je m’éblouissais dans son profil… Je la regarde encore à présent… Y a bien des années pourtant, je la revois comme je veux.” “Ça me suffisait pas quand même, c’est elle que j’aurais voulue, c’est elle tout entière à la fin!… C’est toute la beauté la nuit… ça vient se rebiffer contre vous… ça vous attaque, ça vous emporte… C’est impossible à supporter… À force de branler des visions j’en avais la tête en salade…” “Pour perdre encore moins de chaleur, on restait couchés deux par deux… On se passait des branlées sévères… Moi, j’étais impitoyable, j’étais devenu comme enragé, surtout que je me défendais à coups d’imagination… Je la mangeais Nora dans toute la beauté, les fentes [buracos, brechas, janelas, fissuras]… J’en déchirais le traversin [estrangulava o travesseiro]. Je lui aurais arraché la moule [Eu teria podido virar sua boceta do avesso], si j’avais mordu pour de vrai, les tripes, le jus au fond, tout bu entièrement… je l’aurais toute sucée moi, rien laissé, tout le sang, pas une goutte… J’aimais mieux ravager le pageot, brouter entièrement les linges… que de me faire promener par la Nora et puis par une autre! [Preferia bem mais devastar a cama, morder inteiramente a lã… que me deixar manipular pela Nora ou depois por qualquer outra!]”

O coitado que afunda é pior que a merda!”

eu tinha minha braguilha à deriva!”

Elle me ferait pas fondre la vampire! même qu’elle serait mille fois plus gironde. D’abord, elle couchait avec l’autre, le petit macaque! Ça débecte tant qu’on est jeunes les vieux qu’elles se tapent… Si j’avais un peu parlé, j’aurais essayé de savoir pourquoi lui? pourquoi lui si laid? Y avait de la disproportion!… J’étais peut-être un peu jaloux?… Sans doute! Mais c’est vrai qu’il était affreux à regarder et à entendre… avec ses petits bras tout courts… agités comme des moignons [cotocos]… sans raison… sans cesse… Il avait l’air d’en avoir dix, tellement qu’il les agitait…

J’allais pas Better nom de Dieu! Jamais que j’irais Better!…”

Ils étaient terribles ses doigts… c’était comme des rais de lumière, sur chaque feuillet à passer… Je les aurais léchés… je les aurais pompés… J’étais retenu par le charme… Je pipais pas malgré tout…”

Je vais [re]péter pour toi!

Ils regrettaient leurs « douze à zéro ». Ils comprenaient plus l’existence… Ils avaient plus de rivaux du tout… Ça les déprimait horrible… Ils sont repartis chez eux sinistres…”

Les quatre mômes qui subsistaient, ils faisaient du barouf comme trente-six… et puis ça les amusait plus… alors ils se trissaient simplement… ailleurs… au jardin… dans les rues… Ils laissaient Merrywin tout seul, ils venaient nous rejoindre à la promenade. Plus tard, on le rencontrait, lui, sur la route… on le croisait en pleine campagne… on le voyait arriver de loin… il venait vers nous en vitesse, perché sur un énorme tricycle…”

Je me branlais trop pour la Nora, ça me faisait la bite comme toute sèche… dans le silence, je me créais d’autres idées nouvelles… et des bien plus astucieuses, plus marioles et plus tentantes, des tendres à force… Avant de quitter le Meanwell, j’aurais voulu la voir la môme, quand elle travaillait son vieux… Ça me rongeait… ça me minait soudain de les admirer ensemble… ça me redonnait du rassis rien que d’y penser. Ce qu’il pouvait lui faire alors?” “Comment qu’ils baisaient? Ça se passait-il chez lui? chez elle? Je me suis résolu… Je voulais tout de même me payer ça… J’avais attendu trop longtemps…”

Aucun des gniards n’est revenu des vacances de Pâques. Il restait plus au Meanwell que Jonkind et moi. C’était un désert notre crèche.”

Nora s’appuyait le grand turbin, mais elle faisait quand même la coquette. À table, je la retrouvais toute avenante, et même enjouée si je peux dire.”

C’est Jonkind qui animait toutes les parlotes, lui tout seul! No trouble! Il avait

appris un autre mot! No fear! Il en était fier et joyeux. Ça n’arrêtait pas! « Ferdinand! No fear! » qu’il m’apostrophait sans cesse, entre chaque bouchée…”

Le piano à queue, il a plus existé longtemps. Ils sont venus le chercher les déménageurs un lundi matin… Il a fallu qu’ils le démantibulent pièce par pièce… Avec Jonkind on a pris part à la manoeuvre…”

Ça faisait au moins la dixième qu’on recevait de mon père depuis la Noël… Je répondais jamais… Merrywin non plus… On était bloqués par le fait… Il me l’ouvre, il me la montre… Je regarde par acquit de conscience… Je parcours les pages et les pages… C’était copieux, documenté… Je recommence. C’était un vrai rappel formel!… C’était pas nouveau qu’ils m’engueulent… Non… Mais cette fois-ci y avait le billet!… un vrai retour par Folkestone!” “Nous sommes in extremis mon cher enfant! Matériellement, nous ne possédons plus rien!… Du petit avoir, que nous tenions de ta grand-mère, il ne nous reste rien!… absolument rien!… pas un sou! Tout au contraire! Nous nous sommes endettés! Et tu sais dans quelles circonstances… Les deux pavillons dAsnières sont grevés d’hypothèques!… Au Passage, ta mère, dans son commerce, se trouve aux prises avec de nouvelles difficultés, que je présume insurmontables…” “Ne possédant aucune relation personnelle ou politique, parvenu presque au bout de mon rouleau, n’ayant ni fortune ni parents, ne possédant pour tout atout [outro mérito senão] dans mon jeu que l’acquis des services rendus honnêtement, scrupuleusement, pendant vingt et deux années consécutives à la Coccinelle, ma conscience irréprochable, ma parfaite probité, la notion très précise, indéfectible de mes devoirs… Que puis-je attendre? Le pire évidemment… Ce lourd bagage de vertus sincères me sera compté, j’en ai peur, plutôt à charge qu’à crédit, le jour où se régleront mes comptes!… J’en ai l’absolu pressentiment, mon cher fils!…” “À tout hasard, dans un ultime sursaut défensif, je me suis attelé (dernière tentative!) à l’apprentissage de la machine à écrire, hors du bureau bien entendu, pendant les quelques heures que je peux encore soustraire aux livraisons et aux courses pour notre magasin. Nous avons loué cet instrument (américain) pour une durée de quelques mois (encore des frais). Mais de ce côté non plus je ne me berce d’aucune illusion!… Ce n’est pas à mon âge, tu t’en doutes, que l’on s’assimile aisément une technique aussi nouvelle! d’autres méthodes! d’autres manières! d’autres pensées!”

Vouf! La voilà qui fond en larmes… Elle chiale, elle se tient plus, elle se lève, elle se sauve, elle s’enfuit dans la cuisine. Je l’entends qui sanglote dans le couloir… ça me déconcerte son attitude! C’était pas son genre du tout… ça

lui arrivait jamais… Je bronche pas quand même [Eu não ouso me mexer]… Je reste en place avec l’idiot, je finis de le faire bouffer…”

Il faudrait reprendre toute l’enfance, refaire le navet [filme B; sucata] du début! L’empressé! Ah! la sale caille! la glaireuse horreur!… l’abjecte condition! Le garçon bien méritant! Cent mille fois Bonze! Et Rata-Bonze! j’en pouvais plus d’évocations!… J’avais la gueule en colombins rien que de me représenter mes parents! Là, ma mère, sa petite jambe d’échasse, mon père, ses bacchantes et son bacchanal, tous ses trifouillages de conneries…”

Comment qu’il me voyait lui, au fond? Comme un boeuf? Comme une langouste?… Il s’était bien habitué à ce que je le promène, avec ses gros yeux de loto, son contentement perpétuel… Il avait une sorte de veine… Il était plutôt affectueux si on se gafait de pas le contrarier… De me voir en train de réfléchir, ça lui plaisait qu’à demi… Je vais regarder um peu par la fenêtre… Le temps que je me retourne, il saute, le loustic, parmi les couverts… Il se calme, il urine! Il éclabousse dans la soupe! Il l’a déjà fait! Je me précipite, je l’arrache, je le fais descendre…”

P. 263: “J’irais voir mon père faire craquer son col… Ma mère… ramasser sa jambe… J’irais chercher des boulots… Il allait falloir que je recause, que j’explique pourquoi du comment! Je serais fabriqué comme un rat… Ils m’attendaient pourris de questions… J’avais plus qu’à mordre… J’en avais le coeur qui se soulevait à la perspective…”

No último dia no “colégio-internato inglês” o jovem Ferdinand consegue comer a coquete, mulher do dono do local semi-falido: “Je suis trituré, je n’existe plus… C’est elle, toute la masse qui me fond sur la pêche… ça glue… J’ai la bouille coincée, j’étrangle… Je proteste… j’implore… J’ai peur de gueuler trop fort… Le vieux peut entendre!… Je me révulse!… Je veux me dégager par-dessous!… Je me recroqueville… j’arc-boute! Je rampe sous mes propres débris… Je suis repris, étendu, sonné à nouveau… C’est une avalanche de tendresses… Je m’écroule sous les baisers fous, les liches, les saccades… J’ai la figure en compote… Je trouve plus mes trous pour respirer… « Ferdinand! Ferdinand! » qu’elle me supplie… Elle me sanglote dans les conduits… Elle est éperdue… Je lui renfonce dans la goulette, tout ce que je me trouve de langue, pour qu’elle gueule pas tant… Le vieux dans sa crèche il va sûrement sursauter!… J’ai la terreur des cocus… Y en a des horribles… § J’essaye de bercer sa douleur, qu’elle se contienne um peu… Je calfate au petit hasard!… je me dépense… je m’évertue… je déployé toutes les fines ruses… Je suis débordé quand même… elle me passe des prises effrénées… Elle en saccade tout le plumard! Elle se débat la forcenée… Je m’acharne… J’ai les mains qui enflent tellement je lui cramponne les fesses! Je veux l’amarrer! qu’elle bouge plus! C’est fait! Voilà! Elle parle plus alors! Putain de Dieu! J’enfonce! Je rentre dedans comme un souffle! Je me pétrifie d’amour!… Je ne fais plus qu’un dans sa beauté!… Je suis transi, je gigote… Je croque en plein dans son nichon! Elle grogne… elle gémit… Je suce tout… Je lui cherche dans la figure l’endroit précis près du blaze, celui qui m’agace, de sa magie du sourire… Je vais lui mordre là aussi… surtout… Une main, je lui passe dans l’oignon, je la laboure exprès… j’enfonce… je m’écrabouille dans la lumière et la bidoche… Je jouis comme une bourrique… Je suis en plein dans la sauce… Elle me fait une embardée farouche… Elle se dégrafe de mes étreintes, elle s’est tirée la salingue!… elle a rebondi pile en arrière… Ah merde! Elle est déjà debout!… Elle est au milieu de la pièce!… Elle me fait un discours!… Je la vois dans le blanc réverbère!… en chemise de nuit… toute redressée!… ses cheveux qui flottent… Je reste là, moi, en berloque avec mon panais tendu…” “Elle semble furieuse d’un seul coup! Elle crie, elle se démène… Elle recule encore vers la porte. Elle me fait des phrases, la charogne!… « Good-bye, Ferdinand! qu’elle gueule, Good-bye! Live well, Ferdinand! Live wel!… » C’est pas des raisons… § Encore un scandale! Putinaise! Je saute alors du pageot!… Celle-là je vais la raplatir! Ça sera la dernière! Bordel de mon sacré cul! Elle m’attend pas la fumière! Elle est déjà dégringolée!… J’entends la porte en bas qui s’ouvre et qui reflanque brutalement!… Je me précipite! Je soulève la guillotine… J’ai juste le temps de l’apercevoir qui dévale au bord de l’impasse… sous les

becs de gaz… Je vois ses mouvements, sa liquette qui frétille au vent… Elle débouline les escaliers… La folle! Où qu’elle trisse?”

« Tu vas voir Toto! Tu vas voir! »

Pas du tout!… Ils avaient l’air content mes vieux, ils étaient plutôt heureux de me voir arriver… Ils ont seulement été surpris que je ramène pas une seule chemise ni une seule chaussette, mais ils n’ont pas insisté… Ils ont pas fait le scénario… Ils étaient bien trop absorbés par leurs soucis personnels…”

De plus avoir son chronomètre, mon père ça l’affolait complètement… De plus avoir l’heure sur lui… ça contribuait à sa déroute. Lui si ponctuel, si organisé, il était forcé de regarder à chaque instant l’horloge du Passage… Il sortait pour ça sur le pas de la porte…”

Pourquoi s’évertuer sur le Beau? Voilà ce que les dames demandaient! Du tape-à-l’oeil à présent! Du vermicelle! Des tas d’horreurs! Des vraies ordures de bazar! La belle dentelle était morte!… Pourquoi s’acharner?”

Ma conduite, tous mes forfaits chez Gorloge et chez Berlope les avaient tellement affectés qu’ils ne s’en relèveraient jamais…”

Que s’il m’arrivait par malheur de commettre d’autres tours pendables… eh bien ça serait la vraie débâcle!… mon père résisterait sûrement plus… il pourrait plus le malheureux! Il tomberait en neurasthénie… il faudrait qu’il quitte son bureau… Pour ce qui la concernait, si ele passait par d’autres angoisses… avec ma conduite… ça retentirait sur sa jambe… et puis d’abcès en abcès on finirait par lui couper… Voilà ce qu’il avait dit Capron [le médecin]. § Question de papa, tout devenait encore plus tragique, à cause de son tempérament, de sa sensibilité… Il aurait fallu qu’il se repose, pendant plusieurs mois et tout de suite, qu’il puisse prendre des longues vacances, dans un endroit des plus tranquilles, écarté, à la campagne… Capron l’avait bien recommandé! Il l’avait longuement ausculté… Son coeur battait la breloque… Il avait même des contretemps… Tous deux Capron et papa, ils avaient juste le même âge, quarante-deux ans et six mois… (…) Il avait même ajouté qu’un homme c’est encore plus fragile qu’une femme dans les moments de la « ménopause »…”

Chaque fois que je montais l’escalier, mon père faisait des grimaces.”

Le moment était mal choisi pour la recherche d’um emploi… C’était plutôt calme le commerce à la veille de la morte-saison.”

J’avais la nature infecte… J’avais pas d’explications!… J’avais pas une bribe, pas un brimborion d’honneur… Je purulais de partout! Rebutant dénaturé! J’avais ni tendresse ni avenir… J’étais sec comme trente-six mille triques! J’étais le coriace débauché! La substance de bouse… Un corbeau des sombres rancunes… J’étais la déception de la vie! J’étais le chagrin soi-même. Et je mangeais là midi et soir et encore le café au lait… Le Devoir était accompli! J’étais la croix sur la terre!”

Un projet était à l’étude pour amener l’électricité dans toutes les boutiques du Passage! On supprimerait alors le gaz qui sifflait dès quatre heures du soir, par ses trois cent vingt becs, et qui puait si fortement dans tout notre air confiné que certaines dames, vers sept heures, arrivaient à s’en trouver mal… (en plus de l’odeur des urines des chiens de plus en plus nombreux…). On parlait même encore bien plus de nous démolir complètement! De démonter toute la galerie! De faire sauter notre grand vitrage! oui!”

Visios, le gabier des pipes, Charonne le doreur, la mère Isard des teintures, ils voulaient savoir ce qu’on mangeait à Rochester dans ma pension? Et surtout question des légumes, si vraiment ils les bouffaient crus ou bien cuits à peine? Et pour la bibine et la flotte? Si j’en avais bu du whisky? Si les femmes avaient les dents longues? un peu comme les chevaux? et les pieds alors? une vraie rigolade! Et pour les nichons? Elles en avaient-y? Tout ça entre des allusions et mille manières offusquées.”

P. 280: “Je savais en tout: River… Water… No trouble… No fear et encore deux ou trois machins… C’était vraiment pas méchant… Mais j’opposais l’inertie… Je me sentais pas du tout en verve… Ma mère, ça la chagrinait de me voir encore si buté. Je justifiais pas les sacrifices! Les voisins eux-mêmes ils se vexaient, ils faisaient déjà des grimaces, ils me trouvaient une tête de cochon… « Il a pas changé d’un poil! » que remarquait Gaston, le bosco. « Il changera jamais d’abord!… Il est toujours comme au temps qu’il pissait partout dans mes grilles! J’ai jamais pu l’empêcher! »”

Mon oncle, à défaut de mon père, c’était encore un idéal… Elle me disait pas ça crûment, mais elle me faisait des allusions… Papa, c’était pas son avis, qu’Édouard ça soye un idéal, il le trouvait très idiot, complètement insupportable, mercantile, d’esprit extrêmement vulgaire, toujours à se réjouir de conneries…”

cas·se·te·te |cà…éte|

(francês casse-tête)

substantivo masculino

Cacete usado sobretudo por forças policiais ou militares.

o quebra-cabeça do genial policial

o cassetete do menino pimpolho

pintando o setembro

irmãos petralha

deviam roubar a tralha

já que não serve pra nada

Dans cette putain d’Angleterre, j’avais perdu l’accoutumance de respirer confiné… Il allait falloir que je m’y refasse! C’était pas la bourre! Rien que de les apercevoir les patrons possibles, ça me coupait complètement le guignol! J’avais la parole étranglée… Rien qu’à chercher l’itinéraire, dans la rue, j’en crevais déjà… Les plaques des noms sur les portes, elles fondaient après les clous tellement ça devenait une étuve [suadouro]… Il a fait des 39,2!”

Que c’était le moment ou jamais pour orienter ma carrière… Tout ça c’était excellent… C’était bien joli…”

Je suis sous le sous, sans soul, seule. Du sel! Et sucre. Me soulever… Prendre un sub… {sob, sob}

Je méritais pas leur grande bonté… les terribles sacrifices… Je me sentais là tout indigne, tout purulent, tout véreux… Je vois bien ce qu’il aurait fallu faire et je luttais désespérément, mais je parvenais de moins en moins… Je me bonifiais pas avec l’âge… Et j’avais de plus en plus soif… La chaleur aussi c’est un drame… Chercher une place au mois d’août, c’est la chose la plus altérante à cause des escaliers d’abord et puis des appréhensions qui vous sèchent la dalle à chaque tentative… pendant qu’on poireaute… Je pensais à ma mère… à sa jambe de laine et puis à la femme de ménage qu’on pourrait peut-être se procurer si je parvenais à ce qu’on me prenne… Ça me remontait pas l’enthousiasme… J’avais beau me fustiger, m’efforcer dans l’idéal à coups de suprêmes énergies, j’arrivais pas au sublime. Je l’avais perdue depuis Gorloge, toute ma ferveur au boulot! C’était pitoyable! Et je me trouvais malgré tout, en dépit de tous les sermons, encore bien plus malheureux que n’importe quel des autres crabes, que tous les autres réunis!… C’était un infect égoïsme!”

Ma mère laissait traîner sa bourse, la petite en argent, sur le dessus des meubles… Je la biglais avidement… Tant de chaleur, ça démoralise!”

J’avais pas droit pour ma part aux lamentations, jamais!… C’étaient des trucs bien réservés, les condoléances et les drames. C’était seulement pour mes parents… Les enfants c’étaient des voyous, des petits apaches, des ingrats, des petites raclures insouciantes!… Ils voyaient tous les deux rouge à la minute que je me plaignais, même pour un tout petit commencement… Alors c’était l’anathème! Le blaspheme atroce!… Le parjure abominable!…”

Y avait même plus de jambe qui tienne, ni d’abcès, ni de souffrances atroces!… Ma mère se redressait d’un seul bond! « Petit malheureux! Tout de suite! Petit dévoyé sans entrailles! Veux-tu retirer ces injures… »”

C’est le roman qui pousse au crime encore bien pire que l’alcool…”

P. 292: “Je vois encore mon chapeau de paille, le canotier renforci, je l’avais toujours à la main, il pesait bien ses deux livres… Il fallait qu’il me dure deux années, si possible trois…”

Comme apprenti, ils me refoulaient, j’avais déjà dépassé l’âge… Comme veritable employé, je faisais encore beaucoup trop jeune… J’en sortirais pas de l’âge ingrat… et même si je parlais bien l’anglais c’était exactement pareil!… Ils avaient pas l’utilité! Ça concernait que les grandes boutiques, les langues étrangères. Et là ils faisaient pas de débutants!… De tous côtés j’étais de la bourre!… Que je m’y prenne comme ci ou comme ça!…”

Mais entre nous, Ferdinand, je crois que notre pauvre boutique… Tst! Tst! Tst!… Elle pourra pas s’en relever… Hum! Hum! je crains bien le pire tu sais!… C’est une affaire entendue!… La concurrence dans notre dentelle est devenue comme impossible!… Ton père ne peut pas lui s’en rendre compte. Il ne voit pas les affaires comme moi de tout près, chaque jour…”

Que je me fasse le train, oui ou merde, ça changerait pas la marche des choses… J’étais certain qu’avec une bonne, elle travaillerait cinquante fois plus…”

J’aurais bien voulu être marin… Papa aussi autrefois… C’était mal tourné pour nous deux!… Je me rendais à peu près compte…”

Maman restait sur le lit, mon père et moi on faisait le plus gros, le balayage, les tapis, le devant de la porte, la boutique avant de partir le matin… C’était bien fini d’un seul coup la flânerie, l’hésitation, les tortillements… Il fallait que je me dépêtre, que je m’en trouve vite un boulot. À la six-quatre-deux!…”

avait pas le temps de se coucher… C’est le manger qui la soutenait et surtout les cafés-crème… Elle s’en tapait au moins dix dans une seule journée… Chez le fruitier, elle bouffait comme quatre. C’était un numéro, Hortense, elle faisait même rigoler ma mère sur son lit de douleurs avec ses ragots. Mon père, ça l’agaçait beaucoup quand il me trouvait dans la même pièce… Il avait peur que je la trousse… Je me branlais bien à cause d’elle, comme on se branle toujours, mais c’était vraiment pas méchant, plus du tout comme en Angleterre… J’y mettais plus la frénésie, c’était plus la même saveur, on avait vraiment trop de misères pour se faire encore des prouesses… Salut! Merde! C’était plus l’entrain!… D’être comme ça sur le ballant avec la famille à la traîne, c’était devenu la terreur… J’en avais la caboche farcie par les préoccupations… C’était encore un pire tintouin de me trouver une place à présent qu’avant que je parte à l’étranger.”

J’ai repiqué dans tous les étages avec mon col, ma cravate, mon « ressort papillon », mon canotier si blindé… J’ai pas oublié une seule plaque… à l’aller… en sens inverse… Jimmy Blackwell et Careston, Exportateurs… Porogoff, Transactionnaire… Tokima pour Caracas et Congo… Hérito et Kugelprunn, nantissements pour Toutes les Indes…”

S’ils me demandaient mes références?… ce que je voulais faire dans la partie?… mes véritables aptitudes?… mês exigences?… Je me dégonflais à la seconde même… je bredouillais, j’avais des bulles… je murmurais des minces défaites et je me tirais à reculons… J’avais la panique soudaine… La gueule des inquisiteurs me refoutait toute la pétoche… J’étais devenu comme sensible… J’avais comme des fuites de culot. C’était un abîme!… Je me trissais avec ma colique… Je repiquais quand même au tapin… J’allais resonner un autre coup dans la porte en face… c’était toujours les mêmes « affreux »… J’en faisais comme ça, une vingtaine avant le déjeuner…”

À propos de mon cas, surtout, ils faisaient des ragots fumiers… Ça les énervait ces charognes de me voir à la traîne. Pourquoi que je trouvais pas un boulot?… Hein? Ils arrêtaient pas de demander… La façon que je restais pour compte en dépit de tant d’efforts, de sacrifices extraordinaires, c’était pas imaginable!… Ça dépassait l’entendement!… Ah! Hein? C’était une énigme!… De me voir ainsi sur le sable”

Mais dans la souffrance comme ça, d’une telle acuité, elle contrôlait plus ses réflexes… Elle a tout redit à papa, rebavé presque mot à mot… Y avait déjà bien longtemps qu’il avait pas piqué une crise… Il s’est jeté sur l’occasion… Il a recommencé à hurler que je l’écorchais vif, et ma mère aussi, que j’étais tout son déshonneur, son opprobre irrémédiable, que j’étais responsable de tout! Des pires maléfices! Du passé comme de l’avenir! Que je l’acculais au suicide! Que j’étais un assassin d’un genre absolument inouï!… Il expliquait pas pourquoi… Il sifflait, soufflait tellement la vapeur, qu’il faisait un nuage entre nous… Il se tirait les peaux dans le fond du cuir dans les tifs… Il se labourait le crâne au sang… Il s’en retournait tous les ongles… À gesticuler en furie, il se bigornait dans les meubles… Il emportait la commode… C’était tout petit la boutique… Y avait pas de place pour un furieux… Il bute dans le porte-parapluies… Il fout par terre les deux potiches. Ma mère veut les ramasser, elle se donne un terrible tour à sa jambe! Elle en pousse un cri si perçant… si absolument atroce… que les voisins radinent en trombe!”

À force de me préoccuper je me réveillais en sursaut dans le milieu de la nuit… J’avais une obsession comme ça, qui me possédait de plus en plus fort… Ça me tenaillait toute la bouille… Je voulais retourner chez Gorloge… Je ressentais là, tout d’un coup, un énorme remords, une honte irrésistible, la malédiction… Il me venait des idées de paumé, je commençais des tours de sale con… Je voulais remonter chez Gorloge, me donner à eux tout franchement, m’accuser… devant tout le monde… « C’est moi qu’ai volé! » que je dirais… « C’est moi qu’ai pris la belle épingle! Le Çâkya-Mouni tout en or!… C’est moi! C’est moi positivement! »… Je m’embrasais tout seul! Merde! Après ça, je me faisais, la poisse s’en ira… Il me possédait le mauvais sort… par toutes les fibres du trognon! J’en avais tellement l’horreur que j’en grelottais constamment… Ça devenait irrésistible… Bordel! Pour de vrai quand même à la fin je suis retourné devant leur maison… en dépit de la chaleur d’étuve, il me passait des froids dans les côtes… J’avais déjà la panique! Voilà que j’aperçois la concierge… Elle me regarde bien, elle me reconnaît de loin… Alors j’essaye de me rendre compte, de tâter comment je suis coupable… Je me rapproche de sa cambuse… Je vais lui dire tout d’abord à elle!… Merde!… Mais là, je peux plus… Je me déconcerte… Je fais demitour subito… Je me débine à grandes foulées… Je recavale vers les boulevards… ça va pas mieux!… Je me tenais comme un vrai « plouc »! J’avais la hantise… des extravagances foireuses… Je rentrais plus pour déjeuner… J’emportais du pain, du fromage… J’avais sommeil le tantôt d’avoir si mal dormi la nuit… Tout le temps réveillé par les songes… Fallait que je marche sans arrêt ou bien je somnolais sur les bancs…”

Tous mes sous pour les tramways je les dilapidais en canettes [cerveja]… Alors je marchais de plus en plus… Il faisait aussi un été absolument extraordinaire! Il avait pas plu depuis deux mois!…”

Mon père il tournait comme un tigre devant sa machine… Dans mon plumard à côté y avait plus moyen que je dorme tellement qu’il jurait sur le clavier… Il lui est sorti au début du mois de septembre toute une quantité de furoncles, d’abord sous les bras et puis ensuite derrière le cou alors un véritable énorme, qu’est devenu tout de suite un anthrax. Chez lui, c’était grave les furoncles, ça le démoralisait complètement… Il partait quand même au bureau… Mais on le regardait dans la rue, tout embobiné dans les ouates. Les gens se retournaient… Il avait beau s’ingénier et prendre beaucoup de levure de bière, ça n’allait pas du tout mieux…”

Bordel de bon Dieu d’existence!…” “« C’est facile à dire! qu’il hurlait… C’est facile à dire! Nom de Dieu de sacré saloperie de Nom de Dieu de merde! Tonnerre!”

Pas plus de « Lilas » que de beurre au cul!”

J’ai bien bu moi deux canettes, entièrement à la fauche gratuite… et deux… et deux… qui font douze… Voilà!… J’avais dépensé les cent sous… J’avais plus un seul petit fric… J’ai sifflé un litre de blanc… Pas d’histoires!… Et un mousseux tout entier… Je vais faire quelques échanges avec la famille sur le banc!… Ah!… Je lui troque pour un camembert… tout vivant… mon coeur à la crème!… Attention!… J’échange la tranche de jambon pour un « kil » de rouge tout cru!… On peut pas mieux dire… Il survient à ce moment juste un violent renfort des agents de la garde!… Ah!… le culot… La sotte astuce!… Ils ne font bien bouger personne!… Ils sont tout de suite démontés, honnis… branlés… raccourcis… Ils sont virés dans un souffle!”

Il me reste encore de l’ivresse… Je marche, c’est visible, de traviole… Ces gens, ils étaient étonnés. Ça m’arrivait jamais d’être saoul!… Ils m’avaient pas encore vu… Ils m’apostrophaient de surprise!… « Dis donc, alors Ferdinand? T’as trouvé une situation?… C’est la fête à la grenouille?… T’as donc rencontré un nuage?… T’as vu un cyclone Toto?… » Enfin des sottises… Visios qui roulait son store, il m’interpelle tout exprès… Il me fait en passant comme ça…: « Dis donc, ta mère, Ferdinand elle est descendue au moins vingt fois depuis sept heures, demander si on t’a pas vu? Je te jure! Elle fait salement vilain!… Où que tu t’étais encore caché?… »”

Depuis six heures elle ne vit plus!… Y a eu, paraît-il, des bagarres dans les jardins des Tuileries! Elle est sûre que vous y étiez!… Elle est sortie ce tantôt pour la première fois en entendant les rumeurs… Elle a vu dans la rue Vivienne un cheval emballé! Elle est revenue décomposée. Ça lui a retourné tous les sangs!… Jamais je l’avais vue si nerveuse! »…”

avec ma jambe je suis certaine qu’il va pleuvoir!… Je ne peux pas me tromper!… C’est toujours la même douleur… Elle me tiraille derrière la fesse… C’est positivement le signe, c’est absolument infaillible… T’entends, Auguste, c’est la pluie!…”

“— Mais je le sais bien! Bordel de Dieu! de charogne de trou du cul! Mais je le sais bien qu’il est deux heures! Est-ce que c’est ma faute?… Il sera trois heures! Nom de Dieu! Et puis quatre! Et puis trente-six! Et puis douze! Bordel de tonnerre!… C’est malheureux bordel de merde qu’on vienne me faire chier jour et nuit?… c’est pas admissible à la fin!… (…) Ah! Ah! il nous a tout bu! Il nous a tout englouti!… Il pue l’alcool! Il est saoul! Il a attrapé la vérole! La chaude-pisse! Il nous ramènera le choléra! C’est seulement là que tu seras contente!… Ah! Eh bien tu récolteras les fruits! Toi-même, tu m’entends!… Ton fils pourri tu l’as voulu!…”

C’est à douze ans pas plus tard qu’il aurait fallu te saisir et t’enfermer solidement! Ah oui! Pas plus tard! Mais j’ai manqué d’énergie!… T’enfermer en correction… Voilà! C’est là que t’aurais été maté!…”

Je vois tout drôle alors d’un seul coup!… Je veux plus voir… Je fais qu’un bond… Je suis dessus! Je soulève sa machine, la lourde, la pesante… Je la lève tout en l’air. Et plac!… d’un bloc là vlac!… je la lui verse dans la gueule! Il a pas le temps de parer!… Il en culbute sous la rafale, tout le bastringue à la renverse!… La table, le bonhomme, la chaise, tout le fourniment viré en bringue… Tout ça barre sur les carreaux… s’éparpille… Je suis pris aussi dans la danse… Je trébuche, je fonce avec… Je peux plus m’empêcher… Il faut là, que je le termine le fumier salingue! Pouac! Il retombe sur le tas… Je vais lui écraser la trappe!… Je veux plus qu’il cause!… Je vais lui crever toute la gueule… Je le ramponne par terre… Il rugit… Il beugle… Ça va! Je lui trifouille le gras du cou… Je suis à genoux dessus… Je suis empêtré dans les bandes, j’ai les deux mains prises. (…) Je lâche mon vieux… Je ne fais qu’un saut… Je suis dessus l’Hortense!… Je vais l’étrangler! Je vais voir comment qu’elle gigote elle! Elle se dépêtre… Je lui arbouille la gueule… Je lui ferme la bouche avec mês paumes… Le pus des furoncles, le sang plein, ça s’écrase, a lui dégouline… Elle râle plus fort que papa… Je la cramponne… Elle se convulse… Elle est costaude… Je veux lui serrer aussi la glotte… C’est la surprise… C’est comme un monde tout caché qui vient saccader dans les mains… C’est la vie!… Faut la sentir bien… Je lui tabasse l’occiput à coups butés dans la rampe… Ça cogne… Elle ressaigne des tifs… Elle hurle! C’est fendu! Je lui fonce un grand doigt dans l’oeil… J’ai pas la bonne prise… Elle se dégrafe… Elle a rejailli… Elle se carapate… Elle a de la force… Elle carambole dans les étages… Je l’entends hurler du dehors… Elle ameute… Elle piaille jusqu’en haut… « À l’assassin! À l’assassin!… » J’entends les échos, les rumeurs. Voilà une ruée qui s’amène… ça cavalcade dans la boutique, ça grouille en bas dans les marches… Ils se poussent tous à chaque étage… Ils envahissent… J’entends mon nom… Les voilà!…“

Pp. 320-21: “J’ai pas appuyé… Jamais je l’aurais cru si faible, si mou… C’était la surprise… je suis étonné… C’était facile à serrer… Je pense comment que je suis resté avec les mains prises devant, les doigts… la bave… et qu’il me tétait… Je peux plus m’arrêter de tremblote… Je suis vibré dans toute la barbaque… Serrer voilà! J’ai la grelotte dans la gueule… Je gémis à force! Je sens maintenant tous les coups, tous les ramponneaux des autres vaches… C’est pas supportable la frayeur!… C’est le trou du cul qui me fait le plus mal… Il arrête plus de tordre et de renfrogner… C’est une crampe atroce.”

J’aurais jamais cru que je pouvais tenir dans l’intérieur une tempête pareille… C’était pas croyable comme saccades… Je cavalais comme une langouste… Ça venait du fond… « Je l’ai estourbi! » que je me disais… J’en étais de plus en plus certain et puis alors un moment j’ai entendu comme des pas… des gens

qui discutaient le coup…”

Je commence à vomir… Je me poussais même pour me faire rendre… Ça me soulageait énormément… J’ai tout dégueulé… La grelotte m’a repris… J’en gigotais tellement fort, que je me reconnaissais plus… Je me trouvais étonnant moi-même… J’ai vomi le macaroni… J’ai recommencé, ça me faisait un violent bien. Comme si tout allait partir… Partout sur le carreau j’ai dégueulé tout ce que j’ai pu… Je me poussais dans la contraction… Je me cassais en deux pour me faire rendre encore davantage et puis les glaires et puis de la mousse… Ça filait… ça s’étendait jusque sous la porte… J’ai tout vomi la tambouille d’au moins huit jours auparavant et puis en plus de la diarrhée… Je voulais pas appeler pour sortir… Je me suis traîné jusqu’au broc qu’était debout près de la cheminée…”

Y avait plus personne dans notre escalier, ni dans la boutique non plus. Tout le monde était débiné… Ils devaient être rentrés chez eux… Ils avaient de quoi raconter…”

Jamais il parlait de sentiments… C’est ce que j’estimais bien chez lui… (…) L’oncle, il aimait pas qu’on en cause… Il aimait mieux parler des sports, de sa pompe, de boxe, d’ustensiles… de n’importe quoi… Les sujets brûlants ça lui faisait mal… et à moi aussi…”

Elle pouvait plus marcher du tout… Je tenais pas beaucoup à la revoir… À quoi ça aurait servi?… Elle disait toujours les mêmes choses… Enfin le temps a passé… Une semaine, puis deux, puis trois… Ça pouvait pas s’éterniser… Je pouvais pas prendre des racines… Il était gentil, mon oncle, mais précisément… Et puis alors comment vivre? Rester toujours à sa charge?… C’était pas sérieux… J’ai fait une petite allusion… « On verra plus tard! », qu’il a répondu… C’était pas du tout pressé… Qu’il s’en occupait…”

Il m’a appris à me raser… Il avait un système spécial, subtil et moderne et remontable dans tous les sens et même à l’envers… Seulement alors si délicat, que c’était un blot d’ingénieur quand il fallait changer la lame…”

Après, je me promenais où je voulais… Exactement!… C’était une affaire!… J’avais pas un but commandé… Rien que des véritables balades… Il me le répétait tous les jours, avant de sortir, l’oncle Édouard. « Va te promener! Va donc Ferdinand! Comme ça droit devant toi… T’occupe pas du reste!… Va par où ça te fera plaisir!… Si t’as un endroit spécial, vas-y! Vas-y donc! Jusqu’au Luxembourg si tu veux!… Ah! Si j’étais pas si pris… J’irais moi voir jouer à la Paume… J’aime ça moi la Paume… Profite donc un peu du soleil… Tu regardes rien, t’es comme ton père!… » Il demeurait encore un instant. Il bougeait plus, il réfléchissait… Il a rajouté… « Et puis tu reviendras tout doucement… Je rentrerai ce soir un peu plus tard… » Il me donnait en plus un petit flouze, des trente sous, deux francs… « Entre donc dans un cinéma… si tu passes par les boulevards… T’as l’air d’aimer ça les histoires… »”

Il en parlait pas, voilà tout… C’était pas seulement un homme pour la mécanique l’oncle Édouard… Faudrait pas confondre… Il était extrêmement sensible on peut pas dire le contraire… C’est même enfin à cause de ça que j’étais de plus en plus gêné… Ça me tracassait de plus en plus de rester là comme un plouc à goinfrer sa croûte… Un vrai sagouin culotté… Merde!…”

Va encore faire des balades… Ça durera sûrement pas toujours! Va par les

quais jusqu’à Suresnes! Prends le bateau, tiens! Change-toi d’air! Y a rien de meilleur que ce bateau-là! Descends à Meudon si tu veux! Change-toi les idées!… Dans quelques jours je te dirai… Je vais avoir quelque chose de très bien!… Je le sens!… J’en suis sûr!… Mais il faut rien brutaliser!… Et j’espère que tu me feras honneur!…

Oui mon oncle !…”

Il annonçait lui-même son âge plusieurs fois par jour… Il avait cinquante piges passées… Il tenait encore bon la rampe grâce aux exercices physiques, aux haltères, massues, barres fixes, tremplins… qu’il pratiquait régulièrement et surtout avant le déjeuner, dans l’arrière-boutique du journal. Il s’était aménagé là un veritable gymnase entre deux cloisons.”

« Les muscles, Ferdinand, sans l’esprit, c’est même pas du cheval! Et l’esprit quand y a plus les muscles c’est de l’électricité sans pile! Alors tu sais plus où la mettre! Ça s’en va pisser partout! C’est du gaspillage… C’est la foire!… » C’était son avis.”

Non! rien de tapageur, de pharamineux! d’insolite! Il les avait en horreur lui, les chienlits de l’atmosphère!… Que des envols démonstratifs! des ascensions éducatives!… Toujours scientifiques!… C’était sa formule absolue.”

Il pensait déjà aux héliums! Il avait trente-cinq ans d’avance! C’est pas peu dire!”

Lui, non plus, Courtial des Pereires, il arrêtait jamais de produire, d’imaginer, de concevoir, résoudre, prétendre… Son génie lui dilatait dur le cassis du matin au soir… Et puis même encore dans la nuit c’était pas la pause… Il fallait qu’il se cramponne ferme contre le torrent des idées… Qu’il se garde à carreau… C’était son tourment sans pareil… Au lieu de s’assoupir comme tout le monde, les chimères le poursuivant, il enfourchait d’autres lubies, des nouveaux dadas!… Vroutt!… L’idée de dormir s’enfuyait!… ça devenait vraiment impossible… Il aurait perdu tout sommeil s’il ne s’était pas révolté contre tout l’afflux des trouvailles, contre ses propres ardeurs… Ce dressage de son génie lui avait coûté plus de peine, de vrais surhumains efforts que tout le reste de son oeuvre!… Il me l’a souvent répété!…

Les inventeurs c’est pas des drôles… Toujours à la disposition! Il s’y collait courageusement, rien ne rebutait son zèle, ne déconcertait sa malice… ni l’abracadabrant problème, ni le colossal, ni l’infime… Avec des grimaces, il digérait tout… Depuis le « fromage en poudre », l’« azur synthétique », la « valve à bascule », les « poumons d’azote », le « navire flexible », le « café-crème comprimé » jusqu’au « ressort kilométrique » pour remplacer les combustibles…”

Si Courtial déclarait comme ça dans sa première page que l’idée n’était pas recevable! Holà! Holà! funambulesque! hétéroclite! qu’elle péchait salement par la base… la cause était entendue! Ce fourbi ne s’en relevait pas!… Le projet tombait dans la flotte.”

La faveur, l’engouement universels suscités dès la parution par cet infime, trivial ouvrage peuvent à présent de nos jours difficilement s’imaginer… Toutefois « L’Équipement des Vélos » par Courtial Marin des Pereires représenta vers 1900, pour le cycliste néophyte, une sorte de catéchisme, un « chevet », la « Somme »… Courtial savait faire d’ailleurs et d’une manière fort pertinente toute sa critique personnelle.”

Les plus hautaines, les plus complexes théories, les pires imaginations de la physique, chimie, des « radiospolarites » naissantes… La photographie sidérale… Tout y avait passé peu ou prou à force d’en écrire. Il éprouvait pour cela même une très grande désillusion, une veritable mélancolie, une surprise bien déprimante, à se voir comme ça préféré, encensé, glorieux, pour des propos de chambre à air et des astuces de « pignons doubles »!… Personnellement, pour commencer, il avait horreur du vélo… Jamais il avait appris, jamais il était monté dessus… Et question de mécanique c’était encore pire… Jamais il aurait pu démonter seulement une roue, même la chaîne!… Il ne savait rien foutre de ses mains à part la barre fixe et le trapèze… Il était des plus malhabiles, comme trente-six cochons réellement… Pour enfoncer un clou de travers il se déglinguait au moins deux ongles, il se flanquait tout le pouce en bouillie, ça devenait tout de suite un carnage dès qu’il touchait un marteau. Je parle pas des tenailles, bien sûr, il aurait arraché le pan de mur… le plafond… la crèche entière… Il restait plus rien autour… Il avait pas un sou de patience, son esprit allait bien trop vite, trop loin, trop intense et profond… Dès que la matière lui résistait, il se payait une épilepsie… Ça se terminait en marmelade… C’est seulement par la théorie qu’il arrangeait bien les problèmes… Question de la pratique, par lui-même, il savait juste faire les haltères et seulement dans l’arrière-boutique… et puis en plus le dimanche escalader la nacelle et commander son « Lâchez tout »… et se recevoir plus tard en « boule »… Si il se mêlait de bricoler comme ça de ses propres doigts, ça finissait comme un désastre.

« L’oeuvre complète d’Auguste Comte, ramenée au strict format d’une < prière positive >, en vingt-deux versets acrostiches »!… § Pour cette inouïe performance, il avait été fêté, presque immédiatement, à travers toute l’Amérique… la latine… comme un immense rénovateur. L’Académie Uruguayenne réunie en séance plénière quelques mois plus tard l’avait élu par acclamations Bolversatore Savantissima avec le titre additif de « Membre Adhérent pour la vie »… Montevideo, la ville, point en reste, l’avait promu le mois suivant Citadinis Etematis Amicissimus. Courtial avait espéré qu’avec un surnom pareil, et en raison de ce triomphe, il allait connaître d’autre gloire, d’un genre un peu plus relevé… qu’il allait pouvoir prendre du large… Prendre la direction d’un movement de haut parage philosophique… « Les Amis de la Raison Pure »… Et puis point du tout! Balle Peau! Pour la première fois de sa vie il s’était foutu le doigt dans l’oeil! Il s’était entièrement gouré… Le grand renom d’Auguste Comte exportait bien aux Antipodes, mais ne retraversait

plus la mer!

Ils aimaient pas Auguste Comte. Autant Flammarion leur semblait nettement populaire, autant Auguste les débectait. Il jetait la poise dans la vitrine…”

C’était pas juste que je le rançonne… Puis j’encombrais son domicile… c’était pas très vaste son bocal… j’avais beau faire semblant de dormir quand il se ramenait une mignonne… sur la pointe des pieds… sûrement quando même je le gênais.”

L’oncle Édouard, il ne se leurrait guère sur mes aptitudes. Il s’était bien rendu compte que dans les boulots réguliers je me démerdais franchement mal. Il voyait les choses assez juste. Que pour mon genre et ma balance, ce qui serait plutôt indiqué c’était les trucs « en dehors », des espèces d’astuces capricieuses, des manigances à la « godille ».”

C’est lui, Courtial des Pereires, qu’avait obtenu en France le second permis de conduire pour automobile de course. Son diplôme encadré d’or et puis sa photo « jeune homme », au volant du monstre avec la date et les tampons, nous l’avions au-dessus du bureau. Ça avait fini tragiquement…” “Le vide absolu! La voiture? Vacuum mon ami! Vacuum! Plus de voiture! Évaporée!… Foudroyée! Littéralement! Les roues, le châssis… Chêne!… pitchpin! calcinés!… Toute la membrure… Que voulez-vous! Je me traîne aux environs, je me démène d’une motte à l’autre! Je creuse! Je trifouille! Quelques miettes de-ci, de-là! quelques

brindilles… Un petit morceau d’éventail, une boucle de ceinture! Un des bouchons du réservoir… Une épingle à cheveux! C’est tout!… Une dent dont je ne fus jamais sûr!… L’enquête officielle n’a rien résolu!… Rien élucidé!… C’était à prévoir… Les causes de ce formidable embrasement demeurent pour toujours mystérieuses…” “D’ailleurs à ce stade fort critique du progrès des automobiles il fut observé à bien des reprises de telles fantastiques explosions, presque aussi massives! en pulvérisations totales! Des disséminations atroces! Des propulsions gigantesques!… Je ne pourrais leur comparer à l’extrême rigueur que les déflagrations subites de certains brasiers d’Air liquide… Et encore!… Je ferais mes réserves!… Celles-ci sont en effet banales! Absolument explicables… Et de fond en comble! Aucun doute! Aucune énigme! Tandis que le mystère subsiste presque tout entier quant aux causes de ma tragédie!… Avouons-le très modestement! Mais quelle importance aujourd’hui? Aucune!… On n’utilise plus les < fusibles > depuis Belle Lurette!”

Il était terrible à renifler arrivé le samedi tantôt… C’était le dimanche matin qu’il faisait sa toilette, j’étais averti. La semaine, il avait pas le temps. Je savais tout ça… Sa femme je l’avais jamais vue, il me racontait ses faits et gestes. Ils demeuraient à Montretout… Pour les pieds, y avait pas que lui… C’était la terreur à l’époque… Quand il venait des inventeurs, qu’ils arrivaient comme ça en nage, presque toujours de fort loin, ça devenait quand même difficile de les écouter jusqu’au bout, même avec la porte grande ouverte sur le grand jardin du Palais… Ce qu’on arrivait à renifler à certains moments c’était pas croyable… Ils parvenaient à me dégoûter de mes propres nougats.” Era terrível respirar o ar chegado o sábado… Era domingo de manhã que ele fazia a toalete, eu já tinha sido advertido. Durante a semana ele não tinha tempo. Eu sabia de tudo isso… Sua mulher eu nunca a vi, ele me contava das suas coisas e do seu jeito. Eles moravam em Mostra-Tudo… Pros pés, não havia pior que ele… Era o terror à época… Quando vinham os inventores, que chegavam nadando, quase sempre de muito longe, era praticamente impossível escutá-los até o final, mesmo com o portão aberto dando para o grande jardim do Palácio… Os aromas que se chegava a cheirar algumas horas, era até difícil de acreditar… Eles conseguiam me fazer ter nojo dos meus próprios pés.”

Il avait le sens du désordre… Il plaignait tous ceux qui l’ont pas… Tout l’ordre est dans les idées! Dans la matière pas une trace!… Quand je lui faisais ma petite remarque que ça m’était bien impossible de me dépêtrer dans cette pagaye et ce vertige, alors c’est lui qui faisait vilain et il m’incendiait… Il me laissait même pas respirer… Il prenait d’autor l’offensive… « Évidemment, Ferdinand, je ne vous demande pas l’impossible! Jamais vous n’avez eu l’instinct, la curiosité essentielle, le désir de vous rendre compte… Ici! malgré tout! c’est pas les bouquins qui vous manquent!… Vous vous êtes jamais demandé, mon pauvre petit ami, comment se présente un cerveau!… L’appareil qui vous fait penser? Hein? Mais non! Bien sûr! ça vous intéresse pas du tout!… Vous aimez mieux regarder les filles! Vous ne pouvez donc pas savoir! Vous persuader bien facilement du premier coup d’oeil sincère, que le désordre, mais mon ami c’est la belle essence de votre vie même! de tout votre être physique et métaphysique! Mais c’est votre âme Ferdinand! des millions, des trillions de replis… intriqués dans la profondeur, dans le gris, tarabiscotés, plongeants, sousjacents, évasifs… inimitables! Voici l’Harmonie, Ferdinand! Toute la nature! une fuite dans l’impondérable! Et pas autre chose! Mettez en ordre, Ferdinand, vos pauvres pensées! Commencez par là! Non par quelques substitutions grimacières, matérielles, négatives, obscènes, mais dans l’essentiel je veux dire! Allez-vous pour ce motif vous précipiter au cerveau, le corriger, le décaper, le mutiler, l’astreindre à quelques règles obtuses? au couteau géométrique? Tu restes, je le crains, pour toujours dans ta poubelle à raison! Tant pis pour toi! C’est toi le couillon Ferdinand! le myope! l’aveugle! l’absurde! le sourd! le manchot! la bûche!… C’est toi qui souilles tout mon désordre par tes réflexions si vicieuses… En l’Harmonie, Ferdinand, la seule joie du monde! La seule délivrance! La seule vérité!… L’Harmonie! Trouver l’Harmonie! Voilà… Cette boutique est en Har-mo-nie!… M’entends-tu!

Ferdinand? comme un cerveau pas davantage! En ordre! Pouah! En ordre! (…) Oui! Le Génitron! C’est un cerveau! Est-ce assez clair? Ce n’est pas ce que tu désires? Toi et les tiens?… (…) Je n’abolis pas pour vivre, moi! Je prends la vie telle qu’elle se pose! Cannibale Ferdinand? Jamais!… (…) Je ne veux plus compter les étoiles 1! 2! 3! 4! 5! Je ne me crois pas tout permis! Et le droit de rétrécir! corriger! corrompre! tailler! repiquer!… Hein!… Où donc l’aurais-je pris? De l’infini? Dans la vie des choses? C’est pas naturel, mon garçon! C’est pas naturel! C’est des manigances infâmes!… Je reste bien avec l’Univers moi! Je le laisse tel que je le trouve!… Je ne le rectifierai jamais! Non!… L’Univers, il est chez lui! Je le comprends! Il me comprend! Il est à moi quand je le demande! Quand j’en veux plus je le laisse tomber! Voilà comment les choses se passent!… C’est une question cosmogonique! J’ai pas d’ordre à donner! Tu n’as pas d’ordre! Il n’a pas d’ordre!… Buah! Buah! Buah!… »”

Il se passionnait ce garçon pour les ascenseurs en tous genres. C’était son rêve, sa manie!… On lui avait fait parvenir toute la documentation… Il en avait jamais vu en réalité. Courtial avait publié vers 1893 un véritable traité De la Traction Verticale. Il connaissait tous les détails, les multiples applications, hydrauliques, balistiques, « l’électrorécupérative »…”

P. 344-5: “Ça se retenait, ça s’oubliait, sans fatigue aucune. On calculait grosso modo comme ça en causant, pour ne parler que de la France, qu’une famille au moins sur quatre possédait dans son armoire une Astronomie des Familles, une Economie sans Usure et la Fabrication des Ions… Une au moins sur douze sa Poésie en couleurs, son Jardinier sur les Toits, L’Élevage des poules au Foyer.”

Peu à peu, à force de vivre avec Courtial dans la grande intimité, j’ai bien saisi sa nature… C’était pas extrêmement brillant tout à fait en dessous. Il était même assez carne, mesquin, envieux et sournois… Maintenant, demeurant équitable, il faut bien admettre que c’était un terrible afur le boulot qu’il s’envoyait! de se démerder comme un perdu, à longueur d’année, c’est exact, contre la bande des grands maniaques, les abonnés du Génitron… § Il passait des heures horribles, absolument ravagées… dans un déluge de conneries… Il fallait qu’il tienne quand même, qu’il se défende, qu’il renvoie les coups, qu’il emporte toutes les résistances, qu’il leur laisse la bonne impression, qu’ils s’en aillent tous assez heureux avec l’envie de revenir…”

Je n’avais pas besoin d’argent qu’ils répétaient à mon oncle… J’en ferais sûrement mauvais usage… Ce qu’était beaucoup plus essentiel, c’est que je retourne plus chez eux… C’était l’avis unanime de toute la famille, des voisins aussi et de toutes nos connaissances. Qu’on me donne à faire n’importe quoi! qu’on m’occupe à n’importe quel prix! n’importe où et n’importe comment! Mais qu’on me laisse pas désoeuvré! et que je reste bien à distance. D’un jour à l’autre, de la façon que je débutais, je pouvais foutre le feu au « Passage »! C’était le sentiment général…”

J’avais pas besoin de répondre. C’est comme ça que je l’ai séduit… En fermant ma gueule…”

Nous n’avons qu’un frêle esquif au vent de l’esprit!… Et que de tempêtes, mon ami, que de tempêtes!… Vous embarquez? Soit. Je vous accueille! Je vous prends! Soit! Montez à bord! Mais je vous le dis bien d’avance! Pas un doublon dans les cales! Rien dans les mains! Peu dans les poches! Point d’amertume! Point de rancoeur!… Vous préparerez le déjeuner! Vous coucherez à l’entresol, j’y couchais moi-même autrefois… dans le bureau tunisien… Vous arrangerez votre sofa… L’on y demeure parfaitement… Vous y serez joliment tranquille! Ah! veinard!… Vous verrez un peu sur le soir! quel séjour! Quel calme! Le Palais-Royal est à vous absolument tout entier à partir de neuf heures!… Vous serez heureux Ferdinand!… À présent, tenez! moi-même!” “« Point de salaire! Certes! Soit! Nominal c’est-à-dire! Mais du spirituel! Ah! vous ne savez pas Ferdinand ce que vous allez gagner? Non! non! non! Vous me quitterez Ferdinand, un jour… forcément… » Sa voix devenait déjà triste. « Vous me quitterez… Vous serez riche! Oui! riche! Je le dis!… »”

« Il n’y a rien dans un portemonnaie! Rien!… »

et on mangeait sur nos genoux avec une serviette, au fond du bureau… Je trouvais pas ça risible au flanc!…”

Enfin, tout de même, y a un chapitre où il m’a jamais truqué, jamais déçu, jamais bluffé, jamais trahi même une seule fois! C’est pour mon éducation, mon enseignement scientifique. Là, jamais il a flanché, jamais tiqué une seconde!… Jamais il a fait défaut! Pourvu que je l’écoutasse, il était constamment heureux, ravi, comblé, satisfait… Toujours je l’ai connu prêt à me sacrifier une heure, deux heures, et davantage, parfois des journées entières pour m’expliquer n’importe quoi… Tout ce qui peut se comprendre et se résoudre, et s’assimiler, quant à l’orientation des vents, les cheminements de la lune, la force des calorifères, la maturation des concombres et les reflets de l’arc-en-ciel… Oui! Il était vraiment possédé par la passion didactique. Il aurait voulu m’enseigner toute la totalité des choses et puis aussi de temps à autre me jouer un beau tour de cochon! Il pouvait pas s’en empêcher! ni dans un cas ni dans l’autre!” “Il me parlait souvent de sa daronne, mais jamais il me la montrait. Elle venait jamais au bureau, elle aimait pas le Génitron. Elle devait avoir ses motifs.”

CONFIDÊNCIAS HERMANAS: Por que eu e D. jamais nos bateremos

Ele jamais se calará quando deve. Ele jamais falará quando deve. Ele jamais estará sério quando não é para rir, nem se irá descontrair quando o caso exige. Sendo assim, esse potencial pequeno-criminoso não poderia cair nas minhas graças. Jamais eu poderia engolir ter de sustentá-lo; e ainda mais não poderia perdoar o fato de ainda assim não sustentá-lo tendo-o a minha frente após anos ou décadas me torturando pensando que meu destino recairia no fazê-lo, promovê-lo, porque ele é completamente inútil para poder parar de fazer suas barras e flexões e limpar as próprias calças, rasgar as próprias fraldas, e finalmente encorpar no bom sentido! O parasita muito-mais-do-que-visível, mas que a família trata com insolência no seu solene pacto de silêncio, que sempre está em casa quando não deveria, mas some nos momentos imprescindíveis, arre! Por que ele se tortura em pensamentos desejosos infantis?!… Eu pensei que ele não queria dinheiro por não precisar, mas vive alimentando seu ego com desejos de compras irrealizáveis para um perpétuo-desempregado… O irremediável. Ainda que recebesse mais um – o enésimo – emprego na mão! Ainda que ganhasse outros troféus por curto e breve bom desempenho…

O que mais me surpreende, não obstante, é que em trinta e quatro anos malvividos ele não tenha aprendido a compreender minimamente o mutismo sentimental de seu irmão. É, tem razão, seu comportamento e sua rotina asquerosas também não entram na minha cabeçorra… Ele que herdou a cabecinha…

Fechado num quarto vazio, só com uma bicicleta… Se matando na excitação do calor, ouvindo e roncando os gols de futebol da rodada, depois mudando para uma cena de crime, um caixote de surfe, um documentário animal… E aí vem o assunto do peixe e a compatibilidade com meu pai… Natureza-morta… Ou dissimulação para sobreviver? O cinismo com que todos ali levam esse teatrinho adiante e nunca cumprem suas ameaças… A não ser comigo, talvez, porque eu forçasse até o último limite. José. Diogo. Raça de apaziguadores. Ainda não, não estamos prontos para o Após-calypse.

E os dias horríveis em que ele inventa de fumar maconha, o cheiro desagradável que de barriga vazia me faz querer vomitar, pôr os bofes pra fora… Sem defesa. Sempre lembro daqueles dias e de como minha janela está de súbito tão escancarada. E a porta não-trancada… Comendo bolacha recheada, acabando com o suprimento de carne… Uma sala de terapia é por demais opressiva para esse tipo de desaguamento paranormal… Se não nos engalfinharmos vamos parar no mal. Vai acabar mal. Correndo juntos ou um contra o outro. Nos esbarrando por aí. Na cozinha, no banheiro onde ele nunca se lembra da descarga, no corredor… Quem vai morrer primeiro?, a pergunta dos irmãos. O gênio e o burricão.

E quando a homofobia dos seus parentes só parece se dirigir ao canto (genital) errado… Algo monstruoso, já que pago pelo que nunca cometi: só o não ser um garanhão e não levar garotas pra casa. Deve ficar sempre aquela dúvida: será que ele é?!…

Me azucrinando nos estudos, e fazendo questão de nunca ter nenhum livro sob seu poder, a não ser um maldito catálogo, lista telefônica ou enciclopédia de decoração… Decorar um estilo de vida simples, e querer que se adaptem a ele, assim, bluff, sem mais nem menos…

Nada disso faz sentido… O mais incapacitado da família é quem mais quer o tênis da moda, o carro do ano, ter filhos… Usar caros e improdutivos narcóticos… Ser o comilão que deixa o registro aberto, a TV ligada, o ventilador girando, que coloca na chave “inverno” no calor mais escaldante… Se ao menos ele ajudasse com o aluguel do seu hegemônico colchão… Hegemônico desarrumado colchão… Bleargh…, como me repugna essa criatura vermiforme…

* * *

Déjà, on l’avait ramené deux fois en voiture du bureau… Il tenait plus en l’air… Il était tout le temps sujet à des défaillances… Il lui faisait me dire qu’il me pardonnait volontiers, mais qu’il voulait plus me recauser… avant très longtemps d’ici… avant que je parte au régiment… avant que j’aie changé tout à fait d’allure et de mentalité… avant que je revienne du service…” Um homem sempre muda depois de servir o exército! Eu não sei quando é propaganda e quando é matéria-reportagem… Quando é propaganda ou quando é sonho…

C’était la première fois de sa vie à ma pauvre mère qu’elle entendait parler de son fils en des termes aussi élogieux… Elle en revenait pas…”

Ils rentraient tous à tire-d’aile… Direction: le Palais-Royal!… On leur laissait la fenêtre ouverte… Ils flânaient jamais en route, ils aimaient pas la campagne, ni les grandes vadrouilles… Ils revenaient automatique… Ils aimaient beaucoup leur grenier et « Rrou!… et Rrou!… Rrouu!… Rrouu!… » Ils en demandaient pas davantage. Ça ne cessait jamais… Toujours ils étaient rentrés bien avant nous autres. Jamais j’ai connu pigeons aussi peu fervents des voyages, si amoureux d’être tranquilles… Je leur laissais pourtant tout ouvert… Jamais l’idée leur serait venue d’aller faire un tour au jardin… d’aller voir un peu les autres piafs… Les autres gros gris roucoulards qui batifolent sur les pelouses… autour des bassins… un peu les statues! (…) Je m’entendais tout à fait bien avec les pigeons, ils me rappelaient un peu Jonkind… Je leur ai appris à faire des tours… Comme ça à force de me connaître… Bien sûr, ils me mangeaient dans la main… mais j’obtenais beaucoup plus fort, qu’ils tiennent tous les douze ensemble perches sur le manche du balai… J’arrivais ainsi, sans qu’ils bougent, sans qu’un seul veuille s’envoler, à les descendre… et les remonter du magasin… C’était vraiment des sédentaires. Au moment de les foutre dans le panier quand il fallait bien qu’on démarre ils devenaient horriblement tristes. Ils roucoulaient plus du tout. Ils rentraient la tête dans les plumes. Ils trouvaient ça abominable.”

360: A carta do leitor ludibriado por Courtial Pereire: “Cher Courtial, cher maître et vénéré précurseur! C’est bien grâce à vous, à votre admirable et si scrupuleux télescope (des familles) que j’ai pu voir hier à deux heures et sur mon propre balcon toute la lune, dans sa totalité complète et les montagnes et les rivières, et même je pense une forêt… Peut-être même un lac! J’espère bien avoir aussi Saturne, avec mes enfants, dans le cours de la semaine prochaine, comme c’est indiqué (aux lettres italiques) sur votre « calendrier sidéral » et aussi Bellegophore un peu plus tard, dans les derniers jours de l’automne, comme vous l’avez vous-même écrit à la page 242… À vous cher, gracieux et bienveillant maître, à vous de corps, de coeur, d’esprit ici-bas et dans les étoiles.

Un transformé.”

Moi je crois que les favorables, il se les écrivait à lui-même… Il les montrait aux visiteurs… Il me l’a jamais très positivement avoué… Y avait des sourires quelquefois… J’approuvais pas complètement.”

il avait un drôle de nom, il s’appelait Naguère [Antigamente]…”

Toi, n’est-ce pas, tu ne te doutes de rien! Tu écouteras n’importe quoi! Tu n’as rien à faire au fond… Mais moi, tu comprends, mon ami, ça n’est pas du tout le même afur… Ah! pas du tout le même point de vue!… J’ai un souci moi… Un souci métaphysique! Permanent! Irrécusable! Oui! Et qui ne me laisse pas tranquille! Jamais!”

Tu t’en fous au maximum des conséquences universelles que peuvent avoir nos moindres actes, nos pensées les plus imprévues!… Tu t’en balances!… tu restes hermétique n’est-ce pas? calfaté!… Bien sanglé au fond de ta substance… Tu ne communiques avec rien… Rien n’est-ce pas? Manger! Boire! Dormir! Là-haut bien peinardement… emmitouflé sur mon sofa!… Te voilà comblé… Bouffi de tous les bien-être… La terre poursuit… Comment? Pourquoi? Effrayant miracle! son périple… extraordinairement mystérieux… vers un but immensément imprévisible… dans un ciel tout éblouissant de comètes… toutes inconnues… d’une giration sur une autre… et dont chaque seconde est l’aboutissant et d’ailleurs encore le prélude d’une éternité d’autres miracles… d’impénétrables prodiges, par milliers!… Ferdinand! millions! milliards de trillions d’années… Et toi? que fais-tu là, au sein de cette voltige cosmologonique? du grand effarement sidéral? Hein? tu bâfres! Tu engloutis! Tu ronfles! Tu te marres!… Oui! Salade! Gruyère! Sapience! Navets! Tout! Tu t’ébroues dans ta propre fange! Vautré! Souillé! Replet! Dispos! Tu ne demandes rien! Tu passes à travers les étoiles… comme à travers les gouttes de mai!… Alors! tu es admirable, Ferdinand! Tu penses véritablement que cela

peut durer toujours?… »”

Tu diras que je suis parti! loin!… très loin!… en expédition!… que je suis parti au Sénégal!… à Pernambouc!… au Mexique!… où tu voudras! Sacredié!…”

“— Tu n’es pas mauvais, Ferdinand… ton père s’est trompé sur ton compte. Tu n’es pas mauvais… T’es informe! informe voilà!… proto-plas-mique! De quel mois es-tu, Ferdinand! En quel mois naquis-tu veux-je dire!… Février? Septembre? Mars?

Février, Maître!…”

Il faisait peut-être pas voir Saturne, mais on voyait bien des Pereires comment qu’il sucrait sa « purée ». Après ça c’était « l’oxygène » et puis encore un vermouth… On distinguait bien les couleurs…”

“Des Pereires malgré son culte du progrès certain exécrait, depuis toujours, toute la production standard… Il s’en montra dès le début l’adversaire irréductible… Il en présageait l’inéluctable amoindrissement des personnalités humaines par la mort de l’artisanat…

Courtial en me racontant ces choses, il en restait déconcerté à quinze ans de distance…”

Je le connais de trop ce prolixe! Ce bouseux de la gueule! chaque fois qu’il vient m’interviewer j’en suis pour deux heures au moins!… Il m’a fait perdre déjà dix fois tout le fil de mes déductions! C’est une honte! C’est un scandale! Tue-le ce fléau! Tue-le! je t’en prie, Ferdinand! Le laisse plus courir par le monde!…”

J’avais un système, je veux bien… J’étais comme le « Chalet par soi », je l’abordais en souplesse… J’offrais aucune résistance… Je pliais dans le sens de la furie… J’allais encore même plus loin… Je le surprenais le dingo par la virulence de ma haine envers le dégueulasse Pereires… Je le baisais à tous les coups en cinq sec… au jeu des injures atroces!… Là j’étais parfaitement suprême!… Je le vilipendais! stigmatisais! couvrais d’ordures! de sanies! Cette abjecte crapule! cette merde prodigieuse! vingt fois pire! cent fois! mille fois encore pire qu’il avait jamais pensé seul!…”

C’était vraiment pas concevable à quel prodigieux paroxysme je parvenais à me hausser dans la colère absolue… Je tenais tout ça de mon papa… et des rigolades parcourues… Pour l’embrasement, je craignais personne!… Les pires insensés délirants interprétatifs dingos, ils existaient pas quand je voulais un peu m’y mettre, m’en donner la peine… j’avais beau être jeune… Ils s’en allaient de là, tous vaincus… absolument ahuris par l’intensité de ma haine… mon incoercible virulence, l’éternité de vengeance que je recelais dans mes flancs…

« Ferdinand! Tu viens de me sauver la vie… Ah! Oui! La vie!… C’est un fait! J’ai tout entendu! Ah! C’est exactement tout ce que je redoutais! Ce gorille m’aurait disloqué! Là sur place! Tu t’es rendu compte!… »

Ces comédies, je veux le croire, n’affectent en rien ton sentiment? Ce serait trop odieux! Tu me gardes toute ton affection? Tu peux, tu le sais, entièrement compter sur moi! Je n’ai qu’une parole! Tu me comprends! Tu commences à me comprendre, n’est-ce pas?”

Quand je dis la cause! Comprends-moi! Il est pas question d’argent! C’est le frêle trésor que j’invoque! La grande richesse immatérielle! C’est la grande Résolution! L’acquis du thème infini! Celui qui doit nous emporter… Comprends-moi plus vite, Ferdinand! Plus vite! Le temps passe! Une minute! Une heure! À mon âge? mais c’est déjà l’Éternité! Tu verras! C’est tout comme Ferdinand! C’est tout comme!” “Y avait pas deux ordures comme lui…” “On peut faire entrer peut-être le tout petit dans l’immense… Mais alors comment réduire l’énorme à l’infime? Ah! Tous les malheurs n’ont point d’autre source!”

Pour la sonnette c’était la crise… Elle grêlait continuellement… Moi ça m’empêchait toutes ces distractions d’aller réparer mon Zélé… Il embarrassait toute la cave Courtial avec ses conneries… C’était pourtant mon vrai boulot!… C’est moi qu’étais responsable et répréhensible au cas qu’il se casserait la hure… Il s’en fallait toujours d’un fil!… C’était donc cul son procédé… J’ai fait la remarque à la fin, à ce propos-là parmi tant d’autres, que ça pouvait plus continuer… que je marchais plus!… que je m’en tamponnais désormais… qu’on courait à la catastrophe!… C’était pur et simple… Mais il m’écoutait à peine! Ça lui faisait ni chaud ni froid… Il disparaissait de plus en plus. Quand il était au sous-sol il voulait plus que personne lui cause!… Même sa calebombe elle le gênait… Il arrivait à l’éteindre pour mieux réfléchir. § (…) il devrait aller dans l’égout! Qu’il serait encore bien plus tranquille pour chercher sa résolution!… du coup alors, il m’incendie!…”

Menteur! Boa! Vampire! Engelure! Si les mots que je prononce ne sont point la stricte expression de l’ineffable vérité! Tu as bien voulu, n’est-ce pas, Ferdinand? supprimer ton père? Déjà? Ouais! C’est un fait! Ce n’est pas un leurre? Quelque fantasmagorie? C’est la réalité même! extraordinairement déplorable!… Un exploit dont plusieurs siècles ne sauraient effacer la honte! Certes! Ouais! Mais absolument exact! Tu ne vas pas nier à présent? Je n’invente rien! Et alors? Maintenant! Que veux-tu? dis-moi? Me supprimer à mon tour? Mais c’est évident! Voilà! C’est simple! Profiter!… Attendre!… Saisir le moment favorable!… Détente… Confiance… Et m’occire!… M’abolir!… M’annihiler!… Voilà ton programme!… Où avais-je l’esprit? Ah! Décidément Ferdinand! Ta nature! Ton destin sont plus sombres que le sombre Érèbe!… Ô tu es funèbre Ferdinand! sans en avoir l’air! Tes eaux sont troubles! Que de monstres Ferdinand! dans les replis de ton âme! Ils se dérobent et sinuent! Je ne les connais pas tous!… Ils passent! Ils emportent tout!… La mort!… Oui! À moi! Auquel tu dois dix mille fois plus que la vie! Plus que le pain! Plus que l’air! Que le soleil même! La Pensée! Ah! C’est le but que tu poursuis, reptile? N’est-ce pas! Inlassable! Tu rampais!… Divers… Ondoyant! Imprévu toujours!… Violences… Tendresse… Passion… Force… Je t’ai entendu l’autre jour!… Tout t’est possible, Ferdinand. Tout! l’enveloppe seule est humaine! Mais je vois le monstre Enfin! Tu sais où tu vas? M’avait-on prévenu? Ah ça oui! Les avis ne m’ont point manqué… Cautèle!… Sollicitude!… et puis soudain sans une syllabe douteuse… toutes les frénésies assassines! Frénésies!… La ruée des instincts! Ah! Ah! Mais c’est la marque mon ami! Le sceau absolu! La foudre du criminel… Le congénital! Le pervers inné!… Mais c’est toi! Je l’ai là! Soit! mon ami!… Soit! (…) Achève-moi donc si tu le peux!… Vas-y! Je t’attends! De pied ferme! Ose! Tu me vois bien? Je te défie, Ferdinand! Tu m’excites dirai-je! Tu m’entends! Tu m’exaspères! Je ne suis pas dupe! Entièrement conscient! Regarde l’Homme dans le blanc des yeux! J’avais évalué tous mes risques!… Le jour de ton accueil ici! Que ce soit ma suprême audace!”

le gros mastoc, l’Hippocrate… il me grattait le dedans de la main… Il pesait au moins trois kilos… J’avais du mal… Je me contenais… J’avais du mérite… Il continuait encore la tante!…”

tour de Forcefrance

facture de cop

S’il existe un truc au monde, dont on ne doit jamais s’occuper qu’avec une extrême méfiance, c’est bien du mouvement perpétuel!…”

Il a continué à causer… Il entendait pas mes réponses… Il est reparti par le couloir… C’était devenu un somnambule…”

Il s’en trouvait tellement des dettes, que je crois qu’il en inventait… Il a cherché un crayon… Il allait tout recommencer… Je l’ai empêché résolument…”

“— Ferdinand! comme tu as raison!… Tu parles plus sagement que ton maître! Ce vieillard putride! Un vent de folie Ferdinand! Un vent de folie!…”

Seulement rien qu’à la pensée, il me remontait déjà du fiel [fel]…”

Jusqu’à dix heures du matin où il revenait de Montretout… c’était moi quand même le patron… Ça c’est joliment appréciable! Une fois nourris mes pigeons j’étais absolument libre…”

Jamais j’ai été si content qu’à cette époque au Génitron… Je faisais pas des projets d’avenir… Mais je trouvais le présent pas trop tarte [medíocre]…”

C’était moi alors Courtial qu’il entreprenait… qu’il essayait d’humilier… Ça le soulageait qu’on aurait dit… Il me saisissait au dépourvu… « Un jour quand même Ferdinand, il faudra que je t’explique quelques trajectoires majeures… quelques ellipses essentielles… Tu ignores tout des grands Gémeaux!… et même de l’Ours! la plus simple!… Je m’en suis aperçu ce matin, quand tu parlais avec ce morpion… C’était pitoyable! atterrant!… Suppose un peu, qu’un jour ou l’autre un de nos collaborateurs en vienne au cours d’un entretien, à te pousser quelques colles, par exemple sur le ‘Zodiac’?… ses caractères?… le Sagittaire?… Que trouveras-tu à répondre? Rien! ou à peu près! Absolument rien vaudrait mieux… Nous serions discrédités Ferdinand! Et sous le signe de Flammarion!… Oui! C’est un bouquet! C’est le comble de la dérision! Ton ignorance? Le ciel? Un trou!… »

Ça faisait déjà des années que j’avais quitté les Berlope… et le petit André… Il devait avoir plutôt grandi, ce gniard dégueulasse!… (…) Merde! Ce que ça vieillit vite un môme! (…) on a beau être jeune quand on s’aperçoit pour le premier coup… comme on perd des gens sur la route… des potes qu’on reverra plus… plus jamais… qu’ils ont disparu comme des songes… que c’est terminé… évanoui… qu’on s’en ira soi-même se perdre aussi… un jour très loin encore… mais forcément… dans tout l’atroce torrent des choses, des gens… des jours… des formes qui passent… qui s’arrêtent jamais… Tous les connards, les pilons, tous les curieux, toute la frimande qui déambule sous les arcades, avec leurs lorgnons, leurs riflards et les petits clebs à la corde… Tout ça, on les reverra plus… Ils passent déjà… Ils sont en rêve avec des autres… ils sont en cheville… ils vont finir… C’est triste vraiment… C’est infâme!…“

On n’avait même plus le téléphone. On nous l’avait supprimé, il fallait que je saute à la poste… Il était coupé depuis trois mois… Les inventeurs qui réclamaient, ils venaient forcément en personne… Nos lettres on les lisait plus… On en recevait beaucoup de trop!… On était devenus trop nerveux avec ces menaces judiciaires… Question d’ouvrir notre courrier, on prélevait seulement les fafiots… Pour le reste on laissait courir… C’était sauve qui peut!…”

Ave mar

Avait marre…

Zélé, o balão de estimação.

Il a publié coup sur coup, en pas l’espace de deux mois, quatre manuels et douze articles dans les colonnes de son cancan, pour démontrer « mordicus » que les avions voleraient jamais!… Que c’était un faux progrès!… un engouement contre nature!… une perversion de la technique!… Que tout ça finirait bientôt dans une capilotade atroce! Que lui, Courtial des Pereires, qu’avait trente-deux [treinte-six!] ans d’expérience, ne répondait plus de rien! Sa photographie dans l’article!… Mais il était déjà en retard sur le courant des lecteurs!… Absolument dépassé! Submergé par la vogue croissante! (…) C’est ainsi qu’il a fondé la société « La Plume au Vent » à l’instant même le plus critique!… « Pour la défense du sphérique, du beaucoup plus léger que l’air! » Exhibitions! Démonstrations! Conférences! Fêtes! Réjouissances! Siège social au Génitron. Il est pas venu dix adhérents! Ça sentait la terrible poisse! Je suis

retourné aux rafistolages…” 36 = 0; nombre des cochons volants du futur presque proche!

L’odeur infecte se répand!… Les gens se sauvent devant les gaz… Ce fut une panique! une angoisse!… En plus, voilà l’énorme enveloppe qui redégringole sur les gendarmes!…”

“— Il est pas là, Madame!… Il est parti voir le Ministre!…

« Ah! le Ministre! Comment vous dites? Le Ministre! » Elle se fout à rigoler! « Ah! mon petit! Ah! Pas à moi celle-là!… Pas à moi!… Je le connais mieux que vous, moi, le sagouin! Ministre! Ah! non! Aux maisons closes! Oui, peut-être! Au cabanon, vous voulez dire! au Dépôt! Oui! Ça sûrement! n’importe où! À

Vincennes! À Saint-Cloud! peut-être!… mais pour le Ministre! Ah! non! »

Elle me fout son parapluie sous le nez…”

Quand elle était encore sage-femme, diplômée de première classe!… Comment elle aidait le Courtial à préparer ses ascensions… Qu’elle avait abandonné à cause de lui et du ballon toute sa carrière personnelle! Pour ne pas le quitter une seconde!… Ils avaient fait en sphérique leur voyage de noces!… D’une foire à une autre!… Elle montait alors avec son époux… Ils avaient été comme ça jusqu’à Bergame en Italie!… à Ferrare même… à Trentino près du Vésuve. À mesure qu’elle s’épanchait, je voyais bien que, pour cette femme-là, dans son esprit, sa conviction, le Zélé devait durer toujours!… Et les foires de même!… Ça devait jamais s’interrompre!…”

Il m’avait prévenu de la moustache, qu’elle voulait pas se faire épiler… Et c’était pas une petite ombre!… Ça s’était mis à lui pousser à la suite d’une opération!… On lui avait tout enlevé dans une seule séance!… Les deux ovaires et la matrice!… On avait cru dans les débuts que ça serait qu’une appendicite… mais en ouvrant le péritoine, ils avaient trouvé un fibroma énorme… Opérée par Péan lui-même…”

Voulez-vous savoir ce qu’il fait à la gare du Nord? au lieu de rentrer directement?… Vous, vous le savez peut-être aussi Où y s’en va perdre toutes ses forces? Dans les cabinets, Ferdinand! Oui! Tout le monde l’a vu! Tout le monde t’a reconnu, mon bonhomme!… On l’a vu comme il se masturbait… On l’a surpris dans la salle! et dans les couloirs des Pas Perdus!… C’est là qu’il s’exhibe! Ses organes!… Son sale attirail!… À toutes les petites filles! Oui, parfaitement! aux petits enfants! Ah! (…) Tout ça, je le savais bien sûr! J’en ai pourtant assez souffert!… J’ai bien payé pour connaître! Mais à présent, des petites filles!… C’est même pas imaginable!…”

C’est pas nous, Irène! C’est l’époque!… C’est la débâcle qu’est générale…”

C’est fini!… Vous êtes bien gentil, Ferdinand, de pas nous abandonner à présent… Nous deux vieux… Hein?… Vous allez pas nous quitter?… Passivité quand même?… Hein? Ferdinand? Pas si vite… au moins pendant quelques jours… Quelques semaines…”

Desti[n-]tué!

Éternité!… Vous vous dites donc éternel?… Tout simplement!… C’est entendu!… L’évidence même vous accable!… Vous aviez bien l’intention en instituant votre concours de ne jamais en venir à bout!… Ah! c’est bien ça!… Je vous y prends!…”

Mais nos pauvres pigeons voyageurs, à partir de ce moment-là, ils avaient plus bien raison d’être… On les nourrissait pas beaucoup depuis déjà plusieurs mois… parfois seulement tous les deux jours… et ça revenait quand même très cher!… Les graines, c’est toujours fort coûteux, même achetées en gros… Si on les avait revendus… sûrement qu’ils auraient rappliqué comme je les connaissais… Jamais ils se seraient accoutumés à des autres patrons… C’était des braves petites bêtes loyales et fidèles… Absolument familiales… Ils m’attendaient dans la soupente… Dès qu’ils m’entendaient remuer l’échelle… Ils roucoulaient double!…”

<Je suis féerique! Je suis comblé! Retour des choses!… Moi hier encore au zénith! Perclus de faveurs! Moi qu’on adule! Moi qu’on plagie! Moi qu’on harcèle! Qu’on fête alentour divinement! Que dis-je? Qu’on prie des quatre coins du monde! Tu l’as vu? Tu l’as lu!… Et puis aujourd’hui?… Patatrac! Broum!!!… Plus rien! La foudre est tombée!… Rien!… L’atome, c’est moi!… Mais l’atome Ferdinand, c’est tout!… L’exil Ferdinand!… L’exil?> Sa voix sombrait dans la tristesse… <Oui! C’est cela! Je me découvre! Le destin m’ouvre les portes! L’exil? Soit! À nous deux!… Depuis trop longtemps, je l’implore! C’est fait!… Le coup m’atteint! Transcendant! Hosanna! Irrévocable! Toute la félonie se débusque!… Enfin!… Elle me le devait!… Depuis tant d’années qu’elle me traque! me mine! m’épuise!… Compensation!… Elle se montre! Je la découvre! Moi je la viole absolument! Oui! Forcée, bouillonnante… En pleine place publique!… Quelle vision, Ferdinand!… Quel spectacle! Je suis comblé mon Irène!… Écumante! sanglante! hurleuse! tu m’entends?…>”

Tu l’as jamais vu le <Penseur>? Il est sur son socle… Il est là… Que fait-il? Hein, Ferdinand? Il pense mon ami! Oui! Ça seulement! Il pense! Eh bien! Ferdinand! Il est seul!… Voilà! Moi aussi je suis seul!… Il est nu! Moi aussi je suis nu!… Que feriez-vous pour moi? pauvres petits?…”

Comme tu es obtuse, ma mignonne!… ma bonne… ma douce! ma chérubine!…”

Ferdinand!… C’est pas une maladie son cas! C’est une catastrophe!”

Un jour, il revient, c’est la chimie!… Le lendemain, c’est les machines à coudre!… Après-demain, ce sera la betterave! Toujours quelque chose de plus neuf!… Bien sûr qu’il arrive à rien!… Son genre à lui, c’est les ballons! Moi je n’en ai jamais démordu! J’ai jamais arrêté de lui dire: <Courtial! ton sphérique! Courtial! ton sphérique! C’est la seule chose que tu saches faire! Ailleurs tu prendras que des gadins! C’est pas la peiné que tu insistes!> (…) Monsieur était <écrivain>… Je comprenais rien aux choses! Il est <savant>, il est <apôtre>! Il est je sais quoi! Un vrai <jean-foutre> en personne!… Un vrai pillard! Polichinelle! Sale raclure!… Sauteur!… Un clochard, moi je vous le dis! Sans conscience ni maille! Une vraie cloche pleine de morbaques, voilà ce qu’il mérite! Et puis il l’aura! Voilà la vraie fin pour tout ça! Oui! Voilà comment qu’il est devenu!… Il foire partout! Il sait plus même où mettre la tête!… Il croit que je m’en rends pas compte!… Il a beau baver des heures!”

Je veux des radis immenses! Voilà la formule! L’avenir appartient au radis! Le mien!… Et qui m’empêchera?… (…) Si je m’adonne au radis… pour prendre le radis comme exemple! J’aurais pu choisir le navet!… Mais prenons le radis!… La surprise sera plus vive! Ah!”

Je m’écarquille encore un coup… Je fais un effort suprême… Je suis vraiment bien fatigué… Je voudrais pas qu’il remette tout ça…”

Le difficile pour des Pereires c’était toujours de se décider à propos de son fameux légume… Il fallait trouver autre chose… On doutait maintenant des radis… Quel légume qu’on entreprendrait?… Lequel qui serait approprié à la radio-tellurie?… Et qu’on ferait décupler de volume?… Et puis y avait le choix du terrain!… C’était pas une petite question!… C’était des minutieuses recherches…”

À la bonniche, la dure Agathe, je lui ai appris comment faut faire, pour éviter les enfants… Je lui ai montré que par-derrière, c’est encore plus violent… Du coup, je peux dire qu’elle m’adorait… Elle me proposait de faire tout pour moi… Je l’ai repassée un peu à Courtial, qu’il voye comme elle était dressée! Elle a bien voulu… Elle serait entrée en maison, j’avais vraiment qu’un signe à faire…”

Cette terre est des plus ingrates! J’ai beau me tuer à te le dire!… Les paysans d’ici eux-mêmes, ils ont graduellement renoncé!… Je pense qu’ils se tourneront vers l’élevage!…”

À la Grosse Boule l’après-midi, ils nous accablaient de questions… Nous qu’avions été jusqu’alors très bien blairés et peinards à l’autre bout de l’arrondissement, bien accueillis, bien tolérés, attendus même chaque tantôt par tous les terreux d’alentour, on s’est mis à nous faire la gueule… Ça paraissait louche nos cultures… Ils devenaient jaloux à l’instant… « Pâtâtes! Pâtâtes! » qu’ils nous appelaient.”

Tu me l’as dit, n’est-ce pas?… Tu vas pas te dédire?… Je t’ai bien entendu?… Tu me l’as répété dix fois… cent fois!… Que t’allais la faire marcher ta sale engeance électrique? J’avais pas la berlue?… C’est pour ça, n’est-ce pas, qu’on est venus tous par ici?… J’imagine rien?… C’est pour ça que t’as vendu la boîte pour un morceau de pain?… Lavé ton journal?… Que tu nous as tous embarqués de gré, de force, de violence dans cette fondrière!… dans cette porcherie!… Cette pourriture!… Oui?…”

Vide-lui toute la sauce!… T’as l’âge de toutes les ivresses! Profite! Abuse! Nom de Dieu! Reluis! Fais-en ce que tu veux! J’en aurai moi toujours de trop!…

Embrasse-moi!…”

Notre exploitation « radiotellurique » se transformait, séance tenante, par l’apport des souscripteurs en « Familistère Rénové de la Race Nouvelle »… Nous intitulions ainsi sur nos prospectus notre ferme et ses domaines… Nous couvrîmes en quelques jours, avec nos « appels », plusieurs quartiers de Paris… (tous expédiés par Taponier)… les plus populeux… les plus confinés…”

C’est toujours ainsi les voyeurs… ça se régale d’abord à plein tube… ça en perd pas un atome et puis quand la fête est finie… alors ça s’indigne!… Il a trouvé à qui causer!…”

Des ondes comme les telluriques pouvaient engendrer très bien certains désordres individuels… on ne savait pas… des répercussions absolument imprévisibles… bouleversant la physiologie… Personnellement des Pereires il ressentait la saturation… Il avait déjà des vertiges…”

Les enfants ne souffraient de nulle part… aucun n’était tombé malade… On avait perdu seulement nos sept lapins! une épizootie [epizootia; epidemia animal] bien brutale! Peut-être qu’ils résistaient pas au climat?… à la nourriture?… Enfin les gendarmes sont repartis…”

Le feu au bois c’est très joli, mais c’est pas extrêmement commode. C’est compliqué à entretenir, ça consume trop à la fois, il faut tout le temps ranimer…”

« Tu vois Ferdinand je ne peux plus… Je ne peux plus faire deux choses à la fois… Moi qu’en faisais toujours trois ou quatre… Ah! C’est pas drôle Ferdinand!… c’est pas drôle!… Je ne dis pas la vie Ferdinand mais le Temps!… La vie c’est nous, ça n’est rien… Le Temps! c’est tout!… Regarde donc les petites < Orionnes >… Tu vois < Sirius >? près du < Fléau >?… Elles passent… Elles passent… Elles vont bien là-bas les retrouver les grandes lactéennes d’Antiope… » Il en pouvait plus… ses bras retombaient sur ses genoux… « Tu vois Ferdinand par une soirée comme celle-ci j’aurais pu retrouver Bételgeuse… une nuit de vision quoi! une vraie nuit de cristal!… Peut-être qu’avec le télescope nous pourrions encore… Par exemple c’est le télescope que je suis pas près de retrouver!… Ah! Nom de Dieu! Quel foutu fatras quand j’y pense!… Ah! crois-tu Ferdinand? Ah! crois-tu?… Ah! Dis donc t’as bien mordu ça?… »”

Quand il reprenait plein optimisme il faisait plus que des conneries… Il a continué à me parler comme ci comme ça…” “il décrivait des paraboles… Il promenait les mains dans les voies lactées… haut, très haut dans les atmosphères… Il retrouvait encore une cligneuse… une petite chose à m’expliquer… Il voulait encore… mais il pouvait plus… Ses mots raclaient trop… C’est la poitrine [peitoral] qui le gênait…”

Il était magnifique Raymond, il avait pas son pareil pour la « fauche » des oeufs… Il les refaisait sous la poule… sans la faire couaquer!… La main de velours…”

C’est par le thon et les sardines qu’on a recommencé à pâtir… On pouvait plus faire de pommes frites!… On restait derrière nos persiennes… On surveillait les abords… On se méfiait d’être à la « brune » ajusté par un paysan… Il s’en

montrait de temps à autre… Ils passaient avec leurs fusils le long des fenêtres, en vélo… Nous aussi on avait un flingue, un vieux canard chevrotine à deux percuteurs… et puis un pistolet à bourre…”

Il nous en restait plus que sept… quatre garçons, trois filles… On a écrit à leurs parents si ils voulaient pas nous les reprendre?… que notre expérience agricole nous réservait quelques mécomptes… Que des circonstances imprévues nous obligeaient temporairement à renvoyer quelques pupilles. § Ils ont même pas répondu ces parents fumiers! Absolument sans conscience!… Trop heureux qu’on se démerde avec… Du coup on a demandé aux mômes si ils voulaient qu’on les dépose dans un endroit charitable?…” “Ils voulaient plus rien admettre… Tout de suite on a mis les pouces… On leur avait donné toujours beaucoup trop d’indépendance et d’initiative à ces gniards salés pour pouvoir maintenant les remettre en cadence!…”

528: “l’allure pustuleuse… répugnante!… Merde! Elle me prenait à témoin!… Elles grossissaient pas beaucoup… C’était assez évident… J’osais pas trop faire la remarque… trop abonder dans son sens… mais je pouvais pas dire le contraire… Rongées… racornies, immondes bien pourries… et en plus pleines d’asticots!… Voilà les patates à Courtial!… On pourrait même pas les briffer… même dans la soupe pour nous autres…” “Où qu’il peut percher son connard qui va lui acheter des telles ordures?… Où qu’il est donc cette bille de clown que je lui envoye une corbeille!… Ah! dis donc, je voudrais le voir tout de suite!… Ah! Il est blindé mon zébu!” “Moisies tout à fait… grouillantes de vermine, des larves avec des mille-pattes… et puis une très vilaine odeur! infiniment nauséeuse!…”

Ça a fini par se savoir dans toute la région… Les péquenots sont revenus fouiner… Ils déterraient nos pommes de terre pour se rendre mieux compte!… Ils ont fait porter au Préfet des échantillons de nos cultures!… avec un rapport des gendarmes sur nos agissements bizarres!… Et même des bourriches entières qu’ils ont expédiées, absolument farcies de larves, jusqu’à Paris, au Directeur du Muséum!… Ça devenait le grand événement!… D’après les horribles rumeurs, c’est nous qu’étions les fautifs, les originaux créateurs d’une pestilence agricole!… entièrement nouvelle… d’un inouï fléau maraîcher!…”

A incrível história onde TUDO dá errado: “Nous venions là de faire naître, à Blême-le-Petit, une race tout à fait spéciale d’asticots entièrement vicieux, effroyablement corrosifs, qui s’attaquaient à toutes les semences, à n’importe quelle plante ou racine!… aux arbres même! aux récoltes! aux chaumières! À la structure des sillons! À tous les produits laitiers!… n’épargnaient absolument rien!… Corrompant, suçant, dissolvant… Croûtant même le soc des charrues!… Résorbant, digérant la pierre, le silex, aussi bien que le haricot! Tout sur son passage! En surface, en profondeur!… Le cadavre ou la pomme de terre!… Tout absolument!… Et prospérant, notons-le, au coeur de l’hiver!… Se fortifiant des froids intenses!… Se propageant à foison, par lourdes myriades!… de plus en plus inassouvibles!… à travers monts! plaines! et vallées!… et à la vitesse électrique!… grâce aux effluves de nos machines!… Bientôt tout l’arrondissement ne serait plus autour de Blême qu’un énorme champ tout pourri!… Une tourbe abjecte!… Un vaste cloaque d’asticots!… Un séisme en larves grouilleuses!… Après ça serait le tour de Persant!… et puis celui de Saligons!… C’était ça les perspectives!… On pouvait pas encore prédire où et quand ça finirait!… Si jamais on aurait le moyen de circonscrire la catastrophe!… Il fallait d’abord qu’on attende le résultat des analyses!… Ça pouvait très bien se propager à toutes les racines de la France… Bouffer complètement la campagne!… Qu’il reste plus rien que des cailloux sur tout le territoire!… Que nos asticots rendent l’Europe absolument incultivable… Plus

qu’un désert de pourriture!… Alors du coup, c’est le cas de le dire, on parlerait de notre grand fléau de Blême-le-Petit… très loin à travers les âges… comme on parle de ceux de la Bible encore aujourd’hui…”

Elle en avait décuplé notre correspondance!… Des gens qui voulaient tout connaître… qui voulaient venir interviewer!… Et puis de nombreux anonymes qui nous régalaient pour leurs timbres!… Des tombereaux d’insultes!…”

« C’est de l’hydrate ferreux d’alumine! Retiens bien ce nom Ferdinand! Retiens bien ce nom!… Tu vois cette espèce de méconium?… Nos terrains en sont farcis! littéralement!… J’ai même pas besoin d’analyse!… Précipités par les sulfures!… Ça c’est notre grand inconvénient!… On peut pas dire le contraire… Regarde la croûte qui jaunit… Je m’en étais toujours douté!… Ces pommes de terre!… tiens!… moi je vais te le dire!… Elles feraient un engrais admirable!… Surtout avec de la potasse… Tu la vois la potasse aussi?… C’est ça qui nous sauve! La Potasse! Elle adhère extraordinairement… Elle surcharge tous les tubercules!… Regarde un peu comme ils scintillent! (…) Mais il se montre… ça, je l’admets, un peu chargé en alumine!… Un autre petit inconvénient!… mais passager!… très passager!… Question de température! L’optima pour l’alumine c’est 12 degrés 0,5… Ah! Oh! Retiens bien! Zéro! cinq!… Pour ce qui nous concerne! Tu me comprends?… »

Même le feu de bois ça ne réchauffe plus… quand on la pète à ce point-là… On toussait sous des quintes terribles. Et puis alors on devenait maigres… des jambes comme des flûtes… une faiblesse pas ordinaire… à ne plus bouger, plus mastiquer, plus rien du tout… (…) On se serait pas tellement déprimés si y avait eu encore du beurre ou même un peu de margarine…”

“— Mais c’est le froid!… voyons pauvre idiot!…

C’est pas le froid du tout!…

C’est la faim alors?…

Mais j’ai pas faim!… Je dégueulerais plutôt!…

Ah! Tu sais pas ce que tu veux!…”

Pas plus de Courtial que de beurre au cul!…” “« Le petit vieux, il en a eu marre de tout nous autres et de la culture!… Il est barré le plus loin possible… On le reverra pas de sitôt!… » (…) Il était joliment sournois, rancuneux, dissimulé… comme trente-six ours… Ça n’était pas une surprise… Je le savais aussi depuis toujours…” “À Blême, il avait pas sa cave pour se cacher comme au Palais… Il était peut-être pas très loin?… C’était peut-être qu’une fantaisie?… Une saute de maniaque?… Où nous irions avec les mômes si il rappliquait plus du tout?… La vieille à force de réfléchir elle a repris un petit peu d’espoir… Elle se disait que c’était pas possible… qu’il avait quand même un peu de coeur… que c’était qu’une sale farce idiote… qu’il reviendrait bientôt malgré tout… On commençait à reprendre confiance… Sans aucune raison d’ailleurs…”

Dépêche-toi! Cavale voir ton vieux!… Il est là-bas sur la route, après le passage de la Druve… à la remontée de Saligons!… Tu sais la petite passerelle en bois?… C’est là qu’il s’est tué!… Les gens des < Plaquets > ils l’ont entendu… Le fils Arton et la mère Jeanne… Il était juste après six heures… Avec son fusil… le gros… Ils m’ont dit de vous dire… Que tu l’enlèves si tu veux… Moi, j’ai rien vu… t’as compris?… Eux ils savent rien non plus… Ils ont entendu que le pétard…”

Il a pas fondu en guimauve!…” “Ele não derreteu como marshmallow!…”

marshmallow |màrchemélau|

(palavra inglesa)

substantivo masculino

Doce de consistência esponjosa, feito de raiz de malvaísco ou xarope de milho, açúcar, clara de ovo, goma arábica e gelatina.

Mais la tête était qu’un massacre!… Il se l’était tout éclatée… Il avait presque plus de crâne… À bout portant quoi!… Il agrippait encore le flingue… Il l’étreignait dans ses bras… Le double canon lui rentrait à travers la bouche, lui traversait tout le cassis… Ça embrochait toute la compote… Toute la barbaque en hachis!… (…) Son nez était comme à l’envers… C’est plus qu’un trou sa figure… avec des rebords tout gluants… et puis comme une boule de sang qui bouchait… au milieu… coagulée… un gros pâté… et puis des rigoles qui suintaient jusqu’à l’autre côté de la route… Surtout ça coulait du menton qu’était devenu comme une éponge…” Le tronc même et puis les jambes on aurait pu les soulager en tirant dessus assez fort… Mais pas la tête!… Le hachis… ça faisait un pavé compact avec les cailloux de la route… C’était pas possible… Le corps ratatiné en Z… le canon embrochant la tête… Il fallait d’abord le détendre…” C’est pas un chien nom de Dieu!… Il a pas la rage!… C’est pas un veau!… Il a pas les aphtes!… Il s’est tué et puis voilà!… C’était un homme sain… Il a pas la morve!… Faudrait au moins qu’on l’abrite un petit moment dans le hangar!… Le temps que les autres ils arrivent!… (…) Mais ce qui fut le plus terrible, ce fut pour dégager le fusil… Le canon comme ça, il tenait si dur dans l’énorme bouchon de barbaque avec la cervelle… c’était comme coincé, pris à bloc, à travers la bouche et le crâne!… qu’on a dû s’y mettre tous les deux… Elle retenait la tête d’un côté, moi je tirais de l’autre par la crosse… quand la cervelle a lâché ça a rejuté encore plus fort… ça dégoulinait à travers… ça fumait aussi… c’était encore chaud…” Il avait le bonjour!… On n’avait pas le droit qu’il disait, de trimbaler le corps! Que c’était un crime en soi-même!… Qu’on aurait jamais dû le toucher!… Qu’il était très bien sur la route!… Qu’il pouvait plus faire le constat!… Ah? Et qu’un coup de bagne pour vingt-cinq ans ça nous dresserait à tous le cul! Sacredieu pétard! Ah! il nous aimait pas la tante!… Enfin toutes les plus crasses des salades! des vraies sales beuglages de sale con!…” Comment que vous me parlez à présent?… Que c’est moi qui l’ai massacré?… Mais vous avez bu mon garçon!… Ah! vous avez du culot!… Mais vous êtes tous fous alors?… Mais comment?… C’est moi que vous venez accuser?… Pour ce voyou?… Cet abuseur?… de sac et de corde?… Ah! mais je la retiens alors celle-là!… Ah! elle est trop bonne!… Ah! je la ferai copier!… La vermine qu’a fait mon malheur!… Et qui n’en a jamais fait d’autres!… Mais c’est moi!… vous entendez!… Mais c’est moi! très justement qu’il a toujours assassinée!… Ah le vampire? mais c’est lui… Mais pas seulement qu’une seule fois! pas dix fois!… pas cent fois!… mais mille! dix mille fois!… Mais vous étiez pas encore nés tous autant que vous êtes qu’il m’assassinait tous les jours!… Mais je me suis mise en quatre pour lui!… Oui! arraché toutes les tripes!… J’ai été sans briffer des semaines pour qu’on l’embarque pas aux Rungis!… Toute ma vie vous m’entendez?… Échignée! Bernée!… c’est moi! Oui!… crevée. Oui toute ma vie pour ce fumier-là!…” “Si vous saviez toutes les dettes! Ah! Vous savez pas ça non plus!… Et comment qu’il s’en foutait alors!… Un drapeau-ci!… Un drapeau-là!… Va les douiller ma chère rombière! Et toujours encore des nouvelles!… Crève-toi le ventre… T’es là pour ça! Un coup d’esbroufe! Perlimpinpin! Un coup de nuage! Un boniment! Va comme je te pousse! Limonade!… C’est tout comme ça qu’il a vécu! Il comprenait que ça! l’entourloupe! La cloche! Pas un soupçon de sentiment!… »” “<Voici… trente ans que ça durait!… Trente ans, que j’ai tout supporté… c’est pas une seconde trente ans!… Et là c’est moi qu’on accuse!… Après toutes les pires avanies!… Après que j’ai tout enduré?… Ah dis donc! Ça passe les bornes!…> À cette énorme pensée-là elle se remettait en transports! <Comment? Comment! C’est pas Dieu permis! Le voilà qui se défigure… il se barre!… Il se met en compote! maintenant c’est moi qu’est la coupable? Ah! là! là! Mais c’est un comble!… Y a de quoi se renverser!… Ah! la charognerie! Ah! il sera bien dit jusqu’au bout qu’il m’a emmerdé l’existence ce sale foutu pierrot pourri!… (…) Personne a plus voulu nous voir!… Rien que des ramassis d’escarpes! des bandes de voyous déchaînés! des échappés de Charenton!… Je me suis détruit la santé!…> Des éclats de rire du public!… <Hop! il en fourniquait une autre! Toujours plus extravagante!… Je l’ai perdue ma résistance! (…) J’ai pas dormi, depuis vingt ans, une seule nuit complète! (…) Je peux plus prendre un omnibus! Je suis écoeurée immédiatement!… Aussitôt que je vais un peu vite, même à pied je vois trente-six chandelles!… Et à présent on me dit encore que c’est moi qui assassine!… Ça c’est bien le plus fort que tout! Tenez! Regardez donc vous-même avant de causer des choses pareilles!…>” “« Vous les voyez là ses chaussettes?… Vous les voyez bien!… Eh bien c’est lui qu’a la seule paire!… Y en a pas deux dans la maison!… Nous on en pas nous autres!… Jamais! Ni Ferdinand! ni les mômes!… » (…) « Il a tout eu!… toujours tout! Deux maisons!… Un journal!… au Palais-Royal!… Des moteurs!… Cent mille trucs fourbis encore, des rafistolages infernals!… qui ont coûté je sais combien!… les yeux de la tête!… tout le bazar! Pour satisfaire ses marottes!… Je peux même pas tout raconter… Ah! On l’a jamais contrarié! Ah! C’est pas de ça je vous assure qu’il s’est fait la peau!… Il était gâté!… Il était pourri! Tiens! Pourri! Tu veux des fourbis électriques?… Très bien, mon petit! les voilà!… Tu veux qu’on aille à la campagne?… Très bien!… Nous irons!… Tu veux encore des pommes de terre?… C’est tout à fait entendu!… Y avait pas de cesse!… Pas de quiproquo! pas de salade! Monsieur pouvait jamais attendre!… Tu veux pas des fois la Lune?… C’est parfait mon coeur tu l’auras!… Toujours des nouveaux caprices! Des nouveaux dadas!… À un môme de six mois, Messieurs, on lui résiste davantage!… Il avait tout ce qu’il désirait! Il avait même pas le temps de parler! Ah! ce fut bien ma grande faiblesse!… Ah! que je suis donc punie!… Ah! si j’avais su là-bas! tenez! quand je l’ai trouvé la gueule en miettes… ce qu’on viendrait maintenant me raconter!… Ah! si je l’avais su!… Eh bien moi je peux bien vous le dire! Ah! ce que je l’aurais jamais ramené? Je sais pas ce qu’il en ressentait lui le môme!… Mais moi!… Mais moi tenez! Moi! j’aurais eu bien plutôt fait de le basculer dans le revers! Vous viendriez plus m’emmerder!… C’est là qu’il devrait être!… La sacrée sale pourriture! C’est tout ce qu’il mérite! Je m’en fous moi d’aller en prison!… Ça m’est bien égal!… Je serai pas plus mal là qu’ailleurs!… Mais Nom de Dieu! Ah! »” Allez! Allez! Faites pas des réflexions imbéciles! Donnez-moi tout de suite les prénoms, le lieu de l’origine… le nom de la famille?… La victime d’abord!… La date, le lieu de naissance?… Comment qu’il s’appelait finalement?… Courtial?… Comment?… Et où ça qu’il était né?… Connu? Occupations?…”

“— Il s’appelait pas Courtial du tout!… qu’elle a répondu brûle-pourpoint!… Il s’appelait pas des Pereires!… Ni Jean! Ni Marin! Il avait inventé ce nom-là!… C’était comme ça comme de tout le reste!… Une invention de plus! Un mensonge!… Que des mensonges qu’il avait!… Toujours! Partout! Encore!… Il s’appelait Léon… Léon-Charles Punais!… Voilà son vrai nom véritable!… C’est pas la même chose n’est-ce pas?… Comme moi je m’appelle Honorine Beauregard et pas Irène! Ça c’était encore un autre nom qu’il m’avait trouvé!… Fallait qu’il change tout!… Moi j’ai les preuves de tout ça!… Je les ai moi!… Je dis rien pour tromper. Jamais elles me quittent!… Je l’ai là mon livret de famille!… Je vais le chercher d’abord… Il était né à Villed’Avray en 1852… le 24 septembre!… c’était son anniversaire! Je vais vous le chercher de l’autre côté… il est là dans mon réticule… Viens avec moi Ferdinand!…”

« Mais il a plus de tête mon Dieu!… Il a plus de tête Ferdinand! Mon chéri! mon chéri! Ta tête!… Il en a plus!… » « Un placenta!… C’est un placenta!… Je le sais!… Sa tête!… Sa pauvre tête!… C’est un placenta!… T’as vu Ferdinand?… Tu vois?… Regarde!… Ah! Oh! Oh!… » “Toujours tous les sacrifices!… Il a plus de tête!… Ah! Comme vous m’en voulez tous!… Il a rien gardé!… Bonne chance!… Bonne chance!… qu’il a dit… le pauvre amour!… Bonne chance!… Mon Dieu! vous avez vu?… c’est écrit!… C’est lui ça quand même!… C’est bien écrit avec sa main! C’est pas moi! Le pauvre malheureux! C’est pas moi! Bonne chance! Ça c’est lui! Absolument seul!”

[off-topic] Estes dias eu ouvi diversas e diversas vezes o Master of Puppets, novo considerado auge da banda, talvez da Música Moderna, em contraposição à Clássica. As faixas 02 e 03 do CD são absolutamente idênticas em estrutura, reparar no crescendo e no progressivo da agitação dos riffs, depois no solo furioso.

Merde! Merde! Moi je me rendais compte… L’âge ça c’est le plein tour de vache… Les enfants, c’est comme les années, on les revoit jamais.” Feliz Adulto-Novo: “Merda! Merda! Eu me dava conta… A idade é o grande drible da vaca… As crianças, são como os anos, não se as revê mais.”

Ce jour-là c’est vrai, je peux bien le dire c’est un des plus moches de ma vie. Merde!”

Février c’est le mois le plus petit, c’est aussi le plus méchant!…”

Aqui fritam-se os meus neurônios… Belo pâté de cerveau

Quando foi que você começou a se entender por gente?

Com mofo Ikki vô seco me e soa ciente em depor G&T?

Q du monde

cu do conde

cheio de kk

q del mundo

Rrudáz

Anne Conde, la dang(-h)ereuse

Hein que tu l’as bien vu Ferdinand?… Comme il montait bien … Tu te rappelles dis mon petit?… Dis-leur à eux!… Dis-leur mon petit!… Ils ne veulent pas me croire moi!… Miséricorde! Doux Jésus! Je vais faire une prière! Ferdinand! Monsieur l’ingénieur! Sainte Marie! Marie! Agneau du Ciel! Priez pour nous! Ferdinand! Je t’en conjure! Dis-leur bien à ces Messieurs! Veux-tu?… Viens faire ta prière! Viens vite!… Viens ici! Ça c’est vrai hein?… Au nom du Père! du Fils! du Saint-Esprit!… Tu la sais celle-là Ferdinand?… Tu la sais aussi ta prière?…” “Pardonneznous nos offenses!… Allons! Ensemble! Là! Voilà! Comment je vais vous pardonner!… Allons! Comme je vais vous pardonner!… Répète Nom de Dieu!… petit malfrin!…” “C’est moi je suis la femme horrible!… C’est ma faute à moi tout ça… C’est ma faute, Monsieur l’Ingénieur!… Ah! oui! Ah! oui! C’est moi qui ai fait tout le mal!… À lui j’ai tout fait du mal! Il est monté deux cents fois!… cent fois!… Je me rappelle plus mon amour!… Deux cents!… Six!… Six cents fois!… Je sais plus!… Je sais plus rien!… C’est atroce!… Monsieur l’Ingénieur!… Trois cents!… Plus! Bien plus!… Je sais pas!…” “<Trois mille!… Dix mille! Jésus! Quinze!… Dix-huit cents mètres!… Ô Jésus! Ferdinand! Tu peux rien dire?… C’est trop fort!… Merde de Dieu!…> Elle se reperdait dans les chiffres… « Deux cent vingt-deux fois!… C’est bien ça!… Deux cent vingt-deux! »… elle retombait… « Merde! je sais plus rien!… Ma vie! Ma vie!… »” <Vous le numéro!> C’était moi… <Vous pouvez partir!… Vous pouvez vous en aller! Il faut retourner tout de suite chez vous!… Chez vos parents!… Vous donnerez votre adresse au Greffe!… Si j’ai besoin de vous, je vous ferai venir! Voilà! Allez! Allez!>

Ah! Avec lui y a pas de chanson!”

« C’est pas un crime!… Pop! Pop! Pop! »

« C’est pas un crime!… Pop! Pop! Pop! »

C’est pas midi à quatorze heures!…”

Ferdinand, ao contrário do outro Ferdinand (Viagem ao Fim…) fica mais tagarela perto do fim dos fins…

Tu sais, il était pas religieux lui, mais enfin quand même… Ils l’ont assez martyrisé! Un peu de respect ça fera pas de mal…”

Ce qui m’a frappé en premier lieu, c’était les récents autobus… leur modèle sans « impériale » et les nouveaux taxis-autos… Ils étaient plus nombreux que les fiacres… Ils faisaient un barouf affreux… J’avais bien perdu l’habitude des trafics intenses… Ça m’étourdissait…” “La rue, elle me foutait la panique… de la voir comme ça devant moi… sur les côtés… à droite… à gauche… Toutes les façades tout ça si fermé, si noir! Merde!… si peu baisant… c’était encore pire que Blême!… pas un navet à chiquer…”

ferme la femme, ouvre l’oeuvre

galáxia de ori-honte de vivre comme ivre

Je reconnaissais toutes les étoiles… Presque toutes en somme… et je savais bien les noms!… Il m’avait assez canulé l’autre olibrius avec ses orbites trajectoires!… C’est drôle comme je les avais retenus sans bonne volonté d’ailleurs… ça il faut bien le dire… La « Caniope » et « l’Andromède »… elles y étaient là rue Saint-Denis… Juste au-dessus du toit d’en face… Un peu plus à droite le « Cocher » celui qui cligne un petit peu contre « les Balances »… Je les reconnais tous franco… Pour pas se gourer sur « Ophiuchus »… c’est déjà un peu plus coton… On la prendrait bien pour Mercure, si y avait pas l’astéroïde!… Ça c’est le condé fameux… Mais le « Berceau » et la « Chevelure »… On les méprend Presque toujours… C’est sur « Pelléas » qu’on se goure bien! Ce soir-là, y avait pas d’erreur!… C’était Pelléas au poil!… au nord de Bacchus!… C’était du travail pour myope… Même la « Grande nébuleuse d’Orion » elle était absolument nette… entre le « Triangle » et « l’Ariane »… Alors pas possible de se perdre… Une unique chance exceptionnelle!… À Blême, on l’avait vue qu’une fois! pendant toute l’année l’Orion… Et on la cherchait tous les soirs!…” “Te laisse pas berner, troubadour! Les étoiles c’est tout morue!…” Une seule fois, quand tu regardes une chose… Tu dois la retenir pour toujours!… Te force pas l’intelligence!… C’est la raison qui nous bouche tout…” “Je discutais maintenant tout haut!… Les gens s’arrêtaient pour m’entendre… Ils devaient penser que j’étais ivre… Alors j’ai bouclé ma trappe… Mais ça me relançait quando même… ça me tenaillait toute la caboche. Ils me possédaient bien les souvenirs… Je pouvais pas croire qu’il était mort mon vieux vice-broquin… Et pourtant je le revoyais avec sa tête en confiture… Toute la barbaque qui remuait toujours… et que ça grouillait plein la route!… Merde!” “Et à toutes les patates infectes… Ah! C’était dégueulasse au fond… comme il avait pu nous mentir…” “C’est ça la présence de la mort… C’est quand on cause à leur place…”

J’avais une peur bleue des bourriques!… Ils me croyaient saoul eux aussi!… Devant le cadran du « Nègre » j’ai fait « pst! pst! » à un fiacre!… Il m’a embarqué…

« Chez l’oncle Édouard!… » que j’ai dit…

Où ça l’oncle Édouard?…

Rue de la Convention! quatorze!”

Plus c’est l’opulence et tant plus c’est la charogne!… C’est terrible les compagnies!…”

Celui qu’est malade peut crever!…”

D’abord tu manges beaucoup trop vite… Tes parents te l’ont toujours dit… De ce côté-là ils ont pas tort…”

Faut te retourner mais tout doucement… Faut faire attention!… Le travail c’est comme la croûte… Il faut que ça profite d’abord…” “Il reparlait encore d’un emploi… ça le minait un peu comment j’allais me démerder?…”

Il savait même tout le grand Zénith, un moment donné… du Triangle au Sagittaire, le Boréal presque par coeur!… Tout le « Flammarion » il l’avait su et forcément le « Pereires »!… Mais il avait tout oublié… Il se souvenait même plus d’une seule…”

Morto nas estrelas com hiato

ri alto perdido no pé do pó do cadáver estrelas com a pancada do de deus não olha os dentes

<Tu t’es rempli de savoir-vivre!… Ah! T’es trapu mon petit pote!… Tu te l’es farcie ta grosse tête!… Hein dis mon poulot? Mais c’est la science ma parole!… Ah! y a pas d’erreur!…> Ah! je le faisais rire… On a reparlé un peu de Courtial…”

Se o livro tivesse 6.000 páginas, não creio que saísse dessa balada do desempregado azarado; nem que ficasse desinteressante.

D’abord les gens qui jouent aux courses? pas?… C’est qu’ils aiment se casser la gueule!… Ils peuvent pas se refaire!… Ça on peut pas les empêcher… Il faut qu’ils arrivent au Malheur!…”

Ah! ça non alors! Par exemple! Ah! Nom de Dieu! Non!…”

Tiens, je vais te prendre moi, dans mon garage!… C’est peut-être pas très excellent d’être apprenti chez son oncle… Mais enfin tant pis!… La santé d’abord! Les usages, je m’en fous!… Le reste ça s’arrange toujours! La santé! voilà!… voilà!…”

ex(is)tirpartir

toujours je ferais de la peine à tout le monde!… C’était ma terrible évidence!…”

On part pas comme ça!… En coup de tête… On contracte pas pour un jour!… C’est pour trois années mon ami!… C’est pour mille quatre-vingt-cinq jours… et puis les rabiots!…”

Ils prennent pas les soldats squelettes!… Il faut que tu te rempiffes en kilos!… Dix au moins! t’entends?… Ça je t’assure!… Dix pour commencer!… Autrement! Barca!… Tu veux aller à la guerre?… Ah! mais! Ah! mais! Tu tiendrais comme un fétu!… (…) Où ça que tu vas t’engager?… T’en sais rien encore?… Alors comment que tu te décides?…”

Ah! Tu changes d’avis?… T’es pas long!… Astronome alors?… Astronome!… T’iras au <1er Télescope>!”

Ah! ben toi! t’es comme ta mère!… Quand t’as une musique dans le cassis, tu l’as pas ailleurs!…”

T’iras pas dans la marine… T’as déjà comme ça le mal de mer!… Alors tu comprends?… Et ton père qu’a fait cinq années? Qu’est-ce qu’il va nous dire?…”

mon po(e)te

Voilà moi, ce que je trouve… T’es retourné de fond en comble!… À ton âge, on se rempiffe d’autor!… Il suffit de plus y penser … Penser à autre chose!… Et de bouffer comme quatre!… comme trente-six!… Dans huit jours ça paraîtra plus!”

Non mon oncle.

Oui mon oncle!…

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