LA(LES) FEMME(S) DE TRENTE ANS OU DA FRIGIDEZ E DA AUTO-REALIZAÇÃO NA MESMA ÁRVORE GENEALÓGICA – Balzac

“– L’on te croit ma femme, dit-il à l’oreille de la jeune personne en se redressant et marchant avec une lenteur qui la désespéra.

Il semblait avoir de la coquetterie pour sa fille et jouissait peut-être plus qu’elle des oeillades que les curieux lançaient sur ses petits pieds chaussés de brodequins en prunelle puce, sur une taille délicieuse dessinée par une robe à guimpe, et sur le cou frais qu’une collerette brodée ne cachait pas entièrement.”

Ce dimanche était le treizième de l’année 1813. Le surlendemain, Napoléon partait pour cette fatale campagne pendant laquelle il allait perdre successivement Bessières et Duroc, gagner les mémorables batailles de Lutzen et de Bautzen, se voir trahi par l’Autriche, la Saxe, la Bavière, par Bernadotte, et disputer la terrible bataille de Leipsick. La magnifique parade commandée par l’empereur devait être la dernière de celles qui excitèrent si longtemps l’admiration des Parisiens et des étrangers. La vieille garde allait exécuter pour la dernière fois les savantes manoeuvres dont la pompe et la précision étonnèrent quelquefois jusqu’à ce géant lui-même, qui s’apprêtait alors à son duel avec l’Europe. Un sentiment triste amenait aux Tuileries une brillante et curieuse population. Chacun semblait deviner l’avenir, et pressentait peut-être que plus d’une fois l’imagination aurait à retracer le tableau de cette scène, quand ces temps héroïques de la France contracteraient, comme aujourd’hui, des teintes presque fabuleuses.”

Son amour pour cette belle créature lui faisait autant admirer le présent que craindre l’avenir. Il semblait se dire : – Elle est heureuse aujourd’hui, le sera-telle toujours? Car les vieillards sont assez enclins à doter de leurs chagrins l’avenir des jeunes gens.

“– Restons, mon père. D’ici je puis encore apercevoir l’empereur. S’il périssait pendant la campagne, je ne l’aurais jamais vu.”

Le cordon de sentinelles, établi pour laisser un passage libre à l’empereur et à son état-major, avait beaucoup de peine à ne pas être débordé par cette foule empressée et bourdonnant comme un essaim.”

La France allait faire ses adieux à Napoléon, à la veille d’une campagne dont les dangers étaient prévus par le moindre citoyen. Il s’agissait, cette fois, pour l’Empire Français, d’être ou de ne pas être.” “Entre la plupart des assistants et des militaires, il se disait des adieux peut-être éternels ; mais tous les coeurs, même les plus hostiles à l’empereur, adressaient au ciel des voeux ardents pour la gloire de la patrie. Les hommes les plus fatigués de la lutte commencée entre l’Europe et la France avaient tous déposé leurs haines en passant sous l’arc de triomphe, comprenant qu’au jour du danger Napoléon était toute la France. L’horloge du château sonna une demi-heure. En ce moment les bourdonnements de la foule cessèrent, et le silence devint si profond, que l’on eût entendu la parole d’un enfant.”

Des cris de: Vive l’empereur! furent poussés par la multitude enthousiasmée. Enfin tout frissonna, tout remua, tout s’ébranla. Napoléon était monté à cheval. Ce mouvement avait imprimé la vie à ces masses silencieuses, avait donné une voix aux instruments, un élan aux aigles et aux drapeaux, une émotion à toutes les figures. Les murs des hautes galeries de ce vieux palais semblaient crier aussi: Vive l’empereur! Ce ne fut pas quelque chose d’humain, ce fut une magie, un simulacre de la puissance divine, ou mieux une fugitive image de ce règne si fugitif. L’homme entouré de tant d’amour, d’enthousiasme, de dévouement, de voeux, pour qui le soleil avait chassé les nuages du ciel, resta sur son cheval, à trois pas en avant du petit escadron doré qui le suivait, ayant le grand-maréchal à sa gauche, le maréchal de service à sa droite. Au sein de tant d’émotions excitées par lui, aucun trait de son visage ne parut s’émouvoir.”

Le colonel Victor d’Aiglemont à peine âgé de trente ans, était grand, bien fait, svelte; et ses heureuses proportions ne ressortaient jamais mieux que quand il employait sa force à gouverner un cheval dont le dos élégant et souple paraissait plier sous lui.”

Je pense, Julie, que vous avez des secrets pour moi. – Tu aimes, reprit vivement le vieillard en s’apercevant que sa fille venait de rougir. Ah! j’espérais te voir fidèle à ton vieux père jusqu’à sa mort, j’espérais te conserver près de moi heureuse et brillante! t’admirer comme tu étais encore naguère. En ignorant ton sort, j’aurais pu croire à un avenir tranquille pour toi ; mais maintenant il est impossible que j’emporte une espérance de bonheur pour ta vie, car tu aimes encore plus le colonel que tu n’aimes le cousin. Je n’en puis plus douter.

Julie, j’aimerais mieux te savoir amoureuse d’un vieillard que de te voir aimant le colonel. Ah! si tu pouvais te placer à dix ans d’ici dans la vie, tu rendrais justice à mon expérience. Je connais Victor: sa gaieté est une gaieté sans esprit, une gaieté de caserne, il est sans talent et dépensier. C’est un de ces hommes que le ciel a créés pour prendre et digérer quatre repas par jour, dormir, aimer la première venue et se battre. Il n’entend pas la vie. Son bon coeur, car il a bon coeur, l’entraînera peut-être à donner

sa bourse à un malheureux, à un camarade ; mais il est insouciant, mais il n’est pas doué de cette délicatesse de coeur qui nous rend esclaves du bonheur d’une femme ; mais il est ignorant, égoïste… Il y a beaucoup de mais.”

Mais, ma pauvre Julie, tu es encore trop jeune, trop faible, trop délicate pour supporter les chagrins et les tracas du mariage. D’Aiglemont a été gâté par ses parents, de même que tu l’as été par ta mère et par moi. Comment espérer que vous pourrez vous entendre tous deux avec des volontés différentes dont les tyrannies seront inconciliables? (…) Je connais les militaires, ma Julie; j’ai vécu aux armées. Il est rare que le coeur de ces gens-là puisse triompher des habitudes produites ou par les malheurs au sein desquels ils vivent, ou par les hasards de leur vie aventurière.

Épouse Victor, ma Julie. Un jour tu déploreras amèrement sa nullité, son défaut d’ordre, son égoïsme, son indélicatesse, son ineptie en amour, et mille autres chagrins qui te viendront par lui. Alors, souviens-toi que, sous ces arbres, la voix prophétique de ton vieux père a retenti vainement à tes oreilles!”

* * *

Un an après…

À travers le tendre feuillage des îles, au fond du tableau, Tours semble, comme Venise, sortir du sein des eaux.”

En plus d’un endroit il existe trois étages de maisons, creusées dans le roc et réunies par de dangereux escaliers taillés à même la pierre. Au sommet d’un toit, une jeune fille en jupon rouge court à son jardin. La fumée d’une cheminée s’élève entre les sarments et le pampre naissant d’une vigne. Des closiers labourent des champs perpendiculaires.”

Cette partie de la France, la seule que les armées étrangères ne devaient point troubler, était en ce moment la seule qui fût tranquille, et l’on eût dit qu’elle défiait l’Invasion.”

Julie d’Aiglemont ne ressemblait déjà plus à la jeune fille qui courait naguère avec joie et bonheur à la revue des Tuileries. Son visage, toujours délicat, était privé des couleurs roses qui jadis lui donnaient un si riche éclat. Les touffes noires de quelques cheveux défrisés par l’humidité de la nuit faisaient ressortir la blancheur mate de sa tête, dont la vivacité semblait engourdie. Cependant ses yeux brillaient d’un feu surnaturel; mais au-dessous de leurs paupières, quelques teintes violettes se dessinaient sur les joues fatiguées. Elle examina d’un oeil indifférent les campagnes du Cher, la Loire et ses îles, Tours et les longs rochers de Vouvray; puis, sans vouloir regarder la ravissante vallée de la Cise, elle se rejeta promptement dans le fond de la calèche, et dit d’une voix qui en plein air paraissait d’une extrême faiblesse: – Oui, c’est

admirable. Elle avait comme on le voit pour son malheur triomphé de son père.

Julie, n’aimerais-tu pas à vivre ici?

Oh! là ou ailleurs, dit-elle avec insouciance.

Souffres-tu? lui demanda le colonel d’Aiglemont.

Pas du tout, répondit la jeune femme avec une vivacité momentanée. Elle contempla son mari en souriant et ajouta : – J’ai envie de dormir.”

Elle eut un air aussi stupide que peut l’être celui d’un paysan breton écoutant le prône de son curé.”

Il y a beaucoup d’hommes dont le coeur est puissamment ému par la seule apparence de la souffrance chez une femme: pour eux la douleur semble être une promesse de constance ou d’amour.”

Chargé par l’empereur de porter des ordres au maréchal Soult, qui avait à défendre la France de l’invasion faite par les Anglais dans le Béarn, le colonel d’Aiglemont profitait de sa mission pour soustraire sa femme aux dangers qui menaçaient alors Paris, et la conduisait à Tours chez une vieille parente à lui.”

Ma Julie n’est ni coquette ni jalouse, elle a une douceur d’ange…”

il était bien difficile à une femme amie de Duclos et du maréchal de Richelieu de ne pas chercher à deviner le secret de ce jeune ménage.”

Après avoir échangé quelques mots avec cette tante, à laquelle elle avait écrit naguère une lettre de nouvelle mariée, elle resta silencieuse comme si elle eût écouté la musique d’un opéra.”

Ma chère petite, nous connaissons la douleur des veuves, répondit la tante.

Aussi, malgré l’envie qu’avait la vieille dame de promener orgueilleusement sa jolie nièce, finit-elle par renoncer à vouloir la mener dans le monde. La comtesse avait trouvé un prétexte à sa solitude et à sa tristesse dans le chagrin que lui avait causé la mort de son père, de qui elle portait encore le deuil. Au bout de huit jours, la douairière admira la douceur angélique, les grâces modestes, l’esprit indulgent de Julie, et s’intéressa, dès lors, prodigieusement à la mystérieuse mélancolie qui rongeait ce jeune coeur. (…) Un mois suffit pour établir entre elles une éternelle amitié.”

Elle devina que ni le souvenir paternel ni l’absence de Victor n’étaient la cause de la mélancolie profonde qui jetait un voile sur la vie de sa nièce; puis elle eut tant de mauvais soupçons, qu’il lui fut difficile de s’arrêter à la véritable cause du mal, car nous ne rencontrons peut-être le vrai que par hasard. Un jour, enfin, Julie fit briller aux yeux de sa tante étonnée un oubli complet du mariage, une folie de jeune fille étourdie, une candeur d’esprit, un enfantillage digne du premier âge, tout cet esprit délicat, et parfois si profond, qui distingue les jeunes personnes en France. Madame de Listomère résolut alors de sonder les mystères de cette âme dont le naturel extrême équivalait à une impénétrable dissimulation.”

La tante, bien convaincue que sa nièce n’aimait pas son neveu, fut stupéfaite en découvrant qu’elle n’aimait personne. Elle trembla d’avoir à reconnaître en Julie un coeur désenchanté, une jeune femme à qui l’expérience d’un jour, d’une nuit peut-être, avait suffi pour apprécier la nullité de Victor.”

Elle se proposait alors de convertir Julie aux doctrines monarchiques du siècle de Louis XV; mais, quelques heures plus tard, elle apprit, ou plutôt elle devina la situation assez commune dans le monde à laquelle la comtesse devait sa mélancolie.”

Confusão nesta edição entre os títulos de “comtesse” e “marquise”, que parecem se referir alternadamente à jovem “sobrinha” recém-casada com o coronel da era bonapartista e a “tia”, não de sangue, tia do coronel, a velha que a acolhe no campo devido à guerra estourando na capital. Erro de revisão ou de redação de Balzac?

Tu vas te marier, Louisa. Cette pensée me fait frémir. Pauvre petite, marie-toi; puis, dans quelques mois, un de tes plus poignants regrets viendra du souvenir de ce que nous étions naguère, quand un soir, à Écouen, parvenues toutes deux sous les plus grands chênes de la montagne, nous contemplâmes la belle vallée que nous avions à nos pieds, et que nous y admirâmes les rayons du soleil couchant dont les reflets nous enveloppaient. Nous nous assîmes sur un quartier de roche, et tombâmes dans un ravissement auquel succéda la plus douce mélancolie. Tu trouvas la première que ce soleil lointain nous parlait d’avenir. Nous étions bien curieuses et bien folles alors! Te souviens-tu de toutes nos extravagances? Nous nous embrassâmes comme deux amants, disions-nous. Nous nous jurâmes que la première mariée de nous deux raconterait fidèlement à l’autre ces secrets d’hyménée, ces joies que nos âmes enfantines nous peignaient si délicieuses. Cette soirée fera ton désespoir, Louisa. Dans ce temps, tu étais jeune, belle, insouciante, sinon heureuse; un mari te rendra, en peu de jours, ce que je suis déjà, laide, souffrante et vieille. Te dire combien j’étais fière, vaine et joyeuse d’épouser le colonel Victor d’Aiglemont, ce serait une folie! Et même comment te le dirai-je? je ne me souviens plus de moi-même. En peu d’instants mon enfance est devenue comme un songe. La contenance pendant la journée solennelle qui consacrait un lien dont l’étendue m’était cachée n’a pas été exempte de reproches. Mon père a plus d’une fois tâché de réprimer ma gaieté, car je témoignais des joies qu’on trouvait inconvenantes, et mes discours révélaient de la malice, justement parce qu’ils étaient sans malice. Je faisais mille enfantillages avec ce voile nuptial, avec cette robe et ces fleurs. Restée seule, le soir, dans la chambre où j’avais été conduite avec apparat, je méditai quelque espièglerie [faceirice] pour intriguer Victor ; et, en attendant qu’il vînt, j’avais des palpitations de coeur semblables à celles qui me saisissaient autrefois en ces jours solennels du 31 décembre, quand, sans être aperçue, je me glissais dans le salon où les étrennes [embrulhos de Natal] étaient entassées. Lorsque mon mari entra, qu’il me chercha, le rire étouffé que je fis entendre sous les mousselines qui m’enveloppaient a été le dernier éclat de cette gaieté douce qui anima les jeux de notre enfance…

depuis Ève jusqu’à nous, le mariage a paru chose si excellente – Vous n’avez plus de mère?”

Parfois ne pensez-vous point que l’amour légitime est plus dur à porter que ne le serait une passion criminelle?”

Enfin, mon ange, vous adorez Victor, n’est-ce pas? mais vous aimeriez mieux être sa soeur que sa femme, et le mariage enfin ne vous réussit point.

Hé! bien, oui, ma tante. Mais pourquoi sourire?”

“– Enfim, meu anjo, você adora o Victor, não é? mas você amaria ainda mais ser sua irmã que sua mulher, e o casamento, portanto, em nada lhe apraz!

É… é isso mesmo, minha tia! Mas por que a gargalhada?”

Sous le règne de notre bien-aimé Louis XV, une jeune femme qui se serait trouvée dans la situation où vous êtes aurait bientôt puni son mari de se conduire en vrai lansquenet. L’égoïste ! Les militaires de ce tyran impérial sont tous de vilains ignorants. Ils prennent la brutalité pour de la galanterie, ils ne connaissent pas plus les femmes qu’ils ne savent aimer; ils croient que d’aller à la mort le lendemain les dispense d’avoir, la veille, des égards et des attentions pour nous. Autrefois, l’on savait aussi bien aimer que mourir à propos. Ma nièce, je vous le formerai. Je mettrai fin au triste désaccord, assez naturel, qui vous conduirait à vous haïr l’un et l’autre, à souhaiter un divorce, si toutefois vous n’étiez pas morte avant d’en venir au désespoir.” “Sob o reinado de nosso adorado Luís XV, uma jovem na sua situação cedo saberia punir seu marido por agir como um militarzinho destemperado¹. O egoísta! Os militares desse tirano imperial são todos uns vilães ignorantes. Confundem brutalidade com charme, são incapazes de compreender as mulheres, não sabem mais amá-las; eles crêem piamente que por terem, em média, uma vida curta, devotada ao campo de batalha, isso lhes dá licença de, antes de partirem deste mundo, ser prestativos e atenciosos. Antigamente, sabia-se tanto morrer pelo seu país quanto amar dignamente. Ah, sobrinha, eu tomarei os cuidados de formá-la! Porei fim a esse triste desacordo, tão natural, afinal, que condu-la, e ao seu marido, ao mútuo ódio e desprezo; se não ao divórcio, à morte precoce, de tanta tristeza, ou quem sabe à loucura, principalmente da fêmea, a sofredora-mor.”

¹ Escolha difícil de tradução. Lansquenet se refere, de modo geral, a três significados diferentes: 1. soldado alemão, de onde veio a palavra; 2. soldado de infantaria francês; 3. tornou-se, ainda, um jogo de azar (de cartas). O termo adquiriu ar pejorativo na França, conotando “brutalidade”, “falta de espírito”. Poderíamos dizer que um lansquenet é um mero tratante. É conhecida a rivalidade histórica entre a França e a Alemanha. Um lansquenet da época de Napoleão, para quem vive na era pós-napoleônica, sintetiza tudo de repulsivo que havia na classe militar do tempo imperial; arrogantes como o mestre das guerras Napoleão Bonaparte, seu venerado chefe militar, esta(s) geração(ões) de soldados se transformou(aram) em homens absolutamente faltos de caráter e incapazes de constituir uma família feliz nos tempos de paz. Ou seja, a tia admoesta a sobrinha: antigamente, quando havia os valores aristocratas, as mulheres saberiam maltratar um mau marido, devolver o tratamento na mesma moeda. E os maus maridos eram escassos. Hoje, que os valores estão degenerados, falta às esposas o vigor, e quase todos os maridos militares são uns pulhas insensíveis.

“– Soyez ma mère! La tante ne pleura pas, car la Révolution a laissé aux femmes de

l’ancienne monarchie peu de larmes dans les yeux.” Seja minha mãe! A tia não chorou, porque a Revolução deixou às mulheres da antiga monarquia poucas, quase nada de lágrimas nos olhos.”

Ne serait-ce pas lui donner à penser qu’il est dangereux? Et d’ailleurs pouvez-vous empêcher un homme d’aller et venir où bon lui semble? Demain nous ne mangerons plus dans cette salle; quand il ne nous y verra plus, le jeune gentilhomme discontinuera de vous aimer par la fenêtre. Voilà, ma chère enfant, comment se comporte une femme qui a l’usage du monde.

Victor, qui avait quitté l’empereur, annonçait à sa femme la chute du régime impérial, la prise de Paris, et l’enthousiasme qui éclatait en faveur des Bourbons sur tous les points de la France; mais ne sachant comment pénétrer jusqu’à Tours, il la priait de venir en toute hâte à Orléans où il espérait se trouver avec des passeports pour elle. Ce valet de chambre, ancien militaire, devait accompagner Julie de Tours à Orléans, route que Victor croyait libre encore.

Madame, vous n’avez pas un instant à perdre, dit le valet de chambre, les Prussiens, les Autrichiens et les Anglais vont faire leur jonction à Blois ou à Orléans…”

Comme la plupart des jeunes femmes réellement innocentes et sans expérience, elle voyait une faute dans un amour involontairement inspiré à un homme. Elle ressentait une terreur instinctive, que lui donnait peut-être la conscience de sa faiblesse devant une si audacieuse agression. Une des plus fortes armes de l’homme est ce pouvoir terrible d’occuper de lui-même une femme dont l’imagination naturellement mobile s’effraie ou s’offense d’une poursuite.

Cependant, au milieu des fêtes qui marquèrent le retour des Bourbons, un malheur bien profond, et qui devait influer sur sa vie, assaillit la pauvre Julie : elle perdit la comtesse de Listomère-Landon. La vieille dame mourut de joie et d’une goutte remontée au coeur, en revoyant à Tours le duc d’Angoulême. Ainsi, la personne à laquelle son âge donnait le droit d’éclairer Victor, la seule qui, par d’adroits conseils, pouvait rendre l’accord de la femme et du mari plus parfait, cette personne était morte.”

Ne se rencontre-t-il pas beaucoup d’hommes dont la nullité profonde est un secret pour la plupart des gens qui les connaissent? Un haut rang, une illustre naissance, d’importantes fonctions, un certain vernis de politesse, une grande réserve dans la conduite, ou les prestiges de la fortune sont, pour eux, comme des gardes qui empêchent les critiques de pénétrer jusqu’à leur intime existence. Ces gens ressemblent aux rois dont la véritable taille, le caractère et les moeurs ne peuvent jamais être ni bien connus ni justement appréciés, parce qu’ils sont vus de trop loin ou de trop près. Ces personnages à mérite factice interrogent au lieu de parler, ont l’art de mettre les autres en scène pour éviter de poser devant eux; puis, avec une heureuse adresse, ils tirent chacun par le fil de ses passions ou de ses intérêts, et se jouent ainsi des hommes qui leur sont réellement supérieurs, en font des marionnettes et les croient petits pour les avoir rabaissés jusqu’à eux. Ils obtiennent alors le triomphe naturel d’une pensée mesquine, mais fixe, sur la mobilité des grandes pensées. Aussi pour juger ces têtes vides, et peser leurs valeurs négatives, l’observateur doit-il posséder un esprit plus subtil que supérieur, plus de patience que de portée dans la vue, plus de finesse et de tact que d’élévation et grandeur dans les idées. Néanmoins, quelque habileté que déploient ces usurpateurs en détendant leurs côtés faibles, il leur est bien difficile de tromper leurs femmes, leurs mères, leurs enfants ou l’ami de la maison; mais ces personnes leur gardent presque toujours le secret sur une chose qui touche, en quelque sorte, à l’honneur commun; et souvent même elles les aident à en imposer au monde. (…) Songez maintenant au rôle que doit jouer une femme d’esprit et de sentiment en présence d’un mari de ce genre, n’apercevez-vous pas des existences pleines de douleurs et de dévouement dont rien ici-bas ne saurait récompenser certains coeurs pleins d’amour et de délicatesse?”

Tant que Napoléon resta debout, le comte d’Aiglemont, colonel comme tant d’autres, bon officier d’ordonnance, excellant à remplir une mission dangereuse, mais incapable d’un commandement de quelque importance n’excita nulle envie, passa pour un des braves que favorisait l’empereur, et fut ce que les militaires nomment vulgairement un bon enfant. La Restauration, qui lui rendit le titre de marquis, ne le trouva pas ingrat: il suivit les Bourbons à Gand.” itálicos: mistério dos títulos esclarecidos; conde ‘ilegítimo’ cassado pela nobreza, devolveram-lhe um biscoito, bom consolo, à meia-altura.

son instinct si délicatement féminin lui disait qu’il est bien plus beau d’obéir à un homme de talent que de conduire un sot, et qu’une jeune épouse, obligée de penser et d’agir en homme, n’est ni femme ni homme, abdique toutes les grâces de son sexe en en perdant les malheurs, et n’acquiert aucun des privilèges que nos lois ont remis aux plus forts. Son existence cachait une bien amère dérision. N’était-elle pas obligée d’honorer une idole creuse, de protéger son protecteur, pauvre être qui, pour salaire d’un dévouement continu, lui jetait l’amour égoïste des maris, ne voyait en elle que la femme, ne daignait ou ne savait pas, injure toute aussi profonde, s’inquiéter de ses plaisirs, ni d’où venaient sa tristesse et son dépérissement?”

La marquise, chargée de tous les malheurs de cette triste existence, devait sourire encore à son maître imbécile, parer de fleurs une maison de deuil, et afficher le bonheur sur un visage pâli par de secrets supplices. Cette responsabilité d’honneur, cette abnégation magnifique donnèrent insensiblement à la jeune marquise une dignité de femme, une conscience de vertu qui lui servirent de sauvegarde contre les dangers du monde. (…) elle attendit avec résignation la fin de ses peines en espérant mourir jeune.” “souffrance élégante d’ailleurs, maladie presque voluptueuse en apparence, et qui pouvait passer aux yeux des gens superficiels pour une fantaisie de petite maîtresse. Les médecins avaient condamné la marquise à rester couchée sur un divan, où elle s’étiolait au milieu des fleurs qui l’entouraient, en se fanant comme elle. Sa faiblesse lui interdisait la marche et le grand air; elle ne sortait qu’en voiture fermée. Sans cesse environnée de toutes les merveilles de notre luxe et de notre industrie modernes, elle ressemblait moins à une malade qu’à une reine indolente. Quelques amis, amoureux peut-être de son malheur et de sa faiblesse, sûrs de toujours la trouver chez elle, et spéculant sans doute aussi sur sa bonne santé future, venaient lui apporter les nouvelles et l’instruire de ces mille petits événements qui rendent à Paris l’existence si variée. Sa mélancolie, quoique grave et profonde, était donc la mélancolie de l’opulence. La marquise d’Aiglemont ressemblait à une belle fleur dont la racine est rongée par un insecte noir.”

Son mari n’aimait pas la musique. Enfin, elle se trouvait presque toujours gênée dans les salons où sa beauté lui attirait des hommages intéressés. Sa situation y excitait une sorte de compassion cruelle, une curiosité triste. Elle était atteinte d’une inflammation assez ordinairement mortelle, que les femmes se confient à l’oreille, et à laquelle notre néologie n’a pas encore su trouver de nom. Malgré le silence au sein duquel sa vie s’écoulait, la cause de sa souffrance n’était un secret pour personne. Toujours jeune fille, en dépit du mariage, les moindres regards la rendaient honteuse. Aussi, pour éviter de rougir, n’apparaissait-elle jamais que riante, gaie; elle affectait une fausse joie, se disait toujours bien portante, ou prévenait les questions sur sa santé par de pudiques mensonges. Cependant, en 1817, un événement contribua beaucoup à modifier l’état déplorable dans lequel Julie avait été plongée jusqu’alors. Elle eut une fille, et voulut la nourrir. Pendant deux années, les vives distractions et les inquiets plaisirs que donnent les soins maternels lui firent une vie moins malheureuse. Elle se sépara nécessairement de son mari. Les médecins lui pronostiquèrent une meilleure santé ; mais la marquise ne crut point à ces présages hypothétiques. Comme toutes les personnes pour lesquelles la vie n’a plus de douceur, peut-être voyait-elle dans la mort un heureux dénouement.”

Quoiqu’elle fût certaine de conserver un grand empire sur Victor et d’avoir obtenu son estime pour toujours, elle craignait l’influence des passions sur un homme si nul et si vaniteusement irréfléchi.”

Les prévoyantes paroles de son père retentissaient derechef à son oreille”

Dans le tableau que sa mémoire lui traçait du passé, la candide figure d’Arthur s’y dessinait chaque jour plus pure et plus belle, mais rapidement; car elle n’osait s’arrêter à ce souvenir. Le silencieux et timide amour du jeune Anglais était le seul événement qui, depuis le mariage, eût laissé quelques doux vestiges dans ce coeur sombre et solitaire.”

dores latentes e lactantes

À qui se serait-elle plainte? de qui pouvait-elle être entendue? Puis, elle avait cette extrême délicatesse de la femme, cette ravissante pudeur de sentiment qui consiste à taire une plainte inutile, à ne pas prendre un avantage quand le triomphe doit humilier le vainqueur et le vaincu. Julie essayait de donner sa capacité, ses propres vertus à monsieur d’Aiglemont, et se vantait de goûter le bonheur qui lui manquait. Toute sa finesse de femme était employée en pure perte à des ménagements ignorés de celui-là même dont ils perpétuaient le despotisme. Par moments, elle était ivre de malheur, sans idée, sans frein ; mais, heureusement, une piété vraie la ramenait toujours à une espérance suprême: elle se réfugiait dans la vie future, admirable croyance qui lui faisait accepter de nouveau sa tâche douloureuse. Ces combats si terribles, ces déchirements intérieurs étaient sans gloire, ces longues mélancolies étaient inconnues; nulle créature ne recueillait ses regards ternes, ses larmes amères jetées au hasard et dans la solitude.”

Quand deux époux se connaissent parfaitement et ont pris une longue habitude d’eux-mêmes, lorsqu’une femme sait interpréter les moindres gestes d’un homme et peut pénétrer les sentiments ou les choses qu’il lui cache, alors des lumières soudaines éclatent souvent après des réflexions ou des remarques précédentes, dues au hasard, ou primitivement faites avec insouciance. Une femme se réveille souvent tout à coup sur le bord ou au fond d’un abîme. Ainsi la marquise, heureuse d’être seule depuis quelques jours, devina le secret de sa solitude. Inconstant ou lassé, généreux ou plein de pitié pour elle, son mari ne lui appartenait plus. En ce moment, elle ne pensa plus à elle, ni à ses souffrances, ni à ses sacrifices; elle ne fut plus que mère, et vit la fortune, l’avenir, le bonheur de sa fille; sa fille, le seul être d’où lui vînt quelque félicité; son Hélène, seul bien qui l’attachât à la vie.”

Jusqu’alors, sûre d’être aimée par Victor, autant qu’il pouvait aimer, elle s’était dévouée à un bonheur qu’elle ne partageait pas; mais, aujourd’hui, n’ayant plus la satisfaction de savoir que ses larmes faisaient la joie de son mari, seule dans le monde, il ne lui restait plus que le choix des malheurs. Au milieu du découragement qui, dans le calme et le silence de la nuit, détendit toutes ses forces; au moment où, quittant son

divan et son feu presque éteint, elle allait, à la lueur d’une lampe, contempler sa fille d’un oeil sec, monsieur d’Aiglemont rentra plein de gaieté. Julie lui fit admirer le sommeil d’Hélène; mais il accueillit l’enthousiasme de sa femme par une phrase banale.

À cet âge, dit-il, tous les enfants sont gentils.”

Elle n’eut plus aucun remords de lui imposer une vie difficile. D’un seul bond, elle s’élança dans les froids calculs de l’indifférence. Pour sauver sa fille, elle devina tout à coup les perfidies, les mensonges des créatures qui n’aiment pas, les tromperies de la coquetterie, et ces ruses atroces qui font haïr si profondément la femme chez qui les hommes supposent alors des corruptions innées. À l’insu de Julie, sa vanité féminine, son intérêt et un vague désir de vengeance s’accordèrent avec son amour maternel pour la faire entrer dans une voie où de nouvelles douleurs l’attendaient. Mais elle avait l’âme trop belle, l’esprit trop délicat, et surtout trop de franchise pour être longtemps complice de ces fraudes. Habituée à lire en elle-même, au premier pas dans le vice, car ceci était du vice, le cri de sa conscience devait étouffer celui des passions et de l’égoïsme. En effet, chez une jeune femme dont le coeur est encore pur, et où l’amour est resté vierge, le sentiment de la maternité même est soumis à la voix de la pudeur. La pudeur n’est-elle pas toute la femme? Mais Julie ne voulut apercevoir aucun danger, aucune faute dans sa nouvelle vie. Elle vint chez madame de Sérizy. Sa rivale comptait voir une femme pâle, languissante; la marquise avait mis du rouge, et se présenta dans tout l’éclat d’une parure qui rehaussait encore sa beauté.”

Lorsque Julie se leva pour aller au piano chanter la romance de Desdémone, les hommes accoururent de tous les salons pour entendre cette célèbre voix, muette depuis si longtemps, et il se fit un profond silence. La marquise éprouva de vives émotions en voyant les têtes pressées aux portes et tous les regards attachés sur elle. Elle chercha son mari, lui lança une oeillade pleine de coquetterie, et vit avec plaisir qu’en ce moment son amour-propre était extraordinairement flatté. Heureuse de ce triomphe, elle ravit l’assemblée dans la première partie d’al piu salice. Jamais ni la Malibran, ni la Pasta n’avaient fait entendre des chants si parfaits de sentiment et d’intonation; mais, au moment de la reprise, elle regarda dans les groupes, et aperçut Arthur dont le regard fixe ne la quittait pas. Elle tressaillit vivement, et sa voix s’altéra.” “Elle lut sur le visage presque féminin du jeune anglais les pensées profondes, les mélancolies douces, les résignations douloureuses dont elle-même était la victime. Elle se reconnut en lui.”

La malade et son médecin marchaient du même pas sans être étonnés d’un accord qui paraissait avoir existé dès le premier jour où ils marchèrent ensemble, ils obéissaient à une même volonté, s’arrêtaient, impressionnés par les mêmes sensations, leurs regards, leurs paroles correspondaient à des pensées mutuelles.”

Oh! Mon Dieu, combien j’aime ce pays, répéta Julie avec un enthousiasme croissant et naïf. Vous l’avez habité longtemps ? reprit-elle après une pause.

À ces mots, lord Grenville tressaillit.

C’est là, répondit-il avec mélancolie en montrant un bouquet de noyers sur la route, là que prisonnier je vous vis pour la première fois…

Les femmes ont un inimitable talent pour exprimer leurs sentiments sans employer de trop vives paroles; leur éloquence est surtout dans l’accent, dans le geste, l’attitude et les regards. Lord Grenville se cacha la tête dans ses mains, car des larmes roulaient dans ses yeux. Ce remerciement était le premier que Julie lui fît depuis leur départ de Paris. Pendant une année entière, il avait soigné la marquise avec le dévouement le plus entier. Secondé par d’Aiglemont, il l’avait conduite aux eaux d’Aix, puis sur les bords de la mer à La Rochelle. Épiant à tout moment les changements que ses savantes et simples prescriptions produisaient sur la constitution délabrée de Julie, il l’avait cultivée comme une fleur rare peut l’être par un horticulteur passionné. La marquise avait paru recevoir les soins intelligents d’Arthur avec tout l’égoïsme d’une Parisienne habituée aux hommages, ou avec l’insouciance d’une courtisane qui ne sait ni le coût des choses ni la valeur des hommes, et les prise au degré d’utilité dont ils lui sont. L’influence exercée sur l’âme par les lieux est une chose digne de remarque. Si la mélancolie nous gagne infailliblement lorsque nous sommes au bord des eaux, une autre loi de notre nature impressible fait que, sur les montagnes, nos sentiments s’épurent: la passion y gagne en profondeur ce qu’elle paraît perdre en vivacité. L’aspect du vaste bassin de la Loire, l’élévation de la jolie colline où les deux amants s’étaient assis, causaient peut-être le calme délicieux dans lequel ils savourèrent d’abord le bonheur qu’on goûte à deviner l’étendue d’une passion cachée sous des paroles insignifiantes en apparence. Au moment où Julie achevait la phrase qui avait si vivement ému lord Grenville, une brise caressante agita la cime des arbres, répandit la fraîcheur des eaux dans l’air, quelques nuages couvrirent le soleil, et des ombres molles laissèrent voir toutes les beautés de cette jolie nature. Julie détourna la tête pour dérober au jeune lord la vue des larmes qu’elle réussit à retenir et à sécher, car l’attendrissement d’Arthur l’avait promptement gagnée. Elle n’osa lever les yeux sur lui dans la crainte qu’il ne lût trop de joie dans ce regard. Son instinct de femme lui faisait sentir qu’à cette heure dangereuse elle devait ensevelir son amour au fond de son coeur. Cependant le silence pouvait être également redoutable. En s’apercevant que lord Grenville était hors d’état de prononcer une parole, Julie reprit d’une voix douce : – Vous êtes touché de ce que je vous ai dit, milord. Peut-être cette vive expansion est-elle la manière que prend une âme gracieuse et bonne comme l’est la vôtre pour revenir sur un faux jugement. Vous m’aurez crue ingrate en me trouvant froide et réservée, ou moqueuse et insensible pendant ce voyage qui heureusement va bientôt se terminer. Je n’aurais pas été digne de recevoir vos soins, si je n’avais su les apprécier. Milord, je n’ai rien oublié. Hélas! je n’oublierai rien, ni la sollicitude qui vous faisait veiller sur moi comme une mère veille sur son enfant, ni surtout la noble confiance de nos entretiens fraternels, la délicatesse de vos procédés; séductions contre lesquelles nous sommes toutes sans armes. Milord, il est hors de mon pouvoir de vous récompenser…

À ce mot, Julie s’éloigna vivement, et lord Grenville ne fit aucun mouvement pour l’arrêter, la marquise alla sur une roche à une faible distance, et y resta immobile; leurs émotions furent un secret pour eux-mêmes; sans doute ils pleurèrent en silence ; les chants des oiseaux, si gais, si prodigues d’expressions tendres au coucher du soleil, durent augmenter la violente commotion qui les avait forcés de se séparer: la nature se chargeait de leur exprimer un amour dont ils n’osaient parler.”

L’oiseau n’oisais pas parler

J’ai plusieurs fois calculé trop habilement les moyens de tuer cet homme pour pouvoir y toujours résister, si je restais près de vous.”

Les lois du monde, reprit-elle, exigent que je lui rende l’existence heureuse, j’y obéirai; je serai sa servante; mon dévouement pour lui sera sans bornes, mais d’aujourd’hui je suis veuve. Je ne veux être une prostituée ni à mes yeux ni à ceux du monde; si je ne suis point à monsieur d’Aiglemont, je ne serai jamais à un autre. Vous n’aurez de moi que ce que vous m’avez arraché. Voilà l’arrêt que j’ai porté sur moi-même, dit-elle en regardant Arthur avec fierté. Il est irrévocable, milord. Maintenant, apprenez que si vous cédiez à une pensée criminelle, la veuve de monsieur d’Aiglemont entrerait dans un cloître, soit en Italie, soit en Espagne. Le malheur a voulu que nous ayons parlé de notre amour. Ces aveux étaient inévitables peut-être; mais que ce soit pour la dernière fois que nos coeurs aient si fortement vibré. Demain, vous feindrez de recevoir une lettre qui vous appelle en Angleterre, et nous nous quitterons pour ne plus nous revoir.”

“– Voici, certes, le plus beau site que nous ayons vu, dit-elle. Je ne l’oublierai jamais. Voyez donc, Victor, quels lointains, quelle étendue et quelle variété. Ce pays me fait concevoir l’amour.

Riant d’un rire presque convulsif, mais riant de manière à tromper son mari, elle sauta gaiement dans les chemins creux, et disparut.”

La noble et délicate conduite que lord Grenville tenait pendant ce voyage avait détruit les soupçons du marquis, et depuis quelque temps il laissait sa femme libre, en se confiant à la foi punique du lord-docteur.”

Telle femme incapable de se rappeler les événements les plus graves, se souviendra pendant toute sa vie des choses qui importent à ses sentiments. Aussi, Julie eut-elle une parfaite souvenance de détails même frivoles. Elle reconnut avec bonheur les plus légers accidents de son premier voyage, et jusqu’à des pensées qui lui étaient venues à certains endroits de la route. Victor, redevenu passionnément amoureux de sa femme depuis qu’elle avait recouvré la fraîcheur de la jeunesse et toute sa beauté, se serra près d’elle à la façon des amants. Lorsqu’il essaya de la prendre dans ses bras, elle se dégagea doucement, et trouva je ne sais quel prétexte pour éviter cette innocente caresse. Puis, bientôt, elle eut horreur du contact de Victor de qui elle sentait et partageait la chaleur, par la manière dont ils étaient assis. Elle voulut se mettre seule sur le devant de la voiture; mais son mari lui fit la grâce de la laisser au fond. Elle le remercia de cette attention par un soupir auquel il se méprit, et cet ancien séducteur de garnison, interprétant à son avantage la mélancolie de sa femme, la mit à la fin du jour dans l’obligation de lui parler avec une fermeté qui lui imposa.”

Mais qui donc oserait blâmer les femmes? Quand elles ont imposé silence au sentiment exclusif qui ne leur permet pas d’appartenir à deux hommes, ne sont-elles pas comme des prêtres sans croyance?”

* * *

Deux ans se passèrent, pendant lesquels monsieur et madame d’Aiglemont menèrent la vie des gens du monde, allant chacun de leur côté, se rencontrant dans les salons plus souvent que chez eux; élégant divorce par lequel se terminent beaucoup de mariages dans le grand monde.”

Madame de Wimphen était cette Louisa à laquelle jadis madame d’Aiglemont voulait conseiller le célibat. Les deux femmes se jetèrent un regard d’intelligence qui prouvait que Julie avait trouvé dans son amie une confidente de ses peines, confidente précieuse et charitable, car madame de Wimphen était très heureuse en mariage ; et, dans la situation opposée où elles étaient, peut-être le bonheur de l’une faisait-il une garantie de son dévouement au malheur de l’autre. En pareil cas, la dissemblance des

destinées est presque toujours un puissant lien d’amitié.”

Je suis une femme très vertueuse selon les lois: je lui rends sa maison agréable, je ferme les yeux sur ses intrigues, je ne prends rien sur sa fortune, il peut en gaspiller les revenus à son gré, j’ai soin seulement d’en conserver le capital. À ce prix, j’ai la paix. Il ne s’explique pas, ou ne veut pas s’expliquer mon existence.”

Croirais-tu, ma chère, que je lis les journaux anglais, dans le seul espoir de voir son nom imprimé.”

Ceci est un secret, répondit la marquise en laissant échapper un geste de naïveté presque enfantine. Écoute. Je prends de l’opium. L’histoire de la duchesse de…, à Londres, m’en a donné l’idée. Tu sais, Mathurin en a fait un roman. Mes gouttes de laudanum sont très faibles. Je dors. Je n’ai guère que sept heures de veille, et je les donne à ma fille…

Un mari, nous pouvons l’abandonner même quand il nous aime. Un homme est un être fort, il a des consolations. Nous pouvons mépriser les lois du monde. Mais un enfant sans mère!

Vous épousez une jolie femme, elle enlaidit; vous épousez une jeune fille pleine de santé, elle devient malingre; vous la croyez passionnée, elle est froide; ou bien, froide en apparence, elle est réellement si passionnée qu’elle vous tue ou vous déshonore. Tantôt la créature la plus douce est quinteuse, et jamais les quinteuses ne deviennent douces; tantôt, l’enfant que vous avez eue niaise et faible, déploie contre vous une volonté de fer, un esprit de démon. Je suis las du mariage.”

À propos, veux-tu venir à Saint-Thomas-d’Aquin avec moi voir l’enterrement de lord Grenville?”

Il lui était si difficile de supporter le moindre bruit que toute voix humaine, même celle de son enfant, l’affectait désagréablement. Les gens du pays s’occupèrent beaucoup de ces singularités; puis, quand toutes les suppositions possibles furent faites, ni les petites villes environnantes, ni les paysans ne songèrent plus à cette femme malade.

La marquise, laissée à elle-même, put donc rester parfaitement silencieuse au milieu du silence qu’elle avait établi autour d’elle, et n’eut aucune occasion de quitter la chambre tendue de tapisseries où mourut sa grand-mère, et où elle était venue pour y mourir doucement, sans témoins, sans importunités, sans subir les fausses démonstrations des égoïsmes fardés d’affection qui, dans les villes, donnent aux mourants une double agonie. Cette femme avait 26 ans. À cet âge, une âme encore pleine de poétiques illusions aime à savourer la mort, quand elle lui semble bienfaisante. Mais la mort a de la coquetterie pour les jeunes gens; pour eux, elle s’avance et se retire, se montre et se cache; sa lenteur les désenchante d’elle, et l’incertitude que leur cause son lendemain finit par les rejeter dans le monde où ils rencontreront la douleur, qui, plus impitoyable que ne l’est la mort, les frappera sans se laisser attendre. Or, cette femme qui se refusait à vivre allait éprouver l’amertume de ces retardements au fond de sa solitude, et y faire, dans une agonie morale que la mort ne terminerait pas, un terrible apprentissage d’égoïsme qui devait lui déflorer le coeur et le façonner au monde.

La marquise souffrait véritablement pour la première et pour la seule fois de sa vie peut-être. En effet, ne serait-ce pas une erreur de croire que les sentiments se reproduisent? Une fois éclos, n’existent-ils pas toujours au fond du coeur? Ils s’y apaisent et s’y réveillent au gré des accidents de la vie ; mais ils y restent, et leur séjour modifie nécessairement l’âme. Ainsi, tout sentiment n’aurait qu’un grand jour, le jour plus ou moins long de sa première tempête. Ainsi, la douleur, le plus constant de nos sentiments, ne serait vive qu’à sa première irruption; et ses autres atteintes iraient en s’affaiblissant, soit par notre accoutumance à ses crises, soit par une loi de notre nature qui, pour se maintenir vivante, oppose à cette force destructive une force égale mais inerte, prise dans les calculs de l’égoïsme. La perte des parents est un chagrin auquel la nature a préparé les hommes; le mal physique est passager, n’embrasse pas l’âme; et s’il persiste, ce n’est plus un mal, c’est la mort. Qu’une jeune femme perde un nouveau-né, l’amour conjugal lui a bientôt donné un successeur. Cette affliction est passagère aussi. Enfin, ces peines et beaucoup d’autres semblables sont, en quelque sorte, des coups, des blessures; mais aucune n’affecte la vitalité dans son essence, et il faut qu’elles se succèdent étrangement pour tuer le sentiment qui nous porte à chercher le bonheur. La grande, la vraie douleur serait donc un mal assez meurtrier pour étreindre à la fois le passé, le présent et l’avenir, ne laisser aucune partie de la vie dans son intégrité, dénaturer à jamais la pensée, s’inscrire inaltérablement sur les lèvres et sur le front, briser ou détendre les ressorts du plaisir, en mettant dans l’âme un principe de dégoût pour toute chose de ce monde. Encore, pour être immense, pour ainsi peser sur l’âme et sur le corps, ce mal devrait arriver en un moment de la vie où toutes les forces de l’âme et du corps sont jeunes, et foudroyer un coeur bien vivant.”

O TRISTE CREPÚSCULO DA DOR DE VIVER

Os novos sofrimentos são apenas lembranças dos dias concretamente pungentes. Vivo apenas na nostalgia de euforias e lutos já para mim perdidos, em perpétuo déjà vu à l’écran. Ainda que seja uma tela que dá para a alma, não passa de uma tela, de um sofrimento mediado no tempo e no espaço, indireto. Reflexo do reflexo do reflexo da coisa em si, paredes de espelhos infinitos sem quinas nem esquinas nem inclinações, perfeitamente paralelos e reluzentes. Mas é um corredor particular, cerrado ao público.

et nul être ne peut sortir de cette maladie sans quelque poétique changement : ou il prend la route du ciel, ou, s’il demeure ici-bas, il rentre dans le monde pour mentir au monde, pour y jouer un rôle; il connaît dès lors la coulisse où l’on se retire pour calculer, pleurer, plaisanter. Après cette crise solennelle, il n’existe plus de mystères dans la vie sociale qui dès lors est irrévocablement jugée. Chez les jeunes femmes qui ont l’âge de la marquise, cette première, cette plus poignante de toutes les douleurs, est toujours causée par le même fait. La femme et surtout la jeune femme, aussi grande par l’âme qu’elle l’est par la beauté, ne manque jamais à mettre sa vie là où la nature, le sentiment et la société la poussent à la jeter tout entière. Si cette vie vient à lui faillir et si elle reste sur terre, elle y expérimente les plus cruelles souffrances, par la raison qui rend le premier amour le plus beau de tous les sentiments. Pourquoi ce malheur n’a-t-il jamais eu ni peintre ni poète? Mais peut-il se peindre, peut-il se chanter? Non, la nature des douleurs qu’il engendre se refuse à l’analyse et aux couleurs de l’art. D’ailleurs, ces souffrances ne sont jamais confiées: pour en consoler une femme, il faut savoir les deviner; car, toujours amèrement embrassées et religieusement ressenties, elles demeurent dans l’âme comme une avalanche qui, en tombant dans une vallée, y dégrade tout avant de s’y faire une place.”

Un homme aimé, jeune et généreux, de qui elle n’avait jamais exaucé les désirs afin d’obéir aux lois du monde, était mort pour lui sauver ce que la société nomme l’honneur d’une femme.”

Non, cette pauvre affligée ne pouvait pleurer à son aise que dans un désert, y dévorer sa souffrance ou être dévorée par elle, mourir ou tuer quelque chose en elle, sa conscience peut-être.”

Il y avait en elle une femme qui raisonnait et une femme qui sentait, une femme qui souffrait et une femme qui ne voulait plus souffrir. Elle se reportait aux joies de son enfance, écoulée sans qu’elle en eût senti le bonheur, et dont les limpides images revenaient en foule comme pour lui accuser les déceptions d’un mariage convenable aux yeux du monde, horrible en réalité. À quoi lui avaient servi les belles pudeurs de sa jeunesse, ses plaisirs réprimés et les sacrifices faits au monde?”

Sa beauté même lui était insupportable, comme une chose inutile. Elle entrevoyait avec horreur que désormais elle ne pouvait plus être une créature complète.”

Neuf neuves

Après l’enfance de la créature vient l’enfance du coeur. Or, son amant avait emporté dans la tombe cette seconde enfance. Jeune encore par ses désirs, elle n’avait plus cette entière jeunesse d’âme qui donne à tout dans la vie sa valeur et sa saveur.”

Puis, en soulevant toutes les questions, en remuant tous les ressorts des différentes existences que nous donnent les natures sociale, morale et physique, elle relâchait si bien les forces de l’âme, qu’au milieu des réflexions les plus contradictoires elle ne pouvait rien saisir. Aussi parfois, quand le brouillard tombait, ouvrait-elle sa fenêtre, en y restant sans pensée, occupée à respirer machinalement l’odeur humide et terreuse épandue dans les airs, debout, immobile, idiote en apparence, car les bourdonnements [murmúrios] de sa douleur la rendaient également sourde aux harmonies de la nature et aux charmes de la pensée.”

La marquise avait perdu sa mère en bas âge, et son éducation fut naturellement influencée par le relâchement qui, pendant la révolution, dénoua les liens religieux en France. La piété est une vertu de femme que les femmes seules se transmettent bien, et la marquise était un enfant du dix-huitième siècle dont les croyances philosophiques furent celles de son père. Elle ne suivait aucune pratique religieuse. Pour elle, un prêtre était un fonctionnaire public dont l’utilité lui paraissait contestable. Dans la situation où elle trouvait, la voix de la religion ne pouvait qu’envenimer ses maux; puis, elle ne croyait guère aux curés de village, ni à leurs lumières, elle résolut donc de mettre le sien à sa place, sans aigreur, et de s’en débarrasser à la manière des riches, par un bienfait. Le curé vint, et son aspect ne changea pas les idées de la marquise. Elle vit un gros petit homme à ventre saillant, à figure rougeaude, mais vieille et ridée, qui affectait de sourire et qui souriait mal; son crâne chauve et transversalement sillonné de rides nombreuses retombait en quart de cercle sur son visage et le rapetissait; quelques cheveux blancs garnissaient le bas de la tête au-dessus de la nuque et revenaient en avant vers les oreilles. Néanmoins, la physionomie de ce prêtre avait été celle d’un homme naturellement gai. Ses grosses lèvres, son nez légèrement retroussé, son menton, qui disparaissait dans un double pli de rides, témoignaient d’un heureux caractère. La marquise n’aperçut d’abord que ces traits principaux; mais, à la première parole que lui dit le prêtre, elle fut frappée par la douceur de cette voix; elle le regarda plus attentivement, et remarqua sous ses sourcils grisonnants des yeux qui avaient pleuré; puis le contour de sa joue, vue de profil, donnait à sa tête une si auguste expression de douleur, que la marquise trouva un homme dans ce curé.”

Nous périssons moins par les effets d’un regret certain que par ceux des espérances trompées. J’ai connu de plus intolérables, de plus terribles douleurs qui n’ont pas donné la mort.”

Puis elle éprouva cette espèce de satisfaction qui réjouit le prisonnier quand, après avoir reconnu la profondeur de sa solitude et la pesanteur de ses chaînes, il rencontre un voisin qui frappe à la muraille en lui faisant rendre un son par lequel s’expriment des pensées communes.”

Le mariage, institution sur laquelle s’appuie aujourd’hui la société, nous en fait sentir à nous seules tout le poids: pour l’homme la liberté, pour la femme des devoirs. Nous vous devons toute notre vie, vous ne nous devez de la vôtre que de rares instants. Enfin l’homme fait un choix là où nous nous soumettons aveuglément. Oh! monsieur, à vous je puis tout dire. Hé bien, le mariage, tel qu’il se pratique aujourd’hui, me semble être une prostitution légale. De là sont nées mes souffrances. Mais moi seule parmi les malheureuses créatures si fatalement accouplées je dois garder le silence! moi seule suis l’auteur du mal, j’ai voulu mon mariage.”

Monsieur, rien de rien ou rien pour rien est une des plus justes lois de la nature et morale et physique.” “Il existe deux maternités, monsieur. J’ignorais jadis de telles distinctions; aujourd’hui je les sais. Je ne suis mère qu’à moitié, mieux vaudrait ne pas l’être du tout. Hélène n’est pas de lui! Oh! ne frémissez pas! Saint-Lange est un abîme où se sont engloutis bien des sentiments faux, d’où se sont lancées de sinistres lueurs, où se sont écroulés les frêles édifices des lois antinaturelles. J’ai un enfant, cela suffit; je suis mère, ainsi le veut la loi. (…) S’il ne tient pas à toutes les fibres du corps comme à toutes les tendresses du coeur; s’il ne rappelle pas de délicieuses amours, les temps, les lieux où ces deux êtres furent heureux, et leur langage plein de musiques humaines, et leurs suaves idées, cet enfant est une création manquée. Oui, pour eux, il doit être une ravissante miniature où se retrouvent les poèmes de leur double vie secrète; il doit leur offrir une source d’émotions fécondes, être à la fois tout leur passé, tout leur avenir. Ma pauvre petite Hélène est l’enfant de son père, l’enfant du devoir et du hasard”

l’amour m’a fait rêver une maternité plus grande, plus complète. J’ai caressé dans un songe évanoui l’enfant que les désirs ont conçu avant qu’il ne fût engendré, enfin cette délicieuse fleur née dans l’âme avant de naître au jour.”

Pour moi le jour est plein de ténèbres, la pensée est un glaive, mon coeur est une plaie, mon enfant est une négation. Oui, quand Hélène me parle, je lui voudrais une autre voix; quand elle me regarde, je lui voudrais d’autres yeux. Elle est là pour m’attester tout ce qui devrait être et tout ce qui n’est pas. Elle m’est insupportable! Je lui souris, je tâche de la dédommager des sentiments que je lui vole. Je souffre! oh! monsieur, je souffre trop pour pouvoir vivre. Et je passerai pour être une femme vertueuse! Et je n’ai pas commis de fautes! Et l’on m’honorera! J’ai combattu l’amour involontaire auquel je ne devais pas céder; mais, si j’ai gardé ma foi physique, ai-je conservé mon coeur? Ceci, dit-elle en appuyant la main droite sur son sein, n’a jamais été qu’à une seule créature. (…) Parfois je tremble de trouver en elle un tribunal où je serai condamnée sans être entendue. Fasse le ciel que la haine ne se mette pas un jour entre nous! Grand Dieu! ouvrez-moi plutôt la tombe, laissez-moi finir à Saint-Lange! Je veux aller dans le monde où je retrouverai mon autre âme, où je serai tout à fait mère! oh ! pardon, monsieur, je suis folle. Ces paroles m’étouffaient, je les ai dites. Ah! vous pleurez aussi! vous ne me mépriserez pas. – Hélène ! Hélène ! ma fille, viens! s’écria-t-elle avec une sorte de désespoir en entendant son enfant qui revenait de sa promenade.”

Le sourire est l’apanage, la langue, l’expression de la maternité. La marquise ne pouvait pas sourire. Elle rougit en regardant le prêtre: elle avait espéré se montrer mère, mais ni elle ni son enfant n’avaient su mentir. En effet, les baisers d’une femme sincère ont un miel divin qui semble mettre dans cette caresse une âme, un feu subtil par lequel le coeur est pénétré. Les baisers dénués de cette onction savoureuse sont âpres et secs. Le prêtre avait senti cette différence: il put sonder l’abîme qui se trouve entre la maternité de la chair et la maternité du coeur.”

Mon corps a été lâche quand mon âme était forte, et quand ma main ne tremblait plus, mon âme vacillait! J’ignore le secret de ces combats et de ces alternatives. Je suis sans doute bien tristement femme, sans persistance dans mes vouloirs, forte seulement pour aimer. Je me méprise! Le soir, quand mes gens dormaient, j’allais à la pièce d’eau courageusement; arrivée au bord, ma frêle nature avait horreur de la destruction. Je vous confesse mes faiblesses. Lorsque je me retrouvais au lit, j’avais honte de moi, je redevenais courageuse. Dans un de ces moments j’ai pris du laudanum; mais j’ai souffert et ne suis pas morte. J’avais cru boire tout ce que contenait le flacon et je m’étais arrêtée à moitié.”

Quel sera le sort d’Hélène? le mien sans doute. Quels moyens ont les mères d’assurer à leurs filles que l’homme auquel elles les livrent sera un époux selon leur coeur? Vous honnissez de pauvres créatures qui se vendent pour quelques écus à un homme qui passe, la faim et le besoin absolvent ces unions éphémères; tandis que la société tolère, encourage l’union immédiate bien autrement horrible d’une jeune fille candide et d’un homme qu’elle n’a pas vu trois mois durant; elle est vendue pour toute sa vie. Il est vrai que le prix est élevé! Si en ne lui permettant aucune compensation à ses douleurs vous l’honoriez; mais non, le monde calomnie les plus vertueuses d’entre nous! Telle est notre destinée, vue sous ses deux faces: une prostitution publique et la honte, une prostitution secrète et le malheur. Quant aux pauvres filles sans dot, elles deviennent folles, elles meurent; pour elles aucune pitié ! La beauté, les vertus ne sont pas des valeurs dans votre bazar humain et vous nommez Société ce repaire d’égoïsme. Mais exhérédez les femmes! au moins accomplirezvous ainsi une loi de nature en choisissant vos compagnes en les épousant au gré des voeux du coeur.”

Le philosophisme et l’intérêt personnel ont attaqué votre coeur; vous êtes sourde à la voix de la religion comme le sont les enfants de ce siècle sans croyance! Les plaisirs du monde n’engendrent que des souffrances. Vous allez changer de douleurs voilà tout.

Je ferai mentir votre prophétie, dit-elle en souriant avec amertume, je serai fidèle à celui qui mourut pour moi.

La douleur, répondit-il, n’est viable que dans les âmes préparées par la religion.”

* * *

Quatre ans après…

les jouissances de Paris, à cette vie rapide, à ce tourbillon de pensées et de plaisirs que l’on calomnie assez souvent, mais auquel il est si doux de s’abandonner. Habitué depuis trois ans à saluer les capitales européennes, et à les déserter au gré des caprices de sa destinée diplomatique, Charles de Vandenesse avait cependant peu de chose à regretter en quittant Paris. Les femmes ne produisaient plus aucune impression sur lui, soit qu’il regardât une passion vraie comme tenant trop de place dans la vie d’un homme politique, soit que les mesquines occupations d’une galanterie superficielle lui parussent trop vides pour une âme forte. Nous avons tous de grandes prétentions à la force d’âme. En France, nul homme, fût-il médiocre, ne consent à passer pour simplement spirituel. Ainsi, Charles, quoique jeune (à peine avait-il trente ans), s’était déjà philosophiquement accoutumé à voir des idées, des résultats, des moyens, là où les hommes de son âge aperçoivent des sentiments, des plaisirs et des illusions. Il refoulait la chaleur et l’exaltation naturelle aux jeunes gens dans les profondeurs de son âme que la nature avait créée généreuse. Il travaillait à se faire froid, calculateur; à mettre en manières, en formes aimables, en artifices de séduction, les richesses morales qu’il tenait du hasard; véritable tâche d’ambitieux; rôle triste, entrepris dans le but d’atteindre à ce que nous nommons aujourd’hui une belle position. Il jetait un dernier coup d’oeil sur les salons où l’on dansait. Avant de quitter le bal, il voulait sans doute en emporter l’image, comme un spectateur ne sort pas de sa loge à l’opéra sans regarder le tableau final. Mais aussi, par une fantaisie facile à comprendre, monsieur de Vandenesse étudiait l’action tout française, l’éclat et les riantes figures de cette fête parisienne, en les rapprochant par la pensée des physionomies nouvelles, des scènes pittoresques qui l’attendaient à Naples, où il se proposait de passer quelques jours avant de se rendre à son poste. Il semblait comparer la France si changeante et sitôt étudiée à un pays dont les moeurs et les sites ne lui étaient connus que par des ouï-dires contradictoires, ou par des livres, mal faits pour la plupart. Quelques réflexions assez poétiques, mais devenues aujourd’hui très vulgaires, lui passèrent alors par la tête, et répondirent, à son insu peut-être, aux voeux secrets de son coeur, plus exigeant que blasé, plus inoccupé que flétri.

Voici, se disait-il, les femmes les plus élégantes, les plus riches, les plus titrées de Paris. Ici sont les célébrités du jour, renommées de tribune, renommées aristocratiques et littéraires: là, des artistes; là, des hommes de pouvoir. Et cependant je ne vois que de petites intrigues, des amours mort-nés, des sourires qui ne disent rien, des dédains sans cause, des regards sans flamme, beaucoup d’esprit, mais prodigué sans but. Tous ces visages blancs et roses cherchent moins le plaisir que des distractions. Nulle émotion n’est vraie. Si vous voulez seulement des plumes bien posées, des gazes fraîches, de jolies toilettes, des femmes frêles; si pour vous la vie n’est qu’une surface à effleurer, voici votre monde. Contentez-vous de ces phrases insignifiantes, de ces ravissantes grimaces, et ne demandez pas un sentiment dans les coeurs. Pour moi, j’ai horreur de ces plates intrigues qui finiront par des mariages, des sous-préfectures, des recettes générales, ou, s’il s’agit d’amour, par des arrangements secrets, tant l’on a honte d’un semblant de passion. Je ne vois pas un seul de ces visages éloquents qui vous annonce une âme abandonnée à une idée comme à un remords. Ici, le regret ou le malheur se cachent honteusement sous des plaisanteries. Je n’aperçois aucune de ces femmes avec lesquelles j’aimerais à lutter, et qui vous entraînent dans un abîme. Où trouver de l’énergie à Paris? Un poignard est une curiosité que l’on y suspend à un clou doré, que l’on pare d’une jolie gaine. Femmes, idées, sentiments, tout se ressemble. Il n’y existe plus de passions, parce que les individualités ont disparu. Les rangs, les esprits, les fortunes ont été nivelés, et nous avons tous pris l’habit noir comme pour nous mettre en deuil de la France morte. Nous n’aimons pas nos égaux. Entre deux amants, il faut des différences à effacer, des distances à combler. Ce charme de l’amour s’est évanoui en 1789! Notre ennui, nos moeurs fades sont le résultat du système politique. Au moins, en Italie, tout y est tranché. Les femmes y sont encore des animaux malfaisants, des sirènes dangereuses, sans raison, sans logique autre que celle de leurs goûts, de leurs appétits, et desquelles il faut se défier comme on se défie des tigres…”

Le mérite d’une rêverie est tout entier dans son vague, n’est-elle pas une sorte de vapeur intellectuelle?”

Une femme de qui vous vous êtes, certes, entretenu plus d’une fois pour la louer ou pour en médire, une femme qui vit dans la solitude, un vrai mystère.

Si vous avez jamais été clémente dans votre vie, de grâce, dites-moi son nom?

La marquise d’Aiglemont.

Je vais aller prendre des leçons près d’elle: elle a su faire d’un mari bien médiocre un pair de France, d’un homme nul une capacité politique. Mais, dites-moi, croyez-vous que lord Grenville soit mort pour elle, comme quelques femmes l’ont prétendu?

Peut-être.

C’est quelque chose, à Paris, qu’une constance de quatre ans.”

Quatro anos sem trair o marido em plena Paris é um feito e tanto.”

Charles resta pendant un moment immobile, le dos légèrement appuyé sur le chambranle de la porte, et tout occupé à examiner une femme devenue célèbre sans que personne pût rendre compte des motifs sur lesquels se fondait sa renommée. Le monde offre beaucoup de ces anomalies curieuses. La réputation de madame d’Aiglemont n’était pas, certes, plus extraordinaire que celle de certains hommes toujours en travail d’une oeuvre inconnue: statisticiens tenus pour profonds sur la foi de calculs qu’ils se gardent bien de publier; politiques qui vivent sur un article de journal; auteurs ou artistes dont l’oeuvre reste toujours en portefeuille; gens savants avec ceux qui ne connaissent rien à la science, comme Sganarelle est latiniste avec ceux qui ne savent pas le latin; hommes auxquels on accorde une capacité convenue sur un point, soit la direction des arts, soit une mission importante. Cet admirable mot: c’est une spécialité, semble avoir été créé pour ces espèces d’acéphales politiques ou littéraires. Charles demeura plus longtemps en contemplation qu’il ne le voulait, et fut mécontent d’être si fortement préoccupé par une femme; mais aussi la présence de cette femme réfutait les pensées qu’un instant auparavant le jeune diplomate avait conçues à l’aspect du bal.”

MULHER CENTRÍPETA

centopéia

fugaz

tout homme supérieur se sentait-il curieusement attiré vers cette femme douce et silencieuse. Si l’esprit cherchait à deviner les mystères de la perpétuelle réaction qui se faisait en elle du présent vers le passé, du monde à sa solitude, l’âme n’était pas moins intéressée à s’initier aux secrets d’un coeur en quelque sorte orgueilleux de ses souffrances. En elle, rien d’ailleurs ne démentait les idées qu’elle inspirait tout d’abord. Comme presque toutes les femmes qui ont de très longs cheveux, elle était pâle et parfaitement blanche.”

ces sortes de cous sont les plus gracieux, et donnent aux têtes de femmes de vagues affinités avec les magnétiques ondulations du serpent. S’il n’existait pas un seul des mille indices par lesquels les caractères les plus dissimulés se révèlent à l’observateur, il lui suffirait d’examiner attentivement les gestes de la tête et les torsions du cou, si variées, si expressives, pour juger une femme. Chez madame d’Aiglemont, la mise était en harmonie avec la pensée qui dominait sa personne.”

À un certain âge seulement, certaines femmes choisies savent seules donner un langage à leur attitude. Est-ce le chagrin, est-ce le bonheur qui prête à la femme de trente ans, à la femme heureuse ou malheureuse, le secret de cette contenance éloquente? Ce sera toujours une vivante énigme que chacun interprète au gré de ses désirs, de ses espérances ou de son système.”

l’insouciance de sa pose, ses mouvements pleins de lassitude, tout révélait une femme sans intérêt dans la vie, qui n’a point connu les plaisirs de l’amour (…) une femme inoccupée qui prend le vide pour le néant.”

vocação: vazio:

voto: de silêncio

em branco

paz

silêncio

branco chiado

O que eu não obtive não existe!

Ass: Napoleão,

que nega a Europa.

NA VELOCIDADE DA MEDULA ESPINHAL (OU DE UM METEORO SENTIMENTAL): “Une conversation s’établit alors entre la marquise et le jeune homme, qui, suivant l’usage, abordèrent en un moment une multitude de sujets: la peinture, la musique, la littérature, la politique, les hommes, les événements et les choses. Puis ils arrivèrent par une pente insensible au sujet éternel des causeries françaises et étrangères, à l’amour, aux sentiments et aux femmes.

Nous sommes esclaves.

Vous êtes reines.

Les phrases plus ou moins spirituelles dites par Charles et la marquise pouvaient se réduire à cette simple expression de tous les discours présents et à venir tenus sur cette matière. Ces deux phrases ne voudront-elles pas toujours dire dans un temps donné : – Aimez-moi. – Je vous aimerai.”

Il existe des pensées auxquelles nous obéissons sans les connaître: elles sont en nous à notre insu. Quoique cette réflexion puisse paraître plus paradoxale que vraie, chaque

personne de bonne foi en trouvera mille preuves dans sa vie. En se rendant chez la marquise, Charles obéissait à l’un de ces textes préexistants dont notre expérience et les conquêtes de notre esprit ne sont, plus tard, que les développements sensibles.”

L’une [la jeune femme] cède, l’autre choisit.”

en se donnant, la femme expérimentée semble donner plus qu’elle-même”

Pour qu’une jeune fille soit la maîtresse, elle doit être trop corrompue, et on l’abandonne alors avec horreur; tandis qu’une femme a mille moyens de conserver tout à la fois son pouvoir et sa dignité. L’une, trop soumise, vous offre les tristes sécurités du repos; l’autre perd trop pour ne pas demander à l’amour ses mille métamorphoses. L’une se déshonore toute seule, l’autre tue à votre profit une famille

entière. La jeune fille n’a qu’une coquetterie, et croit avoir tout dit quand elle a quitté son vêtement; mais la femme en a d’innombrables et se cache sous mille voiles; enfin elle caresse toutes les vanités, et la novice n’en flatte qu’une. Il s’émeut d’ailleurs des indécisions, des terreurs, des craintes, des troubles et des orages chez la femme de trente ans, qui ne se rencontrent jamais dans l’amour d’une jeune fille. Arrivée à cet âge, la femme demande à un jeune homme de lui restituer l’estime qu’elle lui a sacrifiée; elle ne vit que pour lui, s’occupe de son avenir, lui veut une belle vie, la lui ordonne glorieuse; elle obéit, elle prie et commande, s’abaisse et s’élève, et sait consoler en mille occasions, où la jeune fille ne sait que gémir. Enfin, outre tous les avantages de sa position, la femme de trente ans peut se faire jeune fille, jouer tous les rôles, être pudique, et s’embellir même d’un malheur. Entre elles deux se trouve l’incommensurable différence du prévu à l’imprévu, de la force à la faiblesse.”

La sainteté des femmes est inconciliable avec les devoirs et les libertés du monde. Émanciper les femmes, c’est les corrompre. En accordant à un étranger le droit d’entrer dans le sanctuaire du ménage, n’est-ce pas se mettre à sa merci? mais qu’une femme l’y attire, n’est-ce pas une faute, ou, pour être exact, le commencement d’une faute? Il faut accepter cette théorie dans toute sa rigueur, ou absoudre les passions. Jusqu’à présent, en France, la Société a su prendre un mezzo termine: elle se moque des malheurs. Comme les Spartiates qui ne punissaient que la maladresse, elle semble admettre le vol. Mais peut-être ce système est-il très sage. Le mépris général constitue le plus affreux de tous les châtiments, en ce qu’il atteint la femme au coeur.” “La plus corrompue d’entre elles exige, même avant tout, une absolution pour le passé, en vendant son avenir, et tâche de faire comprendre à son amant qu’elle échange contre d’irrésistibles félicités, les honneurs que le monde lui refusera.”

Brunne marquise-né

Mais la marquise prit bientôt cet air affectueux, sous lequel les femmes s’abritent contre les interprétations de la vanité.”

Les femmes se tiennent alors aussi longtemps qu’elles le veulent dans cette position équivoque, comme dans un carrefour qui mène également au respect, à l’indifférence, à l’étonnement ou à la passion. À trente ans seulement une femme peut connaître les ressources de cette situation. Elle y sait rire, plaisanter, s’attendrir sans se compromettre. Elle possède alors le tact nécessaire pour attaquer chez un homme toutes les cordes sensibles, et pour étudier les sons qu’elle en tire. Son silence est aussi dangereux que sa parole. Vous ne devinez jamais si, à cet âge, elle est franche ou fausse, si elle se moque ou si elle est de bonne foi dans ses aveux. Après vous avoir donné le droit de lutter avec elle, tout à coup, par un mot, par un regard, par un de ces gestes dont la puissance leur est connue, elles ferment le combat, vous abandonnent, et restent maîtresses de votre secret, libres de vous immoler par une plaisanterie, libres de s’occuper de vous, également protégées par leur faiblesse et par votre force. Quoique la marquise se plaçât, pendant cette première visite, sur ce terrain neutre, elle sut y conserver une haute dignité de femme. Ses douleurs secrètes planèrent toujours sur sa gaieté factice comme un léger nuage qui dérobe imparfaitement le soleil. Vandenesse sortit après avoir éprouvé dans cette conversation des délices inconnus; mais il demeura convaincu que la marquise était de ces femmes dont la conquête coûte trop cher pour qu’on puisse entreprendre de les aimer.”

En France l’amour-propre mène à la passion. Charles revint chez madame d’Aiglemont et crut s’apercevoir qu’elle prenait plaisir à sa conversation. Au lieu de se livrer avec naïveté au bonheur d’aimer, il voulut alors jouer un double rôle. Il essaya de paraître passionné, puis d’analyser froidement la marche de cette intrigue, d’être amant et diplomate; mais il était généreux et jeune, cet examen devait le conduire à un amour sans bornes; car, artificieuse ou naturelle, la marquise était toujours plus forte que lui. Chaque fois qu’il sortait de chez madame d’Aiglemont, Charles persistait dans sa méfiance et soumettait les situations progressives par lesquelles passait son âme à une sévère analyse, qui tuait ses propres émotions.

Or, je ne suis ni son frère ni son confesseur, pourquoi m’a-t-elle confié ses chagrins? Elle m’aime.”

L’amour prend la couleur de chaque siècle. En 1822 il est doctrinaire. Au lieu de se prouver, comme jadis, par des faits, on le discute, on le disserte, on le met en discours de tribune. Les femmes en sont réduites à trois moyens: d’abord elles mettent en question notre passion, nous refusent le pouvoir d’aimer autant qu’elles aiment. Coquetterie! véritable défi que la marquise m’a porté ce soir. Puis elles se font très malheureuses pour exciter nos générosités naturelles ou notre amour-propre. Un jeune homme n’est-il pas flatté de consoler une grande infortune? Enfin elles ont la manie de la virginité! Elle a dû penser que je la croyais toute neuve. Ma bonne foi peut devenir une excellente spéculation.

elle vivait dans une solitude profonde, et dévorait en silence des chagrins qu’elle laissait à peine deviner par l’accent plus ou moins contraint d’une interjection. Dès ce moment Charles prit un vif intérêt à madame d’Aiglemont. Cependant, en venant à un rendez-vous habituel qui leur était devenu nécessaire l’un à l’autre, heure réservée par un mutuel instinct, Vandenesse trouvait encore sa maîtresse plus habile que vraie, et sondernier mot était : – Décidément, cette femme est très adroite. Il entra, vit la marquise dans son attitude favorite, attitude pleine de mélancolie; elle leva les yeux sur lui sans faire un mouvement, et lui jeta un de ces regards pleins qui ressemblent à un sourire. Madame d’Aiglemont exprimait une confiance, une amitié vraie, mais point d’amour. Charles s’assit et ne put rien dire. Il était ému par une de ces sensations pour lesquelles il manque un langage.

Qu’avez-vous? lui dit-elle d’un son de voix attendrie.”

elle n’imaginait pas que le bonheur pût apporter deux fois à une femme ses enivrements, car elle ne croyait pas seulement à l’esprit, mais à l’âme, et, pour elle, l’amour n’était pas une séduction, il comportait toutes les séductions nobles. En ce moment Charles redevint jeune homme, il fut subjugué par l’éclat d’un si grand caractère, et voulut être initié dans tous les secrets de cette existence flétrie par le hasard plus que par une faute.”

Si je n’ai pas su mourir, je dois être au moins fidèle à mes souvenirs.”

les larmes d’un deuil de trois ans fascinèrent Vandenesse qui resta silencieux et petit devant cette grande et noble femme: il n’en voyait plus les beautés matérielles si exquises, si achevées, mais l’âme si éminemment sensible. Il rencontrait enfin cet être idéal si fantastiquement rêvé, si vigoureusement appelé par tous ceux qui mettent la vie dans une passion, la cherchent avec ardeur, et souvent meurent sans avoir pu jouir de tous ses trésors rêvés.”

Raisonner là où il faut sentir est le propre des âmes sans portée.”

à ce bel âge de trente ans, sommité poétique de la vie des femmes, elles peuvent en embrasser tout le cours et voir aussi bien dans le passé que dans l’avenir. Les femmes connaissent alors tout le prix de l’amour et en jouissent avec la crainte de le perdre: alors leur âme est encore belle de la jeunesse qui les abandonne, et leur passion va se renforçant toujours d’un avenir qui les effraie.”

Cette triste réflexion, due au découragement et à la crainte de ne pas réussir, par lesquels commencent toutes les passions vraies, fut le dernier calcul de sa diplomatie expirante. Dès lors il n’eut plus d’arrière-pensées, devint le jouet de son amour et se perdit dans les riens de ce bonheur inexplicable qui se repaît d’un mot, d’un silence, d’un vague espoir. Il voulut aimer platoniquement, vint tous les jours respirer l’air que respirait madame d’Aiglemont, s’incrusta presque dans sa maison et l’accompagna partout avec la tyrannie d’une passion qui mêle son égoïsme au dévouement le plus absolu. L’amour a son instinct, il sait trouver le chemin du coeur comme le plus faible insecte marche à sa fleur avec une irrésistible volonté qui ne s’épouvante de rien. Aussi, quand un sentiment est vrai, sa destinée n’est-elle pas douteuse.”

Or, il est impossible à une femme, à une épouse, à une mère, de se préserver contre l’amour d’un jeune homme ; la seule chose qui soit en sa puissance est de ne pas continuer à le voir au moment où elle devine ce secret du coeur qu’une femme devine toujours. Mais ce parti semble trop décisif pour qu’une femme puisse le prendre à un âge où le mariage pèse, ennuie et lasse, où l’affection conjugale est plus que tiède, si déjà même son mari ne l’a pas abandonnée. Laides, les femmes sont flattées par un amour qui les fait belles; jeunes et charmantes, la séduction doit être à la hauteur de leurs séductions, elle est immense; vertueuses, un sentiment terrestrement sublime les porte à trouver je ne sais quelle absolution dans la grandeur même des sacrifices qu’elles font à leur amant et de la gloire dans cette lutte difficile. Tout est piège. Aussi nulle leçon n’est-elle trop forte pour de si fortes tentations. La réclusion ordonnée autrefois à la femme en Grèce, en orient, et qui devient de mode en Angleterre, est la seule sauvegarde de la morale domestique; mais, sous l’empire de ce système, les agréments du monde périssent: ni la société, ni la politesse, ni l’élégance des moeurs ne sont alors possibles. Les nations devront choisir.”

Não há sociedade, não há etiqueta, não há modos, não há chifres.

Avait-elle pris les idées de Vandenesse, ou Vandenesse avait-il épousé ses moindres caprices? elle n’examina rien. Déjà saisie par le courant de la passion, cette adorable femme se dit avec la fausse bonne foi de la peur: – Oh! non! je serai fidèle à celui qui mourut pour moi.”

Pascal a dit: Douter de Dieu, c’est y croire. De même, une femme ne se débat que quand elle est prise. Le jour où la marquise s’avoua qu’elle était aimée, il lui arriva de flotter entre mille sentiments contraires. Les superstitions de l’expérience parlèrent leur langage. Serait-elle heureuse? pourrait-elle trouver le bonheur en dehors des lois dont la Société fait, à tort ou à raison, sa morale? Jusqu’alors la vie ne lui avait versé que de l’amertume. Y avait-il un heureux dénouement possible aux liens qui unissent deux êtres séparés par des convenances sociales? Mais aussi le bonheur se paie-t-il jamais trop cher? Puis ce bonheur si ardemment voulu, et qu’il est si naturel de chercher, peut-être le rencontrerait-elle enfin! La curiosité plaide toujours la cause des amants. Au milieu de cette discussion secrète, Vandenesse arriva. Sa présence fit évanouir le fantôme métaphysique de la raison. Si telles sont les transformations successives par lesquelles passe un sentiment même rapide chez un jeune homme et chez une femme de trente ans, il est un moment où les nuances se fondent, où les raisonnements s’abolissent en un seul, en une dernière réflexion qui se confond dans un désir et qui le corrobore. Plus la résistance a été longue, plus puissante alors est la voix de l’amour.”

A curiosidade sempre ajuda a causa dos amantes.

Je suis déjà vieille, dit-elle, rien ne m’excuserait donc de ne pas continuer à souffrir comme par le passé. D’ailleurs il faut aimer, dites-vous? Eh! bien, je ne le dois ni ne le puis. Hors vous, dont l’amitié jette quelques douceurs sur ma vie, personne ne me plaît, personne ne saurait effacer mes souvenirs. J’accepte un ami, je fuirais un amant.

Ces paroles, empreintes d’une horrible coquetterie, étaient le dernier effort de la sagesse.

S’il se décourage, eh! bien, je resterai seule et fidèle. Cette pensée vint au coeur de cette femme, et fut pour elle ce qu’est la branche de saule trop faible que saisit un nageur avant d’être emporté par le courant.”

…Essas palavras, impregnadas de um charme horrendo, foram o esforço final da sabedoria.

– Bem, se ele se desencoraja agora, seguirei, como sempre, solitária e fiel! Esse foi o pensamento que iluminou o coração dessa mulher, comparável a um nadador na forte correnteza, que agarra inutilmente um galho fraco, sem poder se prender ao próprio tronco, na iminência da perdição.”

La passion fait un progrès énorme chez une femme au moment où elle croit avoir agi peu généreusement, ou avoir blessé quelque âme noble. Jamais il ne faut se défier des sentiments mauvais en amour, ils sont très salutaires, les femmes ne succombent que sous le coup d’une vertu. L’enfer est pavé de bonnes intentions n’est pas un paradoxe de prédicateur.”

Le ciel et l’enfer sont deux grands poèmes qui formulent les deux seuls points sur lesquels tourne notre existence: la joie ou la douleur. Le ciel n’est-il pas, ne sera-t-il pas

toujours une image de l’infini de nos sentiments qui ne sera jamais peint que dans ses détails, parce que le bonheur est un, et l’enfer ne représente-t-il pas les tortures infinies de nos douleurs dont nous pouvons faire oeuvre de poésie, parce qu’elles sont toutes dissemblables?”

En ce moment le général d’Aiglemont entra.

Le ministère est changé, dit-il. Votre oncle fait partie du nouveau cabinet. Ainsi, vous avez de bien belles chances pour être ambassadeur, Vandenesse.”

Pour moi, je ne connais maintenant rien de plus horrible qu’une pensée de vieillard sur un front d’enfant le blasphème aux lèvres d’une vierge est moins monstrueux encore. Aussi l’attitude presque stupide de cette fille déjà pensive, la rareté de ses gestes, tout m’intéressa-t-il. Je l’examinai curieusement. Par une fantaisie naturelle aux observateurs, je la comparais à son frère, en cherchant à surprendre les rapports et les différences qui se trouvaient entre eux. La première avait des cheveux bruns, des yeux noirs et une puissance précoce qui formaient une riche opposition avec la blonde chevelure, les yeux vert de mer et la gracieuse faiblesse du plus jeune. L’aînée pouvait avoir environ sept à huit ans, l’autre six à peine. Ils étaient habillés de la même manière.”

Le beau jeune homme, blond comme lui, le faisait danser dans ses bras, et l’embrassait en lui prodiguant ces petits mots sans suite et détournés de leur sens véritable que nous adressons amicalement aux enfants. La mère souriait à ces jeux, et, de temps à autre, disait, sans doute à voix basse, des paroles sorties du coeur; car son compagnon s’arrêtait, tout heureux, et la regardait d’un oeil bleu plein de feu, plein d’idolâtrie. Leurs voix mêlées à celle de l’enfant avaient je ne sais quoi de caressant. Ils

étaient charmants tous trois. Cette scène délicieuse, au milieu de ce magnifique paysage, y répandait une incroyable suavité. Une femme, belle, blanche, rieuse, un enfant d’amour, un homme ravissant de jeunesse, un ciel pur, enfin toutes les harmonies de la nature s’accordaient pour réjouir l’âme. Je me surpris à sourire, comme si ce bonheur était le mien.”

En voyant son frère sur le penchant du talus, Hélène lui lança le plus horrible regard qui jamais ait allumé les yeux d’un enfant, et le poussa par un mouvement de rage. Charles glissa sur le versant rapide, y rencontra des racines qui le rejetèrent violemment sur les pierres coupantes du mur; il s’y fracassa le front; puis, tout sanglant, alla tomber dans les eaux boueuses de la rivière.” “L’eau noire bouillonnait sur un espace immense. Le lit de la Bièvre a, dans cet endroit, dix pieds de boue. L’enfant devait y mourir, il était impossible de le secourir. À cette heure, un dimanche, tout était en repos. La Bièvre n’a ni bateaux ni pêcheurs. Je ne vis ni perches pour sonder le ruisseau puant, ni personne dans le lointain. Pourquoi donc aurais-je parlé de ce sinistre accident, ou dit le secret de ce malheur? Hélène avait peut-être vengé són père. Sa jalousie était sans doute le glaive [épée] de Dieu.”

L’enfance a le front transparent, le teint diaphane; et le mensonge est, chez elle, comme une lumière qui lui rougit même le regard.”

Le père était parti sans attendre le dessert, tant sa fille et son fils l’avaient tourmenté pour arriver au spectacle avant le lever du rideau.”

O Vale da Torrente

Foi d’homme d’honneur, dit le notaire, les auteurs de nos jours sont à moitié fous! La

Vallée du torrent! Pourquoi pas le Torrent de la vallée? il est possible qu’une vallée n’ait pas de torrent, et en disant le Torrent de la vallée, les auteurs auraient accusé quelque chose de net, de précis, de caractérisé, de compréhensible. Mais laissons cela. Maintenant comment peut-il se rencontrer un drame dans un torrent et dans une vallée? Vous me répondrez qu’aujourd’hui le principal attrait de ces sortes de spectacles gît dans les décorations, et ce titre en indique de fort belles. Vous êtes-vous bien amusé, mon petit compère? ajouta-t-il en s’asseyant devant l’enfant.

Au moment où le notaire demanda quel drame pouvait se rencontrer au fond d’un torrent, la fille de la marquise se retourna lentement et pleura. La mère était si violemment contrariée qu’elle n’aperçut pas le mouvement de sa fille.”

Il y avait dans la pièce un petit garçon bien gentil qu’était seul au monde, parce que son papa n’avait pas pu être son père. Voilà que, quand il arrive en haut du pont qui est sur le torrent, un grand vilain barbu, vêtu tout en noir, le jette dans l’eau. Hélène s’est mise alors à pleurer, à sangloter; toute la salle a crié après nous, et mon père nous a bien vite, bien vite emmenés…

Monsieur de Vandenesse et la marquise restèrent tous deux stupéfaits, et comme saisis par un mal qui leur ôta la force de penser et d’agir.

Gustave, taisez-vous donc, cria le général. Je vous ai défendu de parler sur ce qui s’est passé au spectacle, et vous oubliez déjà mês recommandations.”

Assez, Hélène, lui dit-elle, allez sécher vos larmes dans le boudoir.

Qu’a-t-elle donc fait, cette pauvre petite? dit le notaire, qui voulut calmer à la fois la colère de la mère et les pleurs de la fille. Elle est si jolie que ce doit être la plus sage créature du monde; je suis bien sûr, madame, qu’elle ne vous donne que des jouissances; pas vrai, ma petite?

Hélène regarda sa mère en tremblant, essuya ses larmes, tâcha de se composer un visage calme, et s’enfuit dans le boudoir.

Et certes, disait le notaire en continuant toujours, madame, vous êtes trop bonne mère pour ne pas aimer également tous vos enfants. Vous êtes d’ailleurs trop vertueuse pour avoir de ces tristes préférences dont les funestes effets se révèlent plus particulièrement à nous autres notaires. La société nous passe par les mains. Aussi en voyons-nous les passions sous leur forme la plus hideuse, l’intérêt. Ici, une mère veut déshériter les enfants de son mari au profit des enfants qu’elle leur préfère; tandis que, de son côté, le mari veut quelquefois réserver as fortune à l’enfant qui a mérité la haine de la mère. Et c’est alors des combats, des craintes, des actes, des contre-lettres, des ventes simulées, des fidéicommis; enfin, un gâchis pitoyable, ma parole d’honneur, pitoyable! Là, des pères passent leur vie à déshériter leurs enfants em volant le bien de leurs femmes… Oui, volant est le mot. Nous parlions de drame, ah! je vous assure que si nous pouvions dire le secret de certaines donations, nos auteurs pourraient en faire de terribles tragédies bourgeoises. Je ne sais pas de quel pouvoir usent les femmes pour faire ce qu’elles veulent: car, malgré les apparences et leur faiblesse, c’est toujours elles qui l’emportent. Ah! par exemple, elles ne m’attrapent pas, moi. Je devine toujours la raison de ces prédilections que dans le monde on qualifie poliment d’indéfinissables! Mais les maris ne la devinent jamais, c’est une justice à leur rendre. Vous me répondrez à cela qu’il y a des grâces d’ét…–

Un ancien officier d’ordonnance de Napoléon, que nous appellerons seulement le marquis ou le général, et qui sous la restauration fit une haute fortune, était venu passer les beaux jours à Versailles, où il habitait une maison de campagne située entre l’église et la barrière de Montreuil, sur le chemin qui conduit à l’avenue de Saint-Cloud. Son service à la cour ne lui permettait pas de s’éloigner de Paris.”

Il contemplait le plus petit de ses enfants, un garçon à peine âgé de cinq ans, qui, demi-nu, se refusait à se laisser déshabiller par sa mère.” “La petite Moïna, son aînée de deux ans, provoquait par des agaceries déjà féminines d’interminables rires, qui partaient comme des fusées et semblaient ne pas avoir de cause”

Âgée d’environ trente-six ans, elle conservait encore une beauté due à la rare perfection des lignes de son visage, auquel la chaleur, la lumière et le bonheur prêtaient en ce moment un éclat surnaturel.”

N’y a-t-il pas toujours un peu d’amour pour l’enfance chez les soldats qui ont assez expérimenté les malheurs de la vie pour avoir su reconnaître les misères de la force et les privilèges de la faiblesse? Plus loin, devant une table ronde éclairée par des lampes astrales dont les vives lumières luttaient avec les lueurs pâles des bougies placées sur la cheminée, était un jeune garçon de treize ans qui tournait rapidement les pages d’un gros livre. (…) Il restait immobile, dans une attitude méditative, un coude sur la table et la tête appuyée sur l’une de ses mains, dont les doigts blancs tranchaient au moyen d’une chevelure brune.” “Entre cette table et la marquise, une grande et belle jeune fille travaillait, assise devant un métier à tapisserie sur lequel se penchait et d’où s’éloignait alternativement sa tête, dont les cheveux d’ébène artistement lissés réfléchissaient la lumière. À elle seule Hélène était un spectacle.” “Les deux aînés étaient en ce moment complètement oubliés par le mari et par la femme.”

La vie conjugale est pleine de ces heures sacrées dont le charme indéfinissable est dû peut-être à quelque souvenance d’un monde meilleur. Des rayons célestes jaillissent sans doute sur ces sortes de scènes, destinées à payer à l’homme une partie de ses chagrins, à lui faire accepter l’existence. Il semble que l’univers soit là, devant nous, sous une forme enchanteresse, qu’il déroule ses grandes idées d’ordre, que la vie sociale plaide pour ses lois en parlant de l’avenir.

          Cependant, malgré le regard d’attendrissement jeté par Hélène sur Abel et Moïna quand éclatait une de leurs joies; malgré le bonheur peint sur sa lucide figure lorsqu’elle contemplait furtivement son père, un sentiment de profonde mélancolie était empreint dans ses gestes, dans son attitude, et surtout dans ses yeux voilés par de longues paupières.” “Ces deux femmes se comprirent alors par un regard terne, froid, respectueux chez Hélène, sombre et menaçant chez la mère. Hélène baissa promptement sa vue sur le métier, tira l’aiguille avec prestesse, et de longtemps ne releva sa tête, qui semblait lui être devenue trop lourde à porter. La mère était-elle trop sévère pour sa fille, et jugeait-elle cette sévérité nécessaire? Était-elle jalouse de la beauté d’Hélène, avec qui elle pouvait rivaliser encore, mais en déployant tous les prestiges de la toilette? Ou la fille avait-elle surpris, comme beaucoup de filles quand elles deviennent clairvoyantes, des secrets que cette femme, en apparence si religieusement fidèle à ses devoirs, croyait avoir ensevelis dans son coeur aussi profondément que dans une tombe?”

Dans certains esprits, les fautes prennent les proportions du crime; l’imagination réagit alors sur la conscience; souvent alors les jeunes filles exagèrent la punition en raison de l’étendue qu’elles donnent aux forfaits. Hélène paraissait ne se croire digne de personne. Un secret de sa vie antérieure, un accident peut-être, incompris d’abord, mais développé par les susceptibilités de son intelligence sur laquelle influaient les idées religieuses, semblait l’avoir depuis peu comme dégradée romanesquement à ses propres yeux. Ce changement dans sa conduite avait commencé le jour où elle avait lu, dans la récente traduction des théâtres étrangers, la belle tragédie de Guillaume Tell, par Schiller.” “Devenue humble, pieuse et recueillie, Hélène ne souhaitait plus d’aller au bal. Jamais elle n’avait été si caressante pour son père, surtout quand la marquise n’était pas témoin de ses cajoleries de jeune fille. Néanmoins, s’il existait du refroidissement dans l’affection d’Hélène pour sa mère, il était si finement exprimé, que le général ne devait pas s’en apercevoir, quelque jaloux qu’il pût être de l’union qui régnait dans sa famille. Nul homme n’aurait eu l’oeil assez perspicace pour sonder la profondeur de ces deux coeurs féminins: l’un jeune et généreux, l’autre sensible et fier; le premier, trésor d’indulgence; le second, plein de finesse et d’amour. Si la mère contristait sa fille par un adroit despotisme de femme, il n’était sensible qu’aux yeux de la victime. Au reste, l’événement seulement fit naître ces conjectures toutes insolubles. Jusqu’à cette nuit, aucune lumière accusatrice ne s’était échappée de ces deux âmes; mais entre elles et Dieu certainement il s’élevait quelque sinistre mystère.

Gustave, ajouta-t-il en se tournant vers son fils, je ne t’ai donné ce livre qu’à la condition de le quitter à dix heures; tu aurais dû le fermer toi-même à l’heure dite et t’aller coucher comme tu me l’avais promis. Si tu veux être un homme remarquable, il faut faire de ta parole une seconde religion, et y tenir comme à ton honneur. Fox, un des plus grands orateurs de l’Angleterre, était surtout remarquable par la beauté de son caractère. La fidélité aux engagements pris est la principale de ses qualités.”

(…) Je ne reconnais à personne le droit de me plaindre, de m’absoudre ou de me condamner. Je dois vivre seul. Allez, mon enfant, ajouta-t-il avec un geste de souverain, je reconnaîtrais mal le service que me rend le maître de cette maison, si je laissais une seule des personnes qui l’habitent respirer le même air que moi. Il faut me soumettre aux lois du monde.

Cette dernière phrase fut prononcée à voir basse. En achevant d’embrasser par sa profonde intuition les misères que réveilla cette idée mélancolique, il jeta sur Hélène un regard de serpent, et remua dans le coeur de cette singulière jeune fille un monde de pensées encore endormi chez elle. Ce fut comme une lumière qui lui aurait éclairé des pays inconnus. Son âme fut terrassée, subjuguée, sans qu’elle trouvât la force de se défendre contre le pouvoir magnétique de ce regard, quelque involontairement lancé qu’il fût.

Honteuse et tremblante, elle sortit et ne revint au salon qu’un instant avant le retour de son père, en sorte qu’elle ne put rien dire à sa mère.

Le marquis et sa fille, certains d’avoir enfermé l’assassin de monsieur de Mauny, attribuèrent ces mouvements à une des femmes, et ne furent pas étonnés d’entendre

ouvrir les portes de la pièce qui précédait le salon. Tout à coup le meurtrier apparut au milieu d’eux. La stupeur dans laquelle le marquis était plongé, la vive curiosité de la mère et l’étonnement de la fille lui ayant permis d’avancer presque au milieu du salon, il dit au général d’une voix singulièrement calme et mélodieuse: – Monseigneur, les deux heures vont expirer.”

Au mot d’assassin, la marquise jeta un cri. Quant à Hélène, ce mot sembla décider de sa vie, son visage n’accusa pas le moindre étonnement. Elle semblait avoir attendu cet homme. Ses pensées si vastes eurent un sens. La punition que le ciel réservait à ses fautes éclatait. Se croyant aussi criminelle que l’était cet homme, la jeune fille le regarda d’un oeil serein : elle était sa compagne, sa soeur. Pour elle, un commandement de Dieu se manifestait dans cette circonstance. Quelques années plus tard, la raison aurait fait justice de ses remords ; mais en ce moment ils la rendaient insensée. L’étranger resta immobile et froid. Un sourire de dédain se peignit dans ses traits et sur ses larges lèvres rouges.”

Ah ! ma fille?… dit la marquise à voix basse mais de manière à ce que son mari l’entendît. Hélène, vous mentez à tous les principes d’honneur, de modestie, de vertu, que j’ai tâché de développer dans votre coeur. Si vous n’avez été que mensonge jusqu’à cette heure fatale, alors vous n’êtes point regrettable. Est-ce la perfection morale de cet inconnu qui vous tente? serait-ce l’espèce de puissance nécessaire aux gens qui commettent un crime?… Je vous estime trop pour supposer…

Oh! supposez tout, madame, répondit Hélène d’un ton froid.

(…) Voyons, es-tu jalouse de notre affection pour tes frères ou ta jeune soeur? As-tu dans l’âme un chagrin d’amour? Es-tu malheureuse ici? Parle? explique-moi les raisons qui te poussent à laisser ta famille, à l’abandonner, à la priver de son plus grand charme, à quitter ta mère, tes frères, ta petite soeur.

Mon père, répondit-elle, je ne suis ni jalouse ni amoureuse de personne, pas même de votre ami le diplomate, monsieur de Vandenesse.”

Savons-nous jamais, dit-elle en continuant, à quel être nous lions nos destinées? Moi, je crois en cet homme.

Enfant, dit le général en élevant la voix, tu ne songes pas à toutes les souffrances qui vont t’assaillir.

Je pense aux siennes…

Quelle vie! dit le père.

Une vie de femme, répondit la fille en murmurant.

Vous êtes bien savante, s’écria la marquise en retrouvant la parole.

Madame, les demandes me dictent les réponses ; mais, si vous le désirez, je parlerai plus clairement.

Dites tout, ma fille, je suis mère. Ici la fille regarda la mère, et ce regard fit faire une pause à la marquise.

Soit! mon père, répondit-elle avec un calme désespérant, j’y mourrai. Vous n’êtes comptable de ma vie et de son âme qu’à Dieu.

Que seja, papai!, respondeu Helèna, com uma calma que soava desesperante para seus pais: eu definharei. Você não é responsável por minha vida nem pela alma dele senão perante o Senhor.

L’hospitalité que je vous ai donnée me coûte cher, s’écria le général en se levant. Vous n’avez tué, tout à l’heure, qu’un vieillard; ici, vous assassinez toute une famille. Quoi qu’il arrive, il y aura du malheur dans cette maison.

Et si votre fille est heureuse? demanda le meurtrier en regardant fixement le militaire.

Vous qu’un meurtrier n’épouvante pas, ange de miséricorde, dit-il, venez, puisque vous persistez à me confier votre destinée.

Par où vont-ils? s’écria le général en écoutant les pas des deux fugitifs. – Madame, reprit-il en s’adressant à sa femme, je crois rêver: cette aventure me cache un mystère. Vous devez le savoir.

La marquise frissonna.

À sept heures du matin, les recherches de la gendarmerie, du général, de ses gens et des voisins avaient été inutiles. Le chien n’était pas revenu. Harassé de fatigue, et déjà vieilli par le chagrin, le marquis rentra dans son salon, désert pour lui, quoique ses trois autres enfants y fussent.”

* * *

La terrible nuit de Noël, pendant laquelle le marquis et sa femme eurent le malheur de perdre leur fille aînée sans avoir pu s’opposer à l’étrange domination exercée par son ravisseur involontaire, fut comme un avis que leur donna la fortune. La faillite d’un agent de change ruina le marquis. Il hypothéqua les biens de sa femme pour tenter une spéculation dont les bénéfices devaient restituer à sa famille toute sa première fortune; mais cette entreprise acheva de le ruiner. Poussé par son désespoir à tout tenter, le général s’expatria. Six ans s’étaient écoulés depuis son départ. Quoique sa famille eût rarement reçu de ses nouvelles, quelques jours avant la reconnaissance de l’indépendance des républiques américaines par l’Espagne, il avait annoncé son retour.”

Un beau jour, un vent frais, la vue de la patrie, une mer tranquille, un bruissement mélancolique, un joli brick solitaire, glissant sur l’océan comme une femme qui vole à un rendez-vous, c’était un tableau plein d’harmonies, une scène d’où l’âme humaine pouvait embrasser d’immuables espaces, en partant d’un point où tout était mouvement. Il y avait une étonnante opposition de solitude et de vie, de silence et de bruit, sans qu’on pût savoir où était le bruit et la vie, le néant et le silence; aussi pas une voix humaine ne rompait-elle ce charme céleste. Le capitaine espagnol, ses matelots, les Français restaient assis ou debout, tous plongés dans une extase religieuse pleine de souvenirs.” “Cependant, de temps en temps, le vieux passager, appuyé sur le bastingage, regardait l’horizon avec une sorte d’inquiétude. Il y avait une défiance du sort écrite dans tous ses traits, et il semblait craindre de ne jamais toucher assez vite la terre de France. Cet homme était le marquis. La fortune n’avait pas été sourde aux cris et aux efforts de son désespoir. Après 5 ans de tentatives et de travaux pénibles, il s’était vu possesseur d’une fortune considérable. Dans son impatience de revoir son pays et d’apporter le bonheur à sa famille, il avait suivi l’exemple de quelques négociants français de la Havane, en s’embarquant avec eux sur un vaisseau espagnol en charge pour Bordeaux. Néanmoins son imagination, lassée de prévoir le mal, lui traçait les images les plus délicieuses de son bonheur passé. En voyant de loin la ligne brune décrite par la terre, il croyait contempler sa femme et ses enfants. Il était à sa place, au foyer, et s’y sentait pressé, caressé. Il se figurait Moïna, belle, grandie, imposante comme une jeune fille. Quand ce tableau fantastique eut pris une sorte de réalité, des larmes roulèrent dans ses yeux; alors, comme pour cacher son trouble, il regarda l’horizon humide, opposé à la ligne brumeuse qui annonçait la terre.

C’est lui, dit-il, il nous suit.

Qu’est-ce? s’écria le capitaine espagnol.

Un vaisseau, reprit à voix basse le général.

Je l’ai déjà vu hier, répondit le capitaine Gomez. Il contempla le Français comme pour l’interroger. – Il nous a toujours donné la chasse, dit-il alors à l’oreille du général.

Et je ne sais pas pourquoi il ne nous a jamais rejoints, reprit le vieux militaire, car il est meilleur voilier que votre damné Saint-Ferdinand.

Il aura eu des avaries, une voie d’eau.

Il nous gagne, s’écria le Français.

C’est un corsaire colombien, lui dit à l’oreille le capitaine. Nous sommes encore à 6 lieues de terre, et le vent faiblit.

Il ne marche pas, il vole, comme s’il savait que dans 2 heures sa proie lui aura échappé. Quelle hardiesse!

Lui? s’écria le capitaine. Ah! il ne s’appelle pas l’Othello sans raison. Il a dernièrement coulé bas une frégate espagnole, et n’a cependant pas plus de 30 canons! Je n’avais peur que de lui, car je n’ignorais pas qu’il croisait dans les Antilles… – Ah! ah! reprit-il après une pause pendant laquelle il regarda les voiles de son vaisseau, le vent s’élève, nous arriverons. Il le faut, le Parisien serait impitoyable.

Lui aussi arrive! répondit le marquis.”

Pourquoi vous désoler? reprit le général. Tous vos passagers sont Français, ils ont frété votre bâtiment. Ce corsaire est un Parisien, dites=vous; hé bien, hissez pavillon blanc, et…

Et il nous coulera, répondit le capitaine. N’est-il pas, suivant les circonstances, tout ce qu’il faut être quand il veut s’emparer d’une riche proie?

Ah! si c’est un pirate!

Pirate! dit le matelot d’un air farouche. Ah! il est toujours en règle, ou sait s’y mettre.

Le Saint-Ferdinand portait en piastres 4 millions, qui composaient la fortune de 5 passagers, et celle du général était de 1,1 million francs. Enfin l’Othello, qui se trouvait alors à 10 portées de fusil, montra distinctement les gueules menaçantes de 12 canons prêts à faire feu.”

Il avait sur la tête, pour se garantir du soleil, un chapeau de feutre à grands bords, dont l’ombre lui cachait le visage.”

Le général se croyait sous la puissance d’un songe, quand il se trouva les mains liées et jeté sur un ballot comme s’il eût été lui-même une marchandise. Une conférence avait lieu entre le corsaire, son lieutenant et l’un des matelots qui paraissait remplir les fonctions de contremaître. Quand la discussion, qui dura peu, fut terminée, le matelot

siffla ses hommes, sur un ordre qu’il leur donna, ils sautèrent tous sur le Saint-Ferdinand, grimpèrent dans les cordages, et se mirent à le dépouiller de ses vergues, de ses voiles, de ses agrès, avec autant de prestesse qu’un soldat déshabille sur le champ de bataille un camarade mort dont les souliers et la capote étaient l’objet de sa convoitise.”

Les corsaires regardaient avec une curiosité malicieuse les différentes manières dont ces hommes tombaient, leurs grimaces, leur dernière torture; mais leurs visages ne trahissaient ni moquerie, ni étonnement, ni pitié. C’était pour eux un événement tout simple, auquel ils semblaient accoutumés.”

Ah! brigands, vous ne jetterez pas à l’eau comme une huître un ancien troupier de Napoléon.

En ce moment le général rencontra l’oeil fauve du ravisseur de sa fille. Le père et le gendre se reconnurent tout à coup.”

C’est le père d’Hélène, dit le capitaine d’une voix claire et ferme. Malheur à qui ne le respecterait pas!

Enfin Hélène semblait être la reine d’un grand empire au milieu du boudoir dans lequel son amant couronné aurait rassemblé les choses les plus élégantes de la terre.”

Écoutez, mon père, répondit-elle, j’ai pour amant, pour époux, pour serviteur, pour maître, un homme dont l’âme est aussi vaste que cette mer sans bornes, aussi fertile en douceur que le ciel, un dieu enfin! Depuis sept ans, jamais il ne lui est échappé une parole, un sentiment, un geste, qui pussent produire une dissonance avec la divine harmonie de ses discours, de ses caresses et de son amour. Il m’a toujours regardée en ayant sur les lèvres un sourire ami et dans les yeux un rayon de joie. Là-haut sa voix tonnante domine souvent les hurlements de la tempête ou le tumulte des combats; mais ici elle est douce et mélodieuse comme la musique de Rossini, dont les oeuvres m’arrivent. Tout ce que le caprice d’une femme peut inventer, je l’obtiens. Mes désirs sont même parfois surpassés. Enfin je règne sur la mer, et j’y suis obéie comme peut l’être une souveraine. – Oh! heureuse! reprit-elle en s’interrompant elle-même, heureuse n’est pas un mot qui puisse exprimer mon bonheur. J’ai la part de toutes les femmes! Sentir un amour, un dévouement immense pour celui qu’on aime, et rencontrer dans son coeur, à lui, un sentiment infini où l’âme d’une femme se perd, et toujours! dites, est-ce un bonheur? j’ai déjà dévoré mille existences. Ici je suis seule, ici je commande. Jamais une créature de mon sexe n’a mis le pied sur ce noble vaisseau, où Victor est toujours à quelques pas de moi. – Il ne peut pas aller plus loin de moi que de la poupe à la proue, reprit-elle avec une fine expression de malice. Sept ans! un amour qui résiste pendant sept ans à cette perpétuelle joie, à cette épreuve de tous les instants, est-ce l’amour? Non! oh! non, c’est mieux que tout ce que je connais de la vie… le langage humain manque pour exprimer un bonheur céleste.

Un torrent de larmes s’échappa de ses yeux enflammés. Les quatre enfants jetèrent alors un cri plaintif, accoururent à elle comme des poussins à leur mère, et l’aîné frappa le général en le regardant d’un air menaçant.

Abel, dit-elle, mon ange, je pleure de joie.

(…)

Tu ne t’ennuies pas? s’écria le général étourdi par la réponse exaltée de sa fille.

Si, répondit-elle, à terre quand nous y allons; et encore ne quitté-je jamais mon mari.

Mais tu aimais les fêtes, les bals, la musique!

La musique, c’est sa voix; mes fêtes, c’est les parures que j’invente pour lui. Quand une toilette lui plaît, n’est-ce pas comme si la terre entière m’admirait! Voilà seulement pourquoi je ne jette pas à la mer ces diamants, ces colliers, ces diadèmes de pierreries, ces richesses, ces fleurs, ces chefs-d’oeuvre des arts qu’il me prodigue en me disant: – Hélène, puisque tu ne vas pas dans le monde, je veux que le monde vienne à toi.

Mais sur ce bord il y a des hommes, des hommes audacieux, terribles, dont les passions…

Je vous comprends, mon père, dit-elle em souriant. Rassurez-vous. Jamais impératrice n’a été environnée de plus d’égards que l’on ne m’en prodigue. Ces gens-là sont superstitieux, ils croient que je suis le génie tutélaire de ce vaisseau, de leurs entreprises, de leurs succès. Mais c’est lui qui est leur dieu! Un jour, une seule fois, un matelot me manqua de respect… em paroles, ajouta-t-elle en riant. Avant que Victor eût pu l’apprendre, les gens de l’équipage le lancèrent à la mer malgré le pardon que je lui accordais. Ils m’aiment comme leur bon ange, je les soigne dans leurs maladies, et j’ai eu le bonheur d’en sauver quelques-uns de la mort em les veillant avec une persévérance de femme. Ces pauvres gens sont à la fois des géants et des enfants.

(…)

Et tes enfants?

Ils sont fils de l’Océan et du danger, ils partagent la vie de leurs parents… Notre existence est une, et ne se scinde pas. Nous vivons tous de la même vie, tous inscrits sur la même page, portés par le même esquif, nous le savons.

Le vieux militaire sentit toutes ces choses, et comprit aussi que sa fille n’abandonnerait jamais une vie si large, si féconde en contrastes, remplie par un amour si vrai; puis, si elle avait une fois goûté le péril sans en être effrayée, elle ne pouvait plus revenir aux petites scènes d’un monde mesquin et borné.”

Général, dit le corsaire d’une voix profonde, je me suis fait une loi de ne jamais rien distraire du butin. Mais il est hors de doute que ma part sera plus considérable que ne l’était votre fortune. Permettez-moi de vous la restituer en autre monnaie…

Il prit dans le tiroir du piano une masse de billets de banque, ne compta pas les paquets, et présenta un million au marquis.”

Or, à moins que vous ne soyez séduit par les dangers de notre vie bohémienne, par les scènes de l’Amérique méridionale, par nos nuits des tropiques, par nos batailles, et par le plaisir de faire triompher le pavillon d’une jeune nation, ou le nom de Simon Bolivar, il faut nous quitter… Une chaloupe et des hommes dévoués vous attendent. Espérons une troisième rencontre plus complètement heureuse…

Victor, je voudrais voir mon père encore un moment, dit Hélène d’un ton boudeur.”

Hélène, reprit le vieillard en la regardant avec attention, ne dois-je plus te revoir? Ne saurai-je donc jamais à quel motif ta fuite est due?

Ce secret ne m’appartient pas, dit-elle d’un ton grave. J’aurais le droit de vous l’apprendre, peut-être ne vous le dirais-je pas encore. J’ai souffert pendant dix ans des maux inouïs…

Soyez toujours heureux! s’écria le grandpère en s’élançant sur le tillac.

L’Othello était loin; la chaloupe s’approchait de terre; le nuage s’interposa entre cette frêle embarcation et le brick. La dernière fois que le général aperçut sa fille, ce fut à travers une crevasse de cette fumée ondoyante. Vision prophétique! Le mouchoir blanc, la robe se détachaient seuls sur ce fond de bistre. Entre l’eau verte et le ciel bleu, le brick ne se voyait même pas. Hélène n’était plus qu’un point imperceptible, une ligne déliée, gracieuse, un ange dans le ciel, une idée, un souvenir.”

* * *

Et aussitôt la marquise monta chez l’inconnue sans penser au mal que sa vue pouvait faire à cette femme dans un moment où on la disait mourante, car elle était encore en deuil. La marquise pâlit à l’aspect de la mourante. Malgré les horribles souffrances qui avaient altéré la belle physionomie d’Hélène, elle reconnut sa fille aînée. À l’aspect d’une femme vêtue de noir, Hélène se dressa sur son séant, jeta un cri de terreur, et retomba lentement sur son lit, lorsque, dans cette femme, elle retrouva sa mère.

Ma fille! dit madame d’Aiglemont, que vous faut-il? Pauline!… Moïna!…

elle oublia qu’Hélène était un enfant conçu jadis dans les larmes et le désespoir, l’enfant du devoir, un enfant qui avait été cause de ses plus grands malheurs; elle s’avança doucement vers sa fille aînée, en se souvenant seulement qu’Hélène la première lui avait fait connaître les plaisirs de la maternité. Les yeux de la mère étaient pleins de larmes; et, em embrassant sa fille, elle s’écria: – Hélène! ma fille…”

Exaspérée par le malheur, la veuve du marin, qui venait d’échapper à un naufrage en ne sauvant de toute sa belle famille qu’un enfant, dit d’une voix horrible à sa mère: – Tout ceci est votre ouvrage! si vous eussiez été pour moi ce que…”

Tout est inutile, reprit Hélène. Ah! pourquoi ne suis-je pas morte à seize ans, quand je voulais me tuer! Le bonheur ne se trouve jamais en dehors des lois…

* * *

LA FEMME DE SOIXANTE ANS (Epílogo)

La vieille dame si matinale était la marquise d’Aiglemont, mère de madame de Saint-Héreen, à qui ce bel hôtel appartenait. La marquise s’en était privée pour sa fille, à qui elle avait donné toute sa fortune, en ne se réservant qu’une pension viagère. La comtesse Moïna de Saint-Héreen était le dernier enfant de madame d’Aiglemont. Pour lui faire épouser l’héritier d’une des plus illustres maisons de France, la marquise avait tout sacrifié. Rien n’était plus naturel: elle avait successivement perdu deux fils; l’un, Gustave marquis d’Aiglemont, était mort du choléra; l’autre, Abel, avait succombé devant Constantinople. Gustave laissa des enfants et une veuve. Mais l’affection assez tiède que madame d’Aiglemont avait portée à ses deux fils s’était encore affaiblie en passant à ses petitsenfants. Elle se comportait poliment avec madame d’Aiglemont la jeune: mais elle s’en tenait au sentiment superficiel que le bon goût et les convenances nous prescrivent de témoigner à nos proches. La fortune de ses enfants morts ayant été parfaitement réglée, elle avait réservé pour sa chère Moïna ses économies et ses biens propres. Moïna, belle et ravissante depuis son enfance, avait toujours été pour madame d’Aiglemont l’objet d’une de ces prédilections innées ou involontaires chez les mères de famille; fatales sympathies qui semblent inexplicables, ou que les observateurs savent trop bien expliquer. La charmante figure de Moïna, le son de voix de cette fille chérie, ses manières, sa démarche, sa physionomie, ses gestes, tout en elle réveillait chez la marquise les émotions les plus profondes qui puissent animer, troubler ou charmer le coeur d’une mère. Le principe de sa vie présente, de sa vie du lendemain, de sa vie passée, était dans le coeur de cette jeune femme, où elle avait jeté tous ses trésors. Moïna avait heureusement survécu à 4 enfants, ses aînés. Madame d’Aiglemont avait en effet perdu, de la manière la plus malheureuse, disaient les gens du monde, une fille charmante dont la destinée était presque inconnue, et un petit garçon, enlevé à cinq ans par une horrible catastrophe [pas Gustave?].

Le monde aurait pu demander à la marquise un compte sévère de cette insouciance et de cette prédilection; mais le monde de Paris est entraîné par un tel torrent d’événements, de modes, d’idées nouvelles, que toute la vie de madame d’Aiglemont devait y être en quelque sorte oubliée. Personne ne songeait à lui faire un crime d’une froideur, d’un oubli qui n’intéressait personne, tandis que sa vive tendresse pour Moïna intéressait beaucoup de gens, et avait toute la sainteté d’un préjugé.”

que ne pardonne-t-on pas aux vieillards lorsqu’ils s’effacent comme des ombres et ne veulent plus être qu’un souvenir?”

Enfin, peut-être ne doit-on jamais prononcer qui a tort ou raison de l’enfant ou de la mère. Entre ces deux coeurs, il n’y a qu’un seul juge possible. Ce juge est Dieu! Dieu qui, souvent, assied sa vengeance au sein des familles, et se sert éternellement des enfants contre les mères, des pères contre les fils, des peuples contre les rois, des princes contre les nations, de tout contre tout; remplaçant dans le monde moral les sentiments par les sentiments comme les jeunes feuilles poussent les vieilles au printemps; agissant en vue d’un ordre immuable, d’un but à lui seul connu. Sans doute, chaque chose va dans son sein, ou, mieux encore, elle y retourne.”

Elle était un de ces types qui, entre mille physionomies dédaignées parce qu’elles sont sans caractère, vous arrêtent un moment, vous font penser (…) Le visage glacé de madame d’Aiglemont était une de ces poésies terribles, une de ces faces répandues par milliers dans la divine Comédie de Dante Alighieri.”

La figure d’une jeune femme a le calme, le poli, la fraîcheur de la surface d’un lac. La physionomie des femmes ne commence qu’à trente ans.”

une tête de vieille femme n’appartient plus alors ni au monde qui, frivole, est effrayé d’y apercevoir la destruction de toutes les idées d’élégance auxquelles il est habitué ni aux artistes vulgaires qui n’y découvrent rien; mais aux vrais poètes, à ceux qui ont le sentiment d’un beau indépendant de toutes les conventions sur lesquelles reposent tant de préjugés en fait d’art et de beauté.”

Les peintres ont des couleurs pour ces portraits, mais les idées et les paroles sont impuissantes pour les traduire fidèlement”

Ces souffrances sans cesse refoulées avaient produit à la longue je ne sais quoi de morbide en cette femme. Sans doute quelques émotions trop violentes avaient physiquement altéré ce coeur maternel, et quelque maladie, un anévrisme peut-être, menaçait lentement cette femme à son insu. Les peines vraies sont en apparence si tranquilles dans le lit profond qu’elles se sont fait, où elles semblent dormir, mais où elles continuent à corroder l’âme comme cet épouvantable acide qui perce le cristal! En ce moment deux larmes sillonnèrent les joues de la marquise, et elle se leva comme si quelque réflexion plus poignante que toutes les autres l’eût vivement blessée. Elle avait sans doute jugé l’avenir de Moïna. Or, en prévoyant les douleurs qui attendaient sa fille, tous les malheurs de as propre vie lui étaient retombés sur le coeur.

          La situation de cette mère sera comprise em expliquant celle de sa fille.”

Elle savait d’avance que Moïna n’écouterait aucun de ses sages avertissements; elle n’avait aucun pouvoir sur cette âme, de fer pour elle et toute moelleuse pour les autres. Sa tendresse l’eût portée à s’intéresser aux malheurs d’une passion justifiée par les nobles qualités du séducteur, mais sa fille suivait un mouvement de coquetterie; et la marquise méprisait le comte Alfred de Vandenesse, sachant qu’il était homme à considérer sa lutte avec Moïna comme une partie d’échecs.” “le marquis de Vandenesse, père d’Alfred”

Le sentiment maternel est si large dans les coeurs aimants qu’avant d’arriver à l’indifférence une mère doit mourir ou s’appuyer sur quelque grande puissance, la religion ou l’amour.”

Ce sourire prouvait à cette jeune parricide que le coeur d’une mère est un abîme au fond duquel se trouve toujours un pardon.”

14 anos investidos no livro

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DA FALA PARA A ESCRITA: Atividades de retextualização (2a ed.) – Marcuschi

Dedicado a Th. Ed. O Iletrado

GLOSSÁRIO

verbum dicendi: abre aspas (literalmente, assim falou:)

I. ORALIDADE E LETRAMENTO

Social Literacies”

Escrita como letramento pedagógico.

“deve-se ter imenso cuidado diante da tendência à escolarização do letramento, que sofre de um mal crônico ao supor que só existe um letramento. O letramento não é o equivalente à aquisição da escrita. Existem <letramentos sociais> que surgem e se desenvolvem à margem da escola, não precisando por isso serem depreciados.”

“O letramento é um processo de aprendizagem social e histórica da leitura e da escrita em contextos informais e para usos utilitários (Street. 1995).” “A alfabetização pode dar-se, como de fato se deu històricamente, à margem da instituição escolar, mas é sempre um aprendizado mediante ensino” “A Suécia alfabetizou 100% de sua população já no final do século XVIII no ambiente familiar e para objetivos que nada tinham a ver com o desenvolvimento, e sim com práticas religiosas e atitudes de cidadania.” “A escolarização, por sua vez, é uma prática formal e institucional de ensino que visa a uma formação integral do indivíduo, sendo que a alfabetização é apenas uma das atribuições/atividades da escola.”

“há quem equipare a alfabetização (domínio ativo da escrita e da leitura) com desenvolvimento. Outros sugerem que a entrada da escrita representa a entrada do raciocínio lógico e abstrato. Ambas as teses estão cheias de equívocos e não passam de mitos.”

“De um lado, temos autores linguistas como Bernstein (1971), Labov (1972), Halliday (1985, numa 1a fase), Ochs (1979), representes das dicotomias mais polarizadas e visão restrita. De outro lado, temos autores como Chafe (1982, 1984, 1985), Tannen (1982, 1985), Gumprz (1982), Biber (1986, 1995), Blanche-Benveniste (1990), Halliday/Hasan (1989), que percebem as relações entre fala e escrita dentro de um contínuo”

quadro1

(visão imanentista)

quadro2

(visão culturalista)

“Esta visão não serve para tratar relações linguísticas, já que vê a questão em sua estrutura macro (visão global) e com tendência a uma análise da formação da mentalidade dentro das atividades psico-socioeconômico-culturais de um modo amplo. (…) Esses autores têm uma grande sensibilidade para os fatos históricos e não deixam de ter razão em boa parte de suas abordagens, mas isto não significa que estejam dizendo algo de substantivo sobre as relações textuais nas duas modalidades de uso da língua. É provável que as relações de causa e efeito por eles vistas entre a cultura e o uso da escrita não estejam bem situadas.”

Gnerre (1985) detecta nos autores ligados a essas correntes problemas em 3 pontos: etnocentrismo, supervalorização da escrita e tratamento globalizante [<não existem ‘sociedades letradas’, mas sim grupos de letrados>]”.” “A escrita seria a responsável pelo surgimento do raciocínio silogístico, tendo em vista o fato de ela contribuir essencialmente para a descontextualização dos significados que criariam autonomia ao passarem da <cabeça> para o <texto no papel>”

quadro3

(visão variacionista)

Marcuschi – O Tratamento da Oralidade no Ensino de Língua

“Valeria a pena perguntar-se porque (sic) a literatura de cordel identifica de modo tão nítido o nordestino. Também é interessante indagar-se em que partes de suas obras Graciliano Ramos e José Américo de Almeida ou José Lins do Rego são identificados como literatura nordestina. Com certeza não são seus temas, mas sim os diálogos de suas personagens.”

“Tomemos o caso típico da área jurídica. Ali é intenso e rígido o uso da escrita, já que a Lei deve ser tomada ao pé da letra. Contudo, precisamente a área jurídica faz um uso intenso e extenso das práticas orais nos tribunais, o que comprova que numa mesma área discursiva e numa mesma comunidade de práticas convivem duas tradições diversas, ambas fortemente marcadas.”

“uma aula expositiva, que em parte se compõe de leituras que o professor faz e de comentários que lhes acrescenta e, em parte, são exposições originais sem um texto escrito prévio base. No entanto, tratamos uma aula como um evento tipicamente oral. Há gêneros que se aproximam da oralidade pelo tipo de linguagem e pela natureza da relação entre os indivíduos, p.ex., as cartas íntimas e pessoais.”

“toda vez que emprego a palavra língua não me refiro a um sistema de regras determinado, abstrato, regular e homogêneo, nem a relações linguísticas imanentes.”

II. PROCESSOS DE RETEXTUALIZAÇÃO

“A expressão retextualização foi empregada por Neusa Travaglia (1993) em sua tese de doutorado sobre a tradução de uma língua para outra. (…) aqui também se trata de uma <tradução>, mas de uma modalidade para outra, permanecendo-se, no entanto, na mesma língua. Igualmente poderíamos usar as expressões refacção e reescrita, como o fazem Raquel S. Fiad e Maria Laura Mayrink-Sabison (1991) e Maria Bernadete Abaurre et alli (1995), que observam aspectos relativos às mudanças de um texto no seu interior (uma escrita para outra, reescrevendo o mesmo texto) sem envolver as variáveis que incidem no caso da retextualização como tratada neste estudo”

a passagem da fala para a escrita não é a passagem do caos para a ordem”

Transcrever a fala é passar um texto de sua realização sonora para a forma gráfica com base numa série de procedimentos convencionalizados.” “no caso da retextualização, a interferência é maior e há mudanças mais sensíveis”

“(1) nível da substância da expressão: diz respeito à materialidade linguística e considera a correspondência entre letra e som”

“(2) nível da forma da expressão: considera-se a distinção entre o grafema (a grafia usual) e o fonema na realização fonética (a pronúncia) (p.ex.: menino e [mininu]), diferenças que no francês são mais acentuadas do que no português.”

“(3) nível da forma do conteúdo: ex: o que queres comer? que que qué comê?

“(4) nível da substância do conteúdo:” formes de politesse

“o manuscrito pode ser neutralizado pela máquina de escrever, pela escrita eletrônica, mas o som não pode ser neutralizado mesmo depois de gravado em fita magnética.”

Rey-Debove, 1996

convenções de transcrição” “idealização da língua”

“Existem transcrições que já são um primeiro formato de retextualização. P.ex., aquelas que introduzem pontuação e eliminam as hesitações (caso das entrevistas publicadas). Veja-se o caso da publicação de contos da tradição oral que se apresentam como transcrição, mas são verdadeiras edições de texto com muitas mudanças.”

“No caso de ser o próprio autor quem retextualiza, as mudanças são muito mais drásticas e, freqüentemente, o autor despreza a transcrição (ou gravação) da fala e redige um novo texto. (…) É difícil disfarçar de modo completo a origem oral de um texto.”

Isaltina Mello Gomes – Dos Laboratórios aos Jornais: Um estudo sobre jornalismo científico (tese de mestrado – UFPE, 1995)

Taylor & Cameron (1987) designam esse procedimento de editoração do ouvinte como a hipótese da frase-alvo (target-sentence hypothesis), ou seja, a meta de chegar uma frase bem-formada.”

“Tudo indica que temos um <estoque> de enunciados ou de material lingüístico pré-moldado e sempre pronto para ser investido em nossos usos espontâneos da língua. Esses estoques operariam como uma espécie de material para cálculos projetivos de enunciados novos.”

“Na conversação e na fala em geral, o ouvinte é tão criativo como o falante.”

“Outro dos projetos de Labov consistiu em tabular o percentual de orações gramaticalmente corretas nas gravações da fala de grupos de diferentes classes sociais em diferentes situações sociais. A noção de <correção gramatical> faz referência, neste contexto, a orações <bem-formadas segundo regras estáveis do dialeto dos falantes>. […] Os resultados da tabulação de Labov afiguraram-se muito reveladores. A imensa maioria das orações eram gramaticalmente corretas, sobretudo na fala informal, dando-se maior percentagem delas na linguagem da classe trabalhadora que na classe média. O percentual máximo de orações agramaticais foi encontrado nos livros de atas dos congressos acadêmicos.

fluência discursiva”

“As estenógrafas iam muito além do que prevêem, p.ex., as regras de editoração de Taylor & Cameron. Ao contrário dos demais estudos analisados a seguir, o trabalho de Cortelazzo (1985) levou em conta um texto originalmente monologado e não dialogado. (…) No caso de diálogos a interferência no estilo torna-se mais acentuada.”

A etnografia de um escrivão da polícia.

Quem vê constata? Quem constata, apura, reflete, se depara?

Quem atira mata!

“as ações narradas como casuais e fortuitas, sem intenção, são colocadas como concatenadas, intencionais e planejadas para incriminar o suspeito; há uma mudança de perspectiva no objetivo da informação dos fatos.”

“as citações ditas <textuais> e inclusive postas entre aspas e atribuídas literalmente ao cientista nunca corresponderam à fala do cientista e sempre foram uma reconstrução”

“usar uma expressão mais familiar ou mais erudita, uma sintaxe mais elaborada ou menos elaborada, é uma decisão da alçada do discurso (pragmática, sociolinguística, estilística, etc.) e não da forma linguística em si.”

tradução endolíngüe”

“a reação de José Ruy Gandra (Folha de SP, 30/10/1993), em relação à reclamação do músico Arnaldo Antunes (Folha de SP, 23/10/1993) que lamentara as distorções ocorridas no texto que reproduzia uma entrevista para a revista Playboy (n. 219). Assim se expressa A. Antunes a certa altura de seu texto reclamatório: <Nunca me reconheci tão pouco em uma entrevista. Nunca abominei tanto um discurso colocado por terceiros em minha boca. Um pequeno e bom exemplo desse procedimento: o entrevistador me perguntou se eu já tivera relações homossexuais. A resposta foi um sucinto ‘não’. Resposta publicada: ‘Nunca, nem mesmo em troca-troca quando eu era criança’. Essa espécie de ‘adorno’ às declarações com fantasias e fetiches do entrevistador se tornou procedimento usual na edição da matéria de uma forma geral.> A réplica: <(…) Arnaldo Antunes mente, como comprova a fita número 4 da entrevista. Pergunta: ‘Você já teve transa homossexual?’. Resposta: ‘Não, nunca.’ Pergunta: ‘Nem quando criança, troca-troca?’. Resposta: ‘Não, nem criança…’ Com o aval da concordância expressa do entrevistado e em nome da concisão, as duas perguntas foram fundidas em uma só. Não há nisso nenhum mistério nem ato condenável.> (grifo de Marcuschi)”

“Ainda veremos que esse tipo de operação é a rotina por parte do juiz em tomadas de depoimentos. Com uma diferença: o depoente não tem direito à réplica, mas a obrigação de assinar como sua a formulação do juiz.”

“textos não são como uma bonbonnière de onde só saem bombons.” Saem também limões.

“Agradeço aos meus alunos do curso de Linguística 3 a colaboração que sempre prestaram.”

“na oralidade, cerca de 20% do material linguístico é repetido, sem se contar nesse percentual as reduplicações tidas como hesitações”

força ilocutória”

eu sou preto, mas não sou Gato Félix”

Abuêndia P. P. Pinto, 1979

Hudinilson Urbano (2000)

cor local”

…taxados (sic) imediatamente de nazistas e fascistas…”

…o índice mental dessa sociedade vai cair…”

…pessoas geneticamente inaptas para a concepção…”

YOU THE PEOPLE

I THE IMPORTANT

ela é auto(ra)-(c)entrada e-gó(t)i(ca)

g0y

x0y

(n)x0

t4

fred

Street Fighter Z

falseamento & interpretação

denominação e demonização dos bois

princípio de expansão”

FRAGMENTOS DE UMA REALIDADE QUE BATE À PORTA:

…ele foi criado/os pais dele por um clima de… autoritarismo… entendeu? meu avô era autoritário… ele não via a justiça… sabe? entendeu? ele foi criado no Norte… no interior… são uma pessoa tipo… entre aspas… ignorantes… né? entendeu?… então é isso que o meu pai ( ) uma visão assim da vida… então é isso que ele passa pra mim… ele não vê nada… ele não conversa… ele sabe criticar… criticar… me criticar… me recriminar… dizer que eu estou errada… entendeu? é isso que eu acho da minha família… que eu não acho que é um exemplo… só isso…” “Meu pai não fala comigo, só pensa em trabalhar e estudar.”

“Trata-se [agora] de uma aula de Filosofia dada na UFPE por uma jovem [34 anos!] professora.”

DO GROTÃO DE MISÉRIA E BRUTEZA AOS CON-FINS HEIDEGGERIANOS DO SER-DO-ENTE:

RE-BUSCAR A-LI(E)N-GUAGEM

#IdeiaTítuloLivro

…eu posso deixar de pensar… a minha realidade como humano né? que isso é impossível… mesmo porque no próprio forma de agir… né? na própria vivência do sujeito ele já tem uma visão de mundo… porque:… os conteúdos da nossa consciência nem sempre estão a nível consciente… inconscientemente gente manifesta determinadas atitudes… então nessa forma… seríamos todos filósofos no sentido… mais… abstrato no sentido mais concreto da da da palavra né? mas dizemos também que a filosofia propriamente dita né? filosofia no sentido acadêmico é preciso que exista uma atitude… deixar pra posteridade a história do que foi esse seu pensamento né? colocar através de método sistemático essa idéias deixar… para que…”

Campo acadêmico relativamente inexplorado. Principais brechas:

– “Quais as categorias gramaticais mais eliminadas nos processos de retextualização?”

– “Quais os critérios seguidos na introdução da paragrafação?”

NÃO FOI ISSO O QUE EU QUIS DIZER!

C A L M A

P E R A

L Á

Houve uma redução de 85% do substrato nesta síntese!

FUTURA REFERÊNCIA

BAKHTIN – Estética da Criação Verbal

GOODY – Domesticação do Pensamento Selvagem

HAVELOCK – Origins of Western Literacy

KLEIMAN – Os Significados do Letramento. Uma Nova Perspectiva sobre a Prática Social da Escrita.

PRETI – A Linguagem dos Idosos

As duas maneiras de traduzir (traduzido de J.L. Borges)

Universalmente, suponho haver duas classes de tradução. Uma pratica a literalidade, a outra a perífrase. A primeira corresponde às mentalidades românticas; a segunda às clássicas. Queria justificar esta afirmação, diminuindo seu ar de paradoxo. Às mentalidades clássicas interessa-lhes sempre a obra de arte e nunca o artista. Crerão na perfeição absoluta e buscá-la-ão.

Desdenharão os regionalismos, as peculiaridades, os acidentes. Não deveria ser a poesia uma beleza semelhante à lua: eterna, desinteressada, imparcial? A metáfora, por exemplo, não é considerada pelo classicismo nem como ênfase nem como uma visão pessoal, senão uma obtenção da verdade poética, que, uma vez adquirida, pode (e deve) ser desfrutada por todos. Cada literatura possui um repertório dessas verdades, e o tradutor saberá aproveitá-las e verter seu escrito original não só em palavras como também em sintaxe e em metáforas típicas de seu próprio idioma. Esse procedimento nos parece sacrílego, e às vezes o é. Nossa condenação, não obstante, peca por otimismo, pois a maioria das metáforas deixa de ser representação para vir a se tornar algo maquinal. Ninguém que escuta o advérbio “espiritualmente” pensa no hálito, no sopro ou na alma; ninguém capta diferença alguma (nem sequer enfática) entre as locuções “muito pobre” e “pobre como as aranhas”.

Inversamente, os românticos nunca duplicam uma obra de arte, duplicam o homem mesmo. E o homem (já se o sabe) não é atemporal ou arquetípico, é João da Silva, Fulano, Sicrano, ou não?, é Juan Mengano, é possuidor de um clima, de um corpo, de uma ascendência, de um fazer-algo, de um não-fazer-nada-em-seu-próprio-tempo, e até de uma morte que lhe é exclusiva. Máximo cuidado para não distorcer uma só das palavras que ele deixou registradas!

Essa reverência do eu, da diferença intransponível que constitui qualquer eu, justifica a literalidade nas traduções. E, de mais a mais, o distante, o estrangeiro, são sempre o belo. Novalis enunciou com clareza esse sentimento romântico: A filosofia distante e estranha ressoa como poesia. Tudo se torna poético de longe: montanhas longínquas, homens longínquos, acontecimentos longínquos, e tudo o mais. Disso deriva o essencialmente poético de nossa natureza. A poesia da noite e da penumbra {Werke, III, 213}. A degustação da lonjura, a viagem caseira pelo tempo e espaço, o investir-se e revestir-se de destinos alheios, não são garantidos, avalizados, pelas traslações literárias de obras antigas: às vezes a promessa não passa do prólogo.

O propósito anunciado da veracidade faz do tradutor um falsário, posto que este, a fim de manter a estranheza do que traduz, se vê compelido a enfatizar as cores nativas, recrudescer a crueldade, adocicar as doçuras e exagerar tudo até as raias da mentira.

Borge, Jorge Luis. “Las dos maneras de traducir”, La Prensa, 1º de agosto de 1926. Retirado de Textos recuperados 1919-1930, Buenos Aires, Emecé, 1997, 256-259.

COMENTÁRIOS SOBRE O PROCESSO DE TRADUÇÃO

Creio que sou um romântico, na terminologia borgeana. Não consigo evitar de trair pelo método mais oblíquo, indireto, dentre os dois exibidos (já que mesmo o defensor aparente de uma tradução alegórica, aliás, sobretudo ele, segundo a própria denominação, “trai” o texto de partida ao convertê-lo, porque “robotiza” e “banaliza” a metáfora – em suma, talvez o modus operandi “clásico” já esteja perdido para nós, pós-modernos, a despeito das boas intenções). Trair o texto, como todos “traímos”. A “literalidade” é um rótulo enganoso, pseudo-beato em contraste com o Don Juan assumido do estilo “clássico”, como o próprio Borges deixa transparecer ao longo de sua pequena porém densa passagem acerca do “traduzir”. Somos literais somente a nós mesmos, o texto alheio é o meio para nosso fim (embora “todo homem”, como diz o ditado, “seja farinha do mesmo saco”, e nisso resida nosso mérito romântico, e ao trairmos os antepassados apenas somos sinceros e verazes conosco e com nossa contemporaneidade). Somos “maquiavélicos com alma”, isto é, Maquiaveis devotados à poesia e às Musas, remexamos em escritos políticos ou não. Os metafóricos muitas vezes são mais exatos, viscerais e “fiéis” do que nós, mas este não é um debate que eu queira prolongar aqui.

O primeiro aspecto interessante desta tarefa é seu caráter metalinguístico. Iniciei meus comentários me auto-definindo justamente porque o próprio conteúdo textual nos conduz a isso. Ao mesmo tempo que traduzo o que Borges entende por “tradução”, me enquadro numa das categorias de seu falar, seja residualmente, seja alternadamente; talvez mescle ambas com razoável equilíbrio, sem me aperceber. Os próximos parágrafos, até o penúltimo, se devotarão a uma análise mais pormenorizada e técnica do meu processo tradutivo.

A única observação sobre meu primeiro parágrafo que creio necessária a essa altura é o porquê do uso da mesóclise em “buscá-la-ão”: sendo um texto erudito, ainda que este padrão culto esteja em desuso e/ou declínio no português, sinto que é adequado. Quanto a “justificar” no lugar de “razonar”, em detrimento do mais óbvio “raciocinar”, encontro entre os sinônimos do português “razoar” (irmão lacônico do “raciocinar”) o mesmo “justificar”. E é isso mesmo que faz o autor, porque a principio sua afirmação (categorização dual) parece invertida ou trocada e causa espanto ao leitor.

O segundo parágrafo acabou por ser o mais “romântico” da minha tradução, ou seja, é absolutamente o mais literal e aquele que transcrevi com mais segurança na manutenção de cognatos espanhol-portugueses. Minha dificuldade maior se deu justamente no final, no momento de pesar entre as possibilidades de tradução para “pobre como las arañas”. Estranhei a expressão, por não conhecê-la em português; com efeito, numa rápida pesquisa na web, não pude me deparar com essa ocorrência ipsis literis, mas sim com o ditado correlato “a aranha vive do que tece”. Como esse dizer implica “é possível se viver estritamente do próprio trabalho ou suor”, dizer “pobre como uma aranha” ainda me soa plausível para este texto, pois o leitor tem maturidade para concluir que a aranha produz e tece a própria teia, e vive (se alimenta e se defende) com a ajuda desse mesmo artifício, aracnídeo engenhoso e laborioso que é. “A aranha vive do que tece” não me parece expressar necessariamente a pobreza, sendo apenas uma alusão insuficiente a ela (poderia ser interpretado como um comentário sobre uma personalidade egoísta e auto-centrada em excesso, por exemplo).

Quem seriam Diego Fulano ou Juan Mengano? Nada mais equivalente aos nossos “Fulanos” e “Sicranos”, substitutivos de “um desconhecido qualquer” na linguagem cotidiana! Ainda assim, mantive “Juan Mengano”, por não ter certeza do quanto a mensagem perderia em simbolismo com a supressão do nome tal qual. “João da Silva” foi uma escolha a mais, devido à abundância de Joões e de Silvas presente no Brasil: é “qualquer destes sujeitos”, desconhecidos a princípio, que pode ser um autor ou re-autor ou co-autor de um texto (quer seja, um tradutor).

O termo aglutinante “não-fazer-nada-em-seu-próprio-tempo” foi a solução que encontrei para uma das passagens subsequentes, principalmente tendo por base o “hacer algo” que o antecede no texto-fonte. A hifenização do binômio (ou estruturas ainda mais amplas) que inicia com um verbo no infinitivo ficou consagrada no português a partir das traduções de filósofos como Martin Heidegger; como autor do século XX, Borges é necessariamente tributário de um certo estilo “existencial” do pensar que caracteriza essa verbalização de ações encaradas num mundo sem transcendência e calcado na imanência e “solidão” ou “auto-suficiência” do sujeito (os tradutores de Heidegger cunharam os termos ser-no-mundo, ser-aí, ser-para-a-morte, etc.; bem como Heidegger e Hannah Arendt se detiveram longamente em estudos sobre os conceitos de ação e fabricação humanas, o que exigiu inovações linguísticas que pudessem transmitir tais conceitos com propriedade nas línguas de chegada), independentemente de a produção dominante de Borges ser ficcional (na realidade, filosofia e literatura se retroalimentam e se entrepenetram continuamente).

Ainda dessa perspectiva (como encaramos a tradução e as inovações do século XX associadas à corrente existencialista), “vestuario” para mim alcança uma significação muito mais profunda neste contexto, estando mais para “pele” em sentido metafórico ou “caráter”, “gênio”, em sentido mais denotativo, ou seja, tudo que constitui a singularidade do ser e do artista. Daí eu escolher traduzir o simples substantivo por dois verbos de conjugação pronominal, investir-se e revestir-se. Nós nos investimos da vida do autor precedente ou original, nos revestimos nós próprios da “roupa”, das idéias, deste ente primário, “incorporamo-lo”, por um breve espaço de tempo, é verdade, mas que fica eternizado na escrita. Aí subjazem outros conceitos interessantes explorados pela Escola de Chicago da Sociologia, capitaneada por Erving Goffman (máscaras, personas, etc.).

Como o original, creio que pude manter a principal característica do texto no idioma de chegada: a ambiguidade do significado. No fundo, todo tradutor, por mais que parta de pressupostos distintos, percorre as mesmas sendas. Quem sabe Ulisses e Joyce não sejam a mesma pessoa?

Tradutor: Rafael de Araújo Aguiar

HANNAH BAKER

LINGUÍSTICA TEXTUAL – Mariangela Rios de Oliveira

 

supuração do tratamento lingüístico

 

respeite o otomano que há dentro de você

respeite o outro mano que há dentro de você

debaixo do capuz de ganster

quando desliga o headphone azul

 

LT: O estudo do texto. (que surpresa!)

 

Para abrir muitas portas para você no mundo acadêmico, utilize CHAVÕES. Um (dois) deles: coesão e coerência.

 

COESÃO

 

  • Referência

 

exoforia, endoforia

anáfora, catáfora

 

ex: pronomes pessoais e possessivos, substantivos aglutinadores

 

PT reasons uai

13 risos por quê

 

  • Substituição

 

ex: sinônimos (sintagmas¹)

 

¹ Apropriação terminológica mais nefasta de um campo do saber!

 

Como pode ser um elo perdido se para ser ‘perdido’ primeiro tivera de ser achado?

 

  • L

(Elisão ou anáfora zero)

 

a elisão de Elisa Samúdio

 

o sujeito é dispensável

 

I I I

Always the center of the world!

 

é nois, somos eu

tanto faz, tanto feiz

 

  • Conjunção

 

ex: então, enfim

retomando o fio da meda após digressionar

 

 

  • Lexical

 

ex: (oralidade) assim assado tipo mais ou menos advérbios substantivos com sufixos que conotem exagero ou facilitem o contraste (aumentativo/diminutivo): vidinha magrinha chocadíssima chocadérrima

(escrita) termos genéricos englobantes como processo, problema ou expressões idiomáticas

 

COERÊNCIA

 

Lolita e seus sentidos

 

  • Domínio linguístico

 

hesitações, alongamentos (quatro pontos) (::)

rupturas (/)

 

clitóris clíticos

 

  • Domínio pragmático
  • Domínio extra-linguístico

conversão de artigos indefinidos em artigos definidos e pronomes possessivos

 

Santa Hipocrísia

A CONDIÇÃO HUMANA

Hannah Arendt – revisão e apresentação de Adriano Correia, tradução de Roberto Raposo

DIC:

moulin: engenho

predicament/Verlegenheit: constrangimento

O alemão Arbeit se aplicava originalmente apenas ao trabalho agrícola executado por servos, e não à obra do artesão, que era chamada Werk. O francês travailler substituiu o mais antigo labourer e deriva de tripalium, uma espécie de tortura. (cf. Grimm e Lucien Fèbre)” “o verbo werken é pouco utilizado, enquanto o substantivo Werk ainda é usual no vocabulário alemão corrente”

Para a presente tradução foram consultadas com freqüência as traduções alemã (Vita activa – oder Vom tätigen Leben, Piper, 2007), francesa (Condition de l’homme moderne, trad. Georges Fradier, Calmann-Lévy, 2007) e espanhola (La condición humana, trad. Ramón Gil Novales, Paidós, 2005).”

Nas últimas páginas da primeira edição de As origens do totalitarismo, Arendt faz uma referência peculiar ao conceito kantiano de <mal radical>, que teria surgido <em conexão com um sistema no qual todos os homens se tornaram igualmente supérfluos>.” “o mal absoluto contido na possibilidade de erradicação da pluralidade da face da Terra”

Na última frase do livro, ela observa que <as soluções totalitárias podem bem sobreviver à queda dos regimes totalitários na forma de fortes tentações que surgirão sempre que parecer impossível aliviar a miséria política, social ou econômica de um modo digno do homem>.”

julga que o totalitarismo é uma nova forma de dominação que representa a destruição do político

o desamparo organizado é consideravelmente mais perigoso que a impotência desorganizada de todos aqueles que são governados pela vontade tirânica e arbitrária de um único homem.”

o início, antes de se tornar um evento histórico, é a suprema capacidade do homem (…) Initium ut esset homo creatus est – <para que houvesse um início o homem foi criado>, disse Agostinho (A cidade de Deus, Livro 12, cap. 20).” “Se Kant tivesse conhecido a filosofia da natalidade de Agostinho, provavelmente teria concordado que a liberdade da espontaneidade relativamente absoluta não é mais embaraçosa para a razão humana do que o fato de os homens nascerem – continuamente recém-chegados a um mundo que os precede no tempo.” “Os homens, como entes do mundo, são politicamente não seres para a morte, mas permanentes afirmadores da singularidade que o nascimento inaugura.”

no plano teórico, ao conceber o trabalho como criador de todos os valores e glorificar a atividade tradicionalmente mais desprezada, Karl Marx teria apenas radicalizado as posições de Adam Smith, para quem o trabalho era o criador de toda riqueza, e de John Locke, para quem o trabalho era a fonte do direito de propriedade.”

O trabalho, entretanto, é uma <atividade na qual o homem não está junto ao mundo nem convive com os outros, mas está sozinho com seu corpo ante a pura necessidade de manter-se vivo>, e justamente por isso é radicalmente antipolítica.”

Para Arendt, <a mais séria lacuna em As origens do totalitarismo é a ausência de uma análise conceitual e histórica adequada do pano de fundo ideológico do bolchevismo. Essa omissão foi deliberada. (…) O racismo e o imperialismo, o nacionalismo tribal dos pan-movimentos e o antissemitismo não mantinham relação com as grandes tradições filosóficas e políticas do Ocidente. A aterradora originalidade do totalitarismo (…) é facilmente negligenciada se se enfatiza demasiadamente o único elemento que tem atrás de si uma tradição respeitável e cuja discussão crítica requer a crítica de alguns dos mais importantes preceitos da filosofia política ocidental: o Marxismo>, apud Jerome Kohn” “Arendt afirma em Entre o passado e o futuro, que <a tradição de nosso pensamento político teve seu início definido nos ensinamentos de Platão e Aristóteles. Creio que ela chegou a um fim não menos definido nas teorias de Karl Marx>, que manifestavam a intenção de abjurar a filosofia e buscar realizá-la na política.” “a ruptura de Marx com a tradição da filosofia, partindo da theoria ou contemplação em direção à práxis, não foi tão profunda, uma vez que não se traduziu em uma recusa da compreensão da práxis como poiesis; da ação como fabricação, nem redundou no reconhecimento da dignidade própria ao domínio político.”

Elizabeth Young-Bruehl, na sua ainda definitiva biografia sobre Arendt” “Conferir ainda a carta a Martin Heidegger, de 8 de maio de 1954 (Hannah Arendt/Martin Heidegger – correspondência: 1925-1975, Relume-Dumará, 2001).” Curiosidade supérflua: a correspondência entre H.A. e M.H. abrange, como se pode ver, 50 anos. A correspondência entre H.A. e Karl Jaspers abrange 43 anos.

Arendt distingue o mundo moderno, que teria começado politicamente com as explosões atômicas, da era moderna, que começou cientificamente no século XVII e terminou no limiar do século XX.”

Enredada no ciclo de esgotamento e regeneração que preside os processos corporais, a atividade do trabalho experimenta o tempo como um contínuo devir de processos circulares. (…) Esses produtos não demoram no mundo tempo suficiente para formarem parte dele nem desfrutam da durabilidade necessária para transcender o tempo de vida de seus produtores – o trabalho jamais transcende a vida.”

a redenção da vida, sustentada pelo trabalho, é a mundanidade, sustentada pela fabricação.”

A despeito de conceber seus produtos no isolamento, ou na companhia de poucos ajudantes ou aprendizes, o homo faber, na medida em que também visa a exibir e trocar seus produtos, acaba por instaurar como lugar de reunião um mercado de trocas, externo ao espaço de produção e à atividade da fabricação (…), mas ainda assim uma extensão sua. (…) <ao contrário do animal laborans, cuja vida social é sem mundo e gregária, e que, portanto, é incapaz de construir ou habitar domínio público, mundano, o homo faber é perfeitamente capaz de ter um domínio público próprio, embora não possa ser um domínio político propriamente dito>. O homo faber, como fabricante de coisas e produtor do mundo, relaciona-se com os outros como homo faber apenas no mercado de trocas no qual exibe seus produtos. [Facebook, Twitter, WordPress e Recanto das Letras!] (…) Arendt assinala que já entre os antigos gregos e romanos os artífices constituíam uma comunidade a ocupar o limiar em que os produtos privados têm de ser exibidos em público e o espaço público é ocupado de um modo a-político” “O utilitarismo sistemático, que Hannah Arendt julga ser, por excelência, a filosofia do homo faber, engendra como seu inelutável efeito colateral a completa ausência de significado.”

<vemos agora surgir, de várias maneiras, a cultura de uma sociedade em que o comércio é a alma, assim como a peleja individual para os antigos gregos, e a guerra, a vitória e o direito para os romanos.> Nietzsche, Aurora (aforismo 175)

No final de Sobre a revolução, ela menciona o trecho de Édipo em Colono, no qual se traduz a sabedoria de Sileno, o sátiro companheiro de Dioniso: <não ter nascido se sobrepõe a todo significado revelado em palavras; de longe, a segunda melhor coisa para a vida, uma vez que ela tenha aparecido, é retornar o mais rapidamente possível para o lugar de onde veio.>”

A vida só começa aos -273º

se a soberania e a liberdade fossem realmente a mesma coisa, nenhum homem poderia ser livre, pois a soberania, o ideal da inflexível autossuficiência e autodomínio, contradiz a própria condição da pluralidade.”

Essa ocorrência simultânea de liberdade com não soberania parece indicar que a existência humana é mesmo absurda e que Platão teria razão ao recomendar que não levássemos muito a sério o domínio dos assuntos humanos, pois aí operamos como marionetes de algum deus.”

quanto temos de transformar as vidas privadas dos pobres?”

homem – diz ela – é a-político. A política surge no entre-os-homens: portanto, totalmente fora dos homens. Por conseguinte, não existe nenhuma substância política original.”

Agamben – L’aperto: l’uomo e l’animale

Homo sacer – o poder soberano e a vida nua

o animal laborans jamais poderia dizer, como Maquiavel o fez mais de uma vez: <amo mais Florença que minha vida ou a salvação da minha alma>”

* * *

Esse homem futuro, que os cientistas nos dizem que produzirão em menos de um século, parece imbuído por uma rebelião contra a existência humana tal como ela tem sido dada – um dom gratuito vindo de lugar nenhum (secularmente falando) que ele deseja trocar, por assim dizer, por algo produzido por ele mesmo. Não há razão para duvidar de que sejamos capazes de realizar tal troca, assim como não há motivo para duvidar de nossa atual capacidade de destruir toda vida orgânica na Terra. A questão é apenas se desejamos usar nessa direção nosso novo conhecimento científico e técnico, e essa questão não pode ser decidida por meios científicos; é uma questão política de primeira grandeza, cuja decisão, portanto, não pode ser deixada a cientistas profissionais ou a políticos profissionais.” (1957)

Se for comprovado o divórcio entre o conhecimento (no sentido moderno de conhecimento técnico [know-how]) e o pensamento, então passaríamos a ser, sem dúvida, escravos indefesos, não tanto de nossas máquinas quanto de nosso conhecimento técnico, criaturas desprovidas de pensamento à mercê de qualquer engenhoca tecnicamente possível, por mais mortífera que seja.”

atualmente as ciências são forçadas a adotar uma <linguagem> de símbolos matemáticos que, embora originariamente concebida apenas como uma abreviação de afirmações enunciadas, contém agora afirmações que de modo algum podem ser retraduzidas em discurso.”

É uma sociedade de trabalhadores a que está para ser liberada dos grilhões do trabalho, uma sociedade que já não conhece aquelas outras atividades superiores e mais significativas em vista das quais essa liberdade mereceria ser conquistada.” “Até presidentes, reis e primeiros-ministros concebem seus cargos como um emprego necessário à vida da sociedade, e, entre os intelectuais, restam somente indivíduos solitários que consideram o que fazem como uma obra, e não como meio de ganhar o próprio sustento.”

Não houve um Adão nem uma Eva no reino animal.

A pluralidade é a condição da ação humana porque somos todos iguais, isto é, humanos, de um modo tal que ninguém jamais é igual a qualquer outro que viveu, vive ou viverá.”

PONTADA NO “MARIDO TRANSATLÂNTICO”: “Além disso, como a ação é a atividade política por excelência, a natalidade, e não a mortalidade, pode ser a categoria central do pensamento político, em contraposição ao pensamento metafísico.”

Tudo o que adentra o mundo humano por si próprio, ou para ele é trazido pelo esforço humano, torna-se parte da condição humana. (…) por ser uma existência condicionada, a existência humana seria impossível sem coisas, e estas seriam um amontoado de artigos desconectados, um não-mundo, se não fossem os condicionantes da existência humana.” “A mudança mais radical da condição humana que podemos imaginar seria uma emigração dos homens da Terra para algum outro planeta. (…) O trabalho, a obra, a ação e, na verdade, mesmo o pensamento, como o conhecemos, deixariam de ter sentido. No entanto, até esses hipotéticos viajores da Terra ainda seriam humanos; mas a única afirmativa que poderíamos fazer quanto à sua <natureza> é que são ainda seres condicionados, embora sua condição seja agora, em grande parte, produzida por eles mesmos.”

a quaestio mihi factus sum (<a questão que me tornei para mim mesmo> de Agostinho” “Ag., geralmente considerado o primeiro a levantar a chamada questão antropológica na filosofia” “tu, quis es? [Confissões, x. 6]” “<O que sou então, meu Deus? Qual é a minha natureza?> – Quid ergo sum, Deus meus? Quae natura sum? [x. 17]. Pois no <grande mistério>, no grande profundum [iv. 14], há <algo do homem [aliquid hominis] que o espírito do homem que nele está não sabe. Mas tu, Senhor, que o fizeste [fecisti eum], tudo sabes a seu respeito [eius omnia]> [x. 5]” “A questão da natureza do homem é uma questão teológica tanto quanto a questão da natureza de Deus; ambas só podem ser resolvidas dentro da estrutura de uma resposta divinamente revelada.” “as tentativas de definir natureza humana resultam quase invariavelmente na construção de alguma deidade, isto é, no deus dos filósofos que, desde Platão, revela-se, em um exame mais acurado, como uma espécie de idéia platônica do homem. Naturalmente, desmascarar tais conceitos filosóficos do divino como conceitualizações das capacidades e qualidades humanas não é uma demonstração da não-existência de Deus, e nem mesmo constitui argumento nesse sentido”

RESUMO DA TESE DO LIVRO: “as condições da existência humana – a vida, a natalidade e a mortalidade, a mundanidade, a pluralidade e a Terra – jamais podem <explicar> o que somos ou responder à pergunta sobre quem somos, pela simples razão de que jamais nos condicionam de modo absoluto. Essa sempre foi a opinião da filosofia em contraposição às ciências (antropologia, psicologia, biologia, etc.) que também se ocupam do homem. Mas hoje podemos quase dizer que já demonstramos, mesmo cientificamente, que, embora vivamos sob condições terrenas, e provavelmente viveremos sempre, não somos meras criaturas terrenas. A moderna ciência natural deve os seus maiores triunfos ao fato de ter considerado e tratado a natureza terrena de um ponto de vista verdadeiramente universal, isto é, de um ponto de vista arquimediano escolhido, voluntária e explicitamente, fora da Terra.”

o artesão, ao fazer um contrato de trabalho, abria mão de 2 dos 4 elementos de seu status de homem livre (a saber, liberdade de atividade econômica e direito de movimentação irrestrista), mas por vontade própria e temporariamente” Westermann

o modo de vida do déspota, pelo fato de ser <meramente> uma necessidade, não podia ser considerado livre e nada tinha a ver com o bios politikos.”

Com o desaparecimento da antiga cidade-Estado, o bios theoretikos, traduzido como vita contemplativa, era agora o único modo de vida realmente livre.

Contudo, a enorme superioridade da contemplação sobre qualquer outro tipo de atividade, inclusive a ação, não é de origem cristã.” “a posterior pretensão dos cristãos de serem livres de envolvimento em assuntos mundanos, de todos os negócios deste mundo, foi precedida pela apolitia filosófica da Antiguidade tardia, e dela se originou.”

A palavra grega skhole, como a latina ocium, significa basicamente isenção de atividade política e não simplesmente lazer, embora ambas sejam também usadas para indicar isenção do trabalho e das necessidades da vida. De qualquer modo, indicam sempre uma condição de liberação de preocupações e cuidados.”

Fustel de Coulanges – A cidade antiga

Todo movimento, os movimentos do corpo e da alma, bem como do discurso e do raciocínio devem cessar diante da verdade. Esta, seja a antiga verdade do Ser ou a verdade cristã do Deus vivo, só pode revelar-se em meio à completa tranqüilidade humana. Tomás de Aquino ressalta a tranqüilidade da alma, e recomenda a vida activa porque ela extenua e, portanto, <aquieta as paixões interiores> e prepara para a contemplação (Suma teológica, ii. 2. 182. 3).”

Até o início da era moderna, a expressão vita activa jamais perdeu sua conotação negativa de <in-quietude>, nec-octium, a-skholia.”

nenhuma obra de mãos humanas pode igualar em beleza e verdade o kosmos físico, que revolve em torno de si mesmo, em imutável eternidade, sem qualquer interferência ou assistência externa” “Do ponto de vista da contemplação, não importa o que perturba a necessária quietude, mas que ela seja perturbada. § Tradicionalmente, portanto, a expressão vita activa recebe seu significado da vita contemplativa

der Bedürftigkeit eins lebendigen Köpers, an den die Kontemplation gebunden bleibt – à necessidade de um corpo vivo, ao qual a contemplação permanece vinculada”

Agostinho fala do dever da caridade, que seria insuportável sem a <doçura> (suavitas) e o <deleite da verdade> obtido na contemplação (A cidade de Deus, xix. 19).”

títulos de livro: O ÔNUS DO ÓCIO

MÁSCARA DO MASCARADO

O consagrado ressentimento do filósofo contra a condição humana de possuir um corpo não é a mesma coisa que o antigo desprezo pelas necessidades da vida; a sujeição à necessidade era apenas um dos aspectos da existência corpórea, e uma vez libertado dessa necessidade o corpo era capaz daquela aparência pura que os gregos chamavam de beleza.”

se o uso da expressão vita activa, como aqui o proponho, está em manifesta contradição com a tradição, é que duvido não da validade da experiência subjacente à distinção, mas antes da ordem hierárquica inerente a ela desde o início.” “o enorme valor da contemplação na hierarquia tradicional embaçou as diferenças e articulações no âmbito da própria vita activa (…) a despeito das aparências, essa condição não foi essencialmente alterada pelo moderno rompimento com a tradição nem pela inversão final da sua ordem hierárquica, em Marx e Nietzsche. A estrutura conceitual permaneceu mais ou menos intacta, e isso se deve à própria natureza do ato de <virar de cabeça para baixo> os sistemas filosóficos ou os valores atualmente aceitos, isto é, à natureza da própria operação.” Agora, dá a mão a Heidegger.

o sábio estóico deixou de ser um cidadão do seu país e passou a ser um cidadão do universo.”

Ao discutir formas asiáticas de adoração e as crenças em um Deus invisível, Heródoto menciona explicitamente que, em comparação com esse Deus transcendente (como diríamos hoje), situado além do tempo, da vida e do universo, os deuses gregos eram antropophyeis, i.e., tinham a mesma natureza e não apenas a mesma forma do homem.” “Os homens são <os mortais>, as únicas coisas mortais que existem, porque, ao contrário dos animais, não existem apenas como membros de uma espécie cuja vida imortal é garantida pela procriação.” “Essa vida individual difere de todas as outras coisas pelo curso retilíneo do seu movimento, que, por assim dizer, trespassa o movimento circular da vida biológica.”

Homero ainda não conhece a palavra pragmata, que em Platão (ta ton anthropon pragmata) é mais bem traduzida como <negócios humanos> e tem a conotação de inquietação e futilidade.”

só os melhores (os aristoi), que constantemente provam serem os melhores (aristeuein, verbo que não tem equivalente em nenhuma outra língua) e que <preferem a fama imortal às coisas mortais>, são realmente humanos” “Essa era ainda a opinião de Heráclito, opinião da qual dificilmente se encontra equivalente em qualquer filósofo depois de Sócrates.” “é somente em Platão que a preocupação com o eterno e a vida do filósofo são vistas como inerentemente contraditórias e em conflito com a luta pela imortalidade, que é o modo de vida do cidadão, o bios politikos.”

nunc stans (<aquilo que é agora>)”

Politicamente falando, se morrer é o mesmo que <deixar de estar entre os homens>, a experiência do eterno é uma espécie de morte, e a única coisa que a separa da morte real é que ela não é definitiva, porque nenhuma criatura viva pode suportá-la durante muito tempo.”

A queda do Império Romano demonstrou claramente que nenhuma obra de mãos mortais pode ser imortal”

nem mesmo a ascendência do secular na era moderna e a concomitante inversão da hierarquia tradicional entre ação e contemplação foram suficientes para resgatar do oblívio a procura da imortalidade”

nem um animal nem um deus é capaz de ação: o bardo canta feitos de deuses e homens, não histórias de deuses e histórias de homens. De modo análogo, a Teogonia de Hesíodo trata não dos feitos dos deuses, mas da gênese do mundo (116)”

Essa reação especial entre e ação e estar junto parece justificar plenamente a antiga tradução zoon politikon de Aristóteles como animal socialis, que já encontramos em Sêneca e depois, com Tomás de Aquino, tornou-se a tradução consagrada: homo est naturaliter politicus, id est, socialis. Melhor que qualquer teoria elaborada, essa substituição inconsciente do político pelo social revela até que ponto havia sido perdida a original compreensão grega da política. É significativo, mas não decisivo, que a palavra <social> seja de origem romana e não tenha equivalente na língua ou no pensamento gregos.” “somente com o ulterior conceito de uma societas generis humani, uma <sociedade da espécie humana>, é que o termo <social> começa adquirir o sentido geral de condição humana fundamental.”

Ou a cidade desagregava a família, com o tempo, ou não poderia perdurar” Fustel de Coulanges “Não só o abismo entre o lar e a cidade era muito mais profundo na Grécia do que em Roma, mas somente na Grécia a religião olímpica, que era a religião de Homero e da cidade-Estado, era separada da religião mais antiga da família e do lar, e superior a esta. Enquanto Vesta, a deusa da lareira, passou a ser a protetora de uma <lareira da cidade> e tornou-se parte do culto político oficial após a unificação e segunda fundação de Roma, sua equivalente grega”

A tradução literal das últimas linhas de Antígona (1350-54) é a seguinte: <Mas as grandes palavras, neutralizando (ou revidando) os grandes golpes dos soberbos, ensinam a compreensão na velhice.> O conteúdo dessas linhas é tão enigmático para a compreensão moderna que raramente se encontra um tradutor que ouse dar a elas seu sentido estrito. Uma exceção é a tradução de Hölderlin: <Grosse Blicke aber, / Grosse Streiche der hohen Schultern / Vergeltend, / Sie haben im Alter gelehrt, zu denken.> Uma anedota contada por Plutarco ilustra, em nível muito menos elevado, a ligação entre agir e falar. Certa vez, um homem aproximou-se de Demóstenes e disse o quanto foi violentamente espancado. <Mas>, disse Demóstenes, <não sofreste nada do que estás me dizendo>. O outro levantou a voz em seguida e exclamou: <Eu não sofri nada?><Agora>, disse Demóstenes, <escuto a voz de quem foi ofendido e sofreu> (Vidas, <Demóstenes>). Um último vestígio dessa antiga conexão entre o discurso e o pensamento, ausente em nossa noção de exprimir o pensamento por meio de palavras, pode ser encontrado na popular frase de Cícero: ratio et oratio.”

a maioria das ações políticas, na medida em que permanecem fora da esfera da violência, são realmente realizadas por meio de palavras; mais fundamentalmente, o ato de encontrar as palavras certas no momento certo, independentemente da informação ou comunicação que transmitem, constitui uma ação.” “Na pólis, a ação e o discurso separaram-se e tornaram-se atividades cada vez mais independentes. (…) Característico desse desdobramento é o fato de que todo político era chamado de <rétor> e que a retórica, a arte de falar em público, em oposição à dialética, que era a arte do discurso filosófico, era definida por Aristóteles como a arte da persuasão (cf. Retórica, 1354a12ss., 1355b26ss.). (A distinção, aliás, vem de Platão, Górgias, 448.) É nesse sentido que devemos compreender a opinião grega acerca do declínio de Tebas, atribuído ao fato de terem os tebanos abandonado a retórica em favor do exercício militar (veja-se Jacob Burckhardt, Griechische Kulturgeschichte, ed. Kroener, III, 190).”

Ser político, viver em uma pólis, significava que tudo era decidido mediante palavras e persuasão, e não força e violência. Para os gregos, forçar pessoas mediante violência, ordenar ao invés de persuadir, eram modos pré-políticos de lidar com as pessoas típicos da vida fora da pólis, característicos do lar e da vida em família, em que o chefe da casa imperava com poderes incontestes e despóticos, ou da vida nos impérios bárbaros da Ásia, cujo despotismo era freqüentemente comparado à organização doméstica.” rePOLInização familiar

A antiga liberdade do cidadão romano desapareceu quando os imperadores romanos adotaram o título de dominus, <ce nom qu’Auguste et que Tibère encore repoussaient comme une malédiction et une injure> (H. Wallon, Histoire de l’esclavage dans l’antiquité (1847), III, 21).”

O pensamento político que corresponde a esse desdobramento já não é a ciência política, e sim a <economia nacional> ou a <economia social>” “Assim, é-nos difícil compreender que, segundo o pensamento dos antigos sobre esses assuntos, o próprio termo <economia política> teria sido contraditório: pois o que fosse <econômico>, relacionado com a vida do indivíduo e a sobrevivência da espécie, não era assunto político, mas doméstico por definição.”

Não pretendemos negar com isso que o Estado-nação e sua sociedade surgiram do reino feudal e do feudalismo, em cuja estrutura a família e a casa têm importância jamais igualada na Antiguidade Clássica. A <nação> medieval era um conglomerado de famílias”

Coulanges vê na lei ateniense que tornou dever filial sustentar os pais a prova da perda do poder paterno. Contudo, o poder paterno só era limitado quando entrava em conflito com os interesses da cidade, e nunca em benefício do membro da família como indivíduo. Assim, a prática de vender crianças e enjeitar [deserdar] filhos pequenos foi exercida durante toda a Antiguidade (cf. R. H. Barrow, Slavery in the Roman Empire (1928))”

O que impediu a pólis de violar as vidas privadas dos seus cidadãos, e a fez ver como sagrados os limites que cercavam cada propriedade, não foi o respeito pela propriedade privada como a conhecemos, mas o fato de que, sem possuir uma casa, um homem não podia participar dos assuntos do mundo porque não tinha nele lugar algum que fosse propriamente seu. Até Platão, cujos planos políticos previam a abolição da propriedade privada e a expansão da esfera pública ao ponto de aniquilar completamente a vida privada, ainda falava com grande reverência de Zeus Herkeios, o protetor das fronteiras, e chamava de divinos os horoi, os limites entre os Estados, sem nisso ver qualquer contradição. É interessante notar que havia cidades gregas onde os cidadãos eram obrigados por lei a dividir entre si suas colheitas e consumi-las em comum, embora cada um deles tivesse propriedade absoluta e inconteste do seu pedaço de terra.”

a violência é o ato pré-político de liberar-se da necessidade da vida para conquistar a liberdade no mundo.” “ser um escravo significava estar sujeito, também, à violência praticada pelo homem. Essa <infelicidade> dupla e redobrada da escravidão é inteiramente independente do efetivo bem-estar subjetivo do escravo. Assim, um homem livre e pobre preferia a insegurança de um mercado de trabalho que mudasse diariamente a uma ocupação regular e garantida; esta última, por lhe restringir a liberdade de fazer o que desejasse a cada dia, já era considerada servidão (douleia), e até o trabalho árduo e penoso era preferível à vida tranqüila de muitos escravos domésticos. (…) vd. Xenofonte – Memorabilia (ii.8)

Ser livre significava nem governar nem ser governado. Segundo Coulanges, todas as palavras gregas e latinas que exprimem algum tipo de governo de um homem sobre os outros, como rex, pater, anax, basileus, referiam-se originariamente a relações domésticas e eram nomes que os escravos davam a seus senhores.”

A igualdade, portanto, longe de estar ligada à justiça, como nos tempos modernos, era a própria essência da liberdade” Finalmente um lugar para aplicar o lema francês.

Em alemão, a palavra Volkswirtschaftslehre sugere que existe um sujeito coletivo da atividade econômica”

O que continua a ser surpreendente é que tenha sido Maquiavel o único teórico político pós-clássico que, em um extraordinário esforço para restaurar a antiga dignidade da política, percebeu o abismo e compreendeu até certo ponto a coragem necessária para transpô-lo, que o descreveu na elevação <do Condottiere de uma baixa posição para um alto posto> vd. Discursos, Livro II, Cap. 13.”

<Já no tempo de Sólon, a escravidão era considerada pior que a morte> (Robert Schlafer, <Greek theories of slavery from Homer to Aristotle>, Harvard studies in classical philology (1936), 47.)” “convém lembrar que a maioria dos escravos era de inimigos derrotados. E os escravos gregos eram geralmente da mesma nacionalidade que os seus senhores; haviam demonstrado sua natureza escrava por não terem cometido suicídio e, como a coragem era a virtude política par excellence, haviam demonstrado com isso sua indignidade <natural>. A atitude em relação aos escravos mudou no Império Romano, não só devido à influência do estoicismo, mas porque uma proporção muito maior da população escrava era escrava de nascimento.”

Era <[vida] boa> exatamente porque, tendo dominado as necessidades do mero viver, tendo se libertado do trabalho e da obra e superado o anseio inato de sobrevivência comum a todas as criaturas vivas, deixava de ser limitada ao processo biológico da vida.” !!!

O primeiro eloqüente explorador da intimidade e, até certo ponto, o seu teórico foi Jean-Jacques Rousseau, que, de modo bastante característico, é o único grande autor ainda citado freqüentemente pelo primeiro nome.” “A intimidade do coração, ao contrário do lar privado, não tem lugar objetivo e tangível no mundo, e a sociedade contra a qual ela protesta e se afirma não pode ser localizada com a mesma certeza que o espaço público.”

A observação de Sêneca, que, ao discutir a utilidade de ter escravos altamente instruídos (que sabem de cor todos os clássicos) para um senhor supostamente um tanto ignorante, comenta: <O que a casa sabe, o senhor sabe> (Ep. 27:6, citado por Barrow).”

o domínio público era reservado à individualidade; era o único lugar em que os homens podiam mostrar quem realmente eram e o quanto eram insubstituíveis.”

É o mesmo conformismo, a suposição de que os homens se comportam ao invés de agir em relação aos demais, que está na base da moderna ciência da economia, cujo nascimento coincidiu com surgimento da sociedade e que, juntamente com seu principal instrumento técnico, a estatística, se tornou a ciência social por excelência.” “A economia clássica pressupunha que o homem, na medida em que é um ser ativo, age exclusivamente por interesse próprio e é movido por um único desejo, o desejo de aquisição. A introdução, por Adam Smith, de uma <mão invisível para promover um fim que não fazia parte da intenção (de ninguém)> demonstra que mesmo esse mínimo de ação, com a sua motivação uniforme, contém ainda demasiada iniciativa imprevisível para o estabelecimento de uma ciência. Marx desenvolveu a economia clássica mais ainda ao substituir os interesses individuais e pessoais por interesses de grupo ou de classe, e ao reduzir esses interesses de classe a duas classes principais, de capitalistas e operários, de sorte que só lhe restou um conflito em que a economia clássica enxergava uma multidão de conflitos contraditórios. O motivo pelo qual o sistema econômico de Marx é mais consistente e coerente, e, portanto, aparentemente muito mais <científico> que os de seus predecessores, reside primordialmente na construção do <homem socializado>, que é um ser ainda menos ativo que o <homem econômico> da economia liberal.”

Aplicar à política ou à história a lei dos grandes números e dos longos períodos equivale a obliterar voluntariamente o próprio objeto dessas duas” “Politicamente, isso significa que, quanto maior é a população de qualquer corpo político, maior é a probabilidade de que o social, e não o político, constitua o domínio público. Os gregos, cuja cidade-Estado foi o corpo político mais individualista e menos conformista que conhecemos, tinham plena consciência do fato de que a pólis, com a sua ênfase na ação e no discurso, só poderia sobreviver se o número de cidadãos permanecesse restrito. Grandes números de pessoas amontoadas desenvolvem uma inclinação quase irresistível na direção do despotismo, seja o despotismo de uma pessoa ou o do governo da maioria” Imagine só 9 bilhões de Aloísios…

Estatisticamente, isso resulta em um declínio da flutuação. (…) A uniformidade estatística não é de modo algum um ideal científico inócuo; é sim o ideal político, não mais secreto, de uma sociedade que, inteiramente submersa na rotina da vida cotidiana, aceita pacificamente a concepção científica inerente à sua própria existência.”

Não Karl Marx, mas os próprios economistas liberais tiveram de introduzir a <ficção comunista>, i.e., supor a existência de um único interesse da sociedade como um todo, que com <uma mão invisível> guia o comportamento dos homens e produz a harmonia de seus interesses conflitantes.”

Myrdal – The political element in the development of economic theory

O que Marx não compreendeu – e em seu tempo seria impossível compreender – é que os germes da sociedade comunista estavam presentes na realidade de um lar nacional, e o que atravancava o completo desenvolvimento dela não era qualquer interesse de classe como tal, mas somente a já obsoleta estrutura monárquica do Estado-nação.”

O que tradicionalmente chamamos de Estado e de governo cede lugar aqui à mera administração – um estado de coisas que Marx previu corretamente como o <definhamento do Estado>, embora estivesse errado ao presumir que somente uma revolução pudesse provocá-lo, e mais errado ainda quando acreditou que essa completa vitória da sociedade significaria o eventual surgimento do <reino da liberdade>.”

a economia, que altera padrões de comportamento somente nesse campo bastante limitado da atividade humana, foi finalmente sucedida pela pretensão oniabrangente das ciências sociais, que, como <ciências do comportamento>, visam a reduzir o homem como um todo, em todas as suas atividades, ao nível de um animal comportado e condicionado. Se a economia é a ciência da sociedade em suas primeiras fases, quando suas regras de comportamento podiam ser impostas somente a determinados setores da população e a uma parcela de suas atividades, o surgimento das <ciências do comportamento> indica claramente o estágio final desse desdobramento, quando a sociedade de massas já devorou todas as camadas da nação e o <comportamento social> converteu-se em modelo de todas as áreas da vida.”

Todas as palavras européias para <trabalho> – o latim e o inglês labor, o grego ponos, o francês travail, o alemão Arbeit – significam dor e esforço e são usadas também para as dores do parto. Labor tem a mesma raiz etimológica que labare (<cambalear sob uma carga>); ponos e Arbeit têm as mesmas raízes etimológicas que <pobreza> (penia em grego e Armut em alemão). Mesmo Hesíodo, tido como um dos poucos defensores do trabalho na Antiguidade, via ponon alginoenta (<o trabalho penoso>) como o primeiro dos males que atormentavam os homens (Teogonia, 226). Quanto ao uso grego, conferir G. Herzog-Hauser, Ponos, em Pauly-Wissowa. As palavras alemãs Arbeit e arm derivam ambas do germânico arbma-, que significava solitário e desprezado, abandonado. Veja-se Kluge & Götze, Etymologisches Wörterbuch (1951). No alemão medieval, usam-se essas palavras para traduzir labor, tribulatio, persecutio, adversitas, malum (cf. Klara Vontobel, Das Arbeitsethos des deutschen Protestantismus (Dissertation, Berna, 1946)).”

A tão citada observação de Homero – de que Zeus retira metade da excelência (areté) de um homem no dia em que ele sucumbe à escravidão (Odisséia, 17:320ss.) – é colocada na boca de Eumeu, ele mesmo um escravo, significando uma mera afirmação objetiva, e não uma crítica ou um julgamento moral. O escravo perde a excelência porque perde a admissão ao domínio público, onde a excelência pode se revelar.”

Embora nos tenhamos tornado excelentes na atividade do trabalho que realizamos em público, a nossa capacidade de ação e de discurso perdeu muito de seu antigo caráter desde que a ascendência do domínio social baniu estes últimos para a esfera do íntimo e do privado. Essa curiosa discrepância não passou despercebida do público, que geralmente a atribui a uma suposta defasagem entre nossas capacidades técnicas e nosso desenvolvimento humanístico em geral, ou entre as ciências físicas, que alteram e controlam a natureza, e as ciências sociais, que ainda não sabem como alterar e controlar a sociedade.”

Para nós, a aparência – aquilo que é visto e ouvido pelos outros e por nós mesmos – constitui a realidade. Em comparação com a realidade que decorre do ser visto e ouvido, mesmo as maiores forças da vida íntima – as paixões do coração, os pensamentos do espírito, os deleites dos sentidos – levam uma espécie de existência incerta e obscura, a não ser que, e até que, sejam transformadas, desprivatizadas e desindividualizadas, por assim dizer, de modo que assumam um aspecto adequado à aparição pública. Esse é também o motivo pelo qual é impossível <traçar o perfil de qualquer escravo que viveu […]. Até alcançarem a liberdade e a notoriedade, todos os escravos são tipos obscuros, mais que pessoas> (Barrow, Slavery in the Roman Empire, p. 156).”

Goethe observou certa vez que envelhecer é <retirar-se gradualmente da aparência> (stufenweises Zurücktretenaus der Erscheinung); a verdade dessa observação, bem como o aspecto real desse processo de desaparecimento, tornam-se bastante tangíveis nos autorretratos dos grandes mestres quando velhos – Rembrandt, Leonardo, etc. –, nos quais a intensidade dos olhos parece iluminar e presidir uma carne que fenece.”

Dada a sua inerente não-mundanidade (worldlessness), o amor só pode ser falsificado e pervertido quando utilizado para fins políticos, como a transformação ou a salvação do mundo.”

O moderno encantamento com <pequenas coisas>, embora pregado pela poesia do início do século XX em quase todas as línguas européias, encontrou sua apresentação clássica no petit bonheur do povo francês. Desde o declínio de seu outrora vasto e glorioso domínio público, os franceses tornaram-se mestres na arte de serem felizes entre <pequenas coisas>, no espaço de suas quatro paredes, entre a cômoda e a cama, a mesa e a cadeira, entre o cachorro, o gato e o vaso de flores, estendendo a essas coisas um cuidado e uma ternura que, em um mundo onde a industrialização rápida extermina constantemente as coisas de ontem para produzir os objetos de hoje, podem até parecer o último recanto puramente humano do mundo.”

Encontrar um vínculo entre as pessoas suficientemente forte para substituir o mundo foi a principal tarefa política da primeira filosofia cristã; e foi Agostinho quem propôs edificar sobre a caridade não apenas a <fraternidade> cristã, mas todas as relações humanas. Essa caridade, porém, muito embora a sua desmundanidade (worldlessness) corresponda claramente à experiência humana geral do amor, é ao mesmo tempo nitidamente diferente dele por ser algo que, como o mundo, está entre os homens”

A não mundanidade como um fenômeno político só é possível com a premissa de que o mundo não durará; mas, com tal premissa, é quase inevitável que a não mundanidade venha, de uma forma ou de outra, a dominar a cena política. Foi o que sucedeu após a queda do Império Romano e parece estar ocorrendo novamente em nosso tempo – embora por motivos diferentes e de forma muito diversa, e talvez bem mais desalentadora.”

Se o mundo deve conter um espaço público, não pode ser construído apenas para uma geração e planejado somente para os que estão vivos, mas tem de transcender a duração da vida de homens mortais.”

nas condições modernas, é tão improvável que alguém aspire sinceramente à imortalidade terrena que possivelmente temos razão de ver nela apenas a vaidade.”

o que importa não é que haja falta de admiração pública pela poesia e pela filosofia no mundo moderno, mas sim que essa admiração não constitui um espaço no qual as coisas são salvas da destruição pelo tempo.”

Verlassenheit

embora a condição dos escravos fosse provavelmente um pouco melhor em Roma que em Atenas, é bastante característico que um escritor romano, Plínio, o Moço, tenha acreditado que, para os escravos, a casa do senhor era o mesmo que a res publica para os cidadãos.” “Essa atitude <liberal>, que podia, em certas circunstâncias, originar escravos muito prósperos e altamente educados, significou apenas que o fato de ser próspero não tinha qualquer realidade na pólis grega, e que ser filósofo não tinha muita importância na república romana.” “Os escravos romanos desempenharam um papel muito maior na cultura romana que o dos escravos gregos na Grécia, onde, por outro lado, o papel destes últimos na vida econômica foi muito mais importante (cf. Westermann, em Pauly-Wissova, p. 984).”

Coulanges (A cidade antiga, Anchor, 1956) afirma: <O verdadeiro significado de familia é propriedade: designa o campo, a casa, dinheiro e escravos> (p. 107). Mas essa <propriedade> não é vista como vinculada à família; pelo contrário, <a família é vinculada ao lar, o lar é ligado ao solo> (p. 62). O importante é que <a fortuna é imóvel como o lar e o túmulo aos quais está vinculada. O homem é que se vai> (p. 74).”

O peculium (as <posses privadas de um escravo>) podia representar somas consideráveis e mesmo incluir escravos próprios (vicarii). Barrow fala da <propriedade que mesmo o mais humilde de sua classe possuía> (Slavery in the Roman Empire, p. 122. Esta obra constitui a melhor descrição do papel do peculium).”

Coulanges menciona uma observação de Aristóteles de que, nos tempos antigos, o filho não podia ser cidadão enquanto o pai estivesse vivo; quando este morria, somente o filho mais velho gozava de direitos políticos.”

todos podiam participar dos mistérios, mas a ninguém era lícito falar deles.” Karl Kerenyi, Die Geburt der Helena (1943-45)

a idéia de que a atividade política é fundamentalmente o ato de legislar, embora de origem romana, é essencialmente moderna e encontrou sua mais alta expressão na filosofia política de Kant”

A palavra pólis tinha originariamente a conotação de algo como <muro-circundante> (ring-wall) e, ao que parece, o latim urbs exprimia também a noção de um <círculo> e derivava da mesma raiz de orbis. Encontramos a mesma relação na palavra inglesa <town>, que, originariamente, como o alemão Zaun, significava cerca (cf. R. B. Onians, The origins of European thought (1954), p. 444, n. 1).”

Os <Livros dos Costumes> ingleses ainda traziam uma <nítida distinção entre o artífice e o cidadão livre, o franke homme da cidade. (…) Se um artífice se tornasse tão rico que desejasse vir a ser um homem livre, devia renegar a sua arte e desfazer-se de todos os seus instrumentos> (W. J. Ashley)”

Caso o dono de uma propriedade preferisse ampliá-la ao invés de utilizá-la para viver uma vida política, era como se ele sacrificasse prontamente a sua liberdade e voluntariamente se tornasse aquilo que o escravo era contra sua vontade, ou seja, um servo da necessidade. Essa me parece ser a solução do <conhecido enigma com que se depara no estudo da história econômica do mundo antigo, o fato de ter a indústria se desenvolvido até certo ponto, mas tenha estancado inesperadamente de realizar o progresso que se podia esperar […], (considerando-se o fato de que) os romanos demonstravam eficiência e capacidade de organização em larga escala em outros setores, nos serviços públicos e no exército> (Barrow, op. cit., p. 109-110). Esperar a mesma capacidade de organização em questões privadas como em <serviços públicos> parece ser um preconceito devido às condições modernas. Max Weber, em seu notável ensaio (<Agrarverhältnisse im Altertum>, Gesammelte Aufsätze zur Sozial und Wirtschaftsgeschichte (1924)), já havia insistido sobre o fato de que as cidades antigas eram mais <centros de consumo que de produção>, e que o antigo proprietário de escravos era um <rentier e não um capitalista (Unternehmer)> (p. 13, 22 ss. e 144). A indiferença dos autores antigos no tocante a questões econômicas, aliada à falta de documentos a esse respeito, aumenta o peso do argumento de Weber.”

Todas as histórias da classe operária, isto é, uma classe de pessoas completamente destituídas de propriedade e que vivem somente da obra de suas mãos, comportam o mesmo ingênuo pressuposto de que sempre existiu tal classe. Contudo, como vimos, nem mesmo os escravos eram destituídos de propriedade na Antiguidade, e geralmente se verifica que os chamados trabalhadores livres da Antiguidade não passavam de <vendeiros, negociantes e artífices livres> (Barrow, p. 126). M. E. Park (The plebs urbana in Cicero’s day (1921)) conclui, portanto, que não existiam trabalhadores livres, visto que o homem livre parecia ser sempre algum tipo de proprietário. W. J. Ashley resume a situação na Idade Média até o século XV: <Não existia ainda uma grande classe de assalariados, uma ‘classe operária’ no sentido moderno da expressão. Chamamos hoje de ‘operários’ a um grupo de homens entre os quais alguns indivíduos podem, realmente, ser promovidos a mestres, mas cuja maioria jamais pode esperar galgar uma posição mais alta. No século XIV, porém, trabalhar alguns anos como diarista era apenas um estágio pelo qual os homens mais pobres tinham que passar, enquanto a maioria provavelmente se estabelecia como mestre-artífice assim que terminava o aprendizado> (An introduction to English economic history and theory, p. 93-94).”

Conferir o engenhoso comentário sobre a frase <a propriedade é um roubo> que ocorre na Théorie de la proprieté, p. 209-210, de Proudhon, publicada postumamente, na qual ele apresenta a propriedade em sua <natureza egoísta e satânica> como o <meio mais eficaz de resistir ao despotismo sem derrubar o Estado>.”

Logo que ingressou no domínio público, a sociedade assumiu o disfarce de uma organização de proprietários (property-owners), que, ao invés de requererem o acesso ao domínio público em virtude de sua riqueza, exigiram dele proteção para o acúmulo de mais riqueza.”

Devo confessar que não vejo em que se baseiam os economistas liberais da sociedade atual (que hoje se chamam de conservadores) para justificar seu otimismo, quando afirmam que a apropriação privada de riqueza será bastante para proteger as liberdades individuais – ou seja, que desempenhará o mesmo papel da propriedade privada. Em uma sociedade de detentores de empregos, essas liberdades só estão seguras na medida em que são garantidas pelo Estado, e ainda hoje são constantemente ameaçadas, não pelo Estado, mas pela sociedade, que distribui os empregos e determina a parcela de apropriação individual.”

É verdade que a riqueza pode ser acumulada a tal ponto que nenhuma vida individual será capaz de consumi-la, de sorte que a família, mais que o indivíduo, vem a ser sua proprietária. No entanto, a riqueza não deixa de ser algo destinado ao uso e ao consumo, não importa quantas vidas individuais ela possa sustentar. Somente quando a riqueza se transformou em capital, cuja função principal era gerar mais capital, é que a propriedade privada igualou ou avizinhou a permanência inerente ao mundo partilhado em comum.”

CABEÇALISMO: “Quando à história da palavra <capital> como derivada do latim caput, que, na legislação romana, era empregada para designar o principal de uma dívida, veja-se W. J. Ashley, An introduction to English economic history and theory, p. 429 e 433, n. 183. Somente no século XVIII os autores passaram a empregar essa palavra no sentido moderno de <riqueza investida de forma a trazer proveito>.”

A contradição óbvia desse moderno conceito de governo, em que a única coisa que as pessoas têm em comum são os seus interesses privados, já não deve nos incomodar como ainda incomodava Marx, pois sabemos que a contradição entre o privado e o público, típica dos estágios iniciais da era moderna, foi um fenômeno temporário que trouxe a completa extinção da diferença entre os domínios privado e público, a submersão de ambos na esfera do social.”

A teoria econômica medieval ainda não concebia o dinheiro como denominador comum e como padrão, mas considerava-o como um dos consumptibiles.”

a propriedade moderna perdeu seu caráter mundano e passou a situar-se na própria pessoa, isto é, naquilo que o indivíduo somente podia perder juntamente com a vida. Historicamente, a premissa de Locke, de que o trabalho do corpo de uma pessoa é a origem da propriedade, é mais que duvidosa: no entanto, dado o fato de que já vivemos em condições nas quais a única propriedade em que podemos confiar é o nosso talento e a nossa força de trabalho, é mais do que provável que ela venha a se tornar verdadeira.”

A necessidade e a vida são tão intimamente aparentadas e conectadas que a própria vida é ameaçada quando se elimina totalmente a necessidade. (…) (As modernas discussões sobre a liberdade, nas quais esta última nunca é vista como um estado objetivo da existência humana, mas constitui um insolúvel problema de subjetividade, de uma vontade inteiramente indeterminada ou determinada, ou resulta da necessidade, evidenciam o fato de que já não se percebe uma diferença objetiva e tangível entre ser livre e ser forçado pela necessidade.) [Sartre]”

a <socialização do homem> (Marx) é mais eficazmente realizada por meio da expropriação, mas esta não é a única maneira. Nesse, como em outros aspectos, as medidas revolucionárias do socialismo ou do comunismo podem muito bem ser substituídas por uma <decadência>, mais lenta, porém não menos certa, do domínio privado em geral e da propriedade privada em particular.” [!]

Pierre Brizon, Histoire du travail et des travailleurs (4. ed., 1926), p. 184, quanto às condições de trabalho em uma fábrica do século XVII.”

nec ulla magis res aliena quam publica”

no instante em que uma boa obra se torna pública e conhecida, perde o seu caráter específico de bondade” “<Não dês tuas esmolas perante os homens, para seres visto por eles.> A bondade só pode existir quando não é percebida, nem mesmo por aquele que a faz; quem quer que se veja a si mesmo no ato de fazer uma boa obra deixa de ser bom (…) <Que a tua mão esquerda não saiba o que faz a tua mão direita.>

Talvez seja essa curiosa qualidade negativa da bondade, a ausência de manifestação fenomênica exterior, o que torna o aparecimento de Jesus de Nazaré na história um evento tão profundamente paradoxal; certamente parece ser por isso que ele pensava e ensinava que nenhum homem pode ser bom: <Por que me chamais de bom? Ninguém é bom a não ser um, isto é, Deus.> A mesma convicção se expressa no relato talmúdico dos 36 homens justos, em atenção aos quais Deus salva o mundo (…) Isso nos lembra a grande percepção de Sócrates de que nenhum homem pode ser sábio, da qual nasceu o amor à sabedoria, ou filo-sofia”

Sempre houve tentativas de dar vida ao que jamais pode sobreviver ao momento fugaz do ato, e todas elas sempre levaram ao absurdo. Os filósofos da Antiguidade tardia, que exigiam de si mesmo serem sábios, eram absurdos ao afirmar serem felizes quando queimados vivos dentro do famoso Touro de Falera. E não menos absurda é a exigência cristã de ser bom e oferecer a outra face, quando não é tomada como metáfora, mas tentada como um autêntico modo de vida.” Abraão e o milagre inaudito

Mesmo quando o filósofo decide, com Platão, deixar a <caverna> dos assuntos humanos, não precisa esconder-se de si mesmo” “O filósofo sempre pode contar com a companhia dos pensamentos, ao passo que as boas ações não podem ser companhia para ninguém” “Além disso, os pensamentos podem ser transformados em objetos tangíveis que, como a página escrita ou o livro impresso, se tornam parte do artifício humano.”

a bondade e o desamparo têm muito mais relevância para a política que a sabedoria e a solitude; mas somente a solitude pode constituir um autêntico modo de vida, na figura do filósofo, ao passo que a experiência muito mais geral do desamparo está em tal contradição com a condição humana da pluralidade que simplesmente não pode ser suportada durante muito tempo: requer a companhia de Deus, a única testemunha imaginável das boas obras, para que não venha a aniquilar inteiramente a existência humana.”

as <novas ordens> que, por <salvar a religião de sua destruição por conta da licenciosidade dos prelados e dos chefes da Igreja>, ensinam as pessoas a serem boas e a não <resistir ao mal> -, em decorrência do que <os governantes perversos podem fazer todo o mal que quiserem>.” Maquiavel – Discursos, Livro III, Capítulo I.

No capítulo seguinte, Karl Marx será criticado. Isso é lamentável em uma época em que tantos escritores que outrora ganharam a vida pela apropriação, tácita ou explícita, da grande riqueza de idéias e intuições marxianas, decidiram tornar-se antimarxistas profissionais; no decurso de tal processo, um deles até descobriu que o próprio Karl Marx era incapaz de se sustentar [to make a living], esquecendo-se por um instante das gerações de autores que ele <sustentou> [supported].”

a declaração feita por Benjamin Constant, quando se sentiu compelido a atacar Rousseau: <J’éviterai certes de me joindre aux détracteurs d’un grand homme. Quand le hasard fait qu’en apparence je me rencontre avec eux sur un seul point, je suis en défiance de moi-même; et pour me consoler de paraître un instant de leur avis […] j’ai besoin de désavouer [repudiar] et de flétrir [conservar distantes de mim], autant qu’il est en moi, ces prétendus auxiliaires.>[Cours de politique constitutionelle]

Mais uma vez, encontramos aqui completa unanimidade: a palavra <trabalho> [labor], compreendida como um substantivo, jamais designa o produto final, o resultado da ação de trabalhar, mas permanece como um substantivo verbal classificado com o gerúndio, enquanto o nome do próprio produto é invariavelmente derivado da palavra para obra (…) a forma verbal da palavra <obra> se tornou um tanto antiquada. Em ambas as línguas, alemão e francês, diferentemente do uso corrente do inglês labor, as palavras travailler e arbeiten quase perderam seu significado original de dor e atribulação (…) Grimm (Wörterbuch): <Währendin älterer Sprache die Bedeutung von molestia und schwerer Arbeit vorherrschte, die von opus, opera, zurücktrat, tritt umgekehrt in der heutigen diese vor und jene erscheint seltener.> É interessante também o fato de que os substantivos work, oeuvre, Werk apresentam uma tendência crescente de serem usados em relação a obras de arte nas três línguas.”

J-P. Vernant: <Le terme (dêmiourgoi), chez Homère et Hésiode, ne qualifie pas à l’origine l’artisan en tant que tel, comme ‘ouvrier’: il définit toutes les activités qui s’exercent en dehors du cadre de l’oikos, en faveur d’un public, dêmos: les artisans – charpentiers et forgerons – mais non moins qu’eux les devins, les héraults, les aèdes.>

Burckhardt menciona que não se conhece nenhum tratado sobre escultura. Em vista dos muitos ensaios sobre música e poesia, é provável que não se trate de acidente da tradição, como não é acidental o fato de conhecermos tantos relatos acerca do grande sentimento de superioridade e até da arrogância de famosos pintores, dos quais não existem correspondentes quando se trata de escultores. Essa valoração dos pintores e dos escultores sobreviveu muitos séculos. Encontramo-la ainda na Renascença, quando a escultura era classificada entre as artes servis, enquanto a pintura tinha uma posição intermediária entre as artes liberais e as servis (veja-se Otto Neurath…)”

Aristóteles, Política 1256a30ss.: <Há grandes diferenças nos modos de vida humanos. Os mais preguiçosos são os pastores, pois conseguem alimento sem trabalho (ponos) a partir de animais domésticos, e gozam de tempo livre (skholazousin)>” “O leitor moderno em geral tem de estar ciente de que aergia (preguiça) e skholê não são a mesma coisa. A preguiça tinha as mesmas conotações que tem para nós, e uma vida de skholê não era considerada uma vida indolente. Não obstante, o equacionamento de skholê com a inatividade é característico de uma evolução ocorrida dentro da pólis. Assim, Xenofonte nos conta que Sócrates fôra acusado de haver citado um verso de Hesíodo: <A obra não é uma desgraça, mas sim a preguiça.> A acusação era que Sócrates havia instilado em seus discípulos um espírito escravo (Memorabilia 1:2:56). Historicamente, é importante ter em mente a diferença entre o desprezo com que, nas cidades-Estados gregas, eram vistas todas as ocupações não políticas, resultante da enorme demanda de tempo e de energia dos cidadãos, e o desprezo anterior, mais original e mais geral, pelas atividades que serviam apenas para sustentar a vida – ad vitae sustentatione, como são definidas as opera servilia ainda no século XVIII. No mundo de Homero, Páris e Odisseu ajudam na construção de suas casas e a própria Nausicaa lava as roupas dos irmãos etc. Tudo isso faz parte da autossuficiência do herói homérico, de sua independência e da supremacia autônoma de sua pessoa. Nenhuma obra é sórdida quando significa maior independência; a mesma atividade pode ser sinal de servilismo se o que estiver em jogo não for a independência pessoal, e sim a mera sobrevivência, se não for uma expressão de soberania, mas de sujeição à necessidade.”

A opinião de que o trabalho e a obra eram desdenhados na Antiguidade pelo fato de que somente escravos os exerciam é um preconceito dos historiadores modernos.”

Não é surpreendente que a distinção entre trabalho e obra tenha sido ignorada na Antiguidade Clássica.”

O motivo da promoção do trabalho na era moderna foi a sua <produtividade>; e a noção aparentemente blasfema de Marx de que o trabalho (e não Deus) criou o homem, ou de que o trabalho (e não a razão) distingue o homem dos outros animais, era apenas a formulação mais radical e consistente de algo com que toda a era moderna concordava.” “Parece que foi Hume, e não Marx, o primeiro a insistir em que o trabalho distingue o homem do animal (Adriano Tilgher, Homo Faber (1929); ed. inglesa: Work: what it has meant to men through the ages (1930)); Como o trabalho não desempenha qualquer papel importante na filosofia de Hume, esse fato tem interesse apenas histórico; para ele, essa característica não tornava a vida humana mais produtiva, mas somente mais árdua e mais dolorosa que a vida animal.” “Eine unmittelbare [imediata] Konsequenz davon, dass der Mensch dem Produkt seiner Arbeit, seiner Lebenstätigkeit [condição vital], seinem Gattungswesen [condição natural, neologismo especificamente marxiano] entfremdet [alienada] ist, ist die Entfremdung des Menschen vom dem Menschen” Jugendschriften, p. 89 “dass der Arbeiter zum Produkt seiner Arbeit als einem fremden Gegenstand sich verhält [se comporta como]” Jugends., p. 83

Se o trabalho não deixa atrás de si vestígio permanente, o pensamento não deixa absolutamente coisa alguma de tangível. Por si mesmo, o pensamento jamais se materializa em objetos. Sempre que o operário [worker] intelectual deseja manifestar seus pensamentos, tem de usar as mãos e adquirir qualificação manual como qualquer outro que realiza uma obra.” Eis o nosso botar a mão na massa!

a lembrança prepara o intangível e o fútil para sua materialização final”

Cícero – De officiis

A classificação da agricultura entre as artes liberais é, naturalmente, especificamente romana. Não se deve a alguma <utilidade> especial da lavoura, como suporíamos, mas antes tem a ver com a idéia romana de patria, segundo a qual o ager Romanus, e não só a cidade de Roma, é o lugar ocupado pelo domínio público.”

em toda a história antiga, os serviços <intelectuais> dos escribas, quer atendessem a necessidades do domínio público quer a do domínio privado, eram realizadas por escravos e classificados consoante a condição deles. Somente a burocratização do Império Romano e a concomitante ascensão política e social dos imperadores levaram a uma reavaliação dos serviços <intelectuais>. Antes desse enaltecimento dos serviços públicos, os escribas eram classificados na mesma categoria dos vigias de edifícios públicos ou mesmo daqueles que conduziam os gladiadores à arena” “ele se assemelha mais ao <criado doméstico> de Adam Smith que a qualquer outro, ainda que a sua função seja menos manter intacto o processo da vida e proporcionar sua regeneração que cuidar da manutenção das várias máquinas burocráticas gigantescas, cujos processos consomem os seus serviços e devoram os seus produtos tão rápida e impiedosamente quanto o processo biológico da vida. <O trabalho de algumas das mais respeitáveis categorias da sociedade não produz, como no caso dos criados domésticos, valor algum>, diz Adam Smith, incluindo entre elas <todo o exército e a marinha>, <os funcionários públicos> e as profissões liberais, tais como as dos <clérigos, advogados, médicos, homens de letras de toda espécie>. A obra dessas pessoas, <como a declamação dos atores, a arenga do orador ou a canção do músico […] perece no próprio instante de sua produção> (A riqueza das nações, Livro I, p. 295-296, Ed. Everyman). É óbvio que Smith não encontraria dificuldade alguma para classificar o nossos <funcionários de escritório>.

É duvidoso que qualquer pintura fosse jamais tão admirada quanto a estátua do Zeus de Fídias em Olímpia, cujo poder mágico, segundo se dizia, fazia qualquer um esquecer suas aflições e penas; quem não a tinha visto vivera em vão etc.”

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O que os bens de consumo são para a vida humana, os objetos de uso são para o mundo humano.”

Sem a lembrança e sem a reificação de que a lembrança necessita para sua realização – e que realmente a tornam, como afirmavam os gregos, a mãe de todas as artes –, as atividades vivas da ação, do discurso e do pensamento perderiam sua realidade ao fim de cada processo e desapareceriam como se nunca houvessem existido.”

Sem um mundo no qual os homens nascem e do qual se vão com a morte, haveria apenas um imutável eterno retorno, a perenidade imortal da espécie humana como a de todas as outras espécies animais. Uma filosofia da vida que não chegue, como Nietzsche, à afirmação do <eterno retorno> (eiwige Wiederkehr) como o princípio supremo de todo ente simplesmente não sabe do que está falando.” “Somente quando ingressam no mundo feito pelo homem os processos da natureza podem ser descritos como crescimento e declínio”

Trabalho é a eterna necessidade natural de efetuar o metabolismo entre o homem e a natureza.” Das Kapital, v. I, Parte 1, Cap. 1, Seção 2 / Parte 3, Cap. 5.

A despeito de hesitações ocasionais, Marx permaneceu convencido de que <Milton produziu o Paraíso Perdido pela mesma razão pela qual o bicho-da-seda produz seda> (Theories of surplus value, Londres, 1951, p. 186).”

Do ponto de vista da natureza, é a obra que é destrutiva, mais que o trabalho, uma vez que o processo da obra subtrai a matéria das mãos da natureza sem a devolver a esta no curso rápido do metabolismo natural do corpo vivo.”

Hércules, entre cujos 12 <trabalhos> heróicos constava o de limpar os estábulos de Augias. (…) Mas a luta que o corpo humano trava diariamente para manter limpo o mundo e evitar-lhe o declínio tem pouca semelhança com feitos heróicos; a persistência que ela requer, para que se repare novamente a cada dia o esgotamento de ontem, não é coragem, e o que torna o esforço tão doloroso não é o perigo, mas a implacável repetição.”

O indício duradouro do trabalho produtivo é o seu produto material – geralmente um artigo de consumo. Essa curiosa formulação ocorre em Thorstein Veblen, The Theory of the leisure class [em breve no Seclusão], 1917, p. 44.”

reificação (Vergegenständlichung)” “mundo objetivo de coisas (gegenständlichen Welt)” “O termo vergegenständlichen não ocorre muito freqüentemente em Marx, mas, quando ocorre, é sempre em um contexto crucial. Cf. Jugends., p. 88: <Das praktische Erzeugen einer gegenständlichen Welt, die Bearbeitung der unorganischen Natur ist die Bewährung [prova] des Menschen als eines bewussten Gattungswesens (…) (Das Tier [máquina]) produziert unter der Herrschaft [linha de produção, cadeia de comando] des unmittelbaren Bedürfnisses [necessidades imediatas], während der Mensch selbst frei vom physischen Bedürfnis produziert und erst wahrhaft produziert in der Freiheit von demselben.>” (…) Das Kapital (v. I, Parte 3, Cap. 5): <(Die Arbeit) ist vergegenständlicht und der Gegenstand ist verarbeiter [processado, digerido]>. O jogo de palavras em torno de Gegenstand torna obscuro o que de fato sucede no processo: por meio da reificação, uma coisa nova é produzida, mas o <objeto> que esse processo transformou em coisa é, do ponto de vista do processo, apenas matéria-prima, e não uma coisa. (A tradução inglesa editada pela Modern Library, p. 201, deixa escapar o significado do texto alemão e, assim, esquiva-se do equívoco.)” “<Des Prozess erlischt [se extingue, termina, subsume] im Produkt> op. cit. Quando Marx insiste que <o processo de trabalho termina no produto>, esquece sua própria definição desse processoo como o <metabolismo entre o homem e a natureza>, no qual o produto é imediatamente <incorporado>, consumido e destruído pelo processo vital do corpo.” “As <boas coisas> destinadas ao consumo jamais perdem completamente seu caráter natural, e o grão de trigo jamais desaparece totalmente no pão como a árvore desapareceu na mesa.”

L’être et le travail (1949), de Jules Vuillemin, é um bom exemplo do que acontece quando se tenta resolver as contradições e equívocos do pensamento de Marx. Isso só é possível se se abandona inteiramente a evidência fenomênica e se começa a tratar os conceitos de Marx como se constituíssem, por si mesmos, um complicado quebra-cabeça de abstrações.” “Kautsky perguntou a Marx em 1881 se ele não pretendia editar suas obras completas, ao que Marx respondeu: <Primeiro, é preciso escrever essas obras> (Kautsky, Aus der Frühzeit des Marxismus, 1935, p. 53).”

Contradições fundamentais e flagrantes como essas raramente ocorrem em escritores de segunda categoria; no caso dos grandes autores, conduzem ao cerne de sua obra. No caso de Marx, cuja lealdade e integridade na descrição dos fenômenos, tal como estes se apresentavam aos seus olhos, são indubitáveis, as discrepâncias importantes, observadas por todos os estudiosos de sua obra, não podem ser atribuídas à diferença <entre o ponto de vista científico do historiador e o ponto de vista moral do profeta> (Edmund Wilson), nem a um movimento dialético que exigisse o negativo, ou o mal, para produzir o positivo, ou o bem. O fato é que, em todos os estágios de sua obra, ele define o homem como um animal laborans, e então o conduz para uma sociedade na qual essa força, a maior e mais humana de todas, já não é necessária. Ficamos com a alternativa muito angustiante entre a escravidão produtiva e a liberdade improdutiva.

A mais grosseira superstição da era moderna – de que <dinheiro produz dinheiro> – e sua mais aguda intuição política – de que poder gera poder – devem sua plausibilidade à metáfora subjacente da fertilidade natural da vida. De todas as atividades humanas somente o trabalho, e não a ação nem a obra, é interminável, prosseguindo automaticamente em consonância com a vida, fora do escopo das decisões voluntárias ou dos propósitos humanamente significativos.”

<A bênção ou a alegria> do trabalho é o modo humano de experimentar a pura satisfação de estar vivo que temos em comum com todas as criaturas vivas; e é ainda o único modo de os homens também poderem permanecer e voltear com contento no círculo prescrito pela natureza, labutando e descansando, trabalhando e consumindo, com a mesma regularidade feliz e sem propósito com a qual o dia e a noite, a vida e a morte sucedem um ao outro. A recompensa das fadigas e penas repousa na fertilidade da natureza, na confiança serena de que aquele que, nas fadigas e penas, fez sua parte, permanece uma parte da natureza, no futuro de seus filhos e nos filhos de seus filhos. (…) Segundo Gêneses, o homem (adam) fôra criado para cuidar e zelar pelo solo (adamah), como o seu próprio nome, que é a forma masculina de <solo>, indica (Gn 2:5, 2:7, 2:15). <Nem havia ainda Adam para cultivar adamah (…) Formou, pois, o Senhor Deus a Adam do pó de adamah (…). E Ele, Deus, tomou a Adam e pô-lo no jardim do Éden, para ele o cultivar e guardar> (utilizo aqui a tradução de Martin Buber e Franz Rosenzweig, Die Schrift (Berlim, n.d.)). A palavra <cultivar>, leawod, que mais tarde se tornou a palavra para trabalhar em hebraico, tem a conotação de <servir>. A maldição (3:17-19) [maldita é a terra; devorarás a ti mesmo sem cessar] não menciona essa palavra, mas o significado é claro: o serviço para o qual o homem havia sido criado tornava-se agora servidão. O corrente mal-entendido popular da maldição se deve a uma interpretação inconsciente do Antigo Testamento à luz do pensamento grego. Esse mal-entendido é geralmente evitado pelos autores católicos. Conferir, por exemplo, Jacques Leclerc, Leçons de droit naturel, v. IV, Parte 2, <Travail, proprieté>, 1946, p. 31: <La peine du travail est le résultat du péché original […] L’homme non déchu eût travaillé dans la joie, mais il eût travaillé>; ou J. Chr. Nattermann, Die moderne Arbeit, soziologisch und theologisch betrachtet [O trabalho moderno, analisado sociológica e teologicamente], 1953, p. 9. É interessante, nesse contexto, comparar a maldição do Ant. Test. com a explicação aparentemente semelhante da aspereza do trabalho em Hesíodo. Diz o poeta que os deuses, para punir o homem, esconderam dele a vida, de sorte que ele tinha de procurá-la, ao passo que aparentemente tudo o que precisava fazer antes era colher os frutos da terra nos campos e nas árvores. Aqui, a maldição consiste não apenas na aspereza do trabalho, mas no próprio trabalho.”

Não existe felicidade duradoura fora do ciclo prescrito de exaustão dolorosa e regeneração prazerosa; e tudo o que desequilibra esse ciclo – a pobreza e a miséria nos quais a exaustão é seguida pela penúria ao invés da regeneração, ou grande riqueza e uma vida inteiramente isenta de esforço na qual o tédio toma o lugar da exaustão e os moinhos da necessidade, do consumo e da digestão trituram até a morte, impiedosa e esterilmente, um corpo humano impotente – arruína a felicidade elementar que advém de se estar vivo.”

Como nenhuma teoria política anterior ao socialismo e ao comunismo propusera estabelecer uma sociedade inteiramente destituída de propriedade, e como nenhum governo, antes do século XX, demonstrara séria inclinação para expropriar seus cidadãos, o conteúdo da nova teoria não podia ser inspirado pela necessidade de proteger os direitos de propriedade contra uma possível intrusão da administração governamental. O fato é que, naquela época, ao contrário de agora, quando todas as teorias da propriedade encontram-se obviamente na defensiva, os economistas não estavam absolutamente na defensiva; ao contrário, eram abertamente hostis a toda a esfera do governo que, na melhor das hipóteses, era tido como um <mal necessário>, um <reflexo da natureza humana>, e, na pior, como parasita da vida da sociedade que sem ele seria sadia.”

O homem pobre não é senhor de si mesmo (pênes ôn kai heautou mê kratôn) (Sétima Carta, 351A). Nenhum dos autores clássicos jamais pensou no trabalho como uma possível fonte de riqueza. Segundo Cícero, a propriedade é adquirida por antiga conquista, vitória ou divisão legal (aut vetere occupatione aut victoria aut lege) (De officiis, 1:21).”

O que Marx tinha ainda em comum com Locke era a pretensão de ver o processo de crescimento da riqueza como um processo natural, seguindo automaticamente suas leis, fora dos intuitos e decisões voluntárias. Se alguma atividade humana haveria de estar, de alguma forma, envolvida em tal processo, só podia ser uma <atividade> corporal cujo funcionamento natural não pudesse ser interrompido, mesmo se se desejasse.” Curiosa coincidência entre “liberais”.

LOCKE O MORIBUNDO: “o corpo realmente passa a ser a quintessência de toda propriedade, uma vez que é a única coisa que não se pode compartilhar, ainda que se desejasse. Nada, de fato, é menos comum e menos comunicável – e, portanto, mais seguramente protegido contra a visibilidade e a audibilidade do domínio público – que o que se passa dentro do nosso corpo, seus prazeres e suas dores, seu trabalho e seu consumo. (…) nada expele o indivíduo mais radicalmente do mundo que a concentração exclusiva na vida corporal, concentração à qual o homem é compelido pela escravidão ou pelo extremo da dor insuportável. Quem, por algum motivo, desejar tornar inteiramente <privada> a existência humana, independente do mundo e consciente apenas de seu próprio estar vivo, deve basear seus argumentos nessas experiências (…) a experiência <natural> subjacente à independência estóica e epicurista em relação ao mundo não é o trabalho nem a escravidão, mas a dor. A felicidade alcançada no isolamento do mundo e desfrutada dentro das fronteiras da existência privada do indivíduo jamais pode ser outra coisa senão a famosa <ausência de dor>, uma definição com a qual qualquer variante consistente do sensualismo tem de concordar. O hedonismo, a doutrina que afirma que somente as sensações corporais são reais, é apenas a forma mais radical de um modo de vida não-político, totalmente privado, a verdadeira realização do lathe biôsas kai mê politeuesthai de Epicuro (<viver oculto e não se importar com o mundo>).

Normalmente, a ausência de dor é a condição corporal suficiente para a experiência do mundo; somente se o corpo não está irritado, e, por meio da irritação, lançado para dentro de si mesmo, nossos sentidos corporais podem funcionar normalmente e receber o que lhes é oferecido.”

Parece-me que certos tipos de vícios em drogas, moderados e um tanto freqüentes, geralmente atribuídos a propriedades formadoras de hábito dessas drogas, talvez se devam ao desejo de repetir o prazer alguma vez experimentado com o alívio da dor, acompanhado por sua intensa sensação de euforia. O próprio fenômeno era bem conhecido na Antiguidade, ao passo que na literatura moderna encontro o único apoio para minha suposição em Isak Dinesen [pseudônimo de Karen Blixen], <Converse at night in Copenhagen> (Last tales, 1957, p. 388ss.), em que ela considera <a cessação da dor> um dos <três tipos de felicidade perfeita>. Platão já se opunha àqueles que, <ao deixarem de sentir dor, acreditam firmemente ter atingido a meta do […] prazer> (Rep., 585A), mas admite que esses <prazeres misturados> que se seguem à dor ou à privação são mais intensos que os prazeres puros, como o de cheirar um aroma agradável ou o de contemplar figuras geométricas. Curiosamente, foram os hedonistas que tornaram o assunto confuso e não quiseram admitir que o prazer da cessação da dor fosse mais intenso que o <prazer puro>, para não falar da mera ausência da dor. Assim é que Cícero acusava Epicuro de ter confundido a mera ausência de dor com o prazer do alijamento da dor (cf. V. Brochard, Études de philosophie ancienne et de philosophie moderne, 1912, p. 252ss.).”

Realmente, a dor causada por uma espada ou a cócega provocada por uma pluma nada me diz da qualidade ou sequer da existência mundana da espada ou da pluma. É característico de todas as teorias que argumentam contra a capacidade dos sentidos de nos fornecer o mundo que retirem a visão de sua posição como o mais alto e mais nobre dos sentidos, e substituam-na pelo tato ou o gosto que, na verdade, são os sentidos mais privados, ou seja, aqueles nos quais o corpo, ao perceber um objeto, sente primeiramente a si mesmo. Todos os pensadores que negam a realidade do mundo exterior teriam concordado com Lucrécio, que disse: <Pois o tato e nada mais que o tato (por tudo o que homens chamam sagrado) é a essência de todas as nossas sensações corporais> (The nature of the universe, p. 72). Isso, porém, não é suficiente: o tato ou o gosto em um corpo não-irritado ainda transmite demais a realidade do mundo: quando como um prato de morangos, sinto o gosto dos morangos e não o próprio gosto; ou, para usar um exemplo de Galileu, quando <passo a mão, primeiro sobre uma estátua de mármore, depois sobre um homem vivo>, percebo o mármore e o corpo vivo, e não primeiramente a minha mão a tocá-los. Assim, ao tentar demonstrar que as qualidades secundárias, como cores, gostos, cheiros, <não passam de meros nomes (que) residem unicamente no corpo sensível>, Galileu é forçado a desistir do seu próprio exemplo e a introduzir a sensação de ser titilado por uma pluma, com o que conclui: <Acredito que as várias qualidades atribuídas aos corpos naturais, tais como gostos, cheiros, cores e outras, possuem precisamente existência semelhante e não maior (Il Saggiatore, em Opere, IV, p. 333ss.; tradução citada por E. A. Burtt, Metaphysical foundations of modern science, 1932).” “Seguindo linha semelhante de raciocínio, Descartes diz: <O mero movimento de uma espada que corta parte de nossa pele causa-nos dor, mas nem por isso nos faz perceber o movimento ou a forma da espada. E é certo que essa sensação de dor não é menos diferente do movimento que a provoca […] do que são as sensações que temos de cores, sons, cheiros ou sabores (Principles, Parte 4; trad. por Haldane e Ross, Philosophical works, 1911).”

dupla dor: o doloroso esforço envolvido na reprodução da própria vida e na vida da espécie.”

Em uma sociedade de proprietários, em contraposição a uma sociedade de trabalhadores ou de assalariados, é ainda o mundo, e não a abundância natural nem a mera necessidade da vida, que está no centro do cuidado e da preocupação humanos.”

Somente se a vida da sociedade como um todo, ao invés da vida limitada dos indivíduos, é considerada como sujeito gigantesco do processo de acumulação, pode esse processo seguir totalmente livre e em plena velocidade, isento dos limites impostos pela duração da vida individual e pela propriedade possuída individualmente.”

O que todas essas teorias [filosofia do trabalho, evolução natural, desenvolvimento histórico] têm em comum, nas várias ciências – economia, história, biologia, geologia –, é o conceito de processo, virtualmente desconhecido antes da era moderna.”

Se, na virada do século (com Nie. e Bergson), a vida, e não o trabalho, foi proclamada <criadora de todos os valores>, essa glorificação do mero dinamismo do processo vital aboliu aquele mínimo de iniciativa presente até mesmo em atividades que, como o trabalho e a procriação, são impostas ao homem pela necessidade.”

Marx predisse corretamente, embora com injustificado júbilo, o <definhamento> do domínio público nas condições de um desenvolvimento desenfreado das <forças produtivas da sociedade>; e estava igualmente certo, isto é, consistente com a sua concepção do homem como um animal laborans, quando previu que os <homens socializados> gozariam sua liberação do trabalho naquelas atividades estritamente privadas e essencialmente sem-mundo que hoje chamamos de <passatempos> (hobbies). Na sociedade comunista ou socialista, todas as profissões se tornariam, por assim dizer, passatempos (hobbies): não haveria pintores, mas apenas pessoas que, entre outras coisas, gastariam seu tempo também com a pintura; ou seja, pessoas que <hoje fazem uma coisa, amanhã fazem outra, que caçam pela manhã, pescam à tarde, criam gado ao anoitecer, são críticos após o jantar, conforme julgarem conveniente, sem por isso jamais chegarem a ser caçadores, pescadores, pastores ou críticos> (Deutsche Ideologie, p. 22 e 373).”

Os produtos do trabalho, produtos do metabolismo do homem com a natureza, não permanecem no mundo tempo suficiente para se tornarem parte dele, e a própria atividade do trabalho, concentrada exclusivamente na vida e em sua manutenção, esquece-se do mundo até o extremo da não-mundanidade.” Majin Boo e a eterna “coisidade”

O fato de que a escravidão e o banimento no lar constituíam, de modo geral, a condição social de todos os trabalhadores antes da era moderna deve-se basicamente à própria condição humana; a vida, que para todas as outras espécies animais é a própria essência do seu ser, torna-se um ônus para o homem em virtude de sua inata <repugnância à futilidade>.”

Omnis vita servitium est.” Sêneca, Da tranqüilidade da alma

A condição humana é tal que a dor e o esforço não são meros sintomas que podem ser eliminados sem que se transforme a própria vida”

Se alguém soubesse que o mundo acabaria quando ele morresse, ou logo depois, esse mundo perderia toda a sua realidade, como perdeu entre os primeiros cristãos, na medida em que estavam convencidos de que as suas expectativas escatológicas seriam imediatamente realizadas. A confiança na realidade da vida, ao contrário, depende quase exclusivamente da intensidade com que a vida é experimentada, do impacto com que ele se faz sentir.”

Já se observou muitas vezes que aquilo que a vida dos ricos perde em vitalidade, em proximidade com as <boas coisas> da natureza, ganha em refinamento, em sensibilidade às coisas belas do mundo. O fato é que a capacidade humana de vida no mundo implica sempre uma capacidade de transcender e alienar-se dos processos da vida, enquanto a vitalidade e a vivacidade só podem ser conservadas na medida em que os homens se disponham a arcar com o ônus, as fadigas e as penas da vida.”

instrumentos humanos dotados de fala (o instrumentum vocale, como eram chamados os escravos no lar, entre os antigos)”

o duplo trabalho da vida: manutenção e geração

a vida de um escravo testemunhava diariamente o fato de que a <vida é escravidão> (…) O perigo aqui é óbvio. (…) sua liberdade é sempre conquistada mediante tentativas, nunca inteiramente bem-sucedidas, de libertar-se da necessidade. (…) é ainda provável que as enormes mudanças da revolução industrial, no passado, e as mudanças ainda maiores da revolução atômica, no futuro, permaneçam como mudanças do mundo, e não mudanças da condição básica da vida humana na Terra.

As ferramentas e instrumentos, que podem suavizar consideravelmente o esforço do trabalho, não são produtos do trabalho, mas da obra; não pertencem ao processo do consumo, mas são parte integrante do mundo de objetos de uso. (…) Nenhuma obra pode ser reproduzida sem ferramentas, e o nascimento do homo faber e o surgimento de um mundo de coisas feito pelo homem são, na verdade, contemporâneos da descoberta de ferramentas e de instrumentos.”

os serviços de um único criado jamais podem ser inteiramente substituídos por uma centena de aparelhos na cozinha ou por meia dúzia de robôs no subsolo (…) Um testemunho curioso e inesperado desse fato é que ele pôde ser previsto milhares de anos antes de se dar o fabuloso desenvolvimento moderno de instrumentos e de máquinas. Em tom meio fantasioso e meio irônico, Aristóteles imaginou, certa vez, aquilo que se tornou realidade tempos depois, ou seja, que <cada ferramenta fosse capaz de executar sua própria obra quando se lha ordenasse […] como as estátuas de Dédalo ou as trípodes de Hefesto que, segundo diz o poeta, ‘ingressaram por conta própria na assembléia dos deuses’>. Assim, a <lançadeira teceria e o plectro tocaria a lira sem que uma mão os guiasse>. E prossegue afirmando que isso significaria realmente que o artífice já não necessitaria de assistentes humanos, mas não que os escravos domésticos pudessem ser dispensados.”

o processo vital que exige o trabalho é uma atividade interminável, e o único <instrumento> à sua altura teria de ser um perpetuum mobile, isto é, o instrumentum vocale, tão vivo e ativo quanto o organismo a que serve.” Arednt não conheceu a “mulher do Google” ou “do Avast”

enquanto a especialização da obra é essencialmente guiada pelo próprio produto acabado, cuja natureza é exigir diferentes habilidades que são então reunidas e organizadas em um conjunto, a divisão do trabalho, pelo contrário, pressupõe a equivalência qualitativa de todas as atividades singulares para as quais nenhuma habilidade especial é necessária.” “como se fosse um só (…) o oposto da cooperação”

Não importa o que façamos, supostamente o faremos com vistas a <prover nosso próprio sustento>; é esse o veredicto da sociedade, e vem diminuindo rapidamente o número de pessoas capazes de desafiá-lo, especialmente nas profissões que poderiam fazê-lo. A única exceção que a sociedade está disposta a admitir é o artista, que, propriamente falando, é o único <operário> (worker) que restou em uma sociedade de trabalhadores (laboring society).”

não resta nem mesmo a <obra> do artista: ela foi dissolvida no divertir-se (…) Compreende-se que o divertimento do artista desempenha a mesma função que o jogo de tênis no processo vital do trabalho da sociedade ou a que a manutenção de um passatempo desempenha na vida de um indivíduo.”

em toda a Antiguidade Ocidental, a tortura, <a necessidade que nenhum homem pode suportar>, só podia ser aplicada a escravos, que, de qualquer forma, já estavam sujeitos à necessidade. <On croyait recueillir la voix même de la nature dans le cris de la douleur. Plus la douleur pénétrait avant, plus intime et plus vrai sembla être ce témoignage de la chair et du sang> Wallon. A psicologia dos antigos era muito mais cônscia do que nós do elemento de liberdade, de invenção livre, que existe na mentira. Foram as artes da violência, da guerra, da pirataria, e, finalmente, do governo absoluto, que colocaram os vencidos a serviço dos vencedores, e com isso mantiveram a necessidade em suspenso durante o mais longo período de que se tem registro na história”

Wallon demonstra, de modo brilhante, como a posterior generalização estóica de que todos os homens são escravos baseava-se nos desdobramentos do Império Romano, no qual a antiga liberdade foi gradualmente abolida pelo governo imperial, até que finalmente ninguém era livre e todos tinham seu senhor. O momento decisivo ocorreu quando primeiro Calígula e depois Trajano consentiram em ser chamados dominus, palavra usada antes somente para designar o chefe de uma casa. A chamada moralidade escrava da Antiguidade tardia e sua premissa de que não havia diferença real entre a vida do escravo e a vida do homem livre tinham um pano de fundo muito realista.

Talvez não seja exagero dizer que La condition ouvrière (1951), de Simone Weil, é o único livro na imensa literatura sobe a questão do trabalho que lida com o problema sem preconceitos e sem sentimentalismo.”

O perigo da futura automação não é tanto a tão deplorada mecanização e a artificialização da vida natural, quanto o fato de que, a despeito de sua artificialidade, toda a produtividade humana seria sugada por um processo vital enormemente intensificado e seguiria automaticamente, sem dor e sem esforço, o seu ciclo natural sempre-recorrente.”

Calcula-se que, durante a Idade Média, as pessoas raramente trabalhavam mais que a metade dos dias do ano. Havia 141 feriados oficiais (cf. Levasseur).” “superestima-se o progresso alcançado em nosso tempo, uma vez que este é medido em comparação com uma <era sombria>. É possível que a expectativa de vida na maioria dos países altamente civilizados hoje corresponda apenas à de certos séculos da Antiguidade. Não o sabemos, naturalmente, mas somos levados a essa suspeita quando refletimos sobre a idade em que morreram muitas pessoas famosas.”

na ilusão de uma filosofia mecanicista que supõe que a força de trabalho, como qualquer outra energia, não pode ser perdida, de modo que, se não for gasta e exaurida na labuta da vida, nutrirá automaticamente outras atividades <superiores>.” “Cem anos depois de Marx conhecemos a falácia desse raciocínio: o tempo excedente do animal laborans jamais é empregado em algo que não seja o consumo, e quanto maior é o tempo de que ele dispõe, mais ávidos e ardentes são os seus apetites.”

O resultado é aquilo que eufemisticamente é chamado de cultura de massas; e o seu arraigado problema é uma infelicidade universal” “A universal demanda de felicidade e a infelicidade extensamente disseminada em nossa sociedade são alguns dos mais persuasivos sintomas de que já começamos a viver em uma sociedade de trabalho que não tem suficiente trabalho para mantê-la contente.”

<se opor> [staind against]: Isso está implicado no verbo latino obicere, do qual nossa palavra <objeto> é uma derivação tardia, e na palavra alemã Gegenstand, objeto. <Objeto> significa literalmente <algo lançado> ou <posto contra>.”

os homens, a despeito de sua natureza sempre cambiante, podem recobrar sua mesmidade [sameness]”

Somente nós, que erigimos a objetividade de um mundo nosso a partir do que a natureza nos oferece, que o construímos dentro do ambiente natural para assim nos proteger dele, podemos observar a natureza como algo <objetivo>. Sem um mundo interposto entre os homens e a natureza, há eterno movimento, mas não objetividade.”

O uso contém, realmente, certo elemento de consumo, na medida em que o processo de desgaste [wearing-out process] ocorre por meio do contato do objeto de uso com o organismo consumidor vivo, e quanto mais estreito for o contato entre o corpo e a coisa usada, mais plausível parecerá o equacionamento dos dois.”

o homo faber, criador do artifício humano, sempre foi um destruidor da natureza. O animal laborans, que com o próprio corpo e a ajuda de animais domésticos nutre o processo da vida, pode ser o amo e o senhor de todas as criaturas vivas, mas permanece ainda o servo da natureza e da Terra; só o homo faber se porta como amo e senhor de toda a Terra.”

É interessante notar que Lutero, rejeitando conscientemente o compromisso escolástico com a Antiguidade grega e latina, procura eliminar da obra e do trabalho humanos todo e qualquer elemento de produção e fabricação. O trabalho humano, segundo ele, apenas <encontra> os tesouros que Deus colocou na Terra.” “Sage an, wer legt das Silber und Gold in die Berge, dass man es findet? Wer legt in die Äcker [campos] solch grosses Gut als heraus wächst…? Tut das Menschen Arbeit? Ja wohl, Arbeit findet es wohl; aber Gott muss es dahin legen, soll es die Arbeit finden… So finden wir denn, dass alle unsere Arbeit nichts ist denn Gottes Güter finden und aufheben, nichts aber möge machen und erhalten (Luther, Werke, Ed. Walch, V, 1873).

Le travailler travaille pour son oeuvre plutôt que pour lui-même: loi de générosité métaphysique, qui définit l’activité laborieuse” Chenu

Essa qualidade da permanência do modelo ou da imagem, o fato de existir antes que a fabricação comece e de permanecer depois que esta termina, sobrevivendo a todos os possíveis objetos de uso que continua ajudando fazer existir, exerceu uma forte influência na doutrina das idéias eternas de Platão. Na medida em que os seus ensinamentos foram inspirados pela palavra idea ou eidos (<aspecto> ou <forma>), que ele foi o primeiro a usar em um contexto filosófico, eles baseavam-se em experiências de poiêsis, de fabricação (fabrication), e embora Platão empregasse a sua teoria para exprimir experiências muito diferentes e talvez muito mais <filosóficas>, nunca deixou de buscar seus exemplos no campo da produção (making) quando desejava demonstrar a plausibilidade do que dizia. [Interpretações em Platão: o texto mais importante do “casal”] O testemunho de Aristóteles de que foi Pl. quem introduziu o termo idea na terminologia filosófica ocorre no 1º livro de sua Metafísica (987b8). Excelente relato do uso anterior da palavra e do ensinamento de Pl. encontra-se em Gerard F. Else, <The terminology of ideas>, Harvard studies in classical philology, v. XLVII (1936). (…) As palavras eidos e idea referem-se, sem dúvida, a formas e aspectos visíveis, especialmente de criaturas vivas; assim, é improvável que Platão concebesse a doutrina sob a influência de formas geométricas. A tese de Francis M. Cornford (Plato and Parmenides, Ed. Liberal Arts, p. 69-110), de que a doutrina é provavelmente de origem socrática, uma vez que Sócrates procurava definir a justiça em si ou a bondade em si, que não podem ser percebidas pelos sentidos, bem como pitagórica, uma vez que a doutrina da existência (chõrismos) das idéias eternas e separadas de todas as coisas perecíveis implica <a existência separada de uma alma consciente e conhecedora, à parte do corpo e dos sentidos>, parece-me muito convincente. Minha apresentação, porém, deixa em suspenso todos esses pressupostos. Ela se refere simplesmente ao Livro X da República, no qual o próprio Pl. explica sua doutrina tomando <o caso comum> de um artífice que faz camas e mesas <de acordo com a idéia <dessas camas e mesas> (…) Não é preciso dizer que nenhuma dessas explicações vai ao fundo da questão, que é a experiência especificamente filosófica subjacente ao conceito de idéia”

O homo faber é realmente amo e senhor, não apenas porque é o senhor ou se estabeleceu como senhor de toda a natureza, mas porque é senhor de si mesmo e de seus atos.Isso não se aplica ao animal laborans, sujeito às necessidades de sua própria vida, nem ao homem de ação, que depende de seus semelhantes.”

O trabalho, mas não a obra, requer, para obter melhores resultados, uma execução ritmicamente ordenada e, na medida em que muitos operários se aglomeram, exige uma coordenação rítmica de todos os movimentos individuais. A conhecida compilação feita por Karl Bücher, em 1897, de canções rítmicas de trabalho (Arbeit und Rhythmus (6. ed.; 1924)), foi seguida de volumosa literatura de caráter mais científico. Um dos melhores desses estudos (Joseph Schopp, Das deutsche Arbeitslied (1935)) ressalta o fato de que não existem canções da obra, mas somente canções de trabalho. As canções dos artífices são sociais e cantadas após o trabalho. O fato é, naturalmente, que não existe ritmo <natural> algum para a obra. Nota-se às vezes a surpreendente semelhança entre o ritmo <natural> inerente a toda operação de trabalho e o ritmo das máquinas, sem contar as repetidas queixas de que as máquinas impõem ao trabalhador um ritmo <artificial>. (…) Bücher, que acreditava que o <trabalho rítmico é um trabalho espiritual> (vergeistigt), já dizia: <Aufreibend werden nur solchen einförmigen Arbeiten, die sich nicht rhythmisch gestalten lassen> op. cit. p. 443. (…) Hendrik de Man: <diese von Bücher […] gepriesene Welt weniger die des […] handwerkmässig schöpferischen Gewerbes als die der einfachen schieren […] Arbeitsfron (ist)> (Der Kampf und die Arbeitsfreud, p. 244). (…) os próprios operários apresentam razão inteiramente diferente para sua preferência pelo trabalho repetitivo. Preferem-no porque é mecânico e não requer atenção, de sorte que, ao executá-lo, podem pensar em outra coisa. (Podem <geistig wegtreten>, nas palavras de operários berlinenses. Cf. der Rationalisierung (1954), p. 35ss…) Essa explicação é bastante digna de nota, uma vez que coincide com as muito antigas recomendações cristãs quanto aos méritos do trabalho manual, que, por exigir menor atenção, tende a interferir menos na contemplação que as outras ocupações e profissões (cf. Étienne Delaruelle, <Le travail dans les règles monastiques occidentales du 4e au 9e siècle>, Journal de psychologie normale et pathologique, v. XLI, n. 1 (1948)).”

o homem <ajustou-se> a um ambiente de máquinas desde o instante em que as concebeu. Sem dúvida, as máquinas tornaram-se condição tão inalienável de nossa existência como os utensílios e ferramentas o foram em todas as eras anteriores. (…) Nunca houve dúvida de que o homem se ajustava ou precisava de ajuste especial às ferramentas que utilizava, da mesma forma como uma pessoa se ajusta às próprias mãos. (…) enquanto dura a obra nas máquinas, o processo mecânico substitui o ritmo do corpo humano. Mesmo a mais sofisticada ferramenta permanece como serva, incapaz de guiar ou de substituir a mão. Mesmo a mais primitiva máquina guia o trabalho do nosso corpo até finalmente substituí-lo por completo.”

Uma das importantes condições da Rev. Industrial foi a extinção das florestas e a descoberta do carvão mineral como substituto de madeira. (…) Barrow (…) sustenta que o único fator que <impediu a aplicação das máquinas à indústria […] (foi) a inexistência de combustível bom e barato […]”

é somente ao mundo da eletricidade que as categorias do homo faber, para quem todo instrumento é um meio de atingir um fim prescrito, já não se aplicam. Pois agora já não usamos o material como a natureza nos fornece, matando processos naturais, interrompendo-os ou imitando-os. Em todos esses casos, alteramos e desnaturalizamos a natureza para nossos próprios fins mundanos, de sorte que o mundo ou o artifício humano, de um lado, e a natureza, de outro, permanecem como duas entidades nitidamente separadas.”

Diebold: a linha de montagem é o resultado <do conceito da manufatura como um processo contínuo>, e se poderia acrescentar que a automação é o resultado da maquinização (machinization) da linha de montagem.”

Günther Anders, em um interessante ensaio sobre a bomba atômica (Die Antiquiertheit des Menschen (1956)), sustenta de modo convincente, que a palavra <experimento> já não se aplica aos experimentos nucleares envolvendo explosões das novas bombas. Pois era característico dos experimentos o fato de que o espaço no qual ocorriam era estritamente limitado e isolado do meio ambiente. Os efeitos das bombas são tão gigantescos que <seu laboratório tornou-se coextensivo com o globo> (p. 260).”

nossa palavra <natureza>, quer a derivemos da raiz latina nasci, nascer, quer a remetamos à sua origem grega, physis, que vem phyein, surgir de, aparecer por si mesmo.”

Chamamos de automático todo movimento autopropulsado e, portanto, fora do alcance da interferência voluntária ou intencional. (…) As categorias do homo faber e do seu mundo não se aplicam aqui, como jamais poderiam aplicar-se à natureza e ao universo natural.”

a questão não é tanto se somos senhores ou escravos de nossas máquinas, mas se estas ainda servem ao mundo e às coisas do mundo ou se, pelo contrário, elas e o movimento automático de seus processos passaram a dominar e mesmo a destruir o mundo e as coisas.”

Em seu contínuo processo de operação, este mundo de máquinas está perdendo inclusive aquele caráter mundano independente que as ferramentas e utensílios e a primeira maquinaria da era moderna possuíam em tão alto grau. Os processos naturais de que se alimenta o relacionam cada vez mais com o próprio processo biológico, de sorte que os aparelhos, que outrora manejávamos livremente, começam a mostrar-se como se fossem <carapaças integrantes do corpo humano tanto quanto a carapaça é parte integrante do corpo da tartaruga>.”

a madeira justifica matar a árvore e a mesa justifica destruir a madeira.”

todo fim pode novamente servir como meio em algum outro contexto. Em outras palavras, em um mundo estritamente utilitário, todos os fins são constrangidos a serem de curta duração e a transformarem-se em meios para alcançar outros fins. Quanto à interminabilidade da cadeia de meios e fins (o Zweck-progressus in infinitum) e à destruição do significado que lhe é inerente, comparar com Nietzsche, Afor. 666, em Wille zur Macht.” Não entendo que edição é essa que possui mais de 583/594 aforismos! (*)

O ideal de utilidade, como os ideais de outras sociedades, já não pode ser concebido como algo necessário a fim de se obter alguma outra coisa; esse ideal simplesmente impugna o questionamento sobre seu próprio uso. É óbvio que não há resposta à pergunta que Lessing, certa vez, dirigiu aos filósofos utilitaristas do seu tempo: <E qual o uso do uso?> A perplexidade do utilitarismo é que ele é capturado pela cadeia interminável de meios e fins sem jamais chegar a algum princípio que possa justificar a categoria de meios e fim (…) O <a fim de> torna-se o conteúdo do <em razão de>; em outras palavras, a utilidade instituída como significado gera a ausência de significado.” “Só em um mundo estritamente antropocêntrico, onde o usuário, i.e., o próprio homem, torna-se o fim último que põe termo à cadeia infindável de meios e fins, pode a utilidade como tal adquirir a dignidade da significação. A tragédia, porém, é que, no instante em que o homo faber parece ter se realizado nos termos de sua própria atividade, ele passa a degradar o mundo das coisas, que é o fim e o produto final de sua mente e de suas mãos. Se o homem como usuário é o mais alto de todos os fins, <a medida de todas as coisas>, então não somente a natureza, tratada pelo homo faber como o <material quase sem valor> sobre o qual ele opera, mas as próprias coisas <valiosas> tornam-se simples meios e, com isso, perdem o seu próprio <valor> intrínseco.

O utilitarismo antropocêntrico do homo faber encontrou sua mais alta expressão na fórmula de Kant: nenhum homem pode jamais tornar-se um meio para um fim, todo ser humano é um fim em si mesmo. Embora encontremos antes de Kant uma percepção das funestas conseqüências que um desobstruído e desorientado pensamento em termos de meios e fins invariavelmente tem para o domínio político (p.ex., na insistência de Locke em que não se deve permitir que um homem seja dono do corpo de outro ou use a força do seu corpo), é somente em Kant que a filosofia das primeiras fases da era moderna liberta-se inteiramente das trivialidades do bom senso, encontradas sempre onde o homo faber dita os padrões da sociedade. Naturalmente, o motivo disso é que Kant não pretendia formular ou conceitualizar os princípios do utilitarismo do seu tempo, mas, ao contrário, desejava antes de tudo pôr em seu devido lugar a categoria de meios-e-fim e evitar que fosse empregada no campo da ação política. Não obstante, sua fórmula não pode renegar sua origem no pensamento utilitário, como é o caso de sua outra famosa e também inerentemente paradoxal interpretação da atitude do homem em relação aos únicos objetos que não são <para o uso>, a saber, as obras de arte, com as quais ele disse que experimentamos um <prazer sem qualquer interesse>. A expressão de K. é <ein Wohlgefallen ohne alles Interesse> (Kritik der Unteilskraft, ed. Casssirer, V, 272). Pois a mesma operação que faz do homem o <fim supremo> permite-lhe <sujeitar, se puder, toda a natureza a esse fim>, isto é, degradar a natureza e o mundo a simples meios, privado-os de sua dignidade independente. Nem mesmo Kant foi capaz de resolver o dilema ou iluminar a cegueira do homo faber no tocante ao problema do significado sem voltar ao paradoxal <fim em si mesmo>, e essa perplexidade reside no fato de que, embora somente a fabricação, com sua instrumentalidade, seja capaz de construir um mundo, esse mesmo mundo torna-se tão sem valor quanto o material empregado, simples meios para outros fins, quando se permite que os padrões que presidiram o seu surgimento prevaleçam depois que ele foi estabelecido.”

(*) Tudo é uma questão de edição!

I AM AN END (THE SUPREME GOOD, A PRETEXT):

666.

For ages we have always ascribed the value of an action, of a character, of an existence, to the intention, to the purpose for which it was done, acted, or lived: this primeval idiosyncrasy of taste ultimately takes a dangerous turn—provided the lack of intention and purpose in all phenomena comes ever more to the front in consciousness. With it a general depreciation of all values seems to be preparing: <All is without sense.> —This melancholy phrase means: <All sense lies in the intention, and if the intention is absolutely lacking, then sense must be lacking too.> In conformity with this valuation, people were forced to place the value of life in a <life after death,> or in the progressive development of ideas, or of mankind, or of the people, or of man to superman; but in this way the progressus in infinitum of purpose had been reached: it was ultimately necessary to find one’s self a place in the process of the world (perhaps with the disdaemonistic outlook [perspectiva irracional], it was a process which led to nonentity).

In regard to this point, <purpose> needs a somewhat more severe criticism: it ought to be recognised that an action is never caused by a purpose; that an object and the means thereto are interpretations, by means of which certain points in a phenomena are selected and accentuated, at the cost of other, more numerous, points; that every time something is done for a purpose, something fundamentally different, and yet other things

happen; that in regard to the action done with a purpose, the case is the same as with the so-called purposefulness of the heat [Moira] which is radiated from the sun: the greater part of the total sum is squandered [desperdiçada]; a portion of it, which is scarcely worth reckoning, has a <purpose,> has <sense>; that an <end> with its <means> is an absurdly indefinite description, which indeed may be able to command as a precept, as <will,> but presupposes a system of obedient and trained instruments, which, in the place of the indefinite, puts forward a host of determined entities (i.e. we imagine a system of clever but narrow intellects who postulate end and means, in order to be able to grant our only known <end,> the rôle of the <cause of an action,>—a proceeding to which we have no right: it is tantamount to solving a problem by placing its solution in an inaccessible world which we cannot observe).

Finally, why could not an <end> be merely an accompanying feature in the series of changes among the active forces which bring about the action—a pale stenographic symbol stretched in consciousness beforehand, and which serves as a guide to what happens, even as a symbol of what happens, not as its cause?—But in this way we criticise will itself: is it not an illusion to regard that which enters consciousness as will-power, as a cause? Are not all conscious phenomena only final phenomena—the lost links in a chain, but apparently conditioning one another in their sequence within the plane of consciousness? This might be an illusion.

<a Terra em geral e todas as forças da natureza> perdem seu <valor porque não apresentam a reificação resultante da obra> (<Der Wasserfall, wie die Erde überhaupt, wie alle Naturkraft hat keinen Wert, weil er keine in ihm vergegenständlichte Arbeit darstellt>) (Das Kapital, III, 698). Não foi por outro motivo senão essa atitude do homo faber em relação ao mundo que os gregos, em seu período clássico, declararam que todo o campo das artes e ofícios, no qual os homens operavam com instrumentos e faziam algo não pela satisfação de fazê-lo, mas para produzir outra coisa, era banáustico, palavra talvez mais bem-traduzida como <filisteu>, conotando a vulgaridade de pensar e agir em termos de conveniência.”

A instrumentalização de todo o mundo e de toda a Terra, essa ilimitada desvalorização de tudo o que é dado, esse processo de crescente ausência de significado no qual todo fim é transformado em um meio e que só pode ser interrompido quando se faz do próprio homem o amo e senhor de todas as coisas, não provém diretamente do processo de fabricação; pois, do ponto de vista da fabricação, o produto acabado é um fim em si mesmo, uma entidade independente e durável, dotada de existência própria, tal como o homem é um fim em si mesmo na filosofia política de Kant.” “É bastante óbvio que os gregos temiam essa desvalorização do mundo e da natureza, assim como seu inerente antropocentrismo – a opinião <absurda> de que o homem é o ente mais elevado e de que tudo o mais está sujeito às exigências da vida humana (Arist.) (…) Talvez o melhor exemplo do quanto eles estavam conscientes das conseqüências de se considerar o homo faber como a mais elevada possibilidade humana seja o famoso argumento de Platão contra Protágoras e sua declaração aparentemente auto-evidente de que <o homem é a medida de todas as coisas de uso (chrmata), da existência das que existem e da inexistência das que não existem> (Teeteto, 152 & Crátilo, 385E). (Evidentemente, Protágoras não disse que <o homem é a medida de todas as coisas>, como a tradição e as traduções consagradas o fizeram dizer. O suposto dito de Protágoras – <o homem é a medida de todas as coisas> – seria, em grego, anthrôpos metron pantôn, correspondendo, p.ex., à frase de Heráclito: polemos patêr pantón, <o conflito é o pai de todas as coisas>.) O que importa nesse assunto é que Platão percebeu imediatamente que, quando se faz do homem a medida de todas as coisas de uso, é ao homem como usuário e instrumentalizador a quem se relaciona o mundo, e não ao homem como orador, homem de ação ou pensador.” “Nessa interpretação platônica, Protágoras se afigura, realmente, como o primeiro precursor de Kant, pois se o homem é a medida de todas as coisas, então o homem é a única coisa que escapa à relação de meios-e-fim, o único fim em si mesmo, capaz de usar tudo o mais como meio.”

Se se permitir que os critérios do homo faber governem o mundo depois de construído, como devem necessariamente presidir o nascimento desse mundo, então o homo faber finalmente se servirá de tudo e considerará tudo o que existe como simples meios à sua disposição. Julgará cada coisa como se ela pertencesse à categoria de chrêmata ou de objetos de uso, de sorte que, seguindo o ex. de Platão, o vento deixará de ser concebido como força natural, existente por si mesmo, para ser considerado exclusivamente consoante as necessidades humanas de calor e refrigério – e isso, naturalmente, significaria que o vento, como algo objetivamente dado, seria eliminado da experiência humana. Por conta de tais conseqüências, Platão, que no fim da vida lembra mais uma vez n’As Leis (716D) o dito de Protágoras, responde com uma fórmula quase paradoxal: não o homem – que, em virtude de suas necessidades e talentos, quer usar tudo e, portanto, termina por privar todas as coisas de seu valor intrínseco –, mas <o deus é a medida até dos simples objetos de uso>.”

Marx – em um dos muitos apartes que testificam seu eminente senso histórico – observou certa vez que a definição do homem por Benjamin Franklin como um fazedor de instrumentos é tão típica do <ianquismo>, i.e., da era moderna, quanto a definição do homem como um animal político o era da Antiguidade. (DK, p. 358, n. 3)”

No alemão medieval, a palavra Störer [artífice] equivale exatamente à palavra grega dêmiourgos. <Der griechische dêmiourgos heisst ‘Störer’, er geht beim Volk arbeiten, er geht auf die Stör.> Stör significa dêmos (<povo>). (Cf. Jost Trier…1950).”

os tiranos nutriam a ambição, sempre frustrada, de dissuadir os cidadãos da preocupação com os assuntos políticos” Já hoje os Boechats neocons estimulam a participação desenfreada.

O domínio público do homo faber é o mercado de trocas, no qual ele pode exibir os produtos de sua mão e receber a estima que merece. Essa inclinação para a habilidade na exibição pública (showmanship) é intimamente conectada com a <propensão de barganhar, permutar e trocar uma coisa por outra>, que, segundo Adam Smith, distingue os homens dos animais, e possivelmente não menos arraigada que ela. E ele acrescenta, com ênfase: <Ninguém jamais viu um cão fazer uma troca eqüitativa e deliberada de um osso por outro com outro cão> (Wealth of nations, ed. Everyman’s, I, 12).”

A privatividade exigida nos primórdios da era moderna como direito supremo de cada membro da sociedade era efetivamente a garantia de isolamento, sem a qual nenhuma obra pode ser produzida. (…) Esse isolamento em relação aos outros é a condição de vida necessária a toda maestria, que consiste em estar a sós com a <idéia>, a imagem mental da coisa que irá existir. (…) e as palavras <operário> e <mestre> – ouvrier e maître – eram originalmente empregadas como sinônimos. (Levasseur e Pierre Brizon)” “a diferença entre a qualificação do mestre e a ajuda não-qualificada é temporária, como a diferença entre adultos e crianças.”

Sewall – The theory of value before Adam Smith (1901) in: “Publications of the American Economic Association”

O valor é aquela qualidade que nenhuma coisa pode ter na privatividade, mas que adquire automaticamente assim que aparece em público.”

a primeira coisa sobre a qual insistem os professores medievais é que o valor não é determinado pela excelência intrínseca à própria coisa, pois, se fosse assim, uma mosca seria mais valiosa que uma pérola, uma vez que é intrinsecamente mais excelente” George O’Brien – An essay on medieval economic teaching, 1920

Weisskopf – The psychology of economics (1955)

A palavra mais antiga para <valia> (worth), que ainda encontramos em Locke, foi suplantada pela expressão <valor de uso> (use value), aparentemente mais científica.” “a perda de toda valia intrínseca começa com a sua transformação em valores (values) ou mercadorias” “A relatividade universal, o fato de que uma coisa só existe em relação a outras, e a perda do valor intrínseco, o fato de que tudo deixa de possuir valor <objetivo>, independente da avaliação mutável da oferta e da procura, são inerentes ao próprio conceito de valor.” “preço justo”

Mas a resposta de Platão – de que não o homem, mas um <deus é a medida de todas as coisas> – seria um gesto moralizante vazio se realmente fosse verdadeiro que, como presumia a era moderna, a instrumentalidade, disfarçada em utilidade, governa o âmbito do mundo acabado tão exclusivamente quanto governa a atividade por meio da qual o mundo e todas as coisas nele contidas passaram a existir.”

Ainda que a origem histórica da arte tivesse caráter exclusivamente religioso ou mitológico, o fato é que a arte sobreviveu magnificamente à sua separação da religião, da magia e do mito.” Anti-Benjamin

certo pressentimento de imortalidade – não a imortalidade da alma ou da vida, mas de algo imortal alcançado por mãos mortais” Anti-Unamuno

O pensar relaciona-se com o sentimento e transforma seu desalento mudo e inarticulado, do mesmo modo como a troca transforma a ganância crua do desejo e o uso transforma o anseio desesperado das necessidades – até que todos se tornem adequados a adentrar o mundo e serem transformados em coisas, serem reificados. (…) uma capacidade comunicativa e aberta-ao-mundo (world-open) transcende e libera no mundo uma apaixonada intensidade que estava aprisionada no si-mesmo (self).”

Rilke (Aus Taschen-Büchern und Merk-Blättern, 1950):

Aus unbeschreiblicher Verwandlung stammen

solche Gebilde -: Fühl! und glaub!

Wir leidens oft: zu Asche werden Flammen,

doch, in der Kunst: zur Flamme wird der Staub.

Hier ist Magie. In das Bereich des Zaubers

scheint das gemeine Wort hinaufgestuft (…)

und ist doch wirklich wie der Ruf des Taubers,

der nach der unsichtbaren Taube ruft”

é sempre na <letra morta> que o <espírito vivo> deve sobreviver, uma morte da qual ele só pode ser resgatado quando a letra morta entra novamente em contato com uma vida disposta a ressuscitá-lo, ainda que essa ressurreição dos mortos tenha em comum com todas as coisas vivas o fato de que ela também tornará a morrer.”

Na música e na poesia, que são as menos <materialistas> das artes porque seu <material> consiste em sons e palavras, a reificação e a manufatura (workmanship) necessárias são mínimas. O jovem poeta e a criança prodígio na música podem atingir a perfeição sem muito treino e experiência, fenômeno que dificilmente ocorre na pintura, na escultura ou na arquitetura.”

É essa proximidade com a lembrança viva que permite que o poema perdure, retenha sua durabilidade fora da página escrita ou impressa; e, embora a <qualidade> de um poema possa estar submetida a vários padrões diferentes, sua <memorabilidade> inevitavelmente determinará sua durabilidade, i.e., a possibilidade de ficar permanentemente fixado na lembrança da humanidade.”

<fazer um poema> (…) O mesmo se aplica ao alemão dichten, que provavelmente deriva do latim dictare: <das ausgesonnene geistig Geschaffene niederschreiben order zum Nietderschreiben vorsagen> (Grimm, Dicionário) (…) A mesma ênfase no artesanato do poeta está presente na expressão grega para a arte da poesia: tektônes hymnôn.”

COMO ENTENDER MEU NAMORADO”

o processo cognitivo termina. O pensamento, ao contrário, não tem outro fim ou propósito além de si mesmo, e não chega sequer a produzir resultados; não só a filosofia utilitária do homo faber, mas os homens de ação e os entusiastas por resultados nas ciências jamais se cansaram de assinalar quão inteiramente <inútil> é o pensamento – realmente, tão inútil quanto as obras de arte que inspira. E nem mesmo esses produtos inúteis o pensamento pode reivindicar para si, pois estes, como os grandes sistemas filosóficos, dificilmente podem ser propriamente chamados de resultados do pensamento puro (…) é precisamente o processo do pensar que o artista ou o filósofo que escreve têm de interromper e transformar para a reificação materializante de sua obra. A atividade de pensar é tão incessante e repetitiva quanto a própria vida; perguntar se o pensamento tem algum significado configura o mesmo enigma irrespondível que a pergunta sobre o significado da vida”

Por outro lado, a cognição toma parte em todos os processos, não somente nos da obra intelectual ou artística, cuja finalidade pode ser posta à pova e, se não produzir resultados, terá fracassado, como fracassa a maestria do carpinteiro quando ele fabrica uma mesa de duas pernas.”

Os processos mentais que se alimentam da força cerebral são geralmente chamados de inteligência, e essa inteligência pode realmente ser medida em testes de inteligência, da mesma forma como a força física pode ser medida por outros meios. Suas leis, as leis da lógica, podem ser descobertas como outras leis da natureza”

Se fosse verdadeiro que o homem é um animal rationale no sentido em que a era moderna compreendeu essa expressão – ou seja, uma espécie animal que difere das outras pelo fato de ser dotada de uma força cerebral superior –, então as recém-inventadas máquinas eletrônicas, que às vezes para consternação e outras vezes para confusão dos seus inventores, são tão espetacularmente mais <inteligentes> que os seres humanos, seriam realmente homunculi. Na realidade elas são, como todas as máquinas, meras substitutas e aperfeiçoadoras artificiais da força de trabalho humana, adotando o consagrado expediente da divisão do trabalho de subdividir toda operação em seus movimentos constitutivos mais simples – substituindo, p.ex., a multiplicação pela adição iterativa. (…) graças a essa velocidade superior, a máquina pode dispensar a multiplicação, que é o expediente técnico pré-eletrônico para acelerar a adição. Tudo o que os computadores gigantes provaram é que a era moderna estava errada ao acreditar, com Hobbes, que a racionalidade, no sentido de <calcular as conseqüências>, é a mais alta e a mais humana das capacidades do homem, e que os filósofos da vida e do trabalho, Marx ou Bergson ou Nietzsche, estavam certos quando viam nesse tipo de inteligência, que confundiam com a razão, uma mera função do processo vital, ou, como dizia Hume, uma mera <escrava das paixões>.

os homens que agem e falam necessitam da ajuda do homo faber em sua capacidade suprema, i.e., da ajuda do artista, dos poetas e historiadores, dos construtores de monumentos ou escritores, porque sem eles o único produto da atividade dos homens, a estória que encenam e contam, de modo algum sobreviveria. (…) Não precisamos escolher aqui entre Platão e Protágoras, ou decidir se o homem ou um deus deve ser a medida de todas as coisas; o que é certo é que a medida não pode ser nem as necessidades coativas da vida biológica e do trabalho, nem o instrumentalismo utilitário da fabricação e do uso.

Nihil igitur agit nisi tale existens quale patiens fiere debet.”

nada age, a menos que ao agir torne patente seu si-mesmo latente.”

Dante

INCIATIVA & SEGUNDO NASCIMENTO

O Dilema Hindu de Zaratustra: “Os homens podem perfeitamente viver sem trabalhar, obrigando outros a trabalharem para eles; e podem muito bem decidir simplesmente usar e fruir do mundo de coisas sem lhe acrescentar um só objeto útil; a vida de um explorador ou senhor de escravos e a vida de um parasita podem ser injustas, mas certamente são humanas. Por outro lado, uma vida sem discurso e sem ação – e esse é o único modo de vida em que há sincera renúncia de toda aparência e de toda vaidade, na acepção bíblica da palavra – é literalmente morta para o mundo”

Arnold Gehlen – Der Mensch: Seine Natur und seine Stellung in der Welt (1955)

iniciar (como indica a palavra grega archein, <começar>, <conduzir> e, finalmente, <governar>), imprimir movimento a alguma coisa (que é o significado original do termo latino agere).”

para que houvesse um início o homem foi criado, sem que antes dele ninguém o fosse” Sto. Agostinho

Para Agostinho, havia tanta diferença entre os dois começos que ele empregava uma palavra diferente para indicar o começo que é o homem (initium), chamando de principium o início do mundo, que é a tradução consagrada do primeiro versículo da Bíblia. Como se vê em A cidade de Deus 11:32, a palavra principium portava, para Ag., um sentido muito menos radical; o início do mundo <não significa que nada houvesse sido feito antes (uma vez que os anjos o foram)>, enquanto, na frase acima citada, referente ao homem, ele acrescenta explicitamente que ninguém existia antes dele.”

Com a criação do homem, veio ao mundo o próprio princípio do começar”

SURPREENDENTE IMPRESCIÊNCIA: “a origem da vida a partir da matéria inorgânica é uma infinita improbabilidade dos processos inorgânicos, como o é o surgimento da Terra, do ponto de vista dos processos do universo, ou a evolução da vida humana a partir da vida animal. O novo sempre acontece em oposição à esmagadora possibilidade das leis estatísticas e a sua probabilidade que, para todos os fins práticos e cotidianos, equivale à certeza: assim, o novo sempre aparece na forma de um milagre.”

o ato primordial e especificamente humano deve conter, ao mesmo tempo, resposta à pergunta que se faz a todo recém-chegado: <Quem és?>” “A ação muda deixaria de ser ação, pois não haveria mais um ator”

se aqui estivesse em questão apenas o uso da ação como meio para um fim, é evidente que o mesmo fim poderia ser alcançado muito mais facilmente com a violência muda, de tal modo que a ação parece uma substituta pouco eficaz da violência, da mesma forma que o discurso, do ponto de vista da mera utilidade, parece um substituto inadequado da linguagem de signos.”

é quase certo que o <quem>, que aparece tão clara e inconfundivelmente para os outros, permanece oculto para a própria pessoa, à semelhança do daimón, na religião grega, que acompanha cada homem durante toda sua vida, sempre observando por detrás, por cima de seus ombros, de sorte que só era visível para aqueles que ele encontrava.”

deve-se estar disposto a correr o risco de se desvelar, e esse risco não pode ser assumido nem pelo realizador de boas obras, que deve ser desprovido do si-mesmo (self) e manter-se em completo anonimato, nem pelo criminoso, que precisa esconder-se dos outros. Ambos são figuras solitárias, o primeiro é <pró> e o segundo <contra> todos os homens; ficam, portanto, fora do âmbito do intercurso humano e são figuras politicamente marginais, que, em geral, surgem no cenário histórico em épocas de corrupção, desintegração e ruína política.”

soldadodesconhecido

Os monumentos ao <Soldado Desconhecido>, erigidos após a Primeira Guerra Mundial, comprovam a necessidade de glorificação, subsistente ainda na época, de encontrar um <quem>, um alguém identificável a quem quatro anos de carnificina deveriam ter revelado. A frustração desse desejo e a recusa a se resignar ao fato brutal de que o agente da guerra havia sido realmente ninguém inspiraram a construção desses monumentos ao <desconhecido>, a todos aqueles a quem a guerra fracassou em tornar conhecidos, roubando-lhes, com isso, não suas realizações, mas sua dignidade humana. O livro de William Faulkner, Uma fábula (1954), supera em discernimento e clareza quase toda a literatura sobre a I G. M. pelo fato de que o seu herói é o Soldado Desconhecido.”

a notória impossibilidade filosófica de se chegar a uma definição do homem”

A crermos em Xenofonte, Sócrates comparava seu daimonion aos oráculos, e insistia em que ambos deviam ser utilizados somente para os assuntos humanos, em que nada é certo, e não para as questões das artes e ofícios, em que tudo é previsível (ibid., 7-9).”

Na teoria política, o materialismo é pelo menos tão antigo quanto a suposição platônico-aristotélica de que as comunidades políticas (poleis) – e não apenas a vida familiar ou a coexistência de várias unidades familiares (oikiai) – devem sua existência à necessidade material. (…) ambos são precursores da teoria do interesse, já plenamente desenvolvida por Bodin – tal como os reis governam os povos, o Interesse governa os reis.”

Que toda vida individual entre o nascimento e a morte possa afinal ser narrada como uma estória com começo e fim é a condição pré-política e pré-histórica da história (history), a grande estória sem começo nem fim.”

É digno de nota o fato de que Platão, que não tinha indício algum do moderno conceito de história, tenha sido o primeiro a inventar a metáfora do ator que, nos bastidores, por trás dos homens que atuam, puxa os cordões e é responsável pela estória. O deus platônico é apenas um símbolo do fato de que as estórias reais, ao contrário das que inventamos, não têm autor; como tal, é o verdadeiro precursor da Providência, da <mão invisível>, da Natureza, do <espírito do mundo>, do interesse de classe e de outras noções semelhantes mediante as quais os filósofos da história cristãos e modernos tentaram resolver o desconcertante problema de que embora a história deva a sua existência aos homens, obviamente não é, todavia, <feita> por eles.”

o simples fato de que Adam Smith tenha precisado de uma <mão invisível> a guiar as transações econômicas no mercado de trocas mostra claramente que as relações de troca envolvem algo mais que a mera atividade econômica”

embora saibamos muito menos a respeito de Sócrates, que jamais escreveu uma linha sequer nem deixou obra alguma atrás de si, que acerca de Platão ou Aristóteles, sabemos muito melhor e mais intimamente quem foi Sócrates, por conhecermos sua estória, do que sobre quem foi Aristóteles, acerca de cujas opiniões estamos muito mais bem informados.”

Em Homero a palavra hêrôs sem dúvida tinha uma conotação de distinção, mas uma distinção de que era capaz qualquer homem livre. Em parte alguma aparece com o significado ulterior de <semideus>, resultante talvez da deificação dos antigos heróis épicos.” “A dimensão dessa coragem original, sem a qual a ação, o discurso e, portanto, segundo os gregos, a liberdade seriam impossíveis, não é menor se o <herói> for um covarde – pode ser até maior.”

o teatro é a arte política por excelência; somente no teatro a esfera política da vida humana é transposta para a arte. Pelo mesmo motivo, é a única arte cujo assunto é, exclusivamente, o homem em sua relação com os outros homens.”

A crença popular em um <homem forte>, que, isolado dos outros, deve sua força ao fato de estar só, é ou mera superstição, baseada na ilusão de que podemos <produzir> algo no domínio dos assuntos humanos – <produzir> instituições ou leis, p.ex., como fazemos mesas e cadeiras, ou produzir homens <melhores> ou <piores> (Platão já recriminava Péricles por não haver <tornado melhor o cidadão>, pois, no fim de sua carreira, os atenienses eram piores que antes – Górgias, 515) –, ou é, então, a desesperança consciente de toda ação, política e não política, aliada à esperança utópica de que seja possível tratar os homens como se tratam outros <materiais>.”

A história está repleta de exemplos de impotência do homem forte e superior que não sabe como angariar o auxílio ou o agir conjunto (co-acting) de seus semelhantes – fracasso que é freqüentemente atribuído à fatal inferioridade do grande número e ao ressentimento que as pessoas eminentes inspiram nas medíocres.”

Aos dois verbos gregos archein e prattein (<atravessar, <realizar>, <acabar>) correspondem os dois verbos latinos agere e gerere (cujo significado original é <conduzir>). (…) Em ambos os casos, a palavra que originalmente designava apenas a segunda parte da ação, ou seja, sua realização – prattein e gerere –, passou a ser o termo aceito para designar a ação em geral, enquanto a palavra que designava o começo da ação adquiriu um significado especial, pelo menos na linguagem poética. Archein passou a significar, principalmente, <governar> e <liderar>, quando empregada de maneira específica, e agere passou a significar <liderar>, mais do que <pôr em movimento>.”

a força do iniciador e líder mostra-se em sua iniciativa e nos riscos que assume, não na efetiva realização. No caso do governante bem-sucedido, ele pode reivindicar para si aquilo que, na verdade, é a realização de muitos – algo que jamais teria sido permitido a Agamêmnon, que era rei, mas não governante.”

a tentação política por excelência é realmente a hybris, e não a vontade de poder, como somos inclinados a acreditar.”

a luz que ilumina os processos da ação e, portanto, todos os processos históricos só aparece quando eles terminam – muitas vezes quando todos os participantes já estão mortos. A ação só se revela plenamente para o contador da estória (storyteller), ou seja, para o olhar retrospectivo do historiador, que realmente sempre sabe melhor o que aconteceu do que os próprios participantes. Todo relato feito pelos próprios atores, ainda que, em raros casos, constitua versão fidedigna de suas intenções, finalidades e motivos, torna-se uma mera fonte de material útil nas mãos do historiador”

O velho ditado de que ninguém pode ser considerado eudaimon antes de morrer talvez dê uma indicação do assunto em questão, se formos capazes de ouvir seu significado original após 2500 anos de trivializante repetição; nem mesmo a tradução latina, proverbial e corriqueira já em Roma – nemo ante mortem beatus esse dici potest –, transmite o significado original, embora talvez tenha inspirado a prática da Igreja Católica de só beatificar os santos depois de há um bom tempo seguramente mortos. Porque eudaimonia não significa felicidade nem beatitude; é intraduzível e talvez até inexplicável. Tem a conotação de bem-aventurança, mas sem qualquer implicação religiosa, e significa, literalmente, algo como o bem-estar do daimôn que acompanha cada homem durante a sua vida, que é a sua identidade distinta, mas só aparece e é visível para os outros. É contra essa distorção inevitável que o coro afirma seu próprio conhecimento: estes outros vêem, <têm> diante dos olhos, como um exemplo, o daimôn de Édipo; a miséria dos mortais é serem cegos para seu próprio daimôn.”

O AZAR DE LULA E DE PELÉ: “a essência humana só pode passar a existir depois que a vida se acaba, deixando atrás de si nada além de uma estória. Assim, quem pretender conscientemente ser <essencial>, deixar atrás de si uma estória e uma identidade que conquistará <fama imortal>, deve não só arriscar a vida, mas também optar expressamente, como o fez Aquiles, por uma vida curta e uma morte prematura. Só o homem que não sobrevive ao seu ato supremo permanece senhor inconteste de sua identidade e sua possível grandeza, porque se retira, na morte, das possíveis conseqüências e da continuação do que iniciou. (…) Aquiles permanece dependente do contador de estórias, do poeta ou historiador, sem os quais tudo o que ele fez teria sido em vão”

O fato de que a palavra grega equivalente à expressão <cada um> (hekastos) deriva de hekas (<distante>) parece indicar o quanto esse individualismo deve ter sido profundamento arraigado.”

[para] os gregos, o legislador era como o construtor dos muros da cidade, alguém cuja obra devia ser executada e terminada antes que a atividade política pudesse começar. Conseqüentemente, era tratado como qualquer outro artesão ou arquiteto, e podia ser trazido de fora e contratado sem que precisasse ser cidadão, ao passo que o direito de politeuesthai, de engajar-se nas muitas atividades que afinal ocorriam na pólis, era exclusivo dos cidadãos. [As Leis]” “A escola socrática voltou-se para essas atividades, que os gregos consideravam pré-políticas, por desejar combater a política e a ação.” “bastaria que os homens renunciassem a sua capacidade para a ação – que é fútil, ilimitada e incerta com relação aos resultados – para que houvesse um remédio para a fragilidade dos assuntos humanos.”

Com aquela cândida abstenção de moralização tão típica da Antiguidade grega (mas não da romana), Aristóteles começa por dizer, como algo óbvio, que o benfeitor sempre ama aqueles a quem ajuda mais do que é amado por eles. Em seguida, passa a explicar que isso é bastante natural, visto que o benfeitor executou uma obra, uma ergon, ao passo que o beneficiado apenas aceitou sua beneficência. Segundo Aristóteles, o benfeitor ama sua <obra>, a vida do beneficiário que ele <produziu>, tanto quanto o poeta ama seus poemas; e lembra ao leitor que o amor do poeta por sua obra dificilmente é menos apaixonado que o amor da mãe pelos filhos.“a obra, tal como a atividade do legislador na concepção grega, só pode tornar-se o conteúdo da ação no caso de qualquer ação subseqüente ser indesejável ou impossível”

Esperava-se que a pólis multiplicasse as oportunidades de conquistar <fama imortal>, ou seja, multiplicasse para cada homem as possibilidades de distinguir-se, de revelar em ato e palavra quem era em sua distinção única. Uma das razões, senão a principal, do incrível desenvolvimento do talento e do gênio em Atenas, bem como do rápido e não menos surpreendente declínio da cidade-Estado, foi precisamente que, do começo ao fim, o principal objetivo da pólis era fazer do extraordinário uma ocorrência ordinária da vida cotidiana.”

Onde quer que vás, serás uma pólis” lema da colonização grega

Ser privado dele [do espaço da pólis] significa ser privado da realidade que, humana e politicamente falando, é o mesmo que a aparência.” “<o que aparece a todos, a isso chamamos Ser> Heráclito diz essencialmente o mesmo que Aristóteles no trecho citado, ao declarar que o mundo é um só e é comum a todos os que estão despertos, mas que todos os que dormem voltam-se para seu próprio mundo (Diels, Fragmente der Vorsokratiker, B89).” // Heidegger

poder: (…) grego, dynamis, e o latino, potentia (…) Macht (que vem de mögen e möglich, e não de machen), indica seu caráter de <potencialidade>.”

Um grupo de homens relativamente pequeno, mas bem organizado, pode governar, por tempo quase indeterminado, vastos e populosos impérios, a história registra não poucos exemplos de países pequenos e pobres que levam a melhor sobre nações grandes e ricas. (A história de Davi e Golias só é verdadeira como metáfora; o poder de poucos pode ser superior ao de muitos, mas, na luta entre dois homens, o que decide é o vigor, não o poder, e a sagacidade, i.e., a força do cérebro, contribui materialmente para o resultado não menos que a força muscular.)”

embora a violência seja capaz de destruir o poder, jamais pode substituí-lo.” “Só o poder pode efetivamente aniquilar o vigor”

Montesquieu, o último pensador político seriamente preocupado com o problema das formas de governo.”

só a tirania é incapaz de engendrar suficiente poder para permanecer no espaço da aparência, que é o domínio público; ao contrário, tão logo passa a existir, gera as sementes de sua própria destruição.”

Incompreensão dos politicólogos do XX do que significaria o termo “VdP”: “O poder corrompe, de fato, quando os fracos se unem para destruir o forte, mas não antes. A vontade de poder, como compreendeu a era moderna de Hobbes a Nietzsche, glorificando-a ou denunciando-a, longe de ser uma característica do forte, é, como a cobiça e a inveja, um dos vícios do fraco, talvez o seu mais perigoso vício.”

O veemente desejo de violência, tão característico de alguns dos melhores artistas criativos, pensadores, estudiosos e artífices modernos, é uma reação natural daqueles de quem a sociedade tentou furtar o vigor. (…) <Denn die Ohnmacht gegen Menschen, nicht die Ohnmacht gegen die Natur, erzeugt die desperateste Verbitterung gegen das Dasein> (Wille zur Macht, n. 55)”

A melancólica sabedoria do Eclesiastes – <Vaidade das vaidades; tudo é vaidade… Nada há de novo sob o sol…, não há recordação das coisas passadas, nem restará com os vindouros uma recordação das coisas que estão por vir> – não resulta necessariamente de uma experiência especificamente religiosa; mas: é certamente inevitável sempre e onde quer que se extinga a confiança no mundo como lugar adequado ao aparecimento humano” “Talvez nada em nossa história tenha durado tão pouco quanto a confiança no poder, e nada tenha durado mais que a desconfiança platônica e cristã em relação ao esplendor que acompanha seu espaço da aparência”

O motivo pelo qual Aristóteles, em sua Poética, julga que a grandeza (megethos) é uma condição prévia do enredo dramático é que o drama imita a ação, e esta é julgada pelo critério da grandeza, por sua distinção do corriqueiro (1450b25). Aliás, o mesmo se aplica à beleza, que reside na grandeza e na taxis, a junção das partes (1450b34ss.).”

Arist. – Física / Sobre a alma

a plena atualidade (energeia) nada efetua ou produz além de si mesma, e a plena realidade (entelecheia) não tem outro fim além de si mesma (veja-se Metafísica 1050a22-35).”

a <obra do homem> não é um fim, porque os meios de realizá-la – as virtudes ou aretai – não são qualidades que podem ou não ser atualizadas, mas são, por si mesmas, <atualidades>. Em outras palavras, os meios de alcançar o fim já seriam o fim; e esse <fim>, por sua vez, não pode ser considerado como meio em outro contexto, pois nada há de mais elevado a atingir que essa própria atualidade.”

essa importantíssima degradação da ação e do discurso está implícita quando Adam Smith classifica qualquer ocupação que se baseie essencialmente no desempenho na mesma categoria dos <serviços domésticos>”

(O gênio criativo como expressão quintessencial da grandeza humana era inteiramente desconhecido na Antiguidade e na Idade Média.) Só no começo do século XX os grandes artistas passaram a protestar, com surpreendente unanimidade, contra o fato de serem chamados de <gênios> e a insistir no artesanato, na competência e na estreita relação entre arte e ofício manual. É verdade que esse protesto não foi, em parte, mais que uma reação contra a vulgarização e a comercialização da noção de gênio”

O que importa em nosso contexto é que a obra do gênio, em contraposição ao produto do artesão, parece haver absorvido aqueles elementos de distinção e unicidade que encontram expressão imediata somente na ação e no discurso.”

Por causa dessa transcendência, que efetivamente diferencia a grande obra de arte dos demais produtos das mãos humanas, o fenômeno do gênio criativo parecia constituir a mais elevada legitimação da convicção do homo faber de que os produtos de um homem podem ser mais e essencialmente maiores que ele mesmo.”

<Que os médicos, os doceiros e os criados das grandes casas sejam julgados pelo que fizeram ou mesmo pelo que pretenderam fazer; as grandes pessoas são julgadas pelo que são.> Cito aqui um trecho do maravilhoso conto de Isak Dinensen, <The Dreamers>, em Seven gothic tales (Ed. Modern Library), especialmente p. 340ss. Só os vulgares consentirão em derivar seu orgulho do que fizeram; em virtude dessa condescendência, tornar-se-ão <escravos e prisioneiros> de suas próprias faculdades e descobrirão, caso lhes reste algo mais que mera vaidade estulta, que ser escravo e prisioneiro de si mesmo não é menos amargo e talvez seja mais vergonhoso que ser servo de outrem.”

a atribulação do gênio é real, o que fica evidente no caso dos literati, em que de fato se consuma a inversão da ordem entre o homem e seu produto; o que há de tão ultrajante em seu caso – e o que, aliás, suscita mais ódio popular que a falsa superioridade intelectual – é que mesmo o seu pior produto lhe será provavelmente superior.”

Das revoluções de 1848 até a revolução húngara de 1956, a classe operária européia, por ser o único setor organizado e, portanto, o setor conducente do povo, escreveu um dos mais gloriosos capítulos da história recente, e provavelmente o mais promissor.” “enquanto os sindicatos, ou seja, a classe operária na medida em que é apenas uma dentre as classes da sociedade moderna, têm prosseguido de vitória em vitória, o movimento políticos dos trabalhadores tem sido derrotado sempre que ousa apresentar suas próprias reivindicações, distintas de programas partidários e reformas econômicas. Se a tragédia da revolução húngara conseguiu apenas demonstrar ao mundo que, a despeito de todas as derrotas e aparências, esse elã político ainda não morreu, seus sacrifícios não terão sido em vão.”

Talvez nada ilustre melhor o papel decisivo da mera aparência, do distinguir-se e ser conspícuo no domínio dos assuntos humanos, do que o fato de que os trabalhadores, quando ingressaram no cenário histórico, sentiram necessidade de adotar um traje próprio, o sans-culotte, do qual, durante a Revolução Francesa, derivavam seu nome. Com esse traje, adquiriram uma distinção própria, distinção esta dirigida contra todos os outros.”

Essa tentativa de substituir a ação pela fabricação é visível em todos os argumentos contra a <democracia>”

a única tentativa de abolir a escravidão na Antiguidade – embora malograda – foi feita por Periandro, tirano de Corinto.”

É com as óbvias vantagens da tirania a curto prazo – a estabilidade, a segurança e a produtividade – que devemos tomar cuidado, quando menos porque preparam o caminho para uma inevitável perda de poder, embora o verdadeiro desastre possa ocorrer em futuro relativamente distante.”

Do ponto de vista teórico, a versão mais sintética e fundamental da fuga da ação para o governo ocorre em O político, em que Platão instaura um abismo entre os dois modos de ação, archein e prattein (<começar> e <realizar>), que, para os gregos, eram interconectados.”

Problema indiferente: “(É erro comum interpretar Platão como se ele pretendesse abolir a família e o lar; pelo contrário, ele pretendia ampliar a vida doméstica ao ponto em que todos os cidadãos fossem assimilados a uma única família…)” “Historicamente, o conceito de governo, embora originado no domínio doméstico e familiar, desempenhou seu papel mais decisivo na organização dos assuntos públicos e, para nós, está inseparavelmente ligado à política. Isso não deve nos levar a desconsiderar o fato de que, para Platão, tratava-se de uma categoria muito mais geral.” “primeiro, perceber a imagem ou forma (eidos) do produto que se vai fabricar; em seguia, organizar os meios e dar início à execução.”

mesmo na República o filósofo ainda é definido como amante da beleza, não da bondade. O bem é a idéia mais elevada para o rei-filósofo” “Somente quando volta à caverna escura dos assuntos humanos, para conviver novamente com os seus semelhantes, é que ele necessita das idéias que guiem como padrões e regras que lhe permitam medir e sob os quais subsumir a multiplicidade vária dos atos e palavras humanos com a mesma certeza absoluta e <objetiva> com que pode se orientar o artesão na fabricação e o leigo no julgamento de cada cama individual, pelo emprego do modelo estável e sempre presente, a <idéia> da cama em geral.”

a glorificação da violência como tal esteve inteiramente ausente do pensamento político até a era moderna.”

Somente a convicção da era moderna de que o homem só pode conhecer aquilo que ele mesmo faz, e de que ele é, basicamente, um homo faber e não um animal rationale, trouxe à baila as implicações muito mais antigas da violência inerentes a todas as interpretações do domínio dos assuntos humanos (…) Percebe-se isso nitidamente na série de revoluções, típicas da era moderna, todas as quais – com exceção da Revolução Americana – revelam a mesma combinação do antigo entusiasmo romano pela fundação de um novo corpo político com a glorificação da violência como único meio de <produzir> esse corpo. (…) <a violência é a parteira de toda velha sociedade grávida de uma sociedade nova> Marx”

Compare-se a afirmação de Platão – de que o desejo do filósofo de se tornar governante dos homens advém apenas do medo de ser governado pelos piores (República 347) – com a afirmação de Agostinho, de que a função do governo é permitir que <os bons> vivam com mais tranqüilidade entre <os maus> (Epistolae, 153:6).”

O fato é que Pl. e em menor medida Arist., para quem os artesãos sequer eram dignos da plena cidadania, foram os primeiros a propor que as questões políticas fossem tratadas, e os corpos políticos governados à maneira da fabricação.”

O próprio fato de que as ciências naturais tenham se tornado exclusivamente ciências de processos e, em seu último estágio, ciências de <processos sem retorno>, potencialmente irreversíveis e irremediáveis, indica claramente que, seja qual for a força cerebral necessária para iniciá-los, a verdadeira capacidade humana subjacente que poderia desencadear sozinha esse desdobramento não é nenhuma capacidade <teórica>, nem a contemplação ou a razão, mas a aptidão humana para agir, para iniciar novos processos sem precedentes, cujo resultado é incerto e imprevisível”

Os gregos avaliavam essas circunstâncias comparando-as à eterna presença ou ao eterno retorno de todas as coisas naturais, e a principal preocupação deles era estarem à altura e serem dignos da imortalidade”

<Man weiss die Herkunft nicht, man weiss die Folgen nicht […] (der Wert der Handlung ist) ubekannt> […o valor da ação não pode ser conhecido], como disse certa vez Nietzsche (WzM, 291), mal se dando conta [será?] de que apenas ecoava a antiga suspeita dos filósofos em relação à ação.”

Enquanto a força do processo de produção é inteiramente absorvida e exaurida pelo produto final a força do processo de ação nunca se exaure em um único ato, mas, ao contrário, pode aumentar à medida que suas conseqüências se multiplicam (…) e sua perduração é ilimitada, tão independente da perecibilidade da matéria e da mortalidade dos humanos quanto o é a perduração da própria humanidade.”

o fardo da irreversibilidade e da imprevisibilidade”

em nenhuma outra parte – nem no trabalho, sujeito às necessidades da vida, nem na fabricação, dependente do material dado – o homem parece ser menos livre que naquelas capacidades cuja própria essência é a liberdade”

inação na abstenção” Adão

Nos sistemas politeístas nem mesmo um deus, por mais poderoso que seja, pode ser soberano”

Assim como o epicurismo repousa na ilusão de felicidade quando se é assado vivo no Touro de Falera, o estoicismo repousa na ilusão de liberdade quando se é escravo.”

Se olharmos a liberdade com os olhos da tradição, identificando liberdade com soberania, a ocorrência simultânea da liberdade com não-soberania – o fato de ser capaz de iniciar algo novo, mas incapaz de controlar ou prever suas conseqüências – parece quase forçar-nos à conclusão de que a existência humana é absurda.”

Onde o orgulho humano ainda está intacto, é a tragédia, mais que o absurdo, que é vista como marca característica da existência humana. O maior expoente desta opinião é Kant, para quem a espontaneidade da ação e as concomitantes faculdades da razão prática, inclusive a força do juízo, são ainda as principais qualidades do homem, muito embora sua ação recaia no determinismo das leis naturais e seu juízo não consiga penetrar o segredo da realidade absoluta (a Ding an sich). Kant teve a coragem de absolver o homem das conseqüências dos seus atos, insistindo unicamente na pureza dos motivos, o que o impediu de perder a fé no homem e em sua grandeza potencial.”

o homo faber pôde ser redimidio do constrangimento da ausência do significado, a <desvalorização de todos os valores>, e da impossibilidade de encontrar critérios válidos em mundo determinado pela categoria de meios e fins unicamente por meio das faculdades inter-relacionadas da ação e do discurso” “Do ponto de vista do animal laborans, parece um milagre o fato de que ele seja também um ser que conhece um mundo e nele habita; do ponto de vista do homo faber, parece milagre, uma espécie de revelação divina, o fato de o significado ter um lugar neste mundo.”

O remédio para a imprevisibilidade, para a caótica incerteza do futuro, está contido na faculdade de prometer e cumprir promessas. As duas faculdades formam um par, pois a primeira delas, a de perdoar, serve para desfazer os atos do passado, cujos <pecados> pendem como espada de Dámocles sobre cada nova geração” “Se não fôssemos perdoados, liberados das conseqüências daquilo que fizemos, nossa capacidade de agir ficaria, por assim dizer, limitada a um único ato do qual jamais nos recuperaríamos” “Sem estermos obrigados ao cumprimento de promessas, jamais seríamos capazes de conservar nossa identidade” “ninguém pode perdoar a si mesmo e ninguém pode se sentir obrigado por uma promessa feita apenas para si mesmo; o perdão e a promessa realizados na solitude e no isolamento permanecem sem realidade e não podem significar mais do que um papel que a pessoa encena para si mesma.” “O descobridor do papel do perdão no domínio dos assuntos humanos foi Jesus de Nazaré.”

poupar os vencidos (parcere subiectis) – uma sabedoria que os gregos desconheciam totalmente”

no Evangelho não se supõe que o homem perdoe porque Deus perdoa, e ele, portanto, tem de fazer <o mesmo>, e sim que, <se cada um no íntimo do coração, perdoar>, Deus fará <o mesmo>. [me soa mais a chantagem] (Mateus 6:14-15)”

<se ele te ofender sete vezes no dia, e sete vezes no dia retornar a ti, dizendo ‘me arrependo’, tu o perdoarás.> O versículo, que citei da tradução padrão, poderia também ser traduzido como segue: <E se ele transgredir contra ti […] e […] procurar-te, dizendo: Mudei de idéia, deves desobrigá-lo.>” Não muda muito!

Ao contrário da vingança, que é a reação natural e automática à transgressão e que, devido à irreversibilidade do processo da ação, pode ser esperada e até calculada, o ato de perdoar jamais pode ser previsto” “o perdão é a única reação que não re-age (re-act) apenas e de cujas conseqüências liberta, por conseguinte, tanto o que perdoa quanto o que é perdoado.” “É bastante significativo, um elemento estrutural no domínio dos assuntos humanos, que os homens não sejam capazes de perdoar aquilo que não podem punir, nem de punir o que se revelou imperdoável. Essa é a verdadeira marca distintiva daquelas ofensas que, desde Kant, chamamos de <mal radical>, cuja natureza é tão pouco conhecida, mesmo por nós que fomos expostos a uma de suas raras irrupções na cena pública.” “Em tais casos, em que o próprio ato nos despoja de todo poder, só resta realmente repetir com Jesus: <Seria melhor para ele que se lhe atasse ao pescoço uma pedra de moinho e que fosse precipitado ao mar.>”

Dada sua paixão, o amor destrói o espaço-entre que estabelece uma relação entre nós e os outros, e deles nos separa. Enquanto dura o seu fascínio, o único espaço-entre que pode inserir-se entre duas pessoas que se amam é o filho, o produto do amor.” “É como se, por meio do filho, os amantes retornassem ao mundo do qual o amor os expulsou. (…) o resultado possível e o único final possivelmente feliz de um caso de amor é, de certa forma, o fim do amor” “o amor é não-mundano, e é por essa razão, mais que por sua raridade, que é não apenas apolítico, mas antipolítico” “se fosse verdade, como o supôs a cristandade, que só o amor pode perdoar, o perdão teria de ser inteiramente excluído de nossas considerações.” “Como a philia politiké aristotélica, o respeito é uma espécie de <amizade> sem intimidade ou proximidade” “a grande variedade de teorias do contrato confirma, desde os tempos de Roma, que o poder de fazer promessas ocupou, ao longo dos séculos, o centro do pensamento político.” “O perigo e a vantagem inerente a todos os corpos políticos assentados sobre contratos e tratados é que, ao contrário daqueles que se assentam sobre o governo e a soberania, deixam a imprevisibilidade dos assuntos humanos e a inconfiabilidade dos homens exatamente como são, usando-as meramente como o meio, por assim dizer, no qual são instauradas certas ilhas de previsibilidade e erigidos certos marcos de confiabilidade.” “A soberania reside na resultante independência limitada em relação à impossibilidade de calcular o futuro, e seus limites são os mesmos limites inerentes à própria faculdade de fazer e cumprir promessas.” “Nietzsche viu com inigualável clareza a conexão entre a soberania humana e a faculdade de fazer promessas, o que o levou ao singular discernimento da relação entre o orgulho humano e a consciência humana. Infelizmente, ambos os discernimentos permaneceram sem relação com seu principal conceito, o de <vontade de poder>, e e não tiveram influência sobre ele, sendo, portanto, ignorados muitas vezes pelos próprios estudiosos de Nietzsche. Eles podem ser encontrados nos dois primeiros aforismos do segundo tratado de Zur Genealogie der Moral.” Arendt também ignora uma porrada de obviedades.

Ex: “A despeito de seu moderno preconceito de enxergar a fonte de todo poder na vontade de poder do indivíduo isolado…” – Individual: o que a VdP com certeza não é!

Se a fatalidade fosse, de fato, a marca inalienável dos processos históricos, seria também igualmente verdadeiro que tudo o que é feito na história está arruinado. E, até certo ponto, isso é verdade.”

os homens, embora tenham de morrer, não nascem para morrer, mas para começar.”

a fé moverá montanhas e a fé perdoará; um fato é tão miraculoso quanto o outro, e a resposta dos apóstolos, quando Jesus demandou que perdoassem 7x ao dia, foi: <Sr., aumenta-nos a fé.>”

fé e esperança, essas duas características essenciais da existência humana que os gregos antigos ignoraram por completo” e não vejo o que teria sido inferior em sua vivência

Ao que parece, a expressão scienza nuova ocorre pela primeira vez na obra de Niccolò Tartaglia, matemático italiano do século XVI, que criou a nova ciência da balística que ele defende ter descoberto porque foi o primeiro a aplicar o raciocínio geométrico ao movimento dos projéteis. (Devo essa informação ao professor Alexandre Koyré.) Mais importante para o nosso contexto é o fato de que Galileu, em Sidereus Nuncius (1610), insiste na <absoluta novidade> de suas descobertas – atitude que, no entanto, fica ainda muito aquém da alegação de Hobbes: a filosofia política tem <a mesma idade que o meu livro De cive> (English works, Ed. Molesworth (1839), I, ix); ou da convicção de Descartes de que nenhum filósofo antes dele lograra êxito na filosofia (<Lettre au traducteur pouvant servir de préface>, in: Les Principes de la philosophie).”

Karl Jaspers – Descartes und die Philosophie: “sich das Wort <neu> als sachliches Wertpraedikat verbreitet” “a palavra <nova> espalha-se a si mesma como uma exigência de valor factual”

Sem dúvida D. apresentou sua filosofia como um cientista pode apresentar uma nova descoberta científica: <Jé ne mérite point plus de gloire de les avoir trouvées, que ferait un passant d’avoir rencontré par bonheur à ses pieds quelque riche trésor, que la diligence de plusieurs aurait inutilement cherché longtemps auparavant> (La recherche de la verité)

a descoberta do planeta, o mapeamento de suas terras e o levantamento cartográfico de seus mares levaram muitos séculos e só agora estão chegando ao fim. Só agora o homem tomou plena posse de sua morada mortal e agrupou os horizontes infinitos, tentadora e proibitivamente abertos a todas as eras anteriores, em um globo cujos majestosos contornos e detalhada superfície ele conhece como as linhas na palma de sua mão.” “É verdade que nada poderia ter sido mais alheio ao propósito dos exploradores e circunavegadores do início da era moderna que esse processo de avizinhamento; eles se fizeram ao mar para ampliar a Terra, não para reduzi-la a uma bola (…) Somente a sabedoria da retrospecção vê o óbvio: nada que possa ser medido pode permanecer imenso” “Antes que soubéssemos como contornar a Terra, como circunscrever em dias e horas a esfera da morada humana, já havíamos trazido o globo à nossa sala de estar, para tocá-lo com as mãos e girá-lo ante nossos olhos.”

<milagre econômico> alemão do pós-guerra (…) nas condições modernas, a expropriação de pessoas, a destruição de objetos e a devastação de cidades converteram-se em um estímulo radical para um processo não de mera recuperação, mas de acúmulo de riqueza ainda mais rápido e eficaz – bastando para isso que o país seja suficientemente moderno para responder em termos do processo de produção. Na Alemanha, a completa destruição substituiu o inexorável processo de depreciação de todas as coisas mundanas, processo esse que caracteriza a economia de desperdício na qual vivemos agora. O resultado foi quase o mesmo: um aumento súbito da prosperidade (…) nas condições modernas, a conservação, e não a destruição, significa ruína” “A razão mais freqüentemente apresentada para a surpreendente recuperação da Alemanha no pós-guerra – que ela não tinha de arcar com um orçamento militar – é inconclusiva por duas razões: em primeiro lugar, a Alemanha teve de pagar, durante anos, os custos da ocupação, que totalizavam uma quantia quase igual ao orçamento militar completo; em segundo lugar, considera-se, em outras economias, que a produção bélica é o maior fator isolado de prosperidade no pós-guerra.”

Uma das mais persistentes tendências da filosofia moderna desde Descartes, e talvez a mais original contribuição moderna à filosofia, foi uma preocupação exclusiva com o si-mesmo, enquanto distinto da alma, da pessoa ou do homem em geral, uma tentativa de reduzir todas as experiências, tanto com o mundo como com outros seres humanos, a experiências entre o homem e ele mesmo.” “O que distingue a era moderna é a alienação em relação ao mundo, e não, como pensava Marx, a autoalienação (self-alienation).” “A influência de Aristóteles no estilo do pensamento de Marx parece-me quase tão característica e decisiva quanto a influência da filosofia de Hegel.”

o sangue e o solo” Blut und Boden

os homens não podem se tornar cidadãos do mundo do modo como são cidadãos de seus países, e homens sociais não podem ser donos coletivos do modo como os homens que têm um lar e uma família são donos de sua propriedade privada.”

Whitehead – Science and the modern world

Alexandre Koyré – From the closed world to the infinite universe (1957)

véritable retour à Archimède”

Antes das descobertas telescópicas de Galileu, a filosofia de Giordano Bruno atraiu pouca atenção, mesmo entre eruditos, e sem a confirmação factual que elas conferiram à revolução copernicana, não só os teólogos, mas todos <os homens sensatos> […] tê-la-iam considerado um desvairado apelo […] de uma imaginação descontrolada.”

Em Sambursky, The Physical World of the Greeks (1956), encontra-se um relato muito instrutivo do mundo físico dos gregos do ponto de vista da ciência moderna.”

Essa diferença de relevância entre o sistema copernicano e as descobertas de Galileu foi percebida muito claramente pela Igreja Católica, que não fizera objeções à teoria pré-galileana de um Sol imóvel e de uma Terra que se movia, enquanto os astrônomos a empregaram como uma hipótese conveniente para fins matemáticos; mas, como o Cardeal Bellarmine indicou a Galileu, <demonstrar que a hipótese […] salva as aparências não é de modo algum o mesmo que demonstrar a realidade do movimento da Terra.”

Bertrand Russell – “A free man’s worship”, in: Mysticism and Logic (1918)

ainda hoje o conflito entre o próprio evento e suas conseqüências quase imediatas está longe de ser resolvido. (…) Pouco antes da era moderna, a humanidade européia sabia menos que Arquimedes no século III a.C., ao passo que os primeiros 50 anos de nosso século testemunharam mais descobertas importantes que todos os séculos de história registrada juntos. No entanto, com igual razão, o mesmo fenômeno foi responsabilizado pelo não menos demonstrável aumento do desespero humano, ou pelo niilismo especificamente moderno que se propagou para setores cada vez maiores da população, do qual o aspecto mais significativo talvez seja o de que já não poupa os próprios cientistas, cujo fundamentado otimismo, no séc. XIX, ainda foi capaz de enfrentar o igualmente justificável pessimismo de pensadores e poetas.”

<Wenn man versucht, von der Situation in der modernen Naturwissenschaft ausgehend, sich zu den in Bewegung geratenen Fundamenten vorzutasten, so hat man den Eindruck […] dass zum erstenmal im Lauf der Geschichte der Mensch auf dieser Erde nur noch sich selbst gegneübersteht […], dass wir gewissermassen immer nur uns selbst begegnen> (Heisenberg, Das Naturbild der heutigen Physik [O panorama da Física atual] (1955), pp. 17-8)(*) / <Durch die Art der Beobachtung wird entschieden, welche Züge der Natur bestimmt werden und welche wir durch unsere Beobachtungen verwischen> (H., Wandlugen in den Grundlagen der Naturwissenschaft [Modificações nos Fundamentos das Ciências Naturais] (1949), p. 67)(**)”

(*) Quando se tenta, a partir da situação da ciência moderna, alcançar os fundamentos em transformação, tem-se a impressão […] de que pela primeira vez na História o homem desta Terra só se confronta a si mesmo […], pressente-se que no fim só podemos encontrar a nós mesmos”

(**) De acordo com o modelo de observação empregado, chega-se a conclusões diferentes acerca da natureza, inevitavelmente distorcidas e borradas por nossas próprias observações”

o desejo arquimediano de um ponto fora da Terra a partir do qual o homem pudesse erguer o mundo” “Sem efetivamente nos posicionarmos onde Arquimedes desejava se posicionar (dos moi pou stô), presos ainda à Terra pela condição humana, descobrimos um meio de atuar sobre a Terra e dentro da natureza terrena como se pudéssemos dispor dela a partir de fora, do ponto arquimediano.”

Se hoje os cientistas indicam que podemos presumir com igual validade que a Terra gira em torno do Sol ou que o Sol gira em torno da Terra, que ambos os pressupostos estão de acordo com fenômenos observados e a diferença está apenas na escolha do ponto de referência, isso não significa de modo algum um retorno à posição do Cardeal Bellarmine ou de Copérnico, na qual os astrônomos lidavam com meras hipóteses. Antes, significa que movemos o ponto arquimediano mais um passo para longe da Terra, para um ponto do universo onde nem a Terra nem o Sol são o centro de um sistema universal. (…) No que diz respeito às realizações práticas da ciência moderna, essa mudança do antigo sistema heliocêntrico para um sistema sem centro fixo é, sem dúvida, tão importante quanto a mudança original da visão de mundo geocêntrica para a heliocêntrica.”

Sem essa linguagem simbólica não-espacial, Newton não teria sido capaz de reunir a astronomia e a física em uma única ciência” “a matemática (i.e., a geometria) era a introdução adequada àquele firmamento de idéias no qual nenhuma simples imagem (eidôla) ou sombra, nenhuma matéria perecível, podia mais interferir no aparecimento do ser eterno, no qual essas aparências estão salvas (sôzein ta phainomena) e seguras, enquanto purificadas tanto da sensualidade e da mortalidade humanas como da perecibilidade material.”

Já não é o começo da filosofia, da <ciência> do Ser em sua verdadeira aparência, mas, ao invés disso, passa a ser a ciência da estrutura da mente humana.”

toda multiplicidade, por mais desordenada, incoerente e confusa que seja, recairá em certos padrões e configurações, tão válidos e não mais significativos que a curva matemática, que, como Leibniz assinalou certa vez, sempre pode ser verificada entre pontos lançados ao acaso em uma folha de papel.” “A moderna reductio scientiae ad mathematicum invalidou o testemunho da observação da natureza, tal como testificada a curta distância pelos sentidos humanos, da mesma forma como Leibniz invalidou o conhecimento da origem aleatória e da natureza caótica da folha de papel coberta de pontos.”

É como se já não precisássemos que a teologia nos dissesse que o homem não é nem pode ser de forma alguma deste mundo, muito embora viva aqui; e talvez algum dia possamos ser capazes de ver o antigo entusiasmo dos filósofos pelo universal como a primeira indicação, como se eles tivessem apenas tido um pressentimento, de que chegaria o tempo em que os homens teriam de viver em condições terrenas e ao mesmo tempo ser capazes de olhar a Terra e agir sobre ela a partir de um ponto situado fora dela. (O problema é somente – ou pelo menos assim nos parece agora – que, embora o homem possa fazer coisas de um ponto de vista <universal> e absoluto, algo que os filósofos jamais consideraram possível, ele perdeu sua capacidade de pensar em termos universais e absolutos, e com isso realizou e frustrou ao mesmo tempo os critérios e ideais da filosofia tradicional. Ao invés da antiga dicotomia entre o céu e a Terra, temos agora outra entre o homem e o universo, ou entre a capacidade da mente humana para a compreensão e as leis universais que os homens podem descobrir e manusear sem uma verdadeira compreensão.)”

Bronowski – Science and human values

A fundação e a história inicial da Royal Society são bastante sugestivas. Quando ela foi fundada, seus membros se comprometiam a não participar de questões alheias ao escopo que lhe fôra prescrito pelo rei e, principalmente, não se envolver em disputas políticas ou religiosas. Somos tentados a concluir que foi então que nasceu o moderno ideal científico de <objetividade>, o que sugeriria que sua origem é política, e não científica. Além disso, é digna de nota a circunstância de que os cientistas tenham, desde o início, julgado necessário se organizar em uma sociedade, e o fato de que a obra realizada no âmbito da Royal Society veio a ser vastamente mais importante que a obra feita fora dela demonstrou o quanto estavam certos.”

Karl Jaspers, em sua magistral interpretação da filosofia cartesiana, insiste na estranha inépcia das idéias <científicas> de Descartes, sua falta de compreensão do espírito da ciência moderna e de sua tendência de aceitar teorias acriticamente e sem provas tangíveis, o que já havia surpreendido Spinoza (Descartes und die Philosophie, esp. pp. 50ss. e 93ss.)”

Kant foi o último filósofo a ser uma espécie de astrônomo e cientista natural”

o thaumazein grego, a admiração diante de tudo o que é como é.”

Se o olho humano pode trair o homem a ponto de tantas gerações se enganarem ao crer que o Sol girava em torno da Terra, então a metáfora dos olhos da mente já não podia ser conservada” “É como se a antiga predição de Demócrito, de que a vitória da mente sobre os sentidos só podia terminar com a derrota da mente, tivesse se realizado” “Pobre mente, retiras teus argumentos nos sentidos e depois queres derrotá-los? Tua vitória será tua derrota” Diels – Fragmente der Vorsokratiker (1922, B125)

Cf. Johannes Climacus oder De omnibus dubitandum est, um dos primeiros manuscritos de Kierkegaard e talvez ainda a mais profunda interpretação da dúvida cartesiana. Narra, sob a forma de uma autobiografia espiritual, como aprendeu sobre Descartes a partir de Hegel e como lamentou então não ter começado seus estudos filosóficos com as obras cartesianas. Esse pequeno tratado, na edição dinamarquesa das Collected Works (Copenhague, 1909), v. IV, está disponível em uma tradução para o alemão (Darmstadt, 1948).”

Que a verdade se revela por si mesma era o credo comum à Antiguidade pagã e à hebraica, à filosofia secular e à filosofia cristã. Por isso, a nova filosofia moderna voltou-se com tamanha veemência – na verdade, com uma violência que se avizinhava do ódio – contra a tradição, abolindo sumariamente a entusiasta restauração e a redescoberta da Antiguidade pela Renascença.”

Dois pesadelos perseguem a filosofia de Descartes. (…) é possível que tudo o que tomamos pela realidade não passe de um sonho. (…) parece realmente muito mais plausível a idéia de um espírito mau, um Dieu trompeur

É certamente bastante surpreendente que nenhuma das principais religiões, com a exceção do zoroastrismo, jamais tenha incluído o ato de mentir, como tal, entre os pecados mortais. (…) antes da moralidade puritana, ninguém jamais considerou as mentiras como ofensas sérias.”

<ninguém pode duvidar de sua dúvida e estar incerto quanto a se duvida ou não.> No diálogo La recherche de la vérité par la lumière naturelle, no qual D. expõe suas intuições fundamentais sem formalidade técnica, a posição central da dúvida é ainda mais evidente que em suas outras obras. Assim, Eudoxe, que representa D., explica: <Vous pouvez douter avec raison de toutes les choses dont la connaissance ne vous vient que par l’office des sens; mais pouvez-vouz (sic) douter de votre doute et rester incertain si vous doutez ou non? […] vous qui doutez vous êtes, et cela est si vrai que vous n’en pouvez douter d’avantage> (Pléiade, p. 680). O famoso cogito ergo sum (<penso, logo existo>) era uma simples generalização de um dubito ergo sum.” “A idéia principal dessa filosofia não é de modo algum que eu não seria capaz de pensar sem existir” “como observou Nietzsche, o discernimento mental expresso no cogito não prova que eu existo, mas somente que a consciência existe (Wille zu Macht, n. 484).” “Na medida em que até os sonhos são reais, uma vez que pressupõem um sonhador e um sonho, o mundo da consciência é suficientemente real. O problema é apenas que, tal como seria impossível inferir da ciência (awareness) dos processos corporais a forma real de qualquer corpo, inclusive o nosso, também é impossível apreender a partir da mera consciência das sensações, na qual a pessoa sente seus sentidos e mesmo o objeto sentido se torna parte da sensação, a realidade com todas as suas formas, coloridos, contornos e constelações. A árvore vista pode ser suficientemente real para a sensação da visão, da mesma forma que a árvore sonhada é suficientemente real para o sonhador enquanto dura o sonho, mas nem uma nem outra podem jamais vir a ser uma árvore real.”

quando se percebeu que o homem, não fosse pelo acidente da invenção do telescópio, poderia ter sido enganado para sempre, os caminhos de Deus se tornaram de fato inteiramente inescrutáveis; quanto mais o homem aprendia acerca do universo, menos podia compreender as intenções e propósitos para os quais ele deve ter sido criado. A bondade do Deus das teodicéias é, portanto, estritamente a qualidade de um deus ex machina; a bondade inexplicável é, em última análise, a última coisa que salva a realidade na filosofia de Descartes (a coexistência da mente e da extensão, da res cogitans e da res extensa), da mesma forma que salva a harmonia preestabelecida, em Leibniz, entre o homem e o mundo.”

O que os homens têm em comum agora não é o mundo, mas a estrutura de suas mentes, e isso eles não podem, a rigor, ter em comum (…) O fato de que, dado o problema de 2 + 2, todos chegaremos à mesma resposta, 4, passa a ser de agora em diante o modelo máximo do raciocínio do senso comum.”

Qualquer eventual diferença é uma diferença de poder mental, e essa pode ser testada e medida como se mede a potência de um motor. Aqui, a velha definição do homem como animal rationale adquire uma terrível precisão: destituído do sentido mediante o qual os 5 sentidos animais do homem se ajustam a um mundo comum a todos os homens, os seres humanos não passam realmente de animais capazes de raciocinar, de <calcular as conseqüências>.”

A solução cartesiana foi deslocar o ponto arquimediano para dentro do próprio homem”

Cassirer – Einstein’s theory of relativity

se os elétrons tivessem de elucidar as qualidades sensoriais da matéria, não poderiam propriamente possuir essas qualidades sensoriais, uma vez que, nesse caso, a questão sobre a causa dessas qualidades teria sido apenas afastada mais um passo, mas não resolvida” Heisenberg – Wandlungen in den Grundlagen der Naturwissenschaft

Novamente podemos, por um instante, rejubilar-nos por havermos reencontrado a unidade do universo, apenas para sermos vitimados pela suspeita de que o que encontramos talvez nada tenha a ver com o macrocosmo ou com o microcosmo, que lidamos apenas com os padrões de nossa própria mente, a mente que projetou os instrumentos e submeteu a natureza às suas condições no experimento” “nesse caso, é como se realmente estivéssemos nas mãos de um espírito mau que escarnece de nós e frustra a nossa sede de conhecimento”

Nas palavras de Erwin Schrödinger: <À medida que os olhos de nossa mente penetram distâncias cada vez menores e tempos cada vez mais curtos, vemos a natureza comportar-se de modo tão inteiramente diverso daquilo que observamos em corpos visíveis e palpáveis de nosso ambiente que nenhum modelo concebido à base de nossas experiências em larga escala pode jamais ser ‘verdadeiro’> (Science and humanism, 1952)”

Planck apud Simone Weil (Emil Novis) – Réflexions à propos de la théorie des quanta “(Devo a uma ex-aluna minha, Srta. Beverly Woodward, a referência a esse artigo pouco divulgado.)” I AM THE TABLE: “Com o desaparecimento do mundo tal como dado aos sentidos, desaparece também o mundo transcendente, e com ele a possibilidade de transcender o mundo material em conceito e pensamento. Não é surpreendente, portanto, que o novo universo seja não apenas <praticamente inacessível, mas nem ao menos pensável>, pois, <não importa como o concebamos, está errado; talvez não tão desprovido de sentido como um ‘círculo triangular’, mas muito mais que um ‘leão alado’>.”

é necessário em primeiro lugar nos desfazer do atual preconceito que atribui o desenvolvimento da ciência moderna, por causa de sua aplicabilidade, a um desejo pragmático de melhorar as condições de vida humana na Terra.” “o relógio, um dos primeiros instrumentos modernos, não foi inventado para os propósitos da vida prática, mas exclusivamente para o propósito altamente <teórico> de realizar certos experimentos com a natureza.” “nenhuma suposta revelação divina suprarracional e nenhuma suposta verdade filosófica abstrusa jamais ofenderam a razão humana tão manifestamente quanto certos resultados da ciência moderna.”

A escolástica medieval, ao considerar a filosofia como serva da teologia, bem poderia ter agradado a Platão e a Aristóteles; ambos, embora em um contexto muito diferente, consideraram esse processo dialógico do pensamento um modo de preparar a alma e levar a mente a uma visão da verdade para além do pensamento e do discurso – uma verdade que é arrhêton, incapaz de ser comunicada através de palavras, como disse Platão, ou uma verdade para além do discurso, como em Aristóteles.”

Quem quer que leia a alegoria da Caverna na República de Platão à luz da história grega logo perceberá que a periagôgê, a reviravolta (turning-about) que Platão exige do filósofo, constituía, na verdade, uma inversão da ordem homérica do mundo. Não a vida após a morte, como no Hades homérico, mas a vida comum na Terra, é situada em uma <caverna>, em um submundo; a alma não é a sombra do corpo, mas é o corpo que é a sombra da alma; e o movimento fantasmal e sem sentido atribuído por Homero à existência sem vida da alma no Hades após a morte é agora atribuído aos feitos sem sentido de homens que não deixam a caverna da existência humana para observar as idéias eternas visíveis no céu. É particularmente o emprego, por Platão, das palavras eidôlon e skia na alegoria da Caverna que faz com que a narrativa seja lida como uma inversão de Homero e uma réplica a este; pois estas são as palavras-chave da descrição que Homero faz do Hades na Odisséia.” “O que importa aqui é a inversibilidade de todos esses sistemas, o fato de que podem ser virados <de cabeça para baixo> ou revirados <de cabeça para cima> a qualquer momento da história sem se precisar, para tal inversão, de eventos históricos ou alterações dos elementos estruturais envolvidos.” “Essas escolas fiosóficas já haviam tido início nas escolas filosóficas da Antiguidade tardia (…) É ainda a mesma tradição, o mesmo jogo intelectual com antíteses emparelhadas que comanda, até certo ponto, as famosas inversões modernas das hierarquias espirituais, como a de Marx, na qual ele virou de cabeça para baixo a dialética de Hegel, ou a de Nietzsche, que revalorou o sensual e o natural em comparação com o suprassensual e o supranatural.” “a maior parte da filosofia moderna é, realmente, teoria da cognição e psicologia; e, nos poucos casos em que as potencialidades do método cartesiano de introspecção foram plenamente realizadas por homens como Pascal, Kierkegaard e Nietzsche, somos tentados a dizer que os filósofos fizeram experimentos consigo próprios não menos radicalmente e talvez mais intrepidamente que os cientistas experimentaram com a natureza.

Por mais que possamos admirar a coragem e respeitar a extraordinária engenhosidade dos filósofos no decorrer de toda a era moderna, não se pode negar que a sua influência e a sua importância diminuíram como nunca antes. Não foi no pensamento da Idade Média, mas no da era moderna, que a filosofia passou a segundo ou mesmo terceiro plano.”

Os filósofos tornaram-se epistemólogos preocupados com uma teoria global da ciência da qual os cientistas não necessitavam, ou tornaram-se realmente aquilo que Hegel queria que fossem: os órgãos do Zeitgeist, os porta-vozes por meio dos quais o estado de espírito geral da época era expresso com clareza conceitual.”

Enquanto, p.ex., os experimentos de Galileu com a queda de corpos pesados poderiam ter sido realizados em qualquer época da história, caso os homens estivessem inclinados a procurar a verdade mediante experimentos, o experimento de Michelson com o interferômetro [que teria “provado” a inexistência do éter; além disso, Michelson e seu colega Pease foram os primeiros a medir o diâmetro de uma estrela com exceção do Sol, a Betelgeuse] em fins do século XIX dependeu não apenas do seu <gênio experimental>, mas <necessitou do avanço geral da tecnologia> e, portanto, <não poderia ter sido realizado antes>.”

Gebet mir Materie, ich will eine Welt daraus bauen! das ist, gebet mir Materie, ich will euch zeigen, wie eine Welt daraus entstehen soll <Dai-me a matéria e eu vos ilustrarei como um mundo foi criado a partir dela>” Kant – Allgemeine Naturgeschichte und Theorie des Himmels (História Natural Universal e Teoria dos Céus, prefácio)

Muito antes que a era moderna desenvolvesse sua consciência histórica sem precedentes e o conceito de história se tornasse dominante na filosofia moderna, as ciências naturais haviam se transformado em disciplinas históricas, até que, no séc. XIX, acrescentaram às disciplinas mais antigas da física, da química, da zoologia e da botânica as novas ciências naturais da geologia ou história da Terra, da biologia ou história da vida, da antropologia ou história da vida humana e, de modo mais geral, a história natural.”

Estruturalismo: ou o Super-Homem Enfezado

A imagem do relógio e do relojoeiro é tão impressionantemente apropriada precisamente porque contém tanto a noção de um caráter processual da natureza na imagem dos movimentos do relógio quanto a noção do seu caráter de objeto ainda intacto, na imagem do próprio relógio e de seu fabricante.”

Vico – De nostri temporis studiorum ratione, cap. 4: “<Podemos demonstrar a geometria porque a fazemos: para demonstrar a física, teríamos de fazê-la.> Esse pequeno tratado, escrito mais de 15 anos antes da 1ª edição da Scienza Nuova (1725), é interessante sob vários aspectos. (…) o que ele recomenda é o estudo da ciência moral e política, que julgava ser indevidamente negligenciada. (…) Esse desdobramento biográfico, embora bastante extraordinário no início do século XVIII, tornou-se a regra 100 anos depois: sempre que a era moderna tinha razão de esperar por uma filosofia política, recebia, ao invés, uma filosofia da história.” “o racionalismo moderno, tal como conhecido atualmente, armado do suposto antagonismo entre a razão e a paixão, jamais encontrou representante mais claro e inflexível [que Hobbes]. No entanto, foi precisamente no domínio dos assuntos humanos que a nova filosofia se mostrou deficiente, porque, por sua própria natureza, não podia compreender e nem mesmo acreditar na realidade.” “raciocinar nos moldes do <cálculo de conseqüências>, significa ignorar o inesperado” “A filosofia política da era moderna, cujo maior representante é ainda H., soçobra na perplexidade de que o moderno racionalismo é irreal e o realismo moderno é irracional” “O gigantesco empreendimento de Hegel – de reconciliar o espírito com a realidade (den Geist mit der Wirklichkeit zu versöhnen), reconciliação que é a mais profunda preocupação de todas as modernas teorias da história – baseou-se na intuição de que a razão moderna soçobrava nos escolhos da realidade.”

Teeteto 155: Mala gar philosophou touto to pathos, to thaumazeis; ou gar allê archê philosophias ê hautê (<Pois admiração é o de que mais padece o filósofo, e a filosofia não tem outro início senão esse>). Arist., que no início de sua Metafísica (982b12ss.) parece repetir Platão quase textualmente – <Pois é devido a sua admiração que os homens começam a filosofar, tanto hoje como pela 1ª vez> –, emprega essa admiração de um modo completamente diferente; para ele, o verdadeiro impulso para o filosofar reside no desejo de <fugir da ignorância>. Parece-me altamente provável que essa afirmação platônica seja o resultado imediato de uma experiência, talvez a mais surpreendente, que Sócrates oferecia aos seus discípulos: vê-lo repetidamente ser dominado de súbito por seus pensamentos e lançado em seu estado de absorção a ponto de permanecer completamente imóvel durante muitas horas.” “Pl. e Arist., para os quais o thaumazein era o começo da filosofia, concordavam também que o estado contemplativo essencialmente mudo fosse o fim da filosofia. Na verdade, theôria é apenas outra palavra para thaumazein.”

A obra torna-se perecível e deteriora a excelência do que permanecia eterno enquanto era objeto da mera contemplação. Portanto, a atitude adequada em relação aos modelos que guiam a obra e a fabricação, i.e., em relação às idéias platônicas, é deixá-las como são e aparecem ao olho interno da mente.” “Nesse particular, a contemplação é bem diferente do estado de embevecimento da admiração com a qual o homem responde ao milagre do Ser como um todo.” “Na tradição da filosofia, foi este segundo tipo de contemplação que passou a predominar.” “a característica proeminente da vita contemplativa. Não é a admiração que domina o homem e o lança na imobilidade, mas é mediante a cessação consciente da atividade, da atividade da produção, que o estado contemplativo é atingido.”

A filosofia de Bergson poderia facilmente ser interpretada como um estudo de caso sobre como a convicção inicial da era moderna – quanto à relativa superioridade do produzir sobre a atividade de pensar – foi em seguida suplantada e aniquilada pela sua convicção mais recente da absoluta superioridade da vida sobre tudo o mais. (…) Não só as primeiras obras de Édouard Berth e Georges Sorel, mas também o Homo faber (1929) de Adriano Tilgher, devem sua terminologia principalmente a Bergson; o mesmo se aplica ainda a L’Être et le travail (1949), de Jules Vuillemin, embora este, como quase todos os autores franceses da atualidade, pensem principalmente em termos hegelianos [!].”

Certamente, nenhuma outra atividade da vita activa tinha tanto a perder com a eliminação da contemplação do âmbito das capacidades humanas significativas quanto a fabricação.”

O próprio Bentham manifesta sua insatisfação com uma filosofia meramente utilitária na nota acrescentada a uma edição posterior de sua obra: <A palavra utilidade não indica tão claramente as idéias de prazer e dor quanto as palavras felicidade e ventura (happiness, felicity) o fazem.>” Hedonistotal, o Idiotinha “ponto de inflexão na história do utilitarismo” “foi Bentham que transformou verdadeiramente o utilitarismo em um <egoísmo universalizado> (Halévy).”

e Hume que, ao contrário de Ben., era ainda um filósofo, sabia muito bem que, quem quiser fazer do prazer o fim último de toda ação humana, é levado a admitir que não o prazer, mas a dor, não o desejo, mas o medo, são os seus verdadeiros guias.” ???

A dor é o único sentido interior encontrado pela introspecção que pode rivalizar, em sua independência com relação a objetos experienciados, com a certeza autoevidente do raciocínio lógico e aritmético.”

jamais existiram dois filósofos que pudessem chegar a formulações idênticas sem copiar um do outro.”

O que realmente se esperava que a dor e o prazer, o medo e o desejo alcançassem em todos esses sistemas não era de forma alguma a felicidade, mas a promoção da vida individual ou a garantia da sobrevivência da humanidade.”

radical justificação do suicídio”

o único objeto tangível produzido pela introspecção, se é que esta deve produzir algo mais que uma autoconsciência inteiramente vazia, é realmente o processo biológico. (…) é como se a introspecção já não precisasse perder-se nos meandros de uma consciência sem reaidade”

A cisão entre sujeito e objeto, inerente à consciência humana e irremediável na contraposição cartesiana do homem como res cogitans com um mundo circunvizinho da res extensae, desaparece [superação do debate supérfluo <o animal é sensciente/máquina?>] inteiramente no caso de um organismo vivo, cuja própria sobrevivência depende da incorporação e do consumo de matéria exterior. O naturalismo, versão do materialismo no séc. XIX, aparentemente encontrara na vida o modo de resolver os problemas da filosofia cartesiana”

Os maiores representantes da moderna filosofia da vida são Marx, Nietzsche e Bergson, na medida em que todos os três equacionam a Vida ao Ser.” “Este último estágio da filosofia moderna talvez possa ser mais bem-descrito como a rebelião dos filósofos contra a filosofia, rebelião que, começando em Kierkegaard e terminando no existencialismo, parece à primeira vista dar ênfase à ação e não à contemplação. Mas, em uma análise mais detida, nenhum desses filósofos está realmente interessado na ação como tal. Podemos aqui deixar de lado Kierk. com sua ação não-mundana, dirigida para o íntimo do homem. Nie. e Berg. descrevem a ação em termos de fabricação – o homo faber em lugar do homo sapiens [Fabricar o S-H?]”

A derrota do homo faber pode ser explicável em termos da transformação inicial da física em astrofísica, das ciências naturais em uma ciência <universal>. O que resta a explicar é por que essa derrota terminou com a vitória do animal laborans; por que, com a ascensão da vita activa, foi precisamente a atividade do trabalho que veio a ser promovida à mais alta posição entre as capacidades do homem”

a moderna inversão seguiu, sem questionar, a mais significativa inversão com a qual o cristianismo irrompera no mundo antigo, uma inversão politicamente de alcance ainda maior e, pelo menos historicamente, mais duradoura que qualquer crença ou conteúdo dogmático específicos.” “esperança além de toda esperança” “Essa inversão só podia ser desastrosa para a estima e a dignidade da política.” “qualquer aspiração à imortalidade só podia ser equacionada com a vanglória; toda fama que o mundo pudesse outorgar ao homem era ilusória, uma vez que o mundo era ainda mais perecível que o homem” “as palavras de Paulo – de que <a morte é o prêmio do pecado>, uma vez que a vida se destina a durar para sempre – ecoa (sic) as palavras de Cícero, de que a morte é a recompensa dos pecados cometidos por comunidades políticas que haviam sido construídas para durar por toda a eternidade.” “Sem dúvida, a ênfase cristã na sacralidade da vida faz parte da herança hebraica, que já apresentava um notável contraste com as atitudes da Antiguidade: o desprezo pagão pelos tormentos impostos pela vida ao homem no trabalho e no parto, a figuração invejosa da <vida fácil> dos deuses, o costume de enjeitar os filhos indesejados, a convicção de que a vida sem saúde não vale a pena ser vivida (de sorte que se considerava, p.ex., que o médico desvirtuava a sua vocação ao prolongar a vida quando era impossível para ele restaurar a saúde), e de que o suicídio é o gesto nobre de desvencilhar-se de uma vida que se tornou opressiva. Contudo, basta lembrar a forma como o Decálogo menciona o homicídio, sem lhe atribuir gravidade especial em meio a um rol de outras transgressões – as quais, em nosso modo de pensar, mal se podem comparar a esse crime supremo –, para que se compreenda que nem mesmo o código legal hebraico, embora muito mais próximo do nosso que qualquer escala pagã de ofensas, fazia da preservação da vida a pedra angular do sistema legal do povo judeu.”

o cristianismo sempre insistiu em que a vida, embora não tivesse mais um fim definitivo, tinha ainda um começo definido. A vida na Terra pode ser apenas o primeiro e mais miserável estágio da vida eterna” “somente quando a imortalidade da vida individual passou a ser o credo central da humanidade ocidental, a vida na Terra passou também a ser o bem supremo do homem.” “Já não era possível menosprezar o escravo, como Platão o fazia, por não haver cometido suicídio ao invés de submeter-se, pois permanecer vivo em quaisquer circunstâncias passara a ser um dever sagrado, e o suicídio era visto como pior que o homicídio. O enterro cristão era negado não ao assassino, mas àquele que havia posto fim à sua própria vida.”

Paulo, que foi chamado <o apóstolo do trabalho>¹, não era nada disso, e as poucas passagens nas quais se fundamenta tal assertiva ou são dirigidas àqueles que, por preguiça, <comiam o pão do próximo>, ou recomendam o trabalho como bom meio de evitar problemas, i.e., reforçam a prescrição geral de uma vida estritamente privada e o alerta contra atividades políticas.

¹ Jacques Leclercq, de Louvain, cujo 4º livro de suas Leçons de droit naturel, intitulado Travail, proprieté (1946), é uma das obras mais valiosas e interessantes para a filosofia do trabalho, retificou essa má interpretação das fontes cristãs: <Le christianisme n’a pas changé grand’chose à l’estime du travail> [contrapor com aquele livro católico idiota cheio de bulas papais]; e, na obra de Tomás de Aquino, <la notion du travail n’apparaît que fort accidentellement> (pp. 61-2).” “T. de Aquino não hesita em seguir Arist., e não a Bíb., nesse particular, ao dizer que <só a necessidade de sobrevivência pode compelir ao trabalho manual>.”

ANTI-TRABALHO: “Mateus 6:19-32; 19:21-24; Marcos 4:19; Lucas 6:20-34; 18:22-25; Atos 4:32-35

Não importa o quão articulados e conscientes foram os pensadores da modernidade em seus ataques contra a tradição, a prioridade da vida sobre tudo o mais assumira para eles a condição de uma <verdade autoevidente>, e como tal sobreviveu até nosso mundo atual, que já começou a deixar para trás toda a era moderna e a substituir a sociedade de trabalhadores por uma sociedade de empregados.”

Pascal e Kierk., os dois maiores pensadores religiosos da modernidade.” “o que minou a fé cristã não foi o ateísmo do séc. XVIII nem o materialismo do XIX – cujos argumentos são freqüentemente vulgares e, na maior parte das vezes, facilmente refutáveis pela teologia tradicional –, mas antes o duvidoso interesse pela salvação em homens genuinamente religiosos, a cujos olhos o conteúdo e a promessa tradicionais do cristianismo se haviam tornado <absurdos>.”

NASA WITH BORDERS: “Antes de Galileu, todos os caminhos pareciam ainda abertos. Se pensarmos em Leonardo da Vinci, poderemos perfeitamente imaginar que, em todo caso, o desenvolvimento da humanidade teria sido inevitavelmente ultrapassado por uma revolução técnica. É bem possível que isso levasse ao vôo, à realização de um dos mais antigos e persistentes sonhos do homem, mas dificilmente teria levado ao universo” “Foi só quando perdeu o seu ponto de referência na vita contemplativa que a vita activa pôde tornar-se vida ativa no sentido pleno do termo” Prova empírica da transvaloração de todos os valores em curso?

Ao perder a certeza de um mundo futuro, o homem moderno foi arremessado para dentro de si mesmo, e não para este mundo”

MÃO INVISÍVEL ULTIMADA: “o último vestígio de ação que havia no que os homens faziam, a motivação implicada no interesse próprio, desapareceu.”

NÃO CHEGO AOS PÉS DE UM SÍSIFO: “mesmo agora, trabalho é uma palavra muito elevada, muito ambiciosa para o que estamos fazendo ou pensamos que estamos fazendo no mundo em que passamos a viver.”

O BUDISMO OCIDENTAL

O problema com as modernas teorias do comportamentalismo não é que estejam erradas, mas sim que possam tornar-se verdadeiras, que realmente constituam a melhor conceituação possível de certas tendências óbvias da sociedade moderna. É perfeitamente concebível que a era moderna – que teve início com um surto tão promissor e tão sem precedentes de atividade humana – venha a terminar na passividade mais mortal e estéril que a história jamais conheceu.

Mas há outros indícios mais graves do perigo de que o homem possa estar disposto a converter-se naquela espécie animal da qual ele imagina descender.”

O SUPERTABU OU REI-UBU: “a moderna motorização pareceria um processo de mutação biológica no qual os corpos humanos começam gradualmente a ser revestidos por uma carapaça de aço.”

O motivo pelo qual os cientistas podem falar da <vida> e do átomo – no qual cada partícula tem, aparentemente, a <liberdade> de comportar-se como quiser, e onde as leis que governam esses movimentos são as mesmas leis estatísticas que, segundo os cientistas sociais, governam o comportamento humano e fazem a multidão comportar-se como tem de se comportar, por mais <livre> em suas opções que pareça cada partícula individual –, o motivo, em outras palavras, pelo qual o comportamento da partícula infinitamente pequena é não apenas semelhante, em sua forma, ao sistema planetário, tal como aparece a nós, mas se assemelha às formas de vida e de comportamento na sociedade humana, é, naturalmente, que observamos essa sociedade e vivemos nela como se estivéssemos tão longe de nossa própria existência humana como estamos do infinitamente pequeno e do imensamente grande, os quais, mesmo que pudessem ser percebidos pelos instrumentos mais refinados, estão demasiado afastados de nós para fazer parte de nossa experiência.”

os homens persistem em produzir, fabricar e construir, embora essas faculdades se limitem cada vez mais aos talentos do artista, de sorte que as concomitantes experiências de mundanidade escapam cada vez mais ao alcance da experiência humana comum. O artista, quer seja pintor, escultor, poeta ou músico, produz objetos mundanos, e sua reificação nada tem em comum com a prática da expressão, altamente discutível e de qualquer forma inteiramente inartística. Ao contrário da arte abstrata, a arte expressionista é uma contradição nos termos [redundante].”

também a ação passou a ser uma experiência limitada a um pequeno grupo de privilegiados, e esses poucos que ainda sabem o que significa agir talvez sejam ainda menos numerosos que os artistas, e sua experiência ainda mais rara que a experiência genuína do mundo e do amor ao mundo.”

Nunquam se plus agere quam nihil cum ageret, numquam minus solum esse quam cum solus esset” “Nunca se está mais ativo que quando nada se faz, nunca se está menos só que quando se está consigo mesmo.” Catão

Pensei, de início, que leria um “tratado sobre o absurdo dos campos de concentração”!

A DAMA DAS CAMÉLIAS – Dumas Filho

Trad. Sampaio Marinho, 1988. Biblioteca de Ouro da Literatura Universal.

18/03/16 a 23/04/16

DIC:

carrejão: moço de fretes [caminhoneiro?]

botoeira: a casa do botão na camisa

Não tendo chegado ainda à idade em que se inventa, contento-me em narrar.”

a velhice, essa primeira morte das cortesãs.”

Esse arrependimento eterno, não do mau caminho seguido, mas dos cálculos mal feitos e do dinheiro mal utilizado, é uma das coisas mais confrangedoras.”

Eu era então muito novo e predisposto a aceitar a moral fácil do meu tempo.”

No meio dos desregramentos programados pela mãe, pareceu à pecadora que Deus lhe permitia a felicidade (…) Luísa correu a anunciar à mãe essa novidade que a tornava tão feliz.” “Luísa morreu em conseqüência do aborto a que se sujeitara.”

no seu mundo não há amigos se não houver saúde.”

São sóis que se põem como nasceram, sem brilho. A sua morte, quando morrem novas, é sabida por todos os amantes ao mesmo tempo, dado que em Paris quase todos os amantes de uma meretriz conhecida vivem em intimidade.”

Atualmente, aos 25 anos, as lágrimas são uma coisa tão rara que não se pode concedê-las à primeira que aparece.”

Não passava em círculo à entrada dos Campos Elíseos, como fazem e faziam todas as suas colegas.”

Sempre que se representava uma peça nova, podia-se ter a certeza de a ver com 3 coisas que nunca a abandonavam e que ocupavam sempre a frente do seu camarote do rés-do-chão: o binóculo, um saco de bombons e um ramo de camélias [também chamadas rosas-do-Japão].”

Durante 25 dias do mês, as camélias eram brancas, e durante 5 eram vermelhas.”

amantes e amante estavam contentes consigo mesmos.”

a jovem estava no terceiro grau da tísica”

Atribuiu-se à libertinagem, freqüente nos velhos ricos, este entendimento entre o idoso duque e a jovem mulher. Supõe-se tudo, exceto a verdade.”

outra relação para além das relações de coração ter-se-ia parecido um incesto”

uma vez de regresso a Paris, parecera a essa meretriz habituada à vida dissipada, aos bailes, mesmo às orgias, que a solidão, perturbada apenas pelas visitas periódicas do duque, a faria morrer de tédio, e os ardentes bafos da sua vida anterior passavam-lhe ao mesmo tempo pela cabeça e pelo coração.”

a doença, adormecida mas não vencida, continuava a despertar nela esses febris desejos que são quase sempre o resultado das afecções pulmonares.”

Como tinham razão os antigos que inventaram um único deus para os comerciantes e os ladrões!”

Manon Lescaut é uma comovedora história de que conheço todos os pormenores” Prévost

Hugo fez Marion Delorme, Musset fez Bernerette, Alexandre Dumas [!] fez Fernande, os pensadores e os poetas de todos os tempos levaram à cortesã a oferenda da sua misericórdia e, por vezes, um grande homem reabilitou-as com o seu amor e até com o seu nome.” Urachismo ou Surfistinhismo? Nem putas nosso tempo faz direito.

este mundo, que se faz duro para que o julguemos forte”

É à minha geração que me dirijo, àqueles para quem as teorias de M. de Voltaire já não existem, felizmente (…) A ciência do bem e do mal está definitivamente adquirida; a fé reconstrói-se (…) sejamos bons, sejamos jovens, sejamos sinceros! O mal não passa de uma vaidade”

o olho é apenas um ponto e abarca léguas.”

Oh! daria 10 anos da minha vida para poder chorar uma hora aos seus pés!”

É sempre difícil consolar uma dor que não se conhece”

a dor exagera as sensações.”

– Conheceu uma tal Margarida Gautier?

– A Dama das Camélias?

– Precisamente.

– Muito!

Estes <Muito!> eram por vezes acompanhados de sorrisos incapazes de suscitarem dúvidas quanto ao seu significado.”

Sempre os mesmos pormenores gerais.”

Não se lhe deve exigir mais do que podem dar.”

Estava-se em Abril, fazia bom tempo, os túmulos já não deviam ter o aspecto doloroso e desolado que lhes dá o Inverno”

é impossível orientar-se, sem guia, nessa cidade dos mortos que tem as suas ruas como a cidade dos vivos.”

um amigo da morta, sem dúvida, pois parece que ela era uma leviana.”

escrevem nos seus túmulos lágrimas que nunca verteram” “É a minha morta preferida.” “somos obrigados a amar os mortos, porque estamos tão ocupados que quase não temos tempo para amar outra coisa.”

<Que fazer para voltar a vê-la?> Só mudando-a de sepultura” “morto de fadiga, lhe era impossível sair.”

depois de ter visto, verei.”

Tenho que ver o que Deus fez dessa criatura que amei tanto e talvez a repulsa do espetáculo substitua o desespero da recordação.”

As suas velas tinham ardido até o fim”

De onde vem o doloroso prazer que experimentamos nesta espécie de espetáculos? Quando chegamos à sepultura o jardineiro tinha retirado todos os vasos de flores, a grade de ferro tinha sido arrancada e dois homens cavavam a terra.”

um ligeiro tremor das faces e dos lábios provavam que estava à beira de uma violenta crise nervosa.”

crisis & rise of the capital

Quanto a mim, só posso dizer uma coisa: lamentava estar ali”

A umidade da terra tinha enferrujado os parafusos e não foi sem esforços que a urna se abriu. Um cheiro infeto espalhou-se, apesar das plantas aromáticas que a inundavam.”

a lembrança dessa cena surge-me ainda na sua majestosa realidade.”

Os olhos eram apenas dois buracos, os lábios tinham desaparecido e os dentes brancos cerravam-se uns contra os outros.”

Armando estava cor de púrpura, delirava e tartamudeava palavras incoerentes, através das quais só o nome de Margarida se ouvia distintamente.”

Felizmente, a doença física matará a doença moral”

eu, que gostaria de sofrer por aquela mulher, receava que ela me aceitasse demasiado depressa e me desse demasiado prontamente um amor que eu gostaria de pagar com uma longa espera ou um grande sacrifício. Nós, homens, somos assim; e ainda bem que a imaginação deixa esta poesia aos sentidos e os desejos do corpo fazem esta concessão aos sonhos da alma.”

Estudava previamente as frases que lhe dirigiria.

Sublime ingenuidade do amor!”

Não julgue que é uma duquesa, é simplesmente uma mulher amantizada, o mais amantizada possível, meu caro; portanto, não se acanhe e diga tudo o que lhe vier à cabeça.”

Quando entrei na frisa [camarote], Margarida ria às gargalhadas. Gostaria que ela estivesse triste.”

durante 5 minutos amei-a como nunca se amou uma mulher.”

Por muito pouco que se tenha vivido com mulheres do gênero de Margarida, sabe-se o prazer que elas experimentam em se mostrarem espirituosas sem razão e arreliarem as pessoas que vêem pela primeira vez. É, sem dúvida, um desforço das humilhações que são muitas vezes obrigadas a suportar por parte daqueles que vêem todos os dias.”

Mal fechei a porta, ouvi uma terceira gargalhada. Gostaria que alguém me tivesse acotovelado nesse momento.”

Riu-se e garantiu-me que nunca vira nada tão engraçado como você. Mas não se considere derrotado; simplesmente, não dê a essas mulheres a honra de as tomar a sério. Não sabem o que é a elegância e a delicadeza; são como os cães a que se deita perfume, acham que cheira mal e vão rebolar-se no ribeiro.”

– O pobre rapaz está apaixonado por si.

– Se tivesse de ouvir todos os que estão apaixonados por mim, nem tempo teria para jantar.”

Via-se que ainda estava na virgindade do vício. (…) como esses frascos do Oriente que, por muito bem rolhados que estejam, deixam escapar o perfume da essência que encerram.”

Mas os que haviam amado Margarida não tinham conta e os que ela amara não se contavam ainda.”

Está louco – respondia-lha Margarida. – Não quero nada consigo. Não é dois anos depois de se conhecer uma mulher como eu que se lhe pede para ser sua amante. Nós ou nos entregamos imediatamente ou nunca. Vão, meus senhores, para a mesa.”

Gastão divertia-se francamente; era um rapaz cheio de coração, mas cujo espírito fôra um tanto pervertido pelos primeiros hábitos.”

tratar-se é para as mulheres de sociedade, que têm uma família e amigos; mas nós, assim que deixamos de alimentar a vaidade ou o prazer dos nossos amantes, somos abandonadas e as longas noites sucedem-se aos longos dias.”

Pensa desse modo esta noite, porque o vinho lhe dá para a tristeza, mas não teria a paciência de que se gaba.”

Faz-se sempre cerimônia com uma mulher; pelo menos, é a minha opinião.”

uma mulher que escarra sangue e gasta 100 mil francos por ano está bem para um velho ricaço como o duque, mas é enfadonha para um jovem como você.”

– Porque a sua alegria faz-me demasiado mal.

– Nesse caso, serei triste.”

Eu bem sabia que iria zangar-se. Os homens têm a mania de quererem saber o que irá magoá-los.”

Admitindo que venha a ser sua amante, é preciso que saiba que tive outros amantes além de si. Se já começa a fazer-me cenas de ciúme, que será depois, se o depois vier a existir? Nunca vi um homem como você.”

– E quando voltarei a vê-la?

– Quando essa camélia mudar de cor.”

saímos daquele quarto, ela cantando, eu meio louco.”

Por muito pouco que tenha de vida, viverei mais que o seu amor por mim.”

Os homens, em vez de se mostrarem satisfeitos por se lhes conceder durante muito tempo o que só esperavam obter uma vez, exigem da amante contas do presente, do passado e do futuro. À medida que se habituam a ela, pretendem dominá-la e tornam-se tanto mais exigentes quanto mais se lhes dá o que querem.”

nem sempre se pode aplicar os tratados no dia em que são assinados.”

quanto mais se aproximava o momento em que já não teria necessidade de esperar, mais duvidava.”

Foi-me impossível ficar em casa. O quarto parecia-me demasiado pequeno para conter a minha felicidade; tinha necessidade de toda a natureza para me expandir. § Saí.”

Gostava, sem as conhecer, de todas as pessoas que encontrava. § Como o amor nos torna bons!”

Se aquelas que iniciam a nossa vergonhosa profissão soubessem o que é, prefeririam ser criadas de quarto. Mas não: a vaidade de terem vestidos, carruagens, diamantes, arrastam-nas; acredita-se no que se ouve, porquanto a prostituição tem a sua fé, e gasta-se pouco a pouco o coração, o corpo, a beleza, é-se temida como um animal selvagem, desprezada como um pária, rodeada de pessoas que exigem sempre mais do que aquilo que dão e um dia morre-se como um cão, depois de ter perdido os outros e se ter perdido a si mesma.”

Pareceu-me que a cidade adormecida me pertencia; procurava na memória os nomes daqueles cuja felicidade tinha invejado até então; e não me recordava de nenhum sem me considerar mais feliz do que ele.”

Ser amado por uma rapariga casta, ser o primeiro a despertar nela esse estranho mistério do amor, é, sem dúvida, uma grande ventura, mas é a coisa mais simples do mundo. Conquistar um coração que não está habituado aos ataques é entrar numa cidade aberta e sem guarnição. A educação, o sentimento dos deveres e a família são sentinelas muito fortes, mas não há sentinelas, por muito vigilantes que sejam, que não iluda uma rapariga de 16 anos, a quem, pela voz do homem que ama, a natureza dá os primeiros conselhos de amor que são tanto mais ardentes quanto mais puros parecem.”

a falta de [des]confiança[?] a deixa sem força, e fazer-se amar por ela é um trunfo que qualquer homem de 25 anos conseguirá quando quiser. (…) Os conventos não têm muros, suficientemente altos, as mães fechaduras suficientemente sólidas, a religião obrigações suficientemente contínuas para fechar todas essas encantadoras aves na sua gaiola.”

quando Deus permite o amor a uma cortesã, esse amor, que inicialmente parece um perdão, torna-se sempre para ela um castigo.”

Não fazes por amor mais do que fizeste por dinheiro. § Então elas não sabem que provas dar. Uma criança, conta a fábula, depois de se ter divertido durante muito tempo num campo a gritar: Socorro!, para fazer acorrer os trabalhadores, um belo dia foi devorada por um urso, sem que aqueles que tinha enganado tantas vezes acreditassem então nos gritos reais que soltava. O mesmo acontece com essas infelizes mulheres, quando ninguém acredita nelas e são, no meio dos seus remorsos, devoradas pelo amor.”

quando cada um deles seguiu o seu destino numa ordem diferente, a lógica do acaso põe-nos um em frente do outro. Essa mulher torna-se amante desse homem e ama-o. Como? Por quê? As suas existências tornam-se uma só; a intimidade que passa a existir parece-lhes ter existido sempre e tudo o que ficou para trás se apaga da memória dos dois amantes. Confessemos que é curioso.”

Amava-me o bastante para acreditar que quanto mais bela eu a achasse, mais feliz me sentiria?”

Censura-se aqueles que se arruínam por atrizes e mulheres amantizadas; o que me espanta é que não façam por elas 20 vezes mais loucuras.”

– Continua a amar-me? – inquiriu.

– Ainda o pergunta!

– Tem pensado em mim?

– Todo o dia.”

Não é com os seus 7 ou 8.000 francos de pensão que manterá o luxo dessa mulher; não chegariam para a conservação da sua carruagem.”

Gosta de si, você gosta dela, não se preocupe com o resto.”

Ah!, meu caro, como é retrógrado!”

com 500 mil francos por ano, não pode dar a uma mulher mais que 40 ou 50 mil francos, ao longo do ano, e já é muito.” “Quando cometem a veleidade de pagar tudo, arruínam-se como tolos e vão se deixar matar em África, depois de terem deixado 100 mil francos de dívida em Paris.”

nem família nem ambição, esses segundos e últimos amores do homem.”

Como se vê que a vida deve ser curta pela rapidez das sensações!”

Sem querer, olhei para a cama, não estava desfeita”

o que neles era naturalidade, em mim era esforço e o meu riso nervoso estava muito próximo das lágrimas.”

Tudo o que sei é que com essa melodia as recordações voltaram e, aproximando-me dela, tomei-lhe a cabeça entre as mãos e beijei-a.”

note que ainda estamos no segundo dia e já tenho de lhe perdoar. Cumpre mal as suas promessas de obediência cega.”

PROJETOS

Projetos de viagens não-realizadas

Sonhos não-consumados

Talvez seja melhor assim

Nisso consiste

Coração que bate

bate já bateu

E pés no chão.

E eis que você assume ares importantes e diz grandes frases. Criança três vezes criança.”

os outros nunca me amaram a não ser por eles.”

Não há homem que não tenha sido enganado pelo menos uma vez e não saiba o que se sofre.” “Só um homem que já não ama a amante a deixa sem lhe escrever.” “O meu amor-próprio veio então ao de cima.” “Como vê, não fui capaz de acabar a carta sem uma impertinente ironia” o que Flavius nunca poderão compreender!

o meu criado chamava-se José, como todos os criados.”

As respostas impacientemente esperadas chegam sempre quando não se está em casa.”

Decididamente, Margarida não era como todas as mulheres, pois são muito poucas as que, ao receberem uma carta como a que eu havia escrito, não respondem qualquer coisa.”

– Mas por que havia eu de ir onde vai Margarida?

– Porque é seu amante, pois então!”

fazia de Otelo, espiava-a e julgava puni-la deixando de a ver.”

cartas como essa pensam-se, não se escrevem.”

devia amar-me um pouco menos ou compreender-me um pouco melhor.”

amei-te imediatamente tanto como ao meu cão.”

Era ciúme, é certo, mas ciúme irônico e impertinente.”

O que amava em ti não era o homem que eras, mas aquele que devias ser.”

A minha vida, geralmente tão calma, revestiu-se de repente de uma aparência de rumor e desordem.”

Vim para Paris, estudei direito, formei-me e, como muitos jovens, meti o diploma no bolso e entreguei-me à vida descuidada de Paris (sic)”

desde que as casas de jogo foram destruídas, joga-se por toda a parte.”

Por muito que se ame uma mulher, por muita confiança que se tenha nela, por muita certeza quanto ao futuro que nos dê o seu passado, é-se sempre mais ou menos ciumento. Se já esteve apaixonado, apaixonado a sério, deve ter sentido essa necessidade de isolar no mundo o ser no qual desejaria viver por inteiro.”

O pobre velho vê-se metido entre a espada e a parede.”

Ai de nós! Tínhamos pressa em ser felizes, como se adivinhássemos que não o podíamos ser durante muito tempo.”

Havia dias em que corria pelo jardim como uma rapariga de 10 anos, atrás de uma borboleta ou de uma libélula.”

Seria difícil dar-lhe pormenores da nossa vida. Compunha-se de uma série de criancices fascinantes para nós, mas insignificantes para quem as ouvisse contar. Você sabe o que é amar uma mulher, sabe como os dias passam depressa e com que amorosa negligência nos deixamos transportar ao dia seguinte.” “Todo o ser que não é a mulher amada parece um ser inútil na criação. Lamenta-se ter já lançado parcelas do coração a outras mulheres e não entrevê a possibilidade de vir a apertar outra mão que não seja a que já se aperta.” “Descobre-se todos os dias na amante um encanto novo, uma volúpia desconhecida.”

A existência não é mais do que a satisfação repetida de um desejo contínuo”

Quem ama tem prisão de ventre e a bexiga grande, não sente fome, sede, sono ou cansaço. Não há ressaca ou doença, tosse ou espirro, medo ou ânsia. Só êxtase e saudade profunda quando se vira de costas na cama por 5 segundos.

Pensa que, agora, que gozei uma nova vida, morreria se voltasse à outra.”

esse tempo de tempestade faz-me mal aos nervos; não digo o que quero dizer.”

Julga-se que basta amar-se e ir viver para o campo uma vida pastoral e vaporosa? Não, meu amigo, não. Ao lado da vida ideal há a vida material e as resoluções mais castas são mantidas em terra por fios ridículos”

as mulheres amantizadas prevêem sempre que serão amadas, nunca que amarão, de outro modo poriam dinheiro de lado e aos 30 anos poderiam dar-se ao luxo de ter um amante em troca de nada.”

Numa ligação como a nossa, se a mulher tem ainda um pouco de dignidade, deve impor-se todos os sacrifícios possíveis, em vez de pedir dinheiro ao amante e dar um aspecto venal ao seu amor.”

amo-te mais suntuosa do que simples.”

Caro senhor, conheço a vida melhor do que você. Só há sentimentos inteiramente puros nas mulheres inteiramente castas.” “Seria inútil o mundo envelhecer, se não se corrigisse.” Já eu digo: seria inútil o mundo envelhecer, se não continuasse a errar. Pois a trama deve continuar…

Achas honroso para ti viver maritalmente com uma mulher que toda a gente possuiu?” “Pensa, Armando, e não digas mais tolices. Deixa essa mulher, é o teu pai quem to suplica.” “Tens 24 anos, pensa no futuro. Não podes amar sempre essa mulher, que também não te amará sempre.” “Parte, vai passar 1 mês ou 2 junto da tua irmã.” “Sentia que o meu pai tinha razão em relação a todas as mulheres, mas estava convencido de que não tinha razão quanto a Margarida.” “O verdadeiro amor torna-nos sempre melhores, qualquer que seja a mulher que o inspira.” “Pois bem, é para impedir a tua ruína a favor de uma cortesã que estou em Paris.” “Ele sabe perfeitamente que tu tens de ter uma amante e deveria sentir-se feliz por ser eu, visto que te amo e não ambiciono mais do que a tua situação permite.”

Como é bom deixar-se persuadir por uma voz que se ama!”

alegando tudo o que uma mulher pode alegar quando não quer responder a verdade.”

Acabou por adormecer nos meus braços, mas era um desses sonos que quebram o corpo em vez de o repousarem”

fui imediatamente pedir a Prudência que fosse visitar Margarida, esperando que a sua verborréia e alegria a distraíssem.”

Oh!, jovens!, até quando sacrificareis as afeições sinceras às afeições duvidosas?”

O futuro aparecia-me tal como há muito me esforçava para vê-lo. § Queria mais ao meu pai do que jamais lhe tinha querido.”

Teria eu caído numa esparrela? Margarida enganava-me?”

Ó vaidade do homem!, como assumes todas as formas!”

procurei um livro, porque não ousava pensar.”

olhei em redor, espantado por ver que a vida dos outros continuava sem se preocupar com a minha infelicidade.”

Se ela tivesse entrado nessa altura, as minhas resoluções de vingança teriam desaparecido e ter-me-ia lançado a seus pés.”

Oh!, como o homem é pequeno e vil quando uma das suas mesquinhas paixões é ferida!”

Margarida era uma mulher amantizada como Olímpia e, no entanto, nunca teria ousado dizer-lhe, a primeira vez que a vira, o que acabava de dizer a essa mulher.” “Então, as cartas anônimas sucederam-se às impertinências diretas e não havia coisas vergonhosas que eu não incitasse a minha amante a contar e que eu próprio não contasse a respeito de Margarida” “A calma sem desdém, a dignidade sem desprezo com que Margarida respondia a todos os meus ataques e que aos meus próprios olhos a mostravam superior a mim irritavam-me ainda mais contra ela.”

O dia encontrou-nos acordados.”

Já nada me retinha em Paris, nem ódio nem amor.”

Tinha o direito de fazer o que fez, Armando: nunca me pagaram tão caro as minhas noites!”

para que matar-se quando se está quase a morrer?”

os velhos não são pacientes, sem dúvida porque se apercebem de que não são eternos.”

Os homens que compram o amor examinam a mercadoria antes de tomarem posse dela. Havia em Paris mulheres mais saudáveis, mais gordas do que eu”

Só os homens têm força para não perdoar.”

O delírio e a tosse dividiam entre si o resto da minha pobre existência.”

Quantos felizes que não sabem o que são!” “Como o aspecto da vida e da felicidade dos outros faz desejar viver aqueles que, na véspera, na solidão da sua alma e na sombra do seu quarto de doentes, desejavam morrer depressa!”

Em suma, não se pode ser sempre infeliz.”

Dir-se-ia até que gozava secretamente com a destruição que a doença fizera em mim. Parecia estar orgulhoso de estar de pé, quando eu, ainda nova, era esmagada pelo sofrimento.” “Prudência, a quem já não posso dar tanto dinheiro como antigamente, começa a pretextar assuntos para se afastar.”

Não sou apóstolo do vício, mas far-me-ei eco da infelicidade nobre onde quer que a ouça suplicar.”

OS DOIS PROBLEMAS E A PREFERÊNCIA INCONDICIONAL ou: DO ALFABETO DE 2 LETRAS ou ainda: A CERTEZA DA CONDENAÇÃO É A ABSOLVIÇÃO

Em si, sobre o grandioso só há duas verdadeiras questões. Uma delas, se bem mereça ser colocada, é indiferente para a vida diária: como se explica o mundo e a vida? Hipóteses mutuamente excludentes:

a) o Autor iniciou e terminará nossa realidade. E ainda para a mente pagã ou politeísta, confessemos: um é o principal e o Pai de todos, a causa-motriz e o esteio. Mesmo o Olimpo teria de agradecer em conjunto a “oportunidade” da existência, concedida por Urano. Gaia é o princípio feminino e completa o casal; e o Caos, massa informe conquanto nominável, precede Urano no tempo. Mas, que digo?! Urano é Pai do Tempo, Patriarca da Natureza, portanto tem de qualquer modo a precedência.

b) o universo não começou ou terminará, pois não há largada nem chegada quando se trata de corridas no círculo. A existência se repete em grandes ciclos. Tudo é a causa de tudo, nada é a causa de nada. Dessa perspectiva fechada em si mesma, não há orfandade porque não há sequer carência.

Eticamente, até aqui, seria absurdo esperar que qualquer das hipóteses, uma vez assumida, mudaria alguma coisa. Urano e o círculo, perfeitos, irrefutáveis, intercambiáveis, são palavras cheias de sinônimos.

A segunda grande questão é: esta é a única vida/realidade? Ou haverá uma posterior? O Além. Pois o que veio antes do nosso nascimento já passou e não nos importa mais. Ou, de outro ângulo, sendo mais incisivo, é outro depois, uma vez que a contagem começa de facto no parto. De forma que o Além é também o Aquém e vice-versa. Então, há outro lugar e outra vida para a mesma consciência?

Os aderentes à hipótese “a” da primeira questão sustentam sua crença nessa verdade: há. Esse é o sentido do universo. São estes os desígnios de Urano. A destruição do aqui e agora sobrevirá e após o julgamento todos se unirão à essência, o seio de deus. Seja o inferno ou o paraíso. As coisas só podem existir para melhorarem. É a justificação do Um.

Os adeptos da letra “b”, por seu turno, sabem que este é o único mundo de uma vez por todas. Além é o nada. A vida, os fenômenos, são. Comportam mais ou menos simultaneamente, mais ou menos sucessivamente, mas perfeita e impreterivelmente, tudo de pior e tudo de melhor. O corpo é tudo, juízo final e gênese são paráfrases para as vicissitudes do cotidiano. A fé no círculo exige todas essas coisas, sem compromisso.

Finalmente, alguma carga ética, alguma matéria-prima para o uso na prática:

Ou o amanhã será melhor ou tudo não passaria de teatro e farsa – diz o filho de Urano. A esperança é a seiva da vida. Os dias atuais são vívidos e coloridos em face do que virá depois.

Se tudo fosse teatro e farsa, viver seria insuportável ao filho de Urano. Ele se mataria. Diante desse absurdo, que é a dissolução, nada resta a dizer.

No caso dos Pais de si mesmos (alternativa “b”), o absurdo é o que chamam esperança. O teatro é uma peça intitulada “Verdade Mais Clara”. Somos deuses e justificamos nossa existência a cada ato. A dissolução seria sem dúvida aquilo que não existe, o nada. Vive-se, vivaz, policromaticamente.

Me parece que a repercussão grave de todo o exposto seria: aquele que por um acaso, escolhido pelas estrelas, se desiludisse de sua crença (só há, no fundo, essas duas crenças) mergulharia no desespero e teria de se suicidar.

Órfãos de Urano preferem que o mundo e sua tragédia sigam se repetindo, já que não podem fazer nada pelos atores, sem permanecer mais um segundo em meio à platéia. O círculo é pior que a morte. A morte é libertação final.

Deuses caídos, que descobrem o castigo, o Além imponderável, a identidade convincente de um Pai, estão humilhados demais para se confiarem a uma peça que não dá em nada. Perderam sua eternidade. Sabem que existe a Morte, foram privados dos poderes do infinito. Embora a morte não liberte, só prenda, ainda assim seria melhor antecipar o julgamento, sabendo-se já criminoso encurralado. Que o Além venha logo!, reza a impaciência. Só o Além, por mais pálido e sombreado, possui matizes além do cinza.

E nisso consiste a gravidade do problema chamado homem-no-mundo. Desde que se saiba uma de duas coisas, não se precisa de mais nada: “a minha hora vai chegar”, ou: “a minha hora é agora”. Presente e futuro não se comunicam. Já se escolheu tão cedo que nem lembramos quando foi. Mas certo é que pegamos e nos agarramos a uma letra. Se ainda estamos motivados, a letra não nos desiludiu.

Poder-se-ia até imaginar uma realidade falhada, em que este mundo é ruim e o Além é apenas a consumação do pior. Uma vez morto, a próxima vida é inexoravelmente pior que a primeira. Ainda poderia haver uma terceira, com a garantia de ser mais atroz que a segunda, ad infinitum. Aléns desmascarando aléns, nos afundando em um suplício inigualável, um poço sem fundo! É uma visão terrível. É a própria visão encarnada e espiritualizada do Terrível. Ah, miragem! Porém, o pior existe, e não pode continuar se aproximando indefinidamente, sem nunca se concretizar (chão dos chãos). Além do mais, até para este desgraçado ultimado a vida atual, passageira que ela fosse, seria um supremo consolo! É por isso que não existe letra “c”…