L’ENCYCLOPÉDIE – A

A

a&.

la prononciation des lettres est sujette à variation dans les Langues mortes, comme elle l’est dans les Langues vivantes. Car il est constant, selon M. Masclef & le Prêtre Houbigan, que l’aleph se prononçait autrefois comme notre a; ce qu’ils prouvent surtout par le passage d’Eusebe, Prep. Ev. 50, 10, 100, 6, où ce Prêtre soûtient que les Grecs ont pris leurs lettres de Hébreux [fodalhões, diferentões!]. Id ex Graecà singulorum elementorum appellatione quivis intelligit. Quid enim aleph ab alpha magnopere differt? Quid autem vel betha a beth? &c.

Le son de l’a, aussi bien que celui de l’e, est long em certains mots, & bref en d’autres: a est long dans grâce, & bref dans place. Il est long dans tâche quand ce mot signifie um ouvrage qu’on donne à faire; & il est bref dans tache, macula, souillure. Il est long dans mâtin, gros chien; & bref dans matin, première partie du jour. Voyez l’excellente Traité de la Prosodie de M. l’Abbé d’Olivet.”

Senhorabade Fulano-de-Tal au seue dias pour!

Excelentíssimo Sr. Vice-Presidente & Autor & Escritor João da Silva Santos, O Único.

Les Romains, pour marquer l’a long, l’écrivirent d’abord double, Aala pour Ala; c’est ainsi qu’on trouve dans nos anciens Auteurs Français aage,&c. Ensuite ils insérerent um h entre les deux a, Ahala. Enfim ils mettaient quelquefois le signe de la syllabe longue, ala [provalmente erro de transcrição, âla]. § On met aujourd’hui un accent circonflexe sur l’a long, au lieu du s qu’on écrivait autrefois après cet a: ainsi au lieu d’écrire mastin, blasme, asne, &c. on écrit mâtin, blâme, âne. Mais il ne faut pas croire avec la plûpart des Grammairiens, que nos Pères n’écrivaient cette s après la, ou après toute autre voyelle, que pour marquer que cette voyelle était longue; ils écrivaient cette s, parce qu’ils la prononçaient, & cette prononciation est encore en usage dans nos Provinces méridionale, où l’on prononce mastin, testo, besti, &c.

Quanta coisa não faço um simples e minúsculo a vomitar!

L’a chez les Romains était appellé lettre salutaire: littera salutaris. Cicero (…) parce que lorsqu’il s’agissait d’absoudre ou de condamner un accusé, les juges avaient 2 tablettes, sur l’une desquelles ils écrivaient l’a qui est la 1e lettre d’absolvo, & sur l’autre ils écrivaient le c, 1e lettre de condemno.”

L’a chez les Grecs était une lettre numérale que marquait un.”

A est la marque de la monnaie de Paris. Voyez A numismatique.”

On dit de quelqu’un qui n’a rien fait, rien écrit, qu’il n’a pas fait une panse d’a. Panse, qui veut dire ventre, signifie ici la partie de la lettre qui avance; il n’a pas fait la moitié d’une lettre.”

A.

à n’est jamais adverbe, comme quelques Grammairiens l’ont cru, quoiqu’il entre dans plusieurs façons de parler adverbiales. Car l’adverbe n’a pas besoin d’être suivi d’un autre mot qui le détermine, ou, comme disent communément les Grammairiens, l’adverbe n’a jamais de régime; parce que l’adverbe renferme en soi la préposition & le nom: prudemment, avec prudence.”

A n’est pas non plus une simple particule qui marque le datif; parce qu’en françois nous n’avons ni déclinaison, ni cas, ni par conséquent de datif. Le rapport que les Latins marquoient par la terminaison du datif, nous l’indiquons par la préposition à. C’est ainsi que les Latins mêmes se sont servis de la préposition ad, quod attinet ad me.”

approchez-vous du feu: du, lie feu avec approchez-vous, & l’esprit observe ensuite un rapport d’approximation, que du ne marque pas. Eloignez-vous du feu; du, lie feu avec éloignez-vous, & l’esprit observe-là un rapport d’éloignement. Vous voyez que la même préposition sert à marquer des rapports opposés. On dit de même donner à & ôter à. Ainsi ces sortes de rapports different autant que les mots different entre-eux.”

Cependant quelques Grammairiens ont mieux aimé épuiser la Métaphysique la plus recherchée, & si je l’ose dire, la plus inutile & la plus vaine, que d’abandonner le Lecteur au discernement que lui donne la connoissance & l’usage de sa propre Langue. Rapport de cause, rapport d’effet, d’instrument, de situation, d’époque, table à pieds de biche, c’est-là un rapport de forme, dit M. l’Abbé Girard, tom. II. p. 199. Bassin à barbe, rapport de service, (id. ib.) Pierre à feu, rapport de propriété productive, (id. ib.) &c. La préposition à n’est point destinée à marquer par elle-même un rapport de propriété productive, ou de service, ou de forme, &c. quoique ces rapports se trouvent entre les mots liés par la préposition à.”

Exs. de utlização: “Lettre de change à vûe, à dix jours de vûe. Matiere à procès. (…) Facile à faire.

Observez qu’on dit: Il est facile de faire cela.

Quand on le veut il est facile

De s’assûrer un repos plein d’appas.

Quinault

La raison de cette différence est que dans le dernier exemple de n’a pas rapport à facile, mais à il; il, hoc, cela, à savoir de faire, &c. est facile, est une chose facile. Ainsi, il, de s’assûrer un repos plein d’appas, est le sujet de la proposition, & est facile en est l’attribut.

(…) Blesser à, il a été blessé à la jambe. (…) Il est à écrire, à jouer. (…) Il est long-tems à venir. Cela est à faire, à taire, à publier, à payer. (…)

À en des façons de parler adverbiales, & en celles qui sont équivalentes à des prépositions Latines, ou de quelqu’autre Langue.

À jamais, à toûjours. À l’encontre. Tour à tour. Pas à pas. Vis-à-vis. À pleines mains. À fur & à mesure. À la fin, tandem, aliquando, C’est-à- dire, nempe, scilicet. Suivre à la piste. Faire le diable à quatre. (…)

Rendez à César ce qui appartient à César”

1. (…) Nous avons conservé plusieurs mots où se trouve l’alpha privatif, comme amazone, asyle, abysme, &c. L’alpha privatif vient de la préposition A’TOP, sinc, sans.

2. A en composition marque augmentation, & alors il vient de A’GAN, beaucoup.”

* * *

A, étoit une lettre numérale parmi les Anciens. Baronius rapporte des vers techniques qui expriment la valeur de chaque lettre de l’alphabet. Celui-ci,

Possidet A numeros quingentos ordine recto.

marque que la lettre A signifioit cinq cens; surmontée d’un titre ou ligne droite, de cette façon (A), elle signifioit cinq mille.”

Les Hébreux, les Arabes emploient leur aleph, & les Grecs leur alpha qui répond à notre A, pour désigner le nombre 1. & dans le langage de l’écriture alpha signifie le commencement & le principe de toutes choses. Ego sum alpha, &c.

* * *

A, lettre symbolique, étoit un hiéroglyphe chez les anciens Egyptiens, qui pour premiers caracteres employoient ou des figures d’animaux ou des signes qui en marquoient quelque propriété. On croit que celle-ci représentoit l’Ibis par l’analogie de la forme triangulaire de l’A avec la marche triangulaire de cet oiseau. Ainsi quand les caracteres Phéniciens qu’on attribue à Cadmus furent adoptés en Egypte, la lettre A y fut tout à la fois un caractere de l’écriture symbolique consacrée à la Religion, & de l’écriture commune usitée dans le commerce de la vie. (G)”

* * *

A, numismatique ou monétaire, sur le revers des anciennes médailles Greques, signifie qu’elles furent frappées dans la ville d’Argos, & quelquefois dans celle d’Athenes. Dans les médailles consulaires cette lettre désigne pareillement le lieu de la fabrique; dans celles des Empereurs, il signifie communément Augustus. Dans le revers des médailles du bas Empire, qui étoient véritablement des especes de monnoies ayant cours, & dont le peuple se servoit, A est la marque ou de la Ville, comme Antioche, Arles, Aquilée, où y avoit des Hôtels des Monnoies, ou signifie le nom du monétaire. Dans nos especes d’or & d’argent cette lettre est la marque de la monnoie de Paris; & le double AA celle de Metz. (G)”

* * *

A, lettre de suffrage; les Romains se servoient de cette lettre pour donner leurs suffrages dans les assemblées du peuple. Lorsqu’on proposoit une nouvelle loi à recevoir, on divisoit en centuries ceux qui devoient donner leurs voix, & l’on distribuoit à chacun d’eux deux ballotes de bois, dont l’une étoit marquée d’un A majuscule qui signifioit antiquo ou antiquam volo; l’autre étoit marquée de ces deux lettres U R, uti rogas. Ceux qui s’opposoient à l’établissement de la loi jettoient dans l’urne la premiere de ces ballottes, pour signifier, je rejette la loi, ou je m’en tiens à l’ancienne. (G)”

* * *

A, signe des passions; selon certains Auteurs, est relatif aux passions dans les anciens Dialectes Grecs. Le Dorien, où cette lettre se répete sans cesse, a quelque chose de mâle & de nerveux, & qui convient assez à des Guerriers. Les Latins au contraire emploient dans leur Poësie des mots où cette lettre domine, pour exprimer la douceur. Parmi les peuples de l’Europe, les Espagnols & les Italiens sont ceux qui en font le plus d’usage, avec cette différence que les premiers remplis de faste & d’ostentation, ont continuellement dans la bouche des a emphatiques; au lieu que les a des terminaisons Italiennes étant peu ouverts dans la prononciation, ils ne respirent que douceur & que mollesse. Notre Langue emploie cette voyelle sans aucune affectation [oui, oui, c’est sur, hahaha…].

* * *

A. Les Marchands Négocians, Banquiers, & Teneurs de Livres, se servent de cette lettre, ou seule, ou suivie de quelques autres lettres aussi initiales, pour abréger des façons de parler fréquentes dans le Négoce, & ne pas tant employer de tems ni de paroles à charger leurs Journaux, Livres de comptes, ou autres Registres. Ainsi l’A mis tout seul, après avoir parlé d’une Lettre de change, signifie accepté. A. S. P. accepté sous protêt. A. S. P. C. accepté sous protêt pour mettre à compte. A. P. à protester. (G)”

A. D. A. D. épistolaire; ces deux caracteres dans les Lettres que s’écrivoient les Anciens, signifioient ante diem. Des Copistes ignorans en ont fait tout simplement la préposition ad, & ont écrit ad IV. Kalend. ad VI. Idus, ad III. Non. &c. au lieu d’ante diem IV. Kalend. ante diem VI. Idus, &c. ainsi que le remarque Paulmance. On trouve dans Valerius Probus A.D.P. pour ante diem pridie. (G)”

Anúncios

Deixe um comentário

Preencha os seus dados abaixo ou clique em um ícone para log in:

Logotipo do WordPress.com

Você está comentando utilizando sua conta WordPress.com. Sair /  Alterar )

Foto do Google+

Você está comentando utilizando sua conta Google+. Sair /  Alterar )

Imagem do Twitter

Você está comentando utilizando sua conta Twitter. Sair /  Alterar )

Foto do Facebook

Você está comentando utilizando sua conta Facebook. Sair /  Alterar )

Conectando a %s