ANABAPTISTES. “Les Anabaptistes proprement dits, sont une secte de protestans qui parut d’abord dans le XVIe siecle en quelques contrées d’Allemagne, & particulierement en Westphalie, où ils commirent d’horribles excès. Ils enseignoient que le baptême donné aux enfans étoit nul & invalide; que c’étoit un crime que de prêter serment & de porter les armes; qu’un véritable Chrétien ne sauroit être magistrat: ils inspiroient de la haine pour les puissances & pour la noblesse; vouloient que tous les biens fussent communs, & que tous les hommes fussent libres & indépendans, & promettoient un sort heureux à ceux qui s’attacheroient à eux pour exterminer les impies, c’est-à-dire, ceux qui s’opposoient à leurs sentimens.
On ne sait pas au juste quel fut l’auteur de cette secte: les uns en attribuent l’origine à Carlostad, d’autres à Zuingle. Cochlée dit que ce fut Balthasar Pacimontan, nommé par d’autres Hubméïr, & brûlé pour ses erreurs à Vienne en Autriche l’an 1527. Meshovius, qui a écrit fort au long une histoire des Anabaptistes, imprimée à Cologne en 1617, leur donne pour premier chef Pelargus, qui commença, dit-il, à ébaucher cette hérésie en 1522. Leur système paroît avoir été développé successivement en Allemagne par Hubmeïr, Rodenstein, Carlostad, Westenberg, Didyme, More [Thomas?], Mansius, David, Hoffman, Kants [se um Kant já incomoda muita gente…]; & par plusieurs autres, soit en Hollande, soit en Angleterre.
L’opinion la plus commune est qu’elle doit son origine à Thomas Muncer de Zwicau, ville de Misnie, & à Nicolas Storch ou Pelargus de Stalberg, en Saxe, qui avoient été tous deux disciples de Luther, dont ils se séparerent ensuite, sous prétexte que sa doctrine n’étoit pas assez parfaite; qu’il n’avoit que préparé les voies à la réformation; & que pour parvenir à établir la véritable religion de Jesus-Christ, il falloit que la révélation vînt à l’appui de la lettre morte de l’écriture. Ex revelationibus divinis judicandum esse, & ex bibliis, dicebat Muncerus.
Sleidan est l’auteur qui détermine plus précisément l’origine des Anabaptistes, dans ses commentaires historiques. Il observe que Luther avoit prêché avec tant de force pour ce qu’il appelloit la liberté évangélique, que les paysans de Suabe se liguèrent ensemble, sous prétexte de défendre la doctrine évangélique & de secoüer le joug de la servitude. Obductâ causâ quasi doctrinam evangelii tueri, & servitutem abs se profligare vellent. Ils commirent de grands desordres: la noblesse, qu’ils se proposoient d’exterminer, prit les armes contr’eux; & après en avoir tué un grand nombre, les obligea à poser les armes, excepté dans la Turinge, où Muncer, secondé de Pfiffer, homme hardi, avoit fixé le fiége de son empire chimérique à Mulhausen. Luther leur écrivit plusieurs fois pour les engager à quitter les armes, mais toûjours inutilement: ils retorquèrent contre lui sa propre doctrine, soûtenant que puisqu’ils avoient été rendus libres par le sang de Jesus-Christ, c’étoit déjà trop d’outrage au nom Chrétien qu’ils eussent été réputés esclaves par la noblesse, & que s’ils prenoient les armes, c’étoit par ordre de Dieu. Telles étoient les suites du fanatisme où Luther lui-même avoit plongé l’Allemagne par la liberté de ses opinions. Il crut y remédier en publiant un livre dans lequel il invitoit les Princes à prendre les armes contre ces séditieux, qui abusoient ainsi de la parole de Dieu. Il est vrai que le comte de Mansfeld, soûtenu par les Princes & la noblesse d’Allemagne, défit & prit Muncer & Pfiffer, qui furent exécutés à Mulhausen; mais la secte ne fut que dissipée & non détruite; & Luther, suivant son caractère inconstant, desavoüa en quelque sorte son premier livre par um second, à la sollicitation de bien des gens de son parti, qui trouvoient sa premiere démarche dure, & même un peu cruelle.
Cependant les Anabaptistes se multiplierent & se trouverent assez puissans pour s’emparer de Munster en 1534 & y soûtenir un siége sous la conduite de Jean de Leyde, tailleur d’habits, qui se fit déclarer leur roi. La ville fut reprise sur eux par l’Évêque de Munster, le 24 Juin 1535. Le prétendu roi, & son confident Knisperdollin, y périrent par les supplices; & depuis cet échec la secte des Anabaptistes n’a plus osé se montrer ouvertement en Allemagne.
Vers le même tems, Calvin écrivit contr’eux un traité qu’on trouve dans ses opuscules. Comme ils fondoient surtout leur doctrine sur cette parole de Jesus-Christ, Marc 16:16, quiconque croira & sera baptisé sera sauvé, & qu’il n’y a que les adultes qui soient capables d’avoir la foi actuelle; ils en inféroient qu’il n’y a qu’eux non plus qui doivent recevoir le baptême, surtout n’y ayant aucun passage dans le nouveau Testament où le baptême des enfans soit expressément ordonné: d’où ils tiroient cette conséquence, qu’on devoit le réitérer à ceux qui l’avoient reçû avant l’âge de raison, Calvin & d’autres auteurs furent embarrassés de ce sophisme; & pour s’en tirer, ils eurent recours à la tradition & à la pratique de la primitive Église. Ils opposerent aux Anabaptistes Origène, qui fait mention du baptême des enfans, l’Auteur des questions attribuées à saint Justin, qui en parle aussi; un concile tenu en Afrique, qui, au rapport de S. Cyprien, ordonnoit qu’on baptisât les enfans aussitôt qu’ils seroient nés; la pratique du même saint docteur à ce sujet; les conciles d’Autun, de Mâcon, de Gironne, de Londres, de Vienne, &c. une foule de témoignages des Pères, tels que S. Irenée, S. Jérôme, S. Ambroise, S. Augustin, &c.”
“En effet, les enfans sont jugés capables d’entrer dans le royaume des cieux, Marc 9:14, Luc. 18:16 & le Sauveur lui-même en fit approcher quelques-uns de lui & les bénit. Or ailleurs, S. Jean 3:5 assure que quiconque n’est pas baptisé ne peut entrer dans le royaume de Dieu; d’où il s’ensuit qu’on doit donner le baptême aux enfans.” “Car si tous sont devenus criminels par un seul, les enfans sont donc criminels; & de même si tous sont justifiés par un seul, les enfans sont donc aussi justifiés par lui”
“On les a connus sous les noms de Munceriens, Catharistes, Enthousiastes, Silentieux, Adamistes, Georgiens, Indépendans, Hutites, Melchiorites, Nudipedaliens, Mennonites, Bulcholdiens, Augustiniens, Servetiens, Monasteriens ou Munsteriens, Libertins, Deorelictiens, Semperorans, Polygamites, Ambroisiens, Clanculaires, Manifestaires, Babulariens, Pacificateurs, Pastoricides, Sanguinaires, &c.” L O L
“ANACHIS, s.m. (Mythol.) nom d’un des quatre Dieux familiers que les Egyptiens croyoient attachés à la garde de chaque personne, dès le moment de sa naissance. Les trois autres étoient Dymon, Tychès, & Heros: ces quatre Dieux se nommoient aussi Dynamis, Tyché, Eros, & Ananché; la Puissance, la Fortune, l’Amour, & la Nécessité.
S’il est vrai que les Payens même ayent reconnu que l’homme abandonné à lui-même n’étoit capable de soin, & qu’il avoit besoin de quelque Divinité pour le conduire, ils auroient pû le confier à de moins extravagantes que les quatre précédentes. La Puissance est sujette à des injustices; la fortune à des caprices, l’amour à toutes sortes d’extravagances, & la nécessité à des forfaits, si on la prend pour le besoin; & si on la prend pour le destin, c’est pis encore: car sa présence rend les secours des trois autres Divinités superflus. Il faut pourtant convenir que ces Divinités représentent assez bien notre condition présente; nous passons notre vie à commander, à obéir, à desirer, & à poursuivre.” Não gostou, desce uma decretal, otário!
ANACHRONISME. “L’erreur opposée, qui consiste à dater un évenement d’un tems postérieur à celui auquel il est arrivé, s’appelle parachronisme. Mais dans l’usage ordinaire on ne fait guere cette distinction, & on employe indifféremment anachronisme pour toute faute contre la Chronologie.”
“ANACOLUTHE, s.f. (Gramm.) c’est une figure de mots qui est une espece d’ellipse. Ce mot vient d’A’NAXLOUO, adjectif, non consentaneus: la racine de ce mot en fera entendre la signification. A’XO <=> LOUO, comes, compagnon; ensuite on ajoûte l’A’ privatif & un N cuphonique, pour éviter le bâillement entre les deux a; par conséquent l’adjectif anacoluthe signifie qui n’est pas compagnon, ou qui ne se trouve pas dans la compagnie de celui avec lequel l’analogie demanderoit qu’il se trouvât. En voici un exemple tiré du second livre de l’Enéide de Virgile, v. 330. Panthée, Prêtre du temple d’Apollon, rencontrant Enée dans le tems du sac de Troie, lui dit qu’Ilion n’est plus; que des milliers d’ennemis entrent par les portes en plus grand nombre qu’on n’en vit autrefois venir de Mycenes:
Portis alii bipatentibus adsunt Millia quot magnis nunquam venere Mycenis.
On ne sauroit faire la construction sans dire:
Alii adsunt tot quot nunquam venere Mycenis.
Ainsi tot est l’anacoluthe; c’est le compagnon qui manque. Voici ce que dit Servius sur ce passage: millia, subaudi tot, & est A’NAXOLOUON; nam dixit quot cum non proemiserit tot.
Il en est de même de tantùm sans quantùm, de tamen sans quanquam; souvent en François au lieu de dire il est-là où vous allez, il est dans la ville où vous allez, nous disons simplement il est où vous allez.
Ainsi l’anacoluthe est une figure par laquelle on sous-entend le corrélatif d’un mot exprimé; ce qui ne doit avoir lieu que lorsque l’ellipse peut être aisément supplée, & qu’elle ne blesse point l’usage. (F)”
ANACRÉONTIQUE, adj. (Belles-Letrres) (…) “Le tendre, le naif, le gracieux, sont les caracteres du genre anacréontique, qui n’a mérité le nom de lyrique dans l’antiquité, que parce qu’on le chantoit en s’accompagnant de la lyre: car il differe entierement & par le choix des sujets & par les nuances du style, de la hauteur & de la majesté de Pindare. Nous avons une tradition d’Anacréon en prose par M. Lefevre, connue depuis sous le nom de Mde. Dacier, & trois en vers. L’une est de Longepierre, l’autre de M. de la Fosse: elles passent pour plus fideles que celle de Gacon, qu’on lit néanmoins avec plus de plaisir, parce qu’elle est plus légere, & qu’il l’a enchassée dans un roman assez ingénieux des aventures galantes & des plaisirs d’Anacréon. Horace a fait plusieurs odes à l’imitation de ce Poëte, telles que celle qui commence par ce vers, O matre pulchrâfilia pulchrior; & celle-ci, Lydia, dic per omnes, &c. & plusieurs autres dans le même goût.”
“La plûpart des odes d’Anacréon sont en vers de 7 syllabes, ou de 3 piés & demi, spondées ou ïambes, & quelquefois anapestes: c’est pourquoi l’on appelle ordinairement les vers de cette mesure anacréontiques. Nos Poëtes ont aussi employé pour cette ode les vers de 7 & de 8 syllabes, qui ont moins de noblesse, ou si l’on veut d’emphase, que les vers alexandrins, mais plus de douceur & de mollesse. (G)”
“ANACTES, s.m. (Mytholog.) nom commun à trois anciens Dieux qu’on prétendoit nés dans Athenes, de Jupiter & de Proserpine. Ils s’appelloient Tritopatreus, Eubulcus & Dionysius. On leur donnoit aussi le nom de Dioscures. Ils avoient un temple qu’on nommoit l’Anacée; & l’on y célébroit une fête de même nom. Voyez dans le Dictionnaire de Moreri, toutes les conjectures des savans sur l’origine des Anactes.
Anactes étoit encore un nom d’honneur, affecté aux fils & aux frères des Rois de Chypre. Les Rois étoient sur le throne: mais les Anactes gouvernoient. C’étoit à eux que les Gergines rendoient compte, & ils faisoient examiner les dénonciations des Gergines par les Promalanges. Les femmes des Anactes s’appelloient Anasses, & celles qui les servoient Colacydes.”
“ANACUIES, s.m. (Geog. mod.) peuples de l’Amérique dans le Bresil, vers la contrée que les Portugais possedent sous le nom de Capitanie de Seregippe.”
DIC:
andrômina / endrômina: artimanha; ardil; trapaça.

“ANADYOMENE, qui se leve ou sort en se levant. (Hist. anc.) nom d’un tableau de Venus sortant des eaux, peint par Apelle [grego], & qu’Auguste fit placer dans le Temple de César son pere adoptif. Le tems en ayant alteré la partie inferieure, on dit qu’il ne se trouva personne qui osât le retoucher. J’en suis étonné. N’y avoit-il donc point à Rome de Peintre mauvais ou médiocre? Les hommes communs sont toûjours prêts à continuer ce que les hommes extraordinaires ont entrepris; & ce ne sera jamais un barbouilleur qui se croira incapable de finir ou de retoucher un tableau de Raphaël.”
“ANAETIS, ANETIS, ANAITIS, s. f. (Myth.) Déesse adorée jadis par les Lydiens, les Armeniens, & les Perses. Son culte défendoit de rien entreprendre que sous ses auspices; c’est pourquoi dans les contrées voisines de la Scythie, les assemblées importantes & les délibérations sur les grandes affaires se faisoient dans son temple. Les filles les plus belles & les mieux nées lui étoient consacrées: la partie la plus essentielle de leur service consistoit à rendre heureux les hommes pieux qui venoient offrir des sacrifices à la Déesse. Cette prostitution religieuse, loin de les deshonorer, les rendoit au contraire plus considérées & plus exposées aux propositions de mariage. L’estime qu’on faisoit d’elles se mesuroit sur l’attachement qu’elles avoient marqué pour le culte plaisant d’Anetis. La fête de cette divinité se célébroit tous les ans: dans ce jour on promenoit sa statue, & ses dévots & dévotes redoubloient de ferveur. On tient que cette fête fut instituée en mémoire de la victoire que Cyrus, Roi de Perse, remporta sur les Saces, peuples de Scythie. Cyrus les vainquit par un stratagème si singulier, que je ne puis me dispenser d’en faire mention: ce Prince feignit d’abandonner son camp & de s’enfuir; aussitôt les Saces s’y précipiterent & se jetterent sur le vin & les viandes que Cyrus y avoit laissés à dessein. Cyrus revint sur eux, les trouva ivres & épars, & les défit. On appelloit aussi la fête d’Anetis, la solennité des Saces. Pline dit que sa statue fut la premiere qu’on eût faite d’or, & qu’elle fut blesée dans la guerre d’Antoine contre les Parthes. Les Lydiens adoroient une Diane sous le nom d’Anetis, à ce que disent Hérodote, Strabon, & Pausanias. Strab. lib. II. 12. 15. Paus. in Lacon. Plin. l. LIII. c. iv. Coel. Rhodig. l. XVIII. c. xxix. Plusieurs soldats s’enrichirent des morceaux de la statue d’Anoetis; on raconte qu’un d’eux, qui s’étoit établi à Boulogne en Italie, eut l’honneur de recevoir un jour Auguste dans sa maison & de lui donner à souper. Est-il vrai, lui demanda ce Prince pendant le repas, que celui qui porta les premiers coups à la Déesse, perdit la vûe, l’usage des membres, & mourut sur le champ?Si cela étoit, lui répondit le soldat, je n’aurois pas l’avantage de voir Auguste chez moi; ce fut moi qui le premier frappai la statue, & je m’en trouve bien; si je possede quelque chose, j’en ai l’obligation à la bonne Déesse, & c’est d’une de ses jambes, Seigneur, que vous soupez.”
Tradução da primeira metade:
“ANAETIS, ANETIS, ANAITIS, s. f. (Mitologia) Deusa adorada pelos Lídios, Armênios, e Persas. Seu culto proibia que qualquer grande coisa fosse feita senão sob seus auspícios; esse é o motivo pelo qual, nas regiões da Cítia, as assembléias importantes e as deliberações sobre os grandes assuntos se faziam somente no interior do templo. As mulheres mais belas e mais bem-nascidas eram consagradas a essa deusa: a parte mais essencial de seus serviços consistia em tornar felizes os homens pios que vinham oferecer sacrifícios a Anetis. Essa prostituição religiosa, longe de as desonrar, tornava-as, ao contrário, mais reputadas e mais expostas a propostas de casamento. A estima que se tinha por cada mulher era medida pela dedicação que demonstrasse durante o culto prazenteiro de Anetis. A festa dessa divindade se celebrava todos os anos: nesse dia, exibia-se sua estátua em passeatas, e seus devotos e devotas redobravam em fervor. Sustenta-se que essa festa foi instituída em memória da vitória de Ciro, Rei da Pérsia, sobre os Saces [tribos iranianas nômades]. Ciro os venceu por um estratagema tão singular que não posso evitar de mencionar: esta Realeza fingiu abandonar o campo de batalha e fugir com suas tropas; tão logo os Saces se precipitaram e se abandonaram ao vinho e às carnes que Ciro deixara para trás, Ciro voltou sobre eles, quando já se encontravam bêbados e fora de combate, os desafiou e os derrotou.”
“ANAGNOSTE, s.m. (Hist. anc.) nom que les Romains donnoient à celui de leurs domestiques qui lisoit pendant le repas. Les hommes puissans avoient des anagnostes, & ces esclaves furent en grand crédit sous l’Empereur Claude.” Uma sociedade em que até a escravidão é superior!
ANAGRAMME. “Ceux qui s’attachent scrupuleusement aux regles dans l’anagramme, prétendent qu’il n’est pas permis de changer une lettre en une autre, & n’en exceptent que la lettre aspirée h. D’autres moins timides prennent plus de licence, & croyent qu’on peut quelquefois employer e pour oe, v pour w, s pour z, c pour k, & réciproquement; enfin qu’il est permis d’omettre ou de changer une ou deux lettres en d’autres à volonté: & l’on sent qu’avec tous ces adoucissemens on peut trouver dans un mot tout ce qu’on veut.
L’anagramme n’est pas fort ancienne chez les Modernes; on prétend que Daurat, poëte françois du tems de Charles IX, en fut l’inventeur: mais comme on vient de le dire, Calvin l’avoit précédé à cet égard; & l’on trouve dans Rabelais, qui écrivoit sous François I & sous Henri II plusieurs anagrammes. On croit aussi que les Anciens s’appliquoient peu à ces bagatelles; cependant Lycophron qui vivoit du tems de Ptolomée Philadelphe, environ 280 ans avant la naissance de Jesus-Christ, avoit fait preuve de ses talens à cet égard, en trouvant dans le nom de Ptolomée *PTOLEÛMAIO, ces mots A’PO MELITOZ, du miel, pour marquer la douceur du caractere de ce Prince; & dans celui de la Reine Arsinoé, *ARSINOP, ceux-ci I’ON HRA, violette de Junon. Ces découvertes étoient bien dignes de l’auteur le plus obscur & le plus entortillé de toute l’antiquité.”
Ptolomeu
moleputo
polomute
pelotoum (sentido!)
pulomote
Arsinoé
nársœi
nurse
aeons
pulomo®te
que tolo!
sino Era
É riso!
“de qui sont les lettres du nom de Noé, ils font qui signifie grace, & dans le Messie [seamless], ils trouvent ces mots il se réjoüira.”
“la question que fit Pilate à Jesus-Christ, Quid est veritas?”
“Est [v]i[r]qu[i][a][d][e][s][t]” [o homem que está aqui / sou eu]
“ego sum via, veritas” [eu sou o caminho, a verdade]
Frère Jacques Clément, assassino de Henrique III
“c’est l’enfer qui m’a créé”
JI
o j é um mero i mais enjeitado
ego sum via, veritas?
ete viras, vai, musgo!
giga-golô
detesto jiló
Bom, esses caras viajam demais até pra mim!
“ANAIDIA, s. f. impudence, (Myth.) divinité qui eut des autels dans Athenes. On la désigna par une perdrix, qui passoit alors, apparemment sur quelque préjugé d’histoire naturelle, pour un oiseau fort impudent.”
como ousas matar a ave em pleno voo, seu impudico?
“ANALEPSIE, s. f. (Medecine.) c’est le recouvrement des forces & de la premiere vigueur après une maladie. (N)” Eu sou muito ANALÉPTICO! (ANALEPTIQUES) “La décoction ou l’infusion de chocolat dans l’eau, le lait, l’eau distillée du pain avec les écorces de citron, le bon vin vieux de Bourgogne, le véritable vin d’Espagne, sont des remedes assurés pour réparer peu à peu les forces des convalescens.” “A decocção [fervura] ou infusão de chocolate na água, o leite, a água destilada do pão com casca de limão, o bom vinho da Borgonha, o verdadeiro vinho da Espanha, são remédios certos para reparar pouco a pouco as forças do convalescente.”
ANALOGIE. “Les préjugés dont on est imbu dans l’enfance, nous donnent souvent lieu de faire de fort mauvais raisonnemens par analogie.”
“Il n’y a point d’analogie entre notre on dit & le dicitur des Latins, ou si dice des Italiens: ce sont-là des façons de parler propres & particulières à chacune de ces langues. Mais il y a de l’analogie entre notre on dit & le man sagt des Allemands: car notre on vient de homo, & man sagt signifie l’homme dit; man kan, l’homme peut.”
“ANALYSE (Ordre encyclop. Entend. Raison. Philosoph. ou Science, Science de la Nature, Mathématiques pures, Arithmétique littérale, ou Algébre, Analyse.)”
“ces deux mots, Analyse, Algèbre, sont souvent regardés comme synonymes.”
“Les principaux Auteurs sur l’Analyse des infinissontWallis, dans sonArithmétique des infinis; Newton, dans son Analysis per quantitatum series, fluxiones, & differentias, & dans son excellent traité qui a pour titre De quadratura curvarum; Leibnitz, act. eruditor. an. 1684; le marquis de l’Hopital, en son Analyse des infiniment petits, 1696; Carré, en sa Méthode pour la mesure des surfaces [m²!!!], la dimension des solides, &c. par l’application du calcul intégral, 1700; G. Manfred, dans son ouvrage De constructione equationum differentialium primi gradus, 1707; Nic. Mercator, dans sa Logarithmotechnia, 1668; Cheyne, dans sa Methodus fluxionum inversa, 1703; Craig, Methodus figurarum lineis rectis & curvis comprehensarum, quadraturas determinandi, 1685, & De quadraturis figurarum curvilinearum & locis, &c. 1693; Dav. Grégory, dans son Exercitatio geometrica de dimensione figurarum, 1684; & Nieuwentijt, dans ses Considerationes circa Analyseos ad quantitates infini et parvas applicatae, principia, 1695.” São uns doutores em Latim, esses matemáticos! Não são Armani mas gostam de inventar moda.
CURIOSIDADE: DIC: –in-quarto (acepção moderna): “books that are approximately 12 inches (30 cm) tall.”
“Cet article Analyse est destiné au commun des lecteurs, & c’est pour cela que nous l’avons fait assez court: on trouvera à l’article Arithmétique universelle un détail plus approfondi”
“ANAPHONESE, s. f. L’exercice par le chant. Antylle, Plutarque, Paul, Aétius & Avicene disent qu’une des propriétés de cet exercice c’est de fortifier les organes qui servent à la production de la voix, d’augmenter la chaleur, & d’atténuer les fluides; les mêmes Auteurs le conseillent aux personnes sujettes à la cardialgie, aux vomissemens, à l’indigestion, au dégoût, & en général, à toutes celles qui sont surchargées d’humeurs. Hippocrate veut qu’on chante après le repas: mais ce n’est pas l’avis d’Aretée. § Quoi qu’il en soit, il est constant que l’action fréquente de l’inspiration & de l’expiration dans le chant, peut nuire ou servir à la santé dans plusieurs circonstances, sur lesquelles les acteurs de l’Opéra nous donneroient de meilleures mémoires que la Faculté de Medecine.”
ANATHÉME. “Les critiques & les commentateurs sont partagés sur la manière d’entendre ce que dit S. Paul, qu’il desiroit être anathème pour ses frères (Rom. 9:3). Les uns expliquent ce mot par celui de maudit; les autres par celui de séparé.” Mas há ainda o sentido de “sacrifício” ou de “oferenda”, comum na Grécia Antiga ao lado da acepção mais clássica.

“ANATOMIE. s. f. (Ordre encycl. Entend. Raison, Philosophie ou Science, Science de la nat. Physiq. générale, particul. Zoologie, Anatomie simple & comparée.) C’est l’Art de disséquer ou de séparer adroitement les parties solides des animaux, pour en connoître la situation, la figure, les connexions, &c. Le terme Anatemie vient de je coupe, je disseque. Il a différentes acceptions. S’il se prend, comme on vient de le dire, pour l’art de disséquer [Hannibal curtindo muito o artigo], il se prend aussi pour le sujet qu’on disseque ou qu’on a disséqué; & quelquefois même pour la représentation en plâtre, en cire, ou de quelque autre maniere, soit de la structure entiere, soit de quelqu’une des parties d’un animal disséqué. Exemple: il y a au cabinet du Roi de belles anatomies en cire.”
Apesar da Anatomia não ser útil nem subsistir sozinha, sem complemento, reconhece-se que “le meilleur Anatomiste sera certainement le meilleur Medecin”.
“l’on ne peut trop loüer le courage d’Hérophile & d’Erasistrate, qui recevoient les malfaiteurs & qui les disséquoient tout vifs (…) & qui sacrifioient un petit nombre de méchans à la conservation d’une multitude d’innocens de tout état, de tout âge, & dans tous les siecles à venir.” “infelizmente não se pode hoje pegar emprestada a coragem de Herófilo de Calcedônia e Erasístrato, que recebiam os malfeitores e que os dissecavam vivos (…) e que sacrificavam um pequeno número de bandidos para a conservação de uma multidão de inocentes de todas as classes, idades e de tantos séculos por vir.” “Qu’est-ce que l’humanité? sinon une disposition habituelle de coeur à employer nos facultés à l’avantage du genre humain?” “O que é <a humanidade>? senão uma disposição habitual do coração a empregar nossas faculdades em prol do gênero humano?” “De quelque maniere qu’on considere la mort d’un méchant, elle seroit bien autant utile à la société au milieu d’un amphithéatre que sur un échafaud” “De qualquer maneira que se considere a morte dum mau elemento, ela seria bem mais útil à sociedade no meio dum anfiteatro que sobre um cadafalso”
“il faut pour developper la formation d’un cheveu, plus de sagacité qu’il n’y en a dans toutes les têtes des hommes ensemble.” “para desenvolver a formação de um fio de cabelo, é necessário mais que a sagacidade que poderia haver em todas as cabeças dos homens reunidas.”
“l’homme vû au-dedans lui devint plus incompréhensible que quand il n’en connoissoit que la superficie” “o homem visto de dentro torna-se mais incompreensível que quando não se conhecia mais que sua superfície”
Autodissecação é crime? Só pra saber…
“O conhecimento do corpo é o fundamento da Teologia natural [seja lá que merda é essa – também citada por Kant em Prolegômenos a Toda Metafísica Futura, post de 13/05/2016 no xtudotudo6]. Cláudio Galeno, em seu livro sobre a formação do feto, executa, aos olhos dos Filósofos seus contemporâneos, um verdadeiro crime, ao meter-se em conjeturas audaciosas sobre a natureza e a formação do mundo. Tudo porque estes mesmos Filósofos ignoravam os elementos primordiais da estrutura dos corpos animados. Assim sendo, o conhecimento anatômico é requisito para se filosofar.”
* * *
“Les Peintres, les Sculpteurs, devront à l’étude plus ou moins grande qu’ils auront faite de l’Anatomie, le plus ou le moins de correction de leurs desseins. Les Raphaels, les Michel-Anges, les Rubens, &c. avoient étudié particulierement l’Anatomie.” “Os Pintores, os Escultores, devem ao estudo mais ou menos detalhado que fazem da Anatomia o muito ou pouco de correção que seus desenhos apresentam. Os Rafaéis, os Miquelângelos, os Rubens, etc. estudaram detidamente Anatomia.”
“il n’y a personne que la structure, la figure, la connexion, la communication des parties dont il est composé, ne puisse confirmer dans la croyance d’un Etre tout-puissant.” “não há ninguém cuja estrutura, figura, conexão e comunicação das partes de que é composto não possam confirmar a crença num Ser todo-poderoso.”
“Ressalte-se que os Antigos davam a todos os vasos sanguíneos indistintamente o nome de veias.”
Demócrito fôra tratado por Hipócrates. Escreveu livros sobre anatomia que se perderam.
Empédocles, discípulo de Pitágoras: “Il attribuoit la génération des animaux à des parties de ces animaux mêmes, les unes contenues dans la semence du mâle, les autres dans la semence de la femelle. La réunion de ces parties formoit l’animal, & leur pente à se réunir occasionnoit l’appetit vénérien. Il comparoit l’oreille à un corps sonore que l’air vient frapper; la chair étoit, selon lui, un composé des quatre élémens; les ongles étoient une expansion des nerfs racornis par l’air & par le toucher; les os étoient de la terre & de l’eau condensées; les larmes & les sueurs, du sang attenué & fondu; les graines des plantes, des oeufs qui tombent quands ils sont mûrs, & que la terre fait éclorre; & il attribuoit la suspension des liqueurs dans les siphons à la pesanteur de l’air.” “Ele atribuía a geração dos animais às partes desses animais mesmos, umas contidas na semente do macho, outras contidas na semente da fêmea. A reunião dessas partes formava o animal, e sua propensão a se reunir ocasionava o apetite venéreo. Ele comparava a orelha a um corpo sonoro que o ar vem golpear; a carne era, segundo ele, um composto de 4 elementos; as unhas seriam uma expansão dos nervos endurecidos pelo ar e pelo tato; os ossos seriam terra e água condensados; as lágrimas e o suor, sangue atenuado e derretido; as sementes das plantas, ovos que tombavam ao chegar ao desenvolvimento completo, que a terra faria chocar; e ele atribuía a suspensão dos licores nos sifões ao pesadume do ar.”
“Alcmeão, outro discípulo de Pitágoras, foi o primeiro comprovado anatomista de animais, e defendia que os bodes respiravam pelas orelhas.”
“Algo capaz de honrar Alexandre o Grande mais que qualquer de suas vitórias militares é que ele forneceu a Aristóteles muito dinheiro e muitos homens, para que aperfeiçoasse a ciência da natureza e estudasse as propriedades dos animais. (…) Pelo que podemos ver pelos dois pequenos volumes de Aristóteles sobre anatomia animal, ele empregou bem seu tempo.”
“Aristóteles, como faz Hipócrates, confunde nervos, ligamentos e tendões. Para ele, o cérebro é uma massa de água e terra, mas não a medula espinhal. (…) Acreditava que a concepção se fazia da mistura do sêmen com o sangue menstrual. Ele admite a presença de um gérmen na fêmea, mas ele não passaria de excremento [???].” “Acerca do sistema digestivo ele foi bem mais exato. (…) Nele, o sistema intestinal se divide em 4: jejunum, colon, coecum, & rectum” Adicionalmente, “foi provavelmente o primeiro que enfatizou a necessidade de desenhos anatômicos para aumentar o grau de precisão das explicações”.
“Hérophile, senão Eudeme, foi o primeiro Nevrologista.” E devido aos termos técnicos que criou, Herófilo elevou a “ciência anatômica” ao status de “arte”. Dentre eles, temos poros óticos, artérias venosas, retina, membrana aracnóide, glandulae parastulae [??? – localizada no pênis].
Erasístrato, seu contemporâneo, descobriu que a urina se processa no rim e a existência da válvula tricúspide.
No início do Império Romano, tornou-se anti-ética a abertura de cadáveres. Pessoas mortas costumavam ser expostas ao fogo. Daí que bebês abandonados fossem a principal origem das observações inéditas que se faziam. Galeno, grande médico desse período, utilizou muitas vezes o corpo de macacos como substitutos. Suas duas obras mais famosas: Administrations anatomiques [Administrações anatômicas] e L’usage des parties du corps humain [O uso das partes do corpo humano].
“Oribásio de Pérgamo, macaco de Galeno, não nos deixou nada que não estivesse nos livros de seu mentor e modelo-mor, a não ser a descrição das glândulas salivares.”
“Il s’écoula des siecles sans qu’il parût aucun Anatomiste; & l’on est presqu’obligé de sauter depuis Nemesius d’Emissa, jusqu’à Mundinus de Milan, sans être arrêté dans cet intervalle de plus de neuf cens ans, par une seule découverte de quelqu’importance.” “Passaram-se séculos sem que surgisse um Anatomista sequer; e é-se quase obrigado a saltar, depois de Nemésio de Emissa, a Mondino de Luzzi (ou Liuzzi) [correção da origem de Mundinus e italianização de seu nome, já que a Internet discorda da Enciclopédia], sem ser-se interrompido, ao longo desse intervalo de 900 anos, por qualquer descoberta de relevo.” Mondino diz que o “orifício sexual” feminino é semelhante a um “bico de peixe”! Para ele, a membrana vaginal de origem, hoje conhecida como hímen, era o(a) velamentum. “Ele defende que os testículos das mulheres são cheios de cavidades e caroços glandulares, e que neles se engendra uma umidade demasiado parecida com a saliva, de onde nasce o prazer feminino, que ela só pode gastar no ato venéreo.” Ou seja, trata-se de uma miscelânea de opiniões falseadoras com outras tantas verdadeiras.
A partir deste período do tempo, torna-se inviável citar todos os anatomistas importantes, ou não haveria fim para o verbete.
“On pourroit distribuer l’histoire générale de l’Anatomie en 5 parties: la premiere comprendroit depuis la création jusqu’à Hippocrate; la seconde, depuis Hippocrate jusqu’à Hérophile & Erasistrate; la troisieme, depuis Hérophile & Erasistrate jusqu’à Galien; la quatrieme, depuis Galien jusqu’à Vesale; & la cinquieme, depuis Vesale jusqu’à nous.” “Pode-se dividir a história geral da Anatomia em 5 partes: a primeira compreenderia desde sua criação até Hipócrates; a segunda, de Hipócrates a Herófilo & Erasístrato; a terceira, de Herófilo & Erasístrato a Galeno; a quarta, de Galeno até Vesale; e a quinta de Vesale até nós [meados do século XVIII].”
“Vesale descobriu o ligamento suspensor do pênis, e retificou um grande número de noções equivocadas e superstições de época. Sua obra foi considerada, inicialmente, um ataque a Galeno, mas suas descobertas prevaleceram com o tempo.”
“Berenger de Carpi efetuou a primeira cura registrada de doença venérea, através de fricções mercuriais (…) Nicolas Massa, em 1530, descreve bastante detalhadamente as divisões do escroto (…) O espanhol Michel Servet descobre e descreve, mas ainda de maneira um tanto rudimentar, a circulação sanguínea e batiza excentricamente seus livros, p.ex., Trinitatis erroribus, Christianismi restitutio. Volcher Coyter, em 1534, em Groningen, inicia experimentos e estudos sobre a incubação do ovo (…) em 1536, Guinterus d’Andernach descobre o pâncreas (…) Gabriel Falópio, ao estudar o útero, <descobre> a Trompa de Falópio, mas, como se conjetura que Herófilo e Rufus de Éfeso já conhecessem essa estrutura, seria melhor dizer <batiza>.”
Tropas de Falópio Contra o General Prepúcio – A Guerra do Século
1607 – Riolan, anatomista hábil, controverso e invejoso. Apesar de ter feito várias descobertas, como os apêndices lubrificantes do cólon e canais hepáticos e císticos, ficou mais conhecido por contestar descobertas de outros anatomistas, em muito maior número.
1634 – finalmente oficializa-se a descoberta da circulação do sangue, com Harvey. Esse avanço na medicina bane preconceitos e expressões hoje tornadas cômicas como o calor inato, o espírito vital, o úmido radical, etc.
1668 – Graaf inventa a seringa
1680 – Borelli se torna famoso ao tentar transformar os movimentos animais em equações matemáticas
Herman Boerhaave – considerado o maior médico do século XVIII.
Agora procede-se a uma divisão didática da Anatomia: Anatomia humana, também chamada simplesmente de Anatomia ou Anthropologie (bizarre!); Anatomia comparada, em que se estudam também as anatomias animais.
“La division la plus ordinaire est celle qu’on fait en parties solides, & en parties fluides; ou en parties qui contiennent, & en parties qui sont contenues.” “As partes sólidas são os ossos, nervos, músculos, artérias, veias, cartilagens, ligamentos, membranas, &c. As partes fluidas são o pus, o sangue, o leite, a gordura, o plasma, &c.”
ANCHIALE. “Or les Payens, & sur-tout les Poëtes, se plaisoient à reprocher aux Juifs qu’ils adoroient un âne, ou la tête d’un âne; voici ce qu’en dit Petrone: Judoeus licet, & porcinum numen adoret, Et Cilli summas advocet auriculas.”
ANCIEN, VIEUX, ANTIQUE. “Une mode èst (sic) vieille, quand elle cesse d’être en usage; elle est ancienne, quand il y a long-tems déjà que l’usage en est passé; elle est antique, quand il y a long-tems qu’elle est ancienne. Récent est opposé à vieux; nouveau à ancien; moderne à antique. La vieillesse convient à l’homme; l’ancienneté à la famille; l’antiquité aux monumens: la vieillesse est décrépite; l’ancienneté immémoriale, & l’antiquité reculée. La vieillesse diminue les forces du corps, & augmente la présence d’esprit; l’ancienneté ôte l’agrément aux étoffes, & donne de l’autorité aux titres; l’antiquité affoiblit les témoignages, & donne du prix aux monumens. Voyez les Syn. François.”
“Dans les assemblées des premiers Chrétiens, ceux qui tenoient le premier rang prenoient aussi le nom de Presbyteri, qui à la lettre signifie anciens.”
“Ancienne Géométrie peut s’entendre aussi de deux manieres; ou de la géométrie des anciens, jusqu’à Descartes, dans laquelle on ne faisoit aucun usage du calcul analytique, ou de la géométrie depuis Descartes jusqu’à l’invention des calculs différentiel & intégral.”
“ANDABATE, s.m. (Hist. anc.) sorte de gladiateurs qui combattoient les yeux fermés, soit qu’ils les eussent couverts d’un bandeau, soit qu’ils portassent une armure de tête qui se rabattoit sur leur visage. Quelques Auteurs dérivent ce mot du Grec A’NAATH, en Latin ascensor, parce que les gladiateurs dont il s’agit, combattoient à cheval, ou montés sur un char. (G)”
“ANDANTE, adj. pris subst. (terme de Musique) ce mot écrit à la tête d’un air désigne, du lent au vite; c’est le 2e des 4 principaux degrés de mouvement établis dans la Musique Italienne. Andante est un participe Italien qui signifie, allant, qui va; il caractérise un mouvement modéré, qui n’est ni lent ni vite, & qui répond à peu près à celui que nous exprimons en François par ces mots, sans lenteur.
Le diminutif andantino indique un peu plus de gaieté dans la mesure: ce qu’il faut bien remarquer, le diminutif allegretto signifiant tout le contraire.
V. Allegro (https://seclusao.art.blog/2018/11/02/lencyclopedie-al-compilado-3/). (S)”
“ANDROGENIES, s. f. pl. (Myth.) fêtes instituées par les Athéniens en l’honneur d’Androgé, fils de Minos, que le Roi d’Athenes, allarmé de ses liaisons avec les Pallantides, fit assassiner. Minos vengea la mort de son fils, & contraignit les Athéniens à en rappeller la mémoire par les fêtes appellées Androgénies.”
“ANDROGYNES, homens da fábula que possuíam os dois sexos, duas cabeças, quatro braços, e dois pés em cada perna [não seriam quatro pernas?]. O termo andrógino é composto das 2 palavras gregas, do genitivo ANDRO, macho, e de GINO, fêmea. Muitos rabinos defendem que Adão foi criado homem & mulher, homem de um lado, mulher de outro, e que era assim composto de dois corpos que Deus não fez mais do que separar.”
ANDROIDE. “Ce mot est composé du Grec ANDRO, homme, & de EIDO, forme.”
Extrema limitação do conhecimento astronômico de então: “ANDROMEDE, s. f. (Astron.) constellation boréale qui consiste em 27 étoiles. (O)”
“ANDROPHONOS, (Myth.) nom qui fut donné à Venus après que Lais eut été tuée dan son temple à coups d’aiguilles, par la jeunesse Thessalienne.”
ANECDOTES. “anecdotes veut dire choses non publiées. Ce mot est en usage dans la Littérature pour signifier des histoires secretes de faits qui se sont passés dans l’intérieur du cabinet ou des cours des Princes” anedota do adotado; leves anedotas PESOais
ANGE. “Toutes les religions ont admis l’existence des anges, quoique la raison naturelle ne la démontre pas. Les Juifs l’admettoient, fondés sur la révélation, si l’on en excepte les Sadducéens: cependant tous ceux de cette secte ne l’ont pas niée” “Les Chrétiens ont embrassé la même doctrine: mais les anciens Peres ont été partagés sur la nature des anges; les uns, tels que Tertullien, Origene, Clement d’Alexandrie, &c. leur ayant donné des corps, quoique très-subtils; & les autres, comme saint Basile, saint Athanase, saint Cyrille, saint Grégoire de Nysse, saint Chrysostome, &c. les ayant regardés comme des êtres purement spirituels. C’est le sentiment de toute l’Eglise.”
CLASSIFICAÇÃO DO NADA EM 9: “Les Auteurs ecclésiastiques divisent les anges en 3 hiérarchies, & chaque hiérarchie en 3 ordres. La premiere hiérarchie est des séraphins, des chérubins & des thrones. La seconde comprend les dominations, les vertus, les puissances; & la derniere est composée des principautés, des archanges & des anges” “Les autres sont appellés les mauvais anges, ou les diables & les démons; chez les Juifs on les nommoit satans ou ennemis, parce qu’ils tentent les hommes, & les poussent au mal.” “Les Philosophes payens, & entre autres les Platoniciens & les Poëtes, ont admis des natures spirituelles mitoyennes entre Dieu & l’homme, qui avoient part au gouvernement du monde. Ils les appelloient démons ou génies, & en admettoient de bons & de mauvais. Saint Cyprien en parle au long dans son Traité de la vanité des idoles”
“L’Alcoran (…) attribue particulierement un très-grand pouvoir à l’ange Gabriel, comme de descendre du plus haut des cieux en une heure, de fendre & de renverser une montagne du coup d’une seule plume de son aile. Ils disent que l’ange Asrael est préposé à saisir les ames de ceux qui meurent. Ils en représentent un autre qu’ils nomment Etraphill, se tenant toûjours debout avec une trompette qu’il embouche pour annoncer le jour du jugement. Ils débitent encore bien d’autres rêveries sur ceux qu’ils appellent Munkir & Nekir.”
“ANGELUS, s. m. (Théol.) priere que récitent les Catholiques Romains, & surtout en France, où l’usage en fut établi par Louis XI qui ordonna qu’à cet effet on sonneroit une cloche 3 fois par jour, le matin, à midi, & le soir, pour avertir de réciter cette priere en l’honneur de la Sainte Vierge.”
“ANGLETERRE, royaume d’Europe, borné au nord par l’Ecosse, dont il est séparé par les rivieres de Solvay & de Tuwed, environné de tous les autres côtés par la mer. Ses rivieres principales sont la Tamise, le Humberg, la Trente, l’Ouse, le Medway, & la Saverne. Elle se divise en 52 provinces: Pembrock, Carmarden, Glamorgan, Breknok, Radnor, Cardigan, Montgomery, Merioneth, Carnarvan, Danbigh, Flinte, l’île d’Anglesey, Norfolck, Suffolck, Cambridge, Harfort, Midlesex, Essex, Chester, Darby, Stafford, Warwick, Shrop, Worcester, Hereford, Montmouth, Glocester, Oxford, Buckingham, Bedford, Huntington, Northampton, Rutland, Leicester, Nortingham, Lincoln, Kent, Sussex, Surrey, Southampton, Barck, Wilt, Dorset, Sommerset, Devon, Cornouailles, Northumberland, Cumberland, Westmorland, Durham, Yorck, Lancastre, l’île de Man”
“Angleterre (la nouvelle), province de l’Amérique septentrionale, près du Canada & de la mer Septentrionale. (…) Jean Varazan, Florentin, la découvrit, en prit possession pour François I en 1524, & les Anglois y porterent des habitans en 1607 & 1608. Cette premiere tentative ne réussit pas; & ce ne fut qu’en 1621 que cette contrée fut appellée la nouvelle Angleterre, New-England”
ESPORTE FAVORITO DOS EUROPEUS DE PRIMEIRO MUNDO: DEPRECIAR OS PORTUGUESES: “ANGOLA, (Géog. mod.) royaume d’Afrique dans le Congo, entre les rivieres de Dande & de Coanza. Sa côte fournit aux Européens les meilleurs Negres: les Portugais sont puissans dans le continent; & ils en tirent un si grand nombre d’habitans, qu’on est étonné qu’ils n’ayent pas dépeuplé le pays. Ils donnent en échange pour les negres des draps, des plumes, des étoffes, des toiles, des dentelles, des vins, des eaux-de-vie, des épiceries, des quincailleries, du sucre, des hameçons, des épingles, des aiguilles, &c. Les Portugais ont à Benguela une habitation si mal-saine, qu’ils y releguent leurs criminels.”
ANIMAL. “Plus on examine la nature, plus on se convainc que pour s’exprimer exactement, il faudroit presqu’autant de dénominations différentes qu’il y a d’individus, & que c’est le besoin seul qui a inventé les noms généraux”
“la grande division des productions de la nature en animaux, végétaux, & minéraux, ne contient pas tous les êtres matériels: il existe, comme on vient de le voir, des corps organisés qui ne sont pas compris dans cette division. Nous avons dit que la marche de la nature se fait par des degrés nuancés, & souvent imperceptibles; aussi passe-t-elle par des nuances insensibles de l’animal au végétal: mais du végétal au minéral le passage est brusque, & cette loi de n’y aller que par nuances paroît se démentir.”
“je ne connais rien d’aussi machinal que l’homme absorbé dans une méditation profonde, si ce n’est l’homme plongé dans un profond sommeil.”
“Le polype d’eau douce sera, si l’on veut, le dernier des animaux, & la premiere des plantes.”
“La petite mousse produite par la moisissure est peut-être la seule plante microscopique dont on ait parlé.”
“Les Anciens ont divisé les animaux en 2 classes; la premiere comprend ceux qui ont du sang, & la seconde ceux qui n’ont point de sang. Cette méthode étoit connue du tems d’Aristote, & peut-être long-tems avant ce grand Philosophe; & elle a été adoptée presque généralement jusqu’à présent. On a objecté contre cette division, que tous les animaux ont du sang, puisqu’ils ont tous une liqueur qui entretient la vie, en circulant dans tout le corps; que l’essence du sang ne consiste pas dans sa couleur rouge, &c. Ces objections ne prouvent rien contre la méthode dont il s’agit. Que tous les animaux ayent du sang, ou qu’il n’y en ait qu’une partie; que le nom de sang convienne, ou non, à la liqueur qui circule dans le corps de ceux-ci, il suffit que cette liqueur ne soit pas rouge, pour qu’elle soit différente du sang des autres animaux, au moins par la couleur; cette différence est donc un moyen de les distinguer les uns des autres, & fait un caractere pour chacune de ces classes”
“ANIMALISTES, s.m.pl. secte de Physiciens qui enseignent que les embryons sont non-seulement tout formés, mais déjà très-vivans dans la semence du pere, qui les lance à millions dans la matrice, & que la mere ne fait que donner le logement & la nourriture à celui qui est destiné à être vivifié.”
“ANNA, s. f (Myth.) Déesse qui présidoit aux années, & à laquelle on sacrifioit dans le mois de Mars. C’est, selon quelques-uns, la Lune; selon d’autres, c’est ou Themis, ou Io, ou une des Adantides.”
“ANNA-PERENNA, (Myth.) bonne paysanne qui apporta quelques gâteaux au peuple Romain, dans le tems qu’il se retira sur le mont Aventin. La reconnoissance du peuple en fit une Déesse, que Varron met au nombre de celles de la campagne, entre Pales & Ceres. Sa fête se célébroit sur les bords du Tibre: pendant cette fête, on se livroit à la joie la plus vive, on buvoit largement, on dansoit, & les jeunes filles chantoient sans conséquence des vers fort libres. On dit de la nouvelle Déesse, qu’à sa réception dans le ciel, Mars qui étoit amoureux de Minerve, la prie de le servir dans ses amours; qu’Anna-Perenna, à qui le Dieu n’étoit pas indifférent, proposa ses conditions, & se chargea de la commission; mais que n’ayant pu réussir, & ne voulant pas perdre sa récompense qui lui étoit promise, elle feignit à Mars, que Minerve consentoit à l’épouser; qu’elle se couvrit d’un habit de la Déesse, & qu’elle se trouva au rendez-vous inutilement; Mars reconnut Anna-Perenna sous les habits de Minerve.”
“ANNACIOUS, ou ANNACIUGI (les), s.m.pl. (Géog. mod.) peuples de l’Amérique méridionale, dans le Bresil.” [?]
“ANNAIRE, annaria lex, (Hist. anc.) loi annaire ou annale, que les Romains avoient prise des Athéniens, & qui régloit l’âge requis pour parvenir aux charges de la République; 18 ans, p.ex., pour être Chevalier Romain, & 25 pour obtenir le Consulat.”
“ANNALES, s. f. (Hist. en génér.) rapport historique des affaires d’un État, rédigées par ordre des années. La différence qui se trouve entre les annales & l’histoire est un point différemment traité par divers Auteurs. Quelques uns disent que l’histoire est proprement un récit des choses que l’auteur a vûes, ou du moins auxquelles il a lui-même assisté; ils se fondent pour cela sur l’étymologie du mot histoire, qui signifie en Grec, la connoissance des choses présentes; & dans le vrai, on dit que connoissance dans ce contexte signifirait voir: au contraire, disent-ils, les annales rapportent ce que les autres ont fait, & ce que l’écrivain ne vit jamais.
Tacite lui-même paroît avoir été de ce sentiment, puisqu’il intitule annales toute la premiere partie de son histoire des siècles passés; au lieu que descendant au tems même où il vivoit, il change ce titre, & donne à son livre le nom d’histoire.”
“Sempronius Asellio: suivant cet écrivain, les annales sont une relation toute nue de ce qui se passe chaque année; au lieu que l’histoire nous apprend non-seulement les faits, mais encore leurs causes, leurs motifs & leurs sources. L’annaliste n’a rien autre chose à faire que l’exposition des évenemens tels qu’ils sont en eux-mêmes: l’historien au contraire a de plus à raisonner sur ces évenemens & leurs circonstances, à nous en développer les principes, & réflechir avec étendue sur les conséquences. Ciceron paroît avoir été de ce dernier sentiment, lorsqu’il dit des annalistes: unam dicendi laudem putant esse brevitatem, non exornatores rerum, sed tantum narratores. [Disse-o um dos maiores embelezadores das palavras jamais nascido!] Il ajoûte qu’originairement l’histoire n’étoit qu’une collection d’annales.” Ah, como tudo era tão simples há menos de 3 séculos! Conhecer as coisas em si mesmas não gerava qualquer controvérsia!
“le souverain Pontife écrivoit chaque année ce qui s’étoit passé l’année précédente, & l’exposoit en un tableau, dans sa maison, où chacun le pouvoit lire à son gré. C’étoit ce qu’ils appelloient annales maximi, & l’usage en fut conservé jusqu’à l’an 620 de la fondation de Rome.” Os próprios anais das coisas antigas se tornaram uma coisa antiga.
“Les annales de Grotius sont un livre bien-écrit, & qui contient de fort bonnes choses. Il a moins de particulaités, mais plus de profondeur que [Famiano] Strada; & d’ailleurs il approche beaucoup plus de Tacite.”
“ANNEAU, s. m. (Hist. anc. & mod.) petit corps circulaire que l’on met au doigt, soit pour servir d’ornement, soit pour quelque cérémonie.”
“L’anneau des évêques est d’un usage fort ancien. Le 4e concile de Tolede, tenu en 633, ordonne qu’un évêque qui aura été condamné par un concile, & qu’ensuite un 2e concile aura déclaré innocent, sera rétabli dans sa dignité, en lui rendant l’anneau, le bâton épiscopal ou la crosse, &c.”
“Origine des anneaux. Pline, liv. XXXVII, ch. I, observe que l’on ignore entièrement qui est celui qui a le premier inventé ou porté l’anneau, & qu’on doit regarder comme une fable l’histoire de Promethée & celle de Midas. Les premiers peuples parmi lesquels nous trouvons l’usage de l’anneau établi, sont les Hébreux, Gen. 38. dans cet endroit il est dit que Judas, fils de Jacob, donna à Thamar son anneau pour gage de sa promesse: mais il y a apparence que l’anneau étoit en usage dans le même tems che les Egyptiens, puisque nous lisons, Gen. 41. que le roi Pharaon mit un anneau au doigt de Joseph, comme une marque de l’autorité qu’il lui donnoit. Dans le I Rois 21 Jezabel scelle de l’anneau du Roi l’ordre qu’elle envoye de tuer Naboth.
Les anciens Chaldéens, Babyloniens, Perses, & Grecs, se servoient aussi de l’anneau, comme il paroît par différens passages de l’Écriture & de Quinte-Curce. Ce dernier auteur dit qu’Alexandre scella de son propre sceau les lettres qu’il écrivi en Europe, & qu’il scella de l’anneau de Darius celles qu’il écrivit en Asie.
Les Persans prétendent que Guiamschild, 4e roi de leur premiere race, est le premier qui se soit servi de l’anneau, pour en signer ses lettres & ses autres actes. Les Grecs, selon Pline, ne connoissoient point l’anneau du tems de la guerre de Troie; la raison qu’il en donne, c’est qu’Homere n’en fait point mention: mais que quand on vouloit envoyer des lettres, on les lioit ensemble avec des cordes que l’on noüoit.
Les Sabins se servoient de l’anneau dès le tems de Romulus: il y a apparence que ces peuples furent les premiers qui reçûrent cette pratique des Grecs. Des Sabins elle passa aux Romains, chez qui cependant on en trouve quelques traces un peu de tems auparavant. Pline ne sauroit nous apprendre lequel des Rois de Rome l’a adopté le premier; ce qui est certain, c’est que les statues de Numa & de Servius Tullius étoient les premieres où l’on en trouvoit des marques. Le même auteur ajoûte que les anciens Gaulois & Bretons se servoient aussi de l’anneau.”
“les Romains se contenterent longtems d’anneaux de fer: & Pline assûre que Marius fut le premier qui en porta un d’or, dans son 3e consulat, l’an de Rome 650.”
“La maniere de porter l’anneau étoit fort différente selon les différens peuples: il paroît par Jèremie 22, que les Hébreux le portoient à la main droite. Chez les Romains, avant que l’on eût commencé à orner les anneaux de pierres précieuses, & lorsque la gravure se faisoit encore sur le métal même, chacun portoit l’anneau à sa fantaisie, au doigt & à la main qu’il lui plaisoit. Quand on commença à enchasser des pierres dans les anneaux, on ne les porta plus qu’à la main gauche; & on se rendoit ridicule quand on les mettoit à la main droite.
Pline dit qu’on les porta d’abord au 4e doigt de la main, ensuite au second, ou index; puis au petit doigt; & enfin à tous les doigts, excepté celui du milieu. Les Grecs porterent toûjours l’anneau au 4e doigt de la main gauche, comme nous l’apprend Aulugelle, lib. X. La raison que cet auteur en donne est prise dans l’anatomie: c’est, selon lui, que ce doigt a un petit nerf qui va droit au coeur, ce qui fait qu’il étoit regardé comme le plus considérable des 5 doigts, à cause de sa communication avec une si noble partie. Pline dit que les anciens Gaulois & les anciens Bretons portoient l’anneau au doigt du milieu.”
“Peu à peu le luxe s’augmenta au point qu’on eut des anneaux pour chaque semaine. (…) Lampride remarque, ch. 32, que personne ne porta là-dessus le luxe aussi loin qu’Heliogabale, qui ne mit jamais deux fois le même anneau non plus que les mêmes souliers [calçado].”
“Bartholin a fait un traité exprès, De annulis narium, des anneaux des narines. S. Augustin nous apprend que c’étoit l’usage parmi les Maures de les porter ainsi; & Pietro della Valle fait la même remarque au sujet des Orientaux modernes.
On peut dire qu’il n’y a point de partie du corps où on n’ait porté l’anneau. [!] Différens voyageurs nous assûrent que dans les Indes orientales, les naturels du pays portent des anneaux au nez, aux lèvres, aux joues, & au menton.”
“Dans la suite l’anneau d’or devint une marque distinctive des Chevaliers [do Império Romano]: le peuple portoit des anneaux d’argent, & les esclaves des anneaux de fer”
“Les anneaux de la seconde espece étoient ceux qu’on nommoit annuli sponsalitii, anneaux d’épousailles ou de noces. Quelques Auteurs font remonter l’origine de cet usage jusqu’aux Hébreux: ils se fondent sur un passage de l’Exode, 35:22. Léon de Modene cependant soûtient que les anciens Hébreux ne se sont jamais servis d’anneau nuptial. Selden, dans son Uxor Hebraica, liv. II. ch. xiv remarque qu’à la vérité ils donnoient un anneau dans la cérémonie de mariage, mais que cet anneau ne faisoit que tenir lieu d’une pièce de monnoie de même valeur, qu’ils donnoient auparavant. Les Grecs & les Romains faisoient la même chose; & c’est d’eux que les Chrétiens ont pris cet usage, qui est fort ancien parmi eux, comme il paroît par Tertullien & par quelques anciennes liturgies, où nous trouvons la maniere de bénir l’anneau nuptial.”
“Anneau de clé; on appelle dans une clé l’anneau, la partie de la clé que l’on tient à la main, & qui aide à la mouvoir commodément dans la serrure; sa forme est communément en coeur ou ovale.”
“ANNOTATION, s.f. (Littérat.) en Latin adnotatio, composé de ad & de nota, commentaire succint, remarque sur un livre, un écrit, afin d’en éclaircir quelque passage, ou d’en tirer des connoissances.”
“ANOMALIE, s.f. terme de Grammaire; c’est le nom abstrait formé d’anomal. Anomalie signifie irrégularité dans la conjugaison des verbes, comme fero, fers, fert, & en françois aller, &c.”
“Ce mot anomalie, qui est purement grec, signifie proprement irrégularité; aussi sert-il à désigner le mouvement des planetes, qui comme l’on sait n’est pas uniforme. L’anomalie est, pour ainsi dire, la loi des irrégularités de ce mouvement. Kepler distingue trois anomalies; la moyenne, l’excentrique, & la vraie.”
“Les méthodes géométriques de Wallis & de Newton, qui ont résolu ce problème par la cycloïde allongée, ne sont pas commodes pour les calculs: il en est de même de celle par les séries; elle est trop pénible. L’approximation a donc été dans ce cas l’unique ressource des Astronomes. (…) mais on ne peut se servir de cette méthode que pour des orbites très-peu excentriques.”
“ANOMÉENS, ou DISSEMBLABLES, adj. pris sub. (Théol.) dans l’Histoire ecclésiastique, nom qu’on donna dans le IVe siecle aux purs Ariens, parce qu’ils enseignoient que Dieu le fils étoit dissemblable à son pere en essence & dans tout le reste. (…) Ils étoient opposés aux semi-Ariens, qui nieient [niaient, aujourd’hui] à la vérité la consubstantialité du Verbe, c’est-à-dire l’unité de nature du Verbe avec le Pere”
ANONYME. “Bure, Gotth, Struvius, ont traité des savans qui se sont occupés à déterrer les noms des auteurs dont les ouvrages sont anonymes.”
« les uns suppriment leurs noms, pour éviter la peine ou la confusion d’avoir mal écrit, ou d’avoir mal choisi un sujet; les autres, pour éviter la récompense ou la loüange qui pourroit leur revenir de leur travail: ceux-ci par la crainte de s’exposer au public, & de faire trop parler d’eux; ceux-là par un mouvement de pure humilité, pour tacher de se rendre utiles au public sans en être connus: d’autres enfin par une indifférence & un mépris de cette vaine réputation qu’on acquiert en écrivant, parce qu’ils considèrent comme une bassesse & comme une espece de deshonneur (il falloit plûtôt dire comme un sot orgueil) de passer pour auteurs, de même qu’en ont usé quelquefois des princes, en publiant leurs propres ouvrages sous le nom de leurs domestiques » Baillet, Jugement des Savans, tome I
“Il résulte ordinairement deux préjugés de la précaution que les auteurs prennent de ne pas se nommer: une estime excessive, ou un mépris mal fondé pour des ouvrages sans nom d’auteur”
“tout écrivain qui par timidité, modestie, ou mépris de la gloire, ne s’affiche point à la tête de son ouvrage, ne peut être que loüable. Ce n’étoit pas la vertu favorite des Philosophes” Mas os enciclopedistas adoravam a fama!
“ANOREXIE, s.f. (Medecine.) aversion pour les alimens, occasionnée ou par un dérangement d’estomac, ou par une surabondance d’humeurs.
Le relâchement des fibres de l’estomac dans les pertes, dans la grossesse commençante, dans la suppression des regles, dans les pâles couleurs, produit l’anorexie & le dégoût”
“ANOREXIA, s.f. (Medicina.) aversão pelos alimentos, ocasionada ou pelo desarranjo do estômago, ou por uma superabundância de humores [substâncias].
O relaxamento das fibras do estômago nas secreções [provavelmente se refere principalmente à menstruação, pois <pertes> em francês pode significar tanto <perdas> quanto <menstruação/secreções femininas>, dependendo do contexto], no começo da gravidez, na cessação do período menstrual [aqui o caso é o mesmo, e reforça nossas suspeitas de que traduzimos corretamente acima, uma vez que <règles>, normalmente <regras>, de sentido amplo, também se refere ao sangramento uterino no sentido restrito, principalmente quando aparece assim, no plural], durante a palidez, produz a anorexia e o enjôo.”
“Les remedes de l’anorexie dépendent de sa cause: en la détruisant on parvient à la cure de ce symptome.” “Os remédios para a anorexia dependem da sua causa: destruindo-a, obtém-se êxito na cura do seu sintoma.”
“ANTANACLASE, s.f. figure de Rhétorique, qui consiste à répeter un mot dans une signification différente & quelquefois douteuse, comme, laissez les morts enterrer leurs morts.”
“ANTARES, en Astronomie, est le coeur du Scorpion, étoile de la premiere grandeur du nombre de celles qui forment la constellation du Scorpion.”
ANTÉCÉDENT. “En effet Dieu, conséquemment à ses perfections infinies, voit & prévoit en même tems & sans diversité dans la maniere, tant l’objet de sa prévision, que les circonstances inséparables de cet objet. De même il veut en même tems tout ce qu’il veut, sans succession & sans inconstance: ce qui n’empêche pas que Dieu ne puisse vouloir ceci à l’occasion de cela, ou qu’il ne puisse avoir un desir à cause de telle prévision. C’est ce que les Théologiens appellent ordre ou priorité de nature, prioritas naturoe, par opposition à l’ordre ou à la priorité du tems, prioritas temporis.” VANITAS
ANTECHRIST. “on peut dire des Juifs & des infideles que ce sont des antechrists.” “Par Antechrist on entend plus ordinairement un tyran impie & cruel à l’excès, qui doit régner sur la terre lorsque le monde touchera à sa fin.”
BELO CONTO: “Suivant S. Irénée, S. Ambroise, S. Augustin, & presque tous les autres Peres, l’Antechrist doit être non un homme engendré par un démon, comme l’a prétendu S. Jerôme, ni un démon revêtu d’une chair apparente & phantastique (…) mais (…) [il] se fera bâtir un palais sur la montagne d’Apadno, rétablira la ville & le temple de Jérusalem, & là se fera adorer, publiant qu’il est le vrai Dieu & le Messie attendu des Juifs; secondé par la puissance du démon, il étonnera & entraînera les peuples dans la séduction par des prestiges capables d’ébranler même les élûs.” “Son regne ne durera que 3 ans & demi: mais il sera signalé par des cruautés inoüies. Enoch & Elie viendront le combattre, & ce tyran les fera mettre à mort dans l’endroit même où Jesus-Christ fut crucifié. Leurs corps seront exposés dans les rues de Jérusalem, sans que personne ose en approcher, ni leur donner la sépulture: mais 3 jours & demi après, l’esprit de vie envoyé de Dieu entrera dans des cadavres, Elie & Enoch ressusciteront & seron enlevés au ciel dans une nuée. Enfin le Christ ne pouvant plus souffrir la perversité de son ennemi, le tuera du souffle de sa bouche, & le perdra par l’éclat de sa puissance.” “Il suffit d’y jetter les yeux pour sentir combien un grand nombre d’écrivains Protestans se sont écartés de la vérité & du bon sens, en appliquant au Pape & à l’Eglise Romaine tout ce que l’Écriture, & surtout l’Apocalypse, dit de l’Antechrist.”
“On peut consulter sur cette matiere l’Histoire des Variations par M. Bossuet, tom. II liv. XIII depuis l’art. 11 jusqu’à la fin du même livre.”
“Grotius a prétendu que Caligula avoit été l’Antechrist: mais ce sentiment ne s’accorde pas avec ce que l’Écriture & les Peres nous apprennent de la venue de l’Antechrist à la fin du monde.”
“on peut voir dans la bibliothèque de Sixte de Sienne, liv. II une partie de ces noms, dont le plus probable paroît être celui qu’ont imaginé S. Irenée & S. Hippolyte; savoir TEITAN, mot Grec qui signifie géant, & qui est composé de 6 lettres dont la valeur numérale équivaut à 666.”
«Hoc tempus nondum advenit; quia licet Romanum imperium videamus ex maxima parte destructum, tamen quandum Francorum Reges duraverint qui Romanum imperium tenere debent, Romani imperii dignitas ex toto non peribit, quia in regibus suis stabit. (…) Quidam Doctores nostri dicunt quod unus de Regibus Francorum, imperium Romanum ex integro tenebit, qui in novissimo tempore erit, & ipse erit maximus & omnium Regnum ultimus, qui postquam regnum suum feliciter gubernaverit, ad ultimum Jerosolymam veniet, & in monte Oliveti sceptrum & coronam suam deponet. Hic erit finis & consummatio Romanorum Christianorumque regnorum; statimque secundum proedictam sententiam Apostoli Pauli Antichristum dicunt futurum.» «Ce terme fatal pour l’Empire Romain n’est pas encore arrivé. Il est vrai que nous le voyons aujourd’hui extrèmement diminué, & pour ainsi dire détruit dans sa plus grande étendue: mais il est certain que son éclat ne sera jamais entierement éclipsé; parce que tandis que les Rois de France qui en doivent occuper le trône subsisteront, ils en seront toûjours le ferme appui. (…) Quelques-uns de nos Docteurs assûrent que ce sera un Roi de France qui à la fin du monde dominera sur tout l’Empire Romain. Ce Roi sera le dernier & le plus grand qui ait jamais porté le sceptre. Après le regne le plus brillant & le plus heureux, il ira à Jérusalem déposer son sceptre & sa couronne sur la montagne des Oliviers; le moment d’après l’Empire Romain finira pour toûjours, & soudain s’accomplira l’oracle de l’Apôtre sur la venue de l’Antechrist.» Raban-Maur, séc. IX. Bom, podemos dizer que o Antigo Regime realmente morreu!
“Malvenda, théologien Espagnol, a donné un long & savant ouvrage sur l’Antechrist. Son traité est divisé en 13 livres [ociosidade quase criminosa!]. Il expose dans le premier les différentes opinions des Peres touchant l’Antechrist. Il détermine dans le second le tems auquel il doit paroître, & prouve que tous ceux qui ont assûré que la venue de l’Antechrist étoit proche, ont supposé en même tems que la fin du monde n’étoit pas éloignée. Le troisieme est une dissertation sur l’origine de l’Antechrist, & sur la nation dont il doit être. L’Auteur prétend qu’il sera Juif & de la tribu de Dan [Dã, o quinto filho de Jacó, gerado por Bila, concubina de Raquel. – Gen. 30:6; Sansão é desta tribo.], & il se fonde sur l’autorité des Peres & sur le Gen.49:17, où Jacob mourant dit à ses fils: Dan est un serpent dans le chemin, & un céraste dans le sentier; & sur le Jérémie 8:16, où il est dit que les armées de Dan dévoreront la terre: & encore sur l’Apocalypse 7, où S. Jean a omis la tribu de Dan dans l’énumération qu’il fait des autres tribus. Il traite dans le quatrieme & le cinquieme des caracteres de l’Antechrist. Il parle dans le sixieme de son regne & de ses guerres; dans le septieme, de ses vices; dans le huitieme, de sa doctrine & de ses miracles; dans le neuvieme, de ses persécutions; & dans le reste de l’ouvrage, de la venue d’Enoch & d’Elie, de la conversion des Juifs, du regne de Jesus-Christ & de la mort de l’Antechrist, qui arrivera après un regne de trois ans & demi.” Très convenable!
ANTÉCIENS. “On confond assez fréquemment les Antéciens avec les Antisciens.” Antecianos: estão na mesma longitude, porém em latitudes simetricamente opostas; “antiscianos”: estão na mesma latitude, porém em longitudes simetricamente contrárias. “D’où il s’ensuit que la nuit des uns est toûjours égale au jour des autres. § Il s’ensuit encore que les étoiles qui ne se levent jamais pour les uns, ne se couchent point pour les autres.” Dá-se nome a tudo hoje em dia!
“ANTÉDILUVIENNE ou état de la Philosophie avant le déluge.” “pour nous prouver que les Anges excelloient dans la Physique, ils ont dit que Dieu s’étoit servi de leur ministere pour créer ce monde, & former les différentes créatures qui le remplissent. Cette opinion, comme l’on voit, est une suite des idées qu’ils avoient puisées dans la doctrine de Pythagore & de Platon. Ces deux Philosophes, embarrassés de l’espace infini qui est entre Dieu & les hommes, jugerent à propos de le remplir de génies & de démons: mais, comme dit judicieusement M. de Fontenelle contre Platon, Hist. des Oracles, de quoi remplira-t-on l’espace infini qui sera entre Dieu & ces génies, ou ces démons mêmes? car de Dieu à quelque créature que ce soit, la distance est infinie.” Adaptando: Se há semi-deuses, não há deuses. Se houvesse uma guerra Deuses x Homens, os semideuses tomariam o partido dos segundos. Síndrome de Titanomaquia.
“Je ne m’amuserai point à prouver ici combien sont pitoyables tous ces raisonnemens par lesquels on prétend démontrer que les Anges & les diables sont des Philosophes, & même de grands Philosophes.” “Adam le premier de tous les hommes a-t-il été Philosophe?” Qu’est-ce que c’est la philosophie? L’humanité a appris a mentir tôt: “Enfin ce qui met le comble à toutes ces preuves si décisives en faveur de la Philosophie d’Adam, c’est qu’il a écrit des Livres, & que ces Livres contenoient toutes les sublimes connoissances qu’un travail infatigable lui avoit acquises. Il est vrai que les Livres qu’on lui attribue sont apocryphes ou perdus: mais cela n’y fait rien. On ne les aura supposés à Adam, que parce que la tradition avoit conservé les titres des Livres authentiques dont il étoit le véritable auteur.”
“Comment veut-on qu’Adam, que son péché suivoit partout, qui n’étoit occupé que du soin de fléchir [inclinar-se diante de] son Dieu, & de repousser les miseres qui l’environnoient, eût l’esprit assez tranquille pour se livrer aux stériles spéculations d’une vaine Philosophie? Il a donné des noms aux animaux; est-ce à dire (…) qu’il sût la Dialectique? avec ce beau raisonnement on transformeroit tous les hommes en Dialecticiens.” Hahaha!
“Entre les hommes, les uns occupés de leurs besoins n’ont guere eu le tems de se livrer à des spéculations métaphysiques; le lever de l’astre du jour les appelloit au travail; la plus belle nuit, la nuit la plus touchante étoit muette pour eux, ou ne leur disoit autre chose, sinon qu’il étoit l’heure du repos: les autres moins occupés, ou n’ont jamais eu occasion d’interroger la nature, ou n’ont pas eu l’esprit d’entendre la réponse.” Essai sur le mérite & la vertu, page 92 – mais de qui?
“Si Adam n’a point eu la Philosophie, il n’y a point d’inconvénient à la refuser à ses enfans Abel & Caïn: il n’y a que George Hornius qui puisse voir dans Caïn le fondateur d’une secte de Philosophie. Vous ne croiriez jamais que Caïn ait jetté les premieres semences de l’épicuréisme, & qu’il ait été Athée. La raison qu’Hornius en donne est tout-à-fait singuliere. Caïn étoit, selon lui, Philosophe, mais Philosophe impie & athée, parce qu’il aimoit l’amusement & les plaisirs, & que ses enfans n’avoient que trop bien suivi les leçons de volupté qu’il leur donnoit. Si l’on est Philosophe Epicurien parce qu’on écoute la voix de sés plaisirs, & qu’on cherche dans un athéisme pratique l’impunité de ses crimes, les jardins d’Epicure ne suffiroient pas à recevoir tant de Philosophes voluptueux.”
“Le jaloux Caïn ayant porté des mains homicides sur son frere Abel, Dieu fit revivre Abel dans la personne de Seth. Ce fut donc dans cette [Seth!] famille que se conserva le sacré dépôt des premieres traditions qui concernoient la religion. Les partisans de la Philosophie antédiluvienne ne regardent pas Seth seulement comme Philosophe, mais ils veulent encore qu’il ait été grand Astronome. Josephe [Josué?] faisant l’éloge des connoissances qu’avoient acquis les enfans de Seth avant le déluge, dit qu’ils éleverent 2 colonnes pour y inscrire ces connoissances, & les transmettre à la postérité. L’une de ces colonnes étoit de brique, l’autre de pierre; & on n’avoit rien épargné pour les bâtir solidement, afin qu’elles pussent résister aux inondations & aux incendies dont l’univers étoit menacé. Josephe ajoûte que celle de brique subsistoit encore de son tems. Je ne sai si l’on doit faire beaucoup de fond sur un tel passage. Les exagérations & les hyperboles ne coûtent gueres à Josephe, quand il s’agit d’illustrer sa nation. Cet Historien se proposoit surtout de montrer la supériorité des Juifs sur les Gentils, en matiere d’Arts & de Sciences (…) & puis on ne conçoit pas pourquoi Moyse, qui a parlé des Arts qui furent trouvés par les enfans de Caïn, comme la Musique, la Métallurgie, l’art de travailler le fer & l’airain, &c., ne dit rien des grandes connoissances que Seth avoit acquises dans l’Astronomie, de l’écriture dont il passe pour être inventeur, des noms qu’il donna aux astres, du partage qu’il fit de l’année en mois & en semaines.” “Ne sait-on pas que c’est au hasard que nous devons la plûpart des arts utiles à la société?”
“ANTÉPÉNULTIÈME, (Gramm.) ce mot se prend substantivement; on sous-entend syllabe. Un mot qui est composé de plusieurs syllabes a une derniere syllabe, une pénultième, pene ultima, c’est-à-dire, presque la derniere, & une antépénultième; ensorte que comme la pénultième précede la dernière, l’antépénultième précede la pénultième, ante pene ultimam.
En grec, on met l’accent aigu sur la dernière syllabe, DEO, Dieu; sur la pénultième, LOGO, discours; & sur l’antépénultième, ANTHROPOS, homme; on [au Français] ne met jamais d’accent avant l’antépénultième.
En latin, lorsqu’on marque les accens pour régler la prononciation du lecteur, si la pénultième syllabe d’un mot doit être prononcée breve, on met l’accent aigu sur l’antépénultième, quoique cette antépénultième soit breve. Dóminus.” Nas convenções antigas do Francês. Naturalmente, hoje usar-se-ia o mácron /¯/, porém não na antepenúltima, e sim na penúltima (Dōminus), indicando que pronunciamos dôminus conforme função do circunflexo /^/ na língua portuguesa. “Dó” é um o breve, enquanto “dô” é um o longo.
“ANTEROS, ou LE CONTRE-AMOUR, s.m. (Myth.) fils de Venus & de Mars. On dit que Venus se plaignant à Themis de ce que l’Amour restoit toûjours enfant, Themis lui répondit, & il restera tel, tant que vous n’aurez point d’autre fils. Sur cette réponse, la Déesse galante écouta le Dieu de la guerre; le Contre-amour naquit, & le premier fils de Venus devint grand. Ils ont l’un & l’autre des aîles, un carquois & des fleches. On les a groupés plusieurs fois: on les voit dans un bas relief ancien, se disputant une branche de palmier. Pausanias parle d’une statue de l’Anteros, où ce Dieu tenoit 2 coqs sur son sein, par lesquels il tâchoit de se faire becqueter la tête. [???] Il joüit des honneurs divins; les Athéniens lui éleverent des autels. Cupidon fut le dieu de l’amour; Anteros, le dieu du retour.”

“ANTEROSTA & POSTROSTA, s.f. (Myth.) Déesses invoquées par les Romains, l’une pour les choses passées, l’autre pour les choses à venir. C’étoient les conseilleres de la Providence.”
“ANTHELIENS, s.m.pl. (Myth.) Dieux révérés par les Athéniens. Leurs statues étoient placées aux portes, & exposées à l’air; c’est delà qu’ils ont été nommés Dieux Antheliens.”
“ANTHESPHORIES, s.f.pl. en grec ANTHESPHORIA, terme d’antiquité, fête que l’on célébroit dans la Sicile en l’honneur de Proserpine. § Ce mot dérive du grec ANTHO, fleur, & de PHORAO, je porte, à cause que Proserpine cueilloit des fleurs dans les champs, lorsque Pluton l’enleva. Cependant Festus [provavelmente Sextus Pompeius e não Festus o historiador] n’attribue point cette fête à Proserpine, mais il dit qu’elle fut ainsi dénommée à cause du blé [trigo] que l’on apportoit au temple dans ce jour-là.”
“ANTHISTERIES ou ANTHESTERIES, s.f.pl. (Hist. anc. & Myth.) fêtes que les Athéniens célébroient vers le printems du mois appellé anthisterion du mot grec ANTHO, parce qu’alors la terre est couverte de fleurs. Pendant cette fête, que quelques-un croyent avoir été consacrée à Bacchus, les maîtres faisoient grande chere à leurs esclaves, comme les Romains dans leurs saturnales. On pense aussi que toutes les fêtes de Bacchus, surnommé anthius ou fleurissant, étoient nommées en général anthisteries, quoique diversifiées par d’autres titres particuliers, tels que pithagia, chytra, &c.
Quelques-uns pensent que ce nom vient du mont Antherion où s’en faisoit la solennité; que ces fêtes duroient 3 jours, le 11, le 12, & le 13 de chaque mois; & chacune avoit un nom différent, pris des cérémonies ou des occupations qui remplissoient chaque journée. La premiere s’appelloit <l’ouverture des vaisseaux>, parce qu’on y mettoit le vin en parce & qu’on le goûtoit. Le second jour se nommoit congii, d’une mesure contenant environ le poids de 20 livres; on bûvoit ce jour-là le vin préparé la veille. Quant au troisieme, on l’appelloit chauderons, à cause que ce jour-là on faisoit bouillir toutes sortes de légumes, auxquels il n’étoit pas permis de toucher, parce qu’ils étoient offerts à Mercure.”
“ANTHOLOGE, s. m. (Theol.) du grec ANTOLOGION, ce que nous rendrions en Latin par florilegium, recueil de fleurs. C’est un recueil des principaux offices qui sont en usage dans l’Église greque.”
ANTHOLOGIE. “Meleagre, natif de Gadare, ville de Syrie, qui vivoit sous Seleucus VI, dernier roi de Syrie, est le premier qui ait fait un recueil d’épigrammes greques qu’il nomma anthologie, à cause qu’ayant choisi ce qu’il trouva de plus brillant & de plus fleuri parmi les épigrammes de 46 Poëtes anciens, il regarda son recueil comme un bouquet de fleurs, & attribua une fleur à chacun de ces Poëtes, le lis à Anytes, la rose à Sapho, &c. Après lui, Philippe de Thessalonique fit du tems de l’Empereur Auguste un second recueil tiré seulement de 14 Poëtes. Agathias en fit encore un troisieme environ 500 ans après, sous Justinien. Enfin Planude, moine de Constantinople, qui vivoit en 1380, fit le quatrieme, qu’il divisa en 7 livres, dans chacun desquels les épigrammes sont rangées par ordre alphabétique. C’est l’anthologie telle que nous l’avons aujourd’hui imprimée, qui contient plusieurs belles épigrammes fort sensées & fort spirituelles”
“ANTHROPOLOGIE, s.f. (Theol.[!!!]) maniere de s’exprimer, par laquelle les Écrivains sacrés attribuent à Dieu des parties, des actions ou des affections qui ne conviennent qu’aux hommes, & cela pour s’accommoder & se proportionner à la foiblesse de notre intelligence: ainsi il est dit dans la Genese, que Dieu appella Adam; qu’il se repentit d’avoir créé l’homme; dans les Pseaumes l’univers est appellé l’ouvrage des mains de Dieu; il y est encore dit que ses yeux sont ouverts & veillent sur l’indigent.” “ANTROPOLOGIA [sentido de ANTROPOMORFIA], s.f. (Teologia) [!!!] maneira de se exprimir, pela qual os escritores sagrados atribuem a Deus partes, ações ou afetos que não convêm senão aos homens, visando se acomodar a nossa fraca inteligência: é assim que se diz no Gênese que Deus chama Adão; que ele se arrependeu de ter criado o homem; e que nos Salmos o universo é denominado a obra das mãos de Deus; ainda é dito que seus olhos estão abertos e velam pelos indigentes.”
Em segundo lugar, vem o senso “medieval” (campo da Medicina > Anatomia!) – o senso “moderno” ainda não existia: “Anthropologie, dans l’oeconomie animale, c’est un traité de l’homme. Ce mot vient du Grec pour homme, ANTROPOS & de LOGO, traité. Teichmeyer nous a donné un traité de l’oeconomie animale, qu’il a intitulé Anthropologia, in-4° imprimé à Genes en 1739 [fonte alternativa cita 1719]. Drake nous a aussi laissé une Anthropologie [Anthropologia Nova; or: A New System of Anatomy em fonte alternativa] en Anglois, in-8°, 3 vol., imprimée à Londres en 1707 & 1727. Também Antropografia.”
ANTHROPOMANTIE. “L’Empereur Héliogabale pratiquoit cette abominable divination. Cedrene & Théodoret racontent de Julien l’Apostat, que dans des sacrifices nocturnes, & dans des opérations de magie, il faisoit périr grand nombre de jeunes enfans pour consulter leurs entrailles; [lenda urbana, primeira instância daquela que associam aos comunistas russos?] & ils ajoûtent que lorsqu’il eut pris la route de Perse, dans l’expédition même où il périt, étant à Carres en Mésopotamie, il s’enferma dans le temple de la Lune, & qu’après y avoir fait ce qu’il voulut avec les complices de son impiété, il scella les portes, & y posa une garde qui ne devoit être levée qu’à son retour. Ceux qui entrerent dans le temple, sous le regne de Jovien, son successeur, y virent une femme pendue par les cheveux, les mains étendues & le ventre ouvert, Julien ayant voulu chercher dans son foie quel seroit le succès de la guerre. Vie de l’Empereur Julien, par M. l’Abbé de la Bleterie, 2e partie liv. 5, pp. 333-4.”
“Strabon rapporte aussi des anciens habitans de la Lusitanie, aujourd’hui le Portugal. Delrio regarde comme une branche de l’anthropomantie le fanatisme des Hébreux qui sacrifioient leurs enfans à Moloch, dans la vallée de Tophet.”
ANTHROPOPHAGES. “Les cyclopes, les lestrygons & Scylla sont traités par Homere d’anthropophages ou mangeurs d’hommes. Ce Poëte dit aussi que les monstres féminins, Circe & les Syrenes, attiroient les hommes par l’image du plaisir, & les faisoient périr. Ces endroits de ses ouvrages, ainsi qu’un grand nombre d’autres, sont fondés sur les moeurs des tems antérieurs au sien. Orphée fait en plusieurs occasions la même peinture des mêmes siècles. C’est dans ces tems, dit-il, que les hommes se dévoroient les uns les autres comme des bêtes féroces, & qu’ils se gorgeoient de leur propre chair.
On apperçoit, long-tems après ces siecles, chez les nations les plus policées, des vestiges de cette barbarie, à laquelle il est vraissemblable qu’il faut rapporter l’origine des sacrifices humains.”
ESTRANHA PROFECIA ACERTADA ALEGORICAMENTE (HISTÓRIA DA IGREJA): “Ils tuent, ajoûtoient les payens, un enfant, & ils en mangent la chair; accusations qui n’étoient fondées que sur les notions vagues qu’ils avoient prises de l’eucharistie & de la communion, sur les discours de gens mal instruits.”
ANTHROPOPHAGIE. “Pline parle des Scythes & des Sauromates, Solinus des Ethiopiens, & Juvenal des Égyptiens, comme de peuples accoûtumés à cet horrible mets. Nous lisons dans Tite-Live qu’Annibal faisoit manger à ses soldats de la chair humaine pour les rendre plus féroces. On dit que l’usage de vivre de chair humaine subsiste encore dans quelques parties méridionales de l’Afrique, & dans des contrées sauvages de l’Amérique.”
“On dit qu’Orphée est le premier qui fit sentir aux hommes l’inhumanité de cet usage, & qu’il parvint à l’abolir. C’est ce qui a fait imaginer aux Poëtes qu’il avoit eu l’art de dépouiller les tigres & les lions de leur férocité naturelle.”
“Quelques Medecins se sont ridiculement imaginés avoir découvert le principe de l’anthropophagie dans une humeur acre, atrabilieuse qui, logée dans les membranes du ventricule, produit par l’irritation qu’elle cause, cette horrible voracité qu’ils assurent avoir remarquée dans plusieurs malades”
ANTI. “antipodes, peuples qui marchant sur la surface du globe terrestre ont les piés opposés” “ainsi on dit le pole antarctique & non anti-arctique.” “Les livres de controverse & ceux de disputes littéraires portent souvent le nom d’anti. M. Ménage a fait un livre intitulé l’anti-Baillet.” “Patin fait mention d’un charlatan de son siecle, qui avoit l’impudence de vendre à Paris des antiécliptiques, & des anti-cométiques, c’est-à-dire, des remedes contre les prétendues influences des éclipses, & contre celles des cometes.”
“ANTI-CHAMBRE, s.f. (Architect.) appellée par Vitruve antithalamus, est le nom que l’on donne à la seconde piece d’un appartement au rez-de-chaussée, quand il y a un vestibule qui la précede; dans un hôtel, cette piece donne entrée à une deuxieme anti-chambre, ou salle d’assemblée où se tiennent les hommes au-dessus du commun, venus de dehors pour parler au maître: les premieres anti-chambres étant destinées pour la livrée, rarement fait-on usage des cheminées dans ces premieres anti-chambres; on se contente d’y mettre des poeles [aquecedores] au-devant, qui garantissent toutes les pieces d’un appartement de l’air froid que donne l’ouverture continuelle des portes destinées pour arriver aux appartemens du maître.”
“ANTI-DICOMARIANITES, (Théol.) les Anti-dicomarianites sont d’anciens hérétiques qui ont prétendu que la sainte Vierge n’avoit pas continué de vivre dans l’état de virginité; mais au contraire, qu’elle avoit eu plusieurs enfans de Joseph son époux, après la naissance de Jesus-Christ.
On les appelle anti-dicamorites, anti-dicomarites, anti-diacomarianites, & quelquefois anti-marianites & antimariens. Leur opinion étoit fondée sur des passages de l’Écriture, où Jesus-Christ fait mention de ses frères & de ses soeurs; & sur un passage de S. Matthieu, où il est dit que Joseph ne connut point Marie, jusqu’à ce qu’elle eut mis au monde notre Sauveur.
Les anti-dicomarianites étoient des sectateurs d’Helvidius & de Jovinien, qui parurent à Rome sur la fin du quatrième siecle.”
“ANTIMACHIE, s.f. (Hist. anc. & myth.) fête qu’on célébroit dans l’île de Cos, pendant laquelle le prêtre portoit un habit de femme, & avoit la tête liée d’une mitre, ou d’une bande à la maniere des femmes. Pour rendre raison, & de l’institution de la fête & de l’habillement du prêtre, on dit qu’Hercule revenant en Grece après la prise de Troie, la tempête écarta six navires qu’il avoit; que celui qui le portoit échoüa à l’île de Cos, où il prit tèrre sans armes & sans bagage; qu’il pria un berger nommé Antagoras de lui donner un bélier; que le berger qui étoit fort & vigoureux, lui proposa de lutter, lui promettant le bélier, s’il demeuroit vainqueur; qu’Hercule accepta la condition; que quand ils en furent aux mains, les Méropes se mirent du côté d’Antagoras, & les Grecs qui se trouverent présens, du côté d’Hercule; qu’il s’ensuivit un combat très-vif; que Hercule accablé du grand nombre, fut obligé de s’enfuir chez une Thraciene, où il se déguisa en femme pour échapper à ceux qui le poursuivoient; qu’ayant dans la suite vaincu les Méropes, il épousa Alciope portant au jour des noces une robe ornée de fleurs; & que c’étoit en mémoire de ce fait, que le prêtre de l’île de Cos, en habit de femme, offroit un sacrifice au lieu du combat, où les fiancés aussi en habit de femme embrassoient leurs fiancées” “ANTIMAQUIA, s.f. (História antiga e Mitologia) festa que se celebrava na ilha de Cós, durante a qual o sacerdote portava um vestido de mulher, e tinha uma mitra ou bandana amarrada na cabeça à moda das mulheres. Para justificar essa festa, bem como a roupa do padre, contam que, da esquadra de Hércules, quando esta estava retornando à Grécia após a tomada de Tróia, a tempestade fez desaparecerem 6 navios; seu próprio navio pára na ilha de Cós, onde ele ancora, sem armas nem bagagem; Hércules solicita os chifres de um bode a um pastor chamado Antágoras; o pastor, forte e vigoroso, propõe-lhe uma luta, prometendo-lhe os cornos, caso ele vencesse; Hércules aceita as condições; quando eles iniciam a peleja, os merópios ficam do lado de Antágoras, e os gregos presentes, do lado de Hércules; segue-se um combate muito vivo; intimidado pela maioria, Hércules é obrigado a fugir até a casa duma trácia, onde o herói se disfarça de mulher para despistar aqueles que o perseguiam; em seguida, ao vencer os merópios, Hércules desposa Alcíope vestindo no dia das núpcias um robe ornado de flores; era, pois, em memória desses acontecimentos mitológicos que o sacerdote da ilha de Cós, num vestido de mulher, costumava oferecer um sacrifício no lugar do combate, em que os noivos, também em trajes femininos, beijavam suas noivas.”
“ANTIMETATHESE, s.f. figure de Rhétorique qui consiste à répéter les mêmes mots, mais dans un sens opposé, comme dans cette pensée: non ut edam vivo, sed ut vivam edo; je ne vis point pour manger, mais je mange pour vivre. On la nomme encore antimétabole & antimétalepse.”
ANTONOMIE. “Antinomiens, & quelquefois Anomiens, une secte d’enthousiastes qui prétendoient que la liberté évangélique les dispensoit de se soûmettre aux lois civiles. Tels ont été en Allemagne ces Anabaptistes qui prirent les armes contre les Princes & la noblesse.” Hahaha.
“ANTIPARASTASE, s.f. figure de Rhétorique, qui consiste en ce que l’accusé apporte des raisons pour prouver qu’il devroit plûtôt être loüé que blâmé, s’il étoit vrai qu’il eût fait ce qu’on lui oppose.”
“ANTI-PAPES, s.m.pl. (Hist. eccl.) on donne ce nom à ceux qui ont prétendu se faire reconnoître pour souverains Pontifes, au préjudice d’un Pape légitimement élû; on en compte depuis le troisième siecle jusqu’aujourd’hui, 28.”
ANTIPATHIE. Superstições idiotas:
“um tambor de pele de lobo fará rasgar um tambor de pele de ovelha”
“galinhas se afugentam quando se toca uma harpa feita com cordas de tripas de raposa”
“Le degré de tension des nerfs, différent dans chaque homme, occasionne, disent-ils, un ébranlement différent de la part du même objet; & si cet ébranlement est tel qu’il produise une sensation desagréable, voilà l’antipathie.”
“La haine est pour les personnes; l’aversion & l’antipathie pour tout indistinctement, & la répugnance pour les actions.” “La haine noircit [enerva]; l’aversion éloigne des personnes; l’antipathie fait détester; la répugnance empêche qu’on imite.”
ANTIPÉRISTASE. Boyle escreveu uma história do frio!
“ANTIPHONIE, s.f. (Musiq.) étoit le nom que donnoient les Grecs à cette espece de symphonie qui s’exécutoit à l’octave ou à la double octave, par opposition à celle qui s’exécutoit au simple unisson, & qu’ils appelloient OMOFONIA.”
ANTI-PHRASE. “l’accusatif ne sert pas seulement pour accuser, ni le datif pour donner, ni l’ablatif pour ôter.”
ANTIPTOSE. “car c’est un grand principe de syntaxe, que les mots ne sont construits que selon les rapports qu’ils ont entr’eux dans la même proposition”
ANTIQUAIRE. “les Libraires ou les copistes, c’est-à-dire eux qui transcrivoient en caracteres beaux & lisibles ce qui avoit au-paravant été seulement écrit en notes, s’appelloient antiquaires.”
ANTIQUE. “Il s’est trouvé des Sculpteurs qui ont contrefait l’antique jusqu’à tromper le jugement du public. On prétend que Michel-Ange fit la statue d’un Cupidon, & qu’après en avoir cassé un bras qu’il retint, il enterra le reste de la figure dans un endroit où il savoit qu’on devoit fouiller. Le Cupidon en ayant été tiré, tout le monde le prit pour antique. Mais Michel-Ange ayant présenté à son tronc le bras qu’il avoit réservé, chacun fut obligé de convenir de sa méprise. Si ce fait est vrai, il prouve combien dès ce tems-là le préjugé étoit favorable à l’antiquité.”
ANTIQUITÉ. “La plûpart des nations se donnent bien plus d’ancienneté qu’elles ne sont en état d’en prouver. On peut dire que le tems présent est l’antiquité du monde, qui, dans les tems qu’on appelle anciens, ne faisoit proprement que de naître & qui étoit, pour ainsi dire, enfant.
Nous lisons dans Platon, que Solon tenoit d’un Prêtre Egyptien que les Athéniens avoient 9000 ans d’ancienneté, & les Saïdes 8000. Pomponius remonte beaucoup plus haut dans les tems, en suivant les traces d’Hérodote. Il compte 330 rois avant Amasis, & il trouve que le monde a plus de 13000 ans. Diodore de Sicile met entre le premier roi d’Égypte & l’expédition d’Alexandre, un intervalle de 23000 ans. Diogene Laerce laisse bien-loin derriere lui les autres Auteurs; il double ce nombre de 23000. Lorsqu’Alexandre entra dans l’Égypte, les Prêtres lui prouverent par leurs histoires sacrées, dans lesquelles il étoit fait mention de l’origine de l’Empire des Perses, qu’il venoit de conquérir, & de celui de Macédoine, qu’il possédoit par droit de naissance, qu’ils avoient l’un & l’autre 8000 ans d’ancienneté. Cependant il est démontré par les meilleurs Auteurs, tant Historiens que Chronologistes, que l’Empire des Perses n’avoit pas alors plus de 300 ans, & celui des Macédoniens plus de 500. Au reste on ne doit pas s’étonner que les Égyptiens & les Assyriens soient tombés dans des erreurs chronologiques si ridicules; ceux-ci faisant de 4000 ans la durée des regnes de leurs premiers Rois, & ceux-là la supposant de 1200 ans.
Les Chaldéens assûroient au tems d’Alexandre qu’ils avoient 470 mille ans d’observations des mouvemens célestes, & qu’ils avoient tiré les horoscopes des enfans nés dans cet énorme intervalle de tems. Mais Callisthene ayant été commis par Aristote à la recherche de ces observations, on trouva qu’elles ne remontoient point au-delà de 1900 ans avant Alexandre. C’est un fait avoüé par Porphyre, dont le dessein n’étoit pas assûrément de donner de l’autorité aux livres de Moyse.” “Os caldeus asseguravam, no tempo de Alexandre, que eles possuíam 470 mil anos de observação dos movimentos celestes, e que eles possuíam os horóscopos das crianças nascidas durante todo esse enorme intervalo de tempo. Mas Calístenes, instado por Aristóteles a apresentar esses documentos, comprovou que eles não remontavam a mais do que 1900 anos antes de Alexandre.”
ANTI-SIGMA. “L’empereur Claude, dit-il, voulut qu’au lieu du *Y des Grecs, on se servît de l’anti-sigma figuré ainsi: ) (; mais cet Empereur ne put introduire cette lettre” [!]
ANTITHESE. « Les antitheses bien ménagées, dit le P. Bouhours, plaisent infiniment dans les ouvrages d’esprit; elles y font à peu près le même effet que dans la Peinture les ombres & les jours qu’un bon Peintre a l’art de dispenser à propos, ou dans la Musique les voix hautes & les voix basses, qu’un maître habile sait mêler ensemble »
“Quelque brillante au reste que soit cette figure, les grands Orateurs, les excellens Poëtes de l’antiquité ne l’ont pas employée sans réserve, ni semée, pour ainsi dire, à pleines mains, comme ont fait Seneque, Pline le jeune, & parmi les Pères de l’Église, saint Augustin, Salvien, & quelques autres.”
“Parmi nos Orateurs, M. Fléchier a fait de l’antithese sa figure favorite & si fréquente, qu’elle lui donne partout un air maniéré. Il plairoit davantage, s’il en eût été moins prodigue. Certains critiques austeres opinent à la bannir entierement des discours, parce qu’ils la regardent comme un vernis ébloüissant à la faveur duquel on fait passer des pensées fausses, ou qui altere celles qui sont vraies. Peut-être les sujets extrèmement sérieux ne la comportent-ils pas: mais pourquoi l’exclurre du style orné & des discours d’appareil, tels que les complimens académiques, les panégyriques, l’oraison funebre, pourvû qu’on l’y employe sobrement, & d’ailleurs qu’elle ne roule que sur les choses, & jamais sur les mots?”
ANTITRINITAIRES. “Christophe Sandius, fameux Antitrinitaire, a donné dans un ouvrage posthume, intitulé Bibliotheca Antitrinitatoriorum, Bibliotheque des Antitrinitaires, une liste digérée par ordre des tems de tous les Sociniens ou Antitrinitaires modernes, avec un catalogue de leurs ouvrages & un abregé de leur vie.”
“ANTONOMASE, s.f. (Littérat.) trope ou figure de Rhétorique, par laquelle on substitue le nom appellatif au nom propre, ou celui-ci au nom appellatif.
Par exemple, Sardanapale étoit un roi voluptueux, Néron un empereur cruel; on donne à un debauché le nom de Sardanapale; à un prince barbare le nom de Néron.
Les noms d’orateur, de poëte, de philosophe, d’apôtre, sont des noms communs, & qui se donnent à tous ceux d’une même profession; cependant on applique ces mots à des particuliers comme s’ils leur étoient propres. Par l’orateur, on entend Ciceron; par le poëte, Virgile; par le philosophe, on entendoit autrefois dans les écoles, Aristote; & en matiere de religion, l’apôtre, sans addition, signifie S. Paul. La liaison que l’habitude a mise entre le nom de Ciceron, & l’idée du prince des orateurs, entre celui de Virgile, & d’un excellent poëte; de S. Paul, & d’un grand apôtre, font qu’on ne s’y méprend point, & qu’on ne balance pas sur l’attribution de ces titres à ces personnages, préférablement à d’autres. (G)”
“ANUBIS (Myth.) dieu des Égyptiens; il étoit représenté avec une tête de chien, & tenant un sistre d’une main & un caducée de l’autre. Voyez dans Moreri les conjectures différentes qu’on a formées sur l’origine & la figure bisarre de ce dieu. Cynopolis fut batie en son honneur, & l’on y nourrissoit des chiens appellés les chiens sacrés. Les Chrétiens & les Payens même se sont égayés sur le compte d’anubis. Apulée & Jamblique ont parlé fort indécemment de la confrairie d’Isis & d’Anubis. Eusebe nomme Anubis, Mercure Anubis, & avec raison; car il y a bien de l’apparence que le Mercure des Grecs & l’Anubis des Égyptiens ont été le même dieu. Les Romains, qui avoient l’excellente politique d’admettre les dieux des peuples qu’ils avoient vaincus, lui souffrirent des prêtres: mais ces prêtres firent une mauvaie fin. Ils se prêterent à la passion qu’un jeune chevalier Romain avoit conçue pour une dame Romaine qu’il avoit attaquée inutilement par des soins & par des présens: Pauline, c’est le nom de la Romaine, avoit malheureusement de la dévotion à Anubis; les prêtres corrompus par Mundus, c’est le nom du chevalier, lui persuaderent qu’Anubis avoit des desseins sur elle. Pauline en fut très-flattée, & se rendit la nuit dans le temple, où elle trouva mieux qu’un dieu à tête de chien. Mundus ne put se taire; il rappella dans la suite à Pauline quelques particularités de la nuit du temple, sur lesquelles il ne lui fut pas difficile de conjecturer que Mundus avoit joüé le rôle d’Anubis. Pauline s’en plaignit à son mari, & son mari à l’empereur Tibere, qui prit très-mal cette aventure. Les prêtres furent crucifiés, le temple d’Isis ruiné, & sa statue & celle d’Anubis jettées dans le Tibre. Les Empereurs & les Grands de Rome se plûrent long-tems à se métamorphoser en Anubis; & Volusius, sénateur Romain, échappa à la proscription des Triumvirs sous ce déguisement.”
ANUS. “Anus est aussi le nom que l’on a donné à une ouverture du cerveau formée par la rencontre des deux convexités des tubercules antérieurs avec les convexités postérieures des couches des nerfs optiques.”
